Désolée de ne pas avoir posté plus tôt mais j'ai été plutôt occupée (... en plus un atroce manque d'inspiration ). Mais bon... mieux vaut tard que jamais, non?
Voilà donc un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture.
Chapitre 50 :
En route pour Poudlard
Les deux semaines qui suivirent, s'écoulèrent à la vitesse de l'éclair et ni Arthur ni Percy Weasley ne furent très présents Square Grimmaurd durant cette Période. Tous les deux partaient chaque matin avant que les autres occupants ne se lèvent et rentraient chaque soir bien après l'heure du dîner.
De leur côté, Severus et Gaby avaient mis à profit ce temps pour poursuivre et intensifier les cours d'occlumencie, y consacrant chaque jour au moins deux heures. Mais tout ce travail avait été payant puisque Gaby était à présent capable d'expulser presque à chaque fois Severus de son esprit et avait même une fois réussi à lui en interdire totalement l'accès. Lors d'une de ces séances, Severus avait de nouveau vu le rêve que son fils avait fait avant d'assister au retour de Voldemort. La première fois qu'il avait vu ce souvenir, Severus avait cru qu'il ne s'agissait que d'un rêve banal mais après l'avoir vu une deuxième fois, Il s'était rendu compte que c'était sans doute autre chose... quelque chose de beaucoup plus important. A sa plus grande stupeur, il avait découvert qu'il était possible que Gaby soit un animagus multiple : un chat (qu'il maîtrisait déjà plutôt bien), un serpent, et, plus surprenant encore, un phœnix. Cependant, n'étant pas certain d'avoir raison, il avait préféré garder cette information pour lui, ne voulant pas que son fils soit déçu s'il se trompait.
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L'avant veille de la rentrée, une pluie drue s'était mise à tomber, martelant les fenêtres de la maison.
Le diner terminé, Ils s'étaient tous retrouvés au salon du premier étage pour discuter ou pour se détendre. Charlie, assis dans un fauteuil auprès de la cheminée, était occupé à raccommoder une cagoule à l'épreuve du feu. Ron et Ginny jouaient aux échecs, Gaby astiquait son éclair de feu, et Fred et George, assis face à face dans le canapé le plus à l'écart, parlaient en chuchotant, la tête penchée sur un morceau de parchemin. Severus lisait un vieux livre de potion qu'il avait déniché dans la bibliothèque des Black, et Molly, tout en tricotant ce qui semblait être une écharpe, discutait avec Sirius et Remus de l'entretient de la maison quand la sonnette retentit.
- « C'est Arthur ! » Leur cria aussitôt une voix depuis le rez-de-chaussée.
- « J'arrive Arthur ! J'arrive ! » S'écria Molly, abandonnant la conversation pour rejoindre son mari.
Une dizaine de minutes plus tard, Arthur entra dans le salon, portant son dîner sur un plateau. Il avait l'air épuisé.
- « Cette fois-ci, ça chauffe vraiment. » dit-il tandis qu'il s'asseyait dans un fauteuil devant la cheminée, alors qu'au même moment, Molly arrivait suivie de Percy, lui aussi chargé d'un plateau repas.
Arthur grignota sans enthousiasme un morceau de chou-fleur un peu racorni que contenait son assiette.
- « Rita Skeeter a passé la semaine à fureter un peu partout pour voir si le ministère n'avait pas commis d'autres bévues qu'elle pourrait rapporter dans ses articles... Et bien évidement, elle a fini par découvrir la disparition de Bertha. Ça va faire la première page de la gazette dès demain ! »
- « Dommage qu'elle n'ait pas aussi découvert comment est morte cette pauvre femme. » marmonna Sirius. « Ça aurait peut-être pu convaincre certaines personnes du retour de Voldemort. »
Severus lança à Sirius un regard agacé. Cette information n'était pas sensée être divulguée en dehors des réunions de l'ordre. Si Voldemort venait à savoir que l'ordre du phœnix était au courant de ce détail, il penserait à une fuite parmi ses mangemorts et il deviendrait encore plus suspicieux et donc encore plus difficile à combattre.
- « Qui est cette femme ? Et qu'est ce qu'elle... »
- « Je crois que vous feriez bien d'aller vous coucher. » fit Molly, interrompant Ron avant qu'il n'ait le temps de poser ses questions. « Allez tout le monde. Il est tard. Filez dans vos chambres ! »
Gaby, ayant bien compris que Sirius avait fait une gaffe en parlant de Bertha Jorkins, rangea son nécessaire à balai sans protester, mis son éclair de feu sur son épaule, et sortit du salon. Les autres adolescents, bien qu'avec plus d'hésitation, finirent par le suivre.
- « Qu'est ce que cette Bertha a à voir avec vous-savez-qui ? » Chuchota Ron une fois sur le palier.
- « Aucune idée » mentit Gaby en haussant les épaules avant de saluer ses amis et de prendre la direction de sa chambre.
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Au dernier jour des vacances, Gaby était occupé à faire une partie d'échec avec son Père (Severus avait décidé de suspendre pendant quelques jours les séances d'occlumencie pour permettre à Gaby de se reposer) quand Ron entra dans le salon.
- « Les listes de livres sont arrivées ! » annonça t-il en lançant une enveloppe à Gaby. « Il était temps ! J'ai cru qu'ils avaient oublié. D'habitude, ils les envoient plus tôt que ça ! »
- « Entre le retour de Voldemort et le tournoi, Minerva et Albus ont été très occupés M Weasley. » Fit Severus en bougeant une pièce sur l'échiquier alors que Gaby ouvrait son enveloppe.
Elle contenait deux morceaux de parchemin. L'un était la traditionnelle lettre qui rappelait que l'année solaire commençait le premier septembre, l'autre indiquait les titres des livres dont ils auraient besoin cette année.
La porte s'ouvrit soudain et Molly Weasley entra, les bras chargés d'une pile de vêtements.
- « Ah Ron ! Tu es là …Tiens ! J'ai lavé tous tes caleçons pour la rentrée. Va les mettre dans ta valise avant que tout ne soit froissé. » Fit-elle en tendant la pile de linge à son fils.
- « Merci m'man » marmonna vaguement Ron rouge comme une tomate, en se saisissant de ses affaires.
- « Et toi mon chéri » poursuivi Molly à l'adresse de Gaby. « Est ce que tu as besoin d'aide pour tes affaires ou... »
- « Non, merci Mme Weasley. Papa s'en est chargé. »
- « Vraiment ? » fit Molly surprise, en lançant un regard appréciateur et étonné à Severus. « Vous connaissez les sortilèges de repassage et de nettoyage... Quand je pense qu'Arthur n'est même pas fichu de… Oh ! Vous avez reçu vos listes ! » Changea t-elle de sujet en jetant un coup d'œil aux parchemins que tenait toujours Gaby. « Vous n'aurez qu'à me les donner les garçons, j'irai faire un tour au chemin de traverse avec Bill et Charlie cet après-midi et je prendrai vos livres pendant que vous terminerez de faire vos valises. Ron, il faut que je t'achète d'autres pyjamas, les tiens sont trop court d'au moins quinze centimètres. C'est fou ce que tu grandis vite !... quelle couleur est ce que tu voudrais ? »
- « Je ne sais pas... orange ? Ou bleu, ça changerait. »
Molly acquiesça puis se tourna vers Gaby.
-"Et toi mon chéri ? Est ce que tu as besoin de nouveaux vêtements ? Ou d'autre chose ?"
-"Je... euh... non. Merci Mme Weasley. J'ai tout ce qu'il me faut. J'ai déjà mes livres et contrairement à Ron, je n'ai pas vraiment beaucoup grandi."
- « Ça va venir mon cœur, ne t'en fait pas. » Le rassura gentiment Severus. « Moi non plus je n'étais pas très grand à ton âge. »
Puis, s'adressant à Molly, il ajouta :
- « Je vais vous faire la liste de ce dont il a besoin Molly. Et si ça ne vous ennui pas, j'y ajouterai une ou deux choses pour moi. »
- « Il n'y a absolument aucun problème Severus. Faites-moi simplement la liste au plus vite. Je ne voudrais pas partir trop tard, le chemin de Traverse sera sûrement bondé. »
- « Je vous la donne de suite. » fit Severus en se levant pour suivre la mère de famille hors de la pièce. « Et toi, n'en profite pas pour tricher ! » lança t-il à son fils avant de fermer la porte.
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Molly, Bill et Charlie revinrent du chemin de Traverse vers 17h et distribuèrent aux cinq étudiants réunis dans le salon plusieurs sachets contenant leurs affaires.
Gaby commença à déballer ses paquets, curieux de savoir ce que son père avait demandé à Molly de lui acheter.
Il découvrit un assortiment de plumes neuves, une douzaine de rouleaux de parchemin, deux bouteilles d'encre... et l'ensemble des livres de sixième année qu'il réclamait depuis plusieurs mois.
Gaby adressa un sourire éclatant à son père, ravi de pouvoir enfin s'avancer un peu plus dans ses études. Il s'apprêtait à déballer le dernier paquet quand Ron lança soudain une exclamation de dégout.
- « Qu'est ce que c'est que ce machin là ? »
Il tenait entre ses mains une longue robe de velours violet ornée d'un jabot en dentelle un peu moisie et de manchettes assorties.
- « Maman ! Tu m'as donné la nouvelle robe de Ginny. » se plaignit Ron en lui montrant la robe de velours.
- « Ce n'est pas pour Ginny, Ron. C'est pour toi. »
- « Quoi ? » s'exclama Ron, horrifié. « Tu plaisantes ?! Il n'est pas question que je porte ça ! »
- « C'est ta robe de soirée, Ron. » répliqua Molly. « Cette année, tout le monde doit en avoir une. C'était écrit dans ta liste. »
- « Je préfère me promener tout nu que mettre un truc pareil ! » affirma Bon d'un air buté.
- « Ne soit pas idiot Ron ! Puisque je te dis que cette année, c'est obligatoire ! Regarde ta liste ! »
- « Et Fred et George ? Ils ont quoi, eux ? »
- « Rien du tout. » répondit Fred « On se l'achètera nous-mêmes à Pré-au-Lard. »
- « Et pourquoi je ne peux pas faire ça, moi aussi ? »
- « Peut-être parce que tu as dépensé tout ton argent de poche à la coupe du monde? » suggéra George.
- « Ca suffit maintenant Ron ! »
- « Mais maman…il est hors de question que je mette cette horreur ! Tu aurais au moins pu me laisser choisir ! »
- « Gabriel non plus n'a pas choisi la sienne. Mais je ne l'entends pas s'en plaindre. Montre lui mon chéri, tu veux bien ? »
Gaby ouvrit de grands yeux. Surpris.
- « Mais… j'en avais déjà une … je… » Balbutia t-il en regardant alternativement son père et Molly.
-« « Tu avais l'autre depuis deux ans mon cœur. Il était temps de t'en acheter une nouvelle. »
Avec une certaine appréhension, Gaby ouvrit le dernier paquet, espérant que sa nouvelle Robe ne ressemble pas à celle de son ami.
Il poussa un petit soupir de soulagement. Sa robe à lui ne comportait aucune dentelle. En fait, elle ressemblait beaucoup à celle qu'il avait déjà sauf que celle-ci était verte.
- « La sienne ça va ! » dit Ron avec colère en regardant la robe de Gaby « Pourquoi est-ce que je n'en ai pas une comme ça moi aussi ? »
- « Parce que... j'ai été obligée d'acheter la tienne d'occasion et qu'il n'y avait pas beaucoup de choix à ta taille. » répondit Molly en rougissant.
- « Je ne porterai jamais ça ! » Insista Ron. « Jamais ! »
- « Eh bien dans ce cas, promène-toi tout nu ! » répliqua sèchement Molly avant de sortir en claquant la porte.
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Quand Gaby se réveilla le lendemain matin, il régnait dans la maison une triste atmosphère de fin de vacances. Lorsqu'il sortit de sa chambre, encore vêtu de son pyjama, il s'aperçu que toute la maison était en effervescence. Les autres s'étaient apparemment tous levés au chant du coq, mais ils avaient encore beaucoup à faire. Molly Weasley surgit du deuxième étage, de très mauvaise humeur, cherchant des plumes que Ron avait apparemment égarées. Tout le monde se cognait dans les escaliers, à moitié habillés, un morceau de toast à la main. En découvrant ce capharnaüm, Gaby remercia mentalement son père pour l'avoir obligé à terminer ses valises avant d'aller se coucher.
Manquant de se faire renverser par Molly qui avait enfin retrouvé les plumes manquantes, Gaby se dépêcha de rejoindre la cuisine.
- « Bonjour papa » lança t-il à son père qui, occupé à lire son journal, ne l'avait pas vu entrer.
-« Bonjour mon cœur. Bien dormi ? »
Gaby acquiesça et prit place à côté de lui. Severus lui servit un bol de chocolat et se versa une seconde tasse de café avant de reprendre sa lecture.
Au moment où Gaby terminait sa troisième tartine, Molly apparu, l'air exaspérée.
- « Tous les ans c'est la même chose » marmonna t-elle en se laissant lourdement tomber sur une chaise. « Ils attendent toujours la dernière minute pour faire leurs valises. …Et toi mon chéri » poursuivit-elle en s'adressant à Gaby « Tes affaires sont prêtes ? »
Gaby acquiesça.
- « Papa m'a obligé à tout préparer hier soir. »
- « Tu ferais bien d'aller t'habiller mon cœur » fit Severus voyant que Gaby avait terminé son petit déjeuner. « On part dans une demi-heure. »
Gaby ouvrit de grands yeux. Était-il déjà si tard ?
Il jeta un coup d'œil à l'horloge accrochée au mur et s'aperçu qu'il était effectivement déjà 9h 45.
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Une pluie drue continuait de marteler les carreaux tandis qu'il s'habillait d'un jean et d'un pull. Il fallait en effet attendre d'être à bord du Poudlard Express pour se changer et mettre la robe de sorcier qu'ils devaient porter au collège puisqu'ils devaient, avant d'accéder au train, traverser une partie du Londres moldu.
D'après les bruits et les cris qu'il entendit pendant qu'il terminait de se préparer, Gaby devina que Fred et George avaient ensorcelé leurs malles pour qu'elles volent toutes seules au bas de l'escalier, s'épargnant ainsi la peine de les porter eux-mêmes. Elles avaient alors heurté Ginny de plein fouet et l'avaient précipitée dans le hall après l'avoir fait dévaler deux étages.
Mme Weasley hurlait de toute la force de ses poumons après ses fils.
- « VOUS AURIEZ PU LA BLESSER GRAVEMENT OU MEME LA TUER, ESPECES D'IDIOTS ! »
Severus entra dans la chambre au moment même où Molly commençait sa tirade et Gaby eut soudain l'impression que celle-ci se trouvait juste à côté de lui.
- « Tu es prêt? »
- « Presque. Ginny va bien ? » Demanda Gaby en laçant ses chaussures.
- « On l'a rafistolée. » répondit Severus en réduisant ses valises et celles de son fils. « Il faut qu'on y aille. Si on n'est pas parti dans cinq minutes au plus tard, on risque de… »
- « EST-CE QUE VOUS ALLEZ VOUS DECIDER A DESCENDRE LÀ-HAUT ? » rugit Mme Weasley.
- « Allons-y. » confirma Severus. « Et n'oublie pas ton sac à dos surtout. »
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- « Tonks n'est pas là ? » demanda Gaby en fouillant le hall des yeux.
- « Elle nous attend dehors avec Bill et Charlie » répondit Severus « Ils surveillent les alentours. »
Une fois que tout le monde fut prêt et toutes les valises réduites, ils dirent au revoir à Remus et Sirius puis sortirent, Severus prenant la tête du groupe.
La porte claqua derrière eux et ils entendirent le cliquetis des différents verrous qui se remettaient en place.
Une femme d'une trentaine d'années se tenait sur le perron. Elle avait des cheveux noirs et bouclés coupés courts et portait un tailleur gris tout à fait moldu.
- « Salut Gaby » dit-elle avec un clin d'œil « ça va ? »
- « Très bien. Merci Tonks. Et toi ? »
- « On ferait bien de se dépêcher. » intervint Severus « On n'est pas en avance. »
- « Vous avez raison Severus, allons-y. Bill et Charlie nous attendent au coin de la rue. »
Ils descendirent les marches du perron et le n°12 se volatilisa à l'instant où ils eurent atteint le trottoir.
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Le trajet jusqu'à King's Cross leur prit 20 minutes à pied et il ne fut marqué d'aucun incident. Cependant, la pluie qui tombait plus fort que jamais les trempa jusqu'aux os, aussi furent-ils grandement soulagés d'arriver devant la gare.
La grosse horloge, au dessus du panneau des arrivées, leur indiqua qu'il ne restait que dix minutes avant le départ du train.
- « La gare est pleine de moldus. Il fallait s'y attendre. » Chuchota Molly « On va devoir faire attention. »
Gaby avait déjà pris le Poudlard Express, lors de sa première année, alors qu'il était encore Harry Potter. La difficulté consistait à trouver la voie 9 3/4 qui n'était pas visible aux yeux des moldus. Pour y accéder, il fallait traverser la barrière qui se dressait entre les voies 9 et 10. C'était indolore mais on devait faire attention à ce que les moldus ne remarquent rien.
- « Comme nous sommes nombreux, il vaut mieux qu'on passe deux par deux. » dit Severus en surveillant les alentours. « Je vais franchir la barrière en premier avec Gaby. »
Severus attrapa la main de son fils et s'avança vers la barrière. Ils s'appuyèrent contre d'un air désinvolte et glissèrent imperceptiblement au travers l'obstacle de métal... pour se retrouver sur le quai 9 3/4.
Le Poudlard Express était là. Sa locomotive à vapeur d'un rouge vif soufflait des panaches de fumée qui flottaient au dessus du quai encombré de sorcières et de sorciers venus installer leurs enfants dans le train. Des chats de toutes les couleurs se glissaient ça et là entre les jambes des passagers et la rumeur des conversations était ponctuée par le bruit des valises traînées sur le quai et les ululements que les hiboux échangeaient d'un air grognon.
Les premiers wagons étaient déjà pleins d'élèves. Certains, penchés aux fenêtres, bavardaient avec leurs parents pendant que d'autres se battaient pour une place assise. Fred et George surgirent soudain derrière Gaby. Apparemment, ils avaient couru pour franchir la barrière.
Lorsque le reste des Weasley ainsi que Tonks les eurent rejoints, Severus, tenant toujours Gaby par la main, se fraya un chemin à travers la foule jusqu'au dernier wagon où il trouva enfin un compartiment vide.
Les cinq adolescents y montèrent, accompagnés du professeur qui se chargea de redonner leur taille normale à leurs bagages. (Sauf ceux de Gaby qui avait rangé son uniforme dans son sac à dos en prévision) Ils placèrent ensuite rapidement leurs malles dans les porte-bagages puis redescendirent sur le quai pour dire au revoir à Molly, Tonks, Bill et Charlie.
- « Moi aussi j'aimerai bien retourner à Poudlard cette année » dit Bill, les mains dans les poches, en regardant le train d'un air presque nostalgique.
Molly embrassa ses enfants et Gabriel.
- « Faites bien attention à vous. »
Elle ouvrit alors son énorme sac à main et ajouta :
- « Je vous ai préparé des sandwichs…Tenez. J'en ai également fait un pour vous Severus. » Termina t-elle en mettant d'autorité un sandwich dans la main du professeur de potion.
- « Ce n'était pas la peine Molly. Vraiment…je... »
- « Ne dites pas de sottises Severus. Le voyage dure des heures ! »
Un coup de sifflet retentit. Les élèves qui étaient encore sur le quai se hâtèrent de montrer dans le train. Des employés en uniforme avançaient le long du quai en fermant les portières.
- « Vite ! Vite ! » Dit Mme Weasley d'un air affolé en les serrant contre elle au hasard – même Severus eut droit à une accolade. « Ecrivez... soyez sages...Si vous avez oublié quelque chose, on vous l'enverra. Allez, montez maintenant. Vite ! »
- « A bientôt » lança Gaby par la fenêtre ouverte alors que le train s'ébranlait.
- « Prend bien soin de toi mon poussin » lui répondit Tonks
- « Ne m'appelle pas comme ça ! » protesta Gaby alors que le train prenait de la vitesse.
A côté de lui, Ron, Ginny et les jumeaux faisaient de grands signes de la main.
Les silhouettes de Mme Weasley, Tonks, Bill et Charlie diminuèrent rapidement puis le train prit un virage et le quai disparut de leur vue.
- « Bon ! » fit Fred en claquant ses mains l'une contre l'autre. « C'est pas qu'on vous aime pas, mais on a des choses à voir avec Lee, alors à plus tard ! »
Il s'éloigna en compagnie de George et tous deux disparurent dans le couloir.
Le train roulait à présent à vivre allure et les maisons défilaient sous leurs yeux en une succession de formes grises et floues. Ils restèrent debout dans le couloir, ballotés par le balancement du wagon jusqu'à entendre la voix de Severus.
- « Vous comptez passer tout le voyage plantés là où vous venez vous asseoir. »
- « Allez-y, je vous rejoins. » fit Ginny « Je vais voir si je trouve Luna. »
Les deux garçons s'apprêtaient à entrer dans le compartiment lorsqu'ils entendirent quelqu'un les appeler.
- « Gabriel ! Ron ! »
- « Neville ! Ça va ? »
- « Très bien oui. Mais je ne trouve de place nulle part, tous les wagons sont pleins ! »
- « Viens avec nous alors. » fit Ron en attirant son ami dans leur compartiment.
- « Merci.... Bonjour professeur Snape. »
- « Bonjour M. Londubat. Installez-vous, je vais aller faire un tour dans le train pour vérifier que tout le monde a trouvé où s'installer. Ne faites pas de bêtises, d'accord ? »
- « Mais enfin papa, tu me connais ! Comme si j'avais l'habitude de... »
Gaby fut interrompu par un grand éclat de rire Ginny, Luna et Hermione venaient d'arriver.
Elles saluèrent leur professeur alors qu'il s'éclipsait puis s'installèrent à leur tour.
Luna avait les cheveux blonds, sales et emmêlés qui lui tombaient jusqu'à la taille, des sourcils très clairs et des yeux protubérants qui lui donnaient sans cesse un air surpris. Comme à son habitude, elle portait un collier en bouchons de bièraubeurre et des boucles d'oreilles en forme de radis.
Hermione, elle, avait d'épais cheveux bruns ébouriffés et les yeux marron. Elle avait également un petit air autoritaire qui ne la quittait jamais.
Les garçons aidèrent les jeunes filles à hisser leurs malles dans les porte-bagages puis tous s'installèrent. Ils discutèrent de tout et de rien puis Hermione leur demanda s'ils avaient passé de bonnes vacances.
A cet instant précis, la porte du compartiment s'ouvrit, effrayant Pattenrond, le chat d'Hermione, qui sauta des genoux de sa maîtresse en crachant.
Tous tournèrent la tête. A l'entrée du compartiment se tenait Drago Malefoy, un air suffisant collé sur le visage, entouré de ses deux acolytes Crabbe et Goyle.
- « Qu'est ce que tu veux ? » Lança Gaby d'un ton agressif avant que le blond n'ait pu ouvrir la bouche (il n'avait pas oublié que Malefoy père était présent lors de la résurrection de Voldemort et ne voyait donc aucune raison d'être aimable avec le fils, d'autant plus que celui-ci avait toujours été ouvertement hostile envers lui et ses amis)
- « Quand on est poli, on commence par dire bonjour Snapy. » dit Malefoy de sa voix trainante. « Mais étant donné les personnes que tu fréquentes, ça ne m'étonne pas. Toujours entouré de Sang de bourbe et de traitres à leur sang, n'est-ce-pas ? »
- « Ton père doit être content de pouvoir à nouveau ramper devant son maître comme un gentil chienchien Malefoy. »
- « Laisse mon père en dehors de cette discussion Snapy ! » siffla le blond avec haine « Tu ne lui arrive même pas à la cheville ! »
- « C'est ça ! » ricana Gaby « Ton père est le meilleur, le plus beau, le plus intelligent etcetera. Mais contrairement à moi, il est aussi le plus crétin ! Alors maintenant que tout le monde le sais, sort d'ici et fiche moi la paix. »
Ron, Hermione, Neville, Ginny et Luna éclatèrent de rire. Drago pinça les lèvres puis répliqua :
- « Dis-moi Snapy... qu'est ce que ça fait de savoir que son père n'est qu'un lâche ? Un lâche et un traître ? »
Avant que Gaby ne puisse dire quoique ce soit, Malefoy poursuivit d'un ton presque réjouit :
- « Ne t'en fait pas Snapy, le seigneur des ténèbres s'occupera bientôt de lui... Très bientôt... il le torturera encore et encore jusqu'à ce qu'il le supplie de l'achever ou qu'il le laisse enfin crever … et après ce sera ton tour. Il ne laissera pas un bâtard comme toi polluer le ... »
- « Hum ! Hum ! Je dérange peut-être ? » Grogna Severus qui revenait justement de son tour de gardes et avait entendu les propos du blond.
Drago se tourna aussitôt vers le nouveau venu et lui lança un regard venimeux.
- « Je vous conseille de ne pas oublier à qui vous vous adressez M. Malefoy » claqua Severus devant l'attitude clairement irrespectueuse de l'adolescent. « Je suis votre professeur ! Que vous soyez content ou non ! Et je vous rappelle que toute menace de mort envers un professeur ou un élève est passible d'expulsion définitive de Poudlard. »
- « ... »
- « Vous irez voir M Rusard ce soir pour votre retenue. Maintenant circulez ! »
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A mesure que le train poursuivait sa route vers le nord, la pluie tombait de plus en plus dru. Le ciel était si noir, la buée si épaisse sur les vitres qu'on avait du allumer les lanternes.
Vers 15h, le chariot à friandises passa en tintinnabulant dans le couloir et sous le regard suppliant de son fils, Severus acheta une bonne quantité de fondants du chaudron et de chocogrenouilles que les adolescents dévorèrent avec joie.
Alors que l'après-midi touchait à sa fin, Severus leur suggéra de mettre leur robe puisqu'ils n'allaient pas tarder à arriver. Et en effet, environ un quart d'heure après, le train commença à ralentir et ils entendirent le tumulte habituel des élèves qui se précipitaient pour rassembler leurs bagages et leurs animaux, se préparant à descendre.
Hermione attrapa Pattenrond pendant que Neville glissait précautionneusement Trevor dans l'une de ses poches intérieure. Gaby lui était tranquille : Nox et Sal étaient tous les deux restés à Poudlard (Il ne les avait pas pris avec puisqu'ils n'auraient pas pu sortir de la maison de toutes les vacances).
Dès qu'ils sortirent du compartiment parmi la foule qui avait envahi le couloir, la fraîcheur et l'humidité nocturne leur picota le visage. Ils avancèrent lentement vers la porte la plus proche et Gaby sentait déjà l'odeur de la pluie et des pins qui bordaient le chemin du lac. Quand les portes du train s'ouvrirent, un coup de tonnerre retentit au dessus d'eux. Hermione emmitoufla Pattenrond dans sa cape pour le protéger de la pluie et ils sortirent. Sur le quai, la tête baissée, les yeux plissés, ils durent affronter une pluie battante. Il tombait un tel déluge qu'ils avaient l'impression de recevoir des seaux d'eau glacée sur la tête.
- « Je n'aimerai pas me retrouver sur le lac par ce temps. » dit Neville, parcouru d'un frisson.
Il était en effet de tradition que Hagrid amène lui-même les élèves de première année au château en leur faisant traverser le lac sur des baraques.
- « Allons venez ! » fit Severus « Ne restez pas comme ça sous la pluie ! »
Ils suivirent aussitôt leur professeur, lequel s'ouvrait un passage au milieu des élèves massés sur le quai obscure, leur aboyant de rejoindre les diligences en vitesse s'ils ne voulaient pas passer leur premier nuit à l'infirmerie.
Severus et la petite troupe s'avancèrent sur la route luisante de pluie devant la gare de Pré-au-Lard. Sur la chaussée s'alignaient la centaine de diligences sans chevaux qui emmenaient traditionnellement les élèves jusqu'au château à l'exception premières années.
Gaby y jeta un coup d'œil rapide – il les avait déjà vu l'année précédente – et ouvrit de grands yeux.
Cette fois, les diligences étaient attelées. Des créatures se tenaient entre les brancards. Si Gaby avait dû leur donner un nom, sans doute les aurait-il appelés des chevaux, mais elles avaient aussi quelque chose de reptilien. On aurait dit qu'elles étaient dépourvues de toute chair. Leur pelage noir collait à leur squelette dont on voyait chaque os se dessiner. Leurs têtes rappelaient celles des dragons et leurs yeux blancs sans pupille avaient un regard fixe et vide. Elles étaient également dotées d'une paire d'ailes à la hauteur du garrot ; de grandes ailes noires à la surface lisse comme du cuire, qui auraient pu appartenir à des chauves-souris géantes. Immobiles et silencieuses dans l'obscurité montante, les créatures paraissaient sinistres, effrayantes. Gaby ne comprenait pas pourquoi on avait attelées ces horribles chevaux aux diligences alors qu'elles étaient parfaitement capables de se mouvoir toutes seules.
Un peu plus loin, Drago Malefoy, suivi d'une petite bande qui comptait Crabbe, Goyle et Pansy Parkinson écartait de son chemin des deuxièmes années à l'air timide pour que ses amis et lui puissent disposer d'une diligence à eux tout seuls.
- « Malefoy ! » hurla Severus « Si vous voulez avoir également une retenue demain, continuez comme ça ! »
C'est alors qu'il remarqua l'air étrange de son fils.
- « Gaby ? »
L'adolescent sursauta
- « Papa ? Qu'est ce que c'est que ces choses ? »
- « Tu les vois ? » demanda Severus
Gaby acquiesça.
- « Grimpe » fit Severus « Je t'expliquerai en route. »
Une fois qu'ils furent tous assis, la portière se referma d'un coup sec et la longue procession de diligences s'ébranla brusquement, dans un grincement de roues et des gerbes d'eau sur la route qui menait au château.
- « Alors ? C'est quoi ces bestioles ? »
- « De quelles bestioles tu parles Gaby ? » lui demanda Ron.
- « De celles qui tirent les diligences bien sûr. »
- « Mais... rien ne tire les diligences Gaby ! Elles avancent toute seules ! »
- « Bien sûr que non ! » insista Gaby. « Regarde ! » (Il obligea Ron à se pencher par la fenêtre) « Les espèces de chevaux ! »
- « Je t'assure que je ne vois rien Gaby. »
- « Mais... »
- « Il ne les verra pas mon cœur. » intervint Severus.
- « Pourquoi ça ? »
- « C'est des sombrals Gaby. »
- « Oh… »
- « Et pourquoi est ce que je ne… »
- « Seuls ceux qui ont vu la mort peuvent les voir M Weasley. » le coupa Severus.
- « Tu as vraiment vu quelqu'un mourir ? Qui ? » Interrogea Ron avant de recevoir un coup de coude dans les côtes de la part d'Hermione.
- « Ronald ! Enfin... » Siffla t-elle
- « Quoi ? » fit le rouquin en se massant le côté.
- « Ce n'est pas des choses à demander voyons ! Excuse-toi tout de suite ! » Lui ordonna sa sœur. Mais avant qu'il ne puisse le faire, Gaby répondit :
- « Je... ma mère. C'était ma mère... » Murmura t-il en se collant un peu plus contre son père « Elle... on l'a tuée d-devant mes yeux. » (Ce qui n'était pas un mensonge puisque c'était effectivement ce qui était arrivé à Lily)
- « Merlin ! ... je... je suis désolé Gaby... je n'aurai pas du demander…je... »
Gaby hocha la tête, acceptant les excuses de son ami.
- « Moi aussi tu sais » fit Luna « je les vois. »
- « Toi aussi tu vois les sombrals ? »
- « Oui. J'ai aussi vu ma mère mourir. J'avais neuf ans à l'époque. C'était une sorcière très douée. Elle aimait faire des expériences, inventer des choses... mais un jour, un des sorts à mal tourné. »
Après ces deux révélations, plus personne n'osa piper mot, et c'est dans un silence pesant que se fit la fin du trajet.
A suivre....
