- Messire ! Je viens vous prévenir que vos invités sont partis très tôt ce matin, et qu'ils ont annulé tous les engagements qu'ils tenaient envers Erebor.

Thorin soupira en haussant les sourcils, c'était drôle, mais il n'était pas du tout surpris de savoir que la famille de Lili et Lala s'en était retournée chez elle, à l'instar de toutes les prétendantes qui ont un jour tenté de séduire ses neveux. La question était : qu'avaient-ils fait cette fois-ci ?

Mais bizarrement, contrairement à d'habitude, le roi ne se senti pas agacé, mais, au contraire, inquiet, et ce sentiment ne lui disait rien de bon.

Attrapant la main de Bilbo, s'assurant de ne pas le laisser à plus de quelques mètres de lui, il parti en direction de l'infirmerie. Généralement, lorsqu'il cherchait ses neveux, c'était toujours par là qu'il commençait. Et puis les rares fois où ils n'y étaient pas, le roi n'avait qu'à secouer l'infirmière, la remettre debout et lui demander la direction.

- Bas les pattes la gargouilles!

- Mais...

- Suffit ! Qu'est ce qui me dit que ce n'est pas du poison dans cette seringue ?

- Mais messire ! Je vous jure que c'est un calmant..

- Hahaha ! J'avais raison la gargouille ! Tu cherches à endormir mon frère pour profiter de son corps !

- Je vous jure que non ! C'est pour le soigner !

- Menteuse ! J'ai senti ton regard lubrique sur moi ! Je refuse de recevoir la moindre piqure calmante !

- Mais c'est un calmant pour la douleur ! Pas pour vous !

- Suffit ! Kili, tu laisse l'infirmière lubrique te faire sa piqure, et ensuite vous allez m'exp.. ? KILI ?!

Thorin venait d'apercevoir la peau marquée et l'attitude très raide de son neveu, et le vide se fit soudain dans sa tête, « non » tandis que son cœur se compressait douloureusement. Si la veille il avait eut peur pour son hobbit, il n'avait pas un instant pensé que les menaces du conseil puissent valoir sur ses neveux, il sentit immédiatement son esprit s'écrouler: ils avaient osé s'en prendre à Kili.

- Attend Thorin ! Ce n'est pas ce que tu crois !

- Que s'est-il passé ? Qui t'a fait ça ?

Kili entendit réellement une inquiétude sourde pointé dans la voix blanche de son oncle, et il se rendit compte que, finalement, celui-ci n'était pas si insensible à leur sort.

- C'est moi.

La voix coupable de Fili, pâle comme la mort, les yeux rivés au sol, figea le grand roi, qui se tourna lentement vers lui. Bilbo, de son côté, fit un pas en arrière, il sentait vraiment qu'il était de trop, de même que l'infirmière, qui n'osait plus bouger.

- Qu'as tu fait ? Qu'avez vous fait ?

Immédiatement, Kili vint se coller à Fili et lui prit la main.

- Thorin ! Laisse nous t'expliquer !

Thorin chercha à reprendre son souffle, il avait senti une vague de colère l'étreindre lorsque Fili avait avoué s'en être prit à son frère, mais la voix et l'attitude blessée du blond lui faisait peur, ce n'était pas ainsi que l'on était censé se comporter après s'être unis avec celui que l'on aime. Parce que ça crevait les yeux que, quoiqu'il arrive, ces deux là auraient fini dans le même lit un jour où l'autre.

- Je vous écoute.

Kili regarda Fili, qui était toujours prostré, ce qui angoissait de plus en plus le grand roi.

- L'une des deux naines a drogué Fili, avec un aphrodisiaque.

- Et un très puissant, je vous le jure, il n'avait aucune chance de s'en sortir tant qu'il n'avait pas… euh.. Vous voyez quoi.

L'infirmière rougissante n'avait pu s'empêcher de se mettre du côté des neveux pour les préserver de la colère de Torin, qui fronçait les sourcils.

- Lalalalilou, avec qui j'était, a finit par me le dire, et je me suis immédiatement rendu dans la chambre de Fili, et je suis arrivé à temps, un peu plus tard et nous serions aujourd'hui en train de célébrer l'union entre Erebor et leur mine pourrie.

Thorin écarquilla les yeux, il remarqua Fili qui regardait honteusement ses pied en expirant douloureusement, et senti la petite mimine de Bilbo lui prendre la paluche, le hobbit lui offrit un petit sourire et pressa gentiment sa main, l'air de dire que l'on a échappé au pire, que finalement, ça aurait pu être plus grave.

Mais Thorin n'en démordit pas.

- Et puis-je savoir comment tu as fini dans son lit ? Tu n'aurais pas pu aller lui chercher quelqu'un d'autre.

- Non.

- Non ?

- Non.

- « Non » tu ne pouvais pas ? Ou « non » tu ne voulais pas ?

Bilbo fronça les sourcils, qu'est ce que ça changeait de toute manière ? Mais Thorin lui pressa la main : Dans le premier cas, c'était Fili qui avait amorcé la chose, dans le deuxième, c'était Kili, et malgré son air sérieux, Thorin était très avide de le savoir, de même que l'infirmière qui tendait l'oreille discrètement.

- Je ne le voulais pas.

- Oooh, c'est tellement mignon!

Le hobbit et l'infirmière se sentaient tout sucre devant la révélation d'un Kili rougissant. Même Thorin eut un soupir attendri: bébé Kili était devenu grand.

Mais soudain, le roi sembla se souvenir de quelque chose :

- Heu.. Kili, j'ai juste une petite question à te poser… tu n'es pas vierge n'est ce pas ? Enfin, je veux dire, tu ne l'étais pas ? Hein ? Héhéhé parce que c'est bête, mais je viens de me rappeler d'une vieille loi par apport à ça.

Kili regarda son frère qui ferma les yeux en se mordant la lèvre avant de prendre la parole.

- Si, il l'était, nous sommes fiancé maintenant, c'est ça ?

- Ho c'est génial ! Félicitation j'adore les maria…

L'infirmière se tut lorsque le regard polaire de son roi et ceux intrigués des héritiers lui tombèrent dessus. Bilbo, de son côté, leva les yeux aux ciel… les nains et leurs lois… il écrirait un livre là dessus un jour : « législation naine pour les nuls et non initiés, accompagné d'une corde pour se pendre si à la troisième page vous en avez déjà marre ».

Thorin soupira un bon coup, ses chers et adorables neveux, bon dieu qu'il les aimait, grâce à eux, l'épique avait tout son sens. Qu'avait-il juré à leur défunte mère déjà ? ha oui : veiller sur eux comme la prunelle de ses yeux et faire en sorte qu'il ne leur arrive jamais de mal. Elle n'avait jamais dit que le plus grand danger qui les guettait, ces cons là, c'était eux même. Mais bon, le mal est fait, maintenant, cherchons les solutions.

- Et.. Thorin, ne le prend pas mal, mais on n'a pas envie de rompre l'engagement.

Y'aurait-il une corde et un escabeau dans cette pièce s'il vous plait ? Thorin fut prit d'une violente envie soudaine de se pendre. Et soudain, un éclair de lucidité l'étreignit et le fit paniquer, si ces eux là se mariaient, alors…

- Bon dieu ! à quoi vont ressembler leurs enfants ?

- Heu.. Messire… Concrètement, deux mâles ne peuvent pas avoir d'enfants ensemble..

Thorin retrouva son souffle immédiatement, cela faisait une catastrophe en moins dans cette histoire.

- Ha mais ça, c'est pas grave, on va adopter, n'est pas Fili ?

- Humph.

- Ho mon dieu ! Vous ne pouvez pas leur faire ça ! Pauvres gosses !

Le cri du cœur de Bilbo était sorti sans même qu'il ne puisse l'en empêcher.

- Ba.. Pourquoi donc ?

Le pauvre Kili, il avait toujours rêver tenir un petit enfant dans ses bras et lui apprendre plein de trucs marrants.

- Suffit ! La question du jour n'est pas l'avenir des pauvres enfants qui croiseront la route de ces deux là ! Kili, tu veux réellement t'unir à ton frère ?

- Bien sûr !

- Et toi Fili ? Tu accepterais de prendre Kili pour époux ?

Fili ne répondit pas tout de suite, il n'était vraiment pas sûr de le mériter, et si ce n'était la promesse qu'il lui avait fait le matin même, et les grand yeux suppliants et pleins d'espoirs de Kili, (et de l'infirmière ?) posés sur lui, il n'aurait pas eut le courage de répondre :

-Je le veux, de tout mon cœur.

Kili laissa échapper son souffle qu'il tenait en attendant la réponse, et ne put s'empêcher de déposer un petit baiser sur les lèvres de son fiancé, qui le prit chastement dans ses bras, pendant que Thorin posait une main sur les yeux de Bilbo, tout en se raclant la gorge.

- Stop ! Arrêtez ça, c'est dégueulasse !

- Ce n'est pas pire qu'un nain et qu'un hobbit qui se tripottent.

L'infirmière, qui, en réalité, n'avait absolument rien contre ça, n'avait toujours pas apprécié le sale coup que le couple royal lui avait fait la veille, et encor moins d'avoir dû nettoyer les draps derrière eux.

Bon, elle ne manqua pas le coup de point que le dit hobbit lui balança dans les dents et qui l'envoya encore une fois valser contre le mur en face. Non mais ! Bilbo était certes gentil, on ne remettait pas en cause les activités qu'il avait avec son roi. Et combien de fois devrait-il dire à Thorin de changer son personnel ? Tout allait de mal en pis dans cette infirmerie.

Mais il fut tout de même prit de remords et alla relever la pauvre naine qui ne comprenait pas vraiment ce qu'il venait de se passer.

Pendant ce temps, Thorin s'approcha de ses neveux.

- J'imagine que rien de ce que je vous dirais ne vous fera changer d'avis ?

Les deux frères, agrippés l'un à l'autre, secouèrent négativement la tête, faisant soupirer Thorin. Le grand roi était maintenant confronté à deux choix : soit il les séparait de force, les mariant le plus vite possible à des bons parti, et étouffait cette affaire en passant sous silence les activités de la nuit auprès du peuple et en annulant rapidement l'engagement, si possible. Et il savait que dans cette démarche, il aurait le total appuie du conseil. Mais bon, Thorin se connaissait bien, et connaissait bien ses neveux, comment pourrait-il leur infliger ça, et surtout, jusqu'à quel point se laisseraient-ils faire ? La deuxième option, celle qui se rapprochait plus de la décision de l'oncle que du roi, était de les soutenir dans cette union, et de se dresser avec eux face au conseil, car Thorin se doutait bien que l'annonce allait avoir beaucoup de mal à passer.

- Bon, écoutez bien vous deux, je ne chercherai pas à vous séparer. Même si le roi qui est en moi désapprouve totalement que ses deux héritiers, et les deux fléaux du royaume, s'unissent l'un à l'autre, l'oncle que je suis est ravi de constater que vous vous êtes enfin trouver, même si je crains le pire pour ma tranquillité dorénavant. Mais il faut que vous sachiez, et toi aussi Bilbo, qu'il y a actuellement au conseil des nains radicaux qui sont prêt à tout pour préserver la pureté de la race, et quand je dit prêt à tout…

Le grand roi marqua une pause en regardant Bilbo avec un air douloureux, le semi homme fronça les sourcils, qu'est ce qui pouvait bien terrifier Thorin à ce point?

-… Sachez que, à partir du moment où le conseil sera au courant, vous ne serez plus en sécurité. Fili, tu ne devras pas lâcher ton frère d'une semelle est-ce clair?

- Mais, messire, je ne comprends pas ? N'êtes vous point notre roi ? Pourquoi le conseil vous fait-il si peur ?

- Elle est gourde ou quoi ? Nous ne sommes pas en dictature, Thorin ne peut pas faire tout ce qu'il veut.

- Mais, si ce conseil est si pourrit, pourquoi ne pas le changer ?

- Mais quelle bécasse, tu te rends compte Fili ? Toi la gargouille, tu penses vraiment que nous pouvons dissoudre comme ça une institution dont les membres sont ancrés là dedans depuis plusieurs générations ?

- Il nous faudrait des preuves, n'importe quoi pour que nous puissions les descendre avant qu'ils ne fassent trop de mal.

Thorin ne voyait pas vraiment. Ce qu'il leur faudrait, c'était quelqu'un, un espion, qui prenne place au conseil et agisse comme un conseiller, mais qui sèmerait la zizanie. Quelqu'un qui soit proche d'eux, mais qui est totalement inconnu dans les hautes instances, quelqu'un qui n'ait pas peur de prendre la parole, même en plein milieu d'un groupe de nain de très haut rang, et souvent très bien entraîner au combat. Et il commençait bien à avoir sa petit idée sur l'identité de cette personne.

- En tout cas messire, si vous avez besoin d'aide, vous pouvez compter sur votre infirmière.

Les trois nains et le hobbit se regardèrent, tous venaient d'avoir la même idée.

Et, quelques jours plus tard, le conseil reçu un nouveau membre : la conseillère de la santé, fraichement débarqué dans le monde politique, et qui ne comprenait vraiment pas ce qu'elle faisait là.

- Mais, messire ? je vous jure que ce n'est pas une bonne idée !