Rapidement, pour répondre aux questions que plusieurs d'entre vous se posent:

- Gaby a de fortes chances de rester célibataire (et ne finira de toute façon pas avec Ginny)

- OUI, le tournoi des trois sorciers aura bien lieu.

- … Quant à la réaction de Gaby si son père se met en couple avec Tonks… hum… je ne vais quand même pas tout vous dire… simplement que Gaby a muri !

- Et enfin, pour rassurer mimi72, non, Gaby ne sera plus violé…. D'ailleurs dans cette fic, je n'imagine pas Voldemort avoir une vie sexuelle.

Je suis ravie que vous ayez aimé l'histoire de Severus en caleçon. Je me suis éclatée à l'écrire !... je me suis d'ailleurs aussi beaucoup amusée avec certains passages du chapitre qui suit !

Merci à tous pour les reviews.

Je vous laisse à présent découvrir la surprise d'Arthur… (Même si beaucoup avaient déjà deviné.)

Bonne lecture et à bientôt.


Chapitre 47 : la coupe du monde de quidditch

- « Aller papa ! S'il te plait ! »

- « Je regrette mais c'est non Gaby ! C'est beaucoup trop dangereux ! »

- « Mais je s'rai pas tout seul ! M Weasley sera avec moi !... Et Bill… et Charlie aussi ! »

- « Non ! »

- « Mais... Ils font parti de l'ordre ! Tu peux leur faire confiance ! »

- « La question n'est pas là Gaby… » Soupira Severus, fatigué d'entendre son fils insister encore et encore pour obtenir ce qu'il voulait.

- « Alors pourquoi tu... »

- « Parce qu'ils ne pourraient pas faire grand chose face à quinze ou vingt adversaires ! Voilà pourquoi ! »

- « Mais il n'y aura pas qu'eux ! Il y aura plein d'autres sorciers !... et des aurors... et les gens du ministère... et... »

- « Non ! »

- « Papaaaa… c'est une occasion unique ! L'évènement sportif de l'année ! »

- « Oui. Et c'est aussi une occasion unique pour quelqu'un d'autre ! Si tu vois ce que je veux dire... »

- « Grand-père a dit qu'il n'attaquerait pas » protesta Gaby en croisant les bras.

Puis, avec une moue boudeuse, Il ajouta :

- « Je suis sûr que grand-père serait d'accord, lui ! »

- « D'accord pour quoi ? » intervint Dumbledore en rejoignant Severus et Gaby dans le Salon.

- « Pour me laisser aller à la finale de la coupe du monde de quidditch ! » répondit Gaby après l'avoir embrassé. « M Weasley a réussi à avoir des places grâce à un ami du ministère et il a dit que si papa était d'accord, je pouvais y aller avec eux ! »

- « Et je ne le suis absolument pas ! » Spécifia Severus « C'est bien trop risqué ! »

- « Grand-père... » Gémit Gaby en lui lançant un regard suppliant.

- « Je suis navré mais ce n'est pas à moi de prendre cette décision Gabriel. »

- « Mais toi, tu ne laisserais y aller, n'est ce pas ? »

- « Eh bien… c'est vrai que je n'imagine pas Voldemort attaquer si tôt puisque le ministère à la bonté d'ignorer son retour mais… »

- « Tu vois ! » s'exclama Gaby en se tournant vers son père. « Il n'y a pas de danger ! Même grand-père le dit ! »

- « Je n'ai pas dit ça Gabriel. » rectifia Albus. « J'ai simplement dit que Voldemort n'attaquerait sans doute pas. Cela ne veut pas dire que tu ne cours aucun danger à y aller. … Après tout, tout le monde sait que tu es le fils de Severus. Et dans les circonstances actuelles… »

- « Mais…mais… et si je me déguisais ? Personne ne me reconnaitrait ! Je pourrais… je sais pas moi… changer de couleur de cheveux… mettre des lunettes… m'habiller en fille… me… » S'enflamma Gaby.

- « Stop Gaby ! Stop ! » Le calma immédiatement Severus. « Je vais y réfléchir, d'accord ? »

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Le matin du match à six heures précises, tout le monde était rassemblé dans la cuisine. Mme Weasley, encore en robe de chambre, remuait le contenu d'une grande marmite posée sur la cuisinière pendant que M Weasley, assis à la table, examinait une liasse de billets moldu. Il portait un chandail de golf et un très vieux jeans un peu trop grand pour lui et retenu par une ceinture de cuir qui le faisait paraître étrange aux yeux de Gaby, habitué à le voir en robe de sorcier.

- « Tu devrais les mettre dans ta poche Arthur. » suggéra Molly en apportant sur la table une grosse marmite de porridge qu'elle commença à servir. « Comme ça tu seras sûr de ne pas les oublier. »

Elle ajouta quelques grandes cuillères de mélasse dans chaque assiette.

- « Pourquoi est-ce qu'il faut se lever Siiiiiii tôt ? » demanda Ron dans un très long bâillement qu'il lui fut un possible de retenir.

- « Parce qu'il nous faudra du temps pour nous installer et que comme ça, vous pourrez profiter de l'après-midi pour vous amuser et faire quelques achats. »

- « Comment est ce que le ministère s'y est pris pour cacher un événement pareil aux moldus ? »

- « Ca a été difficile. Nous avons du faire face à de gros problèmes d'organisation » soupira M Weasley. « Il y a environ cent mille sorciers qui viennent assister à la coupe du monde et, bien entendu, nous ne disposons pas de terrain magique pour accueillir autant de monde. Il a donc fallut trouver une lande assez grande, déserte, et suffisamment éloignée des villages moldus et ensuite prendre toutes les précautions possibles. Le ministère y a travaillé pendant des mois. Après, il a fallut construire le stade, prévoir une zone pour le transplanage et une autre pour les portoloins, et trouver où loger tout le monde... et bien sur, il a fallut canaliser l'arrivée des spectateurs pour rester le plus discret possible. »

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- « On va devoir faire deux voyages » expliqua Arthur au moment du départ. « Gabriel ? Neville ?.... Bill et Charlie vont revenir vous chercher, d'accord ? »

Les deux garçons acquiescèrent et regardèrent la famille Weasley (sauf Molly) transplaner.

En attendant que les deux ainés des enfants Weasley reviennent, Gabriel subissait – pour la troisième fois depuis qu'il était levé – les recommandations de dernière minute de Severus.

- « Surtout, tu restes bien avec M Weasley. »

- « Oui papa. »

- « Tu ne parles à personne que tu ne connais pas. »

- « Oui papa. »

- « A aucun moment tu n'enlèves le portoloin d'urgence de ton cou. »

- « Promis papa. »

- « Tu te rappelles du mot de passe ? »

- « Clair-obscur. »

Severus acquiesça.

- « Tu es sûr d'avoir pris tout ce qu'il te faut ? »

- « Oui papa. »

- « Tu as pris un pull ? »

- « Oui papa.» soupira Gaby. « Tu me l'a déjà demandé trois fois ! »

A ce moment là, deux 'pop' se firent entendre, signalant le retour de Bill et Charlie.

- « Vous êtes prêts ? »

- « Juste une minute. » répondit Severus avant de donner une fiole de potion à son fils.

Gaby but une longue gorgée de potion. Aussitôt, il sentit ses entrailles se tortiller comme s'il avait des serpents vivants dans l'estomac, puis très vite, une sensation de brûlure se répandit tout son corps depuis son ventre jusqu'à l'extrémité de ses doigts et de ses orteils. Enfin, il eut l'horrible impression de fondre comme du métal en fusion et de sentir ses cheveux se rétracter à l'intérieur de son crâne. Puis, tout aussi brusquement qu'elle avait commencé, la métamorphose prit fin.

- « Ca va mon cœur ? »

- « Oui... » répondit Gaby « Mais rassure-moi, ça ne va pas faire mal comme ça à chaque fois ? »

- « Non. Tant que tu prends bien garde à prendre ta potion à temps, tu ne sentiras rien. » Répondit Severus avant de lancer un sort aux vêtements de Gaby pour qu'ils s'adaptent automatiquement à son changement de physionomie.

- « On peut y aller maintenant ? » fit Bill.

- « J'arrive ! »

- « Amuse-toi bien mon cœur. » fit encore Severus avant d'embrasser son fils sur le front. « Et n'oublies pas : toutes les heures ! »

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J'avoue que j'ai été très tentée de couper là, juste pour vous laisser réfléchir au nouvel aspect de Gaby… mais je ne vais quand même pas être sadique à chaque chapitre ! ;)

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Ils transplanèrent au milieu d'un bosquet, sur ce qui semblait être une lande déserte plongée dans la brume et rejoignirent rapidement les autres.

- « Waouh ! Tu es méconnaissable comme ça Gaby ! » Rigola Ron lorsqu'il vit enfin son ami arriver.

- « Ouais, j'm'en doute. » répondit Gaby d'une voix beaucoup plus aigue que son timbre habituel.

Il était en effet devenu le sosie d'un jeune garçon moldu aux cheveux roux qui habitait près du square Grimmaurd. Malheureusement pour lui, le moldu en question était haut comme trois pommes et suçait encore son pouce.

Severus, s'était chargé de lui voler quelques cheveux grâce à un sortilège d'attraction afin de les ajouter à l'un des flacons de polynectar de son stock. Polynectar qui se trouvait actuellement dissimulé dans un biberon que Gaby portait attaché autour du cou. De cette façon, Gaby pouvait se faire passer pour un membre de la famille Weasley, plus précisément, le fils d'un cousin éloigné actuellement en vacances chez eux.

- « Le camping doit être à environ cinq cent mètres d'ici. » fit Arthur en leur faisant signe de le suivre. « Tenez ! Ca doit être par là-bas ! » Ajouta t-il en voyant un peu plus loin petit groupe de sorcier se diriger vers le nord.

Après une vingtaine de minutes de marche, une maisonnette de pierre apparut à côté d'un portail. Au-delà, on pouvait apercevoir les formes fantomatiques de centaines et de centaines de tentes alignées sur la pente douce d'un pré que limitaient les arbres sombres d'un petit bois.

Ils s'approchèrent de la maisonnette.

Un homme se tenait dans l'encadrement de la porte, regardant les tentes. Gaby sut au premier coup d'œil qu'il devait être le seul moldu des environs.

Lorsque l'homme les entendit arriver, il se tourna vers eux.

- « Bonjour. » dit M Weasley « Vous êtes M Roberts ? »

- « C'est bien moi » répondit l'autre « Et vous ? Qui êtes vous ? »

- « Arthur Weasley. J'ai loué une tente. »

- « Waas… Warley… Walser..." marmonna M Roberts en consultant une liste affichée au mur. « Ah Voilà ! Weasley … vous avez un emplacement près du petit bois là-bas ! C'est pour une nuit, c'est cela ? »

M Weasley acquiesça.

- « Il faudra payer d'avance dans ce cas. »

- « Ah…euh…oui, bien sûr. » répondit M Weasley.

Il lâcha la main de Gaby (il l'avait gardé près de lui par sécurité) et sortit l'argent moldu de sa poche.

- « Celui-là ça fait combien… » Marmonna t-il pour lui-même « Ah oui ! Dix livres ! Et celui-là alors… »

- « Vous êtes étrangers ? » demanda M. Roberts lorsque M Weasley finit par lui tendre la somme en billets.

- « Etrangers ? » répéta M Weasley, déconcerté.

- « Vous n'êtes pas le premier à avoir des problèmes avec l'argent. Il y a dix minutes, deux types ont essayé de me payer avec des grosses pièces en or. »

- « Vraiment ? » fit M Weasley, mal à l'aise.

- « Ouais... en tout cas, je n'avais jamais vu autant de monde… »

- « Ah bon ?...C'est... c'est pourtant un coin charmant ici... »

- « Pour ça oui ! Mais y a pas grand chose à faire ou à visiter par ici. »

M Roberts se frotta le menton et poursuivit :

- « On dirait une espèce de grand rassemblement…il y a beaucoup de gens étrangers et... »

A ce moment là, un sorcier vêtu d'un pantalon de golf surgit de nulle part, faisant sursauter Gaby qui, instable sur ses petites jambes, fut rattrapé de justesse par Bill qui lui évita une chute.

- « Oubliette ! » cria l'homme en pointant sa baguette sur le gérant du camping.

Aussitôt le regard ce dernier se fit lointain et une expression d'indifférence rêveuse apparut sur son visage.

- « Voilà le plan du camping. Passez un bon séjour ! »

- « Merci beaucoup. »

Le sorcier en pantalon de golf les accompagna vers l'entrée du camping. Il avait l'air épuisé. Dès qu'il fut certain de ne pas pouvoir être entendu par M Roberts, il expliqua :

- « On a beaucoup de soucis avec lui. Il lui faut un sortilège d'amnésie dix fois par pour le calmer... et Ludo ne nous aide pas. Il se promène partout en parlant de cognards, de vif d'or et de souaffle sans se préoccuper le moins du monde de qui peut l'entendre. Bon… (Il soupira) ... il faut que je te laisse. A plus tard Arthur. »

Et il disparut en transplanant.

- « Bon, eh bien allons-y. Viens ici Gabriel, je vais te porter pour le reste du chemin cela vaudra mieux. Je n'ai pas envie de te perdre. » Fit M Weasley en avisant la véritable ville de tentes qui s'étendait devant eux.

Gaby rougit, gêné et légèrement réticent à se retrouver dans d'autres bras que ceux de son père, mais accepta, n'ayant pas vraiment le choix. Il s'approcha donc d'Arthur et tendit les bras pour se faire prendre.

- « Qui est ce Ludo ? » demanda Gaby de sa petite voix enfantine depuis les bras d'Arthur Weasley.

- « C'est le directeur du département des jeux et sports magiques. Ludo Verpey.» répondit Percy. « Beaucoup pensent qu'il n'a pas mieux que lui pour ce poste, même s'il a toujours été un peu négligeant en matière de sécurité. Mais comme il a été un joueur très populaire dans sa jeunesse le ministre a tendance à lui passer certains écarts. »

Les explications de Percy terminées ils montèrent la pente douce du pré, avançant tranquillement tout en regardant autour d'eux avec curiosité alors que les campeurs commençaient à se lever. La plupart des tentes paraissaient ordinaires, leurs propriétaires ayant apparemment fait de leur mieux pour qu'elles ressemblent à celles des moldus, mais certaines appartenaient sans conteste au monde de la magie. En les voyant, on comprenait aisément pourquoi M Roberts se posait autant de questions ! Certaines avaient une cheminée, d'autres un jardin... une d'entre elle avait même trois étages et une tourelle.

Un peu plus loin, sur leur droite, un petit garçon – il ne devait pas avoir plus de deux ans – tenait une baguette magique et s'amusait à faire gonfler une limace qui rampait dans l'herbe. Le mollusque avait presque atteint la taille d'un jeune chiot quand la mère s'aperçut de ce qui se passait et se précipita vers l'enfant pour lui prendre la baguette.

- « Kevin ! »fit-elle en lui donnant une petite tape sur la main pour le réprimander. « Combien de fois faudra t-il que je te le répète ? Tu ne dois pas jouer avec la baguette de papa ! »

D'un geste, elle redonna à l'animal sa taille normale et fit entrer son fils dans la tente.

Une centaine de mètres plus loin, deux petites sorcières, à peine plus âgées que le jeune Kevin, s'amusaient avec balais-jouets, se poursuivant quelques centimètres au dessus de l'herbe humide en riant.

Plus loin encore, deux jeunes garçons faisaient une partie de bavboules sous la surveillance de leur père.

Gaby les regarda faire avec une certaine envie.

Qu'est ce qu'il aurait adoré avoir pu faire tout ça à leur âge... Son père aurait-il été aussi attentif que cet homme ? … sans doute, oui. Lui aurait-il donné une fessée pour avoir joué avec sa baguette ? L'aurait-il simplement disputé ?... il ne savait pas trop mais c'était sans aucun doute un souvenir qu'il aurait aimé avoir.

- « Ca va Gaby ? » lui demanda Neville qui marchait près de lui et de son 'porteur'.

- « Oui. Je réfléchissais, c'est tout. »

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Alors qu'ils arrivaient près d'un des trois points d'eau du camping, ils assistèrent à une scène tout simplement hilarante. Deux sorciers, dont l'un était très vieux et vêtu d'une longue chemise de nuit à fleurs, se disputaient âprement.

- « Mets ça Archie, je t'en prie ! » insista l'autre sorcier, lequel tenait dans sa main un pantalon à fines rayures. « Tu ne peux pas te promener habillé de cette façon. Le moldu du camping commence déjà à avoir des soupçons ! »

- « J'ai acheté ça dans un magasin moldu ! » se défendit le vieux sorcier d'un air obstiné.

- « Ce sont les femmes moldues qui portent ça Archie. Pas les hommes !... Eux, ils portent ça ! »

- « Je ne mettrais jamais ce truc là ! » s'indigna le vieux Archie. « J'aime bien que mon intimité puisse respirer à son aise. »

Ils eurent toutes les peines du monde à ne pas exploser de rire et même Arthur esquissa un sourire amusé en entendant la réplique du vieil homme.

- « C'est moi qui voit mal tout à coup ou bien tout est devenu vert ? » demanda Ron alors que le groupe continuait sa progression dans le camping.

Ron voyait très bien. Ils étaient arrivés devant un ensemble de tentes recouvertes d'un épais tapis de trèfles qui les faisait ressembler à des monticules surgis de terre.

- « C'est les supporters irlandais » leur dit Charlie « Les gens du service de sécurité ne doivent pas être ravis de voir ça... »

- « Je me demande comment les bulgares ont décoré leur tentes. » fit Ginny.

- « Tu ne vas pas tarder à le savoir, je pense. » répondit M Weasley en désignant un drapeau bulgare qui flottait dans la brise un peu plus loin dans la direction qu'ils devaient suivre.

Cette fois, la décoration n'avait rien de végétal. Chaque tente était ornée d'un immense poster animé représentant un visage renfrogné avec de gros sourcils noirs.

- « Hé ! C'est Krum ! »

- « Krum ? »

Ron et Gaby levèrent les yeux au ciel.

- « Victor Krum, Neville !... leur attrapeur ! » expliqua le rouquin.

- « Oh !... Et... il est bon ? »

- « S'il est bon ? C'est un géni, oui ! » S'enflamma Ron tout en continuant à marcher, s'éloignant du secteur bulgare. « Le meilleur attrapeur du monde ! »

- « Ah voilà ! C'est là que nous sommes ! » Fit soudain M Weasley en désignant un emplacement vide avec un petit écriteau à son nom. « On n'aurait pas pu espérer mieux ! Le stade est juste de l'autre côté de ce bois ! Impossible d'être plus près ! »

Il se pencha et laissa Gaby glisser hors de ses bras avant de déposer son sac à dos sur le sol.

- « Bien ! » dit-il en se redressant, le regard brillant d'excitation. « Souvenez-vous, pas question d'avoir recours à la magie en terrain moldu. »

- « Mais on a vu plein de... » Essaya Ron.

Ne l'ayant même pas entendu, M Weasley continua :

- « Nous dresserons donc cette tente à la main ! Ca ne devrait pas être trop difficile.... les moldus font ça tout le temps. »

Malgré M Weasley qui compliquait les choses en donnant des coups de maillet à tort et à travers avec un enthousiasme débordant et Gaby qui ne pouvait pas vraiment les aider en raison de son 'jeune âge', ils finirent – après trois heures d'effort – par dresser une tente d'aspect miteux qui, à première vue, pouvait héberger deux personnes. Ils reculèrent pour admirer leur œuvre. Personne n'aurait pu deviner que cette tente appartenait à des sorciers, estima Gaby. Mais l'ennui, c'est qu'ils étaient dix. Comment dix personnes pourraient-elles tenir là-dedans ?

- « On sera un peu à l'étroit. » dit M Weasley qui s'était laissé tomber à quatre pattes à l'entrée de la tente. « Mais ça devrait aller. Venez voir ! »

Gaby se glissa sous l'auvent (il n'eut même pas besoin de se baisser) et resta bouche bée. Il venait de pénétrer dans ce qui ressemblait à un appartement de trois pièces un peu vieillot, avec cuisine et salle de bain. Cinq lits superposés étaient disposés dans la chambre.

- « Ce n'est pas très confortable, mais c'est juste pour une nuit. » dit M Weasley en épongeant son front dégarni avec un mouchoir « J'ai emprunté ça à Perkins, au bureau. Il ne fait plus beaucoup de camping, le pauvre, depuis qu'il a un lumbago. »

- « Bon ! » S'exclama Bill « Si on veut pouvoir manger à midi, il serait peut-être temps de s'occuper du feu, non ? »

- « Mais on a un four ! » protesta Ron « Pourquoi ne pas simplement... »

- « Ron, n'oublie pas la sécurité anti-moldus ! Lorsque les vrais moldus vont camper, ils font la cuisine dehors, sur un feu de bois. Je les ai vus ! » Répondit M Weasley, apparemment ravi de pouvoir les imiter.

- « Il faudrait peut-être aller chercher de l'eau, non ? » suggéra Charlie.

- « On y va ! » firent Ron, Gaby et Neville, espérant ainsi pouvoir visiter un peu plus les environs.

Gaby commençait à s'éloigner avec ses amis lorsqu'il sentit une paire de mains le soulever du sol.

- « Oh non ! » fit M Weasley « Toi, tu ne vas nulle part ! Je suis désolé Gabriel mais j'ai promis à ton père de ne pas te quitter des yeux !... Mais allez-y tous les deux. » poursuivit M Weasley à l'adresse de Ron et Neville « Et essayez de ne pas trop trainer en route ! »

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Lorsque les deux garçons revinrent, le feu était allumé et quelques saucisses étaient déjà en train de cuir.

- « Vous en avez mis un temps ! » fit remarquer George.

- « On a rencontré pas mal de monde de Poudlard. » répondit Ron en posant les récipients d'eau par terre. « D'ailleurs vous savez quoi ? Dubois a signé un contrat avec l'équipe de réserve du club de Flaquemare ! »

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A mesure que la journée avançait, une sorte de frénésie envahissait le camping tel un nuage palpable. Au coucher du soleil, la tension faisait frémir la paisible atmosphère de l'été et, lorsque la nuit tomba comme un rideau sur les milliers de spectateurs qui attendaient le début du match, les dernières tentatives de masquer la réalité disparurent. Le ministère semblait s'être incliné devant l'inévitable et ses représentants avaient renoncés à réprimer les signes évidents de magie qui se manifestaient un peu partout.

Des vendeurs ambulants transplanaient à tout moment, poussant des chariots remplis d'articles extraordinaires. Il y avait des rosettes lumineuses – vertes pour l'Irlande et rouges pour la Bulgarie – qui criaient d'une voix aigue le nom des joueurs ; des chapeaux pointus d'un vert étincelant ornés de trèfles dansants ; des écharpes bulgares décorées de lions qui rugissaient véritablement ; des drapeaux des deux pays qui jouaient les hymnes nationaux dès qu'on les agitait… On trouvait aussi des modèles miniatures d'éclair de feu qui volaient, des figurines de collection représentant les joueurs célèbres, etc. ...

- « Je suis content que grand-mère m'ait donné une avance sur mon argent de poche ! » dit Neville à Ron, alors qu'accompagnés du reste du groupe, ils se baladaient parmi les vendeurs en achetant des souvenirs. Gaby, actuellement perché sur les épaules de Charlie regardait partout avec des yeux émerveillés. S'il avait pu, Il aurait sans doute tout acheté.

Ils firent tous l'acquisition d'un chapeau à trèfles dansants, sauf Gaby, qui dut se contenter d'une grande rosette verte puisque le chapeau lui retombait devant les yeux. Ron s'acheta également une figurine de Victor Krum et Neville un drapeau irlandais. Les jumeaux quant à eux, jetèrent leur dévolu sur les répliques miniatures des meilleurs balais sur le marché, et Gaby, avec la complicité de Charlie à qui il avait confié son argent, s'acheta les équipes d'Irlande et de Bulgarie pour son jeu de simulation de quidditch.

Enfin, alors que l'heure de la rencontre approchait, un grand coup de gong retentit avec force quelque part au delà du bois, invitant les spectateurs à se diriger vers le stade de quidditch.

Emportant leurs achats, c'est la bourse beaucoup plus légère qu'ils s'engagèrent sur le chemin éclairé de lanternes vertes et rouges qui, traversant le bois, menait au terrain.

Une vingtaine de minutes plus tard, ils émergèrent enfin d'entre les arbres pour se retrouver dans l'ombre d'un stade gigantesque. Gaby ne voyait qu'une petite partie des immenses murailles d'or qui entouraient le terrain mais il devinait que l'édifice était tout aussi grand que Poudlard…enfin, à son avis.

- « Il peut contenir cent mille spectateurs. » expliqua M Weasley devant l'air impressionné des plus jeunes. « Il a fallu plus d'un an pour le construire et chaque centimètre carré a été traité avec des sortilèges repousse-moldus. »

Il les mena jusqu'à l'entrée la plus proche, devant laquelle se pressait déjà une foule bruyante.

- « Des places de choix ! » S'exclama la sorcière du ministère qui contrôlait les billets. « Tribune officielle, tout en haut. »

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À l'intérieur du stade, les escaliers étaient recouverts d'épais tapis pourpres. Ils grimpèrent au milieu des autres spectateurs qui se répartissaient lentement sur les gradins. M Weasley et son groupe continuèrent à monter jusqu'au sommet de l'escalier où ils se retrouvèrent dans une petite loge qui dominait tout le stade et donnait sur le centre du terrain. Une vingtaine de chaises pourpres et or, pour l'instant inoccupées, étaient disposées sur deux rangées et lorsque tous furent installés, ils découvrirent un spectacle défiant l'imagination : cent mille sorciers et sorcières étaient en train de prendre place sur les sièges qui s'élevaient en gradins tout autour du terrain ovale. A chaque extrémité se dressaient les buts, trois cercles d'or situés à une hauteur de quinze mètres. Face à la tribune officielle s'étalait un immense panneau sur lequel s'inscrivaient des mots de couleur or qui disparaissaient peu à peu, remplacés par d'autres. En regardant plus attentivement, Gaby se rendit compte qu'il s'agissait de publicités. Il les regarda quelques instants défiler puis se désintéressa du tableau, reportant son attention sur la foule.

Autour d'eux, la tribune se remplit peu à peu au cours de la demi-heure qui suivit. Parmi les nouveaux arrivés, Gaby put reconnaître Cornelius Fudge, le ministre de la magie, lequel était en grande conversation avec un sorcier au fort accent slave qui portait une magnifique robe noire ourlée d'or.

- « Merlin ! » fit soudain une voix basse et légèrement traînante. « Qui vois-je là ?... Dites-moi Weasley, qu'avez-vous donc vendu pour obtenir ces places ? Votre maison n'aurait certainement pas suffit à payer le prix d'un billet ! »

Avant que M Weasley n'ait le temps de répliquer, Fudge, qui avait enfin remarqué les nouveaux arrivants, prit la parole.

- « Lucius ! Comment allez-vous ? »

- « Monsieur le ministre » répondit Lucius Malefoy en inclinant légèrement la tête, se désintéressant totalement des Weasley. « Je crois que vous ne connaissez pas mon épouse, Narcissa ? Ni notre fils, Drago ? »

° Alors comme ça, c'est elle la cousine de Sirius.° Pensa Gaby en regardant la grande femme blonde qui saluait avec raideur le ministre. °Elle ne lui ressemble pas du tout !°

- « Arthur ! Mon vieil ami ! » Lança soudain une voix joviale qui sortit Gaby de ses réflexions. « Comment vas-tu ? »

- « A merveille Ludo. A merveille ! Les enfants, je vous présente Ludo Verpey. C'est grâce à lui que nous avons eu de si bonnes places. »

- « Ce n'est rien voyons ! » fit Verpey en haussant les épaules d'un air désinvolte avant de tourner son regard vers la bande de rouquins rassemblés autour de M Weasley. « Ils sont tous à toi Arthur ? » demanda-il, curieux.

- « Oh non. Seulement sept. Voici Neville, un ami de mon plus jeune fils Ronald, et Ga-Galiel – se rattrapa M Weasley – le fils d'un cousin qui me l'a confié le temps d'un voyage en amoureux avec sa femme. »

- « Tu aimes le quidditch mon petit bonhomme ? » demanda Verpey d'un ton bienveillant en se penchant pour être à la hauteur de Gaby.

- « Vi ! » répondit Gaby, essayant d'imiter au mieux la façon de parler d'un jeune enfant intimidé.

- « Et tu as déjà été voir un match ? »

Gaby hocha frénétiquement la tête.

- « 'vec papa. M'a m'né voir mais ai fait dodo. » Expliqua Gaby en suçant son pouce.

- « Eh bien j'espère que cette fois-ci tu vas rester réveillé. » Sourit Verpey, visiblement attendri par la bonne bouille du petit Galiel. « Bon, je crois que tout le monde est prêt. » continua t-il en se redressant. « Monsieur le ministre ? On peut y aller ? »

- « Quand vous voulez Ludo ! » répondit Fudge. « Quand vous voulez ! »

Verpey sortit aussitôt sa baguette, la pointa sur sa gorge, et se lança un sonorus. Il parla alors par-dessus le tumulte qui emplissait le stade.

- « Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue ! Bienvenue à la quatre-cent-deuxième coupe du monde de quidditch ! »

Les spectateurs se mirent à hurler et à applaudir. Des milliers de drapeaux s'agitèrent, mêlant les hymnes nationaux des deux équipes dans une cacophonie qui s'ajouta au vacarme. Le dernier message publicitaire s'effaça de l'immense tableau qui affichait à présent : Bulgarie 0 – Irlande 0.

- « Et maintenant, sans plus tarder, permettez-moi de vous présenter... les mascottes de l'équipe bulgare ! »

La partie droite du stage, entièrement colorée en rouge, explosa en acclamations.

– « Je me demande ce qu'ils ont amené. » dit M Weasley « Aaah ! Des Vélanes ! »

- « C'est quoi ? »

Mais une centaine d'entre elles venaient de faire leur apparition sur le terrain et la question de Gaby trouva sa réponse.

Les Vélanes étaient des femmes ; les plus belles que Gaby eût jamais vues. Leur peau scintillait... leurs cheveux d'or blanc volaient derrière elles...

Gaby était perplexe. Elles ne pouvaient pas être humaines, c'était impossible ! Il essayait de déterminer ce qu'elles étaient exactement mais à ce moment, la musique retentit et il ne se soucia plus de savoir à quel genre d'être il avait à faire.

Les Vélanes s'étaient mises à danser et la tête de Gaby se vida aussitôt. Il n'éprouvait plus rien d'autre qu'une totale félicité.

La musique cessa soudain et des cris de fureur s'élevèrent dans le stade. Les spectateurs refusaient de laisser partir les Vélanes et Gaby ne pouvait que les approuver.

- « Et maintenant » rugit la voix amplifiée de Ludo Verpey « Veuillez, s'il vous plait lever vos baguettes pour accueillir les mascottes de l'équipe nationale d'Irlande ! »

Un instant plus tard, quelque chose qui ressemblait à une immense comète verte et or surgit du stade. Elle fit un retour complet du terrain puis se sépara en deux comètes plus petites, chacune se précipitant vers les buts. Un arc-en-ciel se déploya brusquement d'un bout à l'autre du stade, reliant entre elles les deux comètes lumineuses. Puis l'arc-en-ciel s'effaça et les deux comètes se fondirent ensemble pour former un grand trèfle scintillant qui s'éleva dans le ciel et vola au-dessus des tribunes.

- « Ouah ! » s'exclama Gaby de façon tout à fait enfantine – mais inconsciemment cette fois-ci – lorsque le trèfle vola au-dessus d'eux en répandant une pluie de pièces d'or.

Il l'observa plus attentivement et s'aperçu qu'il était composé de tout petits bonhommes barbus portant chacun une petite lanterne. Des farfadets, certainement.

Alors, qu'il continuait à suivre le trèfle des yeux, son regard se posa sur Lucius Malefoy. Il ressentit alors une brusque envie de se venger de cet homme qui, l'an passé, s'en était pris à Hermione et à son père et quelques instants plus tôt, à M Weasley... sans compter son implication dans l'affaire de la chambre des secrets !

Attrapant le biberon qu'il portait autour de son cou, il prit une gorgée de polynectar puis, pour en faire passer le goût, mangea un morceau de chocolat qui trainait dans sa poche, prenant bien soin de le laisser fondre dans ses mains. Puis finalement, satisfait de son apparence, il descendit tant bien que mal de sa chaise pour aller se placer à côté de l'homme en question, son air le plus adorable plaqué sur le visage.

L'aristocrate blond ne l'ayant pas remarqué, il tendit sa petite main et tira légèrement sur la manche de sa robe. Une fois certain d'avoir capté son attention, il demanda de la voix la plus innocente possible :

- « Dis monsieur... toi aussi t'es une Vé'ane ? »

Malefoy lui lança une œillade assassine mais ne dit rien, se contentant de dégager sa manche d'un geste brusque de la prise de l'enfant. Gaby put cependant voir sa main se crisper sur sa canne, comme s'il se retenait de lui lancer un sort pour avoir osé, non seulement sous-entendre qu'il ressemblait à une femme, mais pire encore, supposer qu'il était apparenté à l'une de ces créatures.

- « Monsieur ? » fit encore Gaby en agrippant à nouveau la robe de sorcier du blond, y laissant de belles traces de chocolat fondu. « Monsieur pou 'quoi tu 'éponds pas ?...T'es fâché pa'que t'as pas eu droit de danser 'vec les aut'?... T'es puni ?... Papa une fois, y ma donné fessé pa'que avais joué 'vec la baguette de maman. Toi aussi t'as eu fessé ? »

Comme Lucius ne répondait pas, retenant avec de plus en plus de difficulté les maléfices qui le démangeaient, Gaby se tourna vers Narcissa, bien décidé à enfoncer le clou.

- « Ma'ame ? » fit-il en posant ses petites mains toujours poisseuses de chocolat sur la belle robe blanche de la sorcière. « Pou 'quoi t'as puni le monsieur Vé'ane ? Est pas gentil ?.... Et pou 'quoi ton nez y fait grimace ? Papa y dit toujours que c'est pas beau et que quand on fait grimace, on ressemble à un singe qui… »

- « Galiel, vient-là ! » intervint Bill qui était le seul à avoir vu le garçon se glisser hors de sa chaise et qui avait suivit avec la plus grande attention sa 'conversation' avec les deux blonds. « Laisse M et Mme Malefoy tranquilles. » ajouta t-il en le soulevant du sol pour le réinstaller sur sa chaise avec un clin d'œil clairement amusé. « Et donne-moi tes mains. Elles sont encore une fois toutes sales. Je t'ai répété je ne sais pas combien de fois de ne pas toucher n'importe quoi ! » Termina t-il en sortant sa baguette.

- « Est pas sale ! » protesta Gaby. « Est du chocolat ! »

Bill nettoya rapidement les mains de Gaby, se retenant tant bien que mal de rire, alors que derrière eux, les deux aristocrates remarquaient avec horreur les jolies traces brunes qui ornaient leurs couteuses robes de soirée.

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Le trèfle géant finit par se disperser et les farfadets se laissèrent tomber en douceur sur le terrain, de l'autre côté des Vélanes, et s'assirent en tailleur pour assister au match.

- « Et maintenant, mesdames et messieurs » reprit Verpey « nous avons le plaisir d'accueillir … l'équipe nationale de Quidditch de Bulgarie ! Voici… Dimitrov ! »

Sous les applaudissements déchaînés des supporters bulgares, une silhouette vêtue de rouge, à califourchon sur un balai, surgit d'une des portes qui donnaient sur le terrain en volant si vite qu'on avait du mal à la suivre des yeux.

- « Ivanova ! »

Un deuxième joueur en robe rouge fila dans les airs.

- « Zograf ! Levski ! Vulchanov ! Volkov ! Eeeeeeeeeet … Krum ! »

Verpey laissa le temps à l'équipe bulgare de faire plusieurs fois le tour du terrain sous les ovations des supporters avant de continuer sa présentation.

- « Et maintenant, accueillons … l'équipe nationale de Quidditch d'Irlande ! » s'époumona Verpey. « Voici… Connolly ! Ryan ! Troy ! Mullet ! Morane ! Quigley ! Eeeeeeeeeet … Lynch ! »

Sept traînées vertes jaillirent sur le terrain sous les acclamations des supporters irlandais.

- « Et voici, arrivant tout droit d'Égypte, notre arbitre, l'estimé président-sorcier général de l'Association internationale de Quidditch, Hassan Mostafa ! »

Un petit sorcier efflanqué, complètement chauve s'avança à grands pas sur le terrain. Un sifflet d'argent dépassait de sous sa moustache ; sous un bras, il portait une grosse caisse en bois et sous l'autre, son balai volant.

Une fois au centre du terrain, il enfourcha son balai et ouvrir la caisse d'un coup de pied. Les quatre balles en surgirent et, soufflant d'un coup sec dans son sifflet, Mostafa s'éleva à leur suite.

- « Et c'est PARTI ! hurla Verpey. « Le Souaffle à Mullet !... qui passe à Troy ! … Morane ! Dimitrov !... Mullet à nouveau !... Troy ! Levski ! Morane ! »

C'était du Quidditch comme Gaby n'en avait encore jamais vu. Encore mieux que le match que son père l'avait amené voir l'année précédente ! Les joueurs filaient à une vitesse incroyable. Les poursuiveurs se passaient le Souaffle avec une telle rapidité que Verpey avait tout juste le temps de dire leur nom. Dans les tribunes, la foule était déchaînée.

- « TROY MARQUE ! » rugit Verpey et tout le stade trembla sous les applaudissements et les acclamations des supporters irlandais. « Dix-zéro en faveur de l'Irlande ! »

Les farfadets qui jusque là regardaient le match depuis les lignes de touche s'étaient à nouveau envolés pour reconstituer le grand trèfle scintillant alors que de l'autre côté du terrain, les Vélanes les regardaient faire d'un air boudeur.

Le match reprit et Gaby ne put qu'apprécier l'extraordinaire virtuosité des poursuiveurs irlandais. Il y avait entre eux une parfaite harmonie. A la façon dont ils se plaçaient, on aurait presque dit qu'ils lisaient dans les pensées les uns des autres.

Moins de dix minutes plus tard, l'Irlande avait marqué deux autres buts, faisant monter le score à 30 - 0 et déclenchant un tonnerre d'applaudissements chez les supporters vêtus de vert.

Le match devint alors beaucoup plus rapide et plus brutal. Les batteurs bulgares, frappaient les Cognards avec férocité en les envoyant sur les poursuiveurs irlandais pour les perturber si bien qu'à deux reprises, les Irlandais furent contraints de rompre leur formation et qu'Ivanova finit par franchir leur défense et marquer le premier but bulgare.

- « Le souaffle est de nouveau intercepté par Ivanova !... Dimitrov ! Levski ! Dimitrov ! …Oh, là, là ! »

Les cent mille spectateurs retinrent leur souffle en voyant les deux attrapeurs foncer en piqué au milieu des poursuiveurs à une vitesse telle qu'on les voyait à peine.

Gaby se mit aussitôt debout sur sa chaise pour pouvoir suivre leur descente, plissant les yeux pour essayer de voir le vif d'or.

-« Ils vont s'écraser ! » hurla Ginny.

Elle eut à moitié raison. A la toute dernière seconde, Viktor Krum redressa son balai et remonta en chandelle. Lynch, en revanche, heurta le sol avec un bruit sourd qu'on entendit à travers tout le stade.

- « Quel idiot ! » gémit Ron. « C'était une feinte de Krum ! »

Alors que les médicomages s'afféraient autour de l'attrapeur irlandais, Krum décrivait des cercles loin au-dessus du sol, lançant des regards rapides sur toute la surface du terrain. Il profitait du temps passé à ranimer son adversaire pour essayer de repérer le Vif d'or sans aucune interférence des autres joueurs.

Lynch finit par se relever, sous les acclamations des supporters irlandais. Il enfourcha à nouveau son balai et s'élança dans les airs.

Au bout d'un nouveau quart d'heure de fureur et de prouesses, l'Irlande avait pris le large en marquant dix nouveaux buts, amenant le score à 130 - 10. Et le jeu commençait à tourner mal, devenant de plus en plus violant.

- « Et Mostafa donne un avertissement au gardien bulgare pour brutalité ! » annonça Verpey aux spectateurs qui hurlaient de toutes parts. « Et… penalty en faveur de l'Irlande ! »

Les farfadets, qui s'étaient élancés dans les airs avec colère lorsque Mullet avait été victime du gardien bulgare, se regroupèrent pour former les lettres « HA ! HA ! HA ! ».

Vexées, les Vélanes se précipitèrent sur le terrain et se mirent à jeter des poignées de flammes sur les farfadets. Des sorciers du ministère envahirent aussitôt le terrain pour essayer, sans grand succès, de séparer les mascottes.

Mais la bataille qui avait lieu au sol n'avait rien à envier à celle qui se déroulait dans les airs, le jeu ayant en effet atteint un niveau de férocité qu'on n'avait encore jamais vu. Les batteurs de chaque équipe se montraient sans merci et les poursuiveurs se passaient le souaffle à la vitesse d'une balle de fusil.

Alors que Morane marquait le dix-septième but de l'Irlande, Quigley, le batteur irlandais, brandit sa batte et frappa de toutes ses forces un Cognard en direction de Krum, lequel le reçut en pleine figure.

Un grondement assourdissant monta de la foule. Le nez de Krum semblait cassé et il avait du sang partout mais Hassan Mostafa ne donna aucun coup de sifflet, et pour cause : une des Vélanes venait de lui envoyer une poignée de flammes et il essayait tant bien que mal d'éteindre le feu qui était en train de ronger les brindilles de son balai.

- « Temps mort, voyons ! Il ne peut pas jouer comme ça ! » S'exclama Verpey.

Alors qu'il continuait à observer Krum, Gaby vit soudain, du coin de l'œil, l'attrapeur irlandais descendre en piqué. Et cette fois-ci, ce n'était pas d'une feinte de Wronski !

- « Là ! Là ! » Hurla Gaby en sautillant d'excitation.

Une bonne partie des spectateurs semblaient avoir également compris ce qui se passait. Les supporters irlandais se levèrent comme un raz de marée d'un vert étincelant en poussant des cris d'encouragement à l'adresse de leur attrapeur … Mais Krum le suivait de près ! Gaby se demandait d'ailleurs comment il arrivait encore à voir où il allait.

- « Ils vont s'écraser ! » hurla Neville.

- « Non ! » Rugit Ron.

- « Lynch est fichu ! » s'écria Charlie.

Et il avait raison ! Pour la deuxième fois, l'irlandais heurta le sol de plein fouet.

- « Le Vif d'or ! Où est le Vif d'or ? » Vociféra Fred.

- « Il l'a eu ! Krum l'a eu ! C'est fini ! » S'exclama Charlie en applaudissant à tout rompre.

Le grand panneau afficha en lettres lumineuses : BULGARIE 160 – Irlande 170.

Dans les gradins, la foule semblait ne pas avoir encore réalisé ce qui venait de se passer. Puis, peu à peu, le grondement des supporters irlandais augmenta d'intensité et explosa tout à coup en hurlements d'allégresse,

- « L'Irlande A GAGNÉ ! » Hurla Verpey. « KRUM A ATTRAPÉ LE VIF D'OR, MAIS C'EST L'IRLANDE QUI GAGNE ! … Merlin ! Qui aurait pu s'attendre à ça ? »


A suivre....