Premier chapitre haut en couleurs, avec ta réponse Lola :)
J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture :)
- Où est Henry ? C'était censé être ma semaine ! s'écria le shérif, surprise.
Je souria cruellement devant l'air désorienté de la blonde.
Depuis son arrivée à Storybrooke, Henry passait une semaine chez chacune d'entre nous, en alternance, lui permettant ainsi de ne jamais se sentir délaisser par l'une ou l'autre.
Ce concept ne m'avait jamais ravi, mais Henry m'avait mis la pression.
Lui seul savait pour mon statut de Reine, mais les habitants étaient trop sensés pour croire à des balivernes pareilles.
Il était si facile de jouer la carte de l'ignorance devant lui…
- Je l'ai laissé avec Kathryn, je vous rappelle que mes réunions n'attendent pas !
Avec cette malédiction jetée, je n'ai finalement pas réussi à être heureuse dans ce monde, rejetée par tous pour ma froideur.
Même sans leurs mémoires, tous semblaient effrayés par l'autorité qui émanait à mon encontre.
J'utilisais principalement Graham pour mon travail, le manipulant, jusqu'à ces fameuses réunions que j'évitais.
Au commencement, j'avais refusé l'idée de partir, avant d'accepter.
Gold me permettrait de franchir la ligne sans oublier tous mes actes passés, il me le devait bien, et je pourrais enfin me débarrasser d'Emma Swan.
Un accident était si vite arrivé…
Je suis et serais toujours sans pitié.
- J'aurais très bien pu le garder ! lança la colocataire de la mère biologique d'Henry.
Je fus bouche bée.
Comme si j'allais laisser mon enfant avec celle qui avait brisé ma vie, me faisant oublier un possible conte de fée enchanté pour un abime profond et ténébreux...
Mon cœur demeurait encore brisé à cause de cette femme.
Je ne pouvais que lui tenir tête :
- Vous ?! Non merci, je préfère encore le laisser avec cette blonde ! lançais-je sur un ton sec, mentionnant implicitement Kathryn, que je dominais également comme le reste des habitants au vu de ma position professionnelle.
Seules Snow et sa progéniture s'interposait.
Elles refusaient de me laisser agir à mon bon vouloir quand j'usais de mon autorité.
Et je comptais bien à arracher à ma pire ennemie, après son mari, sa fille…
Et jouir face à cette détresse qu'elle ressentirait.
J'aurais enfin ma revanche !
- C'est votre amie ! rappela Emma, s'offusquant de la manière dont j'interpellais celle qui devait m'être considéré comme proche.
Je n'avais d'attache pour personne hormis mon petit garçon.
J'étais prête à tout pour le rapprocher de moi et éliminer pour son bien et le mien, la blonde qu'il chérissait tant…
- Quand je le veux oui ! déclarais-je, sur un ton sarcastique.
- Tout comme Graham ! répliqua immédiatement mon adversaire, sur un ton relevant du défi.
Si seulement je pouvais utiliser mes pouvoirs pour la faire abdiquer !
J'aurais sa peau.
Les occasions de la sacrifier tout en lui révélant mon identité seraient nombreuses…
Et je n'hésiterais pas !
- Ne m'obliger pas à vous ligoter sur le siège passager pour votre insolence ! dis-je, face à ce regard rageur qui perçait et qui m'était adressé.
Personne ne pouvait me dominer !
- Vous allez avoir du mal vu que je conduis !
La réponse du shérif me secoua et ma réaction fut vive :
- Quoi ?!
Supporter les heures de routes avec la blonde comme passagère m'exacerbait au plus haut point !
Je comptais tant sur ce moment de solitude pour mettre mon plan en marche…
- Vous pouvez dire merci à Graham ! Je ne suis pas plus enjouée que vous…murmura Emma, dépitée.
Je soupirai également, essayant de penser au positif.
Je serais de retour sans Emma.
Cette idée valait bien un petit sacrifice, celui de la supporter jusqu'à l'arrivée…
Après, sa vie serait vite écourtée.
- Il vous faudra absolument une tenue de soirée ! imposais-je, après un moment de réflexion.
Tout d'abord, je ne souhaitais pas entaché ma réputation face aux élus régionaux que je découvrirais.
Ensuite, c'était pour l'assurer de la véracité de ce séjour, pour prouver à tous qu'elle partait avec moi en tout bien tout honneur…avant de la réduire à néant.
Faire jouer les apparences pour tromper tous les habitants, à commencer par Emma Swan.
- Et faire bonne figure pour votre notoriété ?
Je ne pris pas la peine de répondre à cette provocation.
- Vous m'accompagnerez et partirez à chaque début de réunion, le reste du séjour vous appartient ! expliquais-je, sur un ton froid.
Elle n'aurait même pas l'occasion de découvrir le climat paisible…
Ce n'était qu'une façade.
Je ne faisais que jouer avec Emma Swan.
- Et je suis sensée faire quoi pour m'occuper dans ce trou perdu ? demanda-t-elle, en grimaçant devant tant d'isolement.
Une île aussi éloignée du territoire me permettrait d'agir facilement.
Je choisissais tout avec précision.
- Y'a de la lecture ! dis-je, en réfléchissant aux distractions proposées.
- Ça va être dur ! s'exclama Emma, déboussolée.
Je profitai de sa mine renfrognée pour enfoncer le clou et la taquiner :
- J'avais oublié que vous préférez la télévision ! Un peu comme votre musique à en détruire la forêt de Storybrooke !
Ma réflexion sembla l'énervée et j'eus du mal à ne pas ricaner devant ma victoire.
- J'espère que vous ne ronflez pas ! dis-je, sur un ton ferme.
- J'espère surtout que vous n'êtes pas longue sous la douche ! répliqua Emma, en fronçant les sourcils.
Elle fonçait droit dans ma tentative d'intimidation ce qui me fit sourire.
- Fallait demander à Graham…chuchotais-je, sur un ton railleur.
J'éclatai de rire devant la mine outrée de Mary Margaret et son indignation :
- Ah beurk !
- Tant que vous nous causé pas une inondation hein ! s'exclama la blonde, en levant les yeux au ciel.
Elle semblait aussi dépassée que son amie.
En même temps, après autant de temps sans partenaire sexuel…
- Ca ne risque pas ! Je compte rester quelques jours après les réunions, pas le top d'avoir les pieds dans l'eau ! lançais-je, calmement.
Après la mort d'Emma, je pensais convier Henry à me rejoindre sur le charmant petit îlot.
N'étais – ce pas un projet formidable et bien ficelé ?
- Surtout quand on en a juste à quelques mètres !
L'intervention de Snow me déplu au plus haut point :
- Je parlais à Emma ! dis-je, sur un ton sec.
- Miss Swan ! rétorqua immédiatement celle-ci.
- Je pensais que ça aiderait ! dis-je, calmement.
Je me disais qu'un peu de familiarité calmerait la future tension qui émanerait lors du trajet.
- Et moi je pensais profiter de ma semaine ! rétorqua Emma, en soupirant à nouveau.
- Vous retrouverez Henry après celle-ci. Ce n'est pas parce que je reste, que vous le devez ! lançais-je, sur un ton froid.
Emma sembla trouver enfin un sujet de discussion intéressant :
- Pourquoi rester ?
- Pour changer d'air.
J'aurais presque pensé qu'elle se préoccupait de mon sort vu son air compatissant.
Cependant, cette pensée m'effleura quelques minutes avant que la blonde ne reprenne la parole, d'un air plus cynique :
- Sans votre Graham d'amour ?
- Ça ne vous regarde pas ! répondis-je, froidement.
Je devais également me débarrasser de mon amant et je ne savais encore comment m'y résoudre.
Je n'éprouvais aucun sentiment pour lui, mais quelque chose au plus profond de moi, me poussait à renoncer à sa mort prochaine pour le moment.
Était-il possible que quelque chose ait changé en moi ?
- Il y a de l'orage dans l'air ? demanda Emma, sur un ton railleur.
- Disons que je cherche l'éclaircie à travers les nuages ! répondis-je, perdue dans mes pensées.
- Et vous pensez la trouver parmi tous les gentlemans que vous rencontrerez ?
Je secouai rapidement la tête devant la question de la blonde.
Il n'était pas question de remplacer Graham, mais de le supprimer…
Heureusement pour moi, Snow intervenu ce qui permit de couper court à la conversation :
- Un chocolat chaud ?
- Avec votre truc immonde dedans ? Non, ça ira ! répondis-je, en observant le liquide étrange.
- En parlant de nourriture, c'est compris dans le séjour ? lança Emma, curieuse.
- Vous avez peur de mourir de faim ? demandais-je, en souriant cruellement.
Elle ne savait encore pas la mort que je lui préparais…
- C'est peut- être retiré du monde, mais ce n'est pas non plus le Luxembourg ! dis-je, posément.
- Bah au moins là-bas y'a des boutiques ! rétorqua Emma, sur un ton ferme.
- Il y a bien une épicerie, mais pas avant une quinzaine de kilomètre ! déclarais-je, selon mes souvenirs.
- Mais que peut-il bien y avoir autour de cette île ? demanda Emma, en écarquillant les yeux.
Je pouffai de rire devant les traits choqués avant de répondre :
- Un pré. Et des vaches.
- Graham ne m'a pas parlé de ça ! s'offusqua Emma, en fronçant les sourcils.
- C'est beaucoup moins attractif qu'une plage avec des galets ! dis-je, pour me justifier.
- Dois-je en déduire que les beuglements des vaches seront notre réveil ?
- Elles ne sont pas sous la fenêtre non plus ! dis-je, pour réconforter Emma.
Etrangement, j'avais comme une envie soudaine de m'attendrir devant son air stupéfait.
Cependant, je me repris à temps avant de me laisser gagner par de la tendresse :
- Pourrais-je mettre mes bagages dans votre passoire ?
Autant finir cette tâche et rentrer chez moi en attendant de repartir !
J'aurais du temps pour laisser ma créativité mijoter les détails de mon plan…
- Ma voiture est tout sauf pourrie ! C'est même super confortable ! répliqua Emma, devant le nom que j'attribuais à sa voiture.
Celle-ci me mena jusqu'à le dit véhicule.
- C'est surtout super jaune, donc super pas discret…dis-je, en soupirant devant la voiture.
- Oh ! Madame le maire aurait un amant sur cette fameuse ile ? demanda mon interlocutrice, sur un ton enfantin.
Je levai les yeux au ciel devant cette stupide hypothèse avant de tenter d'ouvrir le coffre.
La poigne du shérif me repoussa fermement.
- Pourquoi pas le coffre ? demandais-je, consternée.
- Oh…Il reste des vieux souvenirs dedans que je veux oublier ! répondit –elle, la voix soudainement emplie d'émotions.
La blonde semblait d'un coup beaucoup plus fragile.
- Des souvenirs du père d'Henry ? lançais-je, cherchant la cause du trouble qui apparaissait.
- De ma dernière famille d'accueil, de ma vie passée.
La réponse suscita en moi une grande compassion.
J'avais certainement fait remonter à la surface de vieux problèmes correspondant à son arrivée ici, provenant certainement de son adolescence.
- Désolée, vraiment…commençais-je, sur un ton doux.
Je me surprenais moi – même devant cette douceur dont je faisais preuve.
- Je ne veux pas de votre pitié ! lança Emma, furieuse.
Je continuai le dialogue malgré cette fureur qui émanait dès que je tentais d'être plus docile et moins hautaine qu'à l'accoutumée.
Peut-être était-elle autant surprise que moi face à mon empathie soudaine ?
- Si vous en parliez, peut-être que…
Je fus coupée par une réplique cinglante :
- Pour que vous utilisiez cela pour me blesser ?
- Pourquoi toujours me voir comme une méchante ?! demandais-je, en haussant le ton.
Je ne m'étais peut-être pas toujours comporter comme il le fallait, mais j'avais un bon fond.
Je me le prouvais à chaque fois que je partageais un moment avec mon fils.
- Peut-être parce que vous m'éloigner d'Henry ! Vous respectez à moitié nos accords ! s'exclama Emma, colérique.
Son regard foudroyant ne venait pas que de ma tentative d'aide.
Il m'était arrivé bon nombre de fois de ne lui laisser Henry que quelques jours au lieu de la semaine promise et accordée, par simple sadisme.
Je ne pouvais qu'avouer que je faisais fort.
- Je ne tiens pas à ce qu'Henry mange des sucreries toute une semaine ! clamais-je, sur un ton ferme.
J'étais bien décidée à ne pas la laisser me dominer.
Malgré toute ma force d'esprit, Emma recula.
Je compris qu'elle avait décelé mon mensonge.
- On sait très bien que le problème n'est pas la ! Vous n'arrivez tout simplement pas à accepter le fait qu'il m'aime autant que vous alors qu'appart de lui, vous ne recevez aucun amour !
Sa phrase me blessa au plus haut point bien que je n'en montrai rien.
- Au moins, je m'efforce de lui donner un exemple paternel ! répliquais-je, en levant un poing rageur.
Quelque chose sembla se briser en elle, mais je ne me sentais aucunement fautive face à cet excès de zèle qui lui retombait dessus.
Elle eut des difficultés à répliquer :
- Ah oui ?! Parce que Graham est le top ?
- Bien plus que cette Mary Margaret que vous lui imposez ! hurlais-je, à bout de nerfs.
Emma sembla bouche bée.
- Alors il est là le problème ?! demandait –elle, surprise.
Tous mes malheurs puisaient leur source en Snow.
Je profitai de ce calme présent pour ranger mes affaires à l'arrière du véhicule, ceci me faisant un prétexte pour éviter le sujet sensible.
- Répondez à ma question ! s'écria alors Emma, devant mon manque de réaction.
Je m'éloignais alors, précisant que le départ était prévu pour demain, tout en lui adressant enfin une réponse à ma convenance :
- J'ai encore le droit de mettre mon véto, Miss Swan.
J'avais devant moi un début de victoire.
TBC
