Chapitre 6 :

(Ecouter « Alice » d'Avril Lavigne)

-Bien, nous pouvons commencer, fit le Chat Potté.

Le débat commença, mais Edward n'écouta qu'à moitié. Il tentait de décrypter le visage d'Hohenheim. Il était peut-être son père, mais il était tenu d'être impartial, et Ed savait par expérience qu'il préférait son travail à sa famille. C'était la raison pour laquelle le grand frère d'Edward se trouvait quelque part sous l'océan en train de se noyer. Encore et encore.

En entendant des sanglots, il tourna la tête et aperçut sa mère, Aurore, la Belle au Bois Dormant. Trahie par le Prince qui lui préférait Blanche-Neige, elle avait épousé Hohenheim. Elle le dévisageait comme s'il était déjà condamné, ce qui ne saurait tarder.

Ses grands-parents se tenaient à ses côtés et le regardaient en secouant la tête d'un air navré.

Il n'y avait pas assez de bancs pour tout le monde, donc une partie de la foule était debout. Parmi eux, Edward reconnut ses amis : Pinocchio, le petit Chaperon rouge, l'Oie aux œufs d'or...

-J'appelle l'avocat de l'accusé ! scanda Cendrillon.

L'Ours de Boucle d'Or sortit des rangs.

« Oh non, pas lui ! » pensa Ed.

L'Ours monta sur l'estrade, qui ploya sous son poids.

-M...mon...cl...client...

Ed se pinça l'arête du nez. Quand il avait le trac, l'Ours bégayait.

Le Chat du Cheshire ricana ouvertement, suivi de près par le Lièvre de Mars, qui éclata de son rire hystérique.

Telle était la justice au pays des fées : un ramassis d'abrutis, des avocats incapables que la Cour choisissait pour enfoncer d'avantage le prévenu et des juges qui ne songeaient qu'à l'argent ou aux jolies robes...Belle mentalité. Pour ça, Edward préférait les humains.

On dut relever Ursula et Maléfice, qui se roulaient de rire par terre.

-Calmez-vous ! s'exclama Peau d'Âne avec colère.

Mais personne ne l'écouta. Tout le monde haïssait les Joueurs, de toute façon. On les trouvait trop manipulateurs, trop puissants. Avec ou sans procès, l'issue restait la même.

Rumpel le nain arriva à la même conclusion.

-Nous condamnons de toute manière le prévenu à mort. Quelqu'un veut ajouter quelque chose ?

Personne ne répondit, ils étaient tous occupés à s'écrouler de rire.

-Bien, fit le nain, adju...

-Moi, j'ai quelque chose à dire ! s'écria une voix familière.

Tout le monde se tut et se tourna vers celui qui avait parlé. Il s'agissait d'un jeune homme vêtu d'une cape, un jeune homme aux yeux d'améthyste, aux longs cheveux noirs et à la démarche souple et féline.

-Qui êtes-vous ? demanda le nain.

-Je suis Envy Aglieri et je suis humain ! Toute cette histoire est arrivée par ma faute, alors je ne vois pas pourquoi Edward doit payer !

-Que fait un humain ici !? vociféra Rumpel. Gardes ! Attrapez-le !

Envy évita facilement les gardes à jouer et courut vers l'estrade. Durant toute son avancée, Edward le suivit du regard sans en croire ses yeux.

-Envy ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?

-Oh, quelqu'un m'a emmené... sourit le brun.

-Aux armes ! Qu'on tue l'humain !s'écria Rumpel, hors de lui.

-Non, dit tranquillement Hohenheim en se curant les ongles.

Ed n'eut plus aucun doute quant à l'identité de celui qui avait « emmené » Envy.

-Non ?! Comment ça, non ?!

-L'humain est concerné aussi, non ? Il a le droit à la parole.

-Mais on n'a jamais vu ça !

-Hé bien, justement, il est temps d'innover. Parle, petit.

Envy s'éclaircit la gorge.

-Pour commencer, ce qui s'est passé est entièrement ma faute ! J'ai obligé Ed à me révéler son identité et c'est à cause de moi s'il a été forcé de se battre contre le Loup et les autres ! Si vous voulez tuer quelqu'un, ce sera moi !

-Non, Envy ! lança Edward. Tu ne peux pas ... !

-Objection ! rugit le nain.

-Oui ? fit Hohenheim.

-L'humain est censé avoir perdu la mémoire ! Le traître Joueur lui a fait boire l'eau du Léthé !

-De quoi ? fit Envy.

-Le jus d'oranges, souffla Ed.

-Ah, oui, c'est vrai. J'ai effectivement perdu la mémoire pendant un jour, mais elle m'est revenue après quelques heures parce que...parce que...j'aime Edward et que même un sort ne me l'aurait pas fait oublier !

Le père de Ed soupira discrètement.

-L'amour, voyez-vous ça ! fit le nain d'une voix assassine. C'est n'importe quoi !

-Et se moquer d'un avocat, ce n'est pas n'importe quoi, peut-être ? rugit l'Ours.

-Mais enfin ! L'amour ne peut vaincre un sort aussi puissant !

-Si, l'amour est aussi fort ! s'exclama Cendrillon. Qui a sauvé Aurore ? Et Blanche ? C'est cela, l'amour !

-Oui, peut-être, mais entre deux garçons ! Dans aucun conte... !

-Espèce d'homophobe ! cria quelqu'un qu'Ed identifia comme étant Gepetto.

-Bref, j'ai retrouvé la mémoire et jamais je n'aurais révélé le secret d'Edward à qui que ce soit ! ajouta Envy.

-Quelle preuve en a-t-on ? On n'a qu'à les tuer tous les deux et on sera tranquilles !

La foule cria son approbation et le sang des garçons se glaça.

-Vous devrez me passer sur le corps ! déclarèrent-ils en même temps.

-Ce ne sera pas nécessaire, fit une douce voix qui emplit la forêt sans effort.

Toutes les personnes présentes se turent, le visage couvert d'un masque de peur. Une lueur bleue, minuscule au début, apparut devant l'estrade, puis grossit jusqu'à atteindre une taille humaine.

-C'est quoi, ça, la reine des fées ? blagua Envy.

Mais Ed ne répondit pas. Inquiet, il avait les yeux fixés sur la lumière, qui prenait peu à peu de la substance.

Une femme magnifique aux longs cheveux noirs et à la peau bleue apparut devant eux, auréolée d'une aura couleur d'azur. Deux paires d'ailes s'épanouissaient dans son dos.

-La Fée Bleue...murmura Edward en s'agenouillant comme le reste des personnes présentes.

Envy, prudent, décidé de s'incliner, histoire de ne heurter personne.

-Que nous vaut le plaisir de votre présence, votre Gracieuseté ? lèchebotta Rumpel. (Oui, je sais, ce verbe n'existe pas. Et alors ?)

-Je suis venue en personne pour cette affaire, car une injustice s'apprêtait à être commise.

-Je connais cette voix, dit Envy en fronçant les sourcils.

-C'est tout à fait normal que tu me reconnaisses, garçon, sourit la Fée. Je t'ai aidé plusieurs fois.

-Vous êtes celle qui me disait quoi faire quand j'étais en danger ! Vous m'avez sauvé du Loup !

-C'est bien moi.

-Mais pourquoi moi ? Je veux dire...je ne suis qu'un humain. Pourquoi me sauver ?

-Je ne voulais pas que tu meures, car tu es de mon sang.

L'assemblée en eut le souffle coupé.

-Heu, ça veut dire quoi ?

-Tu es le fils de la Fée Bleue ?

Edward avait l'air ahuri.

-Tout à fait, assura la Fée. Je ne voulais pas qu'il vive dans ce monde de chaos, je l'ai donc confié aux humains en endormant ses pouvoirs. Je suis désolée d'avoir dû t'abandonner ainsi, mon chéri, mais c'était la seule solution pour que tu aies une existence normale, loin des responsabilités qui t'incombent.

-Donc, en gros, vous m'avez laissé tomber, c'est ça ?

-J'étais toujours là pour te protéger... Je t'ai conduit à Edward quand tu n'avais pas d'ami parce que lui seul pouvait te comprendre. Lui aussi a grandi loin de sa famille. Seul lui pouvait comprendre la nécessité de te cacher au peuple des fées... Il les a fuies toute sa vie, parce qu'il ne se sentait pas chez lui, avec elles.

-Vous êtes donc ma mère... ?

-Oui.

La Fée pleurait et des perles de saphir ruisselaient sur ses joues.

-J'ai des ailes ? demanda Envy au bout d'un moment.

-Si tu le veux, je peux te rendre tes pouvoirs et tu en auras.

-Cool. Si j'ai des pouvoirs, je vivrai aussi longtemps qu'Edward ?

-Oui.

-Et le procès ne servira plus à rien, vu que je ne suis pas humain !

-Oui.

-Et j'ai quoi, comme pouvoirs ?

-Tu pourras exaucer tous les vœux que tu entendras.

-Un peu comme un génie ?

-Si tu veux.

*O*O*O*O*O*O*

(Écouter « Flow like water »)

Le procès fut fermé et le pauvre Rumpel ne put condamner les deux jeunes gens.

La Fée Bleue eut une longue conversation avec son fils, qui s'avéra être sorti d'un nénuphar à la naissance. Il ordonna à Edward de taire ce détail, qui n'était pas très viril. Il évita aussi de se faire pousser des ailes bleu layette, comme sa mère, mais expérimenta le noir, qui lui alla un peu mieux. Tout à sa joie d'avoir une famille et d'avoir officialisé sa relation avec Edward, il passa la soirée à sourire d'une façon un peu dingue, comme tous les humains qui se découvraient des ascendants fées. Il raconta à son ami ce qu'il s'était passé avec Hohenheim, qui en avait assez de perdre ses enfants, et la considération qu'avait Ed pour son père augmenta un peu.

Envy s'amusa avec ses étonnants et immenses pouvoirs et fit cesser sa croissance pour rester de la même taille qu'Edward. Il ramena lui-même son ami à l'école par la voie des airs.

-Whouhouuuuuu ! C'est coooooool ! s'écrièrent-ils entre deux nuages.

Comme la nuit tombait, ils se rendirent dans leur chambre et partagèrent un film d'action pour fêter le fait qu'ils soient en vie.

À un moment, Envy souffla à Ed :

-Tu sais ce qui est le meilleur dans tout ça ?

-Quoi ?

-Maintenant, je peux te toucher comme je veux !

Il captura les lèvres d'Ed qui pour une fois se laissa faire. Ils éteignirent la télévision et se couchèrent sur le lit d'Edward sans interrompre leur baiser. Leur langue entamèrent un long et sensuel ballet qui les fit gémir à l'unisson. Envy arracha leurs vêtements et referma ses bras autour du torse de son amant pour le rapprocher de lui. Il recouvrit sa peau d'un océan de petits baisers pendant qu'Edward caressait ses longues mèches noires et libérait ses propres cheveux de sa tresse. Quand Envy voulut se lever pour fermer les stores pour qu'on ne les surprenne pas dans cette position, une douce et tendre mélodie l'entraîna vers le lit où l'attendait le Joueur de Hamelin.

-Tu ne t'en vas pas comme ça !

Poussé par la musique, il reprit ses caresses et se saisit de la virilité de son amant, qui frémit.

-Alors comme ça, la musique peut servir d'aphrodisiaque... ! Intéressant...

Il resserra ses doigts autour de l'objet de sa convoitise et commença à les faire monter, descendre... tout en entendant les genoux d'Edward cogner contre ses flancs avec force lamentations de plaisir.

-Envy...ronronna-t-il en sentant la bouche de ce dernier emprisonner son sexe et continuer son lent mouvement de va-et-viens. Plus vite !

Envy obéit avec joie et passa à la vitesse supérieure. Après quelques secondes de ce traitement, il put enfin voir Edward jouir en poussant un cri. Il le nettoya consciencieusement de sa langue et posa la main contre l'intimité qui s'offrait à lui en ignorant le frisson qui avait parcouru le blondinet. Il prit son temps, malgré les supplications de sa victime, et entra finalement un doigt, puis deux, puis un troisième... Edward, les larmes aux yeux, le fit attendre un peu avant de continuer, puis, lorsqu'il fut prêt, il opéra le même geste que précédemment en alternant parfois avec un mouvement de ciseaux.

Il retira ensuite ses doigts, sourd aux protestations d'Edward, puis se plaça à l'entrée qu'il venait de ménager, surprenant le blondinet. Et il s'enfonça doucement, comme aspiré vers l'intérieur du ventre qui le surmontait, tout en provoquant ces cris d'extase qu'il avait attendus depuis si longtemps... Il attendit un peu pour ne pas lui faire de mal, puis se mit à bouger en Ed, qui cria de nouveau en lui griffant la peau du dos. Au bout de quelques minutes de pur plaisir, il se libéra dans cet antre chaud et reprit son souffle, rendu court par ces sensations que lui procurait son amant. Puis il se remit en mouvement et toucha enfin au but : la prostate du blond qui hurla son nom en refermant ses jambes autour lui pour l'attirer plus loin...

Ils dansèrent de cette façon pendant une bonne partie de la nuit, puis ils s'abattirent sur le matelas, l'un dans les bras de l'autre, essoufflés comme jamais, mais heureux.

-Tu m'aimes ? demanda Envy tout bas, comme s'il avait peur de la réponse.

-Bien sûr. Et toi ...?

-Pour toujours et à jamais.

Promesse qui prenait tout son sens quand on considérait le temps qu'il leur restait à vivre... !

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants...

Oui oui, c'est possible pour des fées !

FIN

Voilà, encore une de faite ! Désolée pour ceux et celles qui préfèrent les histoires d'amour qui mettent beaucoup de temps à se développer, mais je suis comme ça et je n'y peux rien. Et, peut-être que dans quelques années, j'arriverai enfin à écrire un lemon convenable... ?

Ça vous a plu ? Hein, dites ?!

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