Chap. 4 – Une poupée vaudou
- Il vaut mieux ne pas se mêler des affaires des autres … résonne la voix éteinte de l'homme marionnette.
- Surtout si ce sont celles d'Hidan ! enchérit Deidara.
- Comment ça ?
- Il est … étrange, répond le blondinet.
- Il n'y a pas que lui qui est étrange ici.
Deidara sourit. D'un sourire … sincère ? Hum … Il faut quand même que je me méfis de lui.
- C'est certain … Si tu te bases sur Deidara.
Ça vient de Sasori. Je le regarde. Je ne comprends pas pourquoi il doit constamment rester dans cette marionnette même au sein de son organisation criminelle. Quant à Deidara, il l'ignore et continue à marcher la tête légèrement inclinée vers l'avant. Vu comme ça, on croit bien qu'il a été touché mais je ne me fais que des idées. Ils se remettent à marcher. Je décide de les suivre sans trop savoir où je vais … Alors je finis tout de même par demander.
- On va où ?
- Dehors.
Lorsque j'entends ça, une joie s'empresse de m'envahir. Dehors ? Mais savent-ils au moins qu'une fois à l'extérieur, rien de plus facile pour moi d'envoyer un message à Konoha dans la plus grande discrétion ? Et pourquoi ne pas aussi tenter de m'échapper. Ils ont beau être des assassins … Ils ne sont pas tous aussi futés que leur chef.
- Dépêche-toi, t'es vraiment lente, lâche Sasori.
J'appelle ça un ultimatum. Comment ose-t-il dire ça à un membre de l'ANBU, réputé pour sa discrétion et sa rapidité de mouvement ? Sasori est aussi froid qu'un bloc de glace de l'Antarctique. J'ai envie de l'étrangler avec ses propres fils de chakra. Par contre, plus un mot de la part de Deidara. Il semble vraiment avoir mal pris ce que lui a dit son coéquipier. Si c'est le cas, je ne sais pas comment je dois me sentir après ce qu'il vient de me dire. Il remarque que je le fixe et me fait un faux sourire. Ce gars-là ne sait vraiment pas cacher ses émotions, mais être aussi déprimé pour un commentaire venant de Sasori … Je ne comprends pas. Parce que de toute façon il sait faire que ça, des commentaires. Nous continuons de marcher, tout est devenu silencieux et l'atmosphère tendue. J'en ai des frissons. Et je n'ai pas l'impression qu'on se dirige vers la sortie. Il fait de plus en plus sombre, je sens une présence terrifiante. Des vibrations, une odeur de sang frais, un souffle. Un souffle ? Je me retourne et …
- AH ! Hurlai-je.
Je recule et tombe en arrière sur le sol gelé. Un monstre ! Je m'agrippe au mur le plus proche de moi, comme pour me sentir protégée. Je suis normalement difficile à effrayer. Un membre de l'unité des forces spéciales se doit de n'avoir aucune peur. Mais cette fois-ci … Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi discret. Du moins, je ne sais pas si c'est un être humain ou bien … une plante. Son visage est séparé en une partie noire et une partie blanche. Du sang plein la bouche, il me sourit d'un air malicieux.
- On t'a déjà dit de pas apparaitre de cette façon … lui dit Sasori.
- [Partie Noire] … Je fais ce que je veux. [Partie Blanche] Hahaha ! Mais c'était pour faire peur à la nouvelle !
Je regarde Deidara, comme pour attendre une explication de sa part.
- Oh … Voici Zetsu, l'espion de l'Akatsuki. Un vrai caméléon, m'explique-t-il.
- Et pourquoi n'était-il pas dans la Grande Salle avec vous ce matin ?
Je sais que je me risque à poser toutes ces questions, mais ma curiosité prend toujours le dessus.
- Et bien … Il est cannibale. Alors chaque matin, midi et soir, il entre dans les salles de tortures. Il y a toujours un prisonnier qui lui ouvre l'appétit.
Je me sens mal. A l'entente de ses paroles, ma tête se met à tourner et mon cœur à se compresser de plus en plus fort. La plante cannibale me fixe de ses yeux jaunes lumineux puis, disparait dans un nuage de fumée. Mon regard reste sur le sol, je ne pense plus à rien. Jusqu'à ce qu'une main me tire pour me remettre sur pieds.
- N'y pense plus, tu finiras par t'y habituer. Et puis il ne mange que les prisonniers.
Deidara essaies de me rassurer avec un sourire des plus éclatants. Je le trouve vraiment différent de ses criminels. Je me demande même pourquoi il est ici. Un rayon de soleil perdu dans un ciel rougeâtre. Nous nous dirigeons enfin vers une lumière qui nous indique la sortie. Mes yeux ont du mal à s'y habituer. Une fois dehors, mon esprit se concentre de suite sur mon plan d'évasion. Mon genjutsu est prêt. Sans qu'ils ne s'en rendent compte, ils y sont déjà plongés. Mon illusion n'est qu'une copie parfaite de la réalité. Le paysage est identique et même moi, je ne deviens qu'une illusion qui les suit. Ils n'ont pas l'air d'avoir remarqué. Je profite de cette occasion pour ralentir mon pas et enfin, partir du côté opposé. L'illusion de mon propre corps les suit toujours. C'est plus facile que prévu.
- Il ne me suffit plus que d'invoqu-, commençais-je en chuchotant mais je suis aussi vite interrompue.
- Tu crois que des criminels de rang S tomberaient dans une illusion aussi pathétique ?
Cette voix ... Mais que fait-il ici ? Je me retourne avec rapidité et lui enfonce une pierre tranchante ramassée un peu plus tôt dans le torse. Il ne cherche pas à éviter l'attaque. Son sang coule sur mes doigts. Je lève mon regard et croise le sien qui est d'un violet intense.
- Hidan … Mais …
Pourquoi n'a-t-il pas bougé ? Un sourire se dessine sur son visage. Sa main se pose sur ma joue. Il se rapproche. Encore et encore. Il est trop près … Sous le choc, je ne sais pas quoi faire. Ses lèvres me touchent. Puis, il fait un geste incompréhensible. Sa langue vient caresser ma peau pour y récupérer quelques gouttes de mon sang. Je n'ai même pas remarqué qu'il m'avait éraflée. Sa main descend jusqu'à la mienne. Il prend lentement la pierre.
- Ma chère et tendre Emy, a-t-il eu le temps de dire avant de se frapper le bras gauche avec celle-ci.
Il est pris d'une crise de rire et moi ... Une douleur insupportable se loge dans mon bras. Je cri.
- Qu'est-ce-que tu m'as fait !?
- Sois heureuse … Tu es devenue ma nouvelle poupée vaudou.
Je ne vois plus rien. Que de l'obscurité. Me voilà replongée dans ce trou noir interminable.
oooooooooo
Où suis-je ? J'ai l'impression que mon dos va se déchirer. Je me redresse et vois que je suis sur le sol dans une pièce que je n'avais encore jamais vue. Des barreaux …. Non. Ce n'est pas une pièce, mais une cellule. Pourquoi suis-je ici ? J'entends des bruits de pas. Je tente de me relever mais mon corps est engourdi et la douleur trop forte. Mon bras est recouvert d'un délicat bandage. Puis, je le vois … Hidan, devant moi.
- Pourquoi ?, demandais-je sans réfléchir.
- Tu allais t'enfuir. Il fallait bien que je te donne une leçon.
- Parce que pour toi, torturer est une leçon ? Laisse-moi sortir d'ici.
Je prends un ton autoritaire sans le vouloir. Comment va-t-il réagir …
- Bien, répond-t-il d'un calme presque effrayant. Mais dans trois jours, finit-il par rajouter avant de me tourner le dos.
Je n'ai pas le temps de dire quoi que ce soit, il est déjà partit.
oooooooooo
Voilà … Ca fait maintenant trois jours que je n'ai pas mangé. Que je suis seule dans le froid. Dès que j'entends un grincement de porte, j'espère qu'on vient me chercher. Mais personne. Mon espoir finit toujours par s'évanouir. Je me sens faible. Chaque seconde est devenue un obstacle. Finalement, j'entends les clés des barreaux se tourner. Mais ce n'est pas celui que je veux voir.
- Je veux Deidara … Laisse-moi le voir.
Oui vous avez bien entendu … Je veux voir le blondinet car il est le seul à amener une source de lumière dans l'obscurité la plus totale. Mais l'homme qui se tient devant moi ne semble pas du même avis.
- Ferme-là, dit-il. Ses membres tremblent. Il sue …
- Je ne te reconnais plus Hidan, arrivais-je à dire.
Il baisse la tête, replie ses mains et relève ses yeux d'un seul coup. Je sursaute de surprise … Je n'ai jamais vu un regard aussi meurtrier. La panique me parcourt. Je tente de reculer mais je n'ai plus aucune force. Le voilà qu'il se rapproche à nouveau. Mais pas de la même manière que la dernière fois. Là … Il me fait peur, vraiment peur. Il m'agrippe violemment les cheveux et me jette contre le mur. Suis-je sur le point de me faire torturer par le seul que j'ai cru digne de confiance dès le début ? La réponse semble positive. Il hurle.
- Tu ne m'as jamais connu ! Tu es si naïve ! Qui me connaît de toute façon ? PERSONNE ! Je suis seul et je le resterai.
Et le voilà repartit dans une crise de rire. Il m'attrape par le col de mon haut. Il me frappe aussi fort qu'il le peut … Mon visage me brûle. Que lui arrive-t-il ? Pourquoi est-t-il devenu aussi fou d'un seul coup ?
- Tu vas goûter à mon châtiment. Jashin … Fais-moi exister. AIME-MOI !
Il me coupe avec son kunai sur mon bras gauche … Près de mon ancienne blessure pas encore correctement cicatrisée. De larmes coulent de mes yeux, je suis trop faible pour me défendre et je déteste avoir ce sentiment. Hidan avale une nouvelle fois un peu de mon sang. Le voilà près à me réutiliser comme son souffre-douleur, sa poupée vaudou. Je ferme les yeux, je ne peux rien faire d'autre. Je m'attends à être transpercée une nouvelle fois par cette souffrance mais son mouvement semble avoir été arrêté. Je décide de voir ce qu'il se passe. C'est lui … Deidara. Il est là, il est bien là.
- Emy … On t'avait prévenu de faire attention, souffle-t-il.
Bonsoir les amis :D Voilà un chapitre plus long juste pour vous ! ^w^
