Chapitre 7

Trois semaines s'écoulèrent et une certaine routine s'amorça.

Dean s'habitua affreusement rapidement à l'idée d'avoir un oméga…Presque comme si c'était quelque chose qu'il avait toujours voulu avoir sans même s'en rendre compte.

Castiel s'adapta rapidement et Dean fut épaté de la rapidité avec laquelle il prit le contrôle des tâches ménagères…presque avec maniaquerie. Ni Dean, ni John n'avait demandé autant de zèle à l'oméga mais celui-ci prit sa tâche au sérieux avec un perfectionnisme que Dean ne lui connaissait pas. Pas même John ne trouva à redire à propos du caractère acharné au travail de Castiel. La maison était toujours propre et bien rangée et Castiel sembla prendre un plaisir malsain à la garder dans cet état. Il sembla également avoir trouvé un plaisir sans cesse grandissant à faire la cuisine. Les premiers jours, il était incertain et ne faisait que reproduire des plats simples qu'il savait plaire aux Winchester puis il sortit tranquillement des sentiers battus et essaya de nouvelles choses, puis expérimenta toujours plus jusqu'à ce que Dean n'ait plus jamais à le guider pour la confection des repas. Castiel avait déjà dépassé en talents culinaires, tous les membres de la maisonnée, y compris Sam, ce qui n'était pas peu dire.

Sam resta distant et prudent envers l'oméga ne voulant pas lui apporter de problèmes mais Dean pouvait sentir que son jeune frère brûlait de se retrouver seul avec lui pour le bombarder de questions. Dean avait tout de même quelques doutes lorsqu'il trouvait un livre scientifique un peu trop près de l'endroit où était assis Castiel…Ou une envie soudaine de la part de Sam d'écouter les informations ou un documentaire lorsque Castiel était dans le salon. Cela faisait enrager John de fureur, voyant bien le jeu de son jeune fils mais celui-ci feignait toujours l'innocence…Oui, il écoutait ce programme et Castiel était dans la pièce…Et puis ? John voulait-il insinuer que l'oméga y comprendrait quelque chose ?

John fulminait alors de colère parce qu'il ne pouvait que laisser le dernier mot à Sam…Ou avouer que OUI, il croyait que le satané oméga comprenait les infos à la télévision et ça, aucun alpha ne l'avouerait jamais !

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L'intelligence et l'esprit vif de Castiel étaient un sujet dont ils ne parlaient jamais. Mais il était là. Toujours là.

Dean avait vu la différence flagrante entre son oméga et ceux qu'il croisait dans les endroits publics mais le choc avait été la visite de Rufus deux semaines après l'arrivée de Castiel.

Rufus était un ami de son père depuis la tendre enfance de Dean. L'homme, à l'extérieur bourru, avait toujours été doux et sympathique envers les deux petits garçons de John. Dean avait toujours eu beaucoup d'affection pour l'homme et il n'avait jamais vraiment beaucoup prêté attention à Adam, l'oméga de Rufus. Adam était physiquement le même que dans ses plus vieux souvenirs…Les omégas restaient jeunes beaucoup plus longtemps que les alphas. Et 100 fois plus qu'un bêta. Il ignorait l'âge d'Adam mais savait que Rufus l'avait depuis plus de 10 ans et que celui-ci n'avait pas été aussi jeune que Castiel à son adoption. Adam provenait d'un Élevage, un endroit où on élevait des enfants que l'on était certain, à presque 100%, être des omégas…Dean se demandait ce qu'on faisait avec le minime pourcentage qui se révélait ne pas être des omégas…Il y avait une tonne de légendes urbaines courant sur le sujet et cela faisait d'ailleurs partie des histoires d'horreur les plus épouvantables que Dean avaient entendues dans sa jeunesse.

En revoyant Adam dans son salon ce jour-là, Dean vit vraiment la différence entre les deux omégas. Castiel se tenait droit, presque avec arrogance tandis qu'Adam avait les épaules voûtées. Le regard bleu de Castiel brillait de curiosité, d'intelligence et plus que trop souvent, de colère…Il criait la vie à pleins poumons tandis qu'Adam, sous ses airs jeunes, ressemblait à un vieillard épuisé et apathique n'attendant plus grand-chose de la vie.

Dean eut mal ce jour-là. Il eut très mal.

Il ne pouvait empêcher son regard de se fixer sur l'oméga de Rufus. Remarquant de petits détails qu'il n'avait jamais vu avant. Une légère crispation de la bouche à une parole blessante de Rufus, un sursaut à peine visible lorsque celui-ci s'approcha de lui trop brusquement. Une légère douleur passant dans le regard. Des signes minimes mais prouvant hors de tout doute que l'oméga était loin d'être aussi impassible et insensible qu'on voulait bien le croire.

Castiel afficha une curiosité à peine voilée devant l'autre oméga et Dean se demanda si c'était la première fois que Castiel en côtoyait un.

Lorsque Rufus eut terminé d'étudier Castiel sous tous les angles, de le palper et de féliciter Dean de posséder une telle beauté, Castiel en éprouva immédiatement un soulagement et sembla grandement heureux que l'homme s'intéresse à autre chose que lui.

Dean offrit à John et Rufus d'aller au salon et de laisser les omégas leur préparer à manger et Dean vit très bien le soulagement dans les yeux de Castiel, mais aussi d'Adam.

Dean ne sut jamais si les deux omégas avaient parlé entre eux durant cette heure de liberté mais les yeux d'Adam lui avaient semblé plus humides à leur retour. Légèrement plus vivants aussi.

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Castiel demeurait un mystère pour Dean et il doutait de le comprendre complètement un jour. Castiel semblait le respecter, il semblait éprouver de l'affection pour son maître mais… Mais il y avait toujours ce côté de lui, ce côté indomptable et indocile qui criait la rébellion. Ce regard dur et critique qui semblait sans cesse LE juger. Cette façon qu'avait Castiel de pencher doucement la tête sur le côté et de le regarder avec CE regard qui donnait à Dean l'impression de passer aux rayons X. Ce regard qui semblait dire : '' Je n'ai aucune idée pourquoi tu agis comme cela…Et je crois que tu n'en as aucune idée toi non plus…''

Ce tic de la tête rendait Dean complètement fou. Lui donnait envie de frapper l'oméga et de l'embrasser férocement par la suite.

Dean n'avait encore jamais frappé Castiel. Il trouvait sans cesse une raison pour ne pas le faire, retenait sa main à la dernière seconde lorsque l'oméga avait été arrogant et cette tension, cette fureur envers lui le rendait complètement fou la nuit et finissait par une séance de sexe intense qui, loin de sembler déplaire à l'oméga, faisait plutôt pousser de longs gémissements de plaisir à celui-ci. Presque des gémissements de victoire, pensait quelque fois Dean.

Le sexe était incroyable avec Castiel, sans cesse de plus en plus magnifique à mesure que leurs corps apprenaient à se connaître.

Dean trouvait ses journées de travail longues loin de Castiel et jamais il n'aurait admis à qui que ce soit que son oméga lui manquait.

Il revenait habituellement le premier du travail et trouvait Castiel à la cuisine, mijotant un bon petit plat. Celui-ci le saluait alors timidement et Dean devait lutter pour ne pas le prendre doucement contre lui, l'embrasser dans le cou et parcourir son corps de ses mains. Quelques fois il n'y résistait pas et guidait Castiel vers sa chambre, profitant des quelques instants qu'ils avaient seuls. Castiel ne s'opposait pas. Non pas qu'il en avait le droit mais ses yeux ne s'opposaient pas. Et cela comptait pour Dean.

Les moments seuls qu'il passait avec Castiel étaient formidables. Sans compter le sexe où ils étaient définitivement sur la même longueur d'onde. Ils étaient bien ensemble, loin des conventions et des regards emplis de jugements de John.

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Oui,

Castiel continuait à parler trop franchement en présence de Dean, à hausser le ton, dire son opinion et toutes ces petites chose qui lui étaient strictement interdites mais Dean ne pouvait prendre sur lui de faire autre chose que de le reprendre avec autorité. Castiel finissait par demander pardon et Dean oubliait immédiatement (pardonnait ?) l'incident assez vite.

Castiel reprenait quelque peu sa place lorsqu'ils n'étaient plus seuls et Dean se prit à plusieurs reprises à penser comme il serait bien, s'il était toujours seul avec son oméga. Sans plus avoir quoi que ce soit à prouver à qui que ce soit.

La tension entre Castiel et John était plus tendue que jamais.

La mollesse de Dean envers celui-ci ne fit que créer de nouveaux conflits et John l'accusait de ne pas faire un alpha de lui et de laisser ce sale petit oméga effronté lui tenir tête. Castiel faisait son possible pour rester docile devant John mais la patience ne semblait pas faire partie de ses talents innés et il finissait chaque fois à argumenter, répondre et se rebuter contre celui-ci. John voyait alors rouge et même Sam se tenait loin, lui-même n'ayant jamais réussi à enrager son père comme le faisait Castiel.

Dean savait qu'il y avait une énorme tension sexuelle du côté de John. On lui avait refusé Castiel et cela l'avait profondément insulté. Il se reprenait sur l'oméga qui était, de toute façon, indocile et arrogant.

Dean se sentait pris entre deux feux. Il voulait le respect et la docilité de Castiel et celui-ci méritait plus que la moitié des injures de John mais son père avait aussi la fâcheuse habitude d'être têtu et borné et trouvait n'importe quelle excuse pour dénigrer l'oméga ou le prendre en défaut.

La tension était telle que Dean n'osa pas souligner que c'était l'anniversaire de Castiel de peur que son père ne le traite encore une fois de ''sale mou envers son oméga''. Dean ne fit que lui souhaiter un '' joyeux anniversaire'' en privé dans leur chambre et lui donna un sac en papier empli de sucreries qu'il avait achetées à son égard en revenant du travail. Il savait que Castiel avait la dent sucrée et l'oméga sembla fou de joie et engouffra les sucreries avec passion. Il passa également la nuit à tourner en rond dans le lit en gémissant de ce qui semblait être, la douleur de la pire indigestion que Dean n'avait jamais vue.

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Vint le moment où Castiel eut ses deuxièmes chaleurs.

Dean revenait du travail un jeudi après-midi et trouva Sam sur le perron de la maison…L'air extrêmement mal à l'aise.

- Sam?

- Oh mon Dieu ! Dean ! Je suis content de te voir ! S'exclama le benjamin en se levant immédiatement pour venir à sa rencontre.

- Ok. Où est la catastrophe ?

- Castiel a débuté ses… Ses chaleurs… Dit Sam en évitant le regard de Dean. Les chaleurs de Castiel étaient un sujet malaisé pour Sam parce qu'il aimait beaucoup Castiel, il voulait le traiter comme une personne à part entière mais les chaleurs de celui-ci l'atteignaient physiquement sans qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit. Sam était alpha, qu'il le veuille ou non.

- J'espérais que tu arrives avant Papa… Avoua Sam.

- Oui, j'en suis content. Ça n'a pas été trop difficile pour toi?

- Heu…Je l'ai senti dès que je suis arrivé. Il sent rudement bon mais c'est moins insupportable que la première fois. Son odeur s'est modifiée depuis que tu l'as clamé, elle s'est métamorphosée pour t'attirer TOI. Alors prends garde…

- Oh…J'imagine que je devrai appeler Bobby pour lui dire que je ne serai pas là demain non ?

- Oui…Et moi je pars chez un de mes amis pour trois jours ! Pas question que j'endure votre boucan encore une fois.

- C'est la nature Sam ! Rigola Dean.

- C'est ça…

- Il y a longtemps que Castiel est en chaleurs ? Demanda Dean avec une légère inquiétude qui ne passa pas inaperçue à Sam.

- Je le lui ai demandé. À travers la porte de votre chambre bien sûr. Je voulais être certain qu'il allait bien. Tu devrais lui donner le numéro de ton cellulaire Dean ! Il devrait avoir le droit de t'appeler lorsque ça lui arrive ! Ces chaleurs semblent vraiment pénibles à endurer. Il dit qu'elles ont commencé vers le début de l'après-midi.

- Bon…Je vais aller faire mon devoir alors.

- Comme si tu t'en plaignais ! Le nargua Sam.

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Dès qu'il ouvrit la porte de la maison, Dean ne comprit pas comment Sam pouvait trouver que l'odeur de Castiel était moins alléchante que la dernière fois.

Merde….

C'était à couper le souffle.

Plus il se rapprochait de la chambre et plus l'odeur lui tournait la tête. Une effluve merveilleuse lui rappelant l'odeur de l'air après une orage. Une douce épice qui le rendait fou et une touche à l'arôme sucrée.

Bon Dieu ! Castiel sentait la tarte au sucre !

Il ouvrit la porte presque avec fracas et trouva Castiel dans son lit. Nu. À peine recouvert d'une légère couverture. En sueurs. Gémissant faiblement. Et apparemment en train de tenter désespérément de se soulager, deux doigts insérés en lui.

L'image lui coupa le souffle et son sexe déjà raidi lui élança douloureusement.

- Dean ? L'oméga releva la tête et retira ses doigts presque avec gène. Ses yeux étaient emplis de malaises, d'inconfort et de désirs à la vue de l'alpha.

- Dean tu es rentré ? Dit-il faiblement en tentant de se relever en position assise mais Dean s'avança rapidement vers lui et posa une main sur son abdomen.

- Shhh…Je suis là Cass…Je suis là…

- J'ai besoin de toi…. Gémit Castiel misérablement et Dean dut lutter de toutes ses forces pour ne pas l'embrasser goulûment sur ses lèvres si tentatrices.

- Je te laisserai mon numéro de cellulaire Cass…La prochaine fois je ne te laisserai plus souffrir comme cela pendant des heures.

- Oui…S'il te plait Dean…

Castiel semblait au bord des larmes, son corps ondulant de lui-même sur les couvertures, une chaleur extrême émanant de celui-ci. Une nouvelle vague de désir intense l'envahit et Dean vit l'oméga rapprocher sensuellement ses doigts de son intimité et les insérer fermement en lui, son bassin se relevant sous le choc. Castiel poussa un gémissement de désespoir et Dean devina que ses doigts n'arrivaient pas à l'effet escompté.

- Je vais m'occuper de toi Cass…

Il étendit l'oméga sur le lit et celui-ci se laissa manipuler, retirant ses doigts pour agripper le cou de Dean fortement. L'odeur de Castiel en fut encore plus forte, plus puissante, les doigts de celui-ci humides de sa propre lubrification et Dean agit instinctivement et plongea la langue sur eux.

Castiel eut un petit cri de surprise et Dean fut lui-même surpris. Il n'eut pas le temps d'en être dégoûté car le goût était enivrant et hypnotisant. Il grogna et replia les genoux de Castiel brusquement, penchant la tête et plongea en toute hâte son visage vers la source de l'odeur.

Il faillit venir sur le champ, grisé par le goût et par l'odeur concentré qui lui emplissait tous les sens à présent.

Castiel poussait de petits cris sous lui tandis que Dean le martyrisait de sa langue, le plaisir se faisant dévorant en lui après toutes ces heures d'insatisfaction.

Dean était perdu dans une transe quelconque lorsque Castiel commença à lui tirer fortement les cheveux.

- Dean ? Dean ? S'il Te Plait ! Aides-moi ! J'en peux plus !

Il se redressa sur les genoux et contempla le visage dévasté de désir de l'oméga. Il lui caressa la joue avec une douceur toute nouvelle.

- Oui mon ange…Dean est là pour toi…Je vais te soulager Cass…Te soulager comme tu n'arrives pas à le faire avec tes jolis petits doigts.

- Oui ! Oui ! C'est toi que je veux ! Gémit Castiel en écartant les jambes pour inviter l'alpha.

Dean se plaça entre elles sans laisser le visage de Castiel des yeux.

- Je vais te faire sentir tellement bien mon petit oméga…Si bien…

Il pénétra alors celui-ci d'un seul coup de rein et le bassin de Castiel se souleva avec force, l'entraînant encore plus profondément.

- Quelqu'un est affamé ici… Rigola Dean en posant un baiser sur le bout du nez de l'oméga avant de se retirer de quelques pouces et de replonger encore plus brusquement en lui.

Ils perdirent tous deux rapidement toute capacité de parler ou de penser concrètement. L'union de leurs deux corps et la recherche de l'orgasme furent la seule chose qui compta. Dean bougea avec force, sachant qu'il ne pourrait pas blesser l'oméga et celui-ci gémissait, criait même sous le plaisir qui envahissait son corps et menaçait d'enfin le libérer après des heures de torture.

Le lit grinçait sous eux, leurs respirations étaient saccadées et Dean mêla ses plaintes à celles de Castiel sans aucune retenue.

Il était si déconnecté qu'il fut surpris de sentir le nœud se former à la base de son pénis et dut se rappeler qu'il ne s'agissait pas d'une relation sexuelle comme les autres…Castiel était en chaleurs et il devait le nouer pour apaiser brièvement celles-ci. Castiel vint en criant, sa semence giclant abondamment sur sa propre poitrine et Dean fut envahi par un orgasme déchirant à son tour.

Il éjacula longuement en Castiel, leurs corps à présents soudés l'un dans l'autre.

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Ils reprirent lentement leurs souffles. Castiel était chaud et tremblant sous lui, à bout de fatigue et Dean se retourna sur le dos en entraînant l'oméga pour qu'il repose sur lui plus confortablement.

- Ça va Cass ?

- Oui Dean…C'était…C'était très bon… Dit-il timidement.

- Tu as combien de temps, tu crois, avant que ça recommence ?

- Je ne sais pas trop… Je sais que lorsqu'un oméga est noué par son alpha dans ses chaleurs ça rend celles-ci moins longues et moins intenses. Mais c'était affreux avant que tu me prennes…Te sentir était insupportable !

- Et avant que j'arrive? Demanda curieusement Dean.

- C'était plus supportable…Un peu comme mes chaleurs avant d'avoir été clamé…

- Alors ma présence rend les choses pires pour toi ?

- Je te désire intensément lorsque je te sens.

- Alors tu préfères que je te laisse seul ? Plaisanta Dean et Castiel ouvrit de grands yeux.

-Non !

- Ce serait une bonne façon de te punir non ?

-Même moi je ne mérite pas une telle torture Dean !

- Je sais pas…Tu peux être drôlement impoli lorsque tu le veux.

Castiel grogna quelque chose que Dean ne comprit pas.

- Dean ? Demanda-t-il après un moment et d'une petite voix épuisée.

- Oui ?

- Je crois que j'ai fais fuir Sam.

- Il est parti chez un ami pour trois jours. Il a avisé mon père et celui-ci va sûrement allez chez Bobby.

- C'est ma faute si tout le monde doit quitter leur propre maison !

- Oh Arrêtes ! Ils ne vont pas en mourir ! Essaies de dormir Cass, tu as l'air épuisé.

- Je le suis…C'est que tu en a pris du temps.

- Hé ! Un peu de respect pour ton maître alpha Cass !

- Désolé Maître…Le ton était trop épuisé pour avoir l'effet humoristique recherché et Castiel s'endormit sur cette phrase.

Dean aurait dû tenter de prendre quelques moments de repos lui aussi. Il savait que les chaleurs de Castiel ne faisaient que commencer et qu'il aurait du pain sur la planche mais son esprit vagabondait en pensée tandis qu'il observait le visage calme et paisible de l'oméga…

De SON oméga.

Il savait que lui et Castiel parlaient beaucoup trop librement entre eux, que leurs conversations n'avaient rien de hiérarchique et que c'était mal.

Il aimait la certaine liberté de parole dont faisait preuve Castiel dans leur intimité et il se demandait aussi comment faisaient les autres alphas pour rester si distants face à un oméga qu'ils côtoyaient chaque jour depuis des années.

Il ne connaissait Castiel que depuis 5 semaines et avait l'impression de le connaître depuis toujours. Sa présence lui était réconfortante et il aimait lui parler avant de sombrer dans le sommeil, le soir.

Il savait que ces trois jours de chaleurs allaient les rapprocher encore plus. Il regarda le corps maintenant calme de l'oméga et ne put s'empêcher de constater que ce corps était une vraie merveille de la nature.

Et il ne parlait pas que de l'extérieur.

L'organisme oméga était un chef-d'œuvre. Une adaptation fantastique de la nature. Transformant un être à la base masculine et le forçant, jusqu'à ses limites, à s'adapter à la gestation d'un enfant.

Le corps de Castiel, à ce moment même, était prêt à se reproduire et à porter un enfant. La modification n'était pas visible à l'œil nu mais à l'intérieur, son corps était un vrai champ de construction. Son organisme dégageait ces phéromones puissantes créées pour attirer particulièrement Dean. L'alpha dominant qui avait eu la force de se battre et de clamer le corps de Castiel, lui assurant donc (du point de vue de la nature) une progéniture forte et en santé. Le corps d'un oméga était fait pour ne s'adapter qu'à un seul alpha dans sa vie et son organisme n'acceptait qu'un alpha compatible au sien.

Dean avait fait plusieurs recherches depuis qu'il avait clamé Castiel. Avoir un oméga développait la curiosité. Il savait que très peu d'oméga portaient encore des enfants. Cela arrivait, quelques fois, mais c'était des cas plutôt rares. Porter un enfant était très pénible pour le corps d'un oméga. Beaucoup plus que pour la femme. La matrice formée durant les chaleurs était fragile et douloureuse pour l'oméga. Leur bassin était plus étroit et leurs muscles abdominaux moins souples de sorte que l'embryon n'avait pas autant d'espace pour se développer. Les foetus portés par des omégas avaient une tendance marquée à se développer plus rapidement et à naître qu'après 37 semaines de gestation. La grossesse de l'oméga était souvent moins visible que chez la femme puisque leurs muscles ne s'assouplissaient pas, leurs hanches ne s'élargissaient pas et que le bébé était plus petit. La position du bébé était différente également et l'enfant avait souvent le corps tourné vers l'intérieur du corps de son père et ne se mettait tête en bas que très tardivement. L'accouchement était à l'origine naturel mais les quelques omégas qui portaient encore des enfants subissaient des césariennes.

Dean avait tout de même entendu des histoires d'horreur. Comme quoi la rareté des grossesses oméga n'était pas véridique mais que ces grossesses étaient cachées parce que la société voulait faire croire que les omégas n'avaient plus cette utilité.

Quelques groupes de l'Europe, qui luttaient pour les droits des omégas, clamaient que les omégas qui concevaient étaient pour la plupart '' éliminés'' ou qu'on les laissait mourir à l'accouchement dans d'horribles souffrances. Beaucoup de groupes de défense contre les omégas étaient des groupes féministes, beaucoup plus de femmes venant à leur défense que d'hommes bêtas. Sam était donc une très grande exception.

Dean savait que selon la loi, un oméga ne pouvait pas être légalement le '' père'' de l'enfant qu'il avait porté et mis au monde…On le leur enlevait dès la naissance et ne les laissait même pas les prendre. Ce qui selon plusieurs recherches étaient La pire des tortures que l'on ait jamais faite subir aux omégas.

Les omégas qui portaient des enfants devenaient rapidement et violemment attachés à ceux-ci. Ils devenaient des pères protecteurs sans pitié et beaucoup d'alphas se plaignaient que leur oméga n'était plus docile une fois qu'ils avaient eu un enfant. Seul l'enfant (la petite fille dans 85% des cas) comptait pour eux et ils n'avaient plus la moindre autorité sur l'oméga. On le leur enlevait donc à la naissance et une étude non approuvée estimait à 87% le nombre d'omégas mourrant dans les semaines suivant ce '' kidnapping''. Ils se laissaient mourir de faim ou se suicidaient tout simplement.

Dean regarda Castiel et se demanda ce qui se produirait si l'oméga portait un jour une petite fille. Leur petite fille…

Avec sa tête de mule, Castiel deviendrait un père impitoyablement protecteur et ferait un de ces drames lorsque l'on tenterait de lui enlever la petite.

Dean se demandait s'il aurait son mot à dire lui. Si on laisserait Castiel élever la fillette si son alpha le lui permettait.

Avoir une petite fille avec Castiel. Il sourit. L'idée ne lui déplaisait pas. Même si elle était une sorte de rêve mélodramatique.

Il perdit rapidement son sourire à la pensée que la société ne lui laisserait jamais vivre ce rêve. Il avait déjà droit aux regards accusateurs de la part de son père à cause de la façon qu'il traitait son oméga. Et son père ne connaissait pas l'existence de ces petites discussions presque conjugales que lui et Castiel avaient sur l'oreiller.

Il savait que son comportement était anormal… Répréhensible…

Castiel le sortit de ses pensées après un long moment, ses chaleurs étant revenues en trombe et Dean n'eut plus beaucoup d'occasion pour réfléchir durant les heures suivantes.

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Vers 22h00, Dean capitula.

Castiel allait finir par le tuer d'épuisement et bien que l'odeur de celui-ci continuait à le stimuler et l'exciter, son corps était simplement trop épuisé pour poursuivre la cadence.

Castiel avait de grandes cernes sous les yeux mais la frénésie de son corps continuait à le rendre pantelant de désir.

- Cass…Je déclare forfait….Je n'en peux plus Gémit-il alors que l'oméga était pris d'une nouvelle vague de pulsion.

Castiel le regarda avec un regard de petit chien battu.

- Oh…Pas même une toute dernière petite fois ? S'il te plait ? Demanda-t-il avec une petite voix.

- Je suis crevé…Comment ils font, les autres alphas ?

- Je ne sais pas mais je suis certain qu'ils ne sont pas aussi résistant que toi.

- Tu me complimentes pour que je poursuivre ?

- Je le pense vraiment…Adam n'a pas aussi envie de son alpha. Même en chaleurs…

- Quoi ? S'étonna Dean.

- Oh désolé Dean…Ce n'est pas une discussion adéquate à avoir avec son alpha…Je suis désolé.

- Poli, docile, soumis…Ma foi Cass. Tu as vraiment envie que je te prenne à nouveau… C'est si souffrant que cela ?

- Dean ! Je suis toujours poli, soumis et docile.

- Pfffff, en public oui !

-C'est faux !

- C'est vrai Cass ! Je meurs de faim. Je nous commande une pizza ! Décida Dean en se levant.

- Non ! Me laisses pas Dean ! Le supplia Castiel en le retenant par un bras ce qui le fit sourire.

- J'ai besoin de manger si tu veux que je livre la marchandise pour les… Combien de jours vont durer tes chaleurs ?

- Trois jours… Mais ce sera de moins en moins intense… Aujourd'hui est la pire journée.

- Bon, une pizza extra viande alors.

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Dean prit tout son temps avant d'appeler la pizzeria, il avait vraiment besoin de se retrouver loin de Castiel pour quelques instants. Il téléphona à son patron, Bobby, un ami bêta de la famille, pour confirmer avec lui que Dean ne pourrait être au travail le lendemain. Bobby s'avéra être déjà au courant et lui confirma que John était chez lui.

La pizza arriva peu après et Dean l'amena dans sa chambre avec deux grandes bouteilles d'eau. Castiel le regarda avec espoir à son entrée mais Dean s'assit sur le lit.

- Pas la peine de me faire ces yeux Cass… Je mange ma pizza… Et tu dois manger aussi ! Ordonna-t-il.

- Je n'ai pas faim, Dean.

- C'est non discutable…

- Je vais vomir…Je vomis toujours durant mes chaleurs si je mange…

- C'était lorsque tu devais les passer seul. Maintenant que je suis là pour te satisfaire tu ne seras pas malade. Et bois cette bouteille d'eau aussi ! Lui intima-t-il en lui tendant celle-ci.

Castiel la prit et en but de longues goulées sans répliquer. Dean dut par contre le menacer de ne plus le toucher s'il ne prenait pas une pointe de pizza et l'oméga lui obéit.

Une fois son estomac rempli, Dean se laissa tomber sur le matelas et sombra rapidement dans un lourd sommeil.

Il fut réveillé doucement par la sensation de mains douces et timides sur lui et il ouvrit des yeux lourds de sommeil. Il faisait encore nuit et Castiel respirait rapidement contre lui, pantelant de désir et ayant apparemment attendu d'être à un tel point de désespérance pour se permettre de réveiller son alpha ainsi.

- Cass ? Demanda-t-il encore engourdi de sommeil et les mains de celui-ci descendirent dangereusement sur son bas-ventre et Dean sentit le désir l'envahir.

- Dean…Peina langoureusement l'oméga en enfouissant son visage dans le creux du cou de celui-ci.

Dean était épuisé et encore à moitié endormi mais l'impatience de l'oméga fit dresser rapidement son sexe. Il retourna Castiel dos à lui et colla sa poitrine contre celui-ci. Il prit la jambe gauche de l'oméga et la releva doucement afin de permettre un meilleur accès à son intimité. Il se plaça contre celle-ci et s'engouffra dans l'oméga d'une seule poussée du bassin. Castiel grogna de plaisir et repoussa ses fesses contre le bassin de Dean, recherchant un contact maximum. Dean se servit de la jambe de Castiel pour contrôler ses va-et-vient et il le pénétra longuement ainsi, langoureusement et paresseusement. Castiel avait tourné sa tête vers lui et gémissait contre son visage, son souffle chaud venant lui chatouiller les lèvres. La friction était parfaitement délicieuse, Castiel était abondamment lubrifié et le sexe de Dean entrait et sortait sans résistance, butant à chaque pénétration contre la prostate de Castiel en lui faisant pousser des grognements de plaisir si délicieux que Dean devait serrer les dents pour ne pas venir sur le champ.

- Mmmm Cass…Est-ce que ça sera toujours aussi bon ? Tu veux que j'aille plus vite ?

- Oui ! Oui ! Dean ! Prends-moi ! Prends-moi plus fort… Cria Castiel sans retenue et Dean eut un sourire.

- Je préfère te prendre comme cela, mon beau…Doucement et profondément…Ton joli petit cul contre moi, étroit et chaud…Te sentir qui tremble de plaisir…

Castiel augmenta la cadence de ses gémissements et Dean savait que ce langage de lit l'excitait au plus haut point. Castiel, toujours si poli et distingué, ne pouvait rester indifférent aux paroles salées et érotiques de Dean…Même dans le meilleurs des cas…De se faire parler ainsi en pleines chaleurs le rendait presque hystérique et Dean s'en donna à cœur joie.

- Je pourrais te baiser des heures comme ça, Cass…Des heures…

- Non ! Non Dean ! C'est bon ! C'est trop BONNNN ! Sa voix se brisa alors que l'extrémité du sexe de Dean buta férocement contre sa prostate et Dean le sentit frémir autour de lui.

- Tu vas venir mon ange ? Tu vas venir sans que je touche ton sexe dur comme de la pierre ? Tu vas exploser comme ça ? Tu vas éjaculer partout sur mon lit juste en me sentant te baiser bien profond comme je le fais ? Continua Dean d'une voix langoureuse.

- Oui Dean ! Oh Mon DIEU ! C'est bon ! Je te veux plus profond ! Encore plus ! Cria-t-il en arquant le dos et Dean remonta la jambe de celui-ci avec son bras et il buta profondément en lui, sentant son sexe se gonfler rapidement à mesure que l'orgasme approchait.

- Tu sens mon nœud Cass ? Tu le sens ? Peina-t-il et l'oméga en gémit de plaisir.

- Oui…Je vais venir Dean…Je vais venir…

- Alors viens mon ange ! Ordonna-t-il et Castiel poussa un bref cri et éjacula en longs jets tandis que l'intérieur de son corps était parcouru de spasmes autour du sexe de Dean. Celui-ci vint violemment en hurlant et enfouit son visage contre le cou de Castiel.

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Le lendemain, les chaleurs de Castiel étaient déjà moins intenses mais Dean dut tout de même rester près de lui pour répondre à ses besoins dès que ceux-ci se faisaient trop pressants. Il ne sortit de la chambre que pour préparer à manger et, entre leurs séances de sexe intense, il écoutait la télévision, un Castiel repus dormant contre sa poitrine et il lui arrivait de se demander s'il ne serait pas, par hasard, heureux.

Le troisième jour, Castiel était à peine en chaleurs et chaque relation lui faisait à présent mal et Dean le devina par lui-même parce qu'il sentait l'oméga se crisper contre lui à chaque coup de rein et dut le lui demander pour en avoir la confirmation.

- C'est la première fois que j'ai des relations durant mes chaleurs…Nous l'avons fait très très souvent et c'est normal que ça me fasse mal… Expliqua l'oméga.

- Tu aurais dû me le dire ! Ça fait quoi ? Trois fois qu'on baise et que ça te fait mal ? Tu n'avais pas envie d'en parler ? J'y aurais été moins fort, idiot !

- Je ne savais pas si c'était convenable de le dire !

- Convenable de me dire que tu souffrais le martyr pendant que je te baisais ?...Oui ! C'est convenable ! Je t'ai donné l'impression d'être un alpha cruel et violent jusqu'ici ? Je passe mes journées à te dompter à coup de ceinture peut-être ? J'ai l'air de m'exciter face à la douleur d'un oméga ? Se fâcha Dean.

- Non Dean….

- Alors quand tu as mal ou que tu es blessé tu me le dis… ET C'EST UN ORDRE !

- D'accord Dean.

La dernière relation qu'ils eurent ne fut même plus plaisante. Castiel souffrait le martyr et Dean avait lui aussi mal au niveau de son sexe. La passion avait fait place à l'obligation et tous les deux avaient hâte que ça se termine. Lorsque leurs deux corps furent enfin délivrés du nœud, Castiel poussa un soupir de soulagement et annonça que c'était terminé. Dean se laissa tomber sur le lit en soupirant à son tour.

- Pffff ! C'est quelque chose… Les dernières heures sont de trop mais je ne peux pas dire que le reste n'a pas été grisant !

- Je suis d'accord…Je vais allez faire la lessive maintenant.

- Quoi ? Maintenant ? S'étonna Dean en voyant l'oméga faire mine de se relever.

- Ton frère et ton père vont bientôt rentrer et je veux que toute trace de mon odeur disparaisse.

- Prends le temps de souffler !

- Non Dean…Je dois le faire.

- Tête de mule.

Castiel eut toutes les difficultés du monde à se lever et au cours de la soirée, lorsque toute la famille fut revenue, Dean le vit se mordre les lèvres de douleur à chaque pas et en éprouva une sorte de remord injustifié.

Lorsqu'il eut terminer la vaisselle, Castiel demanda la permission à Dean d'aller immédiatement se coucher et Dean la lui accorda, évidement.

Il alla lui-même se coucher très tôt ce dimanche là….