Chapitre 46 :
Cohabitation
Cela faisait plus de deux semaines que les Weasley s'étaient installés au 12 square Grimmaurd. Les membres de l'ordre continuaient à aller et venir, amenant des dossiers, venant faire leurs rapports ou prendre des consignes, mais jamais aucun n'était resté plus de quelques heures mis à part Dumbledore.
Du côté des jeunes, les journées étaient rythmées entre travail scolaire, parties d'échec ou de bataille explosive, et nettoyage du quatrième étage – nettoyage auquel Gaby ne participait pas puisqu'il passait ce temps avec son père à s'entraîner. Severus était d'ailleurs plus que satisfait des progrès de son fils en matière de métamorphose humaine puisque lors de la séance de la veille, celui-ci avait réussi à se transformer entièrement pour la première fois, devenant un adorable petit chaton noir (excepté une tache blanche au bout de son oreille gauche) aux yeux verts. Il lui faudrait encore un peu d'entraînement pour que ce changement de forme devienne naturel mais avec le temps, il pourrait devenir un chat aussi naturellement que le faisaient Sirius et Severus lorsqu'ils passaient de leur forme humaine à leur forme animale.
Cette partie de la formation de Gaby étant quasiment terminée, Severus avait donc décidé de s'atteler à une autre matière tout aussi voir plus compliquée : l'occlumencie.
- « Comme je te l'ai déjà dit » commença Severus, confortablement installé dans un des fauteuils qu'il avait conjuré dans la salle d'entraînement du troisième étage, « l'occlumencie à pour but de fermer son esprit aux intrusions et aux influences extérieures. »
- « Ca devrait me permettre de ne plus avoir de vision de Voldemort, c'est bien ça ? »
- « En tout cas c'est ce qu'on espère. » Répondit sincèrement Severus. « Mais je ne te cache pas que nous n'avons aucune certitude que cela fonctionne. De par ta cicatrice, tu as un lien très particulier avec le seigneur des ténèbres. »
- « Un peu comme si on était connecté ? »
Severus acquiesça.
- « C'est ce qui expliquerait que tu ais assisté à sa renaissance, en effet. Comme tu t'en es sans aucun doute déjà aperçu, le temps et l'espace ont d'habitude une très grande importance en magie. Le plus souvent, un contact visuel est même essentiel. »
Severus marqua une courte pause, cherchant comment expliquer les choses le plus clairement possible, et poursuivit.
- « Malheureusement, les règles habituelles ne semblent pas s'appliquer à toi. Le maléfice qui a faillit te tuer bébé a apparemment établit ce que tu as appelé une connexion entre l'esprit de Voldemort et le tient. Ce qui fait que lorsque ton esprit est le plus détendu et le plus vulnérable – quand tu dors par exemple – tu peux partager ses pensées et ses émotions, et même, comme tu en as fait l'expérience, 'voir' ce qu'il fait. »
- « ….Ca pourrait être utile, non ? » interrogea Gaby avec hésitation. « Pour l'ordre, je veux dire. Pas que cela me plaise beaucoup mais… »
- « C'est beaucoup trop dangereux ! » affirma Severus d'un ton catégorique. « Si Voldemort s'en apercevait, il pourrait trop facilement inverser le processus et avoir lui aussi accès à tes pensées et à tes émotions. »
- « Est-ce que… est-ce qu'il pourrait essayer de me faire faire des choses ? »
- « Il pourrait, oui. » confirma Severus « Et il le ferait d'autant plus facilement qu'il est un excellent legilimens. »
- « Un legilimens ? »
- « Ca signifie qu'il est capable d'extraire des sentiments ou des souvenirs de l'esprit de quelqu'un d'autre. Grâce à cela, il sait toujours quand on lui ment. »
Gaby fronça les sourcils.
- « Mais… s'il sait toujours…. Comment as-tu fait pour l'espionner ? »
- « Grâce à l'occlumencie. Pratiquée à haut niveau, cela permet d'interdire tout accès aux sentiments ou aux souvenirs qui contredisent tes mensonges. Ce qui me permettait de faire de fausses affirmations en sa présence sans qu'il ne parvienne à les détecter. L'occlumencie est une branche obscure de la magie mais comme tu peux t'en rendre compte, c'est très utile. Sans elle, je ne serais probablement plus là aujourd'hui. »
- « … »
- « On va essayer, d'accord ? » poursuivit Severus en sortant sa baguette d'une des poches intérieures de sa robe. « Mais avant de vraiment commencer, j'aimerai tester ton esprit. »
- « Comment ça ? » demanda Gaby, curieux.
- « Je veux voir si tu as quelques prédispositions naturelles. Si ton esprit, même sans avoir subit aucun entraînement, essaye de résister par lui même si tu préfères. Si c'est le cas, l'apprentissage de l'occlumencie devrait être un peu moins difficile. »
- « …d'accord… »
- « Bien. Ca ne prendra que quelques secondes. Je vais simplement effleurer ton esprit, d'accord ? »
Severus se leva et vint se placer juste devant son fils, lequel était toujours assis dans son fauteuil.
- « Reste bien calme… regarde-moi simplement dans les yeux. »
Gaby fit ce que son père lui avait demandé, restant parfaitement immobile. Au bout de deux minutes, alors qu'il avait l'impression que son père était simplement là à le regarder fixement, il sentit comme une présence dans sa tête… mais à peine l'avait-il remarquée qua celle-ci se retira.
- « Alors ? » demanda anxieusement Gaby, voyant que Severus avait terminé.
- « C'est très faible mais ton esprit a crée une sorte de voile brumeux pour se protéger dès qu'il m'a sentit approcher. Il va te falloir beaucoup de travail et d'application mais je suis certain que tu seras capable de bloquer l'accès à ton esprit… reste à savoir si cela suffira pour garder le seigneur des ténèbres à distance. »
- « … »
- « Aller ! On a assez parlé ! … Lève-toi Gaby ! Et sort ta baguette. »
Avec une légère appréhension, Gaby vint se placer au milieu de la pièce avec son père. Severus lança plusieurs sortilèges d'amortissage tout autour d'eux puis expliqua.
- « Pour l'instant, je veux que tu utilises ta baguette pour essayer de me désarmer ou pour te protéger de la manière qui te convient, d'accord ? Quand tu auras suffisamment progressé, je te demanderai de me repousser simplement avec ton esprit, mais on n'en est pas encore là. Je vais essayer d'entrer de force dans ton esprit et nous verrons si tu parviens à résister. Tu es prêt ? »
Gaby acquiesça et Severus 'attaqua' aussitôt.
- « Legilimens ! »
Gaby vit immédiatement le décor se mettre à flotter autour de lui puis disparaître, laissant place à un flot d'images. Elles se succédaient dans son esprit comme un film si réaliste qu'il occultait tout le reste.
… il avait cinq ans… il regardait Dudley pédaler sur son nouveau vélo et son cœur débordait d'envie…
… il avait neuf ans… Molaire, le bouledogue de la tante Marge le poursuivait dans le jardin après lui avoir méchamment mordu la main, sous les rires de sa famille…
…il avait quatre ans… il regardait Dudley déballer ses cadeaux de noël sous les encouragements de sa tante et de son oncle…
…il avait sept ans… il espérait que sa tante l'autoriserait à goûter un peu de mousse au chocolat si son cousin en laissait…
…il avait dix ans… son oncle le giflait parce qu'il avait laissé brûler le bacon du petit déjeuner…
…il faisait nuit… son oncle entrait dans sa chambre, complètement ivre…
NON ! Il ne voulait pas voir ça ! Plus jamais !
Soudain, la salle d'entraînement réapparut et Gaby se rendit compte qu'il était tombé par terre.
- « Ca va mon cœur ? » lui demanda son père, passablement inquiet, en l'aidant à se relever.
- « Oui… je…oui, ça va. … Tu as tout vu ? Tout ce que j'avais dans la tête ? »
- « Par éclairs. » précisa Severus. « A qui appartenait cette saleté de chien ? »
- « A la tante Marge, la sœur de Vernon. »
- « Encore une qui va avoir des comptes à rendre… » Marmonna Severus pour lui-même.
- « Ca fait bizarre de sentir quelqu'un lire toutes tes pensées. »
- « Je n'ai pas vraiment 'lu' tes pensées mon cœur. » rectifia Severus, mettant pour le moment le cas de Marge de coté. « Les pensées ne sont pas un livre qu'on ouvre et qu'on peut feuilleter tout à loisir. Elles ne sont pas gravées à l'intérieur du crâne à la disposition du premier intrus qui passerait par là. L'esprit est une chose complexe qui comporte plusieurs couches successives. A toi d'empêcher quiconque d'y accéder. … Bon, pour une première tentative, ce n'était pas trop mal. Tu as fini par me repousser, même si ça t'a pris beaucoup de temps et d'énergie. Seulement, tu ne dois pas me laisser accéder à des souvenirs qui te font peur Gaby. Si je te voulais de mal, tu me donnerais des armes contre toi. Si tu n'arrives pas à me repousser où à me bloquer, impose-moi ce que tu veux bien me montrer, d'accord ? Ne me laisse pas accéder à tes peurs ! »
Gaby acquiesça, peu sûr de lui.
- « On va essayer encore une fois, d'accord ? Essaye d'être le plus concentré possible… ferme tes yeux… vide ton esprit… »
- « Comme quand je veux voir ma magie ? »
- « Exactement. »
- « … »
Severus laissa à Gaby quelques instants et poursuivit.
- « Débarrasse-toi de toute émotion… détends-toi… »
- « … »
- « Concentre-toi à présent… »
- « … »
- « Prêt ?… Je compte jusqu'à trois… un…deux…trois…legilimens ! »
Comme la première fois, le décor se mit à flotter. Il voyait vaguement son père devant lui… tout devenait de plus en plus flou et d'un coup, tout disparut, laissant à nouveau place aux images…
… c'était l'été dernier… il volait avec son père…
… il était à Poudlard… il discutait avec Hermione…
… il faisait sombre et humide… il y avait des tombes tout autour de lui …
NON !
… il courrait avec un chat, un serpent et un phénix…
Et tout s'arrêta.
Gaby était de nouveau tombé à genoux, le visage dans les mains. Son cerveau lui faisait tellement mal qu'il avait l'impression que quelqu'un essayait de l'arracher de son crâne.
Severus le rejoignit rapidement et le prit dans ses bras.
- « On va arrêter là pour aujourd'hui mon cœur. Ca suffit. »
Sachant très bien ce que son fils devait ressentir, il bougea légèrement la main qui maintenait la tête de celui-ci contre sa poitrine, et, du pouce, commença à lui masser doucement la tempe.
- « J'ai senti plus de résistance cette fois-ci. C'était beaucoup mieux. » Le félicita t-il en le gardant étroitement serré contre lui.
- « … Merci… »
- « Tu as même réussi à changer de souvenir quand tu as revu le cimetière. »
- « … »
- « A ce propos… c'était quoi ce souvenir où tu nous a fait basculer ? »
- « … sais pas… » Murmura Gaby faiblement. « ... me rappelle plus… »
Severus le garda encore de longues minutes contre lui puis fini par lui demander comment ça allait.
- « …Je… ça va…je crois… » Balbutia Gaby qui avait senti son mal de tête refluer peu à peu.
- « Tu es sûr ? » insista Severus en sentant qu'il tremblait légèrement.
- « Oui… je suis simplement un peu… je n'aime pas beaucoup l'occlumencie… »
Severus le serra un peu plus fort contre lui, comme pour l'encourager, puis l'aida à se relever.
- « Tu t'es très bien débrouillé Gaby. Je suis fier de toi. »
- « Merci papa. »
- « On ne recommencera pas avant trois ou quatre jours je pense. » L'informa Severus. « Je préfère que tu ne forces pas trop. A la place, on pourra faire quelques duels, ou si tu préfères, tu pourras continuer à travailler ton animagus. »
- « D'accord. »
- « Par contre, à partir d'aujourd'hui, je veux que chaque soir, avant de t'endormir, tu essayes de chasser toute émotion de ton esprit, que tu évacues tout ce que tu as en tête pour être le plus paisible possible. D'accord ? »
- « Entendu. » répondit Gaby avec une légère grimace de douleur.
- « Aller, viens mon cœur. » fit Severus en le prenant par les épaules. « Je vais te donner quelque chose contre les maux de tête et tu vas aller t'allonger un peu avant le diner. Ca te ferra du bien. »
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Lorsqu'il descendit pour le repas ce soir là, Gaby se sentait toujours légèrement fiévreux, bien que son mal de tête ait complètement disparu, et il était toujours plus pâle que d'habitude. Il s'installa donc silencieusement à table à côté de son père et attendit que le diner se termine.
N'ayant absolument pas faim, il passa tout le repas à chipoter dans son assiette, la tête appuyée sur sa main, ne participant à aucune conversation et répondant à peine ou par monosyllabe lorsque quelqu'un lui parlait, sous l'œil inquiet de Severus et celui non moins soucieux de Molly Weasley.
- « Il y a quelque chose qui ne va pas mon chéri ? » finit par demander cette dernière en le voyant pour la centième fois piquer sans conviction un morceau de pomme de terre avec sa fourchette sans pour autant le porter à sa bouche. « Tu n'aimes pas la salade de pommes de terre, Tu veux autre chose ? »
- « Non… enfin… si, c'est très bon Mme Weasley. Je n'ai simplement pas très faim. C'est tout. »
- « Tu n'es pas malade au moins ? » insista t-elle e tendant le bras par-dessus la table pour lui poser la main sur le front. « Tu es un peu chaud. » fit-elle en fronçant les sourcils.
- « Je vous assure que ça va Mme Weasley. Je suis juste fatigué. Ce n'est rien. »
- « Vous ne devriez pas le faire travailler autant Severus ! » dit la femme d'un ton plein de reproches en se tournant vers le professeur de potion.
- « Molly ! Vous n'allez pas recommencer ! »
- « Je vous avais bien dit que passer toutes vos après-midi à l'entrainer c'était beaucoup trop ! » poursuivit-elle comme si elle n'avait rien entendu. « Enfin regardez-le Severus ! Ce petit est mort de fatigue ! »
- « Ce n'est rien. » essaya Gaby. « Je suis juste un peu… »
- « Vous le traitez comme un adulte mais ce n'est qu'un enfant ! Vous ne pouvez pas lui… »
- « Je sais très bien que Gabriel est un enfant Molly. » Répliqua Severus, agacé.
- « Alors laissez-le donc s'amuser et profiter de ses vacances ! Ce n'est pas bon pour lui de toujours… »
- « Gabriel est MON fils Molly ! Ce n'est pas à vous de me dire comment je dois l'élever ! »
- « Peut-être pas mais vous devriez le… »
- « La discussion est close ! » claqua froidement Severus.
- « Mais… »
- « Severus à raison Molly. » soutint Remus. « L'éducation de Gabriel ne te regarde pas. »
- « Ce n'est pas pour autant que je dois accepter de le voir dépérir sous mes yeux ! »
- « Tu ne crois pas que tu exagère un petit peu Molly ? » Fit à son tour Sirius. « Gabriel est juste un peu fatigué ! Il n'est pas mourant ! »
- « je n'ai pas dit ça ! Mais il n'empêche qu'il n'a que treize ans ! Ce que certains (elle lança un regard appuyé vers Severus) semblent oublier. IL (nouveau regard vers Severus) ne devrait pas lui en demander autant ! S'il aimait vraiment son fils il… »
- « JE VOUS interdiS de dire ca ! » Gronda Severus d'une voix dangereuse en se levant d'un bond, les poings serrés. « Je vous interdis de mettre en doute l'amour que j'ai pour mon fils ! »
- « Severus s'il te plait rassieds-toi. » intervint Remus d'une voix ferme.
A contre cœur, le Serpentard reprit place sur sa chaise tout en continuant à fusiller Molly du regard.
- « Severus s'occupe très bien de Gabriel, Molly. » Fit sèchement Remus en s'adressant à la mère de famille. « Il n'a pas besoin que tu lui dises comment s'y prendre !... Et pour ta gouverne » continua t-il avant que celle-ci ne puisse répliquer, « sache que si Severus n'était pas intervenu, Gabriel aurait actuellement deux fois plus de travail ! Travail que Gaby avait lui même décidé d'effectuer ! »
- « C'est vrai Mme Weasley » confirma Gaby. « Papa m'a même interdit de commencer le programme de sixième année parce qu'il trouvait que j'avais déjà trop de choses à faire. »
- « Laisse donc Severus et Gabriel tranquilles, Molly. » Soupira Arthur, voyant bien que sa femme n'était pas totalement convaincue par les arguments du garçon et de Remus. « De ce que j'ai pu voir, Severus a l'air de prendre bien soin de son fils. Et Gabriel est loin d'avoir l'air malheureux ! Je suis certain que Severus n'a pas forcé son fils à quoi que ce soit. »
- « Mais enfin Arthur… »
- « Un peu de fatigue n'a jamais fait de mal à personne maman. » intervint à son tour Bill, en ayant assez d'entendre sa mère protester.
- « Très bien. » abdiqua finalement Molly, vaincue. « Puisqu'on ne veut pas m'écouter… Mais personne ne m'enlèvera de la tête que cet enfant travaille trop ! »
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Le mois d'août s'écoulait tranquillement, toujours sans aucune nouvelles de Voldemort, ce qui, d'après Dumbledore, n'avait rien d'étonnant. Le ministère ayant décidé de nier son retour, Voldemort avait en effet tout intérêt à rester dans l'ombre et attendre le moment opportun pour agir. Restait à savoir comment et quand celui-ci frapperait. En l'absence d'espion dans le camp adverse, l'ordre ne pouvait que faire des suppositions mais il était plus que probable que pour le moment, Voldemort soit occupé à rassembler de nouveaux mangemorts et peut-être aussi, à élaborer un plan pour libérer ceux qui étaient emprisonnés à Azkaban et qui faisaient parti de ses plus fidèles serviteurs.
Au Square Grimmaurd, après quelques disputes entre Molly et Severus – dont l'objet était toujours la fatigue apparente de Gaby – le calme avait fini par revenir (Après l'intervention de Dumbledore qui avait assuré à la mère de famille que, oui, il était au courant pour les entrainements de Gabriel et qu'il les approuvait, et que, non, Severus ne faisait pas prendre de risques à Gabriel et qu'au contraire, il faisait ça pour le protéger.).
Cette pseudo-tranquillité fut cependant brutalement rompue à l'aube du 20 août par une explosion sonore qui réveilla toute la maison.
- « CE N'EST PAS UNE CACHETTE POUR OBJETS VOLES ICI ! VOUS ETES COMPLETEMENT IRRESPONSABLE ! VOUS CROYEZ QUE NOUS N'AVONS PAS SUFFISAMMENT DE SOUCIS COMME CA AVEC VOUS-SAVEZ-QUI SANS QU'IL SOIT ENCORE BESOIN DE VOUS VOIR ARRIVER AVEC UN CHARGEMENT DE CHAUDRONS VOLES ? »
…
- « JE N'EN AI RIEN A FAIRE QUE SE SOIT L'AFFAIRE DU SIECLE ! DEBARRASSEZ-MOI TOUT CA SUR LE CHAMP ! »
- « Qu'est ce qui se passe Molly ? » questionna Severus en descendant les escaliers, le reste de la maisonnée sur les talons.
- « J'adore entendre maman hurler comme ça sur quelqu'un d'autre. » chuchota Fred à l'intention de Sirius et Remus qui étaient juste devant lui. « Ca change agréablement. »
- « Il se passe que Fletcher se croit dans un repère de voleur ! Voilà ce qui se passe ! » Fulmina la matriarche à l'adresse de Severus en fusillant le dénommé Fletcher du regard.
C'était un homme râblé, mal rasé, et vêtu d'un pardessus en lambeaux. Il avait les jambes arquées, une longue tignasse rousse, et les yeux injectés de sang. Il fumait une vieille pipe noire et sale d'où s'échappait une fumée verdâtre qui dégageait une odeur âcre de chaussettes brûlées.
- « ET JE VOUS AI DEJA DIT DE NE PAS FUMER CETTE CHOSE ICI ! » tonna encore Molly.
- « S'cusez, Molly. » baragouina l'homme en rangeant sa pipe dans sa poche. « L'habitude. »
- « Et si nous en revenions à ces chaudrons ? » fit Severus en désignant la dizaine de chaudrons entassés dans le hall. « J'espère que vous n'aviez pas l'intention de les laisser ici ? »
- « Non ! Bien sur qu'non....juste l'affaire d'quelq 'jours. L'temps d'régler les derniers détails 'vec mon acheteur. »
- « Il n'est pas question que… » Rugit Molly.
- « Deux heures Fletcher ! Pas une de plus ! Si dans deux heures ils sont encore là, je m'en débarrasse, c'est clair ? »
- « Ouais Snape ! » répondit Fletcher « Merci pour l'service. »
D'un coup de baguette, il empila les chaudrons dans le coin derrière la porte et, voyant que Molly était sur le point d'exploser à nouveau, il s'éclipsa sans un mot de plus.
- « Venez ! » lança Molly une fois qu'il fut parti « Puisque tout le monde est levé, je vais préparer le petit déjeuner ! »
Pendant que les plus jeunes mettaient la table, Molly s'occupait à préparer le repas avec de grands gestes désordonnés, jetant les saucisses dans les poêles tout en continuant à pester contre Fletcher. De temps en temps, elle marmonnait quelque chose comme « Je me demande pourquoi Dumbledore l'accepte ici ! » ou « Si jamais je le vois encore amener des objets volés ici... »
Elle agita machinalement sa baguette magique en direction de la cheminée pour remuer le chaudron de porridge qui terminait de cuire puis d'un autre geste, cassa une quinzaine d'œufs qui allèrent rejoindre les saucisses.
- « Je n'en reviens pas qu'il ait eu le culot de faire ça ! » continua t-elle en coupant une grosse miche de pain pour les toasts. « Oser ramener ça ici ! » marmonna t-elle encore en remplissant chaque assiette de saucisses, d'œufs et de porridge. « Est-ce que quelqu'un veut des harengs ? » Demanda t-elle bien que les assiettes débordaient déjà de nourriture.
- « Allons Molly, calme-toi. » Lui suggéra Remus alors qu'elle continuait à marmonner. « Ca ne sert à rien de..."
BOUM ! BAM ! BLANG !
Il y eut un vacarme épouvantable puis quelques instants plus tard, une jeune femme d'une vingtaine d'années fit son apparition.
Elle avait un visage pâle en forme de cœur, des yeux sombres et brillants, et des cheveux courts d'une intense couleur violette qui se dressaient en mèches pointues.
- « Bonjour tout le monde ! Je ne vous dérange pas j'espère ? »
- « Mais pas du tout voyons ! » l'interrompit aussitôt Molly. « Installe-toi ! Tu mangeras bien quelque chose ? »
- « Avec plaisir Molly, merci. » accepta la jeune femme en se dirigeant vers la seule place vide qui restait, à gauche de Severus. « Je meure de faim ! »
Molly lui servit une généreuse portion de porridge, d'œufs et de saucisses et lui tendit son assiette par-dessus la table.
- « Merci beauc… »
SPLATCH !
- « Oh pardon professeur !... Oh Merlin !... Oh non !... Je suis vraiment désolée ! Je ne voulais pas je… » Balbutia t-elle, confuse, en observant le contenu de son assiette qu'elle venait de renverser sur les genoux de l'homme à ses côtés. « Laissez-moi faire, je vais… »
- « Surtout pas ! » la stoppa vivement Severus en la voyant lever sa baguette dans sa direction. « Je préfère le faire moi-même, si vous n'y voyez pas d'inconvénients ! »
- « C'est sûr que ça vaudra mieux pour votre vertu ! » pouffa Charlie qui était assis juste en face.
- « Comment ça ? » demanda aussitôt Sirius, curieux, alors que Severus, qui terminait de nettoyer ses vêtements, se renfrognait légèrement.
- « Eh bien… Nymphadora a… »
- « Charlie ! » protesta celle-ci. « Ne m'appelle pas comme ça ! »
Le rouquin roula des yeux, apparemment habitué à cette requête, et poursuivit son récit.
- « Je disais donc que Tonks (il insista bien sur le nom) ici-présente, et moi étions dans la même année à Poudlard et qu'on avait cours commun de potion. Tonks était tellement stressée à l'idée qu'il fallait à tout prix qu'elle réussisse dans cette matière pour pouvoir devenir auror que pendant le premier cours de sixième année, elle a… »
- « Vous êtes auror ? » demanda Gaby, impressionné.
- « Ouais ! » répondit Tonks avec une certaine fierté. « Je viens tout juste d'être diplômée !... même si j'ai faillit rater l'épreuve de filature et tapinois… »
- « On se demande pourquoi ! » ironisa Severus.
- « Vous allez laisser finir Charlie, oui ! » s'impatienta Sirius. « Je veux entendre la suite moi ! »
- « Merci Sirius !... Donc, je disais qu'elle était tellement stressée à l'idée d'échouer, qu'au moment où le professeur s'est approché d'elle pour vérifier son travail, elle lui a malencontreusement renversé son chaudron dessus ! Et…et le clou du spectacle, si on peut dire » continua Charlie en rigolant « c'est qu'en voulant nettoyer sa robe pour s'excuser... »
- « Elle l'a faite flamber ! » grogna Severus « réduite en cendres !... »
- « Tout comme le reste de ses vêtements d'ailleurs ! » conclut Charlie
- « Tu t'es retrouvé à poil ? » demanda Remus en se retenant tant bien que mal de rire tandis que Sirius, lui, était écroulé sur la table, riant à gorge déployée.
- « En caleçon » rectifia Severus « J'ai réussi à arrêter l'incendie à temps !... Et à … hum… à préserver l'essentiel… »
- « J'avais pas fait exprès... » marmonna Tonks « Et je me suis excusée ! »
- « Comment ça se fait qu'on en ait jamais entendu parler ? » demanda Gaby légèrement surpris. « Connaissant la réputation de papa, j'aurai pensé que cette histoire aurait fait le tour de l'école en moins de deux ! »
- « Eh bien... le professeur Snape avait proféré de telles menaces à l'encontre de notre classe si jamais l'affaire s'ébruitait que personne n'a jamais rien osé dire. »
- « Quel genre de menaces ? » demanda encore Remus.
- « Que je me rappelle…cinquante points en moins par personne…trois mois de retenue avec Rusard et l'ensemble des cachots à nettoyer à la brosse à dents... et... ah oui !... des notes ne dépassant pas le piètre aux cinq prochains devoirs ! »
- « Eh bien ! Tu n'y es pas allé de main morte ! » Pouffa Sirius, se remettant difficilement de son fou rire.
Severus renifla d'un air méprisant, les bras croisés sur la poitrine, mais ne répondit pas.
- « N'empêche... si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux, j'aurais jamais cru que vous soyez aussi bien foutu... » Fit pensivement Tonks avant de se plaquer les mains sur la bouche, se rendant compte qu'elle avait parlé à voix haute.
- « Surtout que trempé comme il était, son caleçon ne cachait plus grand chose... n'est-ce pas Tonks ? » rigola Charlie
Et alors que Gaby s'étouffait dans son jus de citrouille, tous se tournèrent vers Severus et purent le voir prendre une magnifique teinte rouge vif, signe de son embarras.
Tonks quant à elle fut tellement gênée d'avoir laissé échapper cette remarque que ses cheveux virèrent au rouge vif.
- « Waouh ! » S'écria aussitôt Ron, en oubliant pourquoi il riait « Vous êtes métamorphomage ! »
Tonks acquiesça et pour le prouver – et accessoirement détourner l'attention vers autre chose que le physique de son ancien professeur de potion – changea ses cheveux en une longue crinière noire semblable à celle de Gaby.
- « Waouh ! Vous ressemblez à Sirius comme ça ! Et... » Gaby fronça les sourcils. « Comment ça se fait que vous lui ressembliez autant ? »
- « Parce que c'est ma cousine. » répondit Sirius à la place de la jeune femme. « Tonks est la fille d'Andromeda…je t'ai parlé d'elle je crois »
Gaby acquiesça.
- « Oui. Quand on regardait ton arbre généalogique. Je me rappelle. »
- « Ça doit être super de pouvoir se transformer comme ça... » Soupira Fred
- « Ouais…imagine tout ce qu'on pourrait faire sans que... »
- « Comme si vous ne faisiez pas déjà assez de bêtises comme ça » grogna leur mère.
- « N'empêche que ça doit être génial. Ca ne peut vraiment pas s'apprendre ? »
Tonks secoua la tête.
- « Non. On né métamorphomage, on ne le devient pas. Mais c'est vrai que c'est pratique parfois. Ca m'a notamment permis d'avoir les meilleurs notes dans les classes de dissimulation et déguisement pendant ma formation d'auror…et sans jamais rien avoir besoin d'étudier ! »
- « Vous pouvez le faire encore une fois ? » demanda Ginny qui prenait apparemment un grand plaisir à voir la jeune femme se transformer.
- « Oh oui ! Allez !...Soyez sympa ! » Enchérirent Gaby et Neville tandis que Ron et les jumeaux hochaient vigoureusement la tête pour les soutenir.
Amusée, Tonks ne se fit pas prier et durant le reste du repas, s'appliqua à changer la couleur de ses cheveux et la forme de son nez le plus fréquemment possible, se pliant de bonne grâce aux demandes des adolescents.
Alors que le petit déjeuner touchait à sa fin, Arthur Weasley fit son entrée dans la cuisine, l'air épuise. Il s'affala sur une chaise et enleva quelques instants ses lunettes pour se frotter les yeux.
- « Quelle nuit ! » marmonna t-il en attrapant avec reconnaissance la tasse de thé que sa femme lui tendait « Neuf interventions ! Neuf ! »
Il avala une longue gorgée de thé et poussa un profond soupir.
- « Quelque chose d'intéressant ? » demanda Fred avec un intérêt non dissimulé.
- « Pas vraiment. Des clés rétrécissantes …une bouilloire mordeuse…et encore un cas de toilettes publiques régurgitantes. C'est déjà la troisième fois cette semaine. »
- « Qui est-ce qui peut s'amuser à faire ça ? »
- « Sans doute des farceurs anti-moldu. » répondit Tonks à la place d'Arthur.
- « Oh bonjour. Désole, je ne vous avais pas remarquée. » S'excusa celui-ci, n'ayant pas fait attention à La jeune femme attablée avec les résidants habituels du 12 Square Grimmaurd.
- « Y'a pas de mal Arthur. » fit Tonks avant d'étouffer un bâillement. « Bon, je crois qu'il est temps que je rentre me coucher ! »
- « Tu peux rester ici si tu veux » lui proposa Sirius.
- « C'est vrai ? Eh bien ce n'est pas de refus. J'étais venue prendre les nouvelles consignes mais je pense que ça peut attendre quelques heures ? »
- « Va dormir » confirma Sirius « On verra ça cet après-midi. Tu peux prendre la chambre que tu veux au quatrième étage, elles sont toutes libres... à moins que tu préférer celle de Severus ? » Ajouta t-il avec un clin d'œil avant de se récolter une tape derrière la tête de la part de la jeune femme et une œillade assassine de la part dudit Severus.
- « Toi aussi tu devrais aller te reposer Arthur » lui suggéra Molly une fois que Tonks fut sortie. « Tu as l'air épuisé ! »
- « Dans une minute Molly, ne t'en fait pas. Mais avant, j'ai une petite surprise... »
A suivre...
