Bonsoir les petits loups !
Et voilà ma MAJ du dimanche soir :) En espérant que ce chapitre vous plaira tout autant que les trois premiers.
Je vous remercie pour vos reviews, qui me font rire et me font tellement plaisir que ça égaye mes semaines. Promis, j'y répondrais très vite (particulièrement à Léokapi d'amour, Thomas-chou et Gretel, mon cookie préféré ! Je ne vous oublie pas, et je vous enverrai très vite un long pavé via MP). Les autres, vos petits mots me touchent et continuez à me les envoyer, parce que c'est tellement gentil et adorable. Je ne pourrais pas rêver de meilleurs lecteurs.
Bref, bonne lecture. 3
Chapitre 4
« Ton amitié m'a souvent fait souffrir ; sois mon ennemi, au nom de l'amitié. »
– WILLIAM BLAKE
- « Mademoiselle Fin... »
La personne qui venait de parler se racla la gorge et passa négligemment une main dans sa nuque, ses doigts se mettant inconsciemment à jouer avec une mèche de cheveux qui s'était dégagée de son chignon imparfait.
- « Je veux dire... Lula ? »
En entendant son nom prononcé d'une manière aussi mélodieuse, l'enseignante releva la tête de ses cahiers. Cela faisait près de cinq minutes que la cloche avait sonné et Lula attendait encore que ses élèves daignent enfin poser leurs fesses sur les chaises en plastique de la classe et arrêtent de bavasser. Elle leva le doigt pour faire patienter la jeune femme qui tentait de lui parler et s'adressa à la classe :
- « Vous avez gagné. Sortez une feuille blanche et résolvez le problème suivant : Trois enfants vont à l'école. Paul tient dans sa main un parapluie de 116 cm de circonférence. John, qui mesure 1m40 est vêtu d'un imperméable qui le protège jusqu'aux genoux. Quant à Jackson, toujours à la pointe de la mode, il porte un magnifique K-way orange fluo. Qui de Paul, John ou Jackson sera le plus mouillé ? »
Un mouvement de protestation se fit ressentir dans la salle de classe. Jackson laissa tomber sa tête en arrière, dépité d'être à nouveau la cible des attaques de Mademoiselle Finstock. Cependant, face au regard meurtrier de leur enseignante, les élèves s'exécutèrent en silence, tentant de ré-écrire les données du problème. Bien entendu, Lula savait pertinemment qu'aucun de ses étudiants ne serait en mesure de résoudre un tel problème. Pourtant, il y avait bel et bien une réponse à cette énigme. A en voir les sourcils froncés des élèves, ce n'était pas une mince affaire.
Enfin, Lula se retourna vers l'unique étudiante qui n'était pas encore assise et lui adressa un grand sourire pour l'encourager à parler. Lorsque l'enseignante remarqua que Stiles espionnait leur conversation, elle fronça les sourcils afin qu'il se concentre plutôt sur son problème. Cause perdue, bien entendu.
- « Le directeur m'a demandé de vous donner ça. Il a actualisé le trombinoscope. Je suis arrivée l'année dernière mais je n'y étais toujours pas. M. Laeddis a dit que ça vous serait sans doute utile d'avoir mon nom sur la liste de classe lorsque vous rentrerez mes notes dans l'ordinateur ! »
La jeune femme en face de Lula était d'une beauté rare et d'un sourire éclatant, tout en fossettes. Une beauté froide, qui n'était pas sans lui rappeler une figure de son passé. La fille du coach attrapa la feuille que lui tendait cette étudiante et resta un long moment à contempler le trombinoscope afin de retrouver le nom de celle-ci.
- « Ah, vous voilà ! (…) Allison Ar... »
La voix de Lula se brisa en lisant le nom qui était inscrit sous le visage étincelant de la brunette. L'enseignante déglutit difficilement, ce nom lui rappelant bien trop de mauvais souvenirs. Lula croisa le regard de Stiles, plus intéressé que jamais par la discussion. Celui-ci secoua la tête de gauche à droite, comme pour supplier leur professeure de mathématiques de se contrôler.
- « Un problème ? » s'empressa de demander Allison en voyant le visage pâle de l'enseignante.
- « Aucun. » réussit à dire Lula, pas vraiment convaincante, pas vraiment convaincue. « Vous êtes de la famille de Kate Argent ? »
La voix de la Miss Finstock se fit bien plus froide qu'elle n'aurait dû l'être envers une étudiante. Quant à Stiles, il trépignait sur sa chaise, sentant que la situation pouvait se dégrader en un rien de temps. Il savait comme les souvenirs pouvaient être douloureux, parfois.
- « Oui. C'était ma tante. »
- « Était ? »
Allison s'apprêta à répondre tandis que Stiles cherchait une pirouette pour dévier l'attention de Lula vers autre chose que la famille Argent. Mais, aussi étrange que cela puisse paraître, ce fut Jackson qui réussit à distraire l'enseignante.
- « Quitte à me faire encore plus détester, je vais dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Vous vous foutez de nous en nous donnant un problème impossible à résoudre. Vous n'êtes pas censée nous apprendre des choses ? »
Du fond de la classe, Jackson faisait son fier face à sa tirade digne d'une mauvaise série B. Quant à Lula, un sourire amusé s'était dessiné sur son visage. L'arrogance et l'insolence de son élève ne l'étonnait pas vraiment. Qu'il se laisse faire comme un bon toutou aurait été étonnant. La jeune professeure fit signe à Allison d'aller se rasseoir, ce qui rassura Stiles. Au moins, l'adolescent hyperactif était persuadé d'avoir le temps de faire comprendre à Lula qu'il ne fallait pas associer Allison à Kate. Car si Kate avait été si cruelle avec Lula, l'enseignante serait sans doute capable de se venger, même en faisant payer une innocente. Stiles l'avait lu dans les yeux bleus de Lula lorsqu'elle avait posé son regard sur le trombinoscope et que le nom 'Argent' s'était dévoilé. Alors, même si Allison avait de mauvais côtés, il ne voulait pas qu'elle paye pour les agissements passés de sa tante.
Lula se leva de sa chaise, descendit de l'estrade, fit le tour de son bureau, et vint appuyer son dos contre celui-ci sans quitter Jackson des yeux.
- « Ce problème est trop difficile pour vous, M. Whittemore ? (…) Pourtant, chaque question a une réponse. Sachez-le. (…) Personne n'a su résoudre ce problème ? »
Bien sûr, la main de Stiles se leva dans les secondes qui suivirent, ce qui fit rouler Jackson des yeux. D'un signe de menton, Lula donna la parole à Stilinski.
- « Aucun d'entre eux ne sera mouillé, vu que rien dans l'énoncé nous dit qu'il pleut. »
Lula avait vraiment envie de rire en voyant l'air dépité des autres étudiants. Le regard mi-agacé mi-épaté que Jackson lançait à Stiles valait d'ailleurs tout l'or du monde.
- « Excellent, Stilinski. Vous avez appris une chose aujourd'hui : à vous servir de votre logique. (…) Mais ça ne m'étonne pas vraiment de vous. »
Lula avait tenté d'en vouloir à Stiles pour lui avoir menti quant aux fameux cours particuliers qu'elle était censé donner à l'un de ses amis. Mais Lula avait rapidement mis sa rancœur de côté. Elle savait que Stiles avait agit avec toute l'impulsivité et la générosité qui le caractérisait.
- « Cependant, une autre réponse aurait pu être acceptée. (...) Effectivement, en portant ce K-way orange fluo, Jackson risque de s'attirer les moqueries de ses camarades et de se faire cracher dessus avant la fin de la journée. »
C'était méchant et sans doute même un peu gratuit pour le pauvre Whittemore qui s'en prenait, encore une fois, plein la figure pour pas un rond. Pourtant, l'effet fut immédiat et l'hilarité s'empara de la classe. D'un claquement de doigts, l'enseignante ramena ses élèves au calme et les prévint d'une voix mi-amusée mi-inquiétante.
- « La prochaine fois que vous n'êtes pas silencieux et installés après la sonnerie, je vous garde en retenue jusqu'à ce que vos parents croient que vous ayez été kidnappés par des extraterrestres. »
- FLASHBACK -
- « Quand est-ce qu'on va en parler à Derek ? » demanda la voix de timide de Lula tandis qu'elle contemplait son verre de coca et mélangeait nerveusement sa boisson avec la ridicule ombrelle qui était servie avec.
- « De quoi ? »
Lula leva les yeux vers Clyde, espérant apercevoir qu'il était en train de blaguer. Pourtant, le regard de son ami était on ne peut plus sérieux. Il observait Lula d'un air interdit, ne comprenant pas vraiment de quoi elle parlait.
- « Ben... De ce qui s'est passé hier soir. »
Cette fois, Clyde haussa les épaules d'un air négligeant et avala d'une traite la fin de sa bière avant de regarder sa montre, remarquant que Derek était en retard, ce qui n'était pas franchement son genre.
- « Ah, tu parles de ça. (…) Tu lui demanderas toi-même. (…) Ça ne m'intéresse pas de savoir si Derek a conclu ou pas hier soir. »
Les lèvres de Lula s'entrouvrirent pour riposter mais elle était bien trop sonnée pour pouvoir répondre quelque chose. L'adolescente n'en revenait pas. Clyde ignorait avec brio leur baiser de la veille. C'était comme si rien n'était arrivé entre eux. Comme si leurs lèvres ne s'étaient pas apprivoisées, comme si leurs langues n'avaient pas joué ensemble durant plusieurs minutes. Lula se sentait blessée. Pire. Elle se sentait trahie. Malheureusement, elle n'eut pas le temps d'évoquer sa détresse. Derek pénétrait dans le bar, Kate sur les talons.
- « Tu as ta réponse. » dit froidement Clyde en apercevant la main de Derek attraper celle de Kate pour l'entraîner vers la table où ses deux amis se trouvaient déjà.
- « Je m'en fous. » grommela Lula, s'enfonçant un peu plus sur sa chaise.
Le sourire de Derek faisait presque plaisir à voir. Le lycanthrope fit une bise à Lula et serra la main de Clyde tandis que Kate s'installait déjà à côté de l'adolescente avec un sourire surfait. Quelques banalités glaciales furent échangées entre les quatre jeunes. Le cœur de Lula n'y était pas. Elle ne voulait pas apprendre à connaître Kate. Finstock Jr. avait toujours eu un don pour les 'premières impressions'. Depuis qu'elle avait croisé le regard de cette Kate Argent, elle avait compris que celle-ci n'était pas un ange.
- « Je peux me permettre un conseil d'amie, Lulu ? » demanda Kate, en posant amicalement sa main sur l'avant-bras de l'adolescente.
- « Lula. » rectifia-t-elle froidement. « Seuls Derek et Clyde peuvent m'appeler Lulu. »
Lula ne supportait pas que quelqu'un se montre aussi familier. Kate n'était pas son amie et elle ne le serait sans doute jamais. Derek fronça les sourcils, visiblement agacé par la sécheresse de Lula. Il lui donna d'ailleurs un léger coup de pied sous la table afin de l'encourager à être plus aimable. Ne voulant pas faire de la peine à son ami, Lula avait finalement lancé un sourire à Kate.
- « Vas-y. Je t'écoute. »
- « Je trouve que ton tee-shirt te va super bien. » lança Kate, toute frétillante, sous le regard conquis de Derek.
Lula fut plutôt ravie du compliment et le sourire qu'elle accorda à Kate fut moins crispé et plus franc. Cependant, le retour de la médaille fut cuisant.
- « Par contre, quand on dépasse la taille 42, on évite les jupes trop courtes, ça grossit. »
Le regard de Kate s'attarda sur les genoux dénudés de Lula et Clyde manqua de s'étouffer avec sa propre salive en entendant la phrase assassine qui venait d'être prononcée. Les joues de Lula s'empourprèrent de honte tandis que Kate continuait de la regarder avec un sourire narquois. Quant à Derek, il restait silencieux, les yeux plongés dans son verre. Lula attendit une réaction de sa part, espérant qu'il prenne sa défense et remette Kate à sa place. Malheureusement, ni Derek, ni Clyde ne trouva judicieux de rabattre le clapet de cette vipère. Lula dût donc se débrouiller seule mais malheureusement sa répartie légendaire semblait s'être envolée. Ne trouvant rien à répondre, l'adolescente attrapa son sac à main, se leva et sortit rapidement du bar.
La jeune femme traîna longuement dans les rues de Beacon Hills, les yeux embrumés de larmes et le cœur lourd. Dans un monde idéal, Clyde et Derek auraient suivis leur amie, l'auraient réconfortée. Malheureusement, elle n'était pas dans un monde idéal. Plus les jours avançaient, plus elle se rendait compte que la relation idyllique qu'elle avait entretenue avec Clyde et Derek était bien loin derrière elle.
- FIN DU FLASHBACK -
- « Je vais trouver un autre plan. » assura Stiles qui gigotait un peu trop sur le canapé.
L'Alpha leva les yeux au ciel et secoua la tête. Stilinski en avait assez fait. Derek était fatigué de toute cette histoire. Il avait l'horrible impression que tout le poids de son passé écrasait sa poitrine et l'empêchait de respirer. Et même si les visites de Stiles se révélaient être une véritable bouffée d'air frais, Derek ne pouvait s'empêcher d'être pessimiste.
- « Arrête. (…) Le mieux que je puisse faire, c'est d'éviter de croiser Lula. Et si par malheur je la croise, j'agirais en adulte responsable et je passerai mon chemin. »
Stiles donna un coup de poing dans l'épaule de Derek qui était assis à ses côtés sur le canapé. L'Alpha fronça les sourcils et lui lança un regard censé lui couper l'envie de recommencer. Bien sûr, Stilinski n'en faisait qu'à sa tête comme toujours.
- « Tu racontes des conneries, Hale. (…) Tu ne seras jamais un adulte responsable. Dois-je te rappeler que tu es un loup-garou ? » Derek roula des yeux, vieille habitude. « Il faut que vous vous parliez, c'est tout. Il n'y aucune autre solution. Il faut crever l'abcès. Honnêtement, il y a trop de pus dans votre relation. »
- « T'es le roi de la métaphore poétique, Stiles. » s'empressa de commenter Isaac, assis sur le fauteuil en face, faisant semblant de bouquiner un livre intitulé 'La parade nuptiale'. En réalité, il espionnait chaque fait et geste de Derek et Stiles et s'amusait à les comparer avec les photos qu'il y avait dans son bouquin. « Je vous ai déjà dit que Lula ne veut pas en parler. »
- « Oui, et bien toi aussi tu racontes des conneries, Lahey. » pesta Stiles, en lui balançant une revue qui traînait sur la table en pleine tronche. « C'est quoi ces histoires de 'Elle n'est pas prête à parler.' ? Depuis quand t'es devenu un expert en psychologie féminine ? (…) Les filles sont toujours prêtes à parler. Elles ne font que ça, d'ailleurs. »
- « Il n'y a pas que les filles qui sont toujours prêtes à parler. » commenta Derek, sans doute fatigué par le babillage de son invité.
Comprenant très bien que l'Alpha parlait de lui, Stiles fit une légère grimace et posa ses pieds sur la table basse, se prenant un regard noir de M. Propre Lahey. Il croisa les bras et bailla longuement. Ces derniers jours, il passait plus de temps dans ce loft que dans sa propre maison. Son père commençait à s'en inquiéter et Scott en avait marre de ne plus voir son meilleur ami aussi souvent qu'avant. Quant à Stiles, il était content. Franchement content. Il aimait traîner avec ces deux loups dans ce loft luxueux. Il adorait élaborer des plans stupides et se sentir un minimum utile. Il aimait le côté futile de sa mission et il adorait que Derek se livre à lui sans réelle retenue.
- « Bon, tu as réussi à me fatiguer Stiles, je vais me coucher. » commenta Lahey avant de grimper les marches menant à sa chambre.
Stiles fronça les sourcils en grimaçant à nouveau. Isaac n'avait pas franchement l'air dans son assiette depuis le plan 'cours de soutien avec Lula Finstock'. Pourtant, Stilinski avait pris le temps d'expliquer à Isaac qu'il ne lui en voulait absolument pas d'avoir fait foiré le plan et qu'ils trouveraient bien un autre moyen de programmer une réelle discussion entre Derek et Lula.
- « Il est bizarre Isaac ces temps-ci, non ? »
- « Je crois qu'il craque un peu pour Lula. » dit Derek, comme s'il s'agissait de l'information la plus banale de la soirée.
Stiles manqua de faire renverser son verre d'eau qu'il reposa aussitôt en ouvrant les yeux tel un poisson lune.
- « T'as fumé quoi ? » questionna Stiles. « Et surtout, pourquoi tu penses ça ? (…) Je vais être incapable de regarder Lula normalement, maintenant. »
- « Tu exagères. » précisa l'Alpha tandis que l'adolescent haussait les épaules, constatant que Derek n'avait pas tout à fait tord. Stiles était le pro de l'exagération. « L'autre jour, avant que Lula arrive, Isaac s'est aspergé de ma lotion après-rasage Azzaro. (…) Voilà ce qui me fait dire ça. On ne se parfume pas autant sans souhaiter impressionner quelqu'un. C'est tout. »
Les joues de Stiles s'empourprèrent en se rendant compte qu'avant de venir, il avait piqué l'après-rasage Hugo Boss de son père. Pour ne pas montrer sa gêne, l'adolescent regarda sa montre et bailla à nouveau :
- « Tu te rends compte qu'il est bientôt minuit et qu'on est en train de raconter des potins sur la vie sentimentale d'Isaac ? »
- « Et alors ? » riposta Derek.
Cette fois, la bouche de Stiles s'ouvrit si grand que l'Alpha lui donna un coup dans le menton pour l'encourager à la refermer.
- « Tu as changé, Derek Hale. (…) Je ne sais pas si c'est ton côté adolescent qui refait surface ou bien mes visites à répétition qui ont cet effet mais... T'es un peu moins coincé que d'habitude. (…) Je me demande si je dois avoir peur ou être heureux. »
- « T'as raison, en fait. Rentre chez toi. (…) T'as cours demain, je te rappelle. » siffla Derek en attrapant Stiles par le bras pour l'entraîner jusqu'à la porte.
- « Ah, le revoilà, le Derek rabat-joie que j'aime ! »
Stiles se rendit immédiatement compte que sa phrase n'avait pas été prononcée très judicieusement et était particulièrement ambiguë. L'adolescent observa la réaction de Derek et constata que sa réplique ne semblait pas avoir eut un quelconque effet sur le loup-garou qui continuait de le traîner -littéralement- vers la sortie. Stiles aurait sans doute souhaité rester plus longtemps auprès de Derek. Personne n'était dupe de son petit manège. Chaque acte qu'il réalisait, il le faisait pour le lycanthrope. Pourtant, Stiles préférait crever plutôt que de s'avouer la terrible vérité : Derek Hale lui faisait un effet dingue. Il avait oublié la chevelure blonde vénitienne de la belle Lydia depuis qu'il s'était plongé au plus profond des yeux azurs de loup-garou bougon et rude. Mais il était bien trop tôt pour qu'il soit capable d'accepter cette fatalité. Alors, même si son cœur battait plus fort chaque fois que la main de l'Alpha agrippait l'un de ses vêtements, il réussissait encore avec brio à faire taire le torrent de sensations qu'il ressentait au plus profond de son âme.
- « Je peux te poser une question ? » demanda l'adolescent qui se trouvait désormais dans l'encadrement de la porte, prêt à s'en aller.
- « Je ne suis plus à ça près. »
La douceur de la voix de Derek fit frissonner Stiles qui prit une longue inspiration. Chaque fois que l'Alpha se montrait plus tendre et compatissant à son égard, l'adolescent se retrouvait submergé d'émotions qu'il ne connaissait pas encore. Pour être tout à fait honnête, Stiles devait bien avouer qu'il se rendait compte que le méchant loup qu'était Derek devenait désormais (presque) aussi doux qu'un agneau lorsqu'il passait trop de temps auprès de l'adolescent. Et Stilinski n'était pas peu fier. Il aimait avoir cet effet positif sur le caractère du lycanthrope. Bien sûr, Derek tentait encore et toujours de jouer le bourru, mais il devenait de plus en plus mauvais acteur aux yeux de Stiles.
- « Tu trouves que je ressemble à Lula ? (…) Niveau caractère, j'entends. Parce que physiquement, ça serait un peu ridicule, on est sacrément opposés, elle et moi. »
Derek avait haussé les sourcils, ne s'attendant pas une seule seconde à cette question de la part de Stiles. D'ailleurs, il ne savait absolument pas quoi répondre et resta un long moment silencieux, à observer la bouche entrouverte de l'adolescent qui semblait attendre sa réponse avec une certaine impatience.
- « Peut-être. (…) J'en sais rien, en fait. » lança Derek, se passant la main dans la nuque et s'apprêtant à refermer la porte sur Stiles.
L'adolescent l'en empêcha d'un coup de bras et refit un pas dans le loft. Il ne comptait pas laisser Derek se défiler de la sorte. C'était trop facile. Derek Hale était le roi lorsqu'il s'agissait de prendre ses jambes à son cou et d'éviter les questions qui le gênaient un peu trop.
- « Bien sûr que tu sais. » insista Stiles, plantant son regard dans les yeux azurés de son aîné. « C'est pour ça que tu fais genre tu me détestes ? (...) Parce que quand tu me vois, tu vois Lula et que ça te ramène à tes erreurs passées ? »
- « Non. »
Le ton de l'Alpha était tranchant, mauvais, austère. Derek évitait avec brio le regard de l'adolescent qui ne sembla pas s'alarmer quant à la soudaine mauvaise humeur de son interlocuteur. Au contraire, Stiles avait l'impression de toucher au but. C'était comme s'il avait touché une corde sensible. Et l'adolescent comptait bien faire le funambule sur cette corde et faire parler le lycanthrope.
- « Tu as peur de me faire souffrir comme tu l'as fait souffrir. »
Ce n'était pas une question. Stiles venait de faire un constat cuisant. Le loup-garou releva la tête et observa l'adolescent d'un air dur.
- « Tu racontes n'importe quoi, Stiles. »
- « Tu sais que j'ai raison. » insista le fils du Shérif, un sourire illuminant son visage.
- « Depuis quand tu fais dans la psychologie de comptoir ? » ironisa Derek.
- « Depuis qu'Isaac est un expert en psychologie féminine. »
- « Tu as toujours réponse à tout, n'est-ce pas ? » interrogea le loup-garou, dont les lèvres tentaient de dessiner un sourire.
- « Toujours. » répondit fièrement Stiles, bombant légèrement le torse.
- « Alors oui, tu lui ressembles. »
Le visage de Stiles redevint immédiatement sérieux en entendant ce que venait de dire Derek. Ces quelques mots résonnèrent dans ses tympans et son cœur se mit à battre à un rythme irrégulier. Il n'en revenait pas que Derek admette enfin qu'il possédait des traits de caractère en commun avec Lula. Ne laissant pas Stiles cogiter plus longtemps sur cet échange, Derek poussa à nouveau l'adolescent vers la sortie.
- « Derek ! » interpella Stiles avant qu'il ne ferme la porte. Le loup-garou lança un signe de tête incitant le jeune humain à parler. « Je... » La voix de Stiles était soudain tremblante et timide, ce qui ne lui ressemblait pas le moins du monde. Les yeux de Derek s'écarquillèrent face à ce spectacle. « Je suis sûr que tu ne me feras pas souffrir. » dit-il, finalement plus assuré. « Je sais que tu es un bon ami, quoi que tu en penses. (…) Tu sais pourquoi ? (…) Parce que je n'ai pas assez de doigts pour compter le nombre de fois où tu as risqué ta vie pour sauver la mienne. (…) Et que même si tu fais semblant de me détester, parfois... Et bien je sais que tu tiens à moi. (…) Au moins un peu. »
Les joues de Stiles s'empourprèrent en se rendant compte de ce qu'il venait de déblatérer. C'était presque une déclaration. Et ce n'était pas le genre de Stilinski de déballer ses sentiments comme ça. Pas aussi facilement.
- « Sérieusement Stiles, va te coucher. »
Ce fut la seule chose que Derek trouva intéressant de répondre à celui qui venait de le décrire comme un bon ami. Le loup-garou appuya cependant sa sentence d'un très léger sourire et referma la porte. Derek s'adossa contre le mur du loft et secoua la tête. Il s'en voulait de ne pas avoir été capable d'approuver les paroles de Stiles. Bien sûr qu'il tenait à cet humain casse-pied et envahissant. Stiles avait beau être trop bavard, trop curieux et hyperactif, Derek avait énormément d'affection pour lui. Sans doute un peu trop. Parce que cette affection débordante commençait à se faire remarquer. D'ailleurs, Isaac n'hésitait pas à faire des sous-entendus à son Alpha sur la relation qu'il entretenait avec Stiles. Car, comme on le sait tous, la frontière entre l'amitié et l'amour est bien maigre, parfois.
- FLASHBACK -
- « Je sais que tu es là, Derek ! » hurla la jeune femme en tambourinant contre la porte de la chambre de son ami. « Ta mère m'a dit que tu étais là. (…) Bordel, Hale, ouvre-moi ! »
Après de longues secondes, la poignée pivota et la porte s'entrouvrit. Le visage morose du lycanthrope apparut enfin dans l'encadrement et Lula soupira de soulagement. Cela faisait plusieurs jours qu'elle tentait d'entrer en contact avec Derek. Plusieurs jours qu'elle se cognait à une montagne de silence. La jeune femme observa les traits durcis de son ami et fronça les sourcils. Lula estimait n'avoir rien à se reprocher. Depuis que Kate s'était moquée d'elle, l'adolescente avait passé son temps à déprimer dans sa chambre. Même les excuses de Clyde pour ne pas avoir pris sa défense n'avaient pas réussies à lui redonner le sourire.
- « Tu vas me faire rentrer ou bien tu me laisses à la porte comme une vulgaire inconnue ? »
Derek avait finalement laissé la place à Lula pour qu'elle pénètre dans sa chambre. Inconsciemment, la jeune femme regarda dans chaque coin de la pièce, comme pour vérifier que Kate ne se cachait pas dans la pièce. Lula entreprit finalement de s'asseoir sur le rebord du lit de Derek qui restait droit comme un piquet et ignorait le regard de sa meilleure amie.
- « Je peux savoir pourquoi t'ignores chacun de mes appels ? » commença-t-elle, plus agressivement qu'elle ne le souhaitait. « Et au lycée, tu n'es que l'ombre de toi-même. On n'est pas idiots, Derek, on a bien compris que tu nous fuyais, Clyde et moi. »
- « Je n'ignore pas Clyde. » constata le loup-garou avec une froideur dont Lula n'avait que très rarement fait les frais.
- « Ok. Je vois. (…) Qu'est-ce que je t'ai fait pour mériter un tel traitement ? »
Cette fois, Derek haussa les épaules. Visiblement, il n'était pas prêt à raconter ce que Lula avait fait de mal pour qu'il se mette à ignorer ses coups de téléphone et ses textos. Voyant que Derek ne répondait pas, la jeune femme se releva brutalement et s'approcha dangereusement du lycanthrope d'un air menaçant. Elle savait très bien qu'elle ne l'effraierait pas mais elle souhaitait lui prouver qu'il ne pouvait pas agir comme un con avec elle juste parce qu'il était de mauvais poil.
- « Tu sais quoi ? C'est moi qui devrait t'ignorer. (…) Je devrais t'en vouloir pour avoir laisser ta connasse de copine m'insulter. (…) T'aurais du prendre ma défense, parce que c'est ce que les amis font. (…) Toi, t'as rien fait. T'es resté là, les yeux plantés dans ta bière et tu m'as regardé couler. (…) Et là, c'est toi qui me fait la gueule ? Tu te fous de moi, non ? »
Toujours pas un mot de la part du lycanthrope. Les poings de la jeune femme se serrèrent et ses yeux furent bientôt remplis de larmes.
- « Tu me fais chier, Hale ! T'entends ? Tu m'emmerdes. » Et les poings menus de l'adolescente s'était mis à frapper contre le torse en béton du loup-garou. Elle tentait de lui faire mal, sachant qu'elle en serait incapable. Les larmes coulaient désormais sur ses joues roses et Derek ne réagissait toujours pas. « Je peux comprendre que tu sois amoureux. (…) Je peux comprendre des tas de choses. Mais pas que tu m'ignores alors que ça fait une semaine que je chiale tous les soirs sur mon oreiller parce que ta copine s'est foutu de moi. »
Derek attrapa les poignets de Lula pour la faire arrêter. La jeune femme réussit à faire sécher ses larmes et resta pendue aux lèvres de son ami, espérant qu'il serait enfin enclin à parler.
- « Elle n'est pas méchante, Kate. » constata le loup-garou tandis que Lula roulait des yeux. « C'est toi qui n'a pas été très accueillante avec elle, l'autre soir. (…) Kate m'a raconté qu'elle s'est sentie agressée et qu'elle n'a pas trouvé d'autres manières de s'imposer. (…) Elle s'en veut, tu sais. »
Lula n'en revenait pas. Elle était là, en pleurs devant Derek, les yeux rougis, les cheveux en bataille et il continuait de défendre Kate. Lula se recula et fut prise d'un rire nerveux tandis que Derek la regardait désormais avec incompréhension.
- « Elle s'en veut ? Ça me fait une belle jambe. » ironisa Lula. « Le fait est que ça n'explique pas pourquoi tu m'ignores depuis une semaine. T'aurais pu bouger tes fesses et venir me l'expliquer en face. (...) Je t'ai connu plus courageux. »
Derek baissa les yeux et Lula comprit qu'une gêne étrange s'était installé entre eux. La jeune femme soupira longuement.
- « Vas-y. Qu'est-ce que tu as d'autre à me reprocher ? »
Face au ton de voix fataliste de son amie, Derek releva la tête, un air triste sur le visage. Il s'en voulait que les événements prennent cette tournure. Il aurait voulu apaiser la situation, attirer Lula contre lui pour la rassurer et profiter ensemble de la fin de l'après-midi. Comme l'auraient fait deux amis. Sauf que rien n'était aussi simple désormais.
- « Rien. Je n'ai rien d'autre à te reprocher. » trancha le loup-garou.
- « Alors quoi ? (…) Explique-moi pourquoi j'ai l'impression d'être de trop dans cette pièce qui était comme ma deuxième maison il y a quelques jours encore. »
- « C'est Kate... » commença timidement Derek. « Elle est assez jalouse et... (…) Elle croit que tu aimerais être plus que mon amie. »
Lula n'en croyait pas ses oreilles. A nouveau, elle s'était mise à rire, ne comprenant pas un seul instant comment Derek pouvait lui raconter une telle histoire.
- « Tu sais, c'est le début entre Kate et moi alors... Je n'ai pas envie de tout briser, parce que je l'aime vraiment bien. » conclut-il avec plus d'assurance. « J'espère que tu comprends. »
- « La seule chose que je comprends c'est que tu préfères mettre de côté un an d'amitié dans l'espoir de te taper cette conne. (…) Très bien, Derek. Amuse-toi. Crois au coup de foudre si tu le veux. Mais ne viens pas pleurer sur mon épaule quand elle t'aura brisé le cœur. Je ne serais plus là. »
Lula ne croyait pas si bien dire.
- FIN DU FLASHBACK -
- « Je peux vous demander un service ? »
- « Si c'est pour dispenser des cours de soutien à l'un de tes amis qui n'en a pas besoin, j'ai déjà donné, Stilinski. »
La jeune femme n'avait pas levé la tête de ses cahiers, reconnaissant très bien la voix de celui qui se tenait, encore une fois, à côté de son bureau alors que le cours était terminé. Stiles se pinça les lèvres en remarquant que la voix de son interlocutrice était glaciale. Lula avait pardonné l'adolescent pour le plan foireux qu'il avait monté dans son dos, mais elle ne souhaitait pas pour autant lui faire le plaisir d'être absolument gentille avec lui. Il méritait quelques piques bien placées.
- « En fait, j'aurais juste besoin de votre trousseau de clés. La réserve de la bibliothèque est fermée à cette heure-ci et il y a un bouquin dont j'ai absolument besoin pour mon exposé d'histoire de demain. »
- « Tu connais internet ? C'est hyper moderne et pratique. Tu devrais essayer. » ironisa la jeune femme.
- « Sérieusement ? Vous croyez que M. Johnson va me mettre une bonne note si je pioche des infos sur internet ? (…) C'est le mec le plus pointu que je connais. Il sait même quel était le plat préféré de Winston Churchill. C'est flippant, je vous jure. »
Lula releva la tête et comprit qu'elle finirait par céder bien vite. Parce qu'il était trop mignon avec ses fossettes et son regard coquin. Genim Stilinski était un diable déguisé en ange. Lula attrapa le trousseau de clés dans son sac et le lança à Stiles dont le sourire triompha.
- « Tu me le ramènes dans un quart d'heure. J'ai quelques copies à corriger et après il faut que je ferme la classe derrière moi. »
Stiles approuva d'un vif mouvement de tête et s'apprêta à sortir de la pièce. En constatant que l'adolescent semblait un peu trop fier de lui, Lula tourna le regard vers la porte et se frappa le front avec la paume de la main en constatant que Derek venait de pénétrer dans la salle de classe et que Stiles venait de prendre soin de les y enfermer.
- « J'y crois pas. » lança l'enseignante, ne pouvant s'empêcher de se mettre à rire face à la ruse de Stilinski. « Deux fois. » assura-t-elle en regardant Derek s'avancer vers le bureau. « Deux fois que je me fais avoir comme une débutante par ce gamin. »
- « Il est plutôt convaincant. » tenta le lycanthrope avec un sourire sur les lèvres. « Et il n'est pas du genre à laisser tomber. »
- « Je suis censée être la personne la plus rusée de ma génération. Et là, cet ado arrive à me faire croire des trucs aberrants. » ironisa Lula.
Malgré le fait que la situation aurait du être désagréable pour la jeune professeure, elle ne pouvait s'empêcher d'être plutôt amusée. Elle n'avait pas conscience que d'être enfermée dans cette pièce signifiait qu'elle allait devoir mettre ses sentiments à plat. Jouer carte sur table, comme on dit.
- « Tu es la personne la plus rusée de ta génération. (…) T'as quand même réussi à séduire mon oncle George pour le convaincre de te donner l'ingrédient secret pour que les loups-garous puissent ressentir les effets de l'alcool. »
- « Une goutte d'huile essentielle d'eucalyptus mélangée à de la lavande vraie toutes les demi-heures conserve l'alcool dans le sang. (…) Impossible d'oublier ça. »
Lula se souvenait de ce moment comme si c'était hier. Cette évocation la fit sourire, malgré elle. Derek fit de même, se rappelant de la gueule de bois mémorable suite à la soirée trop arrosée qu'il avait vécu avec Clyde et Lula. C'était sans doute la dernière soirée qu'ils avaient passé tous les trois ensemble.
Les deux jeunes gens, désormais adultes, restèrent à se regarder, soudain gênés. Le silence se faisait douloureux mais aucun d'entre eux n'était capable de le rompre. Lula sentit une boule de larmes envahir sa gorge. Elle ferma les yeux quelques secondes, ne supportant plus le regard de Derek sur elle. Comprenant l'émotion qui l'envahissait, il avança vers elle et attrapa maladroitement son avant-bras. Étrangement, Lula n'eut aucun mouvement de recul et laissa la main de Derek glisser le long de son bras pour venir enlacer amicalement sa main. Elle ré-ouvrit doucement les yeux et sentit une larme couler le long de sa joue.
- « Tu m'as manqué. » murmura Derek.
- FLASHBACK -
- « Bordel, Hale, tu m'as manqué ! » hurla Lula tout en continuant de tourbillonner au rythme de la musique.
Les deux adolescents n'avaient jamais été aussi ivres de leur vie. Dans l'après-midi, Lula était passée draguer l'oncle de Derek pour que celui-ci crache le morceau quant à l'ingrédient secret permettant aux loups-garous de se saouler.
« Jure-moi que l'on ne se disputera plus jamais. » dit-elle plus bas tout en s'approchant un peu plus du lycanthrope et en encadrant le visage du jeune homme avec ses mains.
L'adolescente posa son front contre celui de son ami. Leurs nez se frôlaient et leurs regards se disaient tout ce qu'ils avaient été incapables de se dire auparavant.
- « Plus jamais. » murmura Derek. « Je te le promets. »
Et le lycanthrope avait attrapé la main de la jeune femme pour la faire danser. Elle virevolta dans les airs et déposa une lourde bise sur la joue de son meilleur ami.
- « Tu es aussi saoul que moi, mais j'ai envie de te croire. »
- « Tu comptes trop pour moi, Lula. Je ne pourrais jamais te laisser tomber. »
Il l'avait attiré contre lui, avait enroulé ses bras autour de son corps et l'avait serré si fort qu'elle n'avait pu que le croire. Elle avait même essayé de dessiner leur futur parfait. Qui ne le serait sans doute jamais. Mais ils étaient trop ivres pour imaginer que leur futur serait bien loin de leur idéal.
- « Je vais faire des efforts. Je vais essayer d'apprendre à connaître Kate. Et puis je vais lui prouver que je ne suis pas amoureuse de toi. (…) Parce que c'est vrai en plus. Je t'adore Derek, tu me fascines et tu es peut-être terriblement attirant mais... » La jeune femme se mit à sourire en s'entendant parler. « Je ne suis pas amoureuse de toi. Vraiment. (…) Mais ne m'ignore plus jamais. Je serais incapable de vivre sans toi. (…) Et j'ai déjà hâte d'être au bal de fin d'année. Pour que tu me fasses danser toute la nuit comme tu le fais maintenant. »
Lula s'était détaché de l'étreinte de son meilleur ami et avait jeté un œil à Clyde qui était assis sur la banquette de la boîte de nuit, visiblement agacé par la scène que lui offraient Derek et Lula. La jeune femme eut un sourire triste, s'élança vers Clyde, le contraint à quitter son verre et l'entraîna sur la piste de danse. Derek, quant à lui, prit la place de Clyde sur la banquette, pour se reposer un peu, regardant ses deux amis s'amuser.
- « Clyde... » souffla Lula, tout en glissant ses bras autour de la nuque de l'adolescent.
- « Quoi ? »
- « On va en reparler un jour de notre baiser ? »
Clyde avait baissé les yeux, gêné, les joues aussi rouges que les néons de lumière qui illuminaient son visage.
- « Mais tu sais, si tu ne veux pas en parler, je ne serais pas contre. On peut juste réitérer l'expérience, si tu le souhaites. »
Cette fois, Clyde n'en croyait pas ses oreilles. L'audace de Lula le sidérait. Il avait relevé les yeux et avait contemplé le visage de son amie, rougi d'avoir trop dansé. La musique de la boîte de nuit avait ralenti, bon nombre de danseurs avaient quitté la piste. Seuls les couples ne manquaient pas à l'appel. Clyde hésita un instant mais attrapa la taille de Lula et l'attira contre lui. Bien sûr, Lula était saoule. Clyde l'était tout autant. Pourtant, le baiser qu'ils échangèrent, aux effluves de bière et de rhum, fut l'un des plus beaux de leur vie.
Sur sa banquette, Derek resta bouche bée face à cette vision de Lula et Clyde s'embrassant. Il ne savait pas vraiment quoi en penser. Il trouvait cela étrange mais beau. Alors, il décida d'être heureux pour eux. C'était la moindre des choses. Son portable vibra dans la poche de son jean et il put lire le message suivant :
KATE – T'es où ? Ça fait une heure que je te cherche.
DEREK – Je suis sorti avec Clyde.
KATE – Et Lula.
DEREK – Sois pas jalouse. Quand je vais te raconter ce qui se passe devant mes yeux, tu ne pourras plus l'être.
KATE – Je m'en fiche. Tu me mens pour aller t'éclater avec Lula. J'ai le droit d'être jalouse.
Derek soupira face à cet échange ridicule de textos qu'ils venaient d'avoir. Il ne comprenait absolument pas la réaction de sa petite amie. Il était censé être le plus jeune des deux et pourtant, il avait parfois l'impression que c'était Kate qui était immature. Un dernier message arriva. Celui qui changea tout. Pour de bon.
KATE – Je ne crois pas que l'on puisse être ensemble si tu continues à la voir.
- FIN DU FLASHBACK -
- « Je suis désolé. » murmura Derek. « Pour tout. »
- « Je sais. »
La voix de Lula était douce et la jeune femme serra un peu plus la main de Derek, entrelaçant ses doigts à ceux de son ancien meilleur ami. Puis, alors qu'il allait l'attirer contre lui pour l'étreindre, elle le repoussa violemment et de nombreuses larmes envahirent ses joues.
- « Je devrais te détester. (…) Pendant toutes ses années, j'ai essayé de t'oublier et de me dire que tu ne méritais pas ma compassion. »
Derek la regarda s'éloigner, ne comprenant pas ce revirement de situation soudain. Il la suivit des yeux tandis qu'elle faisait les cent pas dans la pièce. Elle paraissait fébrile et ressemblait à une enfant qui venait de faire une bêtise.
- « Mais tu sais quoi ? (…) Je ne te déteste même pas. » La jeune femme ferma à nouveau les yeux. « Je ME déteste. Parce que je suis aussi coupable que tu l'es. »
Les mots de l'enseignante brisèrent le cœur de Derek qui déglutit difficilement. Ils y étaient. Elle pouvait enfin exprimer toute la rancœur qu'elle avait gardé au fond de son âme.
- « Parce que si je n'étais pas entrée dans vos vies, Clyde serait sans doute encore vivant. »
- « Ne dis pas ça. » intima Derek, d'une voix dure.
Il ne supportait pas d'entendre la jeune femme se rendre coupable d'une telle chose. Cette fois, il ne lui laissa pas le choix. Il s'élança vers elle, attrapa ses poignets et la blottit contre lui. Lula pleura de plus belle, comme elle ne l'avait pas fait depuis des années. En réalité, la dernière fois qu'elle avait pleuré comme ça, c'était lorsqu'on lui avait annoncé la mort de Clyde. Ce jour-là, elle avait vu son monde s'écrouler. Plus rien ne la retenait à Beacon Hills. Alors elle s'était enfuie.
Sentant le rythme cardiaque de Lula s'apaiser, Derek relâcha ses poignets et caressa doucement les cheveux de son amie. Depuis le jour où elle était partie, jamais il n'avait été capable d'un geste aussi tendre. Pourtant, la consoler lui sembla tout naturel. Il se sentait soudain plus humain qu'il ne l'avait jamais été.
Vous savez quoi ? J'adore vous torturer ! Parce que je suis sûre que vous vous demandez comment Clyde est mort, et tout et tout. D'ailleurs, n'hésitez pas à me dire quelles sont les questions que vous vous posez :P Parce qu'il reste encore plein de points à éclaircir ! Et j'aime vous mener dans plein de directions !
Bon, le Sterek se dessine peu à peu ! Ca arrivera bientôt, ne vous inquiétez pas :P
Bref, commentez, parce qu'un auteur sans critique (positive comme négative), c'est triste. :P
Je vous aime. Bonne semaine. A la semaine prochaine.
PS pour Léokapi : Moi non plus je n'aime pas les tomates crues. On est trop pareils, frérot :D Par contre je mange des tomates cuites avec toi quand tu veux ;)
