Voilà, comme promis le deuxième chapitre !
Chapitre 53 :
Crapaud, pot de colle, bureau et araignées
Comme Dumbledore l'avait annoncé lors du banquet de début d'année, la fin de la première semaine de cours avait vu l'arrivée d'un groupe de six aurors, parmi lesquels Tonks et un grand sorcier noir que Gaby avait déjà croisé à plusieurs reprises durant l'été au QG de l'ordre du phénix – un certain Kingsley Shacklebolt si ses souvenirs étaient bons – et de la chargée des relations inter-écoles du ministère, Dolores Ombrage.
C'était une sorcière trapue avec une grosse tête flasque posée sur un cou quasi inexistant. Sa bouche large et molle et ses gros yeux ronds qui sortaient légèrement de leurs orbites lui donnaient l'apparence d'un gros crapaud blanchâtre…d'autant plus que le petit nœud de velours noir perché sur ses cheveux courts et bouclés ressemblait à s'y méprendre à une grosse mouche ! Mais le plus dérangeant chez elle était sans doute sa voix de petite fille, aigrelette et haut perchée qui avait surpris les élèves lorsqu'elle avait fait son discours, leur expliquant la conduite exemplaire que le ministère attendait des élèves et du personnel de Poudlard une fois que les deux autres écoles seraient là. Et si tout le monde avait été surpris, c'est qu'en réalité, tous s'attendaient presque à l'entendre croasser !
Depuis presque un mois et demi qu'ils étaient là, l'arrivée des employés du ministère n'avait amené aucun changement notable dans la vie des habitants du château, mis à par que depuis lors, Severus Snape semblait être d'une humeur massacrante. … et bien entendu, les sabliers comptabilisant les points des quatre maisons en avaient rapidement payé les conséquences ! Il avait en effet, à lui tout seul, retiré plus de points en huit semaines que l'ensemble des professeurs n'en retiraient habituellement en un trimestre !
Naturellement, les élèves avaient tout d'abord supposé qu'une fois encore, le maitre des potions avait très mal pris la nomination d'un nouveau professeur de DCFM… mais Gaby, lui, avait presque immédiatement découvert la véritable raison de la mauvais humeur de son père… et le moins qu'on puisse dire, c'est que cela n'avait rien, mais alors ABSOLUMENT rien à voir avec son travail de professeur !... ce que le reste des habitants du château finit d'ailleurs également, pour leur plus grand amusement, par comprendre après quelques jours …
En ce jeudi 15 octobre, les Serdaigles et les Gryffondors de quatrième année attendaient avec la même impatience que d'habitude leur cours de défense contre les forces du mal. Depuis qu'il avait pris ce poste, Maugrey avait en effet réussi à se faire respecter et même apprécier de la quasi-totalité des étudiants. Et la raison en était simple : il savait ce qu'il faisait et de quoi il parlait !
Lorsque la porte s'ouvrit pour les laisser entrer en classe, tous se précipitèrent à leurs places et attendirent l'arrivée du professeur.
Quelques minutes plus tard, ils entendirent le son caractéristique du pas de Maugrey. Le claquement de sa jambe de bois sur le sol résonna en écho dans le couloir et il entra dans la classe.
L'homme les salua puis s'installa à son bureau. Il sortit un grand registre d'un des tiroirs et commença, comme avant chaque cours, à faire l'appel. Comme d'habitude, son œil normal suivait la liste des noms tandis que l'œil magique tournait dans son orbite, se fixant sur chaque élève qui répondait « présent ».
- « Bien, » dit-il, lorsqu'il eut terminé. « Aujourd'hui, nous allons aborder une nouvelle partie de votre programme : la défense contre les mauvais sorts. Nous travaillerons là-dessus jusqu'à Noël. Des questions ?... Non ? … Alors allons-y. Les mauvais sorts. Comme vous devez le savoir, ils peuvent prendre les formes les plus diverses et leur puissance varie considérablement, selon les cas. Si l'on s'en tient aux ordres du ministère de la Magie, je ne devrais pas vous montrer comment les maléfices interdits se manifestent tant que vous n'aurez pas atteint votre sixième année… pour vous préserver, soit disant. Mais je suis d'avis – et le professeur Dumbledore est d'accord avec moi – qu'il n'est jamais trop tôt. Plus vite vous saurez ce qui vous attend et mieux ça vaudra. Pour pouvoir se défendre convenablement contre quelque chose, il faut savoir contre quoi on doit se défendre. C'est aussi simple que ça ! Il faut que vous soyez attentifs et préparés à réagir à tout moment… toujours être sur vos gardes ! VIGILANCE CONSTANTE !... Miss Brown, vous n'avez pas besoin de regarder ça pendant que je parle. Rangez-moi ce magazine ! Tout de suite ! »
Lavande sursauta puis rougit, prise en faute, et s'empressa de ranger sa revue dans son sac. Apparemment, elle avait oublié que l'œil magique de Maugrey arrivait à voir à travers le bois aussi bien que derrière sa tête.
- « Bien ! Maintenant que tout le monde est attentif – son œil magique scruta l'ensemble de la classe – est ce que quelqu'un peut me dire quels sont les maléfices que les lois de la sorcellerie répriment avec le plus de sévérité ? »
Quelques mains se levèrent timidement.
Maugrey désigna Terry du doigt.
- « Les… les sortilèges impardonnable. »
- « Et que prévoit la justice magique en cas d'utilisation d'un de ces sortilèges contre un autre être humain ? »... « Snape ? »
- « Un emprisonnement à vie à la prison d'Azkaban. » répondit Gaby après avoir été interrogé.
- « C'est exact. Et maintenant, est ce que quelqu'un peut me dire plus exactement ce que sont les sortilèges impardonnable ? Combien en a-t-il ? Quels sont leurs noms ? »… « Weasley ? »
- « Heu … il y en a trois. » dit Ron, d'une voix mal assurée.
- « Lesquels ? »
- « Heu… mon… mon père m'a parlé d'un maléfice … il sert à faire agir les gens contre leur volonté ou quelque chose comme ça … Ça s'appelle le sortilège de l'Imperium, je crois. »
- « Ah, oui, c'est sûr que ton père le connaît bien celui-là. A une certaine époque, il a donné beaucoup de fil à retordre aux gens du ministère. Donc, l'Imperium… Comme l'a dit votre camarade, il s'agit là d'un sortilège de contrôle. De contrôle total, même. Sous l'emprise de ce sortilège, si on vous ordonnait de vous jeter du haut de la tour d'astronomie ou de tuer vos amis, vous le feriez ! »
Maugrey ouvrit à nouveau le tiroir de son bureau et en sortit un bocal en verre. A l'intérieur, trois grosses araignées s'agitaient en tous sens pour essayer de sortir.
- « Je déteste les araignées… » Marmonna Ron en se tassant légèrement sur sa chaise.
Maugrey plongea une main dans le bocal, attrapa une des araignées et la posa au creux de sa main pour que tout le monde puisse la voir.
Puis il pointa sa baguette magique sur elle et murmura :
- « Impero ! »
L'araignée sauta alors de sa main et tomba sur le bureau où elle se mit à faire la roue en décrivant des cercles. Puis à bondir dans tous les sens avant de traverser le bureau d'un bout à l'autre en courant sur ses pattes de derrière.
Maugrey stoppa finalement le sortilège et remit l'araignée dans son bocal.
- « Il y a des années, nombre de gens ont prétendu avoir été soumis à un sortilège d'Imperium. » expliqua Maugrey. « Et la justice magique a eu beaucoup de mal à déterminer qui avait vraiment été forcé d'agir sous la contrainte et qui avait, au contraire, agi de sa propre volonté. L'Imperium peut être combattu, et je vais vous apprendre comment, mais il faut une vraie force de caractère pour s'y opposer. Il faut que votre volonté soit la plus forte ! Et tout le monde n'en est pas capable. Il vaut donc mieux éviter d'en être victime si c'est possible… Quelqu'un peut-il me citer un autre sortilège impardonnable ? »
Seules les mains de Gaby, Hermione, et plus étonnamment Neville se levèrent.
- « Londubat ? »
- « … L-le sortilège Doloris. »
Maugrey le fixa un instant avec quelque chose comme de la compassion puis, se tournant à nouveau vers la classe tout entière, il plongea une nouvelle fois la main dans le bocal et prit une autre araignée qu'il posa sur le bureau où elle resta immobile, apparemment trop terrifiée pour bouger.
- « Je vais devoir l'agrandir un peu pour que vous compreniez mieux le principe. » dit Maugrey. « Amplificatum ! »
L'araignée enfla aussitôt jusqu'à avoir la taille de la main du professeur.
Celui-ci jeta un nouveau coup d'œil à Neville, dont les mains étaient crispées sur le bord de sa table, et leva une nouvelle fois sa baguette. Il la pointa sur l'araignée et murmura :
- « Endoloris ! »
Aussitôt, l'araignée fut prise de convulsions. Ses pattes cédèrent sous son corps et elle roula sur elle-même, les membres agités de spasmes. Elle n'avait aucune possibilité d'émettre le moindre son mais Gaby était sûr que, si elle avait pu, elle aurait poussé des hurlements déchirants.
Maugrey fit durer le sortilège quelques secondes à peine puis releva sa baguette, au grand soulagement de la classe. Les pattes de l'araignée se détendirent aussitôt, mais elle continua de se convulser.
- « Reducto » murmura Maugrey.
L'araignée retrouva instantanément sa taille normale et Maugrey la remit dans le bocal.
Il s'avança ensuite vers Neville dont les yeux étaient à présent écarquillés de terreur. Il lui posa la main sur l'épaule et lui chuchota quelque chose à l'oreille avant de regagner sa place au devant de la salle non sans arrêter son regard sur Gaby qui était presque aussi pâle que Neville.
- « Ca va aller mon garçon ? »
Gaby déglutit et hocha imperceptiblement la tête.
Il connaissait la douleur. Il la connaissait même trop bien à son gout. Dans ses 'rêves' il avait même déjà vu Voldemort lancer ce sortilège… Mais le voir en vrai c'était…
Et dire que pendant ses années d'espionnage, son père l'avait sans doute subit à de nombreuses reprises…
Gaby frissonna violemment et reporta tant bien que mal son attention sur ce que disait Maugrey.
- « Doloris…La douleur » reprit celui-ci à voix basse. « Une douleur telle que vous ne pouvez l'imaginer. Celui-là aussi à été très utilisé à une époque…On n'a besoin d'aucune arme pour faire mal à quelqu'un quand on est capable de jeter ce sort … »
- « … »
- « Est-ce que quelqu'un connaît le dernier sortilège interdit ? »
Seul un silence de plomb lui répondit. Tout le monde était encore sous le choc. Puis, après un temps qui parut interminable, Hermione leva une main tremblante.
- « Oui ? » Dit Maugrey en la regardant.
- « Avada Kedavra. » Murmura Hermione d'une voix à peine audible.
Tandis que son fils et ses camarades assistaient à leur cours de défense contre les forces du mal, Severus, ayant une heure de libre avant de donner son prochain cours, se rendait à son bureau afin d'y corriger quelques copies. Tout en marchant d'un pas pressé à travers les couloirs des cachots, il ne pouvait s'empêcher de penser à cette maudite femme. Depuis qu'elle était arrivée au château il y a maintenant six semaines, elle ne le lâchait plus ! Il ne pouvait pas faire un pas hors de chez lui ou de sa salle de classe sans tomber nez à nez avec elle !... D'ailleurs… où pouvait-elle bien être ? Severus tourna la tête pour vérifier si elle le suivait… personne ! … Il faut dire que depuis un jour ou deux, elle semblait un peu plus renfermée …comme déprimée. Etait-elle malade ? Il haussa les épaules. Après tout, peut importe du moment qu'elle lui fichait la paix !
Depuis qu'ELLE était là, sa vie était devenue un vrai cauchemar ! Il n'avait plus un seul instant de paix ! Non seulement elle avait pris l'habitude de le suivre partout mais en plus, elle s'asseyait à ses côtés à chaque repas qu'il prenait dans la grande salle et semblait vouloir le rendre sourd tant elle babillait !... Et tout cela, c'était sans compter qu'elle n'arrêtait pas de le tripoter ! Une fois, c'était une main sur l'épaule… une autre fois, c'était ses doigts qui effleuraient 'malencontreusement' les siens en prenant sa fourchette… Un jour, elle lui avait même posé la main sur la cuisse ! …Et pas plus tard que la semaine précédente, il lui avait semblé qu'elle… NON !…il était CERTAIN qu'elle lui avait posé la main sur les fesses alors qu'elle passait près de lui dans un couloir. Et le pire ! LE PIRE ! C'est qu'en rentrant chez lui après une longue journée à enseigner, il n'était pas rare qu'il la trouve dans son salon, riant à gorge déployée avec son traitre de fils !... Et depuis quelques jours, elle hantait même ses nuits ! Severus en était persuadé : elle allait finir par le rendre dingue !
Continuant à pester intérieurement, Severus marmonna le mot de passe de son bureau, ouvrit la porte… et se figea.
Elle était là, assise dans sa chaise, les pieds sur son bureau. Visiblement, elle l'attendait.
- « Puis-je vous demander ce que vous faites dans mon bureau ? » demanda Severus, interloqué, ne pouvant cependant s'empêcher de redessiner du regard les jambes fuselées de la jeune femme.
- « Je vous attendais, Severus. » Répondit celle-ci en se levant pour venir à sa rencontre.
Comme souvent, elle ne portait pas de robe de sorcier mais un chemisier gris la moulant à la perfection, une jupe noir lui arrivant à mi-cuisse, ainsi qu'un long manteau en cuir mauve foncé lui descendant jusqu'aux mollets et des bottes en cuir de dragon avec des attaches en argent.
- « Est-ce dans vos habitudes de vous introduire chez les gens sans y être invitée ? » demanda Severus – qui avait eu le temps de se ressaisir – avant de refermer la porte derrière lui. « D'ailleurs, comment êtes-vous entrée ? »
- « J'ai demandé le mot de passe à Gabriel. »
- « J'aurais dû m'en douter. » marmonna Severus.
Il contourna la jeune femme et alla s'asseoir à son bureau.
Il posa un épais paquet de copies devant lui, sortit une plume et un pot d'encre rouge d'un tiroir, et se saisit de la première feuille de la pile.
- « J'aimerais vous parler. »
- « C'est ce que vous venez de faire, non ? » Grommela t-il en barrant un paragraphe entier du devoir qu'il était en train de lire. « Alors maintenant que vous êtes satisfaite, je vous prierais de me laisser. Je n'ai pas plus de temps à vous consacrer. J'ai une pile de corrections qui m'attendent et je dois encore préparer les ingrédients pour mon prochain cours… N'oubliez pas de refermer la porte en sortant. »
Severus griffonna quelques lignes à l'encre rouge et traça un grand 'P' sur la copie qu'il venait de corriger avant de passer à la suivante.
- « Vous êtes encore là ? Je croyais pourtant vous avoir dit de sortir. » Lança t-il après une minute, sans se donner la peine de lever la tête de ses corrections.
- « Ca vous amuse, n'est ce pas ?... de faire comme si je n'existais pas ? »
- « … »
- « Je ne suis pas assez bien pour vous, c'est ça ? »
Severus leva les yeux vers elle, se demandant où elle voulait en venir.
- « ... Ou alors vous préférez peut-être les blondes ? Les rousses ? Les brunes ? » Demanda la jeune femme en changeant, à chaque suggestion, de couleur de cheveux avant de revenir au rose qu'elle arborait habituellement.
- « Pardon ? » balbutia Severus en lâchant sa plume.
- « J'ai tout fait pour attirer votre attention ! Tout ! Et tout ce que j'ai reçu en retour, c'est du mépris ! Jamais un mot gentil… jamais un sourire… Même pas un 'bonjour Tonks, comment allez-vous ?'… rien ! A chaque fois que je vous parle, j'ai l'impression de m'adresser à un mur ! »
Quelques larmes de frustration s'écoulèrent sur la joue de la jeune femme qui s'empressa de les faire disparaître.
- « Cette fois ça frise le ridicule! Je ne vais certainement pas rester là à vous écouter faire votre petite crise d'hystérie ! » S'énerva Severus.
Il se leva, abandonnant ses corrections et se dirigea d'un pas décidé, vers la porte dont elle barrait l'accès.
- « Sortez ! »
Tonks hésita, baissant les yeux.
- « Non. »
- « Dans ce cas, c'est moi qui m'en vais !... Laissez-moi passer ! »
La jeune femme ne bougea pas.
- « Je vous ai demandé de me laisser passer. »
Severus essaya encore ne fois d'atteindre la porte mais l'auror n'avait vraiment pas l'air décidée à le laisser passer.
- « Pas avant que vous ne m'ayez écouté jusqu'au bout ! »
- « Je n'ai que faire de ce que vous avez à me dire ! »
- « Je vous aime, Severus. »
- « … »
Severus fit comme s'il n'avait pas entendu ce que Tonks venait de lui avouer.
- « Je sais ce que vous pensez. »
- « Alors ça m'évitera d'avoir à vous le dire en face. » cracha t-il, hargneux.
- « Espèce de… » S'emporta t-elle, rouge de colère.
Severus attrapa la jeune auror par le poignet juste avant que la main de celle-ci ne s'abatte sur sa joue pour le gifler.
- « Lâchez-moi tout de suite ! » Siffla t-elle alors, furieuse, en essayant de se dégager de la prise du Serpentard.
…
- « Vous me faites mal… » Grimaça t-elle alors qu'au lieu de la libérer, les doigts de l'homme se resserraient légèrement sur son poignet.
Se rendant compte de ce qu'il faisait, Severus la relâcha aussitôt, comme s'il s'était brûlé, et recula légèrement.
- « Je vous demande pardon je… » Essaya de s'excuser Severus, n'ayant absolument pas voulu lui faire mal.
- « Vous pensez vraiment que je me moque de vous, n'est ce pas ? » insista la jeune femme.
- « … »
Tonks respira profondément, se forçant au calme.
- « Eh bien vous voulez que je vous dise, Severus ? Vous n'êtes qu'un sale con ! »
Severus sentit alors la moutarde lui monter au nez.
- « Parce que vous croyez que je n'ai pas vu à quel point vous prenez plaisir à essayer de me rendre dingue ? » Hurla t-il.
Severus fit à nouveau un pas en direction de la jeune auror. Ils étaient près à se toucher. Il voulu la contourner mais elle l'en empêcha encore.
- « Qu'est ce qui faut que je fasse pour que vous me croyiez à la fin ? » demanda t-elle, d'une voix désespérée.
Severus ne répondit pas. Le souffle court, il sentait sa colère, son parfum, son odeur,… ne voyait plus que ses yeux sombres et sa peau laiteuse.
Il fit un pas et leurs corps se touchèrent. Il y eut comme une étincelle. Ils restèrent un moment sans bouger, tandis que leur exaspération réciproque laissait place à autre chose. Il se pencha et ses lèvres rencontrèrent celles de la jeune femme. Elle lui posa la main sur la nuque et il l'enlaça. Severus hésita quelques instants mais il sentit la pression de son corps, de ses seins, de ses hanches… Incapable de contenir plus longtemps ce désir qu'il avait à tout prix voulu nier, il fit glisser sa bouche sur son menton, le long de son cou, de ses épaules. Elle se lova contre lui en poussant un soupir et son souffle chaud lui caressa la joue tandis qu'elle lui mordillait ardemment le lobe de l'oreille, puis elle le poussa en direction de son bureau, sans que leurs hanches se quittent.
D'une main, Severus déboutonna le chemisier de la jeune femme et dégrafa son soutien-gorge, révélant deux seins ronds et fermes. Dans un même temps, les mains de Tonks quittaient ses épaules et fouillaient sa poitrine, son ventre, déboutonnant au passage sa robe de sorcier, avant de s'attaquer à la ceinture de son pantalon qu'elle défit avant de descendre sa fermeture éclair. Libérant son sexe, elle le caressa avec douceur. Severus, le souffle coupé, la fit s'asseoir sur son bureau, glissa ses mains sous sa jupe, et remonta le long de ses cuisses, l'embrassant avec passion.
Elle bascula tandis qu'il la pénétrait, le dos et les hanches tendus. Le temps sembla s'arrêter et ils restèrent quelques instants sans bouger, les yeux dans les yeux. La jeune femme entrouvrit la bouche, rejeta la tête en arrière et poussa un gémissement de plaisir. Enroulant ses bras autour des cuisses de sa campagne, il entama un mouvement de va-et-vient de plus en plus effréné, sans se soucier des copies et des parchemins qui tombaient par terre …
Ce n'est qu'à l'instant où elle le repoussait doucement après l'avoir embrassé longuement que Severus prit conscience de la situation. Il se retourna afin de dissimuler son désarroi et se rhabilla tant bien que mal. Il aurait été bien incapable de dire comment c'était arrivé. Jamais de sa vie il n'avait éprouvé une telle attirance pour quelqu'un, et il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou s'en inquiéter.
Derrière lui, un petit rire le rappela à la réalité.
- « Pas mal professeur. A ce que je vois, vous n'êtes pas uniquement doué dans le domaine des potions… » Commenta Tonks d'une voix rauque en rabattant sa jupe. « Mais la prochaine fois, ce serait peut-être plus prudent de verrouiller la porte. Vous ne pensez pas ? »
En se retournant, il vit qu'elle le regardait en souriant, le teint animé.
Sa poitrine encore découverte se soulevait au rythme de sa respiration.
Elle se redressa et s'approcha de lui sans reboutonner son chemisier.
Elle leva ensuite la tête et l'embrassa légèrement sur la bouche. Elle attendit puis l'embrassa encore, plus franchement cette fois. Sentant une résistance, elle recula, interrogatrice.
- « Je…hum !... je… je dois y aller…je… mon cours commence dans cinq minutes… » Bégaya Severus avant de sortir – ou plutôt de s'enfuir – précipitamment de son bureau.
Tonks regarda la porte se refermer avec un petit sourire à la fois tendre et amusé puis termina de se rhabiller avant de sortir à son tour.
Tout en mettant de l'ordre dans sa salle de classe après son dernier cours de la journée, Severus repensait à ce qui s'était produit dans son bureau en début d'après-midi. Il ne se comprenait pas. Jamais avant cela il ne s'était laissé aller comme ça. Mais la façon qu'avait eue la jeune femme de le regarder…de lui parler… de le désirer… elle l'avait comme envouté et il n'avait pas pu résister, assouvissant avec elle ses plus bas instincts.
Non, ils n'avaient pas fait l'amour ! Essaya de se persuader Severus. Ils avaient baisé ! Point final ! Ils s'étaient envoyé en l'air sans qu'aucun sentiment n'entre en jeu ! Rien qu'une brusque montée de désir, un besoin purement animal ! Uniquement ça ! N'est ce pas ?... N'est ce pas ?...
Et à cause de cette faiblesse passagère dont il essayait de se convaincre qu'elle n'était due qu'à un bref moment d'égarement, il devrait à présent s'abaisser à aller la trouver et à lui dire que ce moment de débauche était qu'une erreur, que ça n'aurait pas du se produire et que cela ne se reproduirait pas… et qu'elle devait oublier ce qui c'était passé dans ce bureau.
Prenant finalement la direction de ses appartements, il se perdit dans ses pensées, cherchant la meilleure façon d'annoncer clairement les choses à l'auror, ne prêtant pas la moindre attention à ce qui l'entourait.
Alors qu'il franchissait le portrait gardant ses quartiers, il entendit finalement quelqu'un approcher à l'angle du couloir, du côté opposé à celui par lequel il était arrivé. Il fit volte-face et tomba nez à nez avec l'objet de ses pensées. Elle avait un bras affectueusement passé autour des épaules de Gaby, lequel se tenait appuyé contre elle.
- « Papa ! »
Dès qu'il vit Severus, Gaby quitta les bras de Tonks pour se jeter sur lui, l'enlaçant avec force.
- « Qu'est ce qui se passe ? » s'inquiéta aussitôt Severus en voyant à quel point son fils semblait perturbé.
Alors qu'il refermait ses bras sur le garçon dans une étreinte rassurante, Tonks prit la parole.
- « Apparemment, le cours de défense a été difficile... »
Severus hésita une seconde et s'effaça légèrement pour laisser entrer la jeune femme avant de l'inviter à prendre place dans un fauteuil alors que lui-même s'installait avec Gaby sur le canapé.
Tonks expliqua alors à Severus que son tour de garde l'avait conduite au troisième étage au moment où les quatrièmes années sortaient de la salle de cours de Maugrey et que tous les élèves qu'elle avait alors vu franchir la porte étaient pâles et semblaient effrayés mais que Gaby et Neville étaient pire que tout qu'ils avaient tous les deux le regard fixe et semblaient légèrement déconnectés de la réalité. … Et qu'au moment où elle s'était approchée de Gaby pour voir ce qu'il avait, Maugrey était sortit de sa classe et lui avait demandé de s'occuper 'du fils de Snape' avant de poser une main sur l'épaule de Neville et de l'entrainer dans le couloir en lui criant 'Je me charge de Londubat !'
- « D'après ce que Gaby m'a dit une fois calmé, Maugrey leur a fait une démonstration des impardonnables sur quelques araignées et ça a fait remonter de très mauvais souvenirs. … alors je l'ai ramené chez vous. » Conclut Tonks en désignant d'un vague geste de la main les appartements du maitre des potions.
Severus serra un peu plus son fils contre lui. Pour lui, ce cours avait du être un vrai supplice.
Lui saisissant le menton, il obligea le garçon à relever la tête.
- « Tu te sens mieux mon cœur ? » demanda t-il inquiet.
- « Maintenant oui… grâce à Tonks… » Lui répondit Gaby avant d'enfuir à nouveau son visage dans ses robes.
Severus leva les yeux vers l'auror qui était assise en face de lui. Elle les regardait tous les deux avec tendresse et … et avec amour ?
Le cœur de Severus manqua un battement.
Lui qui cherchait un moyen d'annoncer à la jeune femme – avec un minimum de tact – que ce qui s'était passé entre eux n'aurait jamais du arriver, dut se rendre à l'évidence : voir Nymphadora Tonks envahir sa vie et son cœur n'était peut-être pas si mal après tout….
Il se rappela alors ce qu'elle lui avait dit durant l'été que Gaby avait besoin d'une mère… c'était peut-être vrai… et il lui en avait peut être trouvé une….
Il fut brutalement sortit de ses pensée par son fils, lequel s'était soudainement détaché de lui et le regardait à présent d'un air étrange, les sourcils froncés.
- « Papa ? »
- « Oui mon cœur ? »
- « Pourquoi tu sens comme Tonks ? »
A suivre...
