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Terre Mouillée

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Il y avait Loxer à côté, sa cuirasse de métal autour de son âme, et le bruit délicat des goûtes d'eau s'écrasant sur la terre gorgée de mauvais soleil, mais rien n'allait plus. Il pleuvait, et le fer, on lui avait toujours dit que ça rouillait – c'était faux, sa carapace se fissurait juste un peu pour laisser passer l'eau, avant de se remettre en place.

Mais se fissurer, pour Gajeel RedFox, c'était déjà se fêler un peu trop.


Il n'y avait pas de cette aveuglante lumière qui rendait transparente la peau de Loxer et laissait voir, courant sous sa peau d'ivoire, les nervures bleuâtres d'une vie sacrifiée à l'ambition, ni même l'effrayant compte à rebours de l'horloge du hall de Phantom, qui cliquetait à son passage comme si les aiguilles auraient aimé s'arracher à leur cadran pour se planter dans son cœur.

C'était le silence et le noir des nuages, et la solitude de Loxer à côté de lui, qui fixait le ciel de son air impassible. Les gouttes d'eau ruisselaient au coin de ses yeux et coulaient comme des larmes jusqu'à la commissure de ses lèvres, et c'était comme un long fleuve de douleur qui lui courait sur le visage pour doucement s'éloigner d'elle.

Gajeel avait envie de saisir des ciseaux et de lui découper la trop blanche et froide peau du visage de cette statue d'albâtre et en retirer ce masque, et lui hurler à la figure tous les mensonges qu'elle avait pu proférer, comme s'il se moquait de tout.


Il ne se moquait de rien.

Elle était à côté de lui, attendant simplement sous l'orage, les yeux rivés vers ses nuages d'horreur, et son armure à lui se fissurait, s'écrasait et tombait en morceaux sur la terre mouillée, comme un habit trop souvent utilisé aux contours flous dont il se déparerait bien malgré lui.

Elle attendait avec douceur, tranquillement, malgré ses traits tirés et la joie douce qui émanait d'elle, et elle attendait pour lui, et pas pour Gajeel d'Acier. Elle était là, et était là depuis trop longtemps déjà pour que ce ne fut quelque chose qu'elle avait décidé.

Il grogna.

Loxer était une idiote. Tant mieux pour elle si la pluie n'était plus la sienne et que ses lumières s'étaient allumé sans lui ronger la peau pour en laisser sortir les veines trop bleues qui en transparaissaient – ces effrayantes veines translucides un peu trop semblables à des serpents, et qui du temps de Phantom se convulsaient sur ses bras, prêtes à étrangler tout ennemi.

Lui, il se rouillait, et ce qu'elle disait positif était pour lui le mal.

Parce qu'il était puissance et ténèbres, et qu'elle lui apportait un soleil capable de provoquer la fonte de l'acier.


« Gajeel-kun…

- C'est bon Loxer. Laisse moi un peu.

- Le maitre va venir voir Gajeel-kun, il le fera changer d'avis. Fairy Tail est un bon endroit pour les gens comme Gajeel-kun et Jubia.

- Je t'ai dis de me laisser. »

Et il rouillait un peu plus, seul dans son champ mouillé, dans lequel l'armure de son cœur, toute éparpillée, lançait ses reflets d'espoir sur le ciel diluvien, alors qu'elle s'éloignait sans un bruit de plus.