BONJOUR LES PETITS LOUPS ! (honnêtement, j'ai honte d'arriver comme un cheveu sur la soupe alors que ça fait plus d'un mois que j'ai rien posté et que je fais la morte. .)
Donc non, je ne suis pas morte. Je vais même plutôt bien.
MEA CULPA de Valoutre : Je suis honnêtement impardonnable pour avoir snobé le site de la sorte. Je devrais être punie. Toutes vos punitions sont donc les bienvenues. Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que j'arrête de venir ainsi ? Je vais vous le dire ! J'AI VECU ! J'ai commencé un nouveau boulot et j'ai du mal à ne pas me coucher avec les poules quand je rentre de huit heures de cueillette de tomates. Puis les week-end, je me suis laissée emporter par la fougue des sorties entre amis, des journées sous la couette à regarder des séries (btw, il faut à tout prix que vous regardiez la formidable série anglaise My mad fat diary qui m'a transcendée et un peu éloignée de TW quelques temps, je l'avoue. Cette série est juste incroyable, j'en tremble encore.), les balades près de la mer, les coups de fils de trois heures aux copains qui habitent trop loin,...
Et puis j'ai voulu vous écrire, vous dire que je mettais cette fanfiction en pause. Et puis finalement non. Parce que je l'aime trop, cette histoire. Parce que je vous aime trop pour vous faire ça. Et parce que je crois avoir retrouvé mon inspiration, perdue entre deux grappes de tomates. Alors je reprends là où je mettais arrêté. Et je vais continuer à torturer les personnages et continuer à vous torturer aussi. Parce que je ne blague pas, je vous aime.
Alors me revoilà. Revoilà Lula, Derek, Stiles, Clyde, Isaac. Ces bouts de moi. Parce qu'honnêtement, un personnage, c'est ça : un bout de soi. Alors un petit don de moi en ce dimanche pluvieux, ça vous tente ?
Bonne lecture.
PS : Vos MPs sont toujours bien au chaud dans la boîte de réception, je les lis, je m'excuse de l'attente, je réponds vite, très vite. Demain, sans doute, si la tomate n'a pas eu raison de moi. Love.
PS² : Je ne promets pas de poster tous les trois jours mais je vais tenter de MAJ une fois par semaine. Fingers crossed.
Chapitre 3
« Les blessures d'amitié sont inconsolables. »
– TAHAR BEN JELLOUN
- « Attends, je récapitule. »
Derek leva les yeux au ciel. Cela faisait cinq fois que Stiles récapitulait l'histoire depuis le début comme pour être certain d'avoir bien tout capté. L'Alpha n'en pouvait plus d'entendre l'adolescent répéter inlassablement les mêmes phrases et conclure par un « Putain, c'est dingue cette histoire. Tu me caches autre chose encore ? ». Un instant, Derek regretta d'avoir pris le temps de lui raconter ce récit en long en large et en travers. Pourtant, se confier lui avait fait un bien fou. C'était comme si le poids qu'il avait sur le cœur s'était considérablement allégé.
- « Ferme-là, Stiles. »
- « Hey, tout doux ! Je veux être sûr d'avoir tout compris. »
- « Laisse moi récapituler ma pensée aussi alors : Tu es chiant, Stiles. Casse-pied, curieux et envahissant. Ça fait deux heures qu'on discute. Ça suffit pour ce soir. » Stiles jeta un coup d'œil à sa montre et sa bouche s'ouvrit en grand.
- « Putain, on a pulvérisé notre précédent record ! »
- « Qu'est-ce que tu racontes encore ? » pesta le lycanthrope.
- « On a parlé pendant deux heures sans que tu essayes de me plaquer contre un mur et de m'arracher la gorge avec les dents. (…) C'est un pas de géant. » Stiles se mit à rire bêtement et s'attira le regard noir de Derek. « Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour le lycanthrope ! »
Cette fois, Derek se leva d'un bond et attrapa l'adolescent par le tee-shirt pour le forcer à se lever. En réalité, la réplique de Stiles amusait plutôt le loup-garou qui, bien entendu, ne voulait pas se mettre à rire devant Stiles. Cela aurait fait bien trop plaisir à l'adolescent.
- « Du balai. »
- « Non...Non ! » pesta Stiles tout en tentant de se défaire des pattes de Derek. « Laisse moi récapituler. (...) Une dernière fois. » Le regard adorable que lança Stiles eut raison de l'Alpha qui souffla longuement avec un air pincé.
- « Une dernière fois. » dit-il en relâchant le vêtement de son prisonnier.
Fier et le torse bombé, Stiles retourna s'asseoir sur le canapé puis commença un discours si long que Derek en fut agacé dès les premières secondes. Mais l'Alpha laissa l'adolescent s'exprimer jusqu'au bout. Peut-être parce qu'il savait que sinon Stiles ne le lâcherait pas avant des heures. Ou peut-être parce que, même si ça le tuait de devoir l'avouer, la présence de Stiles l'apaisait énormément.
- « Tu étais ami depuis l'enfance avec un certain Clyde. Ton meilleur pote. Celui qui savait tout de toi, jusqu'à ta condition de loup. Puis au lycée, Lula est entrée dans votre vie. Vous êtes devenus un trio inséparable. Une sorte d' « à la vie à la mort » quoi ! Ou « un pour tous, tous pour un », je t'imagine bien en mousquetaire, en fait. (…) Bref. Tout se passait bien jusqu'au jour où tu rencontres Kate Argent qui devient... Putain, je m'en remets toujours pas de cette révélation... T'as vraiment couché avec cette garce ? (…) Me regarde pas comme ça Derek. Tu m'as déjà dit que j'étais privilégié et que tu n'avais jamais parlé de cette histoire à personne. Et tu m'en vois ravi. Je sais que c'est dur pour toi. Que tu te sens coupable d'avoir laissé cette femme rentrer dans ta vie. T'as quand même mis une bonne demi heure à accoucher de la phrase 'Kate Argent est devenue ma petite amie.' (…) Arrête de me montrer les crocs, Derek. Ça ne m'effraie pas tant que je ne sens pas la paroi glaciale d'un mur contre mon dos. (...) Ok, je continue. (...) Kate et Lula ne pouvaient pas se saquer. Kate était persuadée que Lula était jalouse et qu'elle était amoureuse de toi. Du coup, en petit ami transit d'amour, tu as délaissé tes amis au profit de la belle Argent. Et là, pendant que t'avais le dos tourné, Clyde est devenu un loup-garou sans savoir comment et Lula a été dans le coma pendant une semaine mais tu ne sais pas, encore une fois, comment c'est arrivé. (…) En gros, tu sais que dalle. Tes amis partaient en cacahuète et toi, tu ignorais tout. (…) Lorsque Lula est sortie du coma, Clyde avait mystérieusement disparu. Elle a essayé de te parler, mais vu que Kate te collait toujours aux basques, c'était impossible. Puis surtout, tu n'a pas tenu ta promesse et tu n'es pas allé au bal de promo avec Lula. Tu ne t'y es pas rendu du tout d'ailleurs. (...) Le lendemain de la danse, tu as appris dans la presse que Clyde avait été retrouvé mort. Tu as tenté de joindre Lula mais elle avait disparu et son père t'a révélé qu'elle était partie chez sa tante, en Europe, précipitamment. (…) Et quelques jours plus tard, Kate a brûlé ta... Bref, on connaît la suite de l'histoire. »
Stiles reprit son souffle et put apercevoir la mine triste de Derek qui prouvait que c'était le meilleur résumé qu'il ait fait depuis le début de leur discussion. L'adolescent baissa les yeux et soupira longuement. Tout en fixant ses chaussures, Stiles se sentit obligé de rassurer l'Alpha grognon qui lui semblait si affaibli depuis que Lula était revenue dans sa vie.
- « Je sais que tu te sens coupable. (…) Tu ne pouvais pas savoir qui était vraiment Kate, Derek. Tu étais amoureux d'elle et sans doute trop jeune et naïf. Tu sais, même si Kate ne t'avait pas séduit, elle aurait trouvé une autre façon de s'en prendre à ta famille. (…) Tu n'es coupable de rien. »
Face à ces paroles, Derek resta silencieux mais sentit le torrent de remords qui battait dans ses tempes se calmer doucement. Seul Stiles avait le don d'apaiser sa culpabilité.
- « Il est temps que tu rentres chez toi, Stiles. »
La voix de Derek s'était montrée douce et enveloppante, si bien que l'adolescent avait simplement acquiescé et s'était levé silencieusement. Derek raccompagna le jeune homme à la porte du loft et lui adressa un très léger sourire. Stiles se garda bien de faire une réflexion ironique sur ce sourire trop rare que lui offrait l'Alpha. Il se contenta de passer la porte et de demander :
- « Tu penses que Lula a été amoureuse de toi ? »
- « Honnêtement, je ne sais plus quoi penser. »
- « Il faut que tu trouves un moyen de discuter avec elle. (…) Invite-la à boire un café. »
- « Elle n'acceptera jamais, Stiles ! » L'Alpha leva les yeux au ciel devant l'idée idiote de l'adolescent.
- « Alors laisse-moi t'aider. »
- « Va dormir, Stiles. »
- « C'est un oui ? »
- « Bonne nuit. » insista Derek, d'un ton étrangement doux, en refermant doucement la porte sur l'adolescent.
Stiles prit ça comme un oui. C'était bien la première fois que Derek lui souhaitait de passer une bonne nuit.
- FLASHBACK -
Lorsque Clyde s'était présenté chez Lula, à une heure tardive, un peu trop saoul et le visage rempli d'ecchymoses et de contusions, la jeune femme avait supplié son père de le laisser rentrer. Dans un premier temps, le Coach s'était montré réticent mais en voyant le regard implorant de sa fille, il avait finit par céder. Il avait simplement lancé un regard menaçant à Clyde afin de lui faire comprendre qu'il n'avait pas le droit de faire n'importe quoi dans sa maison. La jeune femme avait attrapé la main de son ami et avait grimpé les marches menant à sa chambre. Lula avait forcé Clyde à s'asseoir sur le lit et avait récupéré du désinfectant et des pansements dans la salle de bain ainsi que quelques glaçons dans la cuisine.
- « Qui est-ce qui t'as fait ça ? » demanda la jeune femme tout en tirant sa chaise de bureau et en s'installant face à Clyde.
- « Y'a une bande de gros durs qui traînent dans mon quartier. J'ai du les chercher un peu. »
- « Et ça t'apporte quoi de te battre contre plus fort que toi ? »
Lula passa doucement sa main sur les blessures de son ami. Malgré le ton acerbe de sa voix, elle regardait Clyde avec tendresse. Il frissonna en sentant les doigts de Lula courir sur ses joues. Tandis qu'elle attrapait le désinfectant, il lança une question qui eut l'effet d'une bombe.
- « Tu le préfères à moi, n'est-ce pas, Lulu ? (…) Il est plus drôle, il est plus beau et je ne suis qu'un crétin. »
- « Tu délires, Clyde. »
Lula avait répondu du tac o tac, évitant tout de même le regard vert de Clyde. Il la fixait d'un drôle d'air, perdu entre entre la tristesse et l'acidité.
- « Dis-moi que tu ne l'aimes pas. Ose me regarder dans les yeux et me dire que tu n'aimes pas Derek. »
La jeune femme resta de longues secondes à observer le flacon de désinfectant. Elle se mordit la lèvre inférieure avec force. Elle ne comprenait pas réellement tout ce qui se passait. Clyde semblait légèrement désabusé et bien loin du joyeux luron qu'il était habituellement. Il posa son index sous le menton de Lula pour l'encourager à lever la tête vers lui. C'était la première fois que Clyde se montrait aussi doux. La routine voulait que Clyde soit l'ami amusant, celui qui ne se prenait pas la tête et qui considérait presque Lula comme un garçon. Lorsqu'elle croisa le regard bienveillant et charmant de Clyde, la jeune femme dut admettre qu'elle fut troublée. Ses lèvres s'entrouvrirent, mais elle resta incapable de parler. Elle aurait voulu dire à Clyde les mots qu'il désirait entendre. Pourtant, cette situation lui paraissait bien trop étrange et irréaliste pour être vraie.
- « Pourquoi tu me demandes ça ? » réussit-elle enfin à dire, le souffle entrecoupé.
- « Parce que je ne sais pas ce qui me rend le plus jaloux. » Clyde ne cessait de fixer la demoiselle et son visage s'était dangereusement rapproché de celui de Lula qui retenait désormais sa respiration. « Le fait qu'il t'avoue l'histoire de sa famille en quelques mois à peine alors qu'il lui a fallut des années pour m'en parler. Le fait que je ne serais jamais aussi puissant que lui. (...) Ou bien le fait que tu ne m'aimeras jamais comme tu l'aimes lui. »
Face à ces aveux, le visage de Lula était resté de marbre. A l'intérieur de sa cage thoracique, c'était un torrent d'émotions qui animait le pauvre cœur de la brunette.
- « L'alcool ne te réussit pas. » réussit-elle à dire, d'une voix saccadée.
- « Ose me dire que tu ne l'aimes pas. » insista-t-il bien que ses lèvres dessinaient désormais un sourire tendre.
Et Lula avait attrapé la main de Clyde dans un geste soudain, vif, pressé. Elle avait entrelacé ses doigts à ceux de l'adolescent et était restée muette de longues secondes, ses yeux rivés sur leurs mains unies. Puis, elle avait fini par relever la tête.
- « Je n'aime pas Derek. » Les doigts de Clyde serrèrent un peu plus ceux de Lula. « Pas comme tu crois que je l'aime. (…) Je ne suis pas amoureuse de lui, Clyde. Je ne le serais jamais. »
La voix de Lula était d'une sincérité criante. La jeune femme disait la pure vérité à Clyde qui ne semblait pas en croire ses oreilles. Cela faisait des semaines qu'il pensait que Lula en pinçait pour son meilleur ami et qu'il crevait de jalousie seul dans son coin. Il lui avait suffit d'ingurgiter un peu trop de vodka pour trouver le courage nécessaire à entamer cette conversation avec la douce Lula.
- « Et tu penses pouvoir être amoureuse de moi, un jour ? »
Lula ne savait pas si Clyde blaguait ou bien s'il pensait vraiment ce qu'il venait de dire. Pour simple réponse, elle lui adressa le sourire le plus lumineux et le plus réconfortant qu'elle avait à son répertoire.
- FIN DU FLASHBACK -
Malgré le 'Bonne nuit' de Derek qui résonnait encore et toujours dans ses tympans, les pensées de Stiles avaient été envahies par le flot de questions et de plans qui voguaient dans son encéphale. Stiles savait pertinemment que Derek lui avait sans doute caché de nombreuses choses encore. Pourtant, Stilinski ne pouvait s'empêcher d'être heureux que l'Alpha se soit confié à lui de la sorte. Finalement, ça n'avait pas été si difficile de le faire parler. Cela faisait des années que Derek gardait tout enfouit au plus profond de son être. Des années qu'il n'attendait qu'un casse-pied d'adolescent hyperactif pour lui faire cracher le morceau. Stiles était fier d'être la personne qui avait fait parlé Derek Hale. Ce jour était à marquer d'une pierre blanche.
Lorsque Stiles était passé chercher Scott, son meilleur pote n'avait pu s'empêcher de constater la mine pitoyable de Stilinski. McCall mit ça sur le compte d'une nuit blanche à jouer aux jeux vidéos. Il aurait pu questionner Stiles jusqu'à ce qu'il avoue pourquoi il avait cette tête de mort vivant. Mais Scott avait peur. Peur que Stiles ne lui annonce une mauvaise nouvelle. Peur que sa petite vie qui s'était démontrée être très tranquille ces dernières semaines, ne soit encore dérangée par des histoires de lycanthropes. Scott venait tout juste d'arriver à oublier le fait d'être un loup-garou. Alors il préférait ne pas poser de question et se dire que Stiles avait passé sa nuit à faire des courses de voitures sur sa Playstation. C'était égoïste, mais plus sage.
A la fin des cours, Stiles avait enfin trouvé une idée pour forcer Lula à se trouver dans la même pièce que Derek. Cela ne nécessitait même pas l'appel de la force. Heureusement, parce que même Lula pouvait mettre à terre une crevette sauce aigre douce comme Stilinski.
- « Lula ! »
Stiles avait attendu près d'une heure près de la salle des professeurs dans l'espoir de croiser l'enseignante. En voyant l'adolescent, les mains dans les poches, les joues rouges et se dandinant d'un pied à l'autre comme une girouette, elle plissa les yeux, se demandant bien ce qu'il pouvait encore lui vouloir. Elle adorait ce gamin, elle ne pouvait pas le cacher, mais elle espérait vraiment qu'il ne se la joue pas encore détective privé en la questionnant sur Derek Hale.
- « Stiles... » dit-elle, un fin sourire malicieux sur les lèvres.
- « Je voulais vous demander... »
Pour une fois, l'adolescent n'était pas vraiment sûr de lui. Lula arrivait à le mettre mal à l'aise et il ne comprenait pas pourquoi. Parfois, il avait l'impression de se regarder dans un miroir tant il se reconnaissait dans les répliques et mimiques de son enseignante. C'était peut-être ces similitudes qui le rendaient nerveux.
- « Je t'écoute. » La voix bienveillante de Lula l'encouragea à continuer.
- « J'ai un pote qui est vraiment nul en maths et cette année, il a Mr Carlson en prof. (…) Je ne veux pas faire de la délation, mais c'est vraiment le pire enseignant de Beacon Hills. Alors je me demandais si vous ne pouviez pas donner quelques cours particuliers à mon copain. J'ai vraiment peur qu'il redouble sinon. Et pour tout vous avouer, on crève d'envie d'aller dans la même université, l'année prochaine. Mais s'il continue à avoir des notes catastrophiques en maths, ce n'est pas gagné. »
Lula fit une légère moue après le discours de Stiles. Bien sûr, l'adolescent en avait rajouté une bonne couche pour que Lula n'ait pas vraiment d'autres choix que d'accepter.
- « J'ai déjà plein de boulot, Stiles. » La mine dépitée de l'adolescent fit craquer la demoiselle. « Sur une échelle de 0 à 10, il se situe à quel niveau en mathématiques, ton copain ? »
- « Moins 3 ?! (…) Lors de votre premier jour, j'ai entendu le directeur dire que vous faisiez des miracles en tutorat. Et mon pote n'est pas bête, c'est juste qu'il a toujours eu de mauvais professeurs. (...) Alors j'ai pensé à vous. Je suis certain que vous sauriez lui redonner le goût des mathématiques. »
Flatter l'ego était toujours une bonne idée. Stiles était plutôt doué pour ça d'ailleurs. Lula leva les yeux au ciel et un sourire malicieux se glissa sur ses lèvres roses.
- « Je passerai chez lui ce soir pour évaluer si je peux faire quelque chose. T'as qu'à lui dire que j'irais le voir vers 19h00 (…) Il a intérêt d'être motivé, je n'aime pas me déplacer pour rien. (…) Et je verrais avec ses parents pour le prix de l'heure de cours. » Stiles jubilait.
- « Voilà son adresse, je l'ai griffonné tout à l'heure sur un papier pour vous. » Lula leva à nouveau les yeux au ciel en attrapant le bout de feuille.
- « Tu savais déjà que j'allais accepter, n'est ce pas ? »
Stiles se pinça les lèvres, haussa les épaules et tourna le dos à l'enseignante tout en lui faisant un grand signe de la main. Lula secoua la tête de gauche à droite, un fin sourire sur les lèvres et pénétra dans la salle des professeurs. Stiles s'adossa contre son casier et composa rapidement un numéro de téléphone sur son portable.
- « Stiles, qu'est-ce qu'il se passe encore ? » La voix à l'autre bout du fil ne semblait pas franchement heureuse d'entamer une discussion avec Stilinski. Après tout, dès que le fils du Sheriff l'appelait, c'était rarement pour faire un brin de causette purement amical.
- « T'es doué en maths, Isaac ? »
- « C'est quoi cette question ? » grommela le blond. « Mais pour te répondre, ce matin, j'ai résolu une équation plus vite que Lydia Martin herself donc je ne me débrouille pas trop mal. »
- « Et tu penses pouvoir te faire passer pour une bille ? »
- « Pourquoi je ferais ça ? »
- « Lula Finstock va passer te donner un cours de maths à 19h. (…) C'est un plan, plutôt très ingénieux, que j'ai monté cette nuit. »
- « Quoi ?! » fut la première réaction un peu excessive de Lahey qui reprit bien vite le contrôle des aigus de sa voix. « Raconte, que je me délecte de ton génie. »
- « En gros, quand Lula va arriver au loft et voir la tronche de Derek, elle risque d'être énervée. Du coup, je compte sur tes talents de comédien pour la convaincre de rester et de te donner ce cours. Tu prétextes que Derek n'était pas au courant, que t'as vraiment besoin de ce cours parce que t'as lâché prise à cause de tes problèmes familiaux... T'improvises quoi, Lahey ! Tu t'apitoies un peu sur ton sort et tu fais ton regard de chien battu, ça devrait passer tout seul. (…) Après, tu joues le benêt en maths pendant une heure et quand elle s'apprête à partir et qu'elle doit parler rémunération avec Papa Hale, tu t'éclipses discrètement pour les laisser discuter. (…) Vu que tu auras réussi à la mettre en confiance, je pense que Lula ne devrait pas tenter de tuer Derek. Du moins, suivant mon plan, il n'y a aucune trace de sang sur les murs à la fin de la soirée. (…) Voilà. »
- « J'ai failli raccrocher à trois reprises tellement ton plan est débile. (…) Et pourquoi c'est moi qui doit me faire passer pour un idiot ? T'avais qu'à le faire, toi. » La voix d'Isaac était moqueuse et glaciale. Pourtant, Lahey savait bien qu'il n'avait pas d'autres choix que de céder aux envies de Stilinski.
- « J'habite pas chez Derek, moi. » se justifia l'adolescent hyperactif.
- « Ouais, ben c'est tout comme ces derniers temps. » pesta Lahey qui raccrocha en grommelant dans ses moustaches.
Lahey regarda la pendule de sa chambre et s'affala sur son lit en soupirant. Dans une heure à peine, il devrait se faire passer pour l'idiot qu'il n'était pas face à une femme qui lui plaisait sans doute un peu trop. Isaac s'en voulait vraiment d'avoir une telle réaction de gamin. D'ailleurs, le blond s'était bien gardé de raconter à Stiles l'altercation qu'il avait eu avec Lula la veille et qui risquait de compromettre sérieusement le plan du fils du Sheriff.
Après de longues minutes à traîner dans sa chambre, Isaac se décida enfin d'aller mettre au courant Derek de l'arrivée de Lula. Bien sûr, Hale ne serait pas heureux, trouverait le plan de Stiles stupide, mais l'Alpha n'avait plus grand chose à perdre, de toutes façons. Tout ce qui pouvait lui arriver de mieux, c'était réussir à reconquérir l'amitié de la belle enseignante.
- « Qu'est-ce que c'est que cette odeur ? » demanda Derek tout en grimaçant, le nez froncé. Les joues d'Isaac s'empourprèrent immédiatement et il enfonça ses mains dans les poches de son jean, d'un air gêné.
- « Je t'ai piqué un peu d'after-shave, en fait. » avoua l'adolescent à l'Alpha, qui, sans aucun doute, se pinça fortement les lèvres pour ne pas exploser de rire.
- « Un peu ?! » se moqua Derek. « Tu as un rendez-vous ? »
- « Non, c'est pas ça. » s'empressa de justifier Isaac. « Je voulais essayer, c'est tout. (…) Faut que je te parle d'un truc. Stiles m'a appelé tout à l'heure. »
- FLASHBACK -
- « Mon dieu, Clyde, tu sens quoi ? »
Derek grimaçait et se pinçait même les narines. Ses sens étant décuplés, l'odeur qui émanait du visage de son meilleur ami était un peu trop enivrante. Clyde haussa les épaules et leva les yeux au ciel. Ses joues rougirent légèrement, sans doute vexé par la question de Derek.
- « J'ai piqué de l'after-shave à mon père, c'est tout. » grommela l'adolescent tout en s'installant sur la banquette du bar.
- « Tu sais, le but ce n'est pas de vider la bouteille en une fois. » se moqua l'adolescent lycanthrope qui reçut immédiatement un regard noir de son meilleur ami.
- « Arrête ton sarcasme, Derek ! (…) Ce n'est pas parce que toi tu te rases depuis l'âge de trois ans et demi que tu es un pro de l'after-shave. »
- « Je blaguais, Clyde. »
La voix de Clyde avait été si glaciale que le visage de Derek avait instantanément pâli. Cela faisait plusieurs semaines que Clyde n'était pas dans son état normal. Leur relation se dégradait à vue d'œil et Derek ne comprenait pas pourquoi Clyde montrait tant d'agressivité à son égard.
- « Ben arrête de te croire drôle parce que Lula a dit que tu l'étais. (…) Ça ne te donne pas le droit de te foutre de moi. »
Les mains du lycanthrope se serrèrent sous la table et il se contrôla du mieux qu'il pouvait afin de garder son calme. Pourtant, la remarque de son meilleur ami venait de lui transpercer le cœur. Il était là, alors le problème ? Lula était le centre de cette soudaine dégradation de leur relation ? Derek n'eût pas le temps d'y réfléchir plus, la demoiselle les rejoignait déjà, tapait une bise sur les joues des deux garçons, et s'installait en face d'eux en faisant signe au serveur de venir prendre leur commande.
- « Nouveau parfum, Clyde ? J'aime bien. » fit remarquer Lula tout en accompagnant sa parole d'un sourire adorable.
- « C'est ça, moque-toi, toi aussi. » grommela l'adolescent contrarié, s'affaissant un peu plus sur la banquette où il était installé.
- « Je ne me moquais pas, mais vu que tu le prends ainsi, je vais plutôt discuter avec Derek en espérant que celui-ci soit de meilleure humeur que toi. »
Mais Derek était parti bien loin dans ses pensées. En réalité, ses yeux avaient été attirés par une bande de jeunes qui venaient de pénétrer dans le bar. La seule fille du groupe venait de lui offrir un sourire divin, digne du plus pitoyable film à l'eau de rose. Pourtant, il restait pendu à ces lèvres qu'il voyait s'agiter à l'autre bout du bar et il tentait d'imaginer ce qu'elle pouvait bien raconter à ses amis. Il fut tiré de sa rêverie par la main de Lula qui s'agita devant son visage :
- « Allo la lune, ici la terre ! » s'empressa d'ajouter la jeune fille, qui ne put s'empêcher de ricaner, trouvant marrant de dire ça à un loup-garou.
- « Quoi ? » répondit Derek, les sourcils froncés, visiblement peu enjoué à l'idée de défaire son attention de la belle inconnue.
- « Qu'est-ce que vous avez tous les deux ce soir ? Vous êtes exécrables ! Si j'avais su, je serais restée regarder One Tree Hill à la télé. Merde, alors. » Lula était vexée par l'attitude de ses amis.
- « Derek préfère mater les nanas que de discuter avec nous. » constata Clyde, un sourire en coin et pointant du doigt la fameuse jeune femme que Derek fixait d'un air intéressé.
- « C'est qui ? » demanda Lula.
Personne n'eut le temps de répondre à l'interrogation de Finstock Jr. La divine inconnue s'invita à la table avec une classe qui en fit pâlir Lula de jalousie. Cette fille respirait la confiance en elle, traînant sa longue chevelure avec fierté et papillonnant des cils en direction de Derek.
- « Est-ce que ça tente quelqu'un, un billard ? Aucun de mes potes ne veut jouer avec moi. Ils préfèrent boire des bières dans leur coin... Ça me déprime. »
- « Pourquoi pas. »
Derek avait, pour une fois, été plus vif d'esprit que Clyde et Lula réunis qui échangèrent un regard entendu. Hale n'avait jamais aimé joué au billard. Il refusait chaque fois que Clyde et Lula proposaient une partie. Mais là, il suivait avec bonheur l'inconnue qui semblait lui avoir fait tourné la tête en quelques secondes à peine. Clyde et Lula les regardèrent quelques minutes puis décidèrent de s'en aller, laissant Derek aux mains de celle qui murmura bien rapidement à son oreille : « J'm'appelle Kate. »
- FIN DU FLASHBACK -
- « C'est vraiment le pire plan que Stiles n'ait jamais monté. Et pourtant, il en a monté pas mal, des plans pourris. »
Derek venait de s'affaler sur le fauteuil tandis qu'Isaac haussait les épaules.
- « On est d'accord. » se contenta-t-il de répondre à l'Alpha.
- « Et il pense vraiment que ça va marcher ? »
- « Dur comme fer. »
- « Il est idiot. »
- « Ou juste fou. (…) Il fait ça pour t'aider, tu sais. » fit remarquer le blondinet avant de se pincer les lèvres.
- « Il est bien aimable, mais s'il pouvait s'occuper d'affaires qui le regardent, ça serait sympa. »
Derek était partagé entre la colère, l'excitation de voir ce plan mis à exécution et la peur que celui-ci échoue lamentablement.
- « Je crois que dès qu'il s'agit de toi, il se sent particulièrement concerné. » trouva utile d'ajouter l'adolescent.
Derek leva brutalement le regard vers son bêta comme s'il venait de dire la plus grosse bêtise de la terre. Isaac, soudain tout penaud, haussa les épaules et tenta de se rattraper comme il pouvait.
- « Stiles est prêt à tout pour ses amis. (…) Je pense qu'il veut réussir à te prouver qu'il peut être un bon ami. (…) Il aurait fait la même chose pour moi. »
Bien sûr, Isaac n'était pas convaincu que Stiles se serait autant creusé la tête s'il avait été le centre de l'histoire. Lahey ne voulait pas brusquer Derek, voilà tout. Car il n'y avait que deux personnes au monde qui ne se rendaient pas compte du lien incroyable et presque mystique qui liait Stiles et Derek. Et ces deux personnes portaient le nom de Stiles et de Derek.
La sonnerie du loft retentit et les deux jeunes hommes restèrent à se fixer pendant de longues secondes, déglutissant difficilement. Isaac passa la main dans ses cheveux et Derek se leva d'un bond, bien décidé à être celui qui ouvrirait la porte. Lahey suivait Hale vers l'entrée comme un enfant suit son père. L'Alpha attrapa la poignée et ouvrit d'un geste qui se voulait naturel mais fut quelque peu brusque. Lorsqu'il se retrouva face à Lula, Derek fit semblant d'être surpris. Il n'était pas le meilleur acteur du monde mais ne s'en sortait pas trop mal. Quant à Lula, elle en laissa tomber son cartable qui libéra des feuilles que Lahey s'empressa de ramasser.
- « Je vais tuer Stiles. » dit simplement Lula tout en jetant un regard légèrement négligeant à celui qui s'était baissé pour rassembler ses papiers. « C'est quoi ce traquenard ? J'ai été claire Derek, je ne veux plus entendre parler de toi. »
- « Stiles, qu'est-ce que Stiles vient faire là-dedans ? » feignit de ne pas comprendre l'Alpha.
Lahey se redressa enfin et tendit son cartable à Lula qui ne prit même pas la peine de le remercier tant elle était agacée.
- « Derek n'est au courant de rien. » s'empressa de justifier Isaac. « J'ai vraiment besoin de ces cours de maths. Je savais que si je venais vous le demander moi-même, vous n'accepteriez jamais. Alors j'ai demandé à Stiles de plaider en ma faveur. (…) Je me doute que vous préféreriez être ailleurs qu'à la porte de ce loft mais... Je n'ai pas d'autres choix. »
Moue de chien battu : OK. Lula haussa un sourcil, presque intéressée par ce que racontait l'adolescent. Par contre, elle ignorait avec brio la présence de Derek qui lui, la fixait de ses yeux azurs.
- « Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais besoin de cours de maths ? » demanda Derek. « Je t'aurais trouvé un autre professeur. Tallulah n'acceptera jamais de te donner des cours. »
En entendant le nom 'Tallulah' sortir d'entre les lèvres de Derek, Lula grimaça légèrement. Bien sûr, c'était elle qui avait insisté pour que le loup-garou l'appelle ainsi, mais c'était finalement très désagréable. A croire que l'intimité entre deux personnes ne tenait pas aux surnoms ou au nombre d'heures passées ensemble ces cinq dernières années. L'intimité tenait en quelque chose de plus chimique.
- « Parce que Stiles n'arrête pas de me dire à quel point sa prof est formidable et que je me suis dit que moi aussi j'ai le droit à des cours géniaux. » raconta Isaac.
La situation devait être risible à voir. Ces deux acteurs n'étaient pas les meilleurs du monde et pourtant, Lula mordait parfaitement à l'hameçon et se pendait aux lèvres du jeune Lahey.
- « S'il vous plaît, Mademoiselle Finstock. (…) Derek est mon tuteur et si jamais l'assistante sociale se rend compte que j'ai des mauvaises notes, je ne pourrais plus vivre ici et je finirais en famille d'accueil. (…) Je sais que vous détestez Derek et sans doute moi, par la même occasion mais... (…) S'il vous plaît. »
Étrangement, la réplique qu'Isaac venait de lancer avait été parfaite. Lula accorda même un regard à Derek. On pouvait reconnaître beaucoup de défauts à la demoiselle Finstock mais elle n'avait jamais été sans cœur. Même avec ses pires ennemis. Et là, même si Derek n'était plus son ami, il n'avait jamais été son ennemi. La jeune femme posa son cartable, franchit l'entrée du loft et demanda froidement à Isaac tout en faisant claquer la porte derrière elle :
- « Tu me débarrasses de mon manteau, s'il te plaît ? »
Oui, elle jouait un peu la pimbêche. Mais ces deux-là le méritaient bien. Isaac accrocha la veste de Lula sur le porte-manteaux et porta sa main à sa bouche en s'empêchant fortement de rire alors qu'il lisait le message du tee-shirt de Lula.
- « Quoi ? » demanda-t-elle tout en jetant un œil à son haut.
Lula avait pris une douche rapidement après les cours et n'avait pas vraiment regardé quel tee-shirt elle choisissait dans sa garde-robe. Elle avait donc enfilé le premier venu, ne prêtant pas attention au message. Ce n'était que maintenant qu'elle avait enlevé son manteau qu'elle se rendait compte que ce n'était pas franchement approprié. Et que finalement, heureusement qu'elle n'avait pas débarqué dans une famille bourgeoise et coincée qui l'aurait sans doute congédiée sur le champ. Le tee-shirt disait : « I think he's gay → » (« Je pense qu'il est gay → ») et la flèche pointait en direction de Derek qui roula des yeux lorsqu'il s'en rendit compte.
Et pour la première fois depuis qu'elle avait remis les pieds à Beacon Hills, elle se sentit parfaitement à sa place.
Sans savoir pourquoi, ce petit incident la rendait plus légère. Elle échangea même un regard complice avec Isaac qui ne put s'empêcher de rire un peu plus fort en voyant les joues rougissantes de son Alpha.
Lula reprit bien rapidement son sérieux et pointa Derek du doigt :
- « Ne tente même pas de me parler, Hale. Je suis là pour l'aider à bosser, pas pour entendre tes jérémiades. Rien ne change. Tu restes toujours persona non grata dans mon champ de vision. »
L'ambiance se refroidit bien rapidement et tandis que Derek quittait docilement la pièce, Isaac fit signe à Lula de le suivre jusque sa chambre. L'adolescent était fébrile. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais cette femme ne cessait de grimper dans son estime. Ça l'ennuyait sérieusement de devoir se faire passer pour un idiot auprès d'elle. Parce qu'il aurait voulu briller. Tandis qu'il cherchait son livre de mathématiques, Lula jeta un œil aux vinyles que possédait Isaac. Elle fit quelques moues étonnées. Ce gamin avait des goûts très pointus pour son âge.
- « Sors moi l'un de tes vieux devoirs, aussi. Pour que je vois un peu où tu te trompes. »
Isaac déglutit difficilement. Il ne pouvait décemment pas sortir son dernier devoir où il avait obtenu un A+. Il fallait qu'il trouve une excuse bidon. Et pour ça, Lahey n'était pas le meilleur. Si Stiles s'en sortait avec une pirouette,
Isaac avait bien plus de mal à imaginer des excuses plausibles.
- « Je suis du genre bordélique, ils doivent tous être au fond de mon casier au lycée. »
- « Bordélique ? » répéta Lula, en levant un sourcil.
L'enseignante observa tout autour d'elle. La chambre était impeccablement rangée, presque au millimètre près. Chaque affaire était à sa place et tous ses cours étaient rangés sur des étagères, dans des classeurs, par matière.
- « A moins que tu n'ai deux personnalités comme Dr. Jekyll et M. Hyde, je ne crois pas que tu sois si bordélique que ça. » Lula fit quelques pas dans la pièce et attrapa un dossier dont l'étiquette disait : 'Devoirs de mathématiques'. « C'est peut-être dans cette pochette, qui sait. »
Isaac tenta d'arracher le dossier des mains de la jeune femme qui fronça les sourcils face à cette soudaine agressivité mais réussit d'un geste sûr à éviter l'affront. Elle ouvrit la pochette et observa chacune des notes d'Isaac sous le regard dépité du jeune homme qui voyait le plan de Stiles s'effondrer sous ses yeux.
Lorsqu'elle eut finit de regarder chaque interrogation écrite dont la plus mauvaise note était un B+, elle laissa tomber la pochette par terre et tourna les talons, décidée à sortir de ce loft.
- « Qu'est-ce que je peux être conne ! » dit-elle, comme pour elle-même. « Je me suis fait avoir comme une débutante. »
Comme il l'avait fait la veille, Isaac attrapa le bras de l'enseignante et la contraignit à rester dans la pièce, serrant son poignet avec autant de douceur que sa force de loup-garou lui permettait. Il l'entraîna un peu plus contre lui et cette proximité les étonna tous les deux. Leurs joues atteignirent la même teinte rosée.
- « Ne partez pas. »
- « Donne-moi une bonne raison de rester alors que toi et ton Alpha vous m'avez mené dans un traquenard que je ne comprends même pas ? »
Isaac passa rapidement sur l'étonnement d'entendre le mot 'Alpha' franchir les lèvres de la jeune femme. Il baissa les yeux et lâcha le bras de Lula, reprenant des distances plus convenables. Il n'était pas certain de trouver une excuse bidon assez crédible pour retenir Mademoiselle Finstock. Alors il décida d'être honnête. Parce que finalement, c'était sans doute ce qui marcherait le mieux.
- « Parce que je n'ai jamais vu Derek aussi fébrile que depuis que vous êtes de retour en ville. (…) Parce que je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous mais il a sans doute besoin d'explications. »
Lula fixa les grands yeux bleus de Lahey qui semblaient si sincères et doux qu'elle en fut troublée. Elle resta de longues secondes à l'observer, fondue dans un mutisme inquiétant.
- « Il m'en doit aussi. » finit-elle par dire. « Des explications. »
La voix de la jeune femme était emplie de sanglots et Isaac était transpercé par sa soudaine tristesse.
- « Mais... » Lula s'assit brutalement sur le lit de l'adolescent qui s'empressa de faire de même. « Je ne peux pas. (…) Je ne peux pas reparler de tout ça. (…) Surtout pas avec lui. »
L'enseignante se mordit fortement l'intérieur de la joue pour s'empêcher de se mettre à pleurer. Elle ne voulait craquer devant cet adolescent. Cela lui semblait inapproprié. Pourtant, sentant son chagrin, Isaac tapota maladroitement l'épaule de Lula. Et sans savoir pourquoi, elle eut un geste bien plus inapproprié que le fait de se mettre à pleurer. Elle posa doucement sa tête sur l'épaule de Lahey qui se crispa à ce contact soudain. La jeune femme ferma les yeux. Ils restèrent ainsi pendant plus d'une demi-heure, sans dire un mot. La chaleur qui émanait du corps d'Isaac réchauffait le cœur glacé de Lula.
Vers 20h00, le portable d'Isaac sonna et le sms qu'il venait de recevoir de Stiles le fit sourire.
STILES - Dis moi que Lula et Derek sont en train de parler comme des adultes responsables et qu'aucune assiette ne vole dans votre merveilleux loft.
- FLASHBACK -
- « T'as l'air contrariée. T'es jalouse ? »
- « De quoi ? »
- « De Derek et cette fille au bar. Il avait vraiment l'air de craquer pour elle. »
- « Tu continues encore de croire que je suis amoureuse de Derek ? »
Clyde haussa les épaules et reporta son attention sur l'épisode de One Tree Hill qui défilait à l'écran. Après l'événement du bar, les deux amis restants avaient décidé de rentrer chez Lula, dont le père était de sortie avec quelques copains.
- « C'est juste que cette fille avait l'air d'une peste. (…) Je ne veux pas qu'on lui brise le cœur. C'est tout. »
A nouveau, Clyde haussa les épaules, visiblement pas convaincu par l'argument de Lula. La jeune femme se mit à genoux sur le canapé, éteignit la télé grâce à la télécommande et fixa Clyde d'un air glacial, les poings posés sur les hanches.
- « Tu m'énerves, Clyde. Tu agis en gamin. (…) Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour que tu acceptes enfin de me croire ? »
Cette fois, Clyde tourna la tête vers elle et un sourire malicieux s'installa sur ses lèvres. Il se redressa un peu et vint murmurer à son oreille :
- « Embrasse-moi. »
Le cœur de Lula manqua un battement et elle se recula instantanément.
- « Arrête de jouer avec moi, Clyde. Je ne suis pas une poupée, je suis ta meilleure amie. »
- « Embrasse-moi. » murmura-t-il encore.
Lula resta indécise de longues secondes. Et pourtant, elle en mourrait d'envie. Elle plongea son regard dans les yeux verts de son ami et elle put y lire toute la franchise dont il faisait preuve. Alors elle s'approcha timidement et déposa ses lèvres sur celles de Clyde, scellant leurs bouches en un baiser maladroit et timoré.
- FIN DU FLASHBACK -
Isaac avait calmement raccompagné Lula à la porte. Lorsque Derek s'était approché pour tenter d'entamer la discussion, Lahey l'en avait empêché et avait ponctué le tout d'un signe de tête de gauche à droite.
- « Tu m'expliques ? » demanda Derek lorsque Lula fut partie.
- « Elle n'est pas prête, c'est tout. »
Et l'adolescent avait grimpé les marches qui le séparait de sa chambre. Il s'était assis sur son lit, avait attrapé son portable et avait prévenu Stiles :
ISAAC – J'ai fait foiré le plan.
Pourtant, Lahey ne pouvait s'empêcher de croire qu'il avait peut-être fait avancer les choses.
Pour me faire pardonner, ce chapitre est un peu plus long que les deux précédents. J'ai tellement hâte de vous en faire découvrir plus. J'espère que le passé que j'ai crée à Derek ne vous décevra pas. Que mon retour à l'écriture ne vous décevra pas. Que vous aurez eu du plaisir à lire ces quelques mots.
Et comme toujours, si vous pouviez laisser un petit mot, dire ce que vous en avez pensé, ce que vous avez aimé, ce que vous n'avez pas aimé, vos hypothèses sur la suite. Bref, donnez moi votre avis.
A très vite mes loups.
