Info : Les initiales AB nous indiquent que c'est Albus Dumbledore qui parle… Et RL, Rémus Lupin bien entendu…

Disclaimer : Cette histoire vient de moi, mais cet univers et les personnages sont à Rowling, excepté Lorenzo, Corina, et Don Giovani qui m'appartiennent.

Bonne lecture à tous !

Merci à tous ceux qui viennent me lire, et merci à ceux qui postent des commentaires, merci à ma bêta, Princess Yuu pour son boulot sur ma fic.

Place aux RARs :

Eileen19 : Merci pour ton commentaire, en premier lieu... Je dois t'avouer qu'après ce chapitre tu vas vite comprendre qu'une relation « normale » entre Severus et Hermione ne vas pas arriver tout de suite... Mais je n'en dis pas plus, j'ai galèré sur ce chapitre, alors j'espère qu'il va plaire !!!

EloBlack : Merci pour ton commentaire ! Bien, voilà la suite, j'espère qu'elle va te plaire !!!!!!

Andromeda Sulpicia : Merci pour ce commentaire, ma foi, fort délirant ! Bizarrement tu n'es pas loin de la vérité pour un certain point... Je te laisse lire... Je ne dévoile pas la suite !

Alatariel Melawen : Merci pour ton commentaire, et merci de me suivre, toujours fidèle (elle???) au poste...! Voici la suite... A la hauteur de tes espérances j'espère !

kageroprincesse : Merci de me lire ! En espérant que tu aimes la suite...! Et merci pour ton commentaire !

La Vampirette : Hé hé... Tu verras, tu verras pour Snape... Je vais m'en donner à cœur joie... On va bientôt retrouver son sale caractère... Merci pour ton commentaire...

Malina : Bienvenue sur ma fic, je suis très contente que ma fic te plaise. Merci pour ton commentaire...

Miss Lilith Samael : Merci pour ton commentaire... Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira !

Et surtout ! N'hésitez pas à me laisser un commentaire, ça fait toujours plaisir, et ça me permet de m'améliorer... En espérant que cette suite vous convienne !!! Merci beaucoup ! Et excusez moi pour ce retard, j'étais en période d'examens, on ne rigole pas avec ça !

Chapitre 9 : La vérité et les limbes

SS

Je n'avais plus la notion du temps et je ne savais même pas trop où j'étais, ni ce que je devais faire. Je m'étais retrouvé dans cette brume, dans un endroit blanc, sans ciel et sans terre. Je ne sais pas combien de temps j'ai erré. J'avais l'impression qu'une seconde durait un siècle. Il n'y avait pas d'autres bruits que celui de ma respiration. Mon cœur battait lentement comme au ralentit, prit par un engourdissement latent.

Une voix me guidait lentement vers elle. C'était féminin, un peu rauque avec des accents italiens. Devant mes yeux, une silhouette s'est dessinée.

« Severus, Severus, viens j'ai à te parler. » Un petit silence. « Nous n'avons que peu de temps. Hâtons-nous. »

*

HG

Le noir s'est mué en une clarté éblouissante. Changement quelque peu déstabilisant. Une silhouette massive devant moi. J'en eus le souffle coupé. L'homme portait des vêtements superbes, datant de la mode italienne du seizième siècle. Il était plutôt bel homme. Un visage agréable à la mâchoire carrée, le regard saisissant. Il avait de longs cheveux noirs, un peu ondulés. Une bouche pulpeuse et bien ourlée, qu'on avait envie d'embrasser. Ses yeux étaient d'un bleu concentrés, doux et charmeurs.

« Hermione. Je suis Lorenzo. Nous devons parler du lien, et nous n'avons que peu de temps. » Ses yeux sont devenus tristes.

« Il est temps que je te dises ce qui va suivre. Toute l'évolution du lien. »

*

AB

J'étais entré dans l'appartement de Severus. Il me fallait m'occuper d'eux malgré le fait qu'ils dorment Severus m'en voudrait peut-être après. Je ne voulais pas perdre cet ami, ce professeur, cet homme taciturne, et froid mais que la présence d'Hermione, cette étudiante studieuse, et intelligente avait réussi jusqu'ici à enfermer la bête qu'était installée chez Severus, et à la maintenir silencieuse.

Je suis rapidement passé voir comment ils allaient. J'ai lancé un sort de diagnostique. Le niveau de fatigue de Miss Granger avait considérablement baissé. Après quelques menues vérifications, je suis partis rejoindre mon bureau où ma bonbonnière - remplies de pastilles au citron - et où Fumseck m'attendaient.

*

HP

Hermione et Snape avaient encore disparut et le Directeur avait refusé de me dire où ils étaient. Pas que je m'en fasse pour Snape, la chauve souris des cachots pourrait toujours s'en sortir grâce à sa ruse et à sa fourberie de Serpentard. Malgré la plus catastrophique des situations, il pourrait toujours s'en sortir. Après tout, cet homme arrogant, hautain et froid avait bien compté parmi les plus fidèles de Voldemort, et il était encore là. Pas comme le petit frère de Sirius – Régulus Arcturus Black – R.A.B. que j'avais longtemps cherché, seul, parmi les registres de l'école, avec patience. Je ne n'avais pas encore mis Sirius au courant que son frère avait voulu quitter les mangemorts.

Je m'inquiétais pour Hermione, ma meilleure amie avait changé, même Ron avait vu que quelque chose avait évolué chez elle, pourtant, il n'était guère doué pour remarquer ce genre de chose, c'était dire !

Le fait de la savoir avec Snape m'avait vraiment surpris, et j'avais réagi comme si j'avais été déconnecté ou sonné sous l'un des coups – très rares maintenant – de Dudley. Il me semblait qu'au départ cela m'avait déçu. Pourtant quand j'ai vu Hermione allongée à l'infirmerie et Snape lui tenant la main et la couvant des yeux… J'ai accepté la vérité tel quel. C'était la seule chose à faire, et pour ma meilleure amie, j'accepterais le fait qu'elle soit avec lui, tant qu'il ne lui ferait pas de mal, j'étais un Gryffondor, je couvais tout ce qui gravitait autour de moi, fièrement jusqu'à la mort : Snape aurait ricané je pense : « Potter, encore en train de sauver la veuve et l'orphelin, toujours les sentiments nobles et larmoyants de Gryffondor. » Oui, Snape me raillerait mais je supporterais ses piques et son sale caractère.

*

HG

Lorenzo se tenait devant moi. Il m'avait expliqué ce qu'il ressentait avec Corina. Les effets du lien. Ce qui s'était passé. Ils s'étaient mariés, plus complices que jamais, inséparables. Lorenzo avait été très agréablement surpris par le côté câlin et joueur de sa femme. Cependant, il avait avoué, penaud et contrit, la tête basse, qu'il était d'une jalousie brûlante à l'égard de sa femme.

« Don Giovani nous taquinait toujours, et il nous encourageait à ne faire plus qu'un… Enfin, que l'un ou l'autre abrite l'esprit de son compagnon… Mais nous n'avons jamais tenté la chose. Il y avait beaucoup de risques. »

*

SS

Corina était plutôt froide. Pressée aussi. Elle m'avait demandé comment je m'étais retrouvé dans ce brouillard. Je lui avais expliqué : Hermione, le grimoire, son épuisement, je l'avais rejoins pour lui donner ma force.

La femme avait eu un petit sourire, froid lui aussi, un peu hautain qui m'avait vrillé les entrailles et avait posé un étau sur mon torse.

« On pourrait penser à Lorenzo. Ils ont le même caractère : il est droit avec son code d'honneur, il va fièrement à la bataille pour sauver la veuve et l'orphelin. Sentimental. »

Corina me surprenait, d'après Hermione, c'était plutôt une femme gaie et douce. Là, l'espoir semblait l'avoir quittée alors qu'une amertume – assez semblable à la mienne – s'était installée. Je ne savais pas pourquoi, même si mon flair d'espion me disait qu'il y avait quelque chose d'important, un paramètre essentiel à ajouter à l'équation.

« Vous ne savez pas encore le plus important. Ils vont vous tuer, vous et votre moitié s'ils savent que vous êtes des inséparables. Il vaudrait mieux que vous vous éloigniez d'elle. Si l'un meurt, l'autre le suit dans la journée qui suit, de chagrin, de douleur et de folie. Je ne souhaite cela à personne. »

Elle m'avait regardé droit dans les yeux et a soutenu mon regard. Un long moment.

« Il faut que vous la retrouviez dans cette étendue. Sinon vous ne pourrez quitter cet endroit. »

*

AB

On était en milieu de semaine. La présence de notre illustre Maître des Potions ou plutôt l'absence de présence de ce dernier semblait plaire aux élèves, de la première année à la dernière. La Grande Salle était plutôt bruyante et des élèves, ici et là, cherchaient la raison pour laquelle les cours de Potions n'étaient plus assurés, en particulier les Serdaigle. Les Sepentard gardaient leur nonchalance habituelle – leur directeur reviendrait quand il voudrait – les Poufsouffle, eux, respiraient librement et les Gryffondor jubilaient.

J'avais été les revoir une fois de plus. La fatigue de Miss Granger n'était plus qu'un souvenir. Severus avait reprit la plupart de ses forces. Cela était une aubaine pour lui, il reconstituait son niveau de magie. Je n'aurais jamais réussis à lui faire prendre du repos autrement.

*

HP

Hermione et Snape. Cette pensée tourbillonnait dans mon esprit. Un soir, j'ai pris la carte du Maraudeur et la cape d'invisibilité. Je me suis faufilé dans les couloirs jusqu'aux appartements de Rémus. A peine ai-je été devant sa porte qu'elle était déjà ouverte. Le loup garou semblait fatigué, il avait le teint si pâle qu'il pouvait presque rivaliser avec son collègue des potions.

- Entre, Harry et inutile de te cacher sous cette cape. Mes sens de loup garou m'ont prévenu.

Il s'est effacé et j'ai pu entrer. Je me suis débarrassé de la cape et je me suis retourné pour voir Lupin me fixer quelques longues secondes avec ses yeux jaunes. Enfin, il a soupiré en secouant la tête.

- Viens. Ron n'est pas avec toi ?

- Non, il dormait du sommeil du juste, je n'ai pas voulu le réveiller.

- Tu es sur… Ce n'est pas toute la vérité. Harry, dis-moi clairement pourquoi tu es là. Un chocolat chaud ? me demanda-t-il.

J'ai acquiescé ? On s'est rendu au salon où m'attendait une tasse de chocolat chaud. Sirius est sortit d'une pièce, m'a regardé avec un sourire et a fini par s'appuyer contre un mur, les bras croisés.

- Alors ? m'a demandé Rémus.

- Hermione et Snape sont ensemble, ai-je lancé à tout trac, la tasse de chocolat entre mes mains à quelques centimètres de ma bouche.

J'ai entendu Sirius grommeler dans son coin, j'ai reconnu des mots comme « répugnant » et quelque chose qui ressemblait à « comprend pas ». Rémus l'a regardé, amusé, puis à fini par me regarder, sérieux comme toujours.

- En effet, nous le savons. Et alors ?

- Ron n'est pas au courant, il ferait une crise cardiaque, c'est pour ça que je n'ai pas voulu le réveiller et lui demander de venir avec moi. Je me fais du souci pour Hermione, ça fait quelques jours que je l'ai pas vue, la dernière fois, elle était à l'infirmerie, dans le coma, Snape était avec elle. Il la couvait littéralement des yeux. Hermione est plutôt bizarre ces derniers temps, elle est devenue… Ombrageuse… Un peu comme lui… Qu'est-ce qu'elle a ? Je sais que tu sais Rémus, Sirius… Ça n'a pas l'air de te plaire…

Sirius a fait une grimace de dégout et est partit de là où il était venu en claquant violemment la porte sur son passage.

- Encore heureux que les portes sont solides à Poudlard, a soupiré Rémus, le regard dans la direction où Sirius a prit le large, il faudra bien qu'il s'y fasse, de toute manière il n'a pas le choix.

Il a retourné la tête vers moi.

- Je ne sais pas si je peux t'en parler. Attends-moi là deux minutes, je reviens. Surtout ne bouge pas.

J'ai acquiescé. Il a prit une pincée de poudre de cheminette et est partit parler quelques minutes avec Dumbledore, qui visiblement lui a donné le feu vert.

- C'est une drôle d'histoire, m'a-t-il prévenu.

*

RL

Harry était devant moi, sa tasse de chocolat fumant entre ses mains. Il ressemblait à une statue : figée et impénétrable. Je lui ai expliqué la situation en commençant par un rapide topo sur les inséparables. Harry était aussi ombrageux que son père, James, a qui il ressemblait énormément, excepté pour les yeux qu'il tenait de Lily, évidement. Mes sens de loup garou n'ont trouvé qu'une irritation à propos de Snape auprès d'Hermione. Il semblait…. S'être fait à l'idée. Ce qui m'a d'ailleurs surprit. Ce n'est qu'à ce moment que je me suis rendu compte qu'Harry avait grandit.

- Et pour Sirius… ? ma-t-il demandé.

- Eh bien… Il n'a pas l'habitude de se faire rejeter, il survivra. C'est un Gryffondor, il reste loyal envers ceux qu'il aime, et il serait capable de les défendre aveuglément même s'il lui fallait mourir.

Il soupira, but sa tasse de chocolat, et la posa sur la table basse.

- Je vais devoir rentrer à présent Rémus. Merci pour… Les éclaircissements que tu m'as donnés. Je suis inquiet pour Hermione. J'espère la revoir bientôt.

- Moi aussi Harry. Et surtout pas un mot à Ron.

Il a acquiescé et s'est levé. Il est sortit de la pièce après s'être enveloppé dans la cape d'invisibilité qui appartenait à son père.

*

SS

« Hermione ! » Je me sentais hurler cet écho. J'avançais dans cet endroit sans nom que seuls des fantômes semblaient hanter. J'avais l'impression que j'étais dans mon enfer personnel, créé sur mesure pour ma personne, excepté que le Lord Noir ne s'y trouvait pas…

Le silence était envahissant, pesant. Les paroles de Corina résonnaient encore dans mon esprit. « Vous allez périr… C'est le lot de tous les inséparables… Écarte-toi d'elle avant que l'inévitable se produise… » Laisser Hermione et ne plus se sentir vulnérable. Oui. Non. Je ne pouvais la laisser, je ne pouvais l'abandonner. Mais sir ester avec elle signifiait aller à notre perte… ? Pourquoi la perdre ? Si je la voyais heureuse dans les bras d'un autre, pourquoi pas après tout ? Non. Je ne pouvais pas. Elle était trop… J'étais faible, je me sentais incapable, esclave d'elle. Le costume de Snape la chauve souris huileuse des cachots ne m'allait plus. Mon mépris, et ma partialité ne me semblaient plus aussi naturels qu'auparavant.

Et voilà que je devenais aussi faible et sentimental qu'un Gryffondor, moi, le directeur des Serpentard. Il fallait tout d'abord que je trouve Granger. Oui, il allait falloir que je la renomme Miss-je-sais-tout et ignorer ses regards énamourés qui me faisaient chanceler. Il me fallait retrouver tout mon amour pour la vie en société. Oui. J'allais redevenir asocial. Cet être froid, aux brusques flambées de rages. Irritable. J'allais redevenir exécrable.

Mais où était-elle, par Merlin ! Je n'avais pas toute la journée devant moi…

*

HG

Lorenzo s'en était allé. Selon lui, quelqu'un venait. J'attendais. Où était Severus ? Des bribes de ma conversation me revenaient en tête, me faisant rougir :

« Tu es un peu jeune… Tu n'as pas… Euh, eh bien… Avec cet inséparable ? »

Il semblait si mal à l'aise, son regard tentait d'éviter le mien à tout prix, au comble de la gène.

« No… Non… Nous n'en sommes pas là… Nous… Apprenons à nous connaître… » Je devais sans aucun doute être aussi pivoine que les cheveux de Ginny.

« Bien…Quand… Vous serez arrivé à cet aspect des choses… eh bien… Le lien entre vous deux s'amplifiera d'une manière qui est propre à chacun. La réaction est différente selon les couples. Personnellement, il a amplifié notre caractère et la force de notre amour. Il l'a amplifié jusqu'au point de non-retour… »

Lorenzo m'a semblé bien triste et mélancolique en murmurant ces derniers mots. Il ne m'a pas dit ce qu'il entendait par cela. Il m'a laissé songeuse, je ne savais quoi dire, sa peine…Me semblait palpable, la douleur dans ses yeux était… Insupportable tant elle me lacérait les entrailles.

J'attendais toujours. Où était Severus ? Où était donc cet homme que j'aimais ? car si je ne le lui ai pas avoué, j'ai sentis ce sentiment faire surface. Ma tendre moitié me manquait, j'avais l'impression que l'on m'arrachait le cœur à la petite cuillère tant il me manquait. Cet homme, ombrageux et têtu, m'était devenu aussi indispensable que les molécules d'oxygènes pour mon organisme. Dans cet endroit, je mes sentais seule, abandonnée, pourtant Lorenzo m'avait dit que quelqu'un venait. Où était donc ce quelqu'un ? Qui était-ce ?

Les secondes me semblaient aussi longues que des siècles, le temps qui s'écoulait était aussi pesant que la charge d'Atlas, l'homme qui portait le poids du monde sur ses épaules. L'anxiété me montait à la gorge, me paralysait. Je n'entendais que le bruit vague des battements de mon cœur. L'écho sourd et désordonné de cet organe pourtant si essentiel à la vie. Avait-on finalement décidé de me l'arracher à mains nues ?

Ici, je me sentais seule. Et vide. Vide. Vide. Pourquoi étais-je ici ? A cause de ce damné grimoire qui m'avait pompé mes forces ??! Je ne savais pas, je ne savais plus. Je me sentais perdue, comme la petite fille que j'avais toujours été. Et qui pour se sentir sure d'elle, n'avait cessé de dévorer les livres, connaître par cœur tout sur tout, devenant au passage la fameuse Miss-je sais-tout que mon inquiétant professeur de Potion abhorrait, et raillait dès que possible.

Cet homme aux yeux fascinants, noirs comme les abysses, noir comme l'onyx ou l'obsidienne. Ce curieux personnage, au sinistre passé, que je respectais pour ses connaissances, que je craignais pour sa maîtrise de la magie noire mais que j'aimais envers et contre tout, malgré tout.

Cet homme était un mystère et un paradoxe à lui tout seul. Mystérieux, car je ne savais rien de lui, mystérieux car malgré toute la noirceur et toute la rage, à la fois froide et brûlante, dont il s'entourait, il ne me faisait pas peur, il m'attirait même.

Paradoxal. Il pouvait être tout aussi plaisant que méprisant, aussi calme qu'enragé, il était à la fois insaisissable et prévisible.

Mais où était cet homme-là ? Quelle était cette ombre, si noire, aussi effrayante qu'un sombre présage ? Cette ombre semblait déterminée, elle avançait à grands pas, nerveux. Elle semblait… Décharnée, rachitique. Presque désincarnée comme si elle voulait s'échapper de cette enveloppe mortelle. Impersonnelle, froide comme la mort, impartiale aussi…

Mais qui pouvait donc… ?

Mes yeux se sont écarquillés de surprise. Et mon cœur a fait un bond dans ma poitrine avant de se faire couper dans son élan par une voix que je ne reconnaissais que trop bien…

*

SS

- Ah voilà Miss-je-sais-tout ! La prochaine fois que vous empruntez un livre, posez-vous la question de savoir s'il ne va pas vous couter votre santé.

Ma voix était froide. Bien. Comme celle que je prenais avec les élèves. Qu'elle me haïsse pourvu qu'elle me craigne. A sa tête basse, j'ai compris que je l'ai blessée. Il me fallait m'éloigner d'elle avant de la perdre. Ce mal était nécessaire.

- Il nous faut trouver le moyen de partir, de revenir de ce long sommeil.

Ma voix était cinglante, presque accusatrice. Je l'ai vu sursauter, la tête toujours basse.

- Allons.

J'ai avancé à grands pas. Nul besoin de me retourner pour savoir qu'elle m'avait emboitée le pas.

Sans un mot, nous avons marché, durant des heures, peut-être des jours, peut-être des semaines, peut-être quelques longues secondes aussi lentes que des siècles.

Pas un mot n'a été échangé. Nul besoin du reste. Je ne me suis pas retourné pour regarder derrière moi et m'assurer qu'elle me suivait. Elle me suivait. Je le sentais. Je le savais. Notre statut était retourné à la norme : elle, mon élève et moi, son détestable professeur.

*

HG

La nausée m'envahissait. Je commençais à avoir quelques difficultés à suivre le professeur Snape. Il me semblait que le sol sous mes pieds tanguait dangereusement. Ce malaise me happait, enfermant ma poitrine dans un étau. La vague idée de respirer eu peine à se frayer un chemin parmi les méandres de ma conscience embrumée.

Mes pas se faisaient de plus en plus hésitants, chancelants. La silhouette du professeur Snape commença à se distordre, à s'estomper derrière le sombre voile qui envahissait doucement ma vue.

Je me suis effondrée, d'abord incapable de me relever, puis incapable d'aligner une pensée à la suite d'une autre. L'obscurité m'a promptement engloutie, sans douleur.

*

SS

Hermione s'est effondrée, et est partie rejoindre le néant. Je m'inquiétais pour elle. Je ne pouvais plus être formel avec elle. Je me suis penché sur elle.

Là, un malaise a fait son apparition. Ma respiration s'est faite plus difficile, désordonnée. Mon torse s'est retrouvé comme comprimé par une main géante, invisible et puissante. Ma vision s'est voilée, une fois, puis une deuxième, une troisième fois. Je me suis effondré, tout contre elle. Lourdement, je l'ai collée contre moi avec des gestes lents, sans forces et le néant m'a engloutit…

*

AB

La semaine était passée. Severus et Miss Granger ne s'étaient pas encore réveillés. Comme j'en ai pris l'habitude, j'ai quitté mon bureau pour aller dans les appartements du directeur de Serpentard. Les deux oiseaux – les inséparables – roucoulaient, pépiaient doucement, se promenant sur les corps endormis.

Voir les oiseaux sortir de leur torpeur, et aller se percher sur la tête du lit était réconfortant. Il me semblait que c'était le signal qu'ils revenaient enfin à eux. Comme pour confirmer mes soupçons, ils ont commencé à s'agiter. Les oiseaux semblaient… Effrayés. Car si les deux s'agitaient, les gestes de Severus n'en étaient pas moins brusques, voire violents comme s'il désirait pouvoir s'échapper d'une étreinte galante qu'il n'avait pas voulue.

J'ai soupiré, il me semblait que tout serait à recommencer entre Miss Granger et notre sombre professeur de potion. Je devais à tout prix réussir à les unir car ils formeraient une très efficace arme contre Voldemort.

Oui, qu'ils le veuillent ou non, je faisais le serment qu'Hermione Jane Granger serait avec Severus Tobias Rogue.

Finalement, ils se sont calmés, en tout cas, surtout Severus, Miss Granger était beaucoup plus calme.

Après une dizaine de minutes, Severus s'est réveillé, j'ai sentis un mouvement, je lui tournais le dos.

- Combien de temps me suis-je… Reposé ?

Il avait craché ce mot avec mépris, ses lèvres retroussées en un rictus peu engageant. Je m'étais retourné, calmement, sans sourire.

- Une semaine comme convenu. Tu es toujours aussi ponctuel.

Miss Granger a fait elle aussi surface, les yeux un peu perdus.

- Miss Granger, je suis resté une semaine au lit à ne rien faire pour vous tirer du mauvais pas dans lequel vous et votre maudite envie de tout savoir vous ont menés. Estimez-vous satisfaite de ne pas être restée là-bas. Maintenant, j'ai du travail ! a-t-il dit d'un ton rageur qui ne présageait rien de bon.