Disclaimer : tout à Rowling, excepté Corina, Lorenzo, et Don Giovani qui sont à moi…

Merci à ceux qui postent des commentaires, et à ceux qui me lisent régulièrement… Alatariel Melawen, justabook, zaika, Eileen19, Miss Lilith Samael, kageroprincesse.

Merci à ma beta : Princess Yuu pour le boulot !!!

Place aux RARs :

Alatariel Melawen : Merci pour ton commentaire qui est encourageant malgré l'atmosphère plutôt bizarre du bal... J'espère que ce chapitre va te plaire !!! Ça va commencer à bouger très, très prochainement.

justabook: Merci pour ce commentaire, oui, l'ambiance est bizarre... Et pourquoi Severus ne veut pas d'Hermione dans sa chambre...? Ma foi, il ne veut pas lui sauter dessus... Ça devrait suffire non ?

zaika : Aaaaah !! Merci pour ce commentaire très encourageant ça remonte le moral des troupes...! Voici ce chapitre et j'espère qu'il va te plaire !

Eileen19 : Héhé ! Severus a un grand Manoir, autant utiliser toutes les pièces. Il ne veut pas lui sauter dessus, il a tout de même de la retenu... Alors bon, je sais ça fait bizarre, mais ça m'est venu comme ça... Je le sentais bien... et c'est parfait pour la suite !!! Ça me sers... Et puis merci pour le commentaire !!

Miss Lilith Samael : Merci pour le commentaire, Comme les autres, je te répondrait que Severus a une certaine retenue... Et il n'a pas forcément envie de se prendre un rateau...

kageroprincesse : Merci pour le commentaire. Bienvenu dans ma fic !

Bonne lecture à tous !

Chapitre 8 : Le Manoir Snape

HG

La journée avait été riche en évènements. Ce matin, je m'étais réveillée à côté de mon homme, à moitié nue, après le bal d'Halloween. J'avais préparé ma valise et l'après-midi même, j'étais partie avec mon ange pour le Manoir Snape. J'avais aidé Severus à effectuer quelques potions. Je sentais qu'il était beaucoup plus détendu lorsqu'il était dans son laboratoire. D'ailleurs, j'aimais beaucoup l'ambiance de cette pièce. Ce laboratoire était plutôt spacieux avec un endroit où plusieurs potions pouvaient être faites. Une grande table de bois se trouvait non loin des foyers avec des ingrédients dessus ou des fioles, certaines vides, d'autres pleines. Le laboratoire était fait de pierres de tailles, le sol était carrelé de beige, des fauteuils, un canapé et quelques livres traitants de potions trainaient là, dans un coin de la pièce.

Une porte sur la gauche du foyer nous faisait accéder à la Réserve. Là-bas, tous les ingrédients étaient stockés avec soin et précision. Une porte sur le mur ouest nous raccordait au reste du Manoir. Enfin, une porte à l'est nous emmenait dans le parc.

J'ai avancé dans ma lecture. Lorenzo avait eu d'abord ses nuits peuplés de rêves, une femme qui l'attendait. Il était sous la protection d'un curieux personnage, Don Giovani, une sorte de lettré un peu fous. Cet homme lui avait apprit qu'il était lié à une femme, une certaine Corina qui était elle-même à la cour.

Selon Lorenzo, leur lien les avait rapproché très rapidement jusqu'à les faire apparaître comme un couple véritablement soudé et amoureux. Ce point-là était très intéressant, à la fin de la semaine, l'étiquette entre eux n'avait plus cours sauf en public. L'attraction du lien était fascinante, irrésistible. Les sautes d'humeur de Lorenzo faisaient échos à celles de Corina, qui était alors reconnue comme une femme agréable et joyeuse. Elle se muait momentanément en tyran. Lorenzo et Corina, l'un comme l'autre pouvait sentir la présence de leur moitié où qu'elle soit. De même, ils pouvaient entendre par le biais de l'autre. D'ailleurs, d'un simple regard, ils étaient capables de se comprendre. Leur vue, comme leur ouïe était partagée. Corina avait même fait remarquer à son homme qu'elle entendait ses pensées alors qu'il n'avait rien oralisé. Lorenzo semblait protecteur envers sa belle, même jaloux des autres nobles qui cherchaient ses faveurs. Il était également lié par la santé. Ainsi, si Corina tombait malade, Lorenzo devenait aussi faible qu'un nouveau né alors que l'homme était incroyablement puissant selon les dires de la cour.

Leur couple me fascinait, à tel point, qu'à chaque fois j'informais Severus de leur évolution.

Un soir pourtant, il dû partir. Voldemort l'appelait.

*

SS

- Severus. J'ai reçu une nouvelle des plus… Stupéfiante, si je puis dire… Du moins, assez intrigante pour que l'on y prête attention. La sang-de-Bourbe a été… Menée ailleurs, hors de Poudlard. Il faut que tu saches où elle se trouve. Si c'est vraiment le cas… Nous pourrions l'isoler, et l'interroger plus facilement… Après avoir mis la main dessus, murmura la voix suraigüe du Lord Noir.

- Pourquoi moi, Maître ? Ai-je demandé.

- Tu lui as accordé une danse, me semble-t-il, lors de ce bal d'Halloween. Que cherchais-tu en une inférieure ?

- Des informations, Maître, c'est l'amie la plus proche de Potter, elle doit surement savoir où en est ce vieux fou… Il dit même… Qu'elle est très intelligente…

- Bien mangemort. Tu sais ce que tu as à faire, cependant, pour que tu n'oublies pas ceci… Crucio.

Mon corps était déchiré par la douleur, j'ai fermé la fenêtre pour qu'elle ne sente rien. Une vague sensation de froid m'a fait frissonner. Après cette marque, j'ai pu enfin partir de cet endroit.

Je me suis retrouvé au Manoir. Hermione était dans la salle de bain. En me voyant, elle est sortie du bain froid qu'elle avait prit – pour soulager la sensation de piqure d'aiguilles, a-t-elle dit.

Ses vêtements étaient trempés, son t-shirt blanc était même devenu transparent. Une chaleur m'a inondée et m'a rendu nerveux. Je me suis retourné et indiqué où étaient les serviettes. Je suis sorti rapidement de la salle de bain, me suis dirigé vers la salle de musique. Là, je me suis posé et j'ai regardé autour de moi. Le violoncelle a attiré mon regard. Je me suis installé et rapidement, mes doigts ont courut sur les cordes tandis que l'archet les frottaient doucement. Le calme m'a envahit. J'ai sentis, dans un coin, la présence de ma belle.

Elle était adossée au chambranle de la porte, silencieuse et immobile. Elle s'était changée. Lorsque la musique a fini par s'éteindre, elle m'a regardé. J'ai soutenu son regard en silence pendant de longues secondes. Ses yeux n'indiquaient rien, sa présence près de moi était neutre, ni chaude ni froide. Vide. Elle semblait inabordable, bizarrement. Différente de d'habitude. Détachée aussi. Le violoncelle attendait sous mes doigts que je le fis chanter par une fabuleuse torture . J'ai attaqué un morceau plutôt lent qui respirait la mélancolie et la nostalgie. Hermione ressemblait à une forteresse, elle ne répondait à rien, elle ne s'ouvrait pas.

Brusquement, j'ai arrêté de jouer, la musique a cessé d'envahir la pièce. Je me suis levé brusquement et je suis parti à grand pas hors du Manoir. Il me semblait être devenu un lieu lugubre et froid, vide. Presque inhospitalier. Je suis parti dans la forêt calmer la rage qui m'avait sautée à la gorge comme un animal sauvage. Je ne savais même pas d'où pouvait venir cette brusque flambée de rage incontrôlable. Lorsque la lumière du jour n'a plus été qu'un lointain souvenir, je me suis senti moi-même. Cette forêt m'a toujours montré le chemin pour courir jusqu'aux enfers, là où les hommes maudits étaient condamnés à rester éternellement. Cependant, aujourd'hui je n'étais pas là pour aller parcourir ces chemins. J'étais juste là pour savoir quel visage je devrais prendre à l'avenir, et pour calmer cette flambée de rage, violente et soudaine…

*

HG

Je m'étais installée dans le laboratoire, pieds nus et en tailleur dans un fauteuil. Le grimoire callé sur mes jambes. Je lisais tranquillement depuis une bonne demi-heure lorsque le feu s'est allumé : un visiteur arrivait.

Ce fut notre directeur qui apparut devant moi. Ses yeux bleus pétillaient de malice. Puis, il a prit un visage plus sérieux et il m'a demandé si je savais où était Snape. J'ai esquissé un geste vague et marmonné que je ne savais pas. Un instant plus tard, j'ai été happée par le vieux livre, sur mes jambes.

*

SS

La première chose que j'ai vue : la silhouette du directeur. Il était assis dans un fauteuil. Je n'avais même pas sentis la présence d'Hermione, installée elle-aussi dans un fauteuil, lisant encore et toujours le vieil ouvrage sur les inséparables.

Albus s'est levé, il semblait inquiet. Il s'est rapproché de moi rapidement.

- Je suis venu voir si tout allait bien. Pourriez –vous nous mener à un endroit où personne ne nous entendra, mon garçon ?

Je nous ai menés à mon bureau.

- Miss Granger semble être plongée dans ce livre. Et pourtant… Lorsque je suis arrivé ici… Quelque chose m'a mis mal à l'aise.

- Albus, moi-même j'ai été mal à l'aise, et j'ai quitté le Manoir pour aller dans la Forêt obscure, pendant quelques heures. D'ailleurs, je me sens encore tendu, et non ! Ce n'est pas la Marque. C'est autre chose.

- Comment cela se passe-t-il avec Miss Granger ?

- Bien… Plutôt bien… Enfin…

J'ai froncé les sourcils, la présence d'Hermione semblait s'être évanouie.

- je dois vérifier quelque chose.

Je suis sortis du bureau et j'ai dévalé les marches jusqu'au rez-de-chaussée. Je me suis hâté vers le laboratoire. Aucun bruit. Du silence. Epais, malsain et pesant.

Hermione était toujours dans le fauteuil. On aurait pu penser qu'elle dormait si ce n'était que sa poitrine ne se soulevait qu'à peine. Le livre à fini par tomber au sol dans un bruit sourd, mat.

Cet ouvrage semblait avoir une aura lugubre. Hermione m'avait semblée froide ces derniers jours et la plupart du temps je ne sentais pas sa présence comme avant comme si…. Quelqu'un ou quelque chose lui avait suggéré de se refermer. J'ai pris la jeune fille dans mes bras, et par le biais de la cheminée et grâce à l'aide d'Albus – que j'avais prévenu entre-temps – j'ai pu me rendre à l'infirmerie où Pomfresh m'a accueillie à corps et à cris.

- Ce n'est pas pour moi, je ne sais pas ce qu'elle a. Je ne sens plus sa présence, lui ai-je indiqué.

L'infirmière a froncé les sourcils, elle a passé sans un mot sa baguette le long du corps de ma belle.

- Elle est morte de fatigue, cette petite. Vous êtes complètement fou de les épuiser ainsi !

- Je ne… Deux minutes… J'ai quelque chose à vérifier, ai-je murmuré.

Je suis reparti au Manoir et j'ai bien pris garde à ne pas toucher ce grimoire. Je l'ai fait léviter jusqu'à un endroit sans danger, sur un vieux bureau qui ne me servait à rien la plupart du temps.

Pendant de nombreuses heures, j'ai cherché des traces de magie noire. Je me demandais si le Seigneur des Ténèbres avait eu accès à ce livre. Hermione m'avait dit que c'était un grimoire et provenait de la Réserve.

. Bref, je ne savais pas grand-chose, ce qui avait le don de m'agacer prodigieusement. D'après moi, si l'énergie de la jeune fille avait pu être absorbée par le papier, il pouvait en faire de même pour moi. Je m'efforçais donc de ne pas le toucher. Je me rappelais également qu'il était fréquemment entre ses mains. Ce vieux grimoire m'avait-il coupé de la présence de ma belle parce qu'elle avait de moins en moins d'énergie ? Ma belle devenait froide ces derniers temps. J'en devenais dingue. Pomfresh l'avait plongée dans un sommeil artificiel – pour son propre bien. Je devenais irritable, ma nature nerveuse, froide, et désagréable ressortait de plus en plus. Et elle ne se réveillait pas. Les jours passaient et le lion sortait de son sommeil, ce n'était plus un lion tant le mot était faible. Un sombral convenait mieux. Et lorsque je faisais quelques apparitions à Poudlard, les quelques élèves encore présents comme les professeurs m'évitaient. Rien de mieux pour avoir la paix.

Un soir pourtant, le Lord Noir m'appela. Sa voix semblait plutôt… Ravie des dernières nouvelles qu'il m'apporta :

- La Sang-de-Bourbe est chez Pomfresh, dans un profond sommeil. Et l'imbécile de Potter en est retourné. Il est beaucoup plus facile à atteindre. Voilà une distraction intéressante. Tu as bien réussi, Severus, à le dégouter de l'Occlumentie. Sais-tu pourquoi la Sang-de-Bourbe est dans ce profond sommeil ? En sortira-t-elle ?

- D'après les bruits qui courent, elle est simplement épuisée et Pomfresh l'aurait plongé dans ce coma pour stabiliser son état. Celui de Potter n'est guère mieux : il est abattu. Le soupirant de la Sang-de-Bourbe ne sait pas quoi faire. Le cerveau du groupe est plongé dans un sommeil magique. De plus, ce vieux fou de Dumbledore commence à s'inquiéter, Maître.

Ma voix était froide, lugubre. Après cette annonce, les Mangemorts ont commencés à s'agiter. Le Maître semblait plutôt satisfait. Il ricana un moment.

- Je me suis échappé de cet endroit pour aller au chevet de mon endormie. Toujours là, dans son lit. Je me suis assis et j'ai pris sa main gelée, diaphane. Je me suis perdu dans mes pensées. Quelques heures ou quelques siècles plus tard, j'ai entendu la porte s'ouvrir et avant que j'ai pu faire un geste Potter était devant moi.

*

HP

D'après la carte du Maraudeur, à l'infirmerie, notre très cher professeur de potions veillait ma meilleure amie. Je m'y suis faufilé. J'ai déboulé brusquement là-bas. Snape tenait la main d'Hermione, toujours aussi immobile.

- Restez, professeur. Il vaut mieux que nous parlions tranquillement.

- Potter, veuillez me laisser en paix, pour une fois dans votre courte vie !

Il s'était levé, son regard noir habituel, froid braqué sur moi. Je ne le laisserais pas partir comme ça.

- Je sais pour vous deux. Inutile de me le cacher. Depuis la soirée où nous avons mangé avec le professeur Lupin.

- J'ose espérer que vous n'irez rien raconter à personne, encore moins à Weasley.

- Je ne suis pas un Gryffondor pour rien, et je suis capable de tenir ma langue, contrairement à ce que vous croyez, pour elle.

J'ai désigné Hermione d'un mouvement de menton.

- Qu'est-ce qu'elle a ? ai-je demandé.

- Je ne sais pas Potter, a-t-il soupiré.

- Cela a-t-il un rapport avec le lieu de ses vacances et toutes ses cachoteries ?

- Vous…

Il sembla se cabrer puis s'arrêta.

- Miss Granger vous faisait ces cachoteries, Potter, pour beaucoup de raisons, par ordre de Dumbledore, pour ne pas gâcher ma couverture chez l'ennemi, pour ne pas vous mettre en colère…

- Savez-vous où elle était ces quelques jours ?

- En effet, Potter et je ne dirais rien.

- Ça, je m'en doute, vous êtes plus silencieux qu'une tombe, ai-je grimacé.

- Je prends ça… Comme un compliment, autant que ça peut en être un, venant d'un Potter.

- Une potion ne peut pas la sortir de là ?

- Non, les potions ne font pas tout Potter, vous auriez dû écouter en cours…

- Bizarre, selon vous dès le premier cours, vous sembliez croire qu'une potion pouvait sauver le monde.

- Vraiment ?

Il leva un sourcil. Sa voix était basse, douce, quelque peu amusée ou moqueuse, ce qui m'a surpris : depuis quand la chauve souris des cachots avait de l'humour !?

- Voldemort a recommencé à me torturer. Chaque nuit, c'est le même manège. J'en dors plus, en plus avec Hermione dans le coma… Ça n'aide pas vraiment.

.- Il vous faut monter vos barrières, Potter. Vous n'avez pas encore compris depuis le temps ?

- J'aurais aimé, professeur. Lorsque j'ai dû prendre des… Leçons d'occlumentie, je n'appellerais même pas ça des leçons. Le concept en est tellement éloigné… C'était juste pour m'humilier, rien de plus, rien de moins. Pourtant, je sais que j'ai besoin encore des leçons d'occlumentie, professeur. Je veux finir cette guerre au plus vite, pour que nous soyons tous en sécurité. Pour ne plus avoir peur lorsqu'on se promène sur le Chemin de Traverse. Pour permettre aux autres et à moi-même de vivre normalement. Pour qu'Hermione soit heureuse, même si c'est avec vous. Alors Professeur, allez-vous oui ou non me donner des leçons pour que je puisse botter le cul de Voldemort une bonne fois pour toute ?!

- Eh bien Potter, voilà un discours bien passionné, ricana la chauve souris.

- Professeur, je suis sérieux, je ne suis pas là pour m'amuser. Alors acceptez-vous ?

- Très bien. J'accepte mais n'en parlez à personne. Je vous ferais parvenir une note à ce sujet.

J'ai acquiescé et je suis parti. Ce devait être la première discussion – à peu près civilisée – avec Snape, un véritable miracle !

*

SS

J'ai essayé de chercher un moyen de sortir Hermione de là, mais ce soir je n'arrivais à rien, mon esprit s'emmêlait. Après m'être levé de mon bureau, je suis sorti de mon appartement, et me suis rendu à l'infirmerie. J'ai rapidement installé des paravents autour du lit d'Hermione, sans bruit, et d'un sort informulé j'ai agrandi le lit, et les draps. Je me suis changé et me suis couché contre ma belle et l'ai serrée dans mes bras. J'ai écarté ses cheveux de sa nuque pour y poser mon front. Puis, rapidement, j'ai placé mes barrières mentales et je me suis endormis, écrasé par la fatigue, après avoir dérivé jusqu'au néant qui m'a promptement engloutit.

*

HG

Une présence. Deux présences. Au loin, presque effacées. L'une féminine, l'autre masculine. La fatigue, mes membres sont lourds et je ne peux pas bouger. Il fait noir, je ne vois rien. Pas de bruit. Tout est silencieux. C'est effrayant. J'ai peur. Vais-je sortir de cet endroit ? Que s'est-il passé ? Je n'ai aucun souvenir. J'ai peur…

Au loin, un murmure. « Hermione. Hermione », mais aurais-je rêvé ? Tout est si loin, tout est si lourd. Le silence a reprit son règne. Ai-je rêvé ?

Toutes mes perceptions s'évanouissent. Je suis si fatiguée. Je pars à la dérive…

*

SS

Je me suis réveillé à l'infirmerie. Deux voix résonnaient dans mon esprit, deux voix bien connues :

- Mais enfin, monsieur le Directeur, c'est impossible ! Le professeur Snape ne devrait pas être ici ! Dans le lit d'une élève ! Il y a matière à scandale. Et si les élèves l'apprenaient ? Que dirait le Conseil d'administration, je doute qu'ils apprécient ! Enfin, comprenez-moi bien, par soucis de déontologie, je ne peux pas !

Poppy Pomfresh semblait très, très, très inquiète. J'ai sentis le corps de ma belle contre moi. J'ai posé mes lèvres sur sa nuque. J'émergeais doucement. Hermione semblait beaucoup moins froide, peut-être ai-je rêvé tout simplement.

La voix du directeur a répondu :

- Remettez-vous, voyons ! Il n'y a pas mort d'homme. Miss Granger est majeure et bien que les relations élèves-professeurs soient proscrites, je suis obligé de faire une exception. Ils sont plutôt discrets, il faut bien l'avouer. Alors, je ferme les yeux. Je ne voudrais en aucun cas perdre un Maître des potions aussi talentueux que Severus.

- Mais enfin… Ils dorment dans le même lit… reprit l'infirmière alarmée.

- En effet, et je crois savoir qu'ils se contentent de cela pour le moment, souligna le Directeur.

- Oh euh…

Pour couronner le tout, je suis sorti à ce moment, habillé de la tête aux pieds. L'infirmière semblait ne plus savoir où se mettre et le Directeur semblait bien amusé : ses yeux pétillaient de malice et une ombre de sourire s'était installé sur son visage et en disait long sur le fait de voir l'infirmière toute retournée… J'ai fixé l'infirmière, les bras croisé, sans un mot. Elle a finit par disparaître derrière le paravent et quelques secondes plus tard, elle a eu une exclamation :

- Quoi ?! Mais comment… ??

Elle est rapidement revenue vers nous.

- Severus, qui lui avez-vous donc fait ? Hier, Miss Granger était très épuisée, hors là… Son état de fatigue a baissé considérablement. Il est toujours alarmant mais beaucoup moins, m'a expliqué Pomfresh.

- Je me suis simplement endormis contre elle. Je ne lui ai pas donné de potion, enfin rien…

- Severus… ?

La voix de Dumbledore m'a interrompu. J'ai tourné la tête vers lui.

- Je pense que j'ai saisi. Le grimoire a du boire ses forces. Poppy l'a plongée dans un sommeil magique pour que l'état de fatigue de Miss Granger se stabilise, or, elle n'arrivait pas à reprendre ses forces naturellement. Et… Severus n'a fait que… Partager son sommeil avec elle. Il suffit que Severus et que Miss Granger soient en contact et que… Vous dormiez… les moldus appellent ça le processus des vases communicants.

Je me suis retourné vers Hermione. Fermé à toutes autres pensées, je l'ai prise dans mes bras, l'un dans son dos, l'autre sous ses genoux. J'ai formulé une incantation de magie noire pour nous désillusionner. J'ai vaguement entendu les cris d'orfraies, poussées par l'infirmière, outrée et le froissement d'un papier, la voix du Directeur me demandant si je ne voulais pas un ourson à la guimauve pour le retour. Je n'ai pas répondu, je suis partis et me suis faufilé dans les couloirs, vigilant, Hermione dans mes bras.

Bien vite, je suis arrivé à mes appartements, je me suis dirigé vers ma chambre, j'ai annulé le sort d'invisibilité. J'ai posé Hermione dans mon lit, sous mes draps. Sa male était dans un coin de ma chambre, je l'avais rapporté en revenant à Poudlard par le réseau de cheminées.

J'ai observé Hermione dans son sommeil : sa poitrine montait et s'abaissait selon un rythme régulier. Son souffle était celui des dormeurs, lent et profond. Son visage était composé de traits réguliers qui s'étaient affinés avec les années pour enfin quitter les dernières rondeurs de l'adolescence. Son visage était celui d'une femme, une très belle jeune femme.

Je n'entendais pas les anges et leurs traits siffler dans l'air, pourtant à cet instant, je savais que l'amour était sous mes yeux. Il me faudrait quitter mes démons, mes fantômes et mes peurs qui me rattachaient au passé. Il me fallait m'incliner : Miss-je-sais-tout m'avait battu, elle avait gagné.

Sur cette réflexion, je l'ai rejoint au lit, contre elle et me suis décidé à dormir. Toute la semaine s'il le fallait… Et puis… J'avais du sommeil en retard…