Mes loups,
Je tiens à vous signaler que ce huitième chapitre sera le dernier de cette aventure. J'ai adoré Lula, j'ai adoré lui donner vie avec les mots. Je ne mets pas de côté l'idée de donner une suite à cette histoire. C'est pourquoi j'ai volontairement laissé quelques points très légèrement obscurs qui pourront ainsi être exploités dans une éventuelle suite.
Puis, dans les jours qui viennent, préparez-vous à une petite surprise pour 'fêter' la fin de cette fanfiction. Je ne vous en dit pas plus. Ce qui m'ont déjà suivi sur I wanna feel good I make you feel right se douteront de ma surprise :3
Pour l'instant, je vous laisse découvrir Isaac, Lula, Stiles et Derek dans leurs dernières aventures, leurs derniers règlements de compte, leurs dernières déclarations.
En espérant ne pas vous décevoir.
Des bises et une bonne lecture.
Chapitre 8
« Don't cry because it's over, smile because it's happened.»
– DR. SEUSS
- « Et on fait quoi, maintenant ? » demanda la voix boudeuse de Stiles.
- « Maintenant, vous vous reposez et vous restez avec votre plâtre pendant un mois. »
C'était l'infirmier qui examinait Stiles qui venait de prendre la parole. L'adolescent grimaça et contempla un instant le plâtre qu'on était en train de lui poser. Scott allait insister pour écrire des conneries dessus et ça n'enchantait pas vraiment Stiles.
- « Je ne vous parlais à vous, je parlais à l'autre là, le ténébreux à côté de la fenêtre. »
L'infirmier ne parut pas vraiment offusqué. Il haussa les épaules et continua son travail sur le bras du lycéen. Quant à Derek, il restait silencieux, adossé au mur glacial de l'hôpital, évitant soigneusement d'entrer en contact avec les yeux noisettes de Stiles. Cette indifférence n'empêcha pas l'adolescent à persévérer et à reposer sa question :
- « Alors, on fait quoi maintenant ? »
- « On signe ta feuille de sortie et on rentre chez nous. » grogna le lycanthrope, un air maussade sur le visage.
- « Tu sais très bien que je ne parle pas de ça, Derek ! »
Le loup-garou roula des yeux face à l'insistance de son cadet. Parfois, Stiles choisissait les pires moments pour avoir une discussion entre quatre yeux. D'ailleurs, l'infirmier ne perdait pas une miette de cette conversation et laissait volontairement traîner une oreille tandis qu'il s'occupait de son patient. Leur bavardage allait sans doute être croustillant si on en jugeait par l'agacement se lisant sur le visage du plus âgés des deux hommes.
- « Tu veux vraiment parler de ça ici ? Tu crois que c'est le moment ? »
Cette fois, Stiles ouvrit sa bouche en grand, indigné.
- « Ne fuis pas la conversation. Ça arrive ! Et ça arrive maintenant ! »
- « Tu ne veux vraiment pas attendre ? »
- « Attendre ? Mais dois-je te rappeler que l'on s'est embrassés trois fois en moins de douze heures et que mes neurones commencent à fumer tellement j'ai besoin de réponses ? (…) Parce que tu pourrais très bien jouer avec moi, toi aussi. Je vous connais, toi et ton esprit revanchard. »
- « Oh, Stiles ! » pesta Derek en se tournant vers la fenêtre.
L'infirmier fronça les sourcils en entendant cette conversation, porta son regard sur Stiles, puis sur Derek avec le même air méfiant.
- « Vous avez quel âge ? » demanda l'infirmier à l'égard de Derek.
Stiles comprit qu'il venait de faire une boulette et une seule expression tournoya dans ses tympans : 'putain de détournement de mineur'. Voilà que Derek allait se faire coffrer par la police parce qu'il n'avait pas réussi à se taire. Le loup-garou allait l'étriper. Heureusement, Stiles avait plus d'un tour dans son sac. Tandis que Derek se retournait pour répondre à la question (et sans doute honnêtement, pauvre de lui), Stiles l'empêcha de parler en répondant à sa place.
- « Derek a dix-huit ans, j'en ai dix-sept. (…) Pas la peine d'appeler la police, le F.B.I et la brigade pédophile. S'il paraît si vieux, c'est parce que son oncle Peter lui donnait des hormones de cheval quand il était gamin. »
Cette fois, Hale pensa que c'était cuit et qu'ils allaient tous les deux se retrouver devant le Shérif de la ville dans laquelle ils se trouvaient et dont il ne se souvenait même pas le nom. Le lycanthrope lança un regard noir à Stiles qui continuait de sourire niaisement. Les secondes silencieuses qui s'écoulèrent semblèrent être une éternité.
- « Voilà, votre plâtre est en place. » lança l'infirmier, ignorant parfaitement l'excuse bidon que venait de lui lancer l'adolescent et signant par la même occasion sa feuille de sortie. « Vous pouvez partir. N'oubliez pas de passer à la pharmacie pour vos antidouleurs. Puis pensez à prendre rendez-vous avec votre médecin généraliste pour voir comment ça se passe sous le plâtre. »
L'infirmier lança un signe de main aux deux jeunes garçons et sortit rapidement de la chambre sous le regard choqué de Stiles qui s'épatait lui-même d'avoir été aussi convaincant. Voyant le petit air fier sur le visage de l'adolescent, Derek lui donna un coup sur la tête.
- « Arrête de ma frapper, bordel ! Je viens de te sauver d'une honte intersidérale où tu aurais du expliquer à mon père pourquoi on s'est embrassés trois fois. »
- « Quatre. »
- « Non, on s'est embrassés trois... »
Stiles n'eut pas le temps de continuer sa phrase. Derek s'approchait bien trop dangereusement de ses lèvres ce qui lui coupa toute envie de continuer à parler. L'adolescent put sentir le souffle chaud de l'Alpha se mélanger au sien tandis qu'ils ne se quittaient plus des yeux, mordus de désir.
- « Je vais devoir dire à ton père que je t'ai embrassé quatre fois, en fait. » susurra sensuellement Derek à l'oreille de l'adolescent dont les lèvres entrouvertes laissaient transparaître l'onde de choc et d'envie qui le traversait en cet instant. « Mais mon plus grand souhait est d'arrêter de compter le nombre de fois où l'on s'embrasse. On risque de perdre le compte. »
Le regard de Derek était taquin et Stiles ne savait quoi répondre face à cette réplique qui ressemblait presque à une déclaration made in Derek Hale. Le lycanthrope grimpa sur le lit sur lequel Stiles était assis, et enjamba le corps de l'adolescent, ne cessant de le regarder avec tendresse. Le jeune humain resta bien silencieux, déglutissant difficilement en sentant le corps de Derek si proche du sien. La situation ne lui déplaisait pas, bien au contraire. Il était simplement novice en ce qui concernait les relations humaines. Il en avait rêvé, avait fantasmé sur son premier baiser. Pas son premier smack. Pas son premier bisou volé. Il savait que ce que Derek s'apprêtait à lui offrir allait sans doute dépasser toutes ses attentes quant à son premier vrai baiser.
Stiles se sentait un peu pataud, déjà qu'il n'était pas habitué à entrer dans un tel jeu de séduction, comment pouvait-il faire preuve de sensualité en ayant le bras dans le plâtre ? L'adolescent essaya de se détendre tandis que Derek venait de déposer doucement son front brûlant contre le sien. Il tenta de se laisser faire. Il humecta ses lèvres avec sa langue comme pour montrer qu'il était prêt. Le visage du lycanthrope s'illumina d'un sourire. Il caressa son nez contre celui de Stiles avec une douceur rare.
Et Derek enveloppa les lèvres de l'adolescent avec les siennes. A ce contact, un léger gémissement sortit de celles de Stiles. Le contact était délicieux et suave, enivrant et tendre. Ils fermèrent les yeux, soumis l'un à l'autre. Transporté par ce baiser, Stiles exerça une pression plus forte contre les lèvres du bel Alpha. Espiègle, Derek entrouvrit les siennes pour venir mordre lascivement la lèvre inférieure de Stiles. A cet instant, la main valide de l'adolescent se plaqua violemment contre la nuque de son aîné pour le forcer à continuer. Derek ne pensait pas s'arrêter en si bon chemin, bien entendu. Il força le passage jusqu'à croiser la langue amie tant désirée. Les deux alliées se testèrent, se caressèrent, s'entremêlèrent. Les ongles de Stiles devinrent de douces griffes qui s'enfoncèrent malgré lui dans le haut du dos de Derek. Le lycanthrope pencha un peu la tête en arrière, entraînant Stiles à suivre le mouvement. L'adolescent ne se fit pas prier, ne désirant absolument pas rompre ce baiser qui allait les tuer s'ils ne reprenaient pas vite leur souffle. Les tuer d'amour.
Derek caressa doucement la taille de Stiles, lui arrachant un rire par la même occasion, en souvenir des chatouilles de la veille qui les avaient menés à ce baiser fougueux qu'ils échangeaient en cet instant. La main de Stiles glissa le long du dos de son aîné, lui procurant un long frisson. La baladeuse passa sous le tee-shirt de l'Alpha, caressant sa peau fiévreuse du bout des doigts. Leurs lèvres jouaient toujours, aventureuses et sans gêne.
Il fallut pourtant rompre le baiser. Les deux hommes ouvrirent doucement leurs yeux, encore troublés par ce moment qu'ils venaient de partager. Ils échangèrent un sourire complices, encore si proches que leurs souffles continuaient de se mélanger.
- « WO. » finit par dire le plus jeune, encore sous le choc. « Torride. »
- « Effectivement. » se mit à rire Derek, amusé par la réplique de Stiles. « Je crois que je n'aurais pas trouvé d'autre mot. »
Les joues rouges d'avoir trop aimé, Stiles regarda tendrement Derek et ses doigts vinrent rouler sur sa mâchoire. L'Alpha attrapa le poignet du lycéen, forçant sa main à rester sur son visage. Le contact était trop doux et précieux pour être brisé.
- « Je préfère qu'on ne dise rien à Isaac. Ni à personne d'autre, en fait. » précisa maladroitement le lycanthrope.
Stiles haussa les épaules. Il comprenait bien pourquoi Derek voulait cacher leur relation. Il n'avait pas de soucis avec ça. Il savait qu'un jour, lorsqu'ils seraient tous les deux prêts, il crieraient au monde à quel point ils s'aimaient. Le loup-garou avait les yeux baissés, signe qu'il avait peur d'avoir blessé Stiles en voulant cacher qu'ils étaient ensemble.
- « Ok. On attendra qu'Isaac dorme pour se peloter. » blagua le jeune humain, l'œil malicieux.
Derek poussa durement Stiles sur le lit et l'empêcha de parler en emprisonnant à nouveau ses lèvres.
- « Hey ! Tu veux me casser l'autre bras en me poussant comme ça ? » protesta l'adolescent après ce nouveau baiser. « Bon, sortons de cet hôpital, maintenant, c'est un endroit qui m'excite un peu trop. »
Derek fit rouler ses yeux bleus et donna une tape dans l'épaule de Stiles. Ils étaient beaux à voir. Innocents et amoureux.
Sur le chemin du retour, ils eurent un mal fou à ne pas s'arrêter à tous les patelins pour s'embrasser. C'était ça, la passion des premières heures en tant que couple. L'envie d'être toujours deux pour ne former qu'un.
- « Derek ? »
- « Ouais ? »
- « Tu sais que dans un mois, il y a le bal de fin d'année ? »
La voix de Stiles était timide et Derek fronça les sourcils. Le bal, ça lui rappelait inévitablement de mauvais souvenirs. Le lycanthrope soupira légèrement, cette question n'inspirait rien de bon.
- « Je t'ai dit qu'il valait mieux garder notre relation secrète pour le moment, Stiles. »
- « Quoi ? Parce que tu penses que je veux y aller avec toi ? Tu craques ou quoi ? Je vais y aller en solo, fièrement et en ignorant toutes les propositions des demoiselles qui voudront me faire danser. »
- « Stiles. » pesta le lycanthrope.
- « En fait, je pensais que tu aurais pu inviter Lula. Histoire de tenir la promesse que tu lui as faite. En retard, certes. (…) Mais je crois que ça lui ferait plaisir. »
En entendant cette idée sortir de la bouche de son petit ami, parce que c'est ce qu'était Stiles désormais, Derek fut très ému et ses yeux s'embuèrent sûrement un peu derrière ses lunettes noires. Stiles était merveilleux et il ne s'en rendait même pas compte. Le lycanthrope attrapa la main de l'adolescent et ils continuèrent de rouler ainsi jusqu'à atteindre leur territoire. Beacon Hills n'offrait peut-être pas les mêmes paysages que Newport Beach. Mais Beacon Hills, c'était chez eux.
- « On ne dit rien à Derek, d'accord ? Il ne comprendrait pas. » souffla Lula, blottie contre Isaac.
Le jeune loup-garou hocha la tête. Il partageait cette idée. D'ailleurs, lorsqu'il regarda sa montre indiquer bientôt quatre heures de l'après-midi, il se releva doucement, entraînant la jeune femme à faire de même. Lula grimaça un peu, déçue de devoir quitter les bras de cet adorable ange blond.
- « Vu l'heure, Derek ne devrait pas tarder. Alors si tu ne veux pas qu'il nous surprenne dans les bras l'un de l'autre, tu devrais y aller. »
La moue boudeuse de Lula fit craquer Isaac qui l'attrapa par l'un de ses poignets pour la coller contre lui. Elle caressa doucement sa nuque du bout des doigts. Ils avaient parlé toute la journée, s'étaient redécouverts. Isaac avait évoqué sans tabou son père maltraitant. Lula n'avait pu s'empêcher de verser une larme. Parce que ça la rendait folle d'imaginer un père lever la main sur son fils. Alors, la jeune femme avait attrapé la main d'Isaac et l'avait serrée si fort que le lycanthrope avait légèrement grimacé. Puis Lula s'était promise de rendre visite à son père juste pour le prendre dans ses bras. Parce qu'à part au lycée, entre deux cours, la jeune femme n'allait pas souvent voir le Coach. Et elle savait que son père avait besoin d'elle autant qu'elle avait besoin de lui.
- « Tu penses que l'on va tenir combien de temps ? »
- « Quoi, tu penses déjà à me larguer comme une vulgaire chaussette ? » bouda la jeune femme, la mine renfrognée.
- « Mais non, Lula, je ne parlais pas de ça. (…) Je me demande combien de temps on tiendra sans se faire démasquer par Derek. »
- « Oh. »
La question n'était pas bête. Après tout, Derek était un loup-garou de naissance, capable de détecter bien des mensonges. Il verrait sans doute bien vite que le comportement de son jeune protégé avait changé.
- « Déjà, continue de t'asperger d'after-shave comme tu le fais. Il croira que tu es encore en train d'essayer de me séduire. » se moqua Lula, le sourire taquin.
- « Quoi ? (…) Mais... Tu as compris que c'était pour toi, l'after-shave ? » s'inquiéta Isaac, les joues rougissantes. « T'as des sixièmes sens de louve ou quoi ? »
- « Pas besoin d'être un loup-garou pour ça. Il suffit d'être une femme. On est la pire des créatures. »
Et Lula courut vers la porte du loft. De là où elle était, elle souffla un baiser à Isaac qui fit mine de l'attraper et de le plaquer sur ses lèvres. Ah, ces idiots amoureux !
Elle s'en alla comme une brise d'automne, élégante et joviale. Le jeune homme s'installa dans le fauteuil de son Alpha, rêvassa un peu. Il comprit sa chance d'avoir réussi à faire entrer Lula Finstock dans sa vie. Bien vite, il s'effondra de sommeil si bien qu'il n'entendit pas Derek rentrer. L'aîné s'approcha du jeune lycanthrope et sourit en remarquant qu'il était assoupi dans le fauteuil qui lui était d'habitude réservé. Derek, protecteur comme il était, alla chercher une couverture pour son bêta et passa une main fraternelle dans les cheveux frisés de celui qu'il considérait désormais comme sa famille.
- FLASHBACK -
Le coach resta un long moment assis parterre aux côtés de sa fille. Lula ne disait rien, ses sanglots longs et déchirants parlaient pour elle. Certains élèves du lycée avaient tenté de venir lui parler, mais elle refusait toute présence autre que son père autour d'elle. Au milieu de cette salle des fêtes de plus en plus déserte, Lula ressemblait à une Cendrillon des temps modernes, dans sa robe blanche. Sauf que dans sa version de l'histoire, le prince mourrait et qu'elle n'avait que ses yeux pour pleurer, à même le sol, sur le carrelage glacial du lycée de Beacon Hills.
Bobby Finstock la berça longuement. Il préférait ne plus regarder l'horloge de la salle des fêtes, transpercé par les plaintes douloureuses que poussait sa fille. Le coach pleurait aussi, silencieusement cependant, respectant bien trop le chagrin de Lula pour faire une démonstration du sien. Il était détruit, lui aussi. Détruit de voir sa fille dans un tel état. Il se demandait comment ils en avaient pu en arriver là. Jamais ils n'auraient du emménager à Beacon Hills. Cette ville semblait leur porter malheur. Tout le malheur du monde s'abattait sur les frêles épaules de sa fille unique. Il ne pouvait pas le supporter.
- « M. Finstock. »
La voix du Shérif venait de retentir. Le coach sécha rapidement ses larmes et lança un regard embrumé à Lula.
- « Je sais. » signifia Finstock avec conviction. Il savait que sa fille allait devoir répondre aux questions des autorités. Il n'y avait pas d'autre choix. « Cinq minutes. Laissez-nous juste cinq minutes de plus. »
Par une force puisée dans ses dernières ressources, le coach réussit à relever Lula, qui essuya violemment ses larmes et reprit contenance en se retrouvant debout. Elle lança un regard noir aux élèves encore présents, sans doute là pour admirer le spectacle. D'un pas tremblant mais se voulant confiant, elle se dirigea vers le Shérif et son adjoint.
- « Je suis prête. »
- « Vous êtes sûre, Mademoiselle Finstock ? Ce qu'on a vous dire n'est pas facile. »
- « Qu'est-ce qui pourrait être plus difficile que l'annonce de la mort de Clyde ? » demanda-t-elle, un air de défi sur le visage.
- « Ok. Asseyez-vous, s'il vous plaît. »
- « Je suis très bien debout. » se défendit-elle.
Lula ne comptait pas rester bien longtemps en présence des policiers. Elle ferait celle qui ne savait rien. Parce qu'elle n'allait décemment pas raconter à ces deux hommes que Clyde était un loup-garou. Ils l'interneraient d'office.
- « Comme vous savez, nous avons retrouvé Clyde dans la forêt de Beacon Hills, cet après-midi. Nous pensons qu'il a été assassiné. »
La jeune femme tenta de garder son calme et hocha simplement la tête, des larmes coulant malgré elle sur ses joues pâles. L'annonce de l'assassinat ne la choquait pas bien qu'elle ait un instant pensé que Clyde ait pu se suicider. Elle ne savait pas ce qui était le pire.
- « Nous avons découvert son corps... »
La voix du Shérif se brisa, comme s'il était incapable d'avouer la dure vérité.
- « Allez-y ! » cria Lula, n'en pouvant plus de cette attente interminable et voulant rentrer chez elle au plus vite.
- « Son corps était coupé en deux au niveau de l'abdomen et... »
Lula n'entendit pas la suite de la phrase. Finalement, elle préféra s'asseoir sur la chaise qu'avaient prévue les policiers. Pour la première fois de sa vie, le souffle court de Lula Finstock annonça une crise d'angoisse qui la fit plonger dans l'inconscience durant de longues minutes. Des minutes qui parurent une éternité pour son père qui ne cessait de frapper délicatement les joues glacées de sa fille. Des minutes où Lula eut l'impression de retrouver Clyde. Au bout du chemin noir qui se dessinait dans sa tête. Elle s'imaginait que Clyde lui tendait la main, tentait de la convaincre de la rejoindre. Un instant, elle voulut le suivre. Mettre fin à ses jours auraient pu être une solution. Mais elle n'était certainement pas une solution pour Lula Finstock.
Elle ouvrit les yeux et son père put y lire détermination qu'il ne comprit pas immédiatement. Lula se battrait pour remonter la pente. Elle se battrait pour se reconstruire. Mais se reconstruire à Beacon Hills, la ville qui l'avait vu plus heureuse que jamais mais l'avait détruite, c'était impossible.
- « Je dois partir, Papa. » murmura-t-elle.
- FIN DU FLASHBACK -
Un mois plus tard...
Un mois avait passé depuis le week-end qui avait tout changé dans la vie de Lula, Derek, Isaac et Stiles. Un mois où ils avaient appris à s'apprivoiser un peu, à se connaître encore et à s'aimer beaucoup. Aimer n'était pas le verbe le plus facile à conjuguer. Stiles et Derek s'étaient sans doute engueulés au moins une fois par jour depuis qu'ils étaient ensemble, toujours pour des broutilles. Mais Derek aimait Stiles et Stiles aimait Derek. Ça leur suffisait à se réconcilier, en se traitant d'idiots, juste pour la forme.
Lula et Isaac n'avaient toujours pas échangé leur premier baiser. Le garçon commençait à désespérer de sentir les lèvres de celle qu'il aimait contre les siennes. Parce que oui, Isaac Lahey était amoureux. Il avait mis un long moment avant de comprendre que le désir qu'il ressentait pour la jeune femme s'était peu à peu transformé en amour. Un soir, tandis qu'il avait fait le mur pour aller rejoindre la douce Lula, il fut frappé par la lumière divine. Cette lumière qui vous embaume le cœur et le cerveau, qui vous fait sentir aussi crétin qu'invincible. Ce soir-là, Isaac avait regardé Lula s'endormir et il avait senti son palpitant se serrer lorsqu'elle avait doucement lâché sa main tandis que le sommeil l'emportait. Il aurait voulu garder sa main dans la sienne, pour l'éternité. L'amour existait. Il n'en avait pas la preuve matérielle. Il en avait la preuve de l'âme, de celle qui vous fait perdre la tête. Isaac avait déposé ses lèvres sur le coude de Lula -endroit encore inexploré d'un de ses baisers- et avait murmuré 'Je t'aime' pour la première fois. Elle n'avait pas entendu, mais avait sourit dans son sommeil. Isaac s'était senti complet pour la première fois.
Les jours s'étaient suivis mais ne s'étaient jamais ressemblé. Ce jour de juin, veille du bal de fin d'année de la promo 2013 du lycée de Beacon Hills n'échappa pas à la règle. Isaac était sagement en train de réviser dans sa chambre. Il avait très bien compris que si Derek avait insisté pour qu'il aille travailler, c'était pour pouvoir bécoter Stiles. Cela faisait un moment qu'il avait compris que son Alpha et Stilinski se roulaient des pelles dès qu'il avait le dos tourné. Ça ne le dérangeait pas outre mesure. Il avait toujours su que ça finirait ainsi. Stiles et Derek étaient faits pour être ensemble, ça ne pouvait pas être autrement. Lahey ne serait certainement pas celui qui mettrait des bâtons dans les roues du véritable amour. Dans le fond, il espérait sincèrement que Derek pense un jour la même chose du couple qu'il formait avec Lula. Isaac était assis à son bureau, pas franchement concentré sur sa leçon d'histoire. Il ne cessait de jeter de furtifs regards à son téléphone portable. La veille, Lula lui avait paru distante, un peu froide et troublée. Isaac n'avait pas osé demander ce qu'il se passait. Il l'avait laissé à ses pensées les plus profondes et s'en voulait sans doute un peu aujourd'hui. Il avait tellement peur qu'un jour, Lula se tourne vers lui, les yeux larmoyants et mette fin à son conte de fées.
Le portable de Lahey ne sonnait pas et ses messages restaient sans réponse. Dans le salon, Derek et Stiles passaient du bon temps, ne se doutant pas un seul instant qu'Isaac avait compris pour leur relation censée être secrète. Hale et Stilinski n'étaient pas les meilleurs acteurs du monde. Ils étaient bien incapables de se regarder sans cette lueur d'amour au fond de leurs pupilles. Heureusement, ils étaient peut-être encore assez naïfs pour croire qu'ils avaient bernés Lahey.
Derek cuisinait et Stiles apportait docilement tous les ingrédients qui manquaient au plat de son petit ami. Il ouvrait les placards, claquait un baiser sur la joue de Derek, fermait le frigo, glissait ses mains sous le tee-shirt de Derek, lui tendait une cuillère en bois, mordait le cou de Derek. Stiles n'était pas franchement occupé à cuisiner, en fait. Il trouvait ça carrément aphrodisiaque de voir Derek, un torchon sur l'épaule, en train de s'occuper du repas du soir. Ils fêtaient secrètement leur un mois. Lorsque Stiles avait soumis l'idée à son petit ami, celui-ci avait soupiré, pas franchement emballé. Ils n'allaient certainement pas célébrer tous les mois passés ensemble. C'était le genre de démonstration inutile que détestait Derek. Pourtant, face au regard papillonnant de Stiles, il n'avait pas su résister bien longtemps. Derek avait proposé d'inviter Lula, pour brouiller les pistes. Ils ne voulaient pas d'un dîner aux chandelles, ils voulaient simplement être ensemble. Sans le savoir, Derek et Stiles avaient organisé leur première soirée entre couples.
Lula et Derek n'avaient pas repris leur amitié là où ils l'avaient laissée. La jeune femme avait eu un mal fou avant d'accepter d'aller au bal avec son ancien meilleur ami. L'enseignante devait être chaperon au bal, de toutes façons. Alors, elle avait fini par accepter, les yeux humides de souvenirs douloureux. Derek n'avait pas su résister et avait attrapé Lula par les épaules pour la blottir contre lui. Elle avait pleuré pendant plus d'une heure sans savoir si cette invitation lui rappelait des moments angoissants ou bien si elle était tout simplement heureuse de pouvoir se replonger à nouveau dans les bras de son meilleur ami. Elle n'avait pas oublié mais était sans doute prête à essayer de pardonner.
Lula devait arriver aux alentours de vingt-heures. Alors, lorsque la porte du loft s'ouvrit à la volée vers 18h30 et que Lula s'engouffra comme une tornade dans l'appartement, Stiles se détacha rapidement de Derek et se demanda ce qu'il valait une telle entrée. Il échangea un regard avec le lycanthrope présent dans la pièce tandis que Lula reprenait difficilement sa respiration.
- « T'es sûre que ça va ? » tenta maladroitement Derek.
Lula ne répondit pas, les joues rouges d'avoir couru un peu trop vite.
- « J'ai démissionné. » lâcha-t-elle, les bras ballants et le regard planté sur l'escalier comme si elle s'attendait à y voir quelqu'un.
- « QUOI ? » hurlèrent à l'unisson Derek et Stiles.
La révélation eut l'effet d'une bombe et Stiles frappa du poing contre le plan de travail de la cuisine, réussissant à se faire mal au passage. Le pauvre garçon venait tout juste de se faire retirer son plâtre mais souffrait encore s'il ne faisait pas attention. Dans sa chambre, Isaac crut comprendre ce qu'il se passait. Il se téléporta presque pour se retrouver en bas de l'escalier. Les yeux de la jeune femme s'embuèrent instantanément lorsqu'elle croisa le regard bleu de Lahey.
- « J'ai démissionné. » répéta-t-elle, la voix tremblante.
- « Mais pourquoi ? » demanda Stiles, visiblement dépité. « Pourquoiiiii ? » se lamenta-t-il, prenant volontairement un ton dramatique.
Derek lui fila un violent coup de coude qui le fit grimacer. L'Alpha fit un signe de tête vers Isaac et Lula qui restaient face à face, séparés par cinq bons mètres mais ne se quittant pas des yeux. Stiles fronça les sourcils ne comprenant pas bien ce qu'il se passait. L'ambiance devint tout d'un coup trop pesante ce qui inquiéta l'adolescent qui ne put s'empêcher de reprendre la parole.
- « On peut savoir pourquoi tu as démissionné ou bien on aura la suite au prochain épi... »
Nouveau coup de coude dans les côtés. Stiles lança un regard noir à son amoureux qui se transforma bien vite en un sourire taquin. Derrière le plan de travail, à l'abri des regards, l'adolescent donna une tape sur les fesses de Derek. Ce dernier fit rouler ses yeux bleus verts et s'empêcha de se mettre à rire.
Lula et Isaac se scrutaient toujours du regard, n'avançant pas d'un centimètre et la situation commençait clairement à devenir alarmante pour Derek et Stiles qui ne comprenaient absolument pas ce qu'il se tramait.
- « C'est vrai, pourquoi t'as fait ça ? » finit par demander Isaac.
La jeune femme ne répondit pas. Elle s'élança simplement vers Lahey, effaçant bien vite les cinq mètres qui les séparaient. Un sourire en coin s'installa sur les lèvres du jeune lycanthrope. Il ouvrit les bras et l'accueillit avec le plus grand plaisir. Lula se sentit soulevée de terre, au sens propre comme au sens figuré. Elle agrippa le cou d'Isaac et se rua sur ses lèvres. Face à ce spectacle, les yeux de Stiles devinrent des billes et le mouvement de recul qu'eut Derek valait tout l'or du monde.
- « OH. MY. GOD. » lança Stiles, sans même s'en rendre compte.
Isaac et Lula n'écoutaient plus vraiment ce qu'il se passait autour d'eux. Ils se sentaient réellement seuls au monde en cet instant. Les lèvres de Lula dansaient contre celles du jeune lycanthrope qui ne regretta pas d'avoir attendu si longtemps. Le baiser fut tendre et brûlant à la fois. Stiles n'en manqua pas une miette, une moue presque envieuse sur le visage. Derek lui lança un regard taquin signifiant que ce serait bientôt son tour de faire de telles démonstrations en public. Stiles fut satisfait et attrapa la main de son amoureux, toujours cachés par le plan de travail.
Bien vite, et sans un mot, Lula et Isaac grimpèrent en rigolant les marches qui les séparaient de la chambre de l'adolescent. Stiles et Derek restèrent un long moment silencieux, ne sachant pas vraiment comment réagir face à ce qu'ils venaient de voir. Le jeune humain quitta la main de Derek et s'affala sur le fauteuil réservé à l'Alpha.
- « Rassure-moi, tu as eu LA discussion avec Isaac ? » demanda Stiles, le plus sérieusement du monde.
- « De quoi tu parles, encore ? » s'inquiéta l'Alpha, les sourcils froncés.
- « LA discussion que chaque père doit avoir avec son fils. Tu sais, comment on fait les bébés, et tout le toutim. »
- « Je ne suis pas le père d'Isaac, Stiles ! (…) Ni professeur d'éducation sexuelle. »
- « Dommage... » murmura malicieusement l'adolescent. « J'aurai bien voulu que tu m'apprennes quelques trucs. »
Les joues de Stiles et Derek s'empourprèrent à cette évocation. Ils n'avaient jamais franchi le cap du baiser amélioré mais en crevaient d'envie. Ils s'étaient simplement promis de ne pas s'engager dans cette voix-là tant que toutes les personnes qu'ils aimaient n'étaient pas au courant de leur relation. C'était sans doute idiot, mais sans doute le meilleur moyen pour être certains que leur histoire ne resterait pas à jamais clandestine. Le Shérif n'était pas dupe. Il savait déjà que son fils voyait régulièrement quelqu'un car celui-ci découchait de plus en plus souvent. Même s'il s'inquiétait par principe, il savait que Stiles n'était pas du genre à se perdre dans les bras de la mauvaise personne.
- « Avant, je t'aurais arraché la gorge pour avoir osé poser tes fesses dans ce fauteuil. » lança Derek, préférant sans doute changer de conversation.
- « Mais ça, c'était avant ! » se pavana Stiles, attrapant les lunettes de soleil de l'Alpha qui traînaient sur la table et les mettant sur le bout de son nez.
Les yeux de Derek roulèrent, comme souvent face à Stiles.
- « T'avais l'air moins étonné que moi, pour Lula et Isaac. » remarqua l'adolescent.
- « J'ai pensé qu'il était passé à autre chose en fait. Trouvé une copine. J'aurais jamais cru que Lula puisse... Enfin... Pas Isaac quoi. » tenta d'expliquer Derek, toujours aux fourneaux.
Ça aurait été mentir que de dire que voir Isaac et Lula s'embrasser ne l'avait pas perturbé. Le loup-garou avait encore un mal fou à imaginer sa meilleure amie dans les bras de celui qu'il considérait comme son frère. Il avait l'impression de revenir sept ans en arrière, lorsqu'il avait vu Lula embrasser Clyde. Il avait été heureux pour eux mais avait toujours eu peur du jour où il aurait du choisir entre les deux. C'était ça, les couples qui se défont : tu dois inévitablement choisir ton camp.
- « Ça te gène ? » lança Stiles, d'une voix douce.
- « Pour être franc, je n'en sais rien. »
Un sourire triste s'installa sur le visage de l'adolescent qui se leva et alla se blottir dans le dos de Derek. L'Alpha soupira doucement, ses épaules soudainement basses. Stiles déposa un baiser dans son cou, comprenant que cette histoire le tracassait.
- « Je n'en peux plus de nous cacher. » souffla Stiles. « Tu vas sans doute trouver ça puéril et niais mais... Je crois que j'ai besoin de crier à la terre entière que tu es à moi. J'ai besoin de pouvoir me promener dans la rue en glissant ma main dans la tienne. Je... J'en ai juste besoin. Vraiment. »
Les aveux de Stiles eurent raison de Derek qui ferma les yeux pendant de longues secondes. L'adolescent, mal à l'aise, se détacha un peu du corps de son amoureux. L'Alpha ne le laissa pas bien longtemps trop loin de lui, se retourna pour faire face à Stiles et attrapa ses avants-bras pour le rapprocher à nouveau. Le loup-garou passa une main tendre sur la joue de son petit ami.
- « Si tu en as besoin alors... On va le faire. » trancha Derek, rougissant déjà de ce qu'il allait dire. « On va arrêter de se cacher. Si tu le souhaites, je... Moi aussi. Je... Tu comptes beaucoup pour moi Stiles et... »
- « Derek... » l'interrompit l'adolescent, voulant lui faire comprendre qu'ils n'étaient plus seuls dans la pièce.
- « Laisse-moi parler, s'il te plaît. » tonna Derek, ne faisant absolument pas attention à ce qu'essayait de lui dire son petit ami. « Ça fait des années que je n'ai pas été aussi heureux, Stiles. Tu m'as changé. Tu m'as redonné la confiance que j'avais perdu il y a si longtemps. (...) Et j'ai enfin l'impression de pouvoir me construire un avenir. Tu m'agaces comme au premier jour. Mais il n'y a que toi qui peux m'agacer avec autant de tendresse. (…) Annonçons-le ce soir à Isaac et Lulu. »
- « Derek... » tenta à nouveau Stiles en faisant un signe de tête vers Lula et Isaac qui se retenaient sans doute de rire face à la situation.
Stiles se passa la main dans la nuque, visiblement gêné et Derek soupira d'agacement en comprenant qu'il venait de faire une déclaration à cœur ouvert non pas face à une mais trois personnes. Dieu seul savait (et Stiles) à quel point Derek avait un mal fou à se dévoiler. Se rendre compte que son discours envers Stiles avait été épié, cela l'embarrassait vraiment. Il s'en voulait de ne pas avoir entendu Isaac et Lula entrer dans la pièce. Tout ça parce qu'il s'était emporté dans son affection pour Stiles et son envie de le lui communiquer.
- « Je crois que vous avez compris. » pesta Derek. « Stiles et moi, on... On est amoureux. »
Stiles tourna violemment la tête vers l'Alpha en se rendant compte du mot qu'il venait d'employer. Derek aurait pu simplement dire qu'ils étaient ensemble ou qu'ils étaient en couple. L'annonce prenait une toute autre forme lorsqu'il utilisait le mot 'amoureux'. Jamais ils n'avaient parlé d'amour. Ils avaient parlé de tout ce qu'il y avait autour, de tout ce qu'ils s'apportaient au quotidien mais jamais ils ne s'étaient dit qu'ils s'aimaient. Parce que ça coulait de source. Ils n'avaient pas besoin de dire 'Je t'aime'. Pourtant, Stiles se rendit compte pour la première fois à quel point c'était agréable d'entendre ce genre de mot sortir de la bouche de Derek.
Isaac fit quelques pas dans la cuisine et feignit la parfaite ignorance :
- « Amoureux ? L'un de l'autre ? » demanda le blondinet en pointant du doigt son Alpha et Stiles. Derrière lui, Lula évitait soigneusement de ne pas se mettre à rire. « T'es amoureux de Stiles, Derek, c'est ça que tu veux dire ? » répéta Isaac.
- « Qu'est-ce que tu ne comprends pas Isaac ? Oui, je suis amoureux de Stiles. »
Les joues de Stiles s'enflammèrent et il hésita un instant à sortir de la pièce tant il attrapait un coup de chaud à cause de cette conversation (et du four qui préchauffait à 180°C depuis plus d'une heure).
- « Ah... » se contenta de dire Isaac.
Derek commença à gigoter un peu sur lui-même, ne comprenant pas bien la réaction de son bêta. Finalement, Lahey s'approcha de son aîné et posa une main sur son épaule :
- « Parce que tu crois que je ne le savais pas déjà ? (…) Je le savais même avant toi. »
- « Qu... Quoi ? » demanda Derek, complètement perdu, ce qui attendrit Stiles qui restait bien silencieux pour une fois.
- « Je savais que tu étais amoureux de Stiles avant même que tu ne t'en rendes compte. »
Isaac pressa sa main sur l'épaule de Derek qui tenta de cacher son émotion en donnant à son bêta une accolade virile. En retrait, Lula et Stiles échangèrent un sourire complice.
- « Du coup, on peut faire une soirée échangiste. » enchaîna Isaac. Stiles manqua de s'étouffer avec sa propre salive à cette remarque. « Puisque Derek va au bal avec Lula, j'irai avec Stiles. »
Cette fois, le jeune humain se mit à tousser si fort que Lula explosa de rire. Quant à Derek, il ne savait pas s'il devait se marrer ou s'énerver.
- « Sérieusement ? » réussit à demander Stiles.
- « Je mettrais ma plus belle robe, Stiles. » persista Isaac, d'un air malicieux. « Et pour mon corsage, j'aimerai beaucoup une fleur rouge. »
Stiles fila un coup de pied dans le mollet de Lahey qui se mit à rire en voyant les têtes de Hale et Stilinski suite à son idée farfelue.
- « T'es con. » pesta Stiles. « Si tu continues, je vais te prendre au mot. Je suis sûr que tu portes très bien la robe, Lahey. »
- « De toutes façons, la soirée de demain risque d'être un peu compromise si Lulu a démissionné, non ? »
C'était la première fois que Lula ré-entendait son surnom dans la bouche de Derek. Cela sonnait comme une véritable caresse et elle lui adressa son regard le plus tendre.
- « C'est vrai, ça. » approuva Stiles, lançant un clin d'œil fier à son petit ami. « Si t'as démissionné du lycée, tu ne vas sans doute pas avoir le droit de te rendre au bal, si ? »
- « En fait, j'ai demandé une dernière faveur au directeur. » raconta Lula. « J'ai pris ma mine triste et je lui ai demandé de venir assister au bal en compagnie de Derek. Je suis assez douée et convaincante, quand je veux. »
Les quatre amis échangèrent une oeillade complice. La soirée promettait d'être douce.
- FLASHBACK -
Le coach Finstock avait ramené Lula chez eux. Il lui avait apporté un verre de thé glacé, pensant que ce maigre geste la réconforterait peut-être un peu. Malheureusement, Lula aurait eu besoin d'un océan de thé glacé pour pouvoir retrouver le sourire. La jeune femme se laissa installer sur le canapé par son père et resta droite, le regard dans le vague.
- « Quand tu parlais de partir, tout à l'heure, tu voulais dire qu'on devait partir de Beacon Hills, n'est-ce pas ? »
- « Tu ne vas pas partir de Beacon Hills. Ta vie est ici, maintenant. J'ai bien vu la prof de français qui te tourne autour. Elle est mignonne et elle a l'air gentil. Je crois qu'elle ne me dérangerait pas comme belle-mère. »
La voix de Lula était étrangement posée, comme si elle s'était déjà vidée de toutes ses larmes et qu'elle n'arrivait plus à exprimer ses émotions. Elle parlait comme si elle était robotisée, comme si son cerveau ne contrôlait pas tout.
- « Tu sais bien que la seule femme de ma vie, c'est toi. »
- « Foutaises, Papa. Et méga-ringard, aussi. On ne dit plus ça à sa fille, de nos jours. » ironisa Lula, un peu revigorée par la douceur de son père. « Je vais partir. Je pensais aller chez Tante Lizbeth. Ça pourrait me faire du bien, de voir l'Europe et puis... d'être loin de tout ça, tu sais. »
- « Je sais, Lu'. »
- « Appelle-là, maintenant. Demande-lui si c'est possible. J'ai besoin de partir. Tout de suite. »
Le coach ne comprit pas bien l'empressement de sa fille unique. Il ne voyait pas pourquoi elle désirait partir si vite. Il avait tellement peur qu'elle prenne cette décision à la légère et le regrette amèrement.
- « Ne te précipite pas. » conseilla-t-il.
- « J'en ai besoin. Je te jure que j'en ai besoin. »
- « Pour quelques mois ? » tenta-t-il de se convaincre.
- « Je ne pourrais jamais regarder Derek en face. Je... »
- « Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Derek ? »
Bobby Finstock ne savait pas comment Derek avait pu laisser sa fille se noyer dans les méandres du malheur. Il avait entendu tant de bien du jeune Hale lorsque Lula était arrivée à Beacon Hills. La jeune fille avait souvent décrit son ami comme un garçon au grand cœur, incapable de faire du mal à une mouche. Apparemment, elle s'était durement trompée. Car en jugeait l'état de sa fille, Derek Hale lui avait fait du mal.
- « Si je te raconte, tu me promets de me laisser partir ? »
- « Je... » commença difficilement le coach. Il ne pouvait pas laisser sa fille unique s'éloigner de lui, c'était trop dur.
- « Pour quelques mois. » mentit-elle.
- « Alors, promis. »
Lula avait raconté. Parfois, elle avait eu l'impression de citer un mauvais bouquin de science-fiction. Elle ne s'était jamais rendue compte qu'elle avait baigné dans un monde aussi improbable. Son père ne l'interrompit pas, bien que choqué par ce qu'il entendait. Lorsqu'elle eut terminé l'histoire, son père s'était brusquement levé, avait attrapé le téléphone.
- « J'appelle Lizbeth. »
Il avait compris. Compris que sa fille devait se reconstruire. Loin de Beacon Hills. Loin de Derek.
- FIN DE FLASHBACK -
La Camaro de Derek se gara au niveau de l'appartement de Lula. Il appréhendait. La soirée de la veille s'était bien passé, ils avaient ri, Lula et Stiles avaient trop bu et ils avaient partagé un moment extraordinaire. Le bal signifiait autre chose pour eux. Les souvenirs se bousculaient. Lorsque la jeune femme sortit enfin de l'appartement, les yeux de Derek s'illuminèrent. Il eut l'impression de remonter des années en arrière. Elle était resplendissante dans sa robe blanche.
- « Arrête de me regarder ça. » fanfaronna-t-elle. « Je vais finir par croire que tu aimes les femmes ! »
Elle lui lança un clin d'œil et il lui donna une tape dans le bas du dos, pour qu'elle monte dans la voiture.
- « Ça a de l'allure d'aller au bal en Camaro. »
- « Stiles est mort de jalousie. » fit remarquer Derek.
- « Tu m'étonnes ! Isaac est dégoûté d'y aller en Jeep. »
Ils éclatèrent de rire puis restèrent un long moment à se regarder.
- « T'es beau. » avoua-t-elle. « Je vais en faire des jaloux, ce soir. »
- « Comment on a fait, Lula ? » demanda soudain Derek.
- « De... De quoi ? » s'inquiéta la jeune femme, remarquant que le visage du lycanthrope s'était peu à peu fermé.
- « Pour vivre sept ans loin l'un de l'autre. Comment on a fait ? »
- « J'en sais rien. On l'a fait, c'est tout. »
- « Je me déteste pour ce que je vous ai fait à Clyde et toi. »
- « Je sais. Mais il est temps d'oublier le passé et de s'écrire de nouveaux souvenirs, non ? » confia Lula avec un sourire aux lèvres. « Parce que malgré tout ce que j'ai pu te dire, je sais que tu es quelqu'un de formidable. Que tu mérites d'arrêter de culpabiliser pour tes erreurs. On en fait tous. » continua-t-elle en posant sa main sur l'avant bras de son ami. « Et je veux juste que tu saches que je t'aime, qu'Isaac t'aime et que, bien entendu, Stiles t'aime. T'as des gens incroyables autour de toi. Je veux juste que tu apprennes à en profiter.
Au même moment, la Jeep de Stiles faisait une entrée en trombe devant le loft de Hale et Lahey.
- « T'es en retard. » grommela Isaac.
- « Ouais ben... Elle fait ce qu'elle peut, ma voiture. » se vexa Stiles tout en sortant du véhicule. « Bon, j'ai apporté ce que tu m'avais demandé. »
Isaac lança un regard suspicieux à Stiles, ne comprenant pas vraiment de quoi il parlait. C'est en voyant son ami sortir une fleur rouge de sa poche que Lahey eut tout le loisir de deviner ce que préparait Stilinski.
- « Sérieusement ? »
- « Quoi, elle te plaît pas ma fleur rouge pour ton corsage ? » se moqua le jeune humain.
- « Allez, vas-y, fais-toi plaisir, accroche-là. » se résigna Isaac.
Stiles ne se fit pas prier et accrocha la fleur au costume de son ami.
- « Et voilà, on est fin prêts ! » constata Stiles, fier du résultat.
Alors qu'il s'apprêtait à monter dans la voiture, Stiles fut arrêté dans son élan par Isaac qui l'attrapa par le bras.
- « Je voulais te dire... »
- « Oui ? » s'inquiéta Stiles, étonné par l'air soudain sérieux de Lahey.
- « Je suis content pour toi, Stiles. Je ne te l'ai pas encore dit, mais vraiment. Je suis content pour toi. »
- « De quoi tu parles ? »
- « De toi et Derek. Je suis heureux pour vous, pour Derek, pour toi. Tu mérites tout le bonheur que tu donnes aux autres. »
Le cœur de Stiles manqua un battement tant cette déclaration d'amitié le secouait. Il n'avait jamais imaginé que Lahey prononcerait un jour de telles paroles. Stiles tenta de garder une certaine contenance en bombant légèrement le torse et en souriant de manière un peu trop forcée ce qui amusa le grand blond.
- « Ça dégouline de bons sentiments, ici. On ferait mieux d'y aller. » finit par dire le jeune humain en passant une main gênée dans sa nuque.
Si Stiles avait réussi à laisser éclater ses sentiments pour Derek, il n'était pas encore un professionnel pour se dévoiler totalement. Isaac ne lui en tenait pas rigueur. Il connaissait assez Stiles pour savoir que les compliments le décontenançaient beaucoup. Sans doute parce qu'il n'y était pas vraiment habitué. Isaac grimpa dans la jeep et se mit à pester :
- « Quand je pense que Lula est dans une Camaro, en ce moment. »
- « Oh, c'est bon ! » s'offensa Stiles, agacé qu'on maltraite sa voiture adorée. « J'allais te dire que je suis content pour Lula et toi mais t'es en train de me faire changer d'avis. »
Finalement, un grand sourire se dessina sur les lèvres de l'humain et il donna un coup de poing amical dans l'épaule de Lahey. Il mit le contact à sa voiture, eut un mal fou à démarrer, ce qui déclencha l'hilarité des deux garçons.
- « Ok, elle ne tiendra peut-être pas une année de plus. » se contenta de faire remarquer Stiles.
- « J'ai l'impression de faire vieille, parmi toutes ces jeunettes. » se plaignit Lula, lorsqu'elle pénétra au bras de Derek dans la salle du bal.
- « On s'en fiche, t'es la plus belle. »
La jeune femme donna un léger coup de fesse à son ami et éclata de rire avant d'être interrompue par M. Laeddis, le directeur du lycée.
- « Quel bonheur de vous voir à nouveau réunis ! » lança-t-il en posant une main protectrice sur les bras des deux amis qui échangèrent un regard ravi. « Je crois que vous faites partie de mes élèves préférés, avec Clyde. » confia-t-il. « Ne le dites à personne, nous ne sommes pas censés avoir des préférences, dans l'éducation nationale. »
Lula adressa un grand sourire à son ancien collègue.
- « Je vais regretter votre départ de notre équipe, Mlle Finstock. »
- « Vous pouvez m'appeler Lula, je vous l'ai déjà dit cent fois. »
Le directeur fronça les sourcils en voyant quelques troubles fêtes en train de rajouter du rhum dans le punch. Cela rappela immédiatement Clyde à Lula et Derek qui soupirèrent à l'unisson.
- « Lula ! » interpella une dernière fois le directeur tout en traînant les trois plaisantins loin du bol géant de punch. « Vous savez ce qui signifie le prénom Tallulah ? » demanda-t-il alors que Lula secouait déjà négativement la tête. « Ça signifie, Leaping Waters. Eaux bondissantes. Je trouve que ça vous va comme un gant. »
Les yeux de la jeune femme s'embuèrent légèrement face à ce compliment. Derek déposa une main amicale dans le dos de Lula.
- « C'est vrai que ça te va bien. » appuya-t-il. « T'es rentré d'un bond dans ma vie, t'en est sortie de la même manière. »
- « Crois-tu que je suis désormais revenue pour de bon ? » s'amusa-t-elle.
- « T'as plutôt intérêt de devenir une eau calme, maintenant. »
- « Moi, calme ? Tu blagues, là, Derek Hale ? »
Derek entraîna son amie sur la piste de danse au milieu des autres couples sous le regard tendre de Stiles et Isaac qui venaient d'arriver. Scott et Allison débarquèrent immédiatement vers eux, contents de les voir enfin arriver. McCall grimaça en voyant la fleur rouge accrochée au costume de Lahey.
- « Euh... C'est pas les filles qui ont ça d'habitude ? » questionna le lycanthrope brun.
- « Il faut que je te parle. » trancha Stiles tout en attrapant son meilleur ami par le bras pour l'entraîner à l'écart.
Stiles ne pouvait pas garder ce secret plus longtemps. Scott était son meilleur ami et il s'en voulait presque de l'avoir tenu éloigné de lui durant tout ce temps. McCall interrogea Stiles du regard, ne comprenant pas vraiment pourquoi son meilleur pote semblait si angoissé.
- « Si je te dis que je suis en couple, tu me dis quoi ? » commença Stiles, préférant y aller en douceur.
- « Wo. Ben euh... Je suis super heureux pour toi, Stiles. On va pouvoir enfin faire une soirée entre couples ! » s'empressa McCall, soudain bien excité par la nouvelle.
- « Et si je te dis que je suis en couple avec un homme ? »
- « Oh. » dit simplement Scott, décontenancé. « Ça change pas grand chose, en fait. Je suis toujours content pour toi, tu crois quoi ? » ajouta-t-il en donnant une tape dans l'épaule de son meilleur ami. « T'es quand même pas en train de m'annoncer que tu sors avec Isaac ? Parce que ça serait bizarre, hein ? Bien que ça expliquerait la fleur rouge sur son costume. Oh mon dieu, Stiles, tu sors pas avec Isaac, quand même ? »
L'air mi-horrifié mi-curieux de Scott manqua de faire exploser de rire Stiles. Pourtant, il restait très fébrile, sachant très bien que sur une échelle de 1 à 10 des petits amis non désirés par McCall, Derek devait représenter un beau 10/10.
- « Et si je te dis que son nom est Derek ? » tenta Stiles, timidement.
- « Derek qui ? (…) Pas Derek Hale, quand même ? » se mit à rire Scott, n'y croyant pas une seconde. « Stiles, t'es vraiment le pro de la blague ! »
- « Je ne déconne pas, Scott. »
- « Les blagues les plus courtes sont les meilleures, Stiles ! C'est toi qui m'a appris ça. »
Le jeune humain fronça les sourcils et tenta de faire comprendre à Scott qu'il ne blaguait vraiment pas. Lorsque McCall capta, sa bouche s'ouvrit si grand que Stiles crut qu'il faisait un arrêt cardiaque. Le lycanthrope lança un regard détestable à Derek qui dansait toujours avec Lula et semblait énormément s'amuser. Quant à Stiles, il gigotait beaucoup, inquiet par le silence de son meilleur ami.
- « Scott... » commença-t-il.
- « Je vais attendre un peu avant de le tuer, mais je te jure que je vais lui faire la peau. » grogna McCall, la mâchoire serrée. Stiles déglutit difficilement. « Ou alors tu me promets sur la tête de... Sur la tête de notre amitié. »
Stiles fronça les sourcils parce que l'amitié n'avait pas vraiment de tête, en fait. Il préféra cependant ne pas faire de réflexion vu la tronche que faisait McCall.
- « Tu veux que je te promette quoi ? »
- « Qu'il te traite bien et que tu es heureux. »
Le visage de Scott s'adoucit immédiatement et Stiles soupira de soulagement en le constatant.
- « Je déteste Derek mais je suis capable de faire des efforts. Je ne suis pas aussi borné que j'en ai l'air. »
Instinctivement, Stiles attrapa son meilleur pote dans ses bras et le serra très fort, signe qu'il était heureux de sa réaction.
- « Par contre, s'il te fait le moindre mal, je lui arrache les yeux. Et la langue. Et les oreilles. »
- « D'accord. » accepta Stiles, jugeant le compromis honnête.
- « Alors, il te rend heureux ? » demanda Scott.
- « Plus que je ne l'ai jamais été. »
Les deux meilleurs amis échangèrent un regard lourd de sens et finirent par rejoindre Allison et Isaac qui discutaient de la pluie et du beau temps. Bientôt, Lula et Derek firent de même, essoufflés d'avoir trop dansés, heureux de s'être retrouvés. Bien qu'officiellement plus enseignante, Lula gardait ses distances avec Isaac, au plus grand dam de son amoureux. Scott lança un regard qui se voulait noir à Derek mais s'éclipsa bien vite avec Allison pour aller danser.
- « T'as un autre plan, à part l'enseignement ? » demanda Stiles à l'égard de Lula.
- « Isaac m'a fait comprendre que j'avais un certain talent pour la création de tee-shirts et... Je crois que je vais sérieusement me lancer là-dedans. »
- « Tu... Ne me dis pas que c'est toi qui crée tous ces formidables tee-shirts que tu portes ? » s'empressa de demander Stiles, admiratif. « Crée ta page Facebook, je serais ton premier fan. Et je veux absolument ton tee-shirt sur le sarcasme. C'est mon préféré. »
Stiles avait parlé si vite que les trois autres restèrent un instant désorientés.
- « C'est trop cool. » conclut-il, comprenant que ses trois compères étaient un peu étonnés par tant d'enthousiasme.
Lula aperçut son père qui, pour ne pas changer, était encore chaperon au bal de fin d'année. Le coach guettait le moindre fait et geste des lycéens d'un œil tout de même bienveillant. La jeune femme attrapa son petit ami par le bras et l'entraîna vers Bobby Finstock. Alors que Lula allait parler, son père l'en empêcha.
- « C'est quoi cette histoire de démission, Lula ? Dis-moi que c'est une blague. »
- « J'ai quelqu'un à te présenter. » signifia la jeune femme, ignorant avec brio les interrogations de son père.
- « Je sais que tu me prends pour un gâteux mais crois-moi, je sais encore reconnaître les joueurs de mon équipe de crosse. »
Comprenant les intentions de Lula d'annoncer à son père leur relation, Isaac était particulièrement mal à l'aise, dansant d'un pied à l'autre, la bouche plissée.
- « Tu connais Isaac Lahey l'excellent joueur de crosse (son père fit une légère moue), tu connais Isaac Lahey le bon élève en éco (nouvelle moue du coach) mais tu ne connais pas Isaac Lahey mon petit ami. »
Bobby fit un bond en arrière en ouvrant grand la bouche et les yeux. Lula restait souriante, malgré la situation particulièrement gênante.
- « Ne fais pas de scène, s'il te plaît. » supplia la jeune femme tandis que son père continuait de grimacer et se prenait désormais la tête entre les mains. « Je connais ton penchant pour les comédies dramatiques mais s'il te plaît, agis normalement, pour une fois. »
Lahey restait en retrait, se rongeant férocement le pouce. Au pire, il allait sans doute se faire tuer par ce père possessif, au mieux, il allait se faire virer de l'équipe de crosse.
- « Ne me dis pas que... » commença le coach, visiblement très perturbé par l'annonce. « Ne me dis pas que tu as démissionné pour ce garçon, Lu'. Sinon je te jure que je vais me noyer dans le bol de punch. »
- « T'abuses, Papa. (…) Je te laisse digérer. Tu t'y feras. T'as pas le choix, de toutes façons. »
Lula claqua une bise sur sa joue et lui tourna le dos. Alors qu'Isaac allait faire de même, encore tout penaud, le coach l'attrapa vivement par l'avant-bras.
- « Ma fille, Lahey. » pesta-t-il. « Ma fille. (…) De toutes les femmes du monde, t'es obligé de choisir ma fille. (…) C'est dommage, je t'aimais bien. Maintenant, vu que tu me piques ma fille, je vais être obligé de te détester. »
Isaac eut du mal à comprendre le raisonnement du coach mais tenta de lui adresser un sourire qui ressemblait plus à une grimace de panique. Lorsque Bobby daigna enfin lui lâcher le bras, Lahey s'empressa de rejoindre sa petite amie.
- « Ton père est fou. »
- « Il t'aimera. » certifia Lula. « Parce que je t'aime. »
Et elle s'en alla en virevoltant vers Derek pour qu'il la fasse à nouveau danser. Isaac resta un instant en plan au milieu de la salle des fêtes. Lula Finstock venait de lui dire pour la première fois qu'elle l'aimait.
La suite de la soirée fut des plus agréables. A la fin du bal, les quatre amis allèrent se balader dans le parc désert à cette heure tardive. Ils s'allongèrent dans l'herbe fraîche et restèrent un moment silencieux à contempler le ciel étoilé.
- « Qu'est-ce qu'on va faire, maintenant ? » demanda doucement Derek.
- « Et si on commençait par ne plus se quitter ? » proposa Lula.
- « Ça me semble être un bon début. » confia Stiles.
La main de l'Alpha chercha celle de l'adolescent et il entremêla ses doigts à ceux de son amoureux. Stiles soupira d'aise, son cœur ratant un battement comme chaque fois que Derek se montrait aussi attentionné.
La chevelure frisée de Lahey se posa sur le ventre de sa petite amie. Cela incita Lula à glisser sa main dans les cheveux d'Isaac, d'un geste tendre. Un sourire de bienheureux s'installa sur les lèvres du jeune lycanthrope.
Les quatre amis fermèrent délicatement les yeux. La vie leur semblait bien douce en cet instant. Ils avaient cette impression enchanteresse d'être là où ils devaient être.
A Beacon Hills, oui.
Ensemble, surtout.
- THE END -
Et voilà, mes loups d'amour. :3 Une page se referme. Je reviens dans le week-end vous poster ma petite surprise :) Restez présents !
En attendant, n'hésitez pas à m'envahir de reviews, vous savez comme j'aime ça ! J'ai envie de savoir vos moments préférés de ce dernier chapitre (et des précédents!). Ah, et pourquoi pas aussi vos répliques préférée :P
Pour ce qui le veulent, vous pouvez me suivre sur twitter, je ne mords pas (trop), mon pseudo est novocaineforme (vous devriez me reconnaître).
