- Mais messire, je vous jure que c'est vrai !
- Silence la gargouille ! Je réfléchis !

Thorin, Bilbo et la conseillère de la santé discutaient tous les trois dans le bureau de cette dernière, lui aussi empli de fleurs, toutes celles de la région que Thorin n'avait pas reçu en fait. Ils avaient lâchement abandonné Fili qui devait expliquer un tas de choses à son petit frère.

- Cette fois, le conseil va trop loin Thorin, il est vraiment temps de faire quelque chose.
- Je te crois Bilbo, mais je ne peux pas agir aveuglément et spontanément. Je ne veux pas passer pour un tyran ou quoi que ce soit, certains n'attendent que ça pour me descendre.
- Oui mais s'ils continuent comme ça, ils finiront pas pouvoir te faire faire ce qu'ils veulent.
- Surtout que je les ai surpris ce matin, lorsqu'ils disaient avoir déniché un nain pour rompre votre mariage avec Bil..
- SILENCE LA GARGOUILLE !
- Attend, de quoi parle t-elle? Tu as dis que notre union était acceptée !

- Acceptée difficilement, tolérée en quelque sorte, mais il reste des nains qui sont contre et qui n'en démordent pas. Ils attendent sans doute que l'union soit consommée, et donc officielle, pour la détruire plus facilement.

- Thorin, tu ne vas tout de même pas attendre que quelque chose m'arrive pour agir ? N'est-ce pas ?

Bilbo eut soudain un peu peur d'être considéré et utilisé comme un appât qui pourrait servir à détruire le conseil.

- Non, ne t'inquiète pas, j'ai une meilleure idée.

Et si la gargouille manqua le sourire machiavélique de Thorin, ce ne fut pas le cas de Bilbo, et ce dernier eut un instant pitié de cette pauvre naine qui était bien trop naïve pour son propre bien.
Il pensait voir un peu ce que lui réservait Thorin, et il trouva l'idée excellente, avec un peu de chance, ils seraient débarrassés du conseil ET de cette gargouille increvable.

LE plan machiavélique de Thorin et Bilbo Oakshield
En 3 étapes

Outils nécessaires :

- Un/Une martyr(e) aimé du peuple
- Un conseil que l'on veut et va dissoudre

- Une bonne dose de manipulation

L'idée :

On fait en sorte que le conseil s'en prenne à la martyre (ici, la conseillère de la santé aimée de tous et toutes, symbole de l'émancipation de la naine et figure importante dans le milieu sanitaire nain. Il paraitrait même que plusieurs feuilletons plus ou moins intellectuels aient vu le jour d'après son personnage : Doctor garghouse, le pouvoir au féminin, Greysgouille anatomy's ect..)
Pour que la martyre soit une martyre, il faut qu'elle meure dans d'atroces souffrances, devant un public, de manière le plus émouvant qu'il soit et de la main de méchants (ici, le conseil qui pourri la vie de Thorin depuis toujours, qu'il soit à Erebor ou en Ered Luin).

Etape 1 : (pas trop dur)

On monte le conseil contre la martyre

Etape 2 : (faudra ruser)

On fait en sorte que le conseil brule/pende/écartèle/noie/décapite/empoisonne/bala nce du haut d'une falaise/foudroie la martyre devant le plus de témoins possible.

Etape 3 : (la plus difficile)

La famille royale semble effondrée de la perte d'une naine aussi exceptionnelle, et gagne ainsi la pitié et la sympathie de la populace, qui exigera le démantèlement du conseil et la pendaison des membres inculpés dans cette terrible affaire.

Plan B :

Si le conseil se trouve incapable de se débarrasser de la gargouille, Bilbo a entendu parler d'un coin simpa au milieu du Mordor où il fait chaud toute l'année et où Thorin pourrait inviter la naine à aller en vacance pour ses bons et loyaux services rendus.
Pour ce qui est de la dissolution du conseil, par contre, ils ne voyaient pas comment faire.

Oui, c'était bien ça, très bien. Bilbo et Thorin se concertèrent du regard pendant que la conseillère de la santé, qui prenait son rôle très à cœur, profitait d'avoir le grand roi sous le coude pour lui expliquer son prochain projet de loi concernant les robinets d'eau propre à tous les points stratégiques pour que l'on puisse se laver les mains le plus souvent possible et d'autres bêtises du genre.

Mais le roi ne l'écoutait pas vraiment, trop occupé à réfléchir à la manière d'accomplir la première étape. Il acquiesça à tout ce que lui demandait la naine sans vraiment y penser, plus par automatisme. Et il était tellement plongé dans ses pensées qu'il ne se rendit même pas compte qu'il lui signa un papier comme quoi il lui laissait carte blanche pour faire tout ce qu'elle voulait.

Bilbo, lui, trouva l'initiative de son époux excellente. Depuis toujours, même avant, dans les Montagnes Bleues, les conseillés de Thorin devaient durement se battre pour avoir ne serait-ce qu'un quart de ce qu'il venait d'autoriser à la conseillère de la santé. Dès qu'ils apprendront que le roi lui laissait faire tout ce qu'elle voulait et pour des lois aussi débiles en plus, ils allaient être jaloux et la haine vient souvent de la jalousie.

Oui, sans le faire exprès, Thorin venait de lancer la machine.

De son côté, Fili s'en sortait comme il le pouvait. Kili était exactement comme avant, avant le départ pour Erebor. Son amnésie partielle n'affectait pas son caractère jovial, ni l'affection qu'il avait pour son frère, l'affection normale, celle d'un frère pour son frère.

Et Fili se sentait vraiment bizarre face à ça. Triste surtout. Durant les trois derniers jours, ils avaient agi tous les deux comme un couple, se répandant en câlins, baisers et mots tendres. Et Fili n'y avait pas seulement prit goût, c'était devenu pour lui la logique des choses. Embrasser son frère soudainement, comme ça, parce qu'il en avait envie, et voir ensuite cette petite étincelle de plaisir dans son regard, c'était sa nouvelle drogue. Mais pas pour le Kili en face de lui.

L'esprit de ce dernier n'avait jamais connu le plaisir et la luxure, du moins, il n'en avait aucun souvenir, ce qui n'était pas le cas de son corps, qui se rappelait de la moindre caresse et du moindre baiser. Et Kili était troublé au summum car, en plus de devoir faire face à cette amnésie, il devait aussi affronter les réactions de son corps et de son cœur qui faisaient du yo-yo dès que Fili était un peu trop près.

Fili ne savait pas si, comme le pensait Bilbo, cette amnésie allait durer ou non. Et il ne savait pas vraiment ce qu'il voulait. Il se dit que, à cet instant, il pourrait prendre son frère avec amour et dévotion, lui faire croire que c'est sa première fois, où alors lui dire qu'ils le faisaient souvent. Et changer les choses, oublier cette première fois désastreuse.
Il savait que ce Kili en serait ravi, étonné peut être, mais ravi. Qu'il adorerait et en redemanderait. Parce que ce lien qui les unissait, il n'était pas arrivé avec l'aventure, ou après, mais il datait de bien plus tôt, peut-être même de toujours.

Mais bien sûr qu'il ne le ferait pas, par respect pour Kili, par respect pour ce nain qu'il avait été ces deux dernières années. Fili ne voulait pas encore faire le deuil de ce Kili là.

- Woaw, il s'est vraiment passé tous ces trucs ?
- Tout, je n'ai rien inventé.

J'ai seulement omis certains détails.

Fili venait de raconter à son frère tout ce qu'il s'était passé depuis leur départ de bag end et un peu avant, et il s'était arrêté à l'épisode sur le lac, disant à son frère que celui-ci s'était prit un coup de tentacule qui l'avait assommé pendant un bon moment.

Kili ne releva pas que la première chose que lui avait dite Bilbo, à son réveil, c'est que c'était une branche qui l'avait mis KO.

Tout comme il ne comprenait pas cette tension qu'il y avait entre lui et son frère. Qui venait de lui, d'abord, parce que chaque toucher, chaque souffle de Fili qui s'échouait sur lui, chaque intonation un peu plus grave de son frère, ça le rendait toute chose, comme si son corps avait, lui, un excellent souvenir de «cette période si floue » mais qu'il ne voulait pas partager l'idée. Et une tension due aussi aux réactions de Fili, qui semblait se retenir à chaque instant de venir passer ses doigts dans ses cheveux, ou sur sa peau, qui le dévorait des yeux et qui se passait régulièrement la langue discrètement sur les lèvres, en secouant la tête pour en chasser des idées troublantes.

- Il y a quelque chose que tu ne m'as pas dit Fili.
- Comment ça ?

- Je ne sais pas, c'est bizarre, je..

Kili se tut soudain en rougissant, devait-il dire à son frère qu'il lui faisait de l'effet et que son corps réagissait à tout ce que faisait Fili ? A Fili tout simplement.

- Non rien, je suis encore un peu perdu je crois.

C'est à ce moment que Kili remarqua la trace de morsure, encore bien présente, sur son poignet. Curieux, il remonta sa tunique, et se figea, à l'instar de Fili, lorsqu'il découvrit son bras parsemé de marques sans équivoques, qui commençaient à s'effacer. Paniquant de ne pas comprendre, il se leva précipitamment et se rua sur le miroir le plus proche en enlevant sa tunique. Il resta sans voix. Son torse, sa gorge, ses bras et toute sa peau étaient recouverts de ces marques et si toutes semblaient dater de quelques jours, certaines sur sa gorge et ses épaules étaient bien plus récentes et l'une d'entre elles semblait être arrivée seulement quelques heures auparavant.

- Qu'est ce que.. ?

Il avait donc connu quelqu'un ces derniers jours ? Qu'avait-il fait ? Il senti son esprit tomber et se tourna en paniquant vers son frère, qui avait le visage fermé, ce qui lui fit encore plus peur car, si Fili faisait cette tête là, c'était qu'il n'était pas vraiment favorable au choix du compagnon du plus jeune.

- Fili je t'en pris, dit moi !

Kili était réellement en train de paniqué en observant son corps, il ne savait pas ce qui était le pire : ne pas savoir qui lui avait fait ça, ni comment, parce que, apparemment, ça ne s'est pas fait en douceur. Combien de fois cela s'était-il produit ? Et surtout, était-il au dessus ou au dessous ? Vu la violence de ces marques, cela ne faisait aucun doute que ce n'était pas l'œuvre d'une naine, mais bien d'un amant affamé. Mais Qui avait fait ça? Qui? Quelqu'un que Kili désirait? Ou bien quelqu'un qui le désirait...?
Ou alors, si le pire n'était pas le fait qu'il ait donné son corps à un autre que Fili. Car Kili n'avait jamais imaginé une personne qui n'était pas son frère à cette place là, jamais. Lorsqu'il pensait à ce genre de chose, rarement, du moins, de ce qu'il se souvenait, il ne voyait qu'un corps puissant, des cheveux blonds, et des yeux qui souriaient, rien d'autre. Et il n'avait jamais été pressé de s'intéresser à ces choses là, car il savait qu'un jour viendra où son frère le prendrait par la main pour lui montrer ce que c'était, en pratique.

- Je t'en pris.

De tout, c'était le mutisme de son frère le pire.

- Qu'ai-je fais ?

Fili se força à bouger et vint enlacer le plus jeune, il voulait lui expliquer. Il n'avait pas le droit de le laisser ainsi avec ses doutes. Mais comment lui dire ? Comment Kili le prendrait-il ?

- Fili, tu dois me le dire, qui m'a fait ça?
- Quelqu'un qui ne te fera plus jamais de mal.
- Il m'a fait du mal?
- Pas vraiment, tu étais consentant, tu en as tiré du plaisir.
- Je ne comprend pas...

L'esprit de Kili s 'emballait tant il cherchait à se rappeler, mais il n'arrivait pas à recoller les morceaux. Il avait des vagues souvenirs qui lui revenaient : un incendie, avec des wargs et des orques, une ville gobelin, une bataille effroyable contre une armée dirigée par un orque pâle, mais rien de plus récent. Et ça le tuait. Il voulait se rappeler, savoir qui avait mis son corps dans cet état..

"C'est moi". Ces mots tournaient en boucle dans l'esprit de Fili, une partie de lui voulait les lui crier, une autre cherchait à les faire taire.

- Je t'expliquerai.. dès que je trouverais les mots. Mais tu ne dois pas t'inquiéter pour ça Kili, c'était ton choix, personne ne t'as forcé.

Bien sûr, Kili ne fut pas du tout rassuré, mais il se garda bien de le dire car son frère semblait plus souffrir que lui de cette amnésie. Et puis, mis à part cette histoire, il n'avait pas mal, Fili était à ses côtés, tout semblait aller pour le mieux à Erebor et même son oncle s'était marié. Kili pris donc ce problème comme il l'avait toujours fait, avec légèreté, du moins, en apparence. Et si Fili lui disait qu'il lui expliquerait, il n'avait qu'à attendre, il faisait confiance à son frère.

- Est-ce que.. Est ce que je suis en couple avec quelqu'un? Je veux dire, est-ce qu'un nain va pénétrer ici pour me sauter dessus ?

Fili du se retenir de crier "Tu es avec moi et personne d'autre" et serra les lèvres.

- Non, personne n'a su capter ton attention...

Mais il ne put s'en empêcher et susurra innocemment dans l'oreille de son frère, d'un ton bas et porteur d'une possessivité affamée.

- ... Mis à part moi.

Kili couina tant cela lui fit de l'effet, mais il n'eut pas le temps de comprendre le pourquoi du comment: Thorin, Bilbo et un truc portant un uniforme d'infirmière pénétrèrent dans la pièce.

- Bon alors ? Vous en êtes où tous les deux ?

- Je lui ai tout raconté.

- Tout ?
- Tout, jusqu'à l'attaque du poulpe géant de ce matin.
- Ha.

Thorin regarda ses neveux avec un air navré, si Fili cachait la vérité, les choses n'iraient pas en s'arrangeant. Pendant ce temps, Bilbo balança un coup de poing dans la gueule de la gargouille. Elle n'avait encore rien dit, mais on ne sait jamais, on n'est jamais trop prudent avec ces bêtes là.

- Très bien, dans ce cas, nous n'allons pas vous déranger plus longtemps. Nous voulions juste vous apprendre que Bilbo et moi allons nous marier, ou plutôt, célébrer l'évènement. Mais, dans la mesure où aucun de vous trois n'êtes conviés à l'union, nous n'allons pas vous dire quand et où ça se passera. Fili, j'aurais deux mots à te dire aussi. Et je préférerai que personne ne soit au courant de cette amnésie.

Son regard polaire s'échoua sur la naine qui se relevait avec l'aide de Bilbo et celle-ci le regarda sans comprendre le pourquoi d'un regard si glacial. Puis la gargouille, souffrant du trouble de l'infirmière compulsif, ne put s'empêcher d'ausculter Kili. A sa façon. Car pour l'instant, elle essayait plutôt d'approcher le brun, caché derrière Fili qui retenait la vilaine d'une main posée sur sa face.

- Mais je vous jure que je peux faire quelque chose pour lui messire !

- A ça non ! On a enfin réussit à débarrasser l'infirmerie royale de ta présence, c'est pas pour que tu revienne nous embêter à la première occasion !

- Mais messire, peut être que le choc a des conséquences plus graves qu'une simple amnésie ! Il peut mourriiir !

- Mais allez ! le seul danger qui le menace ici, c'est vous !

- Mais je veux seulement le soigner !

- Dis Fili, je pensais à un truc.
- Oui Kili ?

Le brun sursauta, Fili s'était retourné d'un coup en lâchant la naine qui s'écrasa au sol. Il n'arrivait pas à se faire au fait que le blond agisse si.. Amoureusement..? envers lui et, à chaque fois, il sentait son corps le réchauffer délicieusement. Bon dieu, comme il haïssait sa mémoire qui lui jouait des tours, il sentait qu'il s'était passé un truc entre lui et son frère, mais quoi? Cela avait-il un rapport avec les marques?

- J'était bien vierge n'est-ce pas ? Quand c'est arrivé ?
-... heu..

- Vous parlerez de ça plus tard ! Maintenant, toi, tu te laisse soigner par la bestiole et toi Fili, tu vient avec moi.

Thorin sorti en lançant un regard à Bilbo, celui-ci hocha la tête et alla s'asseoir prêt de Kili, qui lui sourit poliment, tandis que l'infirmière lui retirait le pansement du front en pestant contre ce travail de saguouin

- Que lui as tu dit ?

- Tout, le voyage, la bataille, les..
- Non, je veux dire, entre vous deux, que sait-il ?
- ... Je n'ai pas encore réussi à lui dire que j'ai abusé de lui..

Thorin leva les yeux au ciel en se retenant de foutre une baffe à cet abruti.
La claque retentissante se répercuta dans tout le couloir et Fili se tint la joue cuisante, choqué, en regardant son oncle, tout aussi choqué qui regardait sa main. Il ne venait pas de dire à instant qu'il se retenait de le claquer ? Apparemment, quelque chose lui avait échappé… fin bon, maintenant que le blond avait les idées en place, ils pouvaient continuer à converser.

- Bon, je commence par le plus important et après je t'explique la baffe ça te va ?

Fili, sans voix, hocha la tête vigoureusement, il ne voulait surtout pas contrarier de nouveau le vieux.

- Très bien. Le conseil ne veut pas de votre union et a décidé de faire en sorte de vous séparer, et, à mon avis, ils chercheront dans la foulée à vous caser avec d'autre princes ou princesses…
- Mais ils n'ont pas le droit !
- Silence je parle !

Et Fili se tut.
Impressionnant ! Thorin regarda sa main à nouveau et se dit que, finalement, une baffe de temps en temps ça ne faisait pas de mal, il aurait du y songer plus tôt.

- Avec Bilbo, nous avons réfléchi à une manière de dissoudre le conseil..
- Vous avez lancé une procédure légale ?
- En quelque sorte, en attendant, prépare toi à ce qu'ils cherchent à vous manipuler ou à vous séparer. Il paraitrait qu'ils soient réellement prêt à tout. Tu ne DOIS pas laisser Kili seul dans l'état où il est. S'ils découvrent son amnésie et qu'ils en jouent pour l'amener à signer quoique ce soit, ou bien à le balancer dans les bras de quelqu'un d'autre, je crains le pire. Donc à la suite, je ne veux pas que tu t'éloignes de ton frère, en ce moment plus que jamais.
- Je ne l'ai jamais laissé seul jusqu'à maintenant, ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer.

- Très bien. Pour en revenir à la baffe. Il serait temps que tu comprennes que tu n'as PAS abusé de lui, il n'attendait rien d'autre de ta part, tu l'as comblé. Arrête de te fustiger ainsi.
- Lui n'attendait peut-être rien d'autre, mais j'aurais eu bien plus à lui donner.
- Je ne te comprends pas Fili, tu ne lui as fait aucun mal, vous semblez être heureux tous les deux et vous avez une relation saine, je ne vois pas ce que tu te reproches. Si tu trouves que votre première fois s'est mal passée, pourquoi ne pas te donner une autre chance ? Ton frère n'attend que ça.

- Je ne sais pas… Ce n'est pas ça que je veux… ce n'est pas ça que je veux être par apport à lui. Je veux être bien plus qu'un simple amant.
- Mais c'est ce que tu es ! Tu es son monde et tu le sais.

- C'est pour ça que je n'ai pas le droit d'agir ainsi envers lui. Met toi à ma place Thorin, comment te sentirais tu si tu faisais subir ça à Bilbo ?
- Bien, et je remettrais ça le plus tôt possible.
- Je veux dire, si tu te repais de son corps sans interruption, que tu t'arranges pour n'entendre que ses cris, que tu ne t'arrêtes pas, même lorsque tu le sens à bout de force et que tu saccage son corps jusqu'à ce qu'il n'en reste rien ? Et surtout, si tu fais ça sans aucun sentiment… pas un seul… du tout... Tu auras beau avoir prit le plus puissant plaisir, et lui aussi, ne viens me dire que faire ça te comblera…

Et soudain, Thorin comprit ce que voulait dire Fili depuis le début, et pourquoi il s'en voulait tant. Lorsque le blond assurait qu'il avait abuser de son frère, il voulait dire qu'il ne l'avait pas traité comme il l'aurait du, qu'il s'était contenter de le prendre et de le baiser sauvagement, de la manière la plus plaisante qui soit certes, mais qu'il n'avait pas été à la hauteur de ce qu'il attendait de lui même. La nuance était légère mais, dans sa connerie, Fili semblait y tenir.
« Aucun sentiment »… Thorin ne s'imaginait pas prendre son hobbit sans sentiment, sans le chérir, sans l'aimer, juste en dévorant son corps. Il commençait à cerner un peu le problème de Fili. Celui-ci s'en voulait d'avoir traiter son frère comme une catin. De ne pas avoir été capable de lui montrer la sincérité de ses sentiments, seulement leur force.

- … Cela faisait quelques temps que j'attendais ce moment, celui où Kili me rejoindrait dans mon lit. Je m'y étais préparé, j'étais prêt. J'aurais honoré son corps, je n'aurais pas abusé ainsi de lui. Ca aurait du être divin, pas bestial. Je sais que ça peut paraître futile dit comme ça. Mais je m'en veux tellement d'avoir été si brutal, Kili mérite vraiment mieux.

- Sauf que personne d'autre que toi ne pourra lui donner plus. Jamais. Tu peux encore te rattraper Fili, tu peux encore lui montrer ce que c'est.

- Oui… je sais… Tu as raison… Mais je m'en veut tellement… maintenant, je sais de quoi je suis capable et lui ne me dira jamais non, il en prendrait même du plaisir… Je crois… j'en ai vraiment envie, mais je ne sais pas comment faire, ce n'est pas juste le baiser que je veux, pas ça, pas avec lui…

- Tu sais comment faire Fili, contente toi de l'aimer et ce sera parfait, pour vous deux. Tu étais sous l'emprise d'un aphrodisiaque la première fois, mais ce ne sera pas le cas pour la prochaine.

- ... Je ne sais pas, tu n'imagines pas à quel point Kili éveille mes sens, c'est bien plus puissant que n'importe quel aphrodisiaque, il est tellement..
- Merci ! Je ne veux pas le savoir, il reste mon jeune neveu avant tout !

Thorin avait déjà du prendre sur lui pour ne montrer aucune réaction lorsque Fili lui avait expliquer pourquoi il s'en voulait tant, il n'était pas certain de pouvoir supporter plus.

- De toute façon, je préférerai attendre qu'il retrouve ses souvenirs avant de lui sauter dessus.
- Tu devrais lui dire ce qu'il s'est passé entre vous.
- Il sait déjà que quelqu'un s'en est pris à son corps.
- Raison de plus pour lui dire.
- ... je sais, je lui dirai... quand j'aurai trouvé les mots.
- Je peux m'en charger si tu veux.
- Surtout pas, c'est à moi de le faire.
- Très bien, tâche de ne pas trop le faire attendre, ne pas savoir va sûrement le rendre anxieux.
- Oui, ou alors il me cuisinera jusqu'à ce que je lui avoue.

Thorin eut un sourire amusé et passa son bras autour des épaules de son neveu tandis qu'ils retournèrent dans l'infirmerie. C'était bizarre, cette conversation intime. C'était la première fois qu'ils parlaient de ça et, étonnamment, ou pas, ils n'avaient eu aucun mal à parler si ouvertement sur ce sujet.

Et ils se disaient qu'avec un peu de chance, l'état de Kili n'était que temporel.

Ils pénétrèrent dans la douce ambiance de la salle de soin, toujours aussi animée.
Thorin récupéra son mari occupé à étrangler la conseillère de la santé, lui rappelant qu'ils avaient besoin d'elle et que si c'était lui qui tuait la martyre, ils seraient bons pour s'exiler du mont Solitaire. Fili, lui, vint enlacer son frère de manière tellement naturelle que Kili, même si lui n'était pas du tout familier au geste, se laissa aller dans l'étreinte tout en essayant de se poser plein de questions, ce qui n'était pas facile vu que son esprit était trop occupé à tourner très vite à cause de l'entêtant parfum de son frère qui annihilait tous ses sens.

- Alors, comment ça va ?
- Bien, elle a dit que j'aurais sans doute besoin d'un stimulus pour que tout me revienne. Que mes souvenirs ne sont pas perdus, et qu'ils arriveront surement petit à petit. D'ailleurs, je commence à me rappeler de plus en plus de choses.

« Mais pas de ce qui m'intéresse vraiment. »

- Dans ce cas, ça te tente d'aller à la salle d'arme pour voir un peu où tu en es avec une épée ou un arc dans les mains ?

Et les deux neveux du roi partirent donc gaiement vers les salles d'entrainements tandis que Bilbo et Thorin s'en allèrent de leur côté, abandonnant là l'infirmière qui était très occupée à chercher à comprendre ce que signifiait cette histoire de martyre.