Je sais que ce chapitre arrive avec beaucoup de retard, mais je pense que vous comprendrez pourquoi quand vous le lirez. Il ne se passe pas grand chose dans celui là mais il est là pour préparer ce qu'il va se passer dans le chapitre suivant (qui est donc presque finit, j'ai écrit les deux en même temps).


- Vous n'avez pas le droit de faire ça !

- Et vous n'avez aucunement les moyens de nous en empêcher !

- Votre place de conseiller ne vous permet pas d'outrepasser les droits et les décisions de votre roi !

- Et votre condition de conseillère ne vous donne pas la possibilité de vous dresser contre nous. Cela fait bien trop longtemps que Thorin dépasse les limites, nous ne sommes pas en dictature, notre souverain n'a pas pleine autorité sur le royaume !

- Et le conseil n'a pas pleine autorité sur le souverain, son époux et ses héritiers !

- Nous refusons de reconnaître Fili en tant qu'héritier s'il s'unit avec son frère !

- Vous n'avez pas votre mot à dire !

- Nous ne sommes PAS en dictature !

- Cette affaire ne vous concerne pas ! Occupez vous de gérer le royaume et non celui qui le dirige.

- Cette fois-ci, ils sont allés trop loin ! Fili a démoli le fils de Nilor, ce pauvre nain est maintenant entre la vie et la mort et ne s'en remettra sans doute jamais.
- Et Thorin a détruit la réputation et la fortune de cette famille, les condamnant à s'exiler d'Erebor sans rien. Je le soupçonne même d'être l'auteur ou le commanditaire de l'assassina de Nilya, la cadette.
- Nous ne pouvons PAS permettre cela, Erebor court à la tyrannie ! Voyez comme le roi traite ses opposants, qu'est ce qui nous dit que nous ne sommes pas les prochains sur la liste ?

- Ca n'a rien à voir avec de la politique ! Nihil s'en est pris à Kili, il s'est attaqué à quelque chose de trop gros pour lui et sa famille !

- Cet argument arrange bien Thorin.
- Ca lui fait un opposant de moins.
- Mieux aurait valu que ce soit Nihil qui épouse le second héritier, l'union de la maison de Durin et de Nilor aurait pu apporter beaucoup à Erebor !

- Ca ne vous regarde pas !

- Du moins, nous avons un aperçu de ce qu'est capable de faire la famille royale à ses adversaires politiques, Thorin a beau être un leader adoré, un roi sage et un guerrier puissant, les choses ont changé, il n'a pas le droit de n'en faire qu'à sa tête.

- Mais il ne s'agit que d'affaires privées, vous le dites vous même, son règne est sage et juste. Vous n'avez rien à lui reprocher !

- Rien à lui reprocher ? Et l'instauration soudaine d'une nouvelle place au conseil pour une roturière qui n'a aucun sens de la politique ? Suivit quelques jours plus tard par l'autorisation pour cette même conseillère d'agir comme bon lui semble…
- Sans parler de l'union des deux héritiers, qu'il a nommé ainsi sans notre avis je le rappelle...
- Vous appelez ça sage vous ?
- Thorin prend de plus en plus de liberté !
- Il n'attend qu'une occasion pour nous faire disparaître !
- Ce n'est pas tolérable !
- C'est pour le bien d'Erebor que nous agissons ainsi.
- Avant qu'il ne soit trop tard.

L'infirmière recula face à la colère des conseillers. Quelque chose n'allait pas, la dernière phrase avait été dite sur un ton qui ne lui disait rien qui vaille, on aurait dit que le conseiller se persuadait de quelque chose, quelque chose de très grave. Puis, la lumière se fit dans son esprit :

- Un coup d'état !? Vous n'avez tout de même pas l'intention de vous en prendre à Thorin ? Après tout ce qu'il a fait pour Erebor vous ne pensez tout de même pas qu'il n'a plus sa place à sa tête ?

Les conseillers se regardèrent, ils ne s'attendaient pas à ce que la gargouille puisse comprendre ce que cachaient leurs mots.

- Si nous le laissons faire, ce royaume tombera sous un régime monarchique et tyrannique, cela a déjà commencé lorsqu'il a reconnu les deux turbulents fils de Dis et d'un gueux en tant qu'héritiers pour ce royaume, ce qui est inacceptable, ça aurait du être à Daïn de recevoir ce titre.
- C'est surtout que vous êtes trop attachés à vos places et vos privilèges pour les voir filer ainsi !

La gargouille reculait discrètement vers la porte, elle devait absolument prévenir le roi, ces conseillés étaient devenus fous à l'idée de perdre leur place, leur rang et leur pouvoir.

- Vous ne croyez tout de même pas que l'on va vous laisser partir… La célébration du mariage de Thorin et du semi-homme aura lieu dans quelques heures maintenant… Daïn sera là et je suis sur qu'il sera ravi de prendre le contrôle de cette mine une fois que Thorin sera déchu.
- Et vous laisser la gouverner parce que lui s'occupe déjà des Monts de Fer n'est ce pas ?

Les conseillers ne dire rien mais encore une fois, la gargouille avait su lire entre les lignes. Ils tirèrent leur épée dans un chuintement sinistre et la naine prit ses jambes à son cou sans demander son reste.


Fili tira un peu sur ses manches. Il n'en revenait toujours pas et se sentait d'une gratitude sans limite envers Thorin. Ce dernier était apparut le matin même, une tenue d'apparat dans les bras. Elle avait appartenue à Shery, son père. Le blond avait beaucoup de souvenirs de lui, notamment quelques chansons, des rires et de l'amour. C'était Shery qui, lorsqu'il entrait dans sa première décade, lui avait apprit à construire des lances-pierres améliorés qui firent beaucoup de victimes dans les Montagnes Bleues, c'était lui aussi qui lui avait appris à natter en l'autorisant à s'entraîner sur sa propre moustache, les même nattes que présentait Fili depuis qu'il en avait la possibilité. Puis un jour, plus rien, le vide, l'absence, la mort. Les escarmouches contres les gobelins avaient apportées beaucoup de choses au peuple des nains, mais ça ne s'était pas fait gratuitement.

Dis s'était laissée mourir de chagrin quelques années plus tard et ce fut Thorin qui les avait pris sous son aile. Cet oncle qu'il avait longtemps perçu comme un étranger, toujours occupé à gérer le royaume, ressasser les souvenirs d'Erebor ou travailler au développement de la richesse des nains était devenu leur seule famille.

La tunique était un peu juste, Fili semblait être plus imposant que son père mais pour rien au monde il n'aurait porté autre chose pour l'événement. Aujourd'hui, Bilbo et Thorin se mariaient et Kili et lui même allaient annoncer leur fiançailles au peuple d'Erebor.
Lorsque Thorin était venu le matin même dans sa chambre avec l'habit, il lui avait annoncé qu'il l'avait gardé précieusement pour pouvoir la lui léguer le moment venu et que son père aurait été fier de le voir aujourd'hui, le nain blond en avait eu les larmes aux yeux. Il avait répondu que tout ce qu'il avait, il le devait à Thorin. Sans lui, les deux frères seraient sans doute devenu les pupilles d'une naine seulement intéressée par la riche pension que proposait le gouvernement pour s'occuper des plus jeunes princes.

Et l'habit en lui même était magnifique. Il n'était pas de haute couture comme la plupart des vêtements royaux, l'on pouvait deviner son origine modeste et certaines des décorations avaient été rajoutées, de la main de Dis. Le tissu était d'un ton bleu, assez pâle, la coupe était parfaite et lui maintenait la taille, la mettant en valeur, qui semblait le grandir plus encore et lui donnait bien plus de prestance, si possible. Une prestance de roi. S'enlaçaient ensuite élégamment des arabesques délicates, faites de fil d'un bleu velouté et très soutenu sur les manches et le long des coutures. L'effet était plutôt sobre. Mais la touche que Fili préférait, c'était cette dent de Warg que Dis avait cousue sur la poitrine. Le warg qui avait faillit tuer sa mère le jour où ses parents se sont rencontrés.

Pour l'événement, le blond avait utilisé des fermoirs en lapis-lazuli pour les tresses de sa moustache et de ses cheveux, dont le bleu était assorti aux décorations de la tunique. Fermoir taillés avec des pierres que son crétin de frère était parti ramasser dans une galerie abandonnée et qui avait faillit mourir parce qu'il les avait volé à un nid de frelons possessifs. Ce n'étaient pas les frelons qui avaient faillis le tuer, c'était le mur qu'il s'était pris alors qu'il courrait le plus vite qu'il pouvait en regardant derrière lui pour vérifier que l'essaim ne le poursuivait pas. Dans sa peur de voir son frère de nouveau amnésique au réveil, Fili n'avait rien trouver de mieux à faire que de le frapper violemment avec une rame de barque sur le front, qui eut le mérite de l'envoyer plusieurs heures dans le coma.

Une fois prêt, Fili sorti de sa chambre, il fut étonné de constater que beaucoup de gardes étaient là. Le mariage était certes un événement important qui allait regrouper la quasi totalité de la population d'Erebor, mais le temps était à la paix et ne nécessitait pas un tel déploiement armé. Il fronça les sourcils en remarquant qu'il ne reconnaissait aucun des nains qui montaient la garde dans le couloir, mais l'arrivé de Kili lui fit totalement oublier ces détails.

Apparemment, son frère aussi avait eu droit à un héritage. La tunique verte de Frérin lui allait à merveille et lui conférait une grâce qu'il n'avait pas à envier aux elfes. Cet habit était de bien meilleure fabrique que celui de Fili, c'était celui d'un prince, d'un fils de roi, un cadeau inestimable que lui avait fait Thorin. Le tissu était fait de fil de mithril et quelques pierres d'émeraude y étaient incrustées. Une merveille. Mais la beauté du vêtement n'effaçait pas celle de Kili. Les deux frères s'admirèrent l'un et l'autre en se répandant en commentaires sur qui avait la plus belle tenue, qui se valaient toute les deux, puis Fili attrapa Kili à la hanche pour l'emmener vers la salle de réception. Les invités commençaient à arriver et c'était à eux de les accueillir.


La gargouille se baissa agilement et évita un coup d'épée qui l'aurait décapité avant de reprendre sa course. Il faut dire, des années à œuvrer dans l'infirmerie royale, d'abord en Ered Luin puis à Erebor, des années à soigner Kili tous les jours en évitant les coups de haches de Fili, ça avait de quoi faire travailler les réflexes et développer un instinct de survie extraordinaire. Elle courrait vers les appartements de son roi sans perdre un instant.


Bilbo se regarda une dernière fois dans le miroir. Il était reconnaissant envers Thorin qui avait su respecter sa personnalité simple. Le hobbit avait eu un peu peur de devoir porter quelque chose à la mode des nains, extravagant, coloré, très m'as-tu vu, hors de prix et rempli de pierres précieuses. Mais le grand nain ne lui avait pas donné cette occasion de se sentir gêné, redevable ou pas à sa place dans des vêtements qui ne lui correspondaient pas. Il avait donc une simple tunique d'une coupe très bien ajustée, dont le tissu était évidemment hors de prix et qui lui donnait un air franchement adorable. Thorin ne lui avait pas dit qu'il l'avait lui même porté le jour du mariage de Dis une cinquantaine d'année auparavant et qu'il l'avait faite refaire et embellit pour l'occasion du jour.
Même si la couleur l'avait un peu choqué au début, il ne pouvait détourner les yeux de ce noir si profond, qui semblait absorber toute lumière et faisait ressortir le dragon brodé avec un fil de mithril sur son flanc et qui en était le seul ornement. La sobriété du vêtement lui donnait bien plus de classe que toutes les émeraudes, rubis et saphir réunis. Il y avait juste une seule touche que Thorin avait tenu à ajouté lui même sur la tunique : une écaille de Smaug, sur l'épaule. Qui luisait d'un bleu à éclat rouge et n'entachait en rien l'harmonie du vêtement, au contraire, elle lui donnait un petit aspect guerrier assez mignon.

Il avait passé Dard à sa ceinture. C'était l'un des innombrables cadeaux de mariage de Kili et Fili : un magnifique petit fourreau d'ébonite et d'argent, très bien accordé sans même le vouloir avec le reste de la tunique. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait qu'il ne valait mieux pas qu'il se sépare de son arme aujourd'hui, un mauvais pressentiment lui nouait la gorge.


- Non, ce n'est pas un malentendu, Thorin désire réellement prendre Bilbo pour époux.
- Etrange de la part d'un nain si droit et loyal envers son peuple, le trône d'Erebor ne devrait pas pouvoir se partager avec une créature d'une race inférieur.

Fili serra les dents et ne chercha pas à répondre, il s'inclina respectueusement devant Daïn qui partit se mêler aux invités suivi de ses gens. A Kili qui venait de lui demander discrètement si c'est normal que tous ces nains soient armés jusqu'aux dents, il répondit par un simple « Non ».


Thorin se déshabilla, passa une légère cotte de maille sur lui et remit sa tenue d'apparat s'arrangea pour que personne ne puisse remarquer toutes les petites lames et poignards qu'il y avait caché, dicté par son intuition. Il accrocha Orcrist à sa ceinture. La gargouille aurait du revenir de la derrière cession de conseil depuis un bon quart d'heure pour lui faire le topo de l'humeur des conseillés. Il savait qu'ils n'avaient pas apprécié sa manière d'évincer la maison de Nilor, mais il était hors de question qu'il laisse passer le moindre affront envers ses neveux. Il savait que le conseil n'avait jamais voulu d'eux comme héritiers à cause de l'origine modeste de Shery, leur père. Et plus ça allait, moins il avait d'autorité sur ces nains. Thorin avait peur qu'ils s'en prennent à ceux qu'il aime dans un futur très proche.

Un jeune nain entra précipitamment dans sa chambre.

- Messire ! Certains membres du conseil viennent d'accuser la conseillère de la santé de trahison. Ils l'ont condamnée à mort et réclament votre présence pour discuter de la sentence.

Thorin leva les yeux au ciel et mis le nain dehors. Qu'ils la crament ou qu'ils la pendent, c'était une bonne chose, surtout si, comme le voulaient les exécutions publiques, ça se déroulera en publique, ça ferait avancer son plan pour détruire le conseil.


- Vous ne l'avez toujours pas attrapée ?
- Elle est plus vive qu'elle ne le laisse penser à première vue.
- Qu'attendez vous pour l'étriper ? Il ne faut pas qu'elle puisse contacter qui que ce soit ! La réussite de notre plan repose sur la surprise !
- Oui monsieur.
- Avez vous des nouvelles de Thorin ?

- Nous venons de lui envoyer un messager, il ne devrait pas tarder à venir ici.
- Seul ?
- Ce serait l'idéal.


Fili marcha rapidement vers les appartements du roi. Quelque chose n'allait pas aujourd'hui, entre les gardes qu'il ne connaissait pas et les invités qui venaient armés, il y avait de quoi inquiéter l'héritier.

Il toqua à la porte de la chambre. Personne ne répondit. Il toqua plus fermement puis entra. Il fit demi tour les sourcils froncés. La pièce était vide.


- Nains et naines d'Erebor et d'ailleurs, je réclame votre attention !

Kili fit volte face lorsqu'il entendit la voix de Gajïn, l'un des conseillers véreux, s'élever dans la salle de réception. Cela faisait une demi heure que Fili était parti prévenir leur oncle de quelques faits inquiétants. Il n'était toujours pas revenu. Et maintenant, la foule d'invités venait de se tourner vers le nain qui avait pris la parole.

- Aujourd'hui semble être un jour grandiose, aujourd'hui est le jour tant attendu ou l'on voit enfin notre suzerain choisir une personne qui l'accompagnera tous les jours. Que ce soit dans le cadre privé, mais aussi le cadre politique.

Kili s'avança en fronçant les sourcils, il n'était pas certain d'apprécier la suite.

- Mais dites moi, nains d'Erebor, pourquoi ces tenues magnifiques, pourquoi ces sourires réjouis ? Ont-ils leur place aujourd'hui ? Etes vous réellement conscient de ce qu'il se passe dans l'ombre ?

La foule frémit et Kili se tendit, il regarda autour de lui et croisa le regard de Balïn, tout aussi consterné que lui, il vit à ses côtés Gloïn et Dwalin qui rageaient de ne pas avoir pris leurs armes avec eux et qui semblaient prêts à sauter sur l'estrade où se tenait Gajïn

- Comment pouvez vous vous réjouir de voir que la personne qu'a choisi votre roi n'est ni plus ni moins qu'un hobbit, un cambrioleur de surcroît, connu pour ses capacités de manipulations qui ont déstabilisé Smaug en personne !

Des exclamations fusèrent et un petit brouhaha prit place.

- Bilbo n'a pas manipulé Thorin ! Et il n'est pas un vulgaire cambrioleur, c'est lui qui a permis la reconquête d'Erebor !
- Parce que tu insinues que, sans lui, notre roi n'aurait pas été capable de mener cet exploit à bien sans son aide ? Voyons, nous ne suivrons tout de même pas un leader si incompétent, n'est-ce pas ?

Ori, qui s'était exprimé, se tut et le fusilla du regard à l'instar de Dori et Nori qui l'entouraient. La foule, quant à elle, commençait à s'agiter. Kili cherchait désespérément un moyen de faire taire le conseiller ou alors les mots qui sauraient le contrer. Il attrapa un serviteur qui passait par là et l'envoya immédiatement chercher Thorïn.

Certains spectateurs protestèrent aux mots du nain de la même manière qu'Ori, d'autres approuvèrent fermement, mais la plupart se taisait et attendait de voir ce que Gajïn avait à leur dire.

- Mais si la folie de notre roi s'arrêtait là, nous aurions pu fermer les yeux, mais ce n'est pas le cas ! Thorin cherche à prendre de plus en plus de pouvoir et est prêt à détruire le conseil dès qu'il en aura la possibilité. Si nous le laissons faire, Erebor tombera sous le joug d'une dictature où seule la voix du roi comptera.

- C'EST FAUX !

La parole de Kili supplanta tous les cris et réactions de la foule. Le jeune brun monta à son tour sur l'estrade et s'avança sur Dajïn qui souriait de voir le second héritier intervenir ainsi, le débat allait enfin s'ouvrir. Les choses sérieuses allaient commencer. Le conseiller avait des décennies d'expérience pour tout ce qui était joute orale, manipulation avec les mots et réquisitoire. Kili n'avait pour lui que son honnêteté et sa conviction. Il allait pouvoir lui faire dire ce qu'il voulait et ainsi monter le peuple contre la famille royale.


Thorin marchait d'un pas vif vers la salle du conseil. Il n'avait pas pu finalement. Rester les bras croisés en sachant que la pire espèce animale qui soit sur cette terre, dixit la gargouille, allait se faire tuer, il n'avait pas réussi. Il ne pourrait dire pourquoi, mais on s'y attache à ces bêtes là finalement. L'infirmière avait beau être ce qu'elle était, elle les avait bien aidé jusqu'à maintenant et il ne comptera pas le nombre de fois où elle avait sauvé Kili et Fili d'une mort débile et certaine. Tant pis pour le plan, il allait essayer de faire quelque chose pour épargner à la bestiole une bien terrible fin, tant qu'on ne lui demandait pas trop en échange.

Il pénétra dans la salle et se figea lorsqu'il constata qu'il n'y avait que sept conseillers sur la quinzaine de personnes présentes, que tout le monde était armé et qu'il n'y avait aucune trace de la gargouille.
La porte se vérrouilla derrière lui.


Bilbo se redressa lorsqu'il entendit le bruit d'une cavalcade dans le couloir et sortit pour voir de quoi il s'agissait. Quelque chose non identifié mais très rapide passa sous son nez à une vitesse effroyable. Bilbo n'aurait pas pu deviner qu'il s'agissait de la gargouille s'il n'avait pas entendu le caractéristique « Messire » hurler à toute voix. La naine se fracassa contre la porte de la chambre de Thorïn et tambourina en hurlant. Mais la porte resta close. Inquiété, le hobbit appela la naine qui, quand elle le vit, lui sauta dessus.

- Messire Bilbo ! C'est terrible ! Ils veulent me tuer !
- Qui ça ?
- Eux.

Au bout du couloir se tenaient quelques conseillés et mercenaires qui avançaient, les armes en main.
Bilbo referma sa porte sans hésiter, enfermant la naine dehors. C'était enfin l'occasion de se débarrasser d'elle. Mais il ne mit que quelques secondes avant de changer d'avis et de sortir Dard pour venir en aide à la gargouille.


- Puis-je savoir ce que fait le premier héritier si loin des festivités ?
- Je cherche mon oncle, maintenant laissez moi passer !
- Pourquoi donc ? Je pense que ce serait une bonne chose que nous discutions tous les deux Fili.
- Je n'ai rien à vous dire Daïn et je ne vous écouterais pas tant que je n'aurais pas retrouvé Thorin.
- Restez poli jeune prince ! Vous n'êtes pas en mesure de me parler de cette manière !

Fili se tut et se sentit grandement inquiété du ton utilisé par le cousin de Thorin. Cousin qui avait toujours lorgné le trône et qui fut bien déçu de voir que le roi et ses héritiers avaient tous survécus à la bataille des cinq armées. Fili était d'autant plus inquiété que cela faisait un bon moment maintenant qu'il cherchait son oncle et qu'il n'avait encore trouvé aucune trace de lui.

- Que voulez vous dire ? Vous êtes actuellement devant le premier héritier de votre hôte, tout roi que vous êtes, je ne vous dois rien !
- Et tout prince que tu es Fili, il se trouve que tu n'es pas armé et que tu es seul ici, je pense que cela change beaucoup de chose dans la mesure où je n'hésiterai pas à user de la force si tu refuse de faire ce que je te demanderai.