Bonjour mes poulains !

Joyeuses Pâques à tous ! J'espère que vous ne vous êtes pas trop gavés de chocolats ce week-end, mais vous connaissant, je suis sûre que si. Pour ma part, j'ai le ventre bien rempli de mets en tout genre. Le chocolat reste mon pêché mignon !

J'ai cherché une blagounette à vous faire en ce 1er avril, mais je n'ai pas trouvé ! Et vous, vous aimez faire des blagues à vos amis le 1er avril ? :P

Bref, finis les blablas, voici le chapitre cinq de ma fanfiction. Merci pour vos reviews, merci pour vos petits mots adorables, pour vos follows, vos favorites,...

Bonne lecture.


Chapitre 5

« L'amour est aveugle.

L'amitié ferme les yeux. »

- OTTO VON BISMARCK


- « Ne me dis pas que tu es en train de faire ce que je crois que tu es en train de faire. »

Stiles sursauta en entendant une voix derrière lui. Il se retourna brutalement, pris sur le vif, manquant de trébucher par la même occasion, et fronça les sourcils en apercevant le grand Lahey qui le dévisageait comme s'il allait en faire son déjeuner.

- « Merde, Isaac. (…) Tu m'as fait flipper. J'ai failli faire un arrêt cardiaque.»

Lahey s'en moquait comme de sa première paire de chaussettes d'avoir effrayé Stiles. Il savait très bien que le jeune humain tentait de détourner peu habilement son attention.

- « N'essaie pas de m'enfumer. (…) Je te connais trop bien pour savoir que tu as manigancé quelque chose. »

- « Qu'est-ce que tu racontes encore ? (…) T'es franchement pas net toi, ces derniers jours. »

Cette fois, Isaac ne put s'empêcher de se mettre à rire. Stiles était vraiment mauvais menteur, quand il s'y mettait. Alors Isaac riait jaune, bien entendu. Stiles avait le don d'être parfaitement agaçant et immature. Si Lahey était à fleur de peau, Stilinski était au summum de sa capacité à être horripilant.

- « Ce que je raconte ? » répéta Isaac, une pointe d'agressivité dans la voix. « En réalité, je me demande pourquoi la voiture de Derek est sur le parking du lycée alors qu'il n'est pas dedans. Et surtout, je ne comprends pas ce que tu fais l'oreille collée à cette porte. (…) A moins que ces deux choses soient liées. »

Stiles haussa les épaules et feignit la parfaite innocence. Bien sûr, il savait pertinemment que Lahey avait tout compris à son petit manège. D'ailleurs, vu les battements de son pauvre cœur qui s'accéléraient malgré lui, il était certain d'être démasqué. En fait, Stiles s'en moquait. Un peu. Il ne comprenait même pas pourquoi Isaac paraissait si irrité.

- « T'es chiant, Stiles. Vraiment. »

- « Ouais, c'est pas une découverte. »

- « Et Derek est sans doute aussi idiot que toi pour avoir accepté de baigner là-dedans. (…) Combien de fois je vous ai répété que Lula n'était pas prête à avoir un face à face avec lui ? »

- « Vingt-deux fois. (…) Au moins. »

Isaac secoua vivement la tête, vexé par le comportement désinvolte de son ami. Pour dire vrai, le jeune loup-garou ne comprenait pas pourquoi Stiles s'entêtait à vouloir rassembler les bouts de verres brisés qu'avaient laissés Derek et Lula derrière eux. Il n'aimait pas la façon dont Stilinski procédait. Isaac trouvait que l'adolescent hyperactif forçait le destin. Et Dieu seul sait à quel point le destin n'aime pas être forcé.

- « Tu sais quoi, Stiles ? (…) Cette histoire ne concerne qu'eux. Tu n'avais pas à provoquer cette rencontre. Je suis persuadé que ça se serait fait naturellement. Si ça se trouve, tu ne fais qu'empirer les choses avec ton attitude immature. »

- « Immature, moi ? » se vexa l'humain, les bras croisés sur son torse. « Je me plie en quatre pour aider Derek-I'm The Alpha Now-Hale et je suis immature. Mais bien sûr ! »

Stiles était déçu par le nouveau visage que dévoilait Isaac. Il n'aimait pas cet air de « M. Je sais tout » qu'il prenait. Le fils du Shérif ne comprenait pas vraiment pourquoi Lahey prenait la mouche. Après tout, Stiles ne pensait pas faire de mal. Au contraire, il essayait de se montrer utile. Comme toujours. Constatant la mine mélancolique de son ami, Isaac fit quelques pas vers lui et regarda ses chaussures pendant de longues secondes avant de trouver quoi dire.

- « Je sais que tu ne veux que le bien de Derek. (…) Mais tu n'as jamais pensé que... »

La voix d'Isaac s'était brisée et le jeune homme déglutit difficilement tout en remontant les yeux vers Stiles qui fronçait de nouveau les sourcils, cherchant à savoir où voulait en venir le lycanthrope novice.

- « Que ? » insista Stiles.

- « Tu n'as jamais pensé que ces révélations pouvaient lui faire plus de mal que de bien ? »

- FLASHBACK -

- « Tu as des nouvelles de Derek ? »

Clyde secoua négativement la tête, au grand dam de Lula qui soupira longuement avant de poser doucement sa tête sur l'épaule du garçon. La jeune femme ferma les yeux et sentit que la boule de larmes coincée dans sa gorge était prête à éclater. L'absence de Derek lui crevait le cœur. Elle n'en pouvait plus. Un mois s'était déjà écoulé depuis leur dernière soirée en boîte de nuit. Lorsque Lula était revenue s'asseoir près de Derek, il avait simplement murmuré un 'Je dois y aller' quasi-inaudible. Lula n'avait pas compris que ces quatre mots signifiaient la fin cruelle de leur amitié. Alors, la demoiselle avait simplement sourit, avait collé une bise sur la joue de son meilleur ami, qui s'était sauvé quelques secondes après, sans un sourire. Euphorique, Lula n'avait pas remarqué l'attitude étrange de Derek. Clyde l'avait rejoint sur la banquette, avait entouré ses épaules avec son bras et Lula avait alors connu le bonheur simple et sans concessions le temps de quelques heures.

Tout avait basculé. Malheureusement.

- « Ça fait un mois qu'il ne nous a pas adressé la parole. » insista Lula en se décalant du corps de Clyde. « Un mois que je le harcèle de textos, que je l'attends à la fin des cours pour pouvoir lui parler. »

La jeune femme soupira encore une fois, tandis que les mains de Clyde venaient encadrer son doux visage. Il déposa un baiser sur le nez de Lula qui ne put s'empêcher de sourire face à cette délicate attention. Il colla son front à celui de sa petite amie et lui souffla :

- « Laisse Derek tranquille. » La voix de Clyde était apaisante et Lula se laissa bercer par ces quelques mots. « S'il estime ne pas avoir besoin de nous dans sa vie alors... Nous n'avons pas besoin de lui non plus. »

Et Clyde avait embrassé Lula. Avec tendresse et amour. Un amour qu'il n'aurait pas cru possible plusieurs semaines auparavant. Là, dans sa chambre d'adolescent, il possédait pour la première fois les lèvres d'une personne qu'il aimait réellement. Clyde n'avait jamais ressenti de tels sentiments. Il avait toujours été le garçon qui jouait un peu avec les filles, les faisait souvent pleurer et s'en moquait toujours. Avec Lula, tout était différent. A la fois plus simple et plus compliqué. Les doutes accompagnaient sa certitude. Et lorsqu'il ne suffisait pas à faire le bonheur complet de sa bien-aimée, son cœur se serrait un peu plus. Parce que Clyde avait beau aimer Lula de toute son âme, jamais elle ne serait heureuse sans Derek dans les parages. Alors, à chaque fois qu'elle évoquait le loup-garou, Clyde serrait les dents et tentait d'apaiser la tristesse de la jeune femme. Et il continuait d'être jaloux, sans le montrer. Il s'en voulait même d'espérer que Derek sorte définitivement de leur vie. Que Lula l'oublie. Pour toujours. A jamais.

- « Tu sais bien que je ne peux pas vivre sans lui. (…) Je crève de son absence. »

Face à cette vérité cinglante, Clyde avait baissé les yeux, avait laissé ses mains glisser dans le dos de Lula et avait eu un sourire triste. Il ne comprenait pas comment sa petite amie pouvait continuer à s'accrocher à Derek alors que celui-ci s'éloignait un peu plus chaque jour. Il se devait de lui faire admettre la douloureuse réalité.

- « Tu l'as dit toi même, ça fait un mois qu'il fait comme s'il ne nous avait jamais connus. A peine un bonjour le matin dans les couloirs. » La voix de Clyde se fit plus glaciale, presque autoritaire. Il fixa Lula de ses yeux verts émeraude et finit par trancher. « Il ne mérite pas que tu te mettes dans un tel état. Parce qu'il s'en fiche de toi. Tu n'es rien pour lui. (…) Parce que si tu comptais réellement pour Derek, comme il t'a laissé croire, il serait là, avec nous. Tu le vois quelque part, toi ? »

Clyde s'était levé d'un bond tandis que les larmes coulaient déjà sur les joues roses de Lula. Il évita le regard de la jeune femme pendant de longues secondes avant de reprendre la parole.

- « On n'abandonne pas ses amis comme il le fait avec nous. (…) Tu vas me dire qu'il a sans doute ses raisons mais... Il n'y a aucune raison valable pour laisser tomber ses meilleurs potes. AUCUNE. »

Le ton de Clyde avait augmenté lorsqu'il avait prononcé le dernier mot si bien que Lula avait sursauté. Les poings serrés, l'adolescent était resté dos à Lula et avait continué, cachant ses yeux aussi luisants de larmes que ceux de sa petite amie.

- « Je n'en peux plus d'entendre dire que tu ne peux pas vivre sans lui. (…) Parce qu'il va falloir t'y faire. Et puis... Je devrais te suffire, Lula. Je devrais réussir à te faire garder le sourire. Mais non... Tu ne penses qu'à lui, ne parle que de lui. Il va falloir que ça s'arrête. (…) Parce que tu sais quoi ? Si jamais il revient la bouche en cœur parce que sa copine l'a largué, il n'aura pas ma compassion. Il aura mon poing dans la gueule. »

A son tour, Lula s'était levée et s'était collée au dos de Clyde, l'entourant de ses bras. Elle posa sa tête contre lui et ses mains agrippèrent le tee-shirt du jeune homme. Lula n'avait pas eu conscience que Clyde souffrait autant qu'elle de la situation. Elle aurait du le savoir. Pour la première fois, elle se rendit compte qu'elle n'était pas une aussi bonne amie qu'elle pensait l'être. L'une des larmes de Clyde roula jusqu'à la main droite de la jeune femme. Elle ne fit aucune réflexion. Elle se blottit simplement encore plus contre lui.

- FIN DU FLASHBACK -

Lula et Derek ne savaient pas combien de temps ils étaient restés enlacés dans cette salle de classe, sans se dire un mot. La seule chose dont ils étaient convaincus, c'était que leur présence mutuelle les apaisait et allégeait leurs épaules d'un poids considérable. Lula aurait voulu être capable de repousser cette étreinte avec violence. Malheureusement pour elle, le corps de Derek contre le sien calmait des années de culpabilité. Pourtant, se rendant compte que cette proximité ne pouvait pas durer plus longtemps, elle se décolla à contre cœur, avec une douceur transcendante, passant une main sur ses yeux rougis par le trop de larmes versées.

- « Je devrais te mettre mon poing dans la figure. » dit-elle simplement, un sourire triste sur les lèvres.

- « Si ça te soulage, fais-le. » assura Derek, la même expression sur le visage.

- « La seule chose qui me soulagerait, ce serait de voir Clyde débarquer dans cette salle et de te mettre une raclée. »

Derek avait doucement rigolé. Il imaginait parfaitement la scène. Clyde avait toujours été le genre de garçon impulsif et trop téméraire. S'attaquer à plus fort que lui ne lui avait jamais fait peur.

- « Je suis désolé. » répéta encore une fois le loup-garou.

Le disque était rayé. Pourtant, ces excuses étaient sincères. Il ne savait simplement pas comment les exprimer d'une autre manière. Ces trois mots défilaient dans sa tête et il voulait être certain que Lula le comprenait. 'Je suis désolé.' murmura-t-il à nouveau, plus pour lui-même.

- « Je sais que tu n'es pas prête à en parler. Je sais que tu préférerais être loin de moi en ce moment. Je sais que tu m'en veux. Mais... On est là. Toutes ces années ont passé et... »

Derek ne trouva pas la force de continuer. La jeune enseignante reprit un peu d'aplomb et commença à marcher entre les tables de la salle de classe.

- « Toutes ces années ont passé et les plaies sont toujours béantes. » compléta-t-elle, obtenant un signe de tête d'approbation de la part de Derek. « Il n'y a pas un jour depuis mon départ où je n'ai pas pensé à vous. Pas un jour où je n'ai pas eu envie de mettre ma rancœur de côté pour venir te retrouver et te parler. (…) Parce que malgré tout, j'ai toujours pensé que le Derek qui a été mon meilleur ami ne pouvait pas avoir disparu. Qu'il était simplement endormi quelque part. (…) Et puis finalement, je me disais qu'en sept ans, tu n'avais pas essayé une seule fois de me contacter et... »

- « J'ai essayé de te contacter. » l'interrompit Derek. « J'ai voulu savoir où tu étais partie exactement, j'ai voulu que ton père te transmette des lettres. Il n'a jamais accepté. Parce qu'il savait à quel point je t'avais fait du mal. Qu'il voulait que tu puisses être heureuse et oublier ton passé. (...) Alors au bout de deux ans à tenter de le convaincre, j'ai abandonné. Je me suis dit qu'il avait raison. Que tu méritais d'être heureuse sans moi à tes côtés. »

Face à cette confession, Lula ne fut même pas en colère contre son père. N'importe quel parent aurait réagit de la sorte pour protéger son enfant. Elle n'en voulait pas non plus à Derek de ne pas avoir été plus persévérant.

- « J'ai été une pire amie que tu ne l'as jamais été. » lança la jeune femme, évitant le regard de Derek.

- « Ne raconte pas n'importe quoi. Arrête de rejeter la faute sur toi. »

- « Mais c'est vrai ! » s'exclama Lula, faisant un pas pour se rapprocher du jeune lycanthrope qui s'était assis sur une table. « Une semaine après mon départ, mon père m'a appelé pour me dire que... Ta famille. L'incendie. » bredouilla-t-elle, l'ambiance devenant soudain plus pesante qu'elle ne l'avait jamais été. « Il m'a appelé pour me supplier de rentrer. Il m'a sorti le discours sur l'amitié et sur le soutien que j'étais censé t'apporter dans ce moment horriblement difficile. (…) Et tu sais quoi ? » Les yeux de Lula s'embrumèrent à nouveau. « J'ai simplement dit non. (...) On m'annonçait que toute ta famille était morte mais je restais noyée dans ma jalousie et ma rancœur. Ça fait de moi une horrible personne. » Le regard dur de Lula frappa le lycanthrope dont le cœur se souleva. « Nous sommes d'horribles personnes, Derek. On s'est mutuellement abandonnés. Comment veux-tu qu'on se pardonne un jour ? Ce n'est pas le genre de blessure qui va se guérir autour d'un bon verre. Je culpabiliserais toute ma vie pour ne pas être rentrée pour t'épauler, ce jour-là. »

- « Je n'ai pas été là pour toi quand on a annoncé le décès de Clyde. (…) Ce soir-là, j'aurais du être prêt de toi. J'aurais du être à ce bal avec toi. »

Chacun des jeunes adultes tentait de se persuader qu'il avait commis le pire crime d'amitié. La pire trahison. Finalement, ils étaient pareils. Dans le même bateau. Sur la même mer en furie.

- « Tu sais très bien que je suis le seul coupable dans cette histoire, Lulu. » énonça le loup-garou, tirant un frisson à la jeune femme. « Je suis le premier à vous avoir abandonné. Si je n'avais pas offert toute ma confiance à Kate, elle n'aurait pas pu me contraindre à m'éloigner de vous. »

- « Tu étais amoureux, Derek. »

- « Et alors ? J'étais assez grand pour connaître la différence entre le bien et le mal. J'aurais du comprendre qu'une femme qui te force à t'éloigner de tes meilleurs amis n'a pas les meilleures intentions du monde. »

Lula baissa les yeux. Elle était d'accord avec Derek, dans le fond. Pourtant, elle ne parvenait toujours pas à penser que le lycanthrope était le seul coupable. Elle seule savait la véritable histoire. Derek ignorait encore bien trop de choses.

- « Tu sais... Il faudrait que... » commença le jeune homme, enfonçant ses mains dans les poches de son jean. « Il faut que tu me racontes ce qu'il s'est exactement passé. Il y a tant de choses que tu me caches encore. »

- « J'aurais voulu te les dire ces choses-là, à l'époque. Mais tu ne m'écoutais pas. Tu te rappelles quand je t'ai annoncé que Clyde était devenu un loup-garou ? (…) Tu t'en foutais comme si je t'avais annoncé que je venais de m'acheter une nouvelle paire de chaussures. J'étais censé gérer ça comment, moi ? »

- « C'est faux. Je ne m'en moquais pas. »

- « Bien sûr que si, Derek. Je t'ai supplié de l'aider à apprendre à contrôler sa nouvelle condition. (…) Tu n'as rien fait. »

- FLASHBACK -

Lula avait sursauté en entendant quelqu'un frappait contre la fenêtre de sa chambre. En apercevant Clyde, trempé jusqu'aux os sous la pluie battante, elle n'avait pas hésité une seule seconde à le laisser entrer. Cependant, elle avait eu un mouvement de recul en constatant que le tee-shirt de ce dernier était déchiré et maculé de sang. Un cri aigu était sorti d'entre ses lèvres et elle s'était immédiatement couvert la bouche avec les mains afin de ne pas alarmer son père qui, en cette fin de soirée, regardait tranquillement la télévision dans le salon.

- « Qu'est-ce qui t'es arrivé, Clyde ? » pesta la jeune femme, toujours choquée par la vision de cette blessure. « Ne me dis pas que tu t'es encore bagarré. Tu sais très bien que ces types de ton quartier sont plus forts que toi. »

- « Je ne me suis pas battu. » dit-il, d'une voix faible, tandis que son visage crispé décrivait parfaitement la douleur qu'il pouvait ressentir.

- « Alors quoi ? » insista Lula, les sourcils froncés.

Elle força Clyde à s'asseoir sur son lit et ses mains s'aventurèrent à retirer le tee-shirt qui cachait partiellement la blessure.

- « Laisse-moi regarder. (…) On dirait une... »

Tandis que les doigts de Lula contournaient doucement la plaie, elle prit conscience de la nature de la blessure et recula brutalement, se cognant violemment la hanche contre le coin de son bureau. Clyde put clairement lire la panique dans les yeux de sa petite amie qui, la bouche grande ouverte, restait interdite face à ce qu'elle venait de comprendre.

- « Ne me dis pas que... » commença-t-elle, la voix tremblante. « Qui t'a fait ça Clyde ? Qui t'a mordu ? »

- « Je n'avais pas d'autre choix. » dit-il simplement, ne répondant absolument pas à la question de Lula.

- « De quoi tu parles ? (…) Un putain de loup-garou t'a mordu et t'es en train de me faire comprendre que tu étais d'accord ? »

Lula avait parlé bien plus fort qu'elle ne l'aurait voulu. Clyde lui fit signe de se taire, se leva péniblement et attrapa le bras de la jeune femme, caressant doucement l'intérieur de son poignet, comme pour l'apaiser.

- « Je n'avais pas d'autre choix. » insista le jeune homme.

- « Je ne comprends pas. » dit-elle simplement tentant de garder son calme du mieux qu'elle pouvait.

- « On en parlera plus tard. » précisa autoritairement l'adolescent. « Aide-moi à mettre un pansement sur la plaie. Demain, ce sera guérit. » ajouta-t-il, plus tendrement. « Demain, tout sera guérit. »

La jeune femme aurait voulu avoir le courage de tenir tête à Clyde. Elle souhaitait le contraindre à lui raconter ce qu'il tenait tant à lui cacher. Elle ne comprenait pas un seul instant comment elle n'avait pas été capable de voir une telle chose arriver. Clyde débarquait en pleine nuit dans sa chambre, une morsure lui déchirant l'abdomen. Lula avait loupé quelque chose. C'était une évidence.

Pourtant, l'adolescente s'était montrée docile. Elle avait été chercher de quoi faire un bandage à Clyde et s'était occupé de lui sans un mot. Parfois, il tentait de capter son regard mais visiblement, elle était incapable de le regarder droit dans les yeux. Un flot de questions emportait Lula bien loin dans ses pensées.

- « Je peux dormir avec toi ? » souffla l'adolescent.

Encore une fois, Lula céda et entrouvrit les draps, s'allongeant déjà dans ce lit chaud et réconfortant. Clyde se glissa près d'elle et d'un geste protecteur, il entrelaça ses jambes à celles de la jeune femme. Plus d'une heure passa sans qu'aucun des deux ne disent un mot. N'y tenant plus, Clyde décida de prendre la parole.

- « Je suis malade. » constata l'adolescent. « Il y a deux semaines, on m'a diagnostiqué une leucémie et... » La voix du garçon s'était brisée d'émotion tandis que la main de Lula s'était violemment accrochée dans les draps. « Tu sais, on parlait beaucoup de loup-garou, avec Derek. (…) J'ai pensé que ça pouvait être une solution. »

Lula se retourna vers son petit ami et posa une main sur sa joue pâle. La situation la dépassait. Bien sûr, la tristesse de savoir Clyde malade l'envahissait. D'une autre part, elle était désormais soulagée de savoir que cette morsure aiderait sans doute l'adolescent à éviter cette grave maladie. Pourtant, imaginer Clyde en loup-garou était sans doute le plus difficile dans cette histoire. Lula ne pouvait pas se faire à cette idée.

- « Pourquoi tu ne m'en pas parlé avant ? On aurait pu en discuter. Ensemble. »

- « Ce mois-ci, tu n'étais pas franchement ouverte au dialogue, Lulu. »

La voix de Clyde était si sèche que la main de Lula retomba doucement sur les draps.

- « Ne raconte pas n'importe quoi. » tenta la jeune femme, d'une voix faiblarde.

- « Honnêtement, en un mois, combien de fois tu m'as demandé comment j'allais ? » trancha-t-il, les sourcils froncés. « Tu ne pensais qu'à Derek, tu ne peux pas me dire le contraire. »

- « Alors quoi ? Du coup tu as préféré me cacher ça et agir dans ton coin ? (…) C'est immature, Clyde. »

Les deux adolescents restèrent un long moment à se fixer d'un air mauvais, chacun rejetant la faute sur l'autre.

- « Tu étais condamné ? » demanda-t-elle soudain, la voix fébrile. C'était comme il savait déjà la réponse.

- « Non. » répondit le jeune homme, du tac o tac. « J'aurais pu suivre un traitement. Passer mon temps à l'hôpital, perdre mes cheveux, devenir une loque. (…) Apparemment, j'avais 70 % de chances de me rétablir. »

Cette fois, c'en était trop pour Lula, qui sortit du lit à une vitesse folle. Elle resta prostrée dans un coin de sa chambre, adossée au mur, ses lèvres s'étirant en un sourire qui frôlait la folie. La jeune femme avait l'impression de vivre un cauchemar. Elle espérait se réveiller très vite.

- « Alors plutôt que de te battre, tu as préféré prendre une décision à la va-vite. (…) Tu sais pourquoi ? » Le ton de la jeune femme était méprisant. « Parce que dans le fond, t'as toujours rêvé de devenir un loup-garou. T'as toujours envié Derek. Tu le prouves encore aujourd'hui. »

Clyde se redressa et baissa les yeux, ses doigts jouant avec le tissu des draps. Sans doute avait-elle raison. L'adolescent avait toujours envié la condition de son meilleur ami. Lorsqu'ils étaient plus jeune, Clyde avait même demandé à Derek de l'aider à en devenir un lui aussi. Puis les années avaient passé et l'envie d'être normal avait été plus forte. Jusqu'à ce que Lula entre dans leur vie et ne s'extasie devant le beau lycanthrope qu'est Hale. Cette fois, l'envie d'être comme Derek avait resurgit.

- « Parce que si tu n'avais pas eu cette envie d'être comme lui, tu aurais cherché une autre solution avant de te faire transformer. »

Encore une fois, elle avait raison. Clyde releva les yeux vers elle. Tous deux étaient à un carrefour dans leur relation. L'adolescent avait choisi de tourner à droite et il espérait que sa belle accepterait de le suivre.

- « Je suis lâche. » dit-il simplement, alors que Lula se laissait glisser contre le mur de sa chambre. « J'aurais pu attendre de voir si le traitement fonctionnait sur moi. (…) Mais tu as raison, quand on m'a annoncé ma leucémie, j'ai vu ça comme une occasion de... »

- «... de devenir comme Derek. (…) DIS-LE ! Parce que c'est la seule chose qui t'importe. »

- « C'est faux. » Les yeux de l'adolescent s'était embués de larmes. « La seule chose qui m'importe, c'est toi. (…) Et je voyais bien comme tu regardais Derek avec admiration. J'ai toujours eu envie que tu me regardes ainsi. »

- « C'est dommage pour toi, Clyde. Parce que s'il y a bien une chose que je déteste chez Derek, c'est le fait qu'il soit un loup-garou. »

Lula avait prononcé cette dernière phrase avec une certaine lassitude dans la voix. Bien sûr, Clyde venait de lui faire une déclaration d'amour à cœur ouvert mais celle-ci avait un terrible goût amer.

- « Alors il est là, le fin fond de l'histoire ? T'es toujours jaloux de l'affection que je porte à Derek ? » Clyde resta silencieux, écoutant la terrible vérité sortir de la bouche de sa petite amie. « T'auras beau devenir un loup-garou, tu ne m'empêcheras pas d'éprouver cette amitié envers Derek. » La jeune femme souffla et resta un long moment la tête entre les genoux, les yeux fermés. « Je trouve juste dommage que tu n'ai jamais remarqué que je t'admire autant que je l'admire lui. »

- FIN DU FLASHBACK -

Lorsque la porte de la salle de classe s'ouvrit brutalement, Stiles manqua de trébucher, ce qui fit marrer Lahey. Cela faisait plus de deux heures qu'ils attendaient près de cette porte. Deux heures que le directeur n'arrêtait pas de venir leur dire de rentrer chez eux. Deux heures que Lahey se bornait à ne pas vouloir utiliser sa super ouïe pour épier la conversation qu'avaient Lula et Derek. Deux heures que l'oreille de Stiles chauffait contre la porte sans qu'il puisse distinguer une phrase entière.

La personne qui sortit de la pièce fut un Derek bien plus pâle qu'à son habitude. Il ignora avec brio les deux adolescents et leur passa devant sans le moindre mot. Bien vite, Stiles suivit l'Alpha comme un gentil compagnon de route. Quant à Isaac, il resta un long moment hésitant. Son cœur balançait. Il aurait pu suivre ses amis et aider Stiles à faire parler Derek qui ne semblait clairement pas dans son état normal. Ou alors, il pouvait pénétrer dans cette salle de classe et s'assurer que Lula allait bien. Il choisit l'option deux. Après tout, Derek était sans doute entre de très bonnes mains. Timidement, il fit quelques pas dans la salle de classe et referma doucement la porte derrière lui lorsqu'il constata que la jeune enseignante était tout bonnement assise à son bureau, un crayon à la main. Cependant, elle fixait droit devant elle, la respiration légèrement saccadée.

- « Lula ? »

L'enseignante détourna à peine le regard lorsqu'elle entendit cette voix familière l'interpeller. Elle semblait perdue dans ses pensées, à mille lieux de cette salle de classe. Isaac fit quelques pas de plus, comme pour imposer sa présence. Cette fois, Lula leva les yeux vers lui et un sourire mélancolique s'installa sur ses lèvres roses. Elle devait bien l'avouer, croiser le regard de cet adolescent qu'elle connaissait à peine, ça l'apaisait comme jamais. Elle s'accrocha quelques instants à ses yeux bleus et finit par demander :

- « Qu'est-ce que tu veux ? »

Si la question pouvait paraître abrupte, le ton employé était doux, presque affectueux. Isaac s'assit sur la table face au bureau de Lula et haussa les épaules. Ce qu'il voulait ? Il ne le savait pas lui-même.

- « Savoir si vous allez bien, sans doute. »

- « Merci. » souffla-t-elle. « Je vais bien. Mieux que ce que je pensais. »

- « Vous lui avez tout dit ? »

- « Tout. »

Isaac et Lula restèrent un long moment à s'observer, un fin sourire sur leurs lèvres encore timides. Lahey devait bien avouer que le visage de l'enseignante paraissait plus serein. Elle semblait soulagée et c'était un bonheur à voir.

- « Tu devrais aller voir Derek. » conseilla soudain la jeune femme. « Tu es très important pour lui et... Je lui ai annoncé des choses pas faciles. »

- « Stiles est avec lui. (…) Et puis je préfère rester avec vous. »

Isaac se mit instantanément à rougir lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il venait de dire. Lula entrouvrit les lèvres, visiblement étonnée par l'audace de l'adolescent.

- « Enfin, ce que je veux dire, c'est que... Vous aussi vous avez besoin de quelqu'un à vos côtés, non ? »

- « Peut-être. » finit-elle par répondre, amusée et troublée par le comportement de l'étudiant. « Mais je vais rentrer chez moi, préparer du thé glacé et regarder la première trilogie de Star Wars. Ça me changera les idées. »

Lula ne pouvait décemment pas accepter la compagnie de cet adolescent. Au fond, elle aurait sans doute apprécié pouvoir discuter avec lui, raconter comment s'était passé la discussion avec Derek. Malheureusement, elle savait que si elle commençait à se confier à ce jeune lycanthrope, elle serait capable de céder à bien d'autres tentations qui lui étaient interdites. Lula n'était pas aveugle. Elle avait bien remarqué la façon dont Isaac la regardait. Ça ne la dérangeait pas, mais ça l'effrayait. D'ailleurs, la jeune femme ne comprenait pas pourquoi cet adolescent semblait si fasciné par elle.

- « Va retrouver tes amis, Isaac. »

Lula se leva et se dirigea vers la porte de la classe afin d'encourager l'adolescent à sortir. Docilement, Lahey la suivit. Il n'avait pas envie de la laisser seule. Il sentait bien que le soulagement d'avoir dit la vérité à Derek, ne suffisait pas à l'apaiser totalement. C'est là qu'il eut un geste maladroit. Il se pencha doucement et posa ses lèvres sur la joue rose de l'enseignante. Une chaste bise, presque amicale, qui déclencha un rythme bien trop élevé dans la cage thoracique de Lula dont le visage s'enflamma de confusion. Isaac ne s'excusa pas, bien trop heureux d'avoir un tel effet sur le palpitant de cette jeune femme. Il quitta la salle de classe, frôlant le bras de la demoiselle avec la main.

Lorsqu'elle referma la porte derrière lui, Lula s'adossa contre celle-ci et bascula sa tête en arrière en fermant les yeux. Comment cet adolescent pouvait-il la rendre aussi fébrile ? Elle avait l'étrange impression de revivre ses premiers émois. Ses premières caresses volées avec Clyde. Une chose était sûre : Isaac Lahey ne manquait pas de toupet et il savait, à merveille, semer le trouble entre deux personnes.

Le cœur battant à tout rompre, Lula retourna s'asseoir, finit par abandonner ses copies et se laissa aller à la rêverie.

- FLASHBACK -

- « J'ai besoin de te parler, Derek. »

Lula avait cherché le loup-garou tout au long de la journée mais, comme toujours, Derek avait évité tous les endroits permettant à la jeune femme de l'aborder. Fatiguée de ce cache-cache, Lula avait décidé de lui parler alors qu'il traînait près du parc du lycée avec Kate. Ainsi, peut-être Derek serait-il assez intelligent pour comprendre qu'elle devait évoquer quelque chose d'important.

- « Tu ne vois pas qu'il est occupé ? » ironisa la vipère qui passa une main dans la nuque de son petit ami.

- « Ça ne peut pas attendre ? » insista le loup-garou.

- « Il faut que je te parle. » Lula jeta un œil à son ennemie qui s'amusait de la situation. « Seul. »

- « Derek n'a rien à me cacher. » constata Kate avec un sourire niais sur le visage. « N'est-ce pas mon loup ? »

Tandis que Derek acquiesçait sagement, Lula comprit immédiatement que son ancien meilleur ami avait déjà tout avouer à Kate quant à sa condition de loup-garou. Comprenant qu'effectivement, Derek n'avait rien à cacher à cette harpie, Lula décida de jouer cartes sur table.

- « Je voulais te parler de ton alcoolique d'oncle. » lança-t-elle de manière brutale et acerbe. « Il n'est pas très difficile à convaincre quand il a trop d'alcool dans le sang. »

- « Caïn ? Qu'est-ce qu'il a fait ? »

Derek lâcha la main de sa petite amie et fit quelques pas vers Lula, visiblement intéressé et concerné.

- « Il a mordu Clyde, Derek. » finit-elle par dire, les larmes au bord des yeux.

En retrait, mais ne perdant pas une miette de la conversation, Kate souriait. Un instant, Lula songea à se jeter sur elle et à lui faire manger de l'herbe. Malheureusement, l'adolescente n'en avait absolument pas le courage.

- « C'est vrai ? »

- « Tu crois quoi ? (…) Je ne suis pas venue pour te faire une blague. »

- « Pourquoi il a essayé de convaincre mon oncle de le mordre ? »

- « Tu n'as pas à le savoir. »

- « Comment va Clyde ? »

- « A ton avis ? » riposta Lula, l'air mauvais. « La pleine lune approche. Il ne saura pas le gérer. »

Durant un court moment, la jeune femme crut lire la compassion dans les yeux de Derek. Voyant qu'il ne répondait rien, elle insista :

- « Il a besoin de toi, Derek. Tu es le seul à pouvoir l'aider. »

Kate, qui s'impatientait, refit son apparition près de son petit ami et glissa sa main dans la sienne.

- « Tu viens ? » demanda l'Argent.

Lula lança un dernier regard suppliant à Derek.

Mais à nouveau, il lui tourna le dos.

- FIN DU FLASHBACK -

- « Arrête de jouer au gamin, Derek ! »

Stiles avait suivit le loup-garou jusqu'au parking où était garée la Camaro. Dans un premier temps, le fils du Shérif avait préféré se la jouer 'silencieux', bien que ce ne soit pas vraiment sa spécialité. Derek avait pénétré dans la voiture et s'était enfermé dedans, ignorant encore Stiles et le laissant à l'extérieur comme un idiot. Le petit jeu avait duré un quart d'heure avant que Stiles ne perde patience.

- « Tu es ridicule, Hale ! Si tu ne voulais vraiment pas me voir, tu aurais déjà démarré ta voiture et tu serais déjà loin de moi. (…) Alors sois gentil, et ouvre la portière que je puisse rentrer dans la bagnole. »

Stiles put entendre le loup-garou grogner. Derek alternait entre fixer un point imaginaire face à lui et fermer les yeux. Parfois, il songeait à laisser Stiles entrer dans la voiture. Pourtant, il savait où tout cela le mènerait. Il devrait parler. Il devrait raconter son face à face avec Lula. Au vu de ce qu'il venait d'apprendre, il n'était pas certain d'être capable d'en parler tout de suite. Alors, il pensa à s'en aller et à laisser Stiles sur ce parking. Mais l'hyperactif avait raison sur un point : Derek avait besoin de lui à ses côtés.

Stiles se mit à tambouriner contre la portière pour contraindre Derek à épargner son petit bijou à quatre roues. N'y tenant plus, le lycanthrope déclencha l'ouverture automatique. En moins de deux, Stiles se trouva sur le siège d'à côté, observant Derek d'un air à la fois doux et curieux.

- « Ça va ? » demanda-t-il simplement.

- « Ouais. »

- « Si tu veux en parler, je suis... »

- « Je ne veux pas en parler. » l'interrompit le lycanthrope.

Face à la sécheresse de Derek, Stiles se pencha et se mit à jouer nerveusement avec l'accoudoir. Il ne voulait pas forcer l'Alpha à parler. Il pouvait comprendre que c'était sans doute trop tôt. Pourtant, sa curiosité et son envie d'apaiser les pensées de Derek prenaient le dessus.

- « Ça ne s'est pas bien passé ? »

- « Si. »

- « Alors quoi ? Pourquoi tu tires une tête d'enterrement ? »

- « Pourquoi ? » lâcha le lycanthrope tout en donnant un coup violent contre son volant ce qui fit sursauter l'adolescent. « Tu veux vraiment savoir pourquoi ? (…) Parce que pendant toutes ces années j'ai essayé de me convaincre que si Clyde était mort, c'était parce qu'il était un Oméga et qu'il était tombé sur une meute de loups plus forts que lui. » La voix de Derek fut soudain envahie de larmes si bien que la main de Stiles se plaça naturellement sur l'avant bras du lycanthrope. « Dans le fond, je savais que Kate devait y être pour quelque chose. Mais entendre Lula me confirmer que Kate a sauvagement tué mon ami d'enfance ça me... »

La main de Stiles serra un peu plus l'avant-bras de Derek. Instinctivement, il la laissa glisser jusqu'à rencontrer celle du lycanthrope. Ni l'un ni l'autre ne se rendait compte de l'ambiguïté de la situation. D'ailleurs, le besoin de réconfort de Derek le poussa à entrelacer ses doigts à ceux de Stiles. Pour une fois, l'adolescent restait bien silencieux. Il aurait voulu trouver quelque chose de consolateur à dire. Malheureusement, il en était incapable. Il savait à quel point Derek allait encore se rejeter toute la faute sur les épaules.

- « Il n'y a pas que ça. » dit soudain le loup-garou en lâchant la main de Stiles un peu brutalement. « Je te raconterai le reste plus tard. (…) Quand je pourrais. »

Derek attrapa son trousseau de clés et fit démarrer la Camaro.

- « Tu as cours demain ? »

- « Non, c'est samedi, demain. (…) Tu ferais mieux de rentrer te coucher, toi. » constata Stiles, un peu moqueur.

- « Tu connais Newport Beach ? »

- « La série ? »

- « Non, la ville, crétin. »

Cette fois, Derek ne put s'empêcher de rire légèrement en voyant la tête d'ahuri que lui accordait Stiles. Apparemment, l'adolescent ne comprenait rien à ce que racontait Hale.

- « Envoie un sms à ton père pour le prévenir que tu ne dors pas à la maison, ce soir. (…) Je ne veux pas qu'il croit que tu as été kidnappé. »

- « Je ne comprends absolument rien à ton charabia, Hale. (…) T'es en train de me dire que tu veux aller à Newport Beach ? (…) Là, maintenant, tout de suite, avec moi ? »

- « Exactement. »

Les joues de Stiles devinrent rouge tomate sous l'effet de l'étonnement et de l'idée même de passer autant de temps seul avec Derek. Cela n'échappa pas au lycanthrope qui se pinça les lèvres pour ne pas rire davantage. L'adolescent secoua la tête, tandis que l'Alpha prenait déjà la route.

- « Depuis quand Derek Hale veut faire un road trip ? »

- « Depuis aujourd'hui. »

- « Est-ce que Lula t'as frappé très fort sur la tête durant votre discussion ? » ironisa l'adolescent. « Parce que t'as pété un boulon, Derek. »

- « Et alors, ça t'embête ? »

- « Non, c'est plutôt sympa, en fait. » constata Stiles tout en ouvrant sa fenêtre et en passant la tête à travers. « T'as pas une deuxième paire de lunettes ? Moi aussi je veux me la péter. »

Derek roula des yeux et ouvrit la boîte à gants où traînait une autre paire de lunettes identique à celle qu'il venait de mettre sur le bout de son nez. Triomphant, Stiles les enfila et prit une pause de star qui amusa le loup-garou. Pendant plus d'une demi-heure, ils restèrent silencieux, profitant de l'air frais qui leur caressait le visage et du soleil qui réchauffait leurs cœurs. Plus ils s'éloignaient de Beacon Hills, mieux ils se sentaient. C'était libérateur.

- « N'empêche que je ne comprends toujours pas pourquoi tu veux aller là-bas. (…) Une part de moi continue à croire que tu vas me tuer et m'enterrer dans le sable. » s'amusa à dire l'adolescent avec un fin sourire sur les lèvres.

Comme pour lui donner raison, le lycanthrope s'arrêta brusquement sur le bord de la route ce qui eut pour effet de faire blêmir Stiles. L'adolescent savait à quel point Derek pouvait être lunatique et changer d'humeur en une seconde. L'Alpha coupa le contact, sortit du véhicule et ouvrit la portière de Stiles pour qu'il fasse de même. D'un geste assuré, il lança le trousseau de clés à l'adolescent qui le rattrapa avec brio.

- « Tu conduis. » assura le lycanthrope tandis que Stiles ouvrait grand la bouche, n'y croyant pas un seul instant.

- « Quoi ? Mais... Quoi ? Pourquoi ? »

- « Parce que je suis fatigué, que je te fais confiance et que tu vas enfin te taire tellement tu seras concentré sur la route. »

Derek remonta du côté passager alors que Stiles restait immobile à côté du véhicule, se mordant la lèvre inférieure. Derek Hale venait-il d'avouer lui faire confiance ou bien avait-il rêvé ?

L'avenir le lui dirait.


Et voilà un chapitre particulièrement fort en émotions ! Vous en apprenez de plus en plus ! Et croyez-moi, il vous reste encore des choses primordiales à découvrir !

J'attends vos reviews !

Love.