Bonne lecture à tous !

Disclaimer : L'univers est de Rowling, comme tous les personnages… Exceptés ceux de Lorenzo, Corina et Don Giovani, qui proviennent de mon imagination, cette fic est à moi…

Merci à tous ceux qui postent des commentaires, qui lisent cette fic. Merci à ma bêta, Princess Yuu, qui fait un sacré boulot...! Désolé pour ce retard...

Place aux RARs :

Eileen19 :Merci pour ton commentaire ! Oui, j'ai fait exprès que Severus soit « froid » avec Hermione, et surtout au « réveil »... Les inséparables du passé les incitent à se séparer, juste Corina en fait... Elle est plus du tempérament de Serpentard. Et elle a une raison pour le faire... Eh bien... On va le savoir dans ce chapitre... Dumbledore... Veut gagner la guerre contre Voldemort, il prend toutes les armes disponibles... On comprendra un peu plus tard dans l'histoire ce qu'un couple d'inséparables peut faire... Le grimoire n'est pas une ruse de Voldemort qui ignore jusqu'à son existence... Mais il a juste des propriétés de magie noire... Et notemment, de vampiriser l'énergie du lecteur, et plus particulièrement d'un inséparable... Là aussi, on va en savoir un peu plus dans ce chapitre... Quant à Severus... Il va tout faire pour ne plus être « sensible » à la présence de sa belle. Mais n'en sois pas si sure, je n'ai pas l'intention de les faire revenir ensemble pour le moment... Cela serait trop simple...^^ Je suis sadique ! En espérant que ce prochain chapitre te plaise !!!

Ste7851 : Voici la suite ! Et merci pour ton commentaire !

Alatariel Melawen : Bah... Il fallait bien que je pimente tout ça... Et puis... En fait, il en est juste dingue, et il veut juste la protéger, bon c'est certes pas le meilleur moyen... Mais dans ces cas là... A la guerre comme à la guerre ! Merci de ton commentaire !!!!

Cixi : Héhé ! Eh oui ! Severus-plus-froid-que-tout est de retour... Enfin, regarde ce chapitre... Il y a un bémol, si je puis dire ! Voici la suite... j'espère qu'elle te plaira... et merci pour ton commentaire...

Info : les initiales SB indiquent le point de vue de Sirius…

Chapitre 10 : Reprise des cours

HG

- NEVILLE LONDUBAT !!! 50 points en moins pour Gryffondor ! Seriez-vous incapable de vous occuper de votre chaudron ?! Pourriez-vous une fois dans votre vie réussir une potion digne d'un stupide cornichon ??? Oh bien sur que non !! C'est parfaitement impossible, ce serait comme demander à un troll de faire une licorne ! Votre niveau est vraiment lamentable, Londubat !!! Hurla Snape.

C'était le même refrain depuis le début de la semaine, le professeur avait repris du poil de la bête, il était redevenu cet homme hargneux, méprisant, et détesté qui enseignait d'une main de fer et ne mâchant pas ses mots, enlevant des points à Gryffondor pour n'importes quels motifs plus abracadabrants les uns que les autres, favorisant toujours plus Serpentard.

J'ai adopté un profil bas, du reste, il m'ignorait, et notre lien commençait sérieusement à me peser, nous avions besoin d'être proche, mais il le refusait, il l'ignorait. Il était comme cela depuis notre « réveil », avec sa voix coupante, froide, et cynique. C'était le retour du Directeur de Serpentard. Non, pas l'homme en lui-même, juste ce masque, juste cette froideur digne d'un congélateur. Ce n'était plus cet homme digne d'être aimé, non, juste une copie qui n'avait rien à voir.

*

HP

Hermione semblait devenir transparente lors des cours de Snape. Je l'avais pourtant prévenu, et lui, il blessait Hermione, si j'avais pu je lui aurait arraché les yeux, ou réduit à l'état de larve inoffensive… Et encore, je suis sur que j'aurai retrouvé quelques substances acides et mortelles dans sa bave… Non, Snape était redevenu ce type effroyable, que tout le monde prenait bien soin d'éviter pour son bien-être personnel. Snape, cette chauve souris baveuse et huileuse, furieuse et drapée dans sa dignité de Serpentard. Cent fois plus vicieux qu'une troupe de ces nains que Lockhart nous avait ramené en deuxième année…

Snape ressemblait à ces pitbulls, ces chiens enragés que l'on devrait piquer à la naissance… Enragé, ça, il l'était, et ces derniers temps, le château semblait trembler de peur à ses moindres flambées de rage. Le professeur Dumbledore semblait… Absorbé dans ses pensées, quant à Mac Gonagal, elle semblait être profondément irritée : elle serrait les lèvres qui en devenaient blanches, sa bouche ne ressemblait plus qu'à une mince ligne… On ne l'avait jamais vue aussi remontée, du reste, Snape en rajoutait toujours une couche de plus… Et Nevile ne semblait plus être le seul à être brimé par ce professeur d'un sadisme inégalable, même Voldemort à coté était un petit joueur… La seule à s'en sortir sans aucune phrase assassine était Hermione, son profil bas la préservait d'une de ses violentes crises de rage, pourtant lorsque Snape s'approchait de son chaudron une certaine tension entre eux deux s'installait, Hermione se tassait à sa place, se faisant aussi discrète qu'une souris grise. Snape faisait semblant de jeter un coup d'œil et repartait directement, ce qui était vraiment insultant pour elle. Je la voyais qui serrait les dents, les yeux obligeamment fixés sur le bas de sa table.

Pourtant aujourd'hui, ce fut une autre histoire. Le cours commença comme d'habitude : dans un silence, aussi lourd que le plomb, palpable, un silence à trancher au couteau. La robe noire de Snape a fait ce bruissement reconnaissable entre tous, annonçant sa détestable entrée parmi nous… L'homme était livide, comme à son habitude, froid et sec…

- Eh bien… Qu'attendez-vous ?! Bougez-vous !!!

Les élèves se sont installés rapidement à leurs tables, sans un mot… Le premier qui bougeait allait se faire incendier. Une épée de Damoclès pendait au-dessus de nos têtes, nous en étions conscients, et même les Serpentard n'ont rien dit. Tout le monde semblait redouter un de ces accès de fureurs qui n'étaient guère plus rares ces derniers temps.

La baguette du professeur frappa d'un coup le tableau, et la potion du jour s'afficha…

- Ceci est une banale potion, fort utile cependant, et ceux qui sont incapables de faire une potion correctement…

Le regard alla se poser quelques dixièmes de secondes sur Nevile qui se recroquevilla sous l'effet de l'œillade hostile.

- …Auront le droit à une série de retenues avec Rusard. Vous travaillerez en silence, au travail ! On n'a pas toute la journée…

La détestable voix de Snape claqua comme un fouet, elle était pourtant admirablement calme et basse, mais il y avait quelque chose de dangereux qui y couvait et il affichait du mépris dans sa voix, en la contrôlant, avec cette note doucereuse, qu'il devait affectionner particulièrement.

Pendant une bonne heure, nous avons travaillé dans un silence complet… Seules les potions bouillonnaient, leurs bulles colorées éclatants doucement sous l'influence de la chaleur. Le résultat fut à la hauteur de sa colère…

*

HG

La potion de Nevile vomissait une fumée noire, épaisse et désagréable. Le chaudron n'allait pas tarder à exploser, tout le monde le savait. L'éclat de voix du professeur allait très bientôt commencer, l'orage menaçait, le spectacle allait démarrer dans quelques secondes…

*

HP

Une violente explosion eut lieu… En un quart de millième de seconde, le professeur avait appliqué un sort de protection au pauvre chaudron qui fut démantibulé. Les débris ne s'étaient pas échappés de la protection du sort… Ce fut la colère qui explosa… Et il n'y alla pas par quatre chemins, sans prendre de gants.

- LONDUBAT !!!!!!!! VOUS ETES UN INCAPABLE, SERAIS-CE DU TERRORRISME SCOLAIRE QUE VOUS ME FAITES-LA ??!!! C'EST DIGNE D'UN MOLDU DE BAS ETAGE… VOTRE NIVEAU EN POTION NE M'A JAMAIS PARU AUSSI FAIBLE !!!! MAIS SOYEZ HEUREUX VOUS ALLEZ SANS AUCUN DOUTE DEVENIR UNE CELEBRITE, COMME VOTRE AMI DE GRYFFONDOR, POTTER, VOUS AVEZ DONC ENVIE DE FINIR DANS LA PROCHAINE EDITION DE « L'HISTOIRE DE POUDLARD » EN TANT QUE PIRE ELEVE DE POTION ! brailla la chauve souris, qui dans cet accès de rage n'avait pas encore remarqué ce que préparait Hermione.

*

SS

Londubat m'avait réellement mis en colère, effroyable… Digne du grand retour du Directeur de Serpentard et de sa légendaire mauvaise humeur. Son échec ne m'avait même pas surpris, je l'attendais avec impatience, encore un Gryffondor qui en prenait pour son grade – enfin ! Ils étaient d'une impudence à la limite de la bêtise inconditionnelle de leur maison, ces imprudents-insouciants ne mesuraient même pas la portée de leurs actes.

J'ai été arrêté dans mon sermon sans fin par un regard qui vrillait mon dos, mon instinct d'espion en alerte… Je me suis retourné lentement, en silence, pour donner plus de théâtralité, mais ce qui c'est passé ensuite m'a… Débordé…

Miss Granger s'était levée, et me toisait d'un regard meurtrier, noir, assassin… Son regard rivé au mien, dans une joute de pouvoir…

- Monsieur, vous n'êtes qu'un imbécile, dit-elle d'une voix calme, maîtrisée mais parfaitement claire et audible à tous.

« Severus, il faut te calmer, ce n'est pas comme ça que Nevile va apprendre à faire des potions, en particulier si tu le terrorises, il vient déjà à reculons à tes cours, fais montre d'un peu plus de patience… Je crois pourtant que la patience n'est pas la vertu de Serpentard, ni même l'altruisme, peu importe ce que tu en penses… Je ne peux pas croire que tu es redevenu cet homme distant et froid… C'est un faible mot… Tu dépasses les bornes… »

- Ça…

J'ai été coupé par un regard méprisant puis elle a brisé le contact visuel, en se retournant. J'ai été éberlué de la voir prendre ses affaires et sortir de mon cours en claquant violemment la porte derrière elle.

*

HP

- MISS GRANGER !!!! REVENEZ IMMEDIATEMENT !

Le hurlement du professeur était terriblement comique… Il s'égosillait contre le caractère le plus inflexible de Gryffondor, la meilleure élève de Poudlard ces derniers temps… Le professeur avait pris quelques légères couleurs, le regard était assassin, furibard… Le moindre élève qui croiserait son regard finirait en pâté pour chats…

Brusquement, il s'est tourné vers nous, notant au passage que nous n'avions pas bougé d'un centimètre, et que nous le regardions sans rien dire.

- Prenez un échantillon de votre potion, étiquetez-le à votre nom et disparaissez HORS DE MA VUE ! TOUT DE SUITE ! gronda-t-il.

Bizarrement, cela ne prit pas longtemps, une demi-minute plus tard nous étions libres. Les colères de la chauve souris avaient du bon quelque part : elles nous permettaient de sortir plus tôt que prévu.

Je me demandais où était Hermione, et avec Ron on est monté à la tour Gryffondor pour chercher la Carte du Maraudeur.

*

HG

J'étais partie sur un coup de tête qui me couterait cher je le sentais… Je ne savais pas trop où j'allais tant j'étais aveuglée par notre fureur commune. J'ai ouvert la première porte que j'ai trouvée, et je suis entrée… Pour me retrouver par terre, affalée sur un chien noir, étalé de tout son long sur le sol…

Aussitôt, je me suis relevée rapidement, et j'ai voulu partir, sans un mot. Peine perdu, Sirius venait de reprendre sa forme humaine, et me tirait vers l'intérieur de la pièce. Il m'a emmené dans une grande pièce, les murs couverts de livres, une table en bois, des chaises pour mobilier. La fenêtre nous offrait une maigre lumière, mais une lumière quand même. Il m'a regardé, a scruté mon regard, que je supposais être vide, ailleurs, lointain.

- Hermione, ça va ? Tu as l'air… Furieuse, dit-il d'un ton incertain.

Je l'ai regardé, enfin, longuement. Ses yeux gris semblaient contenir une certaine anxiété. Inquiet. D'habitude, ils pétillaient de joie, et de malice. Là, ils semblaient être éteints.

- Je vais bien Sirius. Je viens de péter une crise au professeur.

- Mais… Quel professeur Hermione ?

Sirius ne semblait pas comprendre. Il a posé ses mains sur mes épaules et s'est baissé vers moi, pour regarder directement dans mes yeux.

- Ben à Snape.

- Snape ?! Attends, tu as pété une crise en plein cours ?

- Ben… Je l'ai incendié via le lien, tout en disant à haute voix que c'était un imbécile… Devant toute la classe, sans m'expliquer… Et je suis partie…

- Wouah, tu as fait fort 'Mione !

Sirius semblait apprécier mon coup de gueule… Un sourire flottait sur ses lèvres, et son visage semblait être éclairé par une drôle de lumière…

- Je… Désolée de m'être étalée sur toi, je ne faisais pas gaffe où je mettais les pieds…

- Ça, j'avais remarqué, ce n'est pas grave… Tant que tu ne t'es rien fait de mal… Mais dis-moi, tu pourrais m'expliquer cette histoire d'inséparable, Lunard a voulu m'expliqué mais… Je n'étais pas… Réceptif à ce moment…

Un petit sourire penaud s'installa progressivement, ce qui le rendait plutôt mignon, on aurait dis un enfant qui essayait de se faire pardonner, je le sentais mal à l'aise.

- Aucun problème…

Pendant l'heure qui a suivi, je lui ai expliqué ce qu'il se passait… Puis la fatigue m'a rattrapée, et je me suis mise à bailler à en décrocher la mâchoire… Je me suis endormie sans trop bien comprendre ce qu'il se passait, engluée dans la toile de la fatigue.

*

SB

Elle dormait profondément, dans mes bras, je me sentais bien, heureux malgré le fait que je ne pourrais jamais être avec elle, puisque elle était lié à ce… Cette sale chauve souris qu'était Servilus… Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, avec elle dans mes bras, dans cette bibliothèque, cet endroit que je trouvais agréable malgré le fait que je n'ai jamais aimé être enfermé, encore moins dans une bibliothèque… La magie du château était présente ici, cette bibliothèque s'adaptait à mes humeurs, ou aux gouts de Lunard.

Hermione respirait calmement, sa tête contre mon torse, j'avais glissé un bras dans son dos pour la tenir contre moi, histoire d'éviter qu'elle ne blesse en glissant. L'autre main caressait ses cheveux, doucement, tandis que mes lèvres erraient sur son front, sur sa tempe, ou à la lisière de la peau et des cheveux. Je ne disais rien, je la berçais doucement, elle était assise sur mes genoux. Avant, j'aurais surement tenté quelque chose, maintenant… Je savais qu'il ne fallait pas. Elle devait juste rester une amie, une très bonne amie, mais jamais aller au-delà. Du reste, elle semblait dingue de Snape-le-bâtard. Il avait beaucoup de chance, et il ne semblait même pas s'en rendre compte, ne serait-ce qu'un petit peu.

Un bruit m'a fait sortir de mes pensées, une porte a claqué, pas suffisamment fort pour que la préfète-en-chef se réveille mais suffisamment pour mes sens d'animagus. Lunard avait fini ses cours.

La porte de la bibliothèque a laissé entrer Lunard, qui semblait abasourdit à notre vue.

- Qu'est-ce que… ??!

- Chut. Elle dort.

Je l'avais coupé d'un ton sans réplique. Autoritaire. Il m'a regardé et a froncé les yeux, deux rides sur son visage sont apparues, il était inquiet.

- Elle est fatiguée… Elle a quittée le cours de Snape après l'avoir traité d'imbécile devant sa classe, et en l'ayant incendié par le biais de leur lien… Elle était tellement furieuse qu'elle a ouvert n'importe qu'elle porte et qu'elle est littéralement tombée sur moi, sous ma forme d'animagus… Je l'ai entraînée ici, afin qu'elle m'explique ce qu'elle faisait dans les couloirs alors qu'elle aurait du avoir vraisemblablement cours. On a parlé, du lien, surtout, elle m'a expliquée pas mal de trucs… Je comprends mieux. Puis elle s'est endormie.

- Ok… Ils la cherchent partout, je vais prévenir le Directeur, qu'elle est là. Tu verrais Severus, tu ne le reconnaitrais plus, il est à la fois… furieux et inquiet… Bien évidement, il ne montre que sa fureur, mais je l'ai croisé, et mes sens de loups garous ont saisi le reste. Elle semble être morte de fatigue, il faut qu'ils se touchent, sinon cela va empirer. Emmène-là aux cachots…

- Ah oui ?! Et je fais comment moi ? Aux élèves que je croise je dis : « Bonjour, je suis Sirius Black, célèbre meurtrier recherché, je cherche Snape ? »… Merci bien, rien de tel pour me faire renvoyer aussi sec à Azkaban…

- Oui… Tu as raison Patmol…

- Laisse-moi te dire Lunard que j'ai toujours raison…

Remus m'a regardé avec son regard amusé qui me disait clairement que j'étais d'une prétention sans borne… Je me suis levé, Hermione dans mes bras.

- Je l'emmène à ses appartements mais rameute-le rapidement, j'ai pas envie de me faire griller…

Je suis parti, et me suis faufilé dans les couloirs. A une ou deux occasions, j'ai cru me faire coincer par des élèves, heureusement, ma rapidité a prit le pas sur mon comportement et bien vite, j'ai retrouvé mes instincts de maraudeurs, cependant, il n'était pas question de me faire attraper.

Après un assez long moment, j'ai enfin trouvé les cachots, et les appartements de Servilo. Je suis entré et j'ai posé Hermione dans le canapé, sans la déranger dans son sommeil. Je me suis posé contre elle, et je l'ai bercé doucement, sa tête contre mon torse, ma main dans ses cheveux. Pour une fois, je n'étais pas nerveux comme d'habitude. En présence d'Hermione je devenais tendus, mal à l'aise, j'avais l'impression que j'allais sauter dessus, du coup, je préférais passer pour un imbécile en faisant le pitre.

La porte s'est ouverte, et une sourde tension s'est installée dans la pièce, cette animosité ambiante que nous connaissions parfaitement lui et moi…

*

SS

Mon appartement avait été investit par un idiot qui croyait que je n'allais pas le pincer. Il allait voir de quel bois, moi, Severus Tobias Snape, je me chauffais : pas de pitié pour ces cornichons qui se croyaient tout permis. Entre Miss-je-sais-tout qui me traitait d'imbécile devant le reste des Gryffondor et de mes Serpentard rien n'allais plus, et pour couronner le tout je sentais la fatigue s'abattre dans mes membres, et dans mon esprit. J'allais expulser l'imprudent, en espérant que ce fut l'un des membres du trio infernal et ainsi pouvoir leur coller un trimestre de retenues… Et bien sur, les sermonner jusqu'à plus soif…

J'ai ouvert – assez violemment, je dois le dire – la porte de mes appartements, ma cape noire tourbillonna derrière moi avec cet effet dont j'étais plutôt fier et qui rendait les élèves plutôt mort de peur… Ce qui avait le don de me réjouir bien entendu…

La forme assise sur le canapé me rendit malade dès lors où je l'aperçue… Celle-ci se leva doucement, un fardeau entre les mains…

Une migraine féroce frappa mes tempes, et une sueur froide me fit frissonner, un voile de fatigue me transperça…

- Black… Pourrait-on savoir ce que tu fiches ici ? Chez moi ?!

- Je vois, Remus ne t'a pas trouvé. Enfin, tu devrais être content, j'ai retrouvé Hermione. Elle est morte de fatigue. Alors, veille à la laisser dormir.

- Je sais parfaitement ce que je dois faire, Black. Ote tes sales pates d'elle.

Mon ton était parfaitement calme, un peu venimeux, laissant apparent une menace dans ma voix.

- C'est moi qu'elle est venue trouver, Servilus, ce n'est pas moi qu'elle a traité d'imbécile devant tout une classe d'élèves, j'ai l'impression que tu perds la main…

Black a ricané et a sourit d'une manière… Narquoise. Presque victorieuse. Ma fureur a encore augmenté d'un cran, de même que ma fatigue.

Je me suis avancé vers lui et j'ai pris Hermione dans mes bras avant qu'il ai pu faire un geste. Un sentiment de bien-être m'a enveloppé. J'ai reculé de quelques pas, à une distance raisonnable pour ne pas lui sauter dessus et en finir avec ce misérable clébard miteux.

- Tu devrais retourner à la niche Black, avant qu'on ne te trouve ici, tu ne penses pas ? Il serait malheureux que tu retournes à Azkaban, même si j'ai entendu dire que les détraqueurs appréciaient ta présence… Hors de chez moi !

Il m'a regardé, son regard métallique obstinément tourné vers le mien. J'ai détourné le regard en entendant Hermione murmurer quelque chose…

- Severus…

Son murmure fut ponctué d'un petit soupir. J'ai relevé la tête pour apercevoir le visage crispé de Black qui serrait les dents…

Je me suis retourné pour m'occuper d'Hermione, ma belle, ma tendre moitié, je suis passé dans ma chambre et j'ai ouvert le panneau qui communiquait entre nos deux chambres. Je l'ai rapidement installée sur son lit.

Lassé par ma migraine et ma fatigue effroyable, je me suis effondré à ses cotés, incapable de bouger, contre ma volonté qui voulait que je fuis cet endroit avant de me faire attraper par cette malédiction funeste qui était placée sur les inséparables.

J'ai sombré dans le sommeil comme un noyé…

*

HG

Je me suis réveillée. En pleine forme, mais l'esprit encore un peu embrumé. Quelque chose me fit sursauter, quelque chose qui ne cadrait ni avec la pièce, ni avec la situation, et encore moins avec la réalité du moment…

Une fragrance bien connue me chatouillait les narines, agréable, légère, avec des notes boisées et épicées. Masculine pour tout dire… Comme si Severus s'était trouvé dans ma chambre il y a peu… Ce ne doit être qu'une illusion, j'ai pourtant rêvé qu'il me prenait dans ses bras et qu'il s'endormait à mes côtés. Comme avant.

Cette situation me rend malade, le voir loin de moi, sans pouvoir le toucher, même l'embrasser, comme s'il n'y avait rien entre nous. Je l'entends d'ici dire : « mais Miss Granger, il n'y a rien entre nous, vos histoires de petite fille m'insupportent, si vous pouviez me faire le plaisir de disparaître hors de ma vue, j'ai du travail… ». Il y avait quelque chose pourtant qui ne collait pas, le seul problème : je ne savais pas quoi, ce n'était qu'une intuition…

*

SS

J'ai eu le temps de me réveiller avant Hermione, euh Miss Granger. Il fallait que je me débrouille pour me le mettre dans le crâne : Miss Granger ! Déjà dans la semaine, lorsque Minerva parlait de sa chère préfète-en-chef, j'ai failli me tromper, moi qui veux rester neutre dans cette histoire… Je me suis rattrapé à temps en lui disant que les problèmes de ces cornichons s'en iraient d'eux-mêmes, la jeunesse effaçait ces maux rapidement, qu'il ne fallait s'inquiéter pour Miss-je-sais-tout. Minerva m'a jeté un regard perçant, de vieille chouette qui connaît tout… Sous la torture, je n'avouerais même pas que je me suis senti, comme le jeune élève que j'étais il y a bien longtemps…

Lorsque j'ai regagné mon appartement via le panneau de la chambre de Miss Granger, j'ai sentis comme… Un appel, quelque chose m'a effleuré l'esprit… Ce n'était pas Albus, encore moins le Lord Noir, non, juste cette élève tenace. J'ai durci ma volonté et placé ma barrière : lisse, sans failles, et dur comme du diamant, opaque comme le brouillard. La présence est partie rapidement, elle ne devait même pas être consciente de cet état de fait.

En contraste, une autre sensation est apparue – beaucoup moins agréable – agressive, méchante. Des picotements m'ont traversé l'avant bras gauche, que j'ai massé doucement d'un geste machinal. J'ai laissé une note au directeur et je me suis préparé, la séance chez les mangemorts allait être un moment dur. La note s'est envolée vers le bureau du vieil homme et je suis partit rejoindre le camp du Mal.

*

HG

J'ai sentis une douleur intense, comme un coup de poing, cela m'a cloué sur place, j'ai cherché mon souffle. Je me dirigeais vers la Grande Salle. Je suis partie en courant dès que j'ai pu, laissant Harry et Ron sur le carreau. Je suis montée jusqu'au bureau du Professeur Dumbledore. Jamais les gargouilles ne m'ont parues aussi hostiles. Un sombre pressentiment m'a assaillie, des voix froides ont résonné dans mon crâne, un bruissement insoutenable.

J'ai murmuré quelques mots, je serais bien incapable de savoir lesquels, et je suis entré en trombe dans le bureau du Directeur. Minerva McGonagall et le Directeur lui-même semblaient avoir une discussion importante et mouvementée. Je suis arrivée comme un chien dans un jeu de quille.

J'avais du mal à me concentrer sur leur visage, tant les voix qui me traversaient l'esprit me blessaient. Loin dans la douleur, il me semblait qu'ils étaient offusqués de mon intrusion, surtout notre Directrice en vérité, Le directeur, lui, semblait être bien calme, un rien résigné.

J'ai débité un flot de paroles, je ne sais même plus lesquelles. Une voix calme et grave m'a demandée de me concentrer, d'expliquer ce qu'il m'arrivait.

Comme un automate, j'ai débité toutes les sensations. J'ai fermé les yeux en me tenant la tête, pour chasser cette douleur insoutenable.

La voix du Directeur a réussi à me parvenir, je n'ai compris que quelques mots…

- … passe… il ?Voyez… ous ? …Ites-le !Iss …ran…er…

La silhouette encapuchonnée, la main nerveuse, décharnée, hideuse. Cette voix froide et désincarnée, d'une méchanceté impitoyable, et d'un mépris écœurant. Les sifflantes coupant durement le silence lourd de représailles.

- Alors Severus ? Vas-tu pouvoir enfin me dire où tu étais passé pendant une semaine ? Je t'ai pourtant Appelé, c'était… Comme si tu étais mort. Apparemment non, vu que tu es là…

Sa voix s'attarde encore, avant de s'éteindre puis d'enfler à nouveau, dans un style grandiloquent…

- Mes fidèles mangemorts… Quelles nouvelles m'apportez-vous ? Dolohov ?

- Maître, nos éléments ont gangrénés le Ministère, nous le dirigeons à présent, Fudge n'est plus qu'une marionnette… Sous vos ordres.

- Très bien Irganov, c'est du bon travail… J'ose espérer que tu vas continuer dans cette voie…

- Bien sur mon Maître, ma vie vous appartient, je suis votre serviteur.

La silhouette encapuchonnée s'est agenouillée, la tête que l'on devine basse, soumise.

- Bellatrix ? Où en sommes-nous ?

Cette forme semble à moitié folle, et sautille comme une écolière surexcitée.

- Mon Maître… Ils sont à nos cotés et impatients de vous aider… Ils ont faim…

- Naturellement ma chère. Naturellement. Nous allons bientôt leur donner un encas. Severus ? Comment se débrouille ton pupille ?

- Il est discret, et y met tout son cœur à l'ouvrage. L'arme sera bientôt prête. Il ne reste plus beaucoup d'éléments à trouver, mais cela risque de prendre du temps, c'est pourquoi j'ai du m'absenter, certains… Ingrédients sont rares, voir uniques. Et je n'ai pu répondre à votre Appel…

- Bien… C'est pourtant… Fâcheux, j'aime que mes serviteurs m'obéissent, sur le champ. J'espère que tu me comprends Severus. ENDOLORIS !

- Queuedver, où en es-tu du projet que je t'ai confié ?

Cette silhouette s'est recroquevillée sur elle-même…

- M..Maître ? J… J'avance a…assez b-bien… I…Il ne me fau…faudra p-plus b-beaucoup de t…temps…

- Je l'espère Queuedver, je l'espère sincèrement.

La forme est toute petite, et tremblante, apeurée.

- Mes fidèles mangemorts… Vous pouvez y aller… Severus reste… J'ai… quelque chose à te dire…

Les autres ont transplanés rapidement, le lieu est vide excepté pour deux silhouettes qui se font face.

- Severus… Quoi que tu fasses, où que tu sois, n'oublie pas que tu m'appartiens… Si je te dis de venir… Tu viens… Cette petite leçon ne peut être apprise ainsi… CRUCIO !

Une forme sombre git sur le sol pavé froid, les barrières sont en place, le corps tressaute par spasmes de douleur.

- Alors Severus, as-tu compris ?

- O…oui Maître.

- Pardon ? Je ne t'ai pas entendu ? Rota et bellum sagita … (1)

- PARDON MON MAITRE !!!

La voix a retentit quelques secondes plus tard… La souffrance se faisant sentir dans le timbre de la voix.

- Bien je pense que tu as compris maintenant. Tu peux partir.

- Oui mon Maître.

*

SS

Je suis rentré et me suis changé après avoir pris une longue douche chaude. Le dernier sort était redoutable, il reconstituait les souffrances de la Roue, en appliquant sur le corps des pointes de flèches de guerres brûlantes. Chauffées à blanc. La peau ne gardait aucun souvenir, seul nos muscles en pâtissaient.

Rapidement, je suis monté jusqu'au bureau du Directeur, qui m'attendait, en compagnie de la Directrice adjointe. Il faisait les cents pas dans le bureau. A mon arrivée, il leva la tête vers moi. Il y avait quelque chose qui clochait dans la pièce, une présence… J'ai rapidement trouvé d'où elle venait… Je me suis penché sur le corps de l'endormie.

- Ah, Severus, mon garçon… Tu nous as fait peur… Ce dernier sort était plutôt inattendu…

- Que fait-elle ici Albus ?

Je l'ai coupé en plein milieu de la phrase, les yeux toujours posés sur Miss Granger.

- Eh bien… Elle est venue ici, quand tu as été convoqué chez Tom, on a eu du mal à comprendre ce qu'elle avait… Au final, elle est restée jusqu'à ce dernier sort et s'est évanouie juste après. Elle nous a tout rapporté. On aurait presque pu la prendre pour un zombie, elle avait les yeux grands ouverts, presque trop et elle parlait à toute vitesse. C'est un effet du lien. Je pense qu'elle n'a pas supporté le Doloris, le Cruciatus, plus le supplice de la Roue et ses flèches. Elle a… Besoin de ta présence, il n'y a que toi qui puisses la sortir de là, tu le sais. De même vous avez besoin d'être un minimum ensemble, et que vous ayez des contacts.

- J'ai compris… Puisque vous savez tout…

Je l'ai prise dans mes bras et je l'ai emmenée chez moi. Je l'ai posée sur mon canapé, je me suis juché sur un accoudoir et j'ai commencé à la regarder, et à passer un doigt sur ses traits. Doucement. Consciencieusement. A les connaître par cœur.

Bientôt, elle a ouvert un œil. Puis un autre. Elle semblait… Surprise.

Je me suis reculé, j'ai repris ma distance. Je préférais rester dans l'ombre. Je venais de trouver ma combine. Je viendrais les nuits, et repartirais au petit matin, sans qu'elle ne s'en rende compte.

- Qu'est-ce que… ?

- Taisez-vous… Vous êtes fatiguée, reposez-vous puis repartez à vos occupations. Tant que vous êtes ici, je ne veux aucun bruit.

J'ai soupiré en surprenant son regard qui caressait la tranche des livres.

- Oui, c'est bon, empruntez un livre si vous le voulez, mais il ne sort pas de chez moi, suis-je assez clair ?

- Oui monsieur.

J'étais satisfait. Je me suis détourné et je me suis mis à corriger copies sur copies… Chacun dans notre coin, sans embêter l'autre. Bientôt, j'ai cessé, et je me suis installé dans un autre canapé, en face du fauteuil sur lequel elle était installée. Je me suis abimé dans mes pensées…

*

HG

J'ai relevé doucement le regard du livre que je lisais, et je l'ai regardé, il avait les yeux fermés, les sourcils froncés, la tête un peu baissée, une mèche de cheveux caressant sa joue.

Je me suis levée, sans un bruit, et me suis rapprochée de lui. Il avait toujours les yeux fermés, j'ai pris sur moi, après une inspiration discrète, et le cœur battant aussi fort qu'un tambour j'ai approché ma main et j'ai écarté la mèche de sa joue, j'ai frôlé sa joue un peu râpeuse, il a ouvert les yeux.

Une lueur dangereuse dansait dans ses yeux. Je ne me suis pas dégonflée, j'ai posé la paume de ma main sur sa joue et j'ai relevé son visage.

On est resté quelque temps comme cela… et j'ai sursauté lorsque j'ai entendu sa voix :

- Permettez que je me lève, cette position est plutôt fatigante et douloureuse.

Il s'est redressé de toute sa stature, me dépassant d'une bonne tête.

*

SS

Je pensais qu'elle était partie. J'ai été plutôt surpris et agacé quand elle fut devant moi, se permettant de me toucher. La faire sursauter m'a plutôt fait plaisir, elle ne semblait plus rien attendre. Quant à la dépasser… Je me sentais en confiance, sur de moi.

*

HG

Il me regardait toujours de la même manière, sur de lui, amusé. Je me suis approchée de lui, un peu plus, je sentais sa chaleur au travers de nos vêtements. Son visage tout près du mien, mes yeux scrutant les siens, dans des abimes d'obsidiennes et d'onyx fascinantes, séduisantes, attirantes. Je me suis encore rapproché de lui… Il m'a regardé avec son calme imperturbable.

- Vous ne savez pas ce que vous faites Miss…

Je n'ai pas répondu, je me suis contentée de le regarder. Il s'est penché vers moi. Son index se baladant sur mes lèvres, puis m'a indiqué de me taire. Après quelques secondes, il s'est rapidement penché vers moi, a effleuré mes lèvres avec les siennes, puis s'est redressé et s'est éloigné. De dos, il pencha la tête vers l'avant.

- Vous devriez aller vous coucher Miss, la soirée a été rude.

______________________

(1) : rota et bellum sagita : Mot à mot : la roue et les flèches de guerre en latin… Surtout pardonnez mon pauvre latin, je fais du mot à mot, je ne sais pas si les déclinaisons sont bonnes… enfin… chuuut… ! :D