Et comme promis, voila une suite !

J'adore vos suppositions, mais je ne vais pas vous vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué avec le dos d'une petite cuillère, tout de même !!!

Bon, je vous laisse lire !!

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Chapitre 7

Alizée était en train d'examiner un petit chien, quand elle entendit les cris dans la salle d'attente.

-Monsieur Martin, vous pouvez le tenir, s'il vous plait ? Je vais voir ce qui se passe...

Elle enleva ses gants et baissa la poignée de la porte.

-Kevin ? Qu'est-ce qui se pas...

Elle venait d'entrer dans la pièce, et regardait celui par qui le trouble était entré dans la clinique.

Mon dieu... C'est pas vrai...

Il était là. Celui qu'elle avait, par tous les moyens possibles et imaginables, essayé d'oublier, mais sans jamais y parvenir, était là, devant elle. Il n'avait pas changé, il était toujours aussi craquant, et en plus, il souriait en la regardant.

-Bonjour Alizée.

Il avait prononcé son nom doucement, et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle serra les dents. Il ne fallait pas qu'elle se laisse aller. Alors elle lui rendit son sourire.

-Bonjour John. Comment vas-tu ?

-Bien, maintenant que je suis là.

Reprends-toi... Reste professionnelle ! Demande lui... Demande lui ce qu'il vient faire ici !

-Qu'est-ce qui t'amènes ici ? Tu as un animal malade ?

John enleva le ruban qui retenait le paquet, et sortit du sac, un chat.

-C'est pour tenir compagnie à Pistache...

Les dames poussèrent un soupir de soulagement. En fin de compte, ce n'était qu'une peluche !

Alizée se mit à rire. Un rire un peu nerveux, et quand elle prit la peluche rousse dans ses bras, elle ne put s'empêcher de laisser couler une larme.

-Caramel te plait ? Demanda t-il soudain.

-Caramel ?

-C'est-à-dire... vu la couleur...

Elle porta le chat à sa joue, et se mit à rire. Puis elle s'approcha de John doucement.

-Oui, il me plait beaucoup...

Il fit un pas vers elle, elle en fit un autre vers lui. Ils étaient à quelques centimètres l'un de l'autre, mais aucun des deux n'alla plus loin. Ils se regardèrent sans rien dire, puis John leva une main et la posa sur la joue d'Alizée. Sa main tremblait, et lui aussi. Allait-elle le rembarrer ? Après tout, il s'était passé quatre mois. Et elle avait très bien pu l'oublier dans les bras d'un autre. Même si il n'y croyait pas vraiment.

Il ne pensait pas qu'elle était comme ça.

Il espérait qu'elle n'était pas comme ça...

Alors quand elle poussa un petit soupir et ferma les yeux, tout en frottant sa joue sur la paume de sa main, il eut sa réponse.

Non, elle ne l'avait pas oublié...

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Il lui avait tellement manqué. Ses caresses lui avaient tellement manqué...

Elle avait le cœur qui battait à cent à l'heure. C'était douloureux, mais en même temps, c'était rassurant. Elle avait espéré qu'un jour, il revienne.

Pour elle. Rien que pour elle, et il l'avait fait.

Elle leva la tête et le regarda, les yeux remplit d'amour. Elle avait envie qu'il l'embrasse. Elle avait envie de sentir à nouveau sa bouche sur la sienne. Il embrassait si bien...

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John hésitait, il avait peur. Pas d'elle, non, mais de sa réaction. Il se pencha doucement, attendant un refus, mais elle ne le quittait pas des yeux, et n'avait pas bougé. Elle n'avait ni avancé, ni reculé. Alors enfin, il osa. Il se pencha encore, et posa sa bouche doucement sur celle de la jeune femme. Elle se dressa sur la pointe des pieds et l'entoura de ses bras. Et sous les yeux attendrit des femmes assises dans la salle d'attente, ils s'embrassèrent enfin. Un vrai baiser. Comme celui qu'ils avaient rêvé de se donner si ils se retrouvaient un jour...

L'aboiement d'un chien les fit sursauter, et il se séparèrent, essoufflés, et aussi un peu honteux de s'être laissé aller comme ça devant tout le monde. Alizée se mit à rire nerveusement et recula.

-Excusez-moi, je ne sais pas ce qui m'a pris...

La propriétaire du chien qui avait aboyé la regarda en souriant.

-Dr McKay, ne vous inquiétez pas ! On sait ce que c'est, l'amour. Et votre fiancé est tout à fait charmant ! Dit-elle en lui faisant un petit clin d'œil.

-Mon fiancé ? Non, vous n'y êtes pas...

-Euh... vous voulez bien nous excuser ? Dit John en se tournant vers les femmes assises.

Il poussa gentiment mais fermement Alizée dans le cabinet de consultation, et referma la porte derrière lui.

-Mais enfin ! John ! Je ne peux pas !

-Tu ne peux pas, ou tu ne veux pas ?

-Je ne peux pas ! Je travaille, il y a eu une urgence, et je suis très en retard dans mes consultations !

Puis ils se rendirent enfin compte qu'ils n'étaient pas seuls. Le petit chien attendait sagement sur la table, toujours tenu par son maître.

-Oh ! Je suis désolée, je vous avais oublié ! Je m'occupe de Hot-Dog tout de suite !

-Hot-Dog ? S'exclama John.

-Oui, c'est une sorte de tradition à Castle Rock, tous les maîtres donnent des noms de chose à leur animal, expliqua l'homme, et comme mon chien aime beaucoup les hot-dog...

-Il s'appelle Hot-Dog ! Je crois que j'ai compris... c'est très inhabituel, mais en même temps, ça change un peu !

-Oui, c'est pour ça que mon autre chien s'appelle Tennis.

-Je suppose qu'il joue au tennis ? Demanda John, ironique.

-Non, il ne peut pas s'empêcher de les mâchouiller ! Bon, docteur, je vais vous laisser, je reviendrais un autre jour...

-Non ! S'écria Alizée, je vais finir de l'ausculter. Tu peux attendre un peu ? Demanda t-elle à John, j'en ai pour environ une heure...

-D'accord, je t'attends... à tout à l'heure...

Et il sortit en fermant la porte.

oOoOo

-Il est tout à fait charmant votre fiancé, docteur.

Alizée leva la tête et regarda l'homme.

-Monsieur Martin, ce n'est pas mon fiancé...

-Ah bon ? Je trouve ça dommage... il vous aime pourtant...

-Vous croyez ? Demanda t-elle surprise.

-Dr McKay ! Vous ne l'avez pas remarqué ? Ça se voit comme le nez au milieu de la figure, que ce jeune homme est amoureux de vous ! S'exclama le vieil homme.

Alizée était troublée.

Il est amoureux de moi ? Non... monsieur Martin est un gentil monsieur qui est de la vieille école ! Pour lui, des jeunes gens qui s'embrassent, doivent forcément être fiancés... Se dit-elle.

Mais malgré tout, ça la fit réfléchir...

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John était retourné s'asseoir dans la salle d'attente.

-Vous faites un très beau couple. Le Dr McKay a de la chance d'avoir un gentil fiancé comme vous !!

-Madame, je ne suis pas... Commença John.

-Oui, tu as tout à fait raison, Marissol ! Coupa l'autre, vous êtes tout à fait charmant ! Et en plus, le docteur vous aime !

-Je suis d'accord avec toi, Abbigail, ils vont très bien ensemble !

John regarda les vieilles dames. Elles n'avaient pas écouté ce qu'il leur avait dit !

Il n'était pas son fiancé...

-Quand est-ce que vous allez faire votre demande ? Demanda soudain l'une d'elle.

-Ma demande ? Quelle demande ? Interrogea John.

-Votre demande, enfin ! Vous n'allez pas la demander en mariage ?

Mariage !!?? Mariage... ? Epouser Alizée... ?? Se marier avec Alizée... ?

Les dames le regardèrent en souriant. Le jeune homme avait la tête ailleurs, car il souriait tout seul.

-Tu crois qu'il va le faire ? Demanda Marissol.

-Je ne sais pas. Mais le Dr McKay a enfin trouvé quelqu'un qui l'aime, et qu'elle aime aussi, alors pourquoi pas ?

-J'ai bien l'impression qu'il faudrait lui faire comprendre...

-Oui, il a l'air de ne pas savoir comment si prendre ! Ah les jeunes... Soupira Abbigail, ils sont pressés pour des choses qui n'ont aucune importance, mais quand il s'agit de prendre la bonne décision, ils mettent beaucoup trop de temps !

-Oui, ça c'est vrai !

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Il avait suffit que deux charmantes vieilles dames lui disent ça, pour qu'il n'arrête pas d'y penser.

Le mariage.

En fait, au fond de lui, il savait bien que ça lui tomberait dessus, même si il n'avait rien fait de spécial pour ça. Mais il se rendait compte qu'il en avait vraiment envie.

La stabilité, avec une femme dont il était amoureux. Et qui l'aimait, d'après les deux personnes assises.

Le mariage avec une femme qu'il adorait, à côté de qui il se réveillerait chaque matin, qu'il pourrait serrer dans ses bras quand il en aurait envie.

Qu'il pourrait enfin aimer...

Oui, il savait ce qu'il lui restait à faire.

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La porte s'ouvrit et Hot-Dog, suivit de son maître sortit.

-Madame Kalahan, vous venez ?

-Dr McKay, je crois que ce jeune homme à quelque chose à vous dire...

Alizée regarda John, qui était toujours en train de sourire, et attendit, les bras croisés. Mais il se leva.

-J'ai quelque chose à faire ! S'exclama t-il soudain, je reviendrais plus tard...

Il s'approcha d'elle et l'embrassa légèrement sur la joue.

-On se voit chez toi ? Murmura t-il à son oreille.

-D'accord... Répondit Alizée d'une voix tremblante, à tout à l'heure...

Et il sortit sans attendre.

-Je suis déçue ! Dit alors Marissol.

-Moi aussi ! S'exclama Abbigail, j'avais pourtant cru qu'il le ferait...

-Il n'avait peut-être pas prévu ça, et dans ce cas, il va la chercher !! Dit Marissol en se penchant vers sa voisine.

-Oui, c'est sûrement ça ! Tu as raison, il va la chercher ! Dit Abbigail d'un air entendu.

-Madame Kalahan ? Madame Fischer ? Mais de quoi parlez-vous ? Demanda Alizée.

-Vous verrez bien ! Dit Abbigail en faisant un grand sourire, vous verrez bien !

Alizée, un peu surprise par le ton plutôt coquin que les deux femmes avaient prit, invita l'une d'elle à rentrer dans son cabinet. Puis le travail reprit vite le dessus, et elle examina son petit patient à quatre pattes...

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Plus il y pensait, plus il adorait la sensation que ça lui procurait. Et pourtant, il était fébrile. Il se demanda soudain si tous les hommes qui avaient fait ce qu'il s'apprêtait à faire, étaient passés par le même état de nervosité que lui.

Il était remonté dans sa voiture, et tout en conduisant prudemment car il neigeait, il prit la direction du centre ville. Il espérait seulement qu'il allait trouver ce qu'il cherchait, sinon, il serait obligé d'aller plus loin, et ça l'embêtait.

-Si j'avais su, j'aurais repris le 4x4 !! Se dit-il tout haut quand la voiture dérapa un peu dans un virage.

Il reprit le contrôle assez facilement et continua doucement. La neige tombait moins fort, mais il faisait presque nuit. Il commençait à désespérer, car il arrivait bientôt au bout de la rue commerçante, et il n'avait toujours pas vu l'enseigne qui l'intéressait. Quand soudain...

-Eh bien, on peut dire que je l'ai échappé belle !

LA boutique était là. Avec une devanture plutôt engageante. Il se gara, et descendit doucement. Le trottoir n'avait pas été dégagé, et il n'avait pas du tout envie de se casser une jambe...

Il poussa la porte...

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-Et voilà, madame Fischer, je vous rends Zorro. Il va bien, mais il se fait un peu vieux... voilà pourquoi il mange un peu moins qu'avant. Mais ce n'est pas plus mal, ou alors, il faudra le promener plus longtemps, mais très doucement. Il faut faire attention à son arthrose...

-Merci docteur, vous êtes bien gentille...

Alizée ouvrit la porte et la maintint ouverte, le temps que son dernier patient sorte, accompagné de sa maîtresse.

-Au revoir, madame Fischer.

-Au revoir docteur. Profitez bien de votre soirée ! Dit Abbigail avec un petit sourire en coin.

-Merci... Dit Alizée, un peu embêtée.

Déjà que quand John avait passé la nuit chez elle, il y a quatre mois, elle en avait entendu parlé pendant des semaines, mais là, il était revenu, l'avait embrassée devant les vieilles dames, et lui avait dit "à ce soir" !!

Au moins, ça fera discuter devant les cheminées pendant les longues soirées d'hiver qui s'annonçaient...

Elle s'étira, bailla et regarda sa montre. Pas étonnant qu'elle soit fatiguée ! Il était presque 19h30. Elle était debout depuis 5h00 ce matin. Une jument avait décidé de mettre bas. En hiver, c'était rarissime que les femelles aient un petit, mais à Castle Rock, rien n'était pareil qu'ailleurs...

Elle décrocha son manteau, s'emmitoufla dedans et se prépara à rentrer chez elle.

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C'était la vingtième fois au moins, qu'il regardait sa montre. 20h00, et elle n'était toujours pas là. Il se demandait si elle n'avait pas changé d'avis, quand il se rappela qu'elle n'avait pas de voiture.

-Quel imbécile ! Elle est obligée de rentrer à pied ! Voilà pourquoi elle met autant de temps !!

Si j'avais eu un peu plus de jujotte, je serais retourner la chercher...

Il s'apprêtait à remettre le moteur en route pour aller à sa rencontre, quand il sursauta violemment. Quelqu'un venait de frapper à sa vitre.

-Tu veux rentrer ? Il fait un peu froid...

John ouvrit la portière.

-Oui, c'est vrai qu'il fait moins chaud ici que chez moi...

-Ah bon ? Cheyenne Mountain est pourtant en montagne, il ne doit pas faire très chaud non plus !

Il se sentit bête. Il ne pensait pas à Cheyenne Mountain, mais à Atlantis... Et là bas, ils n'avaient pas encore vécu d'hivers...

-Allez ! Viens avec moi, je t'offre un bon café.

Il la suivit et ils se dépêchèrent de rentrer. Alizée se débarrassa de son manteau et se prépara à allumer la cheminée.

-Tu peux faire le café, s'il te plait, je vais faire du feu, tu trouveras tout ce que tu veux dans la cuisine. Fouille ! Fais comme chez toi !

Elle se baissa et prit une bûche qu'elle disposa habilement dans le foyer. Pendant ce temps, John était allé dans la cuisine. Il se rappelait cette pièce. Celle où il avait croqué à pleine dent dans une gaufre, le lendemain de la nuit la plus calme qu'il avait passé depuis des mois. Voir des années...

... Juste avant les nuits les plus fantastiques qu'il ait jamais passé. De toute sa vie...

Le crépitement du feu dans l'âtre le fit réagir. Il n'avait pas encore préparé la cafetière, perdu qu'il était dans ses rêves.

-Bah alors ? Tu rêves ?

Il se retourna. Elle était là, appuyée sur la porte, un sourire un peu crispé sur le visage.

-Oui, je sais, mais je ne trouve pas les filtres...

Elle s'approcha de lui et le regarda droit dans les yeux.

-As-tu déjà fait du café ? Demanda t-elle sérieusement.

-Oui ! Bien sûr ! Pourquoi tu poses la question ?

-Parce que ce genre de machine n'a pas de filtre. Il suffit de mettre ça...

Elle prit une capsule dans une boite, la posa sur le dessus de la machine, puis rabaissa le couvercle.

-... tu appuis sur le bouton, et voilà ! C'est tout !

Elle se tourna vers lui, satisfaite. Il en profita pour poser ses mains sur ses hanches. Aussitôt le cœur d'Alizée rata un battement. Comme celui de John.

-Alizée, tu m'as manqué... tellement manqué...

Il se pencha et voulut l'embrasser, mais elle recula un peu.

-Le café est prêt, dit-elle d'une voix mal assurée.

Surprit John se redressa. Il croyait qu'elle allait apprécier le geste, mais apparemment, il s'était trompé...

-John, ce n'est pas que je n'en ai pas envie, mais...

Elle respira à fond, et lâcha d'une traite.

-C'est trop dur. Je vais te paraître stupide, mais la dernière fois, j'ai mis du temps à m'en remettre. Beaucoup trop de temps... j'ai adoré la semaine que j'ai passé avec toi, mais je ne recommencerais pas. Je ne supporterais pas de te perdre de nouveau.

Voilà. Elle avait réussi à le dire. Elle souffla bruyamment. Puis se dit qu'elle aurait peut-être dû attendre. Attendre demain avant de lui dire. Passer une dernière nuit avec lui, dans ses bras. Faire l'amour avec lui une dernière fois...

Non ! N'y pense même pas ! Rappelle-toi le temps que tu as mis avant de repenser à lui sans te mettre à pleurnicher ? Hein ? Combien de temps ?

-Je suis désolée, John. Je n'aurais pas dû te dire de venir...

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Et voilà...

A vos claviers !

Et merci de me lire...