Salut! Ça fait un méchant moment que je ne suis pas venu sur Fanfiction! Je tente ma chance quand même, d'un coup que quelqu'un suit toujours cette histoire... Soirée bien tranquille et je viens de retrouver ce chapitre qui attendait patiemment d'être publié. Je sais qu'il y a des personnes qui attendent la suite, alors. VOILA!
Merci d'ailleurs à toutes celles qui continuent de venir voir l'histoire! Thanks xo
MamzelleCaro
~ Chapitre 4 ~
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Il était près de deux heures du matin lorsqu'elle quitta le manoir d'Emmett McCarthy en compagnie d'Edward. Bien trop éméché pour conduire, elle avait pris d'autorité le volant de la voiture à son propriétaire pour le ramener à son appartement. Il avait grincé des dents, affirmant qu'il était en parfaite mesure de prendre le volant, mais en bonne figure de l'autorité et de la sécurité publique, elle l'avait menacée afin qu'il s'asseye sur le siège du passager. Lorsqu'elle lui demanda son adresse, il lui bafouilla une réponse indistincte avant de fermer les yeux et de s'assoupir contre la fenêtre. Elle eut beau le frapper pour qu'il se réveille, tout ce qu'elle obtint fut un grognement.
- Merde, maugréa-t-elle.
Elle braqua violemment le volant et prit la direction de son propre appartement. Elle jura pendant quelques minutes, le temps d'arriver chez elle. Elle se stationna dans le stationnement sous-terrain de son immeuble et sortit de la voiture. Elle en fit le tour avant de considérer la situation. Elle pouvait le laisser ici, pourrir dans l'auto pendant toute la nuit. Elle pouvait également le faire dormir sur son canapé. La tentation de le laisser dormir dans le stationnement était très tentante. Pendant toute la soirée, il l'avait exaspéré. Il le méritait. D'un autre côté, elle était responsable de lui. Elle ne pouvait pas le laisser mourir dans l'auto.
- Merde, répéta-t-elle, en donnant un coup de pied dans la borne de stationnement près d'elle.
Avec un grand soupir d'exaspération, elle se pencha vers lui et lui défit sa ceinture. Il lui empoigna le poignet en murmurant :
- Lieutenant…
- Quoi, demanda-t-elle, à voix basse, elle aussi.
- Vous êtes la plus belle femme que j'ai vue de toute ma vie…
Bella leva les yeux au ciel. Définitivement et irrémédiablement ivre.
- Vous êtes soûl.
- Peut-être, affirma-t-il en lui faisant un sourire sensuel.
- Allez, venez, dit-elle en le prenant par les épaules. Vous pouvez marcher?
Il se contenta d'hocher la tête pendant qu'elle fermait la porte. Elle lui fit signe de la suivre alors qu'elle se dirigeait vers les escaliers. Elle se retourna pour vérifier qu'il la suivait avant de jurer pour une énième fois. Elle courut vers lui, avant de lui prendre la main pour qu'il aille dans la même direction qu'elle.
- Espèce de crétin, râla-t-elle.
Ils montèrent les escaliers en silence et, arrivés au troisième étage, ils pénétrèrent dans le couloir qui menait à l'appartement de Bella.
- Vous pouvez lâcher ma main maintenant, dit-elle alors qu'elle prenait ses clés.
Elle était en train d'ouvrir la serrure lorsqu'elle sentit qu'il se collait à elle. Elle se tendit instantanément, tandis qu'il se penchait lentement vers son oreille.
- Vos mains sont très douces. Je me demande….
Il s'approcha encore plus d'elle jusqu'à ce que ses lèvres frôlent doucement son lobe. La respiration de Bella se stoppa alors qu'il descendait son visage dans son cou, humant doucement son odeur. Résistant à l'envie de se coller plus sur lui, elle attendait de voir ce que le jeune homme s'apprêtait à faire. Ce n'était probablement pas la meilleure des idées, mais elle était curieuse de voir jusqu'où il irait. Il leva la main et l'approcha de la sienne qui était toujours posé sur la poignée de la porte. Il effleura sa main, aussi léger que le toucher d'une plume, créant des frissons sur son passage.
- À quoi ressemble votre appartement.
Il la poussa sans ménagement et entra sans préambules dans son appartement.
Choquée, Bella resta quelques secondes sans bouger. Qu'est-ce que c'était ça? Légèrement irritée, elle entra à son tour dans son logement et le vit qui visitait chaque pièce de son minuscule appartement. Avec une certaine concentration, il étudiait chaque portrait, prenant quelques livres ici et là et hochait la tête avec approbation. Qu'est-ce qu'il faisait? Était-il réellement en train d'inspecter son appartement? Son comportement de la soirée et maintenant, ce comportement était si différent. Confuse et irritée, elle resta dans son salon, attendant quelques explications sur la fascination du jeune homme pour son appartement.
Soudain, un éclair de génie la frappa. Un sentiment de colère commença doucement à naître en elle, alors qu'il feuilletait un bouquin.
- Est-ce que vous faisiez semblant pendant tout ce temps, demanda-t-elle d'une voix sourde.
- Hm ?
Il leva la tête et l'observa pendant un instant en silence. Il hocha finalement la tête, un sourire en coin aux lèvres, apparemment très fier de lui. Elle crispa des poings, furieuse. Il s'approcha d'elle tel un félin et lui murmura une fois qu'il fut assez près d'elle pour qu'elle puisse sentir son souffle sur elle :
- Je ne pensais pas que vous seriez aussi… réceptive, Lieutenant.
Violemment, elle lui prit le livre qu'il tenait toujours en main, avant de se diriger au pas de charge vers sa chambre. Il n'était qu'un profond crétin. Elle se répéta la phrase, tel un mantra, jusqu'à ce qu'elle atteigne sa chambre. Elle ouvrit frénétiquement la porte de sa penderie, sortit quelques couvertures et les lança sans douceur sur Edward qui l'avait suivi, heureux de découvrir l'environnement de la jeune femme. Elle le poussa sans ménagement en dehors de sa chambre et s'arrêta au seuil de la pièce. Il abordait toujours son sourire arrogant qui l'exaspérait au plus haut point.
- Cessez de froncer les sourcils de cette façon, Lieutenant. Vous allez abîmer votre joli visage avant le temps. Il serait si malheureux de l'endommager…
Sans changer pour le moindre son expression, elle dit d'une voix détachée :
- Vous dormirez sur le canapé. Ou dégagez de ma maison, puisqu'il est évident que vous êtes parfaitement en état de retourner chez vous.
- Quoi? Vous ne venez pas me border dans mon lit, Lieutenant, demanda-t-il, affichant un air parfaitement innocent.
Elle inspira lentement et, le fixant dans les yeux, déclara :
- Ne poussez pas votre chance, Masen. La prochaine fois que vous me toucherez, je vous ferai tellement mal et ce, rapidement, que vous n'y comprendrez rien.
Il haussa les sourcils et sans se départir de son assurance commença à marcher à reculons vers le salon, toujours en la fixant.
- Pourtant, je suis certain que vous avez adoré, Lieutenant. Votre corps ne ment pas.
Il lui fit un clin d'œil alors qu'elle claquait violemment la porte de sa chambre. Crétin arrogant. Elle l'entendit rire légèrement au travers de sa porte.
- Bonne nuit, Lieutenant, entendit-elle alors qu'elle se dirigeait vers son lit.
- C'est ça, marmonna-t-elle de mauvaise humeur.
. : : .
Elle entra dans la cuisine, guidée par une odeur délicieuse, lorsqu'elle se stoppa devant le spectacle qui se jouait devant ses yeux. Pendant plusieurs secondes, tout ce qu'elle enregistra fut vague. Elle ne se soucia pas de ses cheveux qui, elle s'en doutait, devaient être pêle-mêle, ni de son affreux t-shirt trop grand. Son cerveau ne pouvait tout simplement pas fonctionner.
- Hello, Lieutenant, susurra le jeune homme en se tournant vers elle, un sourire éblouissant aux lèvres.
Les yeux de Bella plongèrent au niveau de sa taille sur le mince morceau de tissu qui tenait en équilibre sur ses hanches. Un simple morceau de tissu blanc. Un misérable bout de tissu. C'est tout ce qui la séparait de son intimité. Ses yeux remontèrent lentement sur son torse musclé où quelques gouttes ruisselaient encore. Un peu plus et elle bavait. Délicieux. Délicieuse vision de rêve. Hormones, quand tu nous tiens!
- Bien dormi, demanda-t-il en passant une main dans ses cheveux cuivrés humides.
Elle ne put qu'hocher la tête vaguement, toujours subjuguée, bien malgré elle. Il éclata d'un rire léger, fit un petit sourire en coin séducteur tout en s'approchant d'elle et en lui présentant une assiette bien remplie.
- Je vous ai préparé à déjeuner, Lieutenant.
Elle prit l'assiette et alla s'asseoir à la table comme une automate. Malgré elle, elle le lorgnait toujours. Il s'approcha d'elle et la serviette se trouva vite au niveau de ses yeux. Rougissante, elle tourna son regard dans une autre direction, tandis qu'il se penchait vers elle et qu'il piochait dans son assiette.
- Mmh, soupira-t-il de satisfaction.
Instinctivement, elle l'observa fermer les yeux avec volupté et retint avec peine un gémissement. Il ouvrit les yeux et plantant son regard dans le sien, une lueur étrange au fond des yeux, il affirma :
- Délicieux.
Seigneur. Elle détourna la tête et, sans dire un mot, commença à manger. Il s'assit sur une chaise, près d'elle et du coin de l'œil, elle vit que la serviette avait remonté sur ses jambes musclées. Avant que son esprit ne dérive vers des confins douteux, elle se concentra à nouveau sur son assiette.
- Vous êtes toujours fâchée, n'est-ce pas? Demanda-t-il, en l'observant calmement.
Elle le regarda directement dans les yeux, silencieusement avant de se lever brusquement pour aller se prendre une tasse de café. Dans sa barbe, il se contenta de murmurer :
- On dirait bien.
Bella se versa une tasse de café, y ajouta un nuage de lait avant de se tourner vers lui. Il était toujours assis sur la chaise, attendant patiemment et grignotant quelques morceaux dans son assiette. Une fois de plus, elle ne put s'empêcher de le détailler dans les moindres détails avant qu'il ne lève la tête vers elle.
- Allez vous habiller, ordonna-t-elle.
- Pourquoi, l'interrogea-t-il en souriant. Vous n'aimez pas ce que vous voyez?
Elle soupira en levant les yeux au ciel. Cet homme avait décidément trop confiance en lui et son corps.
- Masen. Voilà le choix. Soit vous vous habillez ou soit je vous traîne, nu comme un vers, au Central. À vous de décider.
Soupirant à son tour, il se leva et passe près d'elle. Lorsqu'il la dépassa, il murmura :
- Rabat-joie.
Elle le suivit des yeux alors qu'il se dirigeait vers le salon. D'un mouvement leste, il défit sa serviette et la laissa tomber au sol. Choquée, elle ne put que le suivre des yeux et le voir tourner sa tête vers elle en lui faisant un clin d'œil malicieux. Bon sang. Cet homme était complètement dérangé. Venir chez elle pour espionner son espace personnel, prendre sa douche sans demander d'autorisation, préparer un déjeuner – délicieux, elle devait l'avouer- et finalement se promener nu dans son appartement. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui? Il faut avouer qu'il y a eu déjà pire comme matin, se dit-elle en fixant la serviette au sol. Un sourire naquit sur ses lèvres alors qu'elle se penchait pour ramasser la serviette blanche. Oh oui, il y avait eu bien plus horrible comme matin.
. : : .
- Ok, vous allez me répéter ça une deuxième fois, dit Bella, en s'agrippant au volant fermement.
Il était encore tôt, mais la circulation de la ville était infernale. Les routes étaient complètement bloquées et les klaxons se faisaient aller bon train. Depuis peu, des réparations avaient commencées, rendant encore plus impossible les déplacements dans la ville. Elle jura lorsqu'un taxi la coupa grossièrement à un feu vert. Elle mit son clignotant et, après avoir laissé passer une vieille dame, tourna dans la rue qu'elle désirait atteindre depuis plus de quinze minutes.
- Il y a ce gars… Il travaille dans un garage. Je crois qu'il pourrait nous aider à retrouver la boîte perdue, répéta Edward en fixant son attention sur une jeune femme blonde qui passa près de la voiture.
- Et qui est-ce ce gars plus précisément, demanda-t-elle.
Elle lui jeta un rapide coup d'œil avant de se concentrer sur la route devant elle.
- Un de vos amis?
Il renifla avec mépris.
- Plutôt une connaissance, reprit-il. Disons que nous n'avons pas exactement les mêmes…intérêts.
C'eut le don de piquer la curiosité de Bella.
- Vraiment?
Il se contenta de hocher la tête vaguement en se tournant vers la fenêtre.
- Il fut un temps où nous étions presque…amis, j'imagine que ce serait le terme exact, mais un incident a interrompu nos relations, expliqua-t-il.
Il semblait être dans ses pensées. Des pensées lointaines à ce qu'il semblait. Il se ressaisit soudainement et, se tournant vers elle, lui sourit.
- Bref. Malgré nos antécédents, je crois que nous devrions aller le voir.
Bella considéra la chose pendant un instant. Plus vite elle bouclait cette affaire et plus vite la pression de ce dossier retomberait. S'ils allaient le voir immédiatement, peut-être que le dossier serait empaqueté d'ici la fin de la semaine.
- D'accord, accepta-t-elle. L'adresse?
Il lui dicta et, délaissant le trajet pour se rendre au Central, elle se mit en direction de ce fameux garage. Durant tout le trajet, elle étudia scrupuleusement Edward qui laissa vagabonder son regard sur tout ce qui l'entourait. Elle se demandait ce qui s'était passé entre cet homme et lui. Elle avait vu son regard lorsqu'il avait repensé à cet « évènement ». Apparemment, la situation avait dû être sérieuse.
Peu de temps après avoir quitté le centre-ville de Seattle, ils pénétrèrent dans la banlieue. Elle scruta les environs, à la recherche dudit garage. Les passants s'arrêtaient sur leur chemin, les fixant pendant qu'ils les dépassaient. Une voiture de fonction attirait inévitablement les regards, surtout dans une banlieue où il ne semblait pas s'y passer grand-chose. Finalement, ils arrivèrent devant la bâtisse. C'était un petit bâtiment à l'allure miteux. Elle se stationna dans le stationnement désert. Seule une vieille Camaro traînait près du garage, rouillant paisiblement. La jeune femme s'apprêtait à sortir lorsqu'Edward la retint.
Surprise, elle le fixa, les yeux interrogateurs avant de glisser lentement son regard vers où la main d'Edward la retenait. Il la lâcha immédiatement avant d'expliquer :
- Peut-être que je devrais lui parler.
Elle haussa les sourcils, sceptique.
- Pourquoi?
Il s'éclaircit la gorge en détournant les yeux.
- Premièrement, il y a ce… truc. Je vous ai dit qu'il s'était passé quelque chose entre nous, il y a quelques années. La dernière fois que je l'ai vu, il m'a promis de me tuer si jamais j'osais me pointer devant lui, dit-il en roulant des yeux, comme si l'idée était grotesque. Et deuxièmement, il n'apprécie pas particulièrement la police.
- Oh, je vois, dit-elle, pensive.
Convaincu qu'elle allait rester dans la voiture, Edward en profita pour sortir. Il n'avait pas encore refermée la porte que Bella s'exclamait :
- C'est dommage pour lui, conclut-elle en sortant de la voiture.
D'une démarche rapide et assurée, elle se dirigea vers le garage. Edward tenta de la rattraper, vainement.
- Bon sang. Ralentissez!
Elle s'arrêta en plein milieu du stationnement et il manqua de rentrer dans la jeune femme. Elle haussa un sourcil, curieuse.
- Quoi, encore, s'écria-t-elle, exaspérée.
- Pourriez-vous au moins me laisser lui parler, l'interrogea-t-il en la fixant dans les yeux. S'il-vous-plaît.
- Écoutez, Masen. C'est mon enquête. Je la dirige. J'interroge les suspects ou les témoins. Fin de l'histoire.
Il exhala bruyamment. Cette femme était décidément trop têtue.
- Parfait, dit-il, la mâchoire contractée. Essayez de ne pas être trop… vous.
- Qu'est-ce que ça veut dire, demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Vous savez…vous. Autoritaire. Expéditive. Farouche.
Elle se contenta de le regarder, perplexe.
- N'importe quoi, s'éxclama-t-elle en levant les yeux au ciel. Je ne suis pas farouche, marmonna-t-elle en se remettant en marche.
Il la suivit des yeux en souriant. Oh oui. Elle l'était.
Lorsqu'ils entrèrent dans le garage, une odeur d'huile flottait dans l'air. Des bruits assourdissants empêchaient une discussion normale. Une vieille radio hurlait une chanson des années 50. Ils scrutèrent le garage attentivement à la recherche de signe de vie humaine. Aucun signe. Il semblait n'y avoir aucune personne dans ce garage. Alors que Bella s'appuyait sur le comptoir de l'entrée et se penchait pour voir de l'autre côté, Edward se promenait entre les voitures qui étaient en attente de réparation. Finalement, il le vit. Il était en dessous d'une carcasse en métal qui ne méritait même plus le nom de voiture, travaillant sur la suspension ou de quoi du genre. Devait-il faire signe au lieutenant? Il jeta un coup d'œil dans sa direction. Passablement irritée, elle venait de sauter de l'autre côté du comptoir pour se diriger vers la pièce arrière. Il décida qu'il pouvait en profiter pour lui parler pendant qu'elle visitait le garage. Il s'approcha lentement de l'homme et s'arrêta à quelques pas de lui. L'homme devait l'avoir entendu parce qu'il s'arrêta à son tour.
- Billy? Je croyais t'avoir dit de ne pas revenir tant que tu n'aurais pas trouvé le p-
- Il travaille encore pour toi, ce Billy?
Une fraction de seconde plus tard, l'homme était sur ses pieds, alerte. Il était plutôt grand et avait la peau basané. Ses cheveux courts noirs étaient placés un peu n'importe comment sur sa tête. Lentement, il le dévisagea. Il prit un chiffon qui traînait près de lui et nettoya ses mains.
- Je croyais t'avoir dit la dernière fois que je t'ai vu que je te tuerais, commença-t-il. Je ne te croyais pas à ce point désespéré, Masen.
- Ça fait cinq ans, dit Edward, un peu irrité. Il serait temps que tu passes à autre chose.
L'autre homme l'observa pendant un moment en silence. Du coin de l'œil, il vit que le Lieutenant venait vers eux. Avec chance, il pourrait régler tout ça avant qu'elle n'arrive à leur niveau.
- Tu as raison, consentit enfin l'homme. Je vais passer à autre chose. Une fois que tu seras mort.
Il lui fit un sourire étrange avant de subitement sortir un fusil de sa ceinture arrière. Il le pointa dans sa direction, sans qu'Edward ne bronche. L'autre homme n'avait pas vu que Bella s'était approché par derrière lui, voyant leur échange tendu. Peut-être était-ce son instinct de flic, mais Edward la remerciait de cette initiative. Elle braqua son arme directement sur sa tête, alors que l'homme s'apprêtait à appuyer sur la gâchette.
- Je ne ferais pas ça, si j'étais toi, dit-elle en appuyant plus fortement son pistolet sur la tête du garagiste.
- Tu as un garde du corps maintenant, Masen? Plus capable de prendre soin de toi-même tout seul?
- Je jure que le prochain qui dit que je travaille pour Masen ou que je suis son garde du corps, je le massacre, déclara Bella, agacée. Donne-moi ton arme.
- Pourquoi je vous le donnerais?
- Peut-être parce que sinon je te fais exploser la tête, proposa-elle, doucereuse.
Son ton était extrêmement tranchant, malgré les accents mielleux, et ne laissait aucune option. N'ayant guère le choix, l'homme rendit son arme. Elle prit le pistolet de ses mains avant de ranger le sien dans sa ceinture. Elle le poussa pour s'approcher d'Edward qui avait suivi l'échange silencieusement.
- C'est lui, demanda-t-elle, interrogatrice, en faisant un signe de tête vers l'homme qui se tenait près de la voiture.
- Jacob Black, Lieutenant Swan. Lieutenant Swan, Jacob Black.
Elle se tourna vers lui et l'étudia attentivement. Il faisait de même, beaucoup plus tendu cependant. Sa haine des policiers transperçaient facilement pendant qu'elle l'observait. Il croisa les bras, furieux avant de s'appuyer sur le capot de la voiture.
- Alors, alors, commença Bella. Il paraît que vous savez où se trouve la mystérieuse boîte…
Il renifla avec dédain sans dire un mot. Il haussa ensuite les épaules en souriant.
- Géniale, dit-elle en se passant une main dans le visage.
Elle prit une grande inspiration avant de se tourner vers Edward. Elle lui fit un signe discret, signe qu'il pouvait prendre les commandes de l'interrogatoire. Surpris, il la fixa. Sans attendre, il commença. Au cas où le Lieutenant aurait changé d'avis.
- Écoute, Jake. Seth m'a dit que tu savais où elle était. J'ai été lui rendre visite hier et il m'a assuré que tu l'avais eu en ta possession pendant un moment avant de la refourguer à quelqu'un de plus important. Je veux juste savoir où elle est rendue. C'est tout.
- Comment as-tu fait pour en arriver là, Masen? Travailler avec les flics.
- Tu sais ce que c'est, répondit le jeune homme. Il trouve nos points faibles.
Il le dévisagea avec attention, tentant visiblement de lui faire passer un message. Jacob se raidit, les yeux noircis de colère. Bella qui suivait la discussion remarqua que les deux hommes étaient visiblement tendus. Commençant à s'impatienter, elle prit une clef en croix qui traînait sur l'établi, la fit rouler entre ses mains pendant qu'ils s'étudiaient. Elle s'accroupit près d'une roue d'une des voitures et passa un doigt sur le pneu poussiéreux. Elle plissa les lèvres, avec une certaine surprise. Soudainement et avec une force étonnante, elle fit éclater le pneu en le poignardant avec la clef en croix. Le bruit éclata dans le garage pendant qu'une brise d'air comprimé l'atteignait violemment. Les deux jeunes hommes sursautèrent. Elle se releva, s'épousseta les mains et se tourna vers eux.
Avec un sourire, elle dit simplement :
- Si vous pouviez vous dépêcher, je n'ai pas la journée.
Jacob, complètement abasourdi, resta un moment sans parler. Edward haussa seulement les sourcils, pendant qu'elle se dirigeait vers l'autre pneu.
- Tic, tac, Monsieur Black, dit Bella en jouant négligemment avec la clef en croix près du pneu.
Quelques secondes s'écoulèrent silencieusement. La jeune femme soupira et, avec autant de force, creva le pneu. Ils sursautèrent les deux, à nouveau, pendant qu'elle se relevait calmement.
- À votre place, je le dirais rapidement. Les pneus vont venir à manquer si vous continuez à jouer au roi du silence.
Il souffla bruyamment en se passant une main dans les cheveux, énervé.
- Aro Volturi, dit-il, la mâchoire serrée.
- Vous voyez. Ce n'était pas si difficile après tout, s'exclama-t-elle, faussement joviale.
Elle déposa soigneusement l'outil sur le capot de la voiture. Elle se dirigea ensuite vers la sortie, et sans regarder derrière elle, ordonna :
- Venez, Masen. On a du travail à faire.
