Deuxième chapitre dont je suis extrêmement fière ! :)

Bonne lecture !

Merci encore pour toutes vos reviews, ça encourage d'une force...

Merci de me suivre aussi moi et mes idées depuis le début =)


CHAPITRE II

Cela faisait une heure que je conduisais à travers les routes sinueuses aux côtés de la mairesse et j'étais déjà persuadée d'un fait :

Ce voyage allait nous changer.

- Je vous dit que c'est à droite ! criais-je, comme une forcenée.

Ce n'était que la neuvième dispute depuis que j'avais démarré…

De quoi me conforter dans l'idée que le séjour n'arrangerait rien à nos querelles et nos relations.

- La carte mentionne à gauche !

La brune étala la dite carte sur le parebrise, me faisant freiner.

- Non, mais collée la moi sur le visage pendant qu'on y est ! m'écriais-je, en tapant du poing sur le volant.

Quelle idée d'utiliser un plan aussi ancien pour arriver sur le lieu désiré !

J'aurais dû me douter qu'il y aurait anguille sous roche quand Regina m'avait fièrement brandit le papier et qu'un amas de poussière, provenant de la carte, m'était tombé dessus…

Je m'en voulais déjà d'avoir céder devant l'enthousiasme de Regina.

- Au moins le chemin serait imprimé en vous ! s'exclama celle-ci, en soupirant.

J'éloignai l'objet encombrant de la vitre avant de répondre, d'un ton supérieur et sans appel :

- C'est ma voiture, on fait à ma manière.

- Le but est d'arriver à l'auberge avant la nuit comme même ! me rappela-t-elle, sur un ton ferme.

Je haussai les épaules, pensant que je ne voulais pas arriver trop rapidement et me plonger dans l'ennui total.

- On peut toujours faire un petit détour et observer la nature ! lançais-je, sur un ton enjoué.

J'espérais que cela calmerait la tension excessive…

- Parce que c'est sensé détendre l'atmosphère ? demanda la mairesse, sur un ton ironique.

Je la fusillai du regard en découvrant qu'elle lapidait mon idée de bien-être.

Pire, elle s'en moquait en riant !

- Au moins, je ne fais pas une tête de déterrée depuis le début du trajet ! clamais-je, pour lui clouer le bec.

Le résultat fut tout autre :

- Vous n'avez aucune bonne musique et niveau conversation…déclara Regina, dépitée.

Je la coupai, en secouant la tête :

- J'ai bien tenté en reparlant de ce dialogue d'hier, mais…

L'athlétique brune fronça les sourcils.

- Il n'a pas lieu d'y revenir ! C'est clair que je n'en ai pas envie.

J'insistai cependant sur la corde sensible, la pensée troublante qu'elle haïsse la professeur d'Henry sans aucune raison apparente :

- C'est clair que vous ne blairer pas Mary Margaret.

- Je préfère vous servir de GPS que reparler de cette femme ! s'indigna Regina, en plongeant son regard en direction de la carte.

Je lui arrachai celle-ci des mains après avoir vérifié que je pouvais le faire sans commettre d'écart sur la route.

J'étais sûre qu'elle faisait semblant de parcourir la carte pour éviter le fâcheux sujet de conversation.

Et j'étais sensée être la plus gamine des deux…

- Mais qu'a-t-elle bien pu vous faire ? C'est naturel chez vous d'être aussi mesquine ?! demandais-je, sur un ton ferme.

- Autant que tous ces trucs planqués dans votre coffre !

Sa réplique m'ébranla l'espace d'un instant, me faisant ressasser quelques mauvais souvenirs.

- De toute façon, même en enlevant tout le bazar qu'il y a, vos valises ne seraient pas entrées à l'intérieur…

J'essayais de faire preuve d'humour pour oublier le pincement au cœur que je ressentais.

Mon passé n'était pas aussi glorieux que celui de Regina…

- Si je siffle, ça vous dérange ? lançais-je, sur un ton taquin.

- Ne me cherchez pas…

J'eus un sourire en coin devant l'air agacé qu'elle exprimait.

- Je veux savoir pourquoi vous rejetez Mary Margaret. Elle…Elle a un cœur pur ! dis-je, franchement.

Ses yeux s'embrumèrent légèrement alors qu'elle essayait de se justifier :

- C'est…physique, plus fort que moi.

Elle semblait soudainement trop vulnérable et triste pour clamer un brin de vérité.

- Vous mentez.

Les larmes s'éloignèrent rapidement pour laisser place à la colère :

- Arrêtez avec votre détecteur !

- Il s'est passé quelque chose avant que je sois là ! dis-je, avec exactitude.

Quel évènement avait pu se produire pour chagriner autant la personne la plus charismatique de toute la ville ?

- Ce n'est qu'une de vos suppositions ! déclara Regina, sur un ton plus froid.

La silhouette auparavant légère et détendue de celle-ci semblait beaucoup plus rigide à présent.

- Votre nez va s'allonger madame le maire ! dis-je, sur un ton railleur.

Je souhaitais uniquement trouver une réponse à mes interrogations, mais la brune ne semblait pas vouloir se livrer, ni se décharger de ce poids qui avait l'air de l'encombrer.

- Je ne suis pas le Pinocchio de la ville ! prononça-t-elle, sur un ton sec.

- Ah c'est vrai que vous êtes la méchante Reine, loin d'être aussi inoffensive que lui ! clamais-je, pensant qu'elle finirait par craquer.

Sa seule réponse ne fut pas un aveu, elle semblait indignée :

- Je ne suis pas un démon non plus !

- Sans se référer à ce fichu livre, vous n'êtes pas non plus la femme la plus amicale du coin ! renchéris-je, sur un ton ferme.

Je la vis se crisper, se recroqueviller sur elle-même.

J'observais la peine envahir le corps menu.

L'empathie que j'éprouvais me fit quitter la route des yeux un instant.

Un instant de trop, malheureusement…


- Attention ! hurla Regina, en haussant le ton.

Je pilai en découvrant la masse qui s'abattait au-devant de mon véhicule.

Mon airbag se déclencha immédiatement pour me secourir de l'arrêt brutal.

Il n'en fut pas de même pour Regina dont la tête s'écroula avec force contre le tableau de bord.

- Qu'est-ce que c'était ? m'exclamais-je, en repoussant l'énorme masse blanche.

La brune se releva avec difficulté, tâtant son arcade ensanglantée.

- Rien de bon ! chuchota celle-ci, en grimaçant.

J'ouvrai la portière pour m'élancer à la recherche de ce qui avait percuté la ferraille tandis que la brune tenta de me retenir.

- N'y allez pas ! On ne sait pas ce qu'est cette chose ! insista-t-elle, en cherchant de quoi arrêter le flux de couleur vermillon.

- Vous croyez avoir à faire à un monstre ? demandais-je, en ricanant.

- Je préfèrerai qu'on déguerpisse et vite !

Je m'arrêtai en chemin pour la regarder, stupéfaite.

- Je rêve ou…Vous vous en faites pour moi ?

J'écarquillai les yeux en essayant de comprendre, qu'en réalité, elle était loin d'avoir peur pour ma sécurité.

Le contraire se lisait sur son visage.

- Mais comment n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Votre seule envie est de me tuer…murmurais-je, hébétée.

Elle me détestait au point de m'éliminer…

- Je n'ai jamais dit…commença-t-elle, surprise de s'être fait confondre.

- Ça se ressent.

Devant ma défense, Regina finit par m'avouer la vérité.

Une parmi tant d'autres…

- Je préférais vous tuer à ma manière que laisser une bête le faire, c'est clair !

- J'en étais sûre ! Vous êtes vraiment…commençais-je, en serrant les poings.

Je me retenais de ne pas frapper.

Henry ne voudrait pas que j'en vienne à ce stade.

- Une garce ? Oh, j'ai l'habitude ! répondit Regina, en souriant cruellement.

Je la foudroyai du regard avant de rejoindre l'être qui s'était élancé sur mon parebrise.

Je fus bouche bée en découvrant l'adolescente qui jonchait le bitume.

Elle semblait à demi-consciente, quémandant mes bras :

- De l'aide…

Devant le visage stigmatisé et l'air innocent, je ne pus me résoudre à laisser l'inconnue blessée sans secours.

Je la portai du mieux possible jusqu'à la banquette de la voiture où je tentai de l'allonger au milieu des bagages.

- Vous êtes complétement folle ! On ne sait rien d'elle ! hurla la mairesse, scandalisée par mon acte.

- On parle d'une enfant ! dis-je, en observant l'état de l'intéressée.

La concernée ne semblait pas souffrir de trop, malgré une grande hypothermie, quelques balafres.

J'avais réfuté le pire en évitant avant la collision qui aurait pu lui être fatale.

- Qui me dit qu'elle n'est pas maléfique ? questionna Regina, inquiète.

- Et c'est vous qui dites ça ?! répondis-je, sur un ton railleur.

Ma plaisanterie sembla ne pas l'avoir touché, vu sa répartie :

- Rien n'arrive par hasard, Miss Swan !

- Elle n'a pas prémédité son acte !

Elle recherchait uniquement du soutien pour survivre dans ce désert forestier…

- J'ai trop d'ennemis pour croire cela ! Laissez-la sur la route, quelqu'un la trouvera bien…

La répliqua de la mairesse me fit enrager.

- Vraiment ?! Je n'ai déjà aucun réseau au milieu de toute cette verdure ! Vous croyez vraiment que quelqu'un va se pointer ?! m'écriais-je, à bout de nerfs.

- Je ne veux pas m'attirer des problèmes. Votre attention est juste, mais complétement irréfléchie !

- Je suis le shérif, c'est mon devoir de la sauver ! insistais-je, ne voulant pas lâcher l'affaire.

Il eut un long moment pendant lequel nos regards s'affrontèrent, chacune attendant que l'autre craque.

- Si vous voulez tant l'aider, sortez-moi le livre d'Henry ! intervint alors Regina, le regard toujours aussi percutant, les iris optant pour une teinte plus foncée.

- Comment savez-vous…dis-je, bouche bée.

Par quel biais Regina pouvait savoir que j'avais emporté le précieux livre pour tenter de mieux comprendre l'addiction que notre fils développait de ces histoires féeriques ?

- Un de mes dons.

- Vous, vous ne payez rien pour attendre ! m'écriais-je, en la pointant du doigt.

J'étais persuadée qu'elle avait fouillé ma voiture…Me manquait seulement les preuves.

J'étais loin de lui faire confiance.

- Je l'achève ou vous vous bougez ? demanda-t-elle, sur un ton railleur en désignant l'inconnue endormie.

- Que recherchez –vous dans ce bouquin ? demandais-je, une fois que j'eus trouvé le bien tant convoité dans ma valise.

- Un portrait qui ressemblerait à cette gamine ! répondit Regina, en feuilletant toutes les pages.

- Vous croyez vraiment à ces histoires de contes ? Ouah…chuchotais-je, étonnée.

Moi qui l'imaginais si lucide…

Je profitais du calme ambiant pour couvrir la jeune fille à d'une épaisse couverture, évitant de fixer les autres présents dans le coffre.

Mon attention ne passa pas inaperçu aux yeux de la brune.

- C'est bon la petite mère ? demanda-t-elle, agacée.

- C'est bon votre quête de contes ? répliquais-je, sur le même ton.

Elle repoussa le livre à l'arrière, tandis que je me replaçai sur le siège conducteur.

- Aucun récit ne la mentionne…déclara Regina, dépitée.

- Elle ne doit pas avoir votre célébrité ! déclarais-je, en éclatant de rire.

- Taisez-vous ou je vous tue maintenant ! répliquait –elle, essayant de paraître froide.

Elle eut du mal cependant à ne pas sourire devant ma blague.

J'allais avoir du mal à la dérider si elle prenait de simples contes au sérieux…

- Je ne vous ferais pas ce plaisir, parce qu'on va rouler ! déclarais-je, en redémarrant.

Mon cœur était plus léger face à la bonne action que j'avais faite, qu'importe que la brune veuille me tuer.

Il y a une solution à chaque cas, il y en aurait une pour celui-ci.

- Et un point pour l'équipe Swan ! lançais-je, en me mettant à chantonner et à siffler.

Regina se mit alors à bouder en répondant :

- Je déteste avoir tort.

TBC