Chapitre 17

Bon...La majorité à parlé et je publie tout...Mais n'oubliez pas que j'adore avoir votre opinion sur chaque chapitre!

Vous êtes vraiment sympa pour tout vos commentaires et reviews et je tiens à remercier celles que je n'ai pu remercier par Pm parce qu'ils sont inscrites en guest...Et merci pour toutes les autres qui ont lues cette fic...

Prenez en note la différence des paragraphes en italique et en écriture standard...


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Dean se retrouva dans une salle sans fenêtres et dont l'un des murs était couvert d'un énorme miroir. Il avait assez vu de films policiers pour savoir où il se tenait : une salle d'interrogatoire. Il soupira de dépit et posa ses poignets menottés sur la table devant lui. Les yeux lui brûlaient de fatigue, il était épuisé et complètement amorphe. Il avait à peine eu le temps d'enfiler un jeans et un t-shirt avant que les policiers ne défoncent sa porte pour l'amener et il commençait à avoir affreusement froid dans cette salle sombre et inhospitalière. Il aurait aimé un café, une couverture ou simplement quelqu'un à qui parler, quelqu'un sur qui hurler. Et plus que tout au monde il voulait savoir si son ange allait bien.

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La journée avait été parfaite, splendide même. Tout comme l'avait été les mois auparavant. Castiel continuait ses études avec des mentions d'excellence et semblait complètement heureux de la vie qu'il menait. Dean lui apportait fréquemment de nouveaux livres qu'il croyait intéresser l'oméga et il se trompait que très rarement. Castiel continuait à demeurer à l'intérieur de l'appartement dans la journée, la carte-privilège lui ayant été refusée, mais il en profitait pour étudier, faire la cuisine et garder leur demeure propre et nette. Lorsque Dean revenait du garage, c'était la fête !

Ils mangeaient en discutant de leur journée, planifiaient leur week-end à venir, sortaient parfois pour marcher dans le quartier et étaient satisfaits de leur vie. Sam leur envoyait parfois de petites lettres anonymes qu'il faisait passer par des intermédiaires et Dean savait que si Sam faisait cela c'était parce qu'il croyait que ce n'était pas sécuritaire pour le moment de communiquer directement. La dernière fois qu'il avait vu Sam, c'était à Noël et bien que Hunter ait été plus actif que jamais depuis ce temps, Sam lui, demeurait silencieux et invisible.

Il y eut une manifestation monstre au Canada pour la restauration des droits omégas et celle-ci avait dégénérée en véritable émeute, faisant plusieurs blessés et 3 morts. On compta plusieurs omégas participants à la manifestation et tout le monde se demandait bien ce qu'ils avaient foutu là. Étaient-ils des omégas fugitifs ? Avaient-ils été amenés par des alphas ?

La peur d'une manifestation de ce genre envahit les États-unis et les règles se firent plus sévères de sorte que Castiel et Dean furent plus prudents que jamais.

La colère et la révolte continuèrent à gronder chez leurs voisins canadiens, l'Union libératrice de l'ange avait cessé d'être pacifique et foutait présentement un bordel terrible dans les rues canadiennes. Le nombre de personnes y adhérant ne faisait que grossir chaque jour et l'opinion publique penchait de plus en plus en faveur des omégas de sorte que le premier ministre avait promis à l'association de libération de l'ange d'étudier sérieusement la question en chambre. Mais Hunter ne se calma pas pour autant. Il voulait que la cause soit étudiée IMMÉDIATEMENT !

Chaque jour, écrit-il dans un communiqué, des êtres humains étaient bafoués, torturés et tués. Une journée de plus, c'était une journée de trop !

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Aux États-Unis, l'humeur générale n'était réellement pas en faveur des omégas et ceux-ci étaient maintenant traités avec encore plus de cruauté et de violence que jamais. Le peuple se vengeait sur eux, comme si ceux-ci étaient responsables des tracas qui se produisaient au Canada. Castiel et Dean ne pouvaient même plus faire les courses tranquillement, Castiel devenant immédiatement la cible de jurons et de regards meurtriers. L'oméga commença peu à peu à vivre constamment dans la peur. Auparavant, il adorait défier la loi et passer pour un bêta sous le nez des alphas mais Dean devait maintenant le supplier longuement pour ne serait-ce qu'une sortie au cinéma. Il amena celui-ci au cinéma presque de force, un vendredi soir, prétextant qu'il en avait assez de rester terré de peur dans leur appartement et Castiel était resté tendu toute la première partie du film. Vers le milieu, un garde de sécurité leur avait sévèrement ordonné de sortir de la salle. Une fois dehors, Dean et Castiel se retrouvèrent entourés de trois autres gardiens de sécurité qui ordonnèrent à Castiel de leur montrer son poignet droit. Se sentant pris au piège, Dean avait fermement empoigné l'oméga par le bras et avait couru vers l'extérieur et démarré en trombe dans l'impala. Dean avait eu très peur soudainement. Ce qui avait été un jeu de provocation enfantine devenait maintenant un jeu de la mort. S'ils étaient restés plus longtemps, on ne leur aurait pas simplement tapé sur les doigts cette fois-ci. Avec le climat anti-oméga actuel, on aurait probablement arrêté Dean. Il n'osait même pas imaginé ce qu'ils auraient fait de Castiel. À partir de ce moment-là, Dean ne cessa de se sentir épié et surveillé et commença à véritablement devenir paranoïaque. Il se souvenait avec angoisse, de ce moment où lui et Cass revenaient de l'extérieur et qu'ils avaient échangé un baiser devant la porte de leur appartement et du regard apostrophé de leur voisine qui sortait ses poubelles. Dean commença à imaginer des espions dans tous les passants et n'osa même plus sortir à l'extérieur sauf pour aller au travail. Le garage représentait son seul havre de paix avec son appartement et l'air doux et compréhensif de Bobby l'aidait toujours grandement.

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Il n'avait pas parlé de ses peurs à Castiel mais il savait que celui-ci avait les mêmes que lui. Castiel ne semblait plus jamais à l'aise à l'extérieur et n'acceptait d'embrasser Dean qu'à l'intérieur de leur appartement et bien à l'abri des regards.

- On devrait aller au Canada… Lui dit un jour Dean alors qu'ils étaient tous deux au lit. Castiel se tourna vers lui et lui caressa la joue.

- C'est pas possible Dean. Et tu abandonnerais ton travail ? Tes amis ? Ton père ?

- Pour toi ? Oui. On ne sera jamais en paix ici Cass ! C'est pire que jamai s! Je sais que tu as peur toi aussi !

- Je suis habitué Dean. T'en fais pas pour moi.

- Tu parles que je vais m'en faire pour toi ! J'ai pas l'impression que nous sommes en sécurité ici ! Je suis peut-être parano mais j'ai l'impression que la voisine nous observe !

- Je suis donc parano aussi.

- Alors partons Cass ! Allons rejoindre Sam au Canada.

- Il a dit lui-même que c'était dangereux ! Tu attirerais trop l'attention et n'oublies pas que l'identité de Hunter est encore inconnue. Sans compter que la frontière américaine est maintenant fortement surveillée. Les omégas n'ont plus le droit de sortir des États-unis Dean, même avec l'accord de leur alpha et accompagné par celui-ci. Ils ont peur que des gens tentent de sortir des omégas du pays. Ils sont en train de nous emprisonner ici. Il te faudrait un visa spécial pour me sortir et ils n'en délivrent jamais ! Tu ne pourrais pas non plus me faire passer pour un bêta, pas dans les conditions actuelles.

- Alors on reste ici à se faire suivre comme des criminels ? Se fâcha Dean.

- Je... Je sais pas Dean… Je crois sincèrement qu'ils ont un doute sur toi et que tu es surveillé. Tu… Tu sais que tu peux te débarrasser de moi si tu veux reprendre une vie normale.

Dean l'embrassa avec force sur les lèvres pour le faire taire.

- Moi qui croyais que tu étais un génie Cass… Je ne peux pas croire qu'une idiotie pareille sorte de ta bouche, bébé.

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Leurs soupçons s'avérèrent fondés lorsqu'ils eurent la visite d'un représentant officiel du registraire oméga de la ville.

C'était un samedi matin et Dean venait à peine de se lever alors que Castiel préparait joyeusement des pancakes à la cuisine. Ils avaient prévu ensuite de faire une balade à bord de l'impala.

L'Homme portait un complet noir et le salua avec un accent britannique. C'était un alpha aux yeux perçants et au sourire ironique.

-Monsieur Winchester ? Je suis envoyé par le registraire.

Dean fronça les sourcils, soucieux.

- Pourquoi ?

Castiel sortit de la cuisine au même moment et se figea de terreur. Le sourire de l'homme se fit encore plus grand en apercevant l'oméga.

- Castiel ! Tu sembles en pleine forme, petit.

- Qui êtes-vous ? Demanda Dean en se doutant de la réponse.

- Je suis, comme je vous ai dit, un représentant du registraire mais il s'adonne que j'ai aussi eu la chance d'avoir été le mentor du petit oméga, ici.

- Maître Crowley…. Dit doucement Castiel, les yeux exorbités par la surprise et Dean dut user de toutes ses forces mentales pour se retenir de soulever l'alpha par le collet et de lui en coller une. Il devait faire comme s'il ignorait qui était ce Crowley. Il devait faire comme si Castiel ne lui avait jamais parlé de celui-ci. Plus difficile encore, il devait faire croire que lui et Castiel vivaient présentement comme n'importe quel oméga et alpha. On lui avait envoyé un représentant chez lui. Merde… Il était plus surveillé qu'il le croyait.

- Vous voulez quoi ? Pourquoi le registraire vous envoie ? Mon dossier est à jour et mon oméga a eu tous ses rendez-vous obligatoires… Se plaignit Dean avec la voix de quelqu'un qui a d'autres choses à faire.

- J'ai été envoyé pour vous visiter et m'assurer que l'oméga va bien et que tout est en règle… Dit Crowley toujours en souriant.

- C'est chez moi. Je suis vraiment obligé de vous laisser entrer ?

- Techniquement. Non. Mais le registraire voudra probablement savoir ce qui vous pousse à leur refuser une simple visite de routine.

- Ça ressemble drôlement à un oui. Entrez… Gronda-t-il en ouvrant la porte plus grande. L'alpha pénétra dans l'appartement en regardant partout autour de lui.

Dean avait depuis longtemps retiré le cadre avec la photo de Castiel et s'en félicita mais il se demanda tout de même s'il y avait des objets dans la maison qui pourraient trahir leur mode de vie. Castiel se tenait silencieusement dans la cuisine le regard baissé. Et Dean eut envie de le serrer contre lui. Crowley inspecta le salon mais ne vit apparemment rien d'intéressant. Il alla alors dans la cuisine, passa devant Castiel et lui ébouriffa tendrement les cheveux.

- T'as drôlement grandi, Chaton, mais tu es toujours aussi mignon.

Castiel ne fit que baisser les yeux et Dean dut se retenir de ne pas écrabouiller le sourire de l'alpha sous ses jointures.

- Tout va bien avec votre oméga ? Demanda l'inspecteur en se tournant vers Dean.

-Oui. Je le possède depuis bientôt 4 ans. J'ai jamais vraiment eu de problème majeur avec lui.

- C'est pas ce que dit son dossier.

- Castiel a eu des problèmes de désobéissance lorsqu'il était plus jeune mais il a bientôt 21 ans et il s'est assagi avec le temps.

- Donc il ne vous cause pas de problème ?

- Non.

- Il m'en a causé à moi, pourtant, et j'étais un mentor plutôt expérimenté.

- Comme j'ai dit, il a vieilli.

- Je lui ai enseigné durant plus d'un an. Quelle petite peste arrogante il était ! J'ai tout de même eu l'immense privilège de l'éduquer sexuellement ce qui m'a récompensé pour tous mes efforts. Il avait déjà un talent inné pour le sexe. Une vraie petite chienne au lit.

Dean se retint fortement, sentant le regard vif de l'alpha sur lui, semblant le scruter à la loupe. Leurs regards se croisèrent un long moment puis Crowley détourna enfin les yeux.

-Bon. L'alpha se tourna vers Castiel. Que faisais-tu avant que j'arrive, Castiel ?

- Je faisais des pancakes à mon maître.

- Je vois…Tu es heureux avec lui ?

- Bien sûr. Il est juste et bon.

- Pas trop sévère ? Il lui arrive de te frapper ?

- Seulement quand je désobéi.

- Comment te frappe-t-il ?

- En me giflant ou en me donnant des coups de ceintures.

- Et tu as appris à prendre les punitions comme un vrai oméga maintenant ?

- Il m'arrive de discuter mais maître Dean n'aime pas cela alors je me retiens.

L'alpha se tourna vers Dean.

- Il y a encore une fibre de rébellion chez lui. Le registraire vous offre de vous débarrasser de cet oméga et de vous en offrir un nouveau. Gratuitement.

Dean sentit la panique l'envahir. Mais qu'est-ce que c'était que ces foutaises ? Lui échanger Castiel ? Le registraire avait suffisamment peur de celui-ci pour vouloir l'éliminer ? Il savait que ses prochains mots pourraient décider de leur sort à tous les deux et il tenta de parler d'une voix sûre.

- Je n'ai jamais particulièrement désiré avoir un oméga Monsieur Crowley. J'ai clamé Castiel par accident de jeunesse si je peux dire. J'ai eu de la difficulté avec lui, je l'avoue, mais ça fait maintenant presque 4 ans que je le domestique et il m'obéit maintenant au doigt et à l'œil. Je ne voudrais pas le voir partir alors que mes efforts sont enfin récompensés.

- Je vois… Vous êtes-vous… Comment dire… Attaché à cet oméga Monsieur Winchester ?

- Autant qu'on puisse être attaché à l'une de ces créatures, oui. Il m'est familier, il connaît mes habitudes et il me sert bien. Et au lit il est extraordinaire.

- Oui… Je vois.

Crowley n'avait pas l'air d'un homme convaincu à 100 % mais avait toutefois quelque peu perdu de sa méfiance. Il visita le reste de l'appartement et Dean croisa les doigts pour qu'il ne remarque rien de compromettant. Si ce fut le cas, l'alpha n'en laissa rien paraître et repartit en disant à Dean qu'il ferait son rapport auprès du registraire. Dean espérait que cela mettrait fin aux soupçons à son égard.

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Le jour où tout sombra avait été un jour comme tous les autres.

Castiel et Dean s'étaient mis au lit vers les 22h00 et avaient longuement parlé de tout et de rien avant de sombrer dans le sommeil, Dean ayant posé affectueusement un bras sur l'oméga pour le serrer contre lui.

C'est le son fracassant de l'ouverture de la porte de leur chambre qui le réveilla d'un coup. Il sursauta de surprise sentant Castiel s'agripper soudainement à lui de peur et la lumière s'alluma subitement.

- Dean ! Vite ! Réveilles-toi !

Il ne comprit pas immédiatement ce que faisait Sam dans sa chambre et il secoua la tête de confusion.

- Dean ! Vite ! On n'a pas beaucoup de temps.

Le visage de son frère était paniqué et Dean chassa immédiatement toute trace de sommeil. Sam circula rapidement dans leur chambre, ouvrant un tiroir et en retira des vêtements au hasard qu'il lança à Castiel.

- Cass habilles-toi…Vite ! Ajouta-t-il en voyant que ni l'un ni l'autre n'avaient encore bougé. Ce n'est qu'à ce moment que Dean remarqua que Sam n'était pas seul. Deux hommes étaient avec lui, un homme mince au visage de petite fouine et l'autre grand, un manteau datant de la 2ième guerre mondiale sur le dos et des yeux bleus perçants.*

- Mais qu'est-ce qui se passe Sam ? S'écria Dean.

- Je suis désolé Dean ! J'ai tenté de te joindre mais tu es beaucoup trop surveillé. Vous êtes en danger, en ÉNORME danger et je dois amener Castiel au plus vite.

- M'amener ? Paniqua celui-ci.

- Il n'y a pas de temps à perdre ! La police s'en vient Dean ! Ils viennent t'arrêter mais plus grave encore, ils viennent pour exécuter Castiel ! Ils rassemblent des preuves contre vous depuis des mois et c'est cette nuit qu'ils ont prévu de vous arrêter ! J'ai eu l'info il n'y a que quelques heures grâce à Jack.

- Jack c'est moi, Bonjour…. Lui dit l'homme aux yeux bleus avec un petit sourire en coin mais Dean l'entendit à peine. Son cerveau marchait à 100 km/h, abasourdi par tant d'informations.

- Alors j'étais BEL ET BIEN surveillé ! Je ne suis pas parano ?

- Non… Sam regarda Castiel qui était toujours figé de terreur dans le lit. Cass…S'il te plaît ! Habilles-toi ou je t'amène en pyjama dans exactement 5 minutes.

Castiel secoua la tête, les yeux exorbités de terreur et Dean alla immédiatement prendre les choses en mains. Il attrapa un t-shirt et l'enfila rapidement à l'oméga puis il entreprit de lui mettre un jeans. Castiel se laissa habiller sans rien dire et ne fit que sortir de sa torpeur au moment où Dean lui passait des souliers. Il s'agrippa alors soudainement aux épaules de Dean.

- Non ! Je ne veux pas partir sans toi Dean ! Pourquoi tu ne viens pas ?

- C'est beaucoup trop dangereux… Expliqua l'autre homme avec un regard désolé.

Sam hocha la tête.

- On y a réfléchi Dean et ce serait jouer avec le feu de t'amener. Tu ne risques qu'une interrogation par la police, sans Castiel ils ne peuvent rien contre toi. Sans compter qu'en restant ici tu brouilles les pistes parce qu'ils croiront que tu as caché Castiel près d'ici.

- Et Cass ? Je risque la prison mais Cass lui ? Paniqua Dean et Sam vint poser une main sur son épaule et le regarda avec sérieux.

- S'ils le trouvent Dean c'est fini pour lui… Tu comprends ?

Dean sentit sa gorge se nouer.

- Tu peux le protéger ?

- Oui. J'avais prévu de tout organiser pour vous amener tous les deux mais… Le temps m'a manqué mais j'ai un endroit pour Cass. J'ai une façon de le sortir du pays et de le planquer à un endroit où il sera en sécurité.

Dean sentit ses yeux se remplir de larmes.

- Et… Je le reverrai ?

Sam le regarda avec tendresse et Dean le vit se mordre la lèvre inférieure.

- Je ferai tout pour que vous soyez réunis le plus tôt possible.

- Mais tu ne peux pas me le promettre ?

- Non…

- Non ! Dean !

Castiel avait éclaté en sanglots et Dean prit une grande inspiration avant de regarder Sam une nouvelle fois.

- Tu vas me protéger mon ange Sam ?

- Comme la prunelle de mes yeux, Dean… Tu as confiance en moi ?

- Je te donnerais ma vie Sam. Et maintenant je te confie ce qui est encore plus cher à mon cœur. Fais tout ce qu'il faut pour le garder en sécurité. Même si tu dois l'assommer ! Il a une foutue tête de mule mais je l'aime comme ça.

Il pleurait à présent et s'en fichait. Il alla vers Castiel qui sanglotait et lui releva le visage.

- Écoutes-moi attentivement Castiel… Lui ordonna-t-il avec sévérité et l'oméga secoua la tête.

- Castiel ! Écoutes !

Cette fois, il le regarda.

- On a toujours su que le moment viendrait où nous devrions nous battre… C'est maintenant… Nous ne finirons pas comme Christian et Hector.

- Je ne veux pas être séparé de toi ! Gémit Castiel et Dean lui agrippa fermement les épaules.

- Cesses de pleurer…Castiel, cesses de pleurer immédiatement ! T'es fort mon ange ! Tu n'as pas besoin de moi ! T'es un survivant… Je souhaite de tout cœur qu'on se revoie très bientôt mais si c'est pas le cas TU VAS CONTINUER À TE BATTRE !

- Je ne veux pas te laisser Dean ! Supplia Castiel.

- La vie se passe rarement comme on le veut Cass… T'inquiètes pas pour moi, je sais me défendre.

- Il faut y aller ! Les pressa Sam en regardant sa montre et les deux autres hommes s'approchèrent de Castiel pour lui prendre chacun un bras.

Castiel vint pour les repousser mais Dean prit le visage de celui-ci dans ses mains et il l'embrassa passionnément.

- Je t'aime Castiel… Je t'aime à la folie et tu dois partir d'ici si tu veux que nous nous retrouvions un jour… NE ME LAISSES JAMAIS AVOIR À LES REGARDER T'EXÉCUTER ESPÈCE DE SATANÉE TÊTE DE MULE !

Castiel ravala ses larmes et hocha la tête. Il prit visiblement son courage à deux mains et montra un visage décidé à l'alpha.

- Je serai fort Dean… Je t'aime…

Il regarda les trois hommes disparaître avec son ange. Il écouta le son de la porte d'entrée se refermer puis une voiture démarrer. Il resta silencieux et ébahi dans son propre lit. Regardant la porte qui s'était refermée sur la dernière image de son Castiel. Il attendit dans le silence de son appartement. Attendit qu'on vienne l'arrêter. Ce qui arriva une heure plus tard alors que trois policiers firent irruption dans son appartement pour se jeter sur lui. On le menotta.

- Dean Winchester… Vous êtes en état d'arrestation pour outrage, parjure et violation de la loi éthique des omégas.

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Et Dean était dans cette salle d'interrogatoire depuis qu'on l'y avait amené. Il aurait donné sa vie pour savoir si Castiel allait bien, si Sam et ses deux étranges compagnons avaient réussi à l'amener en sécurité et pour savoir comment allait son petit ange.

Il avait faim, il avait soif et il était épuisé. Il ignorait depuis combien de temps il était assis là, seul à se faire un sang d'encre face à cet énorme miroir derrière lequel se trouvait probablement des gens qui l'observait.

La porte s'ouvrit soudainement et un homme noir alpha de haute prestance, veston cravate, s'approcha de lui avec une grande enveloppe dans les mains. Il s'immobilisa un instant devant Dean et le regarda avec ce qui ressemblait à s'y méprendre à du mépris et du dégoût.

- On va enfin me dire ce que je fiche ici ? Demanda Dean en foudroyant l'homme du regard. Et vous pouvez dire à vos petits amis de l'autre côté du miroir de venir nous rejoindre. Plus on est de fous et plus on s'amuse.

L'homme eut un sourire sans chaleur et s'assit tranquillement sur la chaise face à lui.

- Si j'étais toi, je n'essayerais pas de plaisanter.

- Oh…Pas de vouvoiement ? Plaisanta Dean.

- Pas avec des merdes comme toi.

Dean le fusilla de yeux.

- Je suis l'inspecteur Gordon et j'enquête sur toi depuis des mois.

- Vous avez fait un travail de merde si je peux dire.

-À oui ? Pourtant j'ai eu toutes les preuves dont j'avais besoin… Lui répondit l'inspecteur en ouvrant la grande enveloppe de papier où il en sortit une dizaine de photos qu'il lança sans chaleur sur la table devant Dean.

Des dizaines de photos où on le voyait, lui et Castiel. Sur certaines ils se tenaient la main, sur une autre ils s'embrassaient devant l'impala. Sur une autre Dean enlaçait amoureusement l'oméga devant la porte de leur appartement. Leur vie dévoilée. Leur petit pêché dévoilé.

Dean se mordit la lèvre inférieure mais refusa de se laisser abattre. Il savait qu'on voulait qu'il se sente honteux de ces photos. Or ce n'était pas le cas. C'était même les seules photos qu'il voyait de lui et Castiel. Il pointa une d'elles de ses mains menottées.

- J'aime beaucoup celle-ci… Je peux avoir une copie ?

Ses paroles semblèrent choquer hautement l'inspecteur qui grimaça.

- Alors tu avoues.

- Difficile de ne pas le faire étant donné que vous avez tout notre album souvenir ici… Plaisanta Dean.

L'inspecteur se racla la gorge en le regardant avec sévérité.

- Alors tu avoues avoir entretenu une liaison avec l'oméga Castiel ?

Dean le fixa intensément en répondant.

- OUI

- Tu es un être abject et dégoûtant Lui répondit l'inspecteur avec un air de mépris apparent sur le visage.

- Je peux savoir en quoi j'ai commis un crime si affreux ? Il y a des centaines de criminels en liberté à travers le monde et vous me traquez moi ?

- Ce que tu as fait est un crime ! Un crime dégoûtant !

- Envers qui ?

Le poing s'abattit devant lui.

- Envers l'humanité !

- J'en doute… Lui dit ironiquement Dean.

- Tu en doutes ?

- Oui… Je crois que vous avez peur… Je crois que vous en pissez dans vos frocs tellement vous avez peur ! Vous savez ce qui s'en vient. Vous savez que l'union libératrice de l'ange va triompher. Les omégas seront bientôt libres après des centaines d'années d'esclavage et ça vous donne une sacrée frousse parce que VOUS SAVEZ PARFAITEMENT QUE NOUS AVONS EU TORT DE LES TORTURER AINSI ! Vous avez peur de ce que nous avons fait, des horreurs que nous avons commises ! Vous me faites penser aux nazis au lendemain de la 2ème guerre mondiale à tenter d'effacer toutes traces des chambres à gaz ! La guerre est presque perdue et nous aurons des comptes à rendre envers les omégas !

- Tu te fais des idées, pauvre idiot ! Lui cria Gordon mais ses yeux étaient si fous de rage que Dean savait qu'il avait frappé juste.

- Ça arrive présentement. C'est déjà déclenché et personne ne peut rien y changer.

- Ce sera tout de même trop tard pour sauver ta petite putain d'oméga ! Lui dit cruellement l'inspecteur en rapprochant son visage de celui de Dean. Dean tenta de ne rien démontrer mais son cœur fit une embardée dans sa poitrine.

- Où est-il ? Où l'as-tu caché ? Lui demanda l'inspecteur avec autorité.

- Je ne sais pas…

- À d'autre ! À voir comment vous étiez tous les deux je sais qu'il n'est pas loin ! Où est-il ?

- Vous voulez la vérité ?

- OUI

- Je ne sais pas… Je lui ai dit de fuir, je lui ai donné de l'argent en lui faisant promettre de ne pas me dire où il allait… J'ai aucune idée où est Castiel mais il est suffisamment rusé pour ne jamais se faire attraper.

- Tu rêves ! Sa photo est partout… Dans les stations d'autobus ou de trains, les aéroports et dans tous les journaux… J'en fais une affaire personnelle Dean Winchester ! On le retrouvera.

Dean sentit la panique l'envahir. Il savait que l'inspecteur était sérieux et il savait que dans le climat actuel la meilleur chose à faire pour le gouvernement était de crever l'embryon de la rébellion dans l'œuf. L'arrestation de Castiel serait la meilleure publicité. Ils allaient tuer son ange pour en faire un exemple. Ils allaient exécuter son bébé par acte de vengeance et pour semer la terreur dans le clan des rebelles. Il eut envie de hurler à la mort.

L'inspecteur sembla avoir deviné qu'il avait fait mouche avec ses paroles puisqu'il eut un sourire cruel en se rapprochant de Dean.

- Et tu sais quoi ? Lorsque nous l'aurons attrapé, nous allons le faire longuement souffrir avant de l'achever. Je me ferai un plaisir personnel à le voir hurler à l'agonie avant de l'abattre comme un chien.

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Après avoir tenté de lui faire avouer l'emplacement de Castiel toute la nuit, l'inspecteur finit par croire l'histoire de Dean selon laquelle il aurait lui-même demandé à Castiel de ne pas lui dévoiler où il allait.

Au matin on lui autorisa à appeler son avocat mais Dean refusa. À quoi bon ? Il plaida coupable à tous les chefs d'accusation presque avec fierté. On lui donna le choix entre payer une caution ou faire de la prison. Il choisit la prison.

Il était dans sa petite cellule depuis à peine une heure lorsqu'un policier vint le chercher en lui disant que quelqu'un avait payé sa caution. Il eut peur que Sam ne soit assez timbré pour être resté dans les environs mais c'était son père qui l'attendait. Celui-ci ne lui dit rien et Dean le suivit à l'extérieur du poste de police.

- Dis-moi que c'est une erreur, Dean ! Lui dit finalement John dans le stationnement en le regardant avec un regard suppliant.

- Pourquoi tu as payé ma caution ? Lui demanda simplement Dean.

- Mais parce que je sais que c'est une erreur ! Ils ont dit que tu avais plaidé coupable mais je n'y crois pas.

- Si aimer Castiel est un crime alors je suis coupable.

John le regarda avec horreur.

- Alors c'est vrai ? Toi et lui… Tu…

- Nous sommes un couple, oui.

- Mais comment peux-tu dire cela sans en mourir de honte, Dean Winchester ? Lui cria John hors de lui.

- J'aime Castiel et je veux la liberté pour tous les omégas.

- Tu es fou !

- Comme bon nombre de personnes.

- Où est Castiel ? Où est cette petite merde que je l'étouffe de mes propres mains ! J'ai toujours su qu'il était mauvais pour toi, qu'il t'influençait qu'il…

-Écoutes-toi Papa… Que Cass m'influençait ? Tu te contredis toi-même ! Ou bien les omégas ne sont que des animaux stupides ou bien ils ont une intelligence hors pair pour influencer les alphas ! Décides-toi à la fin ! Toutes ces histoires sur l'infériorité des omégas n'ont jamais eu de sens ! On les dit stupides mais on a une peur bleue qu'ils étudient. On dit qu'ils ne sont que de petites chiennes qui ne pensent qu'au sexe et on leur apprend à satisfaire un alpha dès leur enfance. On les traite avec violence et cruauté et on prétend les détester mais à la fois on se morfond de voir leur nombre diminuer et on a la peur atroce de les voir disparaître.

- Tu dis des sottises Dean !

- Non ! Je dis tout haut ce que tout le monde pense ! Toi aussi tu y as déjà pensé ! Pourquoi tu étais si en colère contre Castiel ? Pourquoi il arrivait tant à te foutre en rogne ? Et pourquoi tu ressentais le besoin de le violer pour l'écraser ?

- Je n'ai jamais violé Castiel ! Tu t'entends Dean ? Tu es devenu complètement fou ! Ce Hunter t'est monté à la tête.

L'envie de lui hurler que Hunter était son jeune fils le prit mais Dean ravala ses paroles.

- J'aime Castiel papa. Et rien de ce que tu me diras ne me fera changer. Et je ne te dirai jamais où il est. Je suis suivi et surveillé et je le sais parfaitement. Si tu n'arrives pas à changer ta perception des choses je crois que nous n'avons plus rien à nous dire.

- Dean ! Je suis ton père ! Comment peux-tu choisir un oméga contre moi ?

- Castiel n'est plus avec moi. Je ne le reverrai probablement jamais. Je le choisis tout de même lui mais aussi en le choisissant je choisis la liberté et le bien face à l'esclavage et au mal. Moi ou toi aurions pu naître oméga papa, n'oublies jamais ça !

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Le retour à la réalité fut difficile pour Dean.

Il retrouva son appartement vide de Castiel, vide des rires de son ange et son lit dénudé des caresses de celui-ci. Il retourna au travail où il dut faire face au mépris de ses collègues de travail qui avaient eu vent de son arrestation. Il eut droit aux injures, aux regards meurtriers et se retrouva plus seul que jamais. Sauf en ce qui concernait Bobby qui resta toujours silencieusement de son côté, que ce soit d'une tape affectueuse sur l'épaule ou seulement par un regard empli de bonté et de compréhension. Il n'eut plus de nouvelles de son père et Benny vint un jour cogner à sa porte pour lui exiger des explications. La conversation fut froide et finale. Il venait de perdre un ami d'enfance.

Il lui restait tout de même Jo, Charlie et Ash et ceux-ci l'entourèrent énormément.

Dean avait l'impression d'avoir un millier de regards posés sur lui partout où il allait et ne tenta pas d'entrer en contact avec Sam. Il n'avait pas entendu parlé de Castiel et c'était le signe que celui-ci était toujours caché. Et en sécurité.

Il se désespéra tout de même d'avoir ne serait-ce une nouvelle de lui et ne fut récompensé qu'au bout de nombreux mois lorsqu'il reçut une enveloppe étrange dans sa boîte aux lettres.

Une plume blanche y était suivi de ce simple mot : ''L'ange t'embrasse…''.

Il éclata en sanglots. Tous ces mois de silence. Tous ces mois de solitude et de douleur.

Son ange allait bien. Mais il avait tant besoin de lui !

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NDA: * Si vous trouvez que le personnage Jack ayant les yeux bleus et portant un manteau de la deuxième guerre mondiale vous fait penser à un certain personnage de série britannique nommée Torchwood… Et bien…Vous avez parfaitement raison….