Disclaimer:Si Star Trek était à moi, je l'aurais déjà offert à ma trekkie de mère !

Deuxième chapitre qui repose sur l'autre aspect de cet AU, à savoir la décision inattendue de Scotty. Et par curiosité... Avez-vous trouvé dans le premier chapitre à quel roman/film fait allusion le nom du lapin en peluche de Lucille ?

Bonne lecture

LVEB

Scotty

Haletant, le corps douloureux, tu essaies de reprendre tes esprits. Course-poursuite et combat à main nues ne sont pas exactement les raisons premières pour lesquelles tu as décidé de t'enrôler dans Starfleet… Tu voulais juste mettre les mains dans le cambouis, sous les jupes de ces petites beautés qu'on appelle des vaisseaux spatiaux et en chemin tu es tombé amoureux de l'Enterprise. Ça fait de toi un mécanicien mais certainement pas le parfait petit soldat… voire le soldat ultime comme cet homme que Kirk parait avoir oublié un instant. Tu le rappelles à sa mémoire

- Où est Khan ?

Khan… Ce type te stupéfie. Il semble être né les armes à la main. Et tu ressens une admiration réticente pour sa capacité à être en contrôle, pour sa concentration inhumaine et ses réflexes… Bon Dieu, ses réflexes ! Comme si chacun de ses mouvements était la part nécessaire et essentielle d'une chorégraphie parfaite qui l'amène inévitablement vers son but.

Tout d'un coup tu le vois… Même pas essoufflé… Une vraie machine ! Une machine extraordinaire et sacré nom d'un petit boulon… tu t'y connais en machines ! Tu l'entends murmurer une direction et tu es prêt à le suivre quand le capitaine t'ordonne l'impensable :

- Une fois sur la passerelle, assommez-le !

Tu regardes Kirk, incrédule. Ce qu'il propose a un goût de trahison. Tu protestes.

- Quoi ? Assommer Khan ? Je croyais qu'il nous aidait…

- Je suis quasiment sûr que c'est nous qui l'aidons…

Tu es troublé… Tu fais confiance au capitaine, pourtant… cette fois tu as un doute… Tu n'as pas oublié les torpilles à photons et tu sais que James Kirk n'est pas infaillible. Le capitaine te fais signe de bouger. Tu n'as pas le temps d'épiloguer. Des couloirs défilent à toute vitesse. L'adrénaline tourbillonnant dans tes veines et tes mains agrippées au phaser, tu suis Khan et Kirk, en bon dernier. Le capitaine et le héros… Le héros et la machine… Jusqu'ici tu n'as encore jamais vu Jim Kirk surpassé. Ça change et c'est probablement bon pour son ego surdimensionné. Le contentement que tu éprouves à cette idée démontre que tu n'as pas encore tout à fait digéré ce qui est arrivé dans la salle des machines … Mais tu te refuses de croire que cette pensée un peu déplacée n'est qu'une basse petite vengeance de cour de récréation.

Vous défoncez la porte à coup de phasers. Les détonations résonnent étrangement sur la passerelle et tu te perds dans un flou d'actions confuses. Tu ne penses pas. Tu suis juste ce que te disent tes tripes, assommant tout ce qui est ta portée.

Tout d'un coup, Kirk a son phaser pointé vers la tête de l'Amiral. Tout se tait. Tu te demandes comment tu as encore pu te fourrer dans une galère pareille. Kirk te jette un coup d'œil. C'est le moment. Tu te tournes vers Khan. Ton doigt hésite sur la détente pendant une mili-seconde de compassion. C'est une mili-seconde de trop : Khan croise ton regard. Tu ne pourras pas tirer. Parce que tu n'es ni un héros, ni une machine… Simplement un putain d'humain qui essaye de faire ce qui est juste.

Le capitaine t'ignore. Mais tu sais que tu vas devoir répondre de ça plus tard.

- Amiral Marcus je vous mets aux arrêts…

Il a du cran le Jimbo… Une vague d'admiration te submerge malgré toi. Tu te rebelles. Tu ne vas quand même pas admirer James Tiberius Coupe d'enfer, juste ici et maintenant, alors qu'il t'a encore trainé dans un de ses accès de « Je-Sauve-Ma-Peau-Et-Le-Monde-Sans-Réfléchir-Aux-Fo utues-Conséquences. » Peu importe que tu aies embarqué de ta propre initiative sur le Vengeance (une petite infidélité à l'Enterprise : tu ne pouvais pas résister devant une telle beauté… ), tout est de la faute de Kirk. Tant pis, tu assumes ton évidente mauvaise foi.

- Vous plaisantez j'espère…

- Amiral… Sortez de ce fauteuil…

L'incrédulité se lit sur le visage du vieux soldat. Et la colère. Sa voix sèche et coupante te ferait presque sursauter.

- Réfléchissez bien à ce que vous faites Kirk et à votre intervention sur Kronos : incursion sur une planète ennemie, massacre d'une patrouille klingonne et malgré vos précautions la guerre est imminente…

Kronos ? Les Klingons ? Bon sang, ce n'est pas dans la galère que tu t'es fourré… C'est dans un foutu guêpier de dimension interplanétaire ! Si tu sors de là… Merde, tu n'arrives même pas à considérer que tu puisses sortir de là… Foutu James Tiberius Kirk ! « Agis d'abord, pense après », c'est sa devise et tu t'es (encore !) fait avoir. L'amiral reprend :

- Qui mènera nos troupes ? Vous ? Sans moi c'est tout notre mode de vie qui sera décimé. Pour me faire quitter ce vaisseau il faudra me tuer

Encore un qui se prend pour un héros… Un léger bruit à ta gauche te fait tourner la tête. Khan. La haine pure qui se lit sur son visage te dit qu'il est prêt à se porter volontaire pour le job. Voire à faire quelques petits extras, en rajoutant les ajoutant les adjectifs « lente et douloureuse » à la mort qu'il aimerait infliger au chef de Starfleet. Tu aurais peut-être dû écouter le capitaine… Ce type a l'air d'une bombe prête à exploser. Peut-être… Peut-être pas… Tu te demandes brièvement ce que Marcus a bien pu lui faire.

- Je ne vous tuerai pas Amiral, mais je pourrais vous paralyser et vous virer de ce fauteuil. Ca m'ennuierait devant votre fille.

Tu aurais presque envie de rire si le moment n'était pas aussi grave : Kirk et les femmes… Mais tes yeux sont fixés sur Khan. Il est prêt à bondir. Tu l'as vu, seul, venir à bout d'un groupe de soldats. Tu sens que si tu ne fais rien, vous êtes bon pour la catastrophe ultime. Cette fois tu tires.

Et c'est l'amiral qui s'effondre.

-« SCOTTY !»

La voix de Jim Kirk est furieuse. Maintenant, tu en es certain, tu as signé pour des ennuis intergalactiques. Tu aurais dû tirer sur Khan. Pourtant, tu te sens étrangement sûr de toi. Dans ton livre à toi, on ne fait pas feu sur les gens qui vous aident à traverser un vaisseau ennemi au péril de leur vie. En revanche, on abat les dingues qui font feu sans raisons sur un navire que tu as bichonné comme l'Enterprise.

Khan te regarde. Une ombre de surprise passe sur son visage. Mais c'est tellement rapide que tu l'as probablement rêvée. Il se tourne vers le capitaine. James Kirk a son phaser pointé vers lui. Et il a le sien orienté vers Jim. Tout d'un coup il y a comme un afflux massif et excessif de testostérones dans la salle.

-Et maintenant Capitaine ? Que faisons-nous ?

La voix de Khan est à la fois profonde, assez glaciale pour geler les marches de l'enfer et désinvolte. Tu ne veux pas chercher à résoudre cet apparent paradoxe parce que tu vois ses doigts qui règlent le phaser. Tu es quasiment sûr que c'est sur « Tuer ». Le capitaine fait de même. Vous êtes dans une impasse.

Tu as envie de leur proposer de s'assoir autour d'une table avec un café pour discuter de tout ç a comme des gens civilisés. Mais ni l'un ni l'autre ne t'écouteront, tellement occupé qu'ils sont à comparer la taille de leurs bites. Putains de héros… Ils ne peuvent donc jamais faire les choses comme tout le monde, n'est-ce pas ? Et comme dirait Cupcake « au combat des chefs c'est toujours les chemises rouges qui trinquent. »