Bien le bonjour, mes amours,

Je n'ai jamais cru réussir à trouver la force pour écrire ce septième chapitre mais finalement, le voilà.

Après celui-ci, je n'arrive pas à me décider entre un ou deux chapitres, parce que j'ai encore pas mal de choses à vous raconter. Vous verrez. En tout cas, cette aventure est bientôt fini. Je vais bientôt ranger ma Lula d'amour au placard (je suis sûre qu'elle fera des bêtises avec le grand Lahey) et ça me brise le coeur.

J'espère que ce chapitre vous plaira autant qu'il me plaît.

Je vous embrasse.

Excellente lecture.


Chapitre 7

« In three words I can sum up everything I've learned about life:

it goes on...»

– ROBERT FROST


La scène qui se déroulait devant les yeux de Derek le laissait particulièrement perplexe. Stiles venait d'ouvrir la porte de la salle d'eau à moitié nu, et était en train de sécher son caleçon à l'aide du sèche-cheveux, une serviette de bain lui permettant de cacher son intimité.

- « Tu sais qu'ils passent de vieux épisodes de Newport Beach sur le câble en plein milieu de la nuit ? »

- « M'en fiche. » pesta le loup-garou. « On ne va certainement pas regarder la télé. On va surtout se reposer. »

- « T'es tellement rabat-joie, Derek. T'as vingt-quatre ans et tu parles comme si t'en avais quatre-vingt. »

- « Et alors ? T'as bien dix-sept ans et tu te balades à moitié à poil comme si t'en avais que trois. »

- « Ce qui veut dire ? » se braqua l'adolescent en éteignant le sèche-cheveux et en s'approchant un peu plus du lit où Derek s'était assis, adossé au mur de la chambre.

- « Qu'à ton âge, on devrait être plus pudique. »

Stiles leva les yeux au ciel en entendant les paroles de son aîné. Ce type était un véritable grognon. Rien ni personne n'était capable de changer la véritable nature de Derek Hale. Pas même l'adorable torse de Stilinski.

- « C'est bon, c'est pas comme si t'étais un parfait étranger, non plus. »

- « C'est pas une raison. »

- « Et toi tu te balades torse-poil dès que t'en as l'occasion, sans raison valable. »

- « C'est pas pareil. »

- « Pourquoi ? Parce que je n'ai pas tes pectoraux saillants et tes tablettes de chocolat ? (…) Du coup, je suis censé passer ma journée en anorak, c'est ça ? » ironisa l'adolescent, perdu entre l'agacement et l'amusement.

Ce fut au tour de Derek de lever les yeux au ciel et de soupirer longuement. Il s'affaissa un peu plus dans le lit et entreprit finalement d'allumer la minuscule télévision accrochée dans un coin de la chambre. C'est à cet instant que Stiles eut un éclair de génie et comprit ce qu'il se passait dans la tête de Derek. Il bomba donc le torse et montra fièrement le loup-garou du doigt :

- « Tu es gêné, c'est ça ? »

- « Oh, ferme-là un peu, Stiles. » grogna le lycanthrope, les sourcils froncés et les joues sans doute un peu plus rouges qu'à l'accoutumée.

- « Tu as peur de quoi, en fait ? Que j'ouvre ma serviette en criant : 'Bouh, je suis un pervers, regarde donc mon attirail.' ? » s'esclaffa Stiles, fier de sa vanne. « Désolé de te décevoir mais ce n'est pas mon genre. »

- « Sérieusement, tais-toi. »

Stiles haussa les épaules et s'amusa à retourner dans la salle de bain très lentement, remuant presque indécemment son popotin. Derek tenta d'ignorer la provocation, non sans mal.

Une fois rhabillé, Stiles était venu s'affaler sur le lit, aux côtés du loup-garou. Derek semblait tout d'un coup absorbé par la télé. L'adolescent y jeta un coup d'œil et constata qu'il s'agissait d'un match de crosse. Stiles soupira et s'enfonça un peu plus dans lit en grimaçant. Voilà qu'il apprenait que Derek était le genre de mec à être fasciné par le sport à la télévision.

- « On ne peut pas mettre autre chose ? » pesta le jeune humain en filant sous la couette car il commençait à avoir froid étant donné qu'il n'était qu'en tee-shirt et en caleçon. « Ou bien dormir, comme tu l'as suggéré tout à l'heure. »

- « T'as qu'à dormir si tu veux, je regarde la fin de la rencontre. » répondit la voix glaciale de l'Alpha, toujours subjugué par le minuscule écran sur lequel où distinguait à peine les deux équipes.

Stiles aperçut la télécommande qui traînait sur le lit, du côté de Derek. D'un geste vif, l'adolescent l'attrapa et éteignit la télé. Il comprit immédiatement que ce qu'il venait de faire n'était pas une bonne idée. Le regard mauvais que lui lança Derek le pétrifia sur place. Il cacha la télécommande sous son corps frêle de peur que le lycanthrope ne décide de la lui arracher de la main avec force. L'Alpha fronça les sourcils et donna un coup dans le haut du crâne de Stiles qui jura sous la douleur.

- « Rend-moi la télécommande. » intima Derek tandis que l'adolescent se frottait le crâne pour apaiser l'élancement qu'il ressentait dans tout le crâne.

- « Je ne te savais pas aussi accroc au sport. »

- « Je ne te savais pas aussi pressé de dormir. La télécommande, tout de suite. » s'indigna le lycanthrope en tendant la main pour que Stiles dépose l'objet tant désiré à l'intérieur.

- « Tu as remarqué qu'il y a une blague dans ma dernière phrase ? 'Accroc', 'à crocs', tu saisis ? C'est drôle non, pour un loup-garou ? »

- « Stiles ? »

- « Quoi ?

- « Ne me force pas à venir la chercher. »

Stiles haussa un sourcil, se demandant un instant s'il devait tenir compte de cette menace. Estimant que Derek ne lui ferait pas le moindre le mal, l'adolescent prit un air de défi face au lycanthrope. C'est à ce moment précis que la situation dérapa et que ni l'un ni l'autre ne comprit ce qui arriva. Derek se jeta sur l'adolescent, dans un esprit taquin plutôt que violent. Dans le fond, Derek Hale avait toujours été un grand enfant et le voir ainsi en train d'essayer par tous les moyens d'atteindre la télécommande amusait énormément Stiles. L'adolescent se délectait de la situation. Parce que c'était pas tous les jours qu'il se retrouvait allonger sous un loup-garou. Et que c'était pas si désagréable que ça. Peut-être même terriblement excitant.

- « Tu me chatouilles la taille, là, Derek. » avoua Stiles en rigolant comme un enfant.

Le lycanthrope fit comme s'il n'avait pas entendu et prit un malin plaisir à voir Stiles se tordre de rire au rythme de ses chatouilles.

- « Putain, arrête ! Je vais suffoquer. »

- « Tu parles encore trop pour quelqu'un qui suffoque. » se moqua Derek.

- « Regarde toi, t'es fier, en plus. » lança Stiles en constatant le sourire qui illuminait le visage de son aîné.

Comme Derek continuait à le chatouiller, Stiles se débattait comme il pouvait, lançant de minces coups de poings dans le torse du loup-garou. Autant vous dire que ces coups de poings ressemblaient plus à des caresses pour la masse de muscles qu'était Derek. Pourtant, le lycanthrope ne le laissa pas faire, attrapa ses poignets pour l'empêcher de frapper à nouveau. Stiles grimaça, déçu d'avoir perdu la partie.

Puis leurs regards malicieux se croisèrent. Stiles ne comprit pas réellement ce qui le poussa à se relever un peu du lit et approcher son visage de celui du loup. Derek n'avait même pas eu le temps de comprendre ce qu'il se passait que les lèvres de l'adolescent se plaquaient déjà sur les siennes. Le loup-garou relâcha les poignets de Stiles et le repoussa vivement en se rendant compte de ce qu'il était en train de faire.

- « Ne fais plus jamais ça. » conseilla-t-il, d'une voix mauvaise.

Stiles bredouilla quelques mots incompréhensibles mais Derek sembla s'en moquer, rejoignant le côté droit du lit, éteignant rapidement la lumière par la même occasion. Dans le noir, Stiles se frappa le front et se maudit d'avoir été aussi bête. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Comment résister à la tentation lorsqu'elle se présentait sur un plateau et répondait au doux nom de Derek Hale ?

- « Derek ? »

Le loup-garou grogna, ce qui n'encourageait pas vraiment Stiles à parler. Il tenait cependant à ce justifier, il n'avait pas le choix. Derek lui tournait le dos vu qu'il avait roulé sur le côté opposé.

- « Je suis désolé de t'avoir énervé. Je voulais juste détourner ton attention pour être sûr que tu n'attrapes pas la télécommande. »

C'était sans doute l'excuse la plus stupide qu'avait Stiles dans son répertoire. Il leva les yeux au plafond en se rendant compte qu'il était un parfait idiot. Il espérait tout de même que Derek le croirait et ne penserait pas qu'il avait réellement voulu l'embrasser. Pourtant, c'était bien le cas. La pulsion première de Stiles avait été de prendre possession des lèvres si tentantes de l'Alpha. Mais il ne voulait pas tout gâcher. Il avait mis du temps à conquérir la confiance de Derek, il ne pouvait pas espérer son cœur en un claquement de doigt. C'était ridicule.

- « D'accord. » maugréa le lycanthrope.

- « Bonne nuit, Derek. »

Stiles se retourna à son tour et son cœur se brisa lorsqu'il se rendit compte que Derek ne lui répondait pas. L'adolescent ferma les yeux et soupira. Il venait de saboter son propre premier baiser. Et il était incapable de contrôler son rythme cardiaque lorsqu'il y repensait.

Battements de cœur que Derek prenait grand soin d'écouter, fondu dans son silence, ses yeux grands ouverts contemplant le mur devant lui.


Lorsqu'Isaac avait quitté son appartement, Lula avait eu l'envie déchirante de lui courir après pour le retenir, emprisonner ses lèvres avec les siennes et repasser ses mains dans ses adorables cheveux frisés. Elle ne l'avait pas fait. Bien entendu. Elle était restée là, le dos collé à sa porte d'entrée et elle avait tenté du mieux qu'elle pouvait de camoufler son rythme cardiaque effréné. Lula savait pertinemment qu'Isaac guetterait la moindre de ses réactions. Elle savait qu'il tenterait de se persuader qu'il n'avait pas rêvé, qu'elle ressentait bien la même chose pour lui. D'un côté, Lula se sentait lamentable, incapable de repousser réellement cet adolescent. Elle avait eu beau lui dire de sortir de chez elle, elle savait très bien qu'elle serait incapable de résister bien longtemps à ce torrent de sentiments qui lui ravageait le cœur. D'un autre côté, et c'était contradictoire, la jeune femme se sentait tranquillisée. Comme si Isaac avait réveillé en elle une personne encore capable de la plus futile et douce des émotions. Cette émotion nommée désir.

Autant dire que ni Isaac, ni Lula n'avait fermé l'œil de la nuit. S'ils n'étaient plus dans la même pièce, leurs pensées restaient inlassablement connectées. Isaac s'était dévêtu pour aller se coucher mais avait conservé le tee-shirt prêté par Lula. Il avait respiré l'odeur de l'appartement de la jeune femme, avait sourit. Lahey avait serré le bout de tissu contre son torse et s'était mordu la lèvre. Les secondes passées contre ce vêtement lui donnèrent l'impression de n'être qu'un idiot. Un idiot qui jeta aussitôt le tee-shirt sur le sol. Un idiot qui le rattrapa bien vite lorsqu'il se rendit compte que c'était la seule chose qui arrivait à l'apaiser réellement.

Isaac s'était finalement levé aux alentours de sept heures du matin, avait soupiré en constatant que Derek n'était toujours pas rentré. Lahey ne s'inquiéta pas pour autant pour le lycanthrope. Isaac se doutait avec qui se trouvait son alpha en ce moment. Il avait compris depuis bien longtemps qu'un jour, Derek accepterait de laisser Stiles rentrer entièrement dans sa vie. Pourtant, Isaac aurait bien eu besoin de se confier à quelqu'un. Derek n'était sans doute pas le meilleur confident mais au moins, il avait le talent de donner des conseils sans détours et sans fioritures.

Comme il avait le loft pour lui tout seul, Isaac s'installa, accompagné d'un bol de céréales, dans le fauteuil d'habitude réservé à Derek. Il alluma la chaîne des dessins animés et retomba en enfance. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire et ce qui l'empêchait de cogiter inutilement.

Quelqu'un tambourina à la porte aux alentours de neuf heures. Vu la ferveur avec laquelle les coups étaient donnés, Isaac songea un instant à un Derek énervé qui aurait perdu ses clefs. Bien sûr, ce n'était pas Derek et il aurait du s'en douter. A croire que son cerveau avait été endormi par les dessins animés.

- « Oh. » dit-il simplement en apercevant Lula sur le pas de la porte, plus rayonnante que jamais malgré les cernes dessinés sous ses yeux.

Bien entendu, Lula resta silencieuse et hésita même un instant à faire demi-tour. Ils restèrent un long moment à se regarder en chiens de faïence, une certaine méfiance étant palpable chez les deux jeunes gens.

- « Ce n'est pas très conventionnel de venir rendre visite à l'un de ses élèves, si ? » osa Isaac, une pointe d'amertume dans la voix.

- « Je suis simplement venue récupérer les affaires que je t'ai prêtées hier. (…) Je n'ai pas franchement envie que tu me les rendes demain au lycée, ça risque de faire... Pas très conventionnel, effectivement. »

Une légère agressivité berçait la voix de la jeune femme. C'était évident qu'elle n'était pas là pour seulement récupérer ses vêtements. Ce qui l'avait poussé à sortir de son lit si tôt un dimanche matin, c'était le besoin de replonger son regard dans celui d'Isaac. Du coup, maintenant qu'elle se trouvait face à lui, elle se trouvait vraiment idiote et niaise au possible.

- « Ne bouge pas, je vais les chercher. » avait-il signalé, vexé peut-être, déçu sans doute.

Mais Lula avait bougé. Elle avait rapidement fait quelques pas en avant et avait violemment claqué la porte derrière elle ce qui avait eu pour effet de faire retourner Isaac. Le jeune homme avait haussé un sourcil, visiblement étonné par l'attitude de l'enseignante qui regardait désormais le sol avec beaucoup d'intérêt.

- « Lula ? » demanda simplement Isaac.

La jeune femme avait timidement levé ses yeux verts. Elle savait qu'elle n'aurait jamais du venir. Elle savait qu'elle allait être incapable de ne pas commettre l'irréparable. Maintenant qu'elle était dans le loft, elle ne pouvait pas faire demi-tour au risque de passer un peu plus pour une déglinguée.

- « Derek est ici ? »

Isaac secoua vivement la tête comme s'il avait compris où elle voulait en venir. En réalité, il ne s'attendait pas du tout à ce que Lula fit dans les secondes qui suivirent. Elle attrapa la main du jeune loup-garou et le contraint à s'approcher un peu plus d'elle. Lula posa la main d'Isaac sur le côté gauche de sa poitrine ce qui fit immédiatement rougir le pauvre garçon qui n'avait certainement pas l'habitude d'une telle proximité avec les seins d'une femme. Il tenta vainement de penser à autre chose en détournant le regard mais fut incapable de résister plus longtemps à l'incroyable sourire que lui accordait la belle Lula.

- « Tu entends ? » demanda-t-elle en parlant de son cœur qui battait à tout rompre dans sa cage thoracique. Il menait une course folle, venait exploser dans ses tempes et dans ses poignets. C'était sec et vif. Le battement à la fois cruel et tendre de la vie.

- « Oui. »

- « J'ai tenté toute la nuit d'essayer de savoir comment je pouvais ignorer ça. »

Les yeux d'Isaac s'agrandirent un peu plus lorsqu'il capta les paroles de la jeune femme. Son propre cœur se mit à suivre au galop celui de Lula.

- « J'imagine que si tu es là c'est que tu n'as pas trouvé comme l'ignorer. » osa-t-il, un sourire taquin sur les lèvres.

- « Au contraire, j'ai trouvé mille raisons de l'ignorer. »

Cette fois, la mine déçue d'Isaac brisa le cœur de Lula qui serra un peu plus fort la main du jeune homme qui était toujours sur sa poitrine.

- « Tu veux que je t'énonce les raisons pour lesquelles je ne devrais pas être ici ce matin ? »

- « Je ne suis pas sûr... » ironisa Isaac, bien que véritablement perdu par le raisonnement de l'enseignante.

- « Tant pis. Je vais quand même te les dire. » s'en amusa Lula, les yeux pétillants d'une émotion encore indéfinie. « T'es vraiment trop jeune pour moi, Lahey. T'es qu'un gamin et j'ai passé depuis longtemps le stade des amourettes lycéennes. (…) En plus d'être ton tuteur, Derek est ton alpha. Parce que oui, Isaac, t'es un loup-garou au cas où tu l'aurais oublié. Et ça fait un moment que je sais que les relations humain/lycanthrope, c'est une perte de temps et d'énergie. (…) Je suis enseignante, donc bien sûr, si jamais il se passait quelque chose entre nous, je serais sans doute virée sans indemnités. (…) Mon père est ton coach de crosse, ce qui lui donnerait des occasions de te tuer à mains nues dans les vestiaires lorsqu'il apprendrait que tu touches à sa petite fille adorée. (…) Ah, et je ne suis pas une personne fréquentable. Je blesse tout le monde, tout le temps. J'ai l'air gentille, comme ça, mais je fais toujours les mauvais choix. »

A nouveau, les yeux de Lahey prirent une taille surdimensionnée. Il lâcha doucement la main de Lula et la laissa retomber le long de son corps.

- « Tu es vraiment ici pour me ruiner le moral ou bien... » tenta-t-il à nouveau d'ironiser sous le regard malicieux de la jeune femme.

- « Puis je me suis dit que quitte à faire encore un mauvais choix... »

- « Tu es en train de dire que... Tu veux vraiment qu'on essaye ? Malgré le mauvais karma qu'on a ? »

Il fit un pas vers elle, réduisant considérablement l'espace entre leurs deux corps. Elle regrettait presque déjà de s'être montrée si faible et si peu claire.

- « Si tu crois que je vais te sauter dessus, tu te trompes. (…) J'ai besoin qu'on apprenne à se connaître, avant. Alors pour l'instant, si tu le permets, je vais juste te coller contre moi, passer mes bras autour de ton cou et blottir mon visage contre ton torse. (…) Parce que j'ai indéniablement besoin de sentir ton corps contre le mien mais que je ne veux pas qu'on brûle des étapes. »

Isaac avait été un peu décontenancé. Déçu aussi. Bien sûr qu'il s'imaginait déjà pendu aux lèvres fruitées de la demoiselle. Bien sûr qu'il aurait voulu sentir la langue de Lula venir titiller la sienne. Bien sûr qu'il aurait voulu caresser sensuellement la taille et lui susurrer des mots doux à l'oreille. Tout ce qu'il pouvait faire pour le moment, c'était prier pour que Lula ne soit pas déçue en apprenant à le connaître. Parce qu'il crèverait sans doute de douleur s'il ne partageait jamais un baiser avec la tendre Lula.

- « Viens ici. » dit-il simplement en ouvrant ses bras.

La jeune enseignante ne se fit pas prier et enroula ses mains dans le cou du jeune homme, ne le quittant pas un instant des yeux. Elle sentit les mains du loup-garou se poser dans le creux de son dos et un frisson la parcourut. Lula réfugia son visage contre le torse de Lahey et se berça au rythme de son cœur. Isaac posa son menton sur le haut du crâne de cette enivrante jeune femme. Il pouvait l'avouer : c'était la première fois qu'il ressentait une telle farandole d'émotions grâce à une chaste étreinte.

Lula caressa de son pouce la nuque de Lahey et soupira d'aise. Elle pouvait dire sans mentir qu'elle ne s'était pas sentie aussi bien depuis des années.

- FLASHBACK -

- « Derek, il faut que je te parle. »

Ce fut une Lula boitillante qui se présenta à la sortie du lycée. Elle avait été accueillie comme une reine par ses camarades du lycée, ravis de voir qu'elle avait survécu à sa terrible chute dans l'escalier. Elle seule savait ce qui lui était réellement arrivé. Elle seule savait qu'une dénommée Kate Argent avait bourré le crâne de Clyde pour qu'il en arrive à un tel geste. Lula n'arrivait même pas à en vouloir à son petit ami qui était encore à ce jour, porté disparu. L'adolescente était persuadée que Clyde n'avait pas supporté son terrible comportement et avait décidé de quitter la ville. Elle ne parlait de cette théorie à personne. Surtout pas aux parents de Clyde, morts d'inquiétude et de tristesse.

Derek se retourna vivement en entendant la voix de Lula. Il fit un mouvement en avant, comme si l'instinct le poussait à la prendre dans ses bras. Pourtant, il resta en retrait, soudain gêné, plantant ses mains au fond de ses poches.

- « Comment tu vas ? » avait-il maladroitement demandé. C'était une question tellement idiote qu'il s'en voulut immédiatement de l'avoir posée.

- « Je m'en suis sortie, tu vois. J'ai le genou encore un peu amoché mais j'ai eu de la chance, apparemment. »

- « Je suis content pour toi. »

- « T'en as l'air, c'est dingue. »

Derek fronça les sourcils et prit cet air pincé qu'il avait tout le temps lorsqu'il était mal à l'aise. En cet instant, Lula eut la féroce envie de lui donner une gifle. Elle résista à la tentation, sans doute parce qu'elle savait qu'un tel geste ne servirait à rien.

- « Qu'est-ce que tu voulais me dire ? » lança plutôt agressivement le lycanthrope.

- « De faire gaffe à Kate. »

- « Tu déconnes là ? » demanda Derek en se mettant à rire jaune. « T'es en boucle, ma parole. » s'énerva-t-il ensuite. « T'as passé une semaine à l'hôpital, ton petit copain a disparu et toi tu viens encore une fois me prévenir à quel point Kate est une vilaine sorcière ? »

Lula baissa les yeux lorsqu'elle comprit que Derek n'écouterait jamais ce qu'elle avait à lui dire. Elle tenta quand même, un peu maladroitement sans doute.

- « Kate a raconté de trucs à Clyde et... Ça m'étonnerait pas que ce soit à cause de ça qu'il soit parti. » avoua-t-elle d'une petite voix, relevant les yeux vers Derek, pleine d'espoir.

- « Mais tu délires, Lulu ! Tu te rends compte que tu délires, au moins ? » lança-t-il, contenant difficilement sa colère. « Arrête de rejeter tous tes malheurs sur Kate. Remets-toi en questions, parfois. C'est trop facile de la prendre pour bouc émissaire. Parfois je me demande si elle n'a pas raison. »

- « Raison à propos de quoi ? »

- « Peut-être que t'es amoureuse de moi depuis le début et que c'est pour ça que tu fais tout pour m'éloigner de Kate. »

La dernière réplique tourna de longues secondes dans les tympans de la jeune femme. Elle manqua même de tomber à la renverse tant le coup de massue était énorme. Comment pouvait-il penser une chose pareille ? C'était insensé. Carrément fou. Un instant, elle eut envie de lui dire que sa petite amie avait parfaitement réussi à le lobotomiser. Elle préféra cependant ne rien dire, voyant Kate arriver vers eux d'un pas triomphant.

- « Tiens, voilà ton fidèle chien de compagnie. » lança Lula.

- « Lulu. » grogna Derek, pas franchement heureux que l'on insulte sa petite amie.

- « Quoi ? » ironisa l'adolescente. « Je croyais que l'avantage de passer une semaine dans le coma, c'est que quand on en sort, on peut se permettre d'être exécrable, tout le monde vous pardonne. »

- « Lulu. » pesta-t-il à nouveau, les sourcils plus froncés encore.

- « C'est bon, j'ai compris. T'es un cas désespéré. (…) Ne viens pas te plaindre quand tu te rendras compte que j'avais raison. »

- FIN DU FLASHBACK -

Le réveil fut difficile pour Stiles qui peina à s'extirper des bras de Morphée. Bien vite, il constata l'absence de Derek dans le lit et soupira. Il avait tout gâché. Leur amitié et la possibilité d'évolution. Il n'était qu'un gamin impulsif. Un simple mot accroché à la porte de la chambre attendait l'adolescent. 'Sois prêt pour midi.' La fin du road trip promettait d'être terriblement gênante.

Stiles se prépara rapidement, rangea la chambre pour éviter trop de ménage à la pauvre employée et se rendit dans le hall de l'hôtel pour midi. Il se dirigea naturellement vers l'hôtesse d'accueil et lui rendit la clé de la chambre.

- « Votre ami a réglé la chambre. » précisa-t-elle. « Je vous souhaite une excellente journée, et à bientôt. »

Stiles hocha la tête et lui adressa un sourire aimable. Il doutait que le 'à bientôt' soit utile. Il ne pensait pas revenir ici de si tôt. Sans doute pas avec Derek, en tout cas. L'adolescent se rendit sur le parking et repéra bien vite le lycanthrope adossé à la portière de sa Camaro. Lorsque Stiles arriva près de Derek, il manqua de rater les clefs que l'Alpha lui lança.

- « Qu'est-ce que... » commença Stiles, maladroit.

- « Tu voulais conduire, non ? »

Le ton de la voix de Derek n'était même pas agressif ce qui étonna l'adolescent. Il ne voulait pas que son aîné face comme s'il ne s'était rien passé. Il s'était passé quelque chose. Quelque chose de fort qu'ils avaient tous les deux violemment refusés.

- « Je suis fatigué. » ronchonna Stiles en relançant les clefs à Derek. « Je risquerai d'abîmer ta voiture. »

Le lycanthrope fit une légère moue mais prit place sans un mot au volant de la Camaro. Stiles fit de même du côté passager. La route jusqu'à Beacon Hills allait être un véritable calvaire. D'habitude si bavard, l'adolescent n'avait qu'une envie, celle de disparaître. La tension était palpable dans la voiture et le déni de Derek n'arrangeait pas les choses.

Ils roulèrent plus d'une heure dans le silence complet, sans ouvrir la bouche. Aucun des deux n'osa même allumer la radio. Stiles jouait avec ses mains, se mordait l'intérieur de la joue et revoyait sans cesse le moment où il avait commis l'impensable. Il s'en voulait d'avoir agit de la sorte. Et il s'en voulait encore plus d'avoir envie de réitérer l'expérience. Il voulait, plus que tout au monde, goûter à nouveau aux lèvres du lycanthrope.

- « Je suis désolé, Derek. » finit-il par dire l'adolescent, complètement obnubilé par ce qu'il s'était passé la veille.

- « Tu t'es déjà excusé. » trancha Derek, jugeant inutile l'intervention de Stiles.

- « Alors quoi ? On va rester silencieux et éviter désormais de se croiser ? C'est comme ça que tu vois les choses ? »

- « Tu m'as dit m'avoir embrassé pour jouer et m'empêcher de récupérer la télécommande, je ne vais pas t'en vouloir indéfiniment pour si peu. (…) C'était même bien joué de ta part. Ne refais plus jamais ça, c'est tout. »

Stiles n'en revenait pas du calme de Derek. C'était même plutôt déconcertant. Parce qu'à l'intérieur, l'adolescent bouillait et était à deux doigts de l'implosion. Alors, il lâcha la bombe sur Derek avant qu'elle ne lui explose à la figure.

- « Je ne jouais pas, Derek. J'ai menti. (...) Je ne jouais pas. »

Le freinage fut brutal mais heureusement, aucune voiture ne se trouvait derrière eux et ils avaient tous deux sagement mis leur ceinture de sécurité avant de partir. Cette fois, le calme de Derek semblait s'être envolé. Toujours au milieu de la route, le loup-garou éteignit la Camaro et en sortit vivement. Stiles ne tarda pas à en faire de même, appréhendant un peu la réaction de Derek. L'adolescent venait de jouer cartes sur table et il allait peut-être mordre la poussière.

- « Derek... » souffla le jeune humain, restant cependant en retrait.

Le loup-garou était désormais de l'autre côté de la route, près d'une falaise, contemplant l'immensité du paysage sans faire attention à Stiles qui restait près de la Camaro. Les minutes passèrent, les voitures klaxonnaient lorsqu'elles remarquaient qu'un véhicule était garé au milieu de la chaussée.

- « Dis quelque chose, bordel. » s'impatienta l'adolescent, commençant à trembler d'angoisse. « Parce que si t'essaie de mettre du suspense, laisse-moi te dire que c'est assez. (…) Parlez-maintenant, Derek Hale, ou taisez-vous à jamais. » blagua-t-il enfin, les mains enfoncées dans les poches de son jean. Voilà qu'il faisait des blagues plus que pitoyables, maintenant. C'était sans doute le désespoir d'entendre à nouveau la voix de Derek retentir.

- « Tu veux que je dise quoi, au juste ? » lança l'Alpha, se retournant enfin pour poser cette question.

- « Je sais pas. Que je suis fou. Que je me suis fait des idées et qu'on est juste des amis. » expliqua l'adolescent. « Ou bien, tu peux me dire que ton cœur bat aussi fort que le mien en ce moment et que t'es juste effrayé. »

Derek soupira longuement et fixa l'humain de ses pupilles azures. Cela faisait bien longtemps que le loup-garou n'avait pas vu Stiles manquer autant d'assurance.

- « Je... » commença Derek avant de se taire à nouveau.

Stiles se frappa le front avec la main et secoua vivement la tête. Derek ne changerait jamais.

- « C'est pas le moment de faire l'handicapé des sentiments, Derek. Dis-moi ce que t'as sur le cœur, même si tu dois briser le mien et que je dois passer les dix prochaines années chez le psychanalyste à pleurer. »

Derek avait bien entendu le moteur d'une voiture qui vrombissait. Il n'avait pourtant pas eu le temps d'analyser à quelle vitesse elle pouvait bien rouler. Il était bien trop perdu dans ses pensées. C'est en détournant la tête qu'il la vit débouler et foncer droit sur Stiles. Le cœur du loup-garou rata un battement et il crut un instant qu'il était trop tard. Il s'élança, mais pensait tout de même qu'il ne pourrait rien faire. Que Stiles finirait sous les roues de ce chauffard. Sans avoir pu lui dire ce qu'il avait sur le cœur.

Et là, face à l'impossible, il eut l'impression que ses pouvoirs de loup-garou n'avaient jamais été aussi inutiles.


- « On pourrait peut-être faire autre chose, non ? » finit par demander timidement Isaac.

- « Je t'ai déjà prévenu, Lahey, pas de sexe avant le mariage. » blagua Lula, ce qui réussit à tirer un rire au lycanthrope.

- « C'est juste que ça fait une demi-heure qu'on est dans cette position et que je commence à avoir des fourmis dans les bras. »

- « Chochotte. » se moqua la jeune femme tout en le libérant de son étreinte.

Ils avaient sans doute eu l'air de deux idiots en restant enlacés pendant trente minutes à l'entrée du loft. Pourtant, Lula n'avait pas vu le temps passer. C'étaient désormais les membres de son corps, légèrement engourdis, qui lui faisaient remarquer la demi-heure écoulée. Elle s'étira un peu mais fut bien vite rattrapée par Lahey, qui la bloqua contre lui. Leurs visages étaient dangereusement proches, dangereusement tentants, tentés. Lula lança un regard qui se voulait noir à Isaac qui ne put s'empêcher de rire.

- « Tu devrais travailler ton regard de tueuse. On dirait plus que tu me supplies de t'embrasser, là. » se moqua-t-il, maintenant le corps de l'enseignante contre lui, ressentant chaque pulsation de son cœur.

- « Isaac, s'il te plaît. » pesta-t-elle, fondant un peu plus à chaque fois qu'elle se perdait dans l'immensité des yeux bleus du jeune lycanthrope.

- « Un baiser, un seul. »

- « Non, Isaac. » dit-elle plus durement, les sourcils froncés. Il voulait la tenter, c'était certain. Mais elle ne céderait pas.

- « Sans la langue. »

Lula leva les yeux au ciel, un léger sourire toujours pendu aux lèvres. Isaac Lahey était un idiot. Un adorable idiot.

- « Un smack ? » négocia-t-il.

- « Même pas. »

- « Un bisou esquimau ? »

- « Sérieusement, Isaac ?! »

- « Ne me dis pas que je ne peux simplement prétendre qu'à une bise, je vais déprimer, là. »

- « Si tu es gentil, je te serrerai la main en partant. »

- « Vous êtes dure en affaires, Mademoiselle Finstock. »

Après cet échange, elle lui aurait offert tout ce qu'il désirait : un baiser fougueux, un smack timide, leur nez se frottant l'un contre l'autre et une nuit endiablée. Elle s'était promis de résister et flanchait à chaque seconde passées près d'Isaac. Lula se dressa sur la pointe des pieds et déposa un tendre baiser sur le front du jeune lycanthrope.

- « A toi. » l'encouragea la jeune femme, toujours sur la pointe des pieds. « Choisis un endroit pour y déposer un baiser. Sauf mes lèvres. » ajouta-t-elle en se pinçant les lèvres.

- « La fesse droite ? » ironisa Lahey, ce qui eut le don de faire exploser de rire la belle Lula. Ils étaient tellement sur la même longueur d'onde que ça la rendait fébrile.

- « La fesse gauche risquerait d'être jalouse. »

Le regard que lui lança Isaac fut empreint d'une telle sensualité que Lula retomba immédiatement sur la plante de ses pieds et que ses lèvres s'entrouvrirent sans même qu'elle ne s'en rende compte. Il l'attrapa doucement par les bras pour la coller encore un peu plus à lui et souffla doucement sur chaque parcelle de peau du visage de Lula. Il fondit finalement dans le cou de la jeune femme où il déposa un tendre et voluptueux baiser. Isaac se redressa enfin, lui relâchant les bras pour lui permettre de prendre ses distances. Avec Lula, il avait l'impression de faire preuve d'une confiance en lui presque excessive. Il n'en avait pas l'habitude, mais c'était plus qu'agréable de se sentir aussi à l'aise.

- « Alors ça va être comme ça entre nous ? Chaque jour je vais avoir le droit à un nouvel endroit à embrasser ? » plaisanta Isaac, plus taquin que jamais.

- « Je suis ton calendrier de l'avent. » s'en amusa Lula avant de se mordre doucement la lèvre inférieure.

- « Je crois que je n'ai jamais été aussi pressé d'être le 31 décembre. »

Isaac fit un clin d'œil à Lula et constata que ne pas l'embrasser ne lui posait pas vraiment un problème. Il adorait cette complicité qu'ils étaient en train de créer. C'était ensorcelant et fascinant.

- FLASHBACK -

- « Tu es sûre que tu veux y aller ? » demanda le coach à sa fille.

- « Je n'ai jamais été aussi sûre. »

- « Et s'il ne venait pas ? »

- « Derek m'a fait une promesse. Il me déteste peut-être mais je sais qu'il est incapable de ne pas tenir une promesse. Il viendra. »

Le coach hocha la tête et sortit de la chambre pour laisser sa fille se préparer. Il s'inquiétait pour elle. En quelques semaines, elle semblait avoir tout perdu. Son petit ami avait disparu dans la nature, son meilleur ami l'ignorait, sa bonne humeur légendaire s'évaporait, sa joie de vivre n'était plus qu'un lointain souvenir. Bobby Finstock savait très bien que Lula s'accrochait à ce bal. Elle était persuadée que tout rentrerait dans l'ordre. Que Derek ferait un pas vers elle, qu'ils retrouveraient Clyde ensemble, et que leur amitié redeviendrait réelle.

La jeune femme attacha une fleur blanche dans ses cheveux et s'observa dans la glace. Cela faisait plusieurs semaines qu'elle n'avait pas parlé à Derek. Plusieurs semaines que chaque matin, Clyde manquait à l'appel. En se regardant dans le miroir, elle eut l'impression qu'elle aussi, avait disparu. Ses traits étaient creusés, signe principal de ses insomnies. Sa chevelure brune était désormais terne et ses yeux verts semblaient fades. Puis elle avait maigri. Elle avait même entendu des pestes du lycée dire que ça ne pouvait pas lui faire du mal. Pourtant, si elle maigrissait, c'était parce qu'elle ne s'alimentait presque plus. Elle n'avait plus la force de rien.

Se faire belle pour ce bal de fin d'année était comme sa dernière volonté.

Lorsqu'elle pénétra dans la salle des fêtes du lycée de Beacon Hills, plusieurs regards se tournèrent vers elle. Certains, bienveillants, lui adressèrent des sourires d'encouragements. D'autres, moqueurs, ricanèrent sur son passage. Ils connaissaient tous l'histoire de Lula Finstock. Certains disaient qu'elle avait été si insupportable que Clyde avait pris la poudre d'escampette pour ne plus la voir et que Derek avait préféré l'effacer de sa vie. Parfois, Lula se demandait s'ils n'avaient pas raison.

Elle resta assise un long moment, le regard dans le vague. Elle faisait peine à voir. Pas le moindre sourire n'éclairait son visage. Elle avait l'air d'avoir vieilli avant l'âge. Par moment, elle relevait la tête pour tenter d'apercevoir Derek rentrer dans la salle. Le coach, chaperon de la soirée, soupira en la voyant dans cet état.

Les couples se mirent à danser et Lula eut l'envie féroce de les tuer. Un par un. Elle s'en voulait d'être si égoïste. Pourtant, elle ne supportait plus de voir l'étalement de leur bonheur.

Puis la musique fut brutalement coupée, ce qui fit huer la plupart des personnes présentes. Lula leva simplement les yeux et aperçut le directeur de l'établissement s'avancer vers le micro, suivit par le Shérif et son adjoint. Lula eut peur de comprendre ce qu'il se passait. Alors que tous les élèves s'asseyaient pour laisser parler le proviseur, Lula se leva brusquement, le regard de son père vissé sur elle.

- « Nous allons devoir annuler le bal pour ce soir. » annonça le directeur, d'une voix défaite. « Je vais laisser la parole au Shérif. »

Lula restait la seule élève debout et croisa immédiatement le regard compatissant du Shérif. La jeune femme se mit à trembler et les larmes coulèrent déjà sur ses joues blêmes. Elle savait. Elle savait qu'ils étaient là pour Clyde.

- « Je... » Le Shérif baissa les yeux pour ne pas avoir à annoncer cela droit dans les yeux de la fille Finstock. « Votre camarade de classe, Clyde Bowen, a été retrouvé mort dans la forêt de Beacon Hills il y a quelques heures. (Plusieurs cris d'effroi retentirent dans la salle.) Nous sommes désolés de vous annoncer cette perte terrible en ce jour habituellement si joyeux. Mes hommes et moi sommes malheureusement obligés de passer parmi vous pour que vous nous aidiez dans notre enquête. Nous espérons votre compréhension. »

Tous les regards s'étaient tournés vers Lula. Elle était toujours debout, plus tremblante que jamais. L'adolescente mit un long moment avant d'analyser les paroles du Shérif. Son père courut vers elle, sachant très bien qu'elle s'effondrerait d'une seconde à l'autre. A peine le coach avait-il touché le bras de sa fille qu'elle se jetait à terre avec une violence sans pareille. Il s'accroupit près d'elle, couvrant son corps avec le sien, la berçant doucement. Le cri que Lula poussa, déchirant et lancinant, fit sursauter bon nombre de personnes présentes ce soir-là. Certains lycéens se mirent eux aussi à pleurer face à cette scène douloureuse. Malgré le brouhaha présent dans la salle, on ne distinguait clairement que les sanglots sans fin de Tallulah Finstock. Parce que Clyde l'avait quittée pour de bon.

Et Derek n'était toujours pas là.

- FIN DU FLASHBACK -

Derek fut pris d'un fou rire incontrôlable et nerveux en constatant qu'il avait réussi à pousser Stiles assez loin du chauffard qui s'apprêtait à le renverser. D'ailleurs, l'adolescent regardait son aîné d'un drôle d'air, comme s'il doutait de son état mental. Le corps puissant de l'Alpha couvrait celui du jeune humain. Et Derek continuait de rire. Parce qu'il avait vraiment crut ne pas être capable de réussir à le sauver, cette fois.

- « Encore une fois. » annonça Stiles, en roulant des yeux.

- « Quoi ? » questionna Derek.

- « On est au milieu de nul part, à trois heures de Beacon Hills et tu trouves le moyen de me sauver la vie. Encore une fois. Je suis un vrai aimant à emmerdes, en fait, c'est ça ? »

Derek regarda avec douceur son cadet qui semblait avoir oublié de quoi ils tentaient de parler avant l'incident. Le loup-garou n'avait pas oublié. Et c'est avec une tendresse qui ne lui était pas habituelle qu'il déposa doucement ses lèvres sur celles de Stiles, toujours entrouvertes. L'adolescent grimaça et repoussa vivement le lycanthrope.

- « Aiiiiiiiiiiiiiie ! » fut la seule onomatopée à sortir de la bouche de Stiles.

- « Tu te fous de moi, Stiles ? (…) Je t'embrasse et toi tu cries de douleur. T'es vraiment... T'es vraiment con, des fois. » grogna le lycanthrope.

- « C'est pas ça. C'est juste que je crois que je me suis cassé le bras quand tu m'as poussé pour me sauver. »

- « C'est une blague ? »

- « Non, je te jure, je souffre le martyre. » se plaignit l'adolescent en faisant une moue boudeuse.

- « Donc, là, l'idée, c'est que je t'emmène à l'hôpital ? »

Stiles secoua vivement la tête de haut en bas pour confirmer que son bras le faisait énormément souffrir et qu'il préférait quitter le bord de la route avant qu'une autre catastrophe n'arrive. L'Alpha s'apprêta à se relever mais Stiles l'attrapa par le col de son bras valide.

- « J'ai rêvé ou bien tu m'as embrassé ? »

Derek roula des yeux et rougit sûrement un peu. La grimace de douleur de Stiles s'éloigna bien vite pour laisser place à un grand sourire.

- « Tu sais quoi ? Avant de m'emmener à l'hôpital... Embrasse-moi encore. » susurra-t-il à l'oreille du grand Derek Hale, qui ne se fit pas prier bien longtemps.


J'assume le côté guimauve de ce chapitre. J'ai essayé de rester fidèle aux personnages mais ça part un peu dans la romance à tout va ! Mais je suis comme ça, fleur bleue sur les bords.

Alors, ça vous a plu !

Nourrissez-moi de reviews, merci ;)