Voici le troisième chapitre qui vous plaira je l'espère :)
Merci encore pour tous vos avis, ça me motive à fond !
CHAPITRE III
Nous arrivâmes en temps voulu.
L'endroit semblait dépourvu de monde en plus d'être isolé de toute population, ce qui ne me rassurait pas.
Je me retiens de rire en entendant quelques bruits ambiants rompre le calme de la campagne.
- Elle ronfle ! lança la jeune fille, en pointant du doigt Regina.
Je manquai d'éclater de rire.
Je me retiens cependant pour ne pas réveiller la mairesse.
Endormie, elle semblait bien plus douce qu'à l'ordinaire.
Et j'aimais cette image reposée de la brune.
- Comment t'appelles-tu ? demandais-je, à l'adolescente, en lui ouvrant la portière.
L'inconnue était vraiment très jolie.
Hormis ses vêtements délavés, la peau encrassée, elle possédait de magnifiques yeux bleus mettant en évidence son teint halée et sa chevelure dorée.
- Je…Je ne m'en souviens pas ! avoua celle-ci, embarrassée.
Elle recula immédiatement en découvrant mon arme que je remettais en place.
- Je ne te ferais pas de mal. Je suis Emma ! dis-je, en lui tendant ma main accompagnée d'un grand sourire.
Mon interlocutrice sembla soudainement plus avenante et apaisée.
- Tu es la gentille et l'autre la méchante ? demanda celle-ci, d'une voix douce.
La manière qu'elle avait d'énoncer les faits me fit sourire.
Elle devait avoir un don pour percevoir l'aura de ceux qui l'entourent.
- Je pense qu'elle préfèrerait Regina ! dis-je, sachant que la brune n'apprécierait pas et que le séjour se transformerait en cauchemar si je devais gérer mes disputes habituelles avec la mairesse ainsi que de nouveaux conflits émanant de la blonde qui me faisait face.
La concernée ne semblait pas vouloir être amicale envers mon ennemie.
Je ne pouvais que la comprendre, sachant que la brune avait voulu l'abandonner à son propre sort sans mon intervention…
Regina était rude.
- Merci de m'avoir sauvée en tout cas, je ne sais comment…commença la jeune fille, calmement.
Je la vis sourire pour la première fois, alors qu'elle ne cessait de clamer qu'elle rêvait de ne plus survivre dans les horribles fossés, de manger tout et n'importe quoi et que j'avais fait de son rêve une réalité.
Elle pleura tout en me murmurant que, sans ma bienveillance, elle serait restée livrée à elle-même pour toujours.
Mon cœur se déchira devant la peine qui la submergeait.
Je me promis d'améliorer sa vie et de la lui rendre plus paisible à l'avenir, par n'importe quel moyen.
- L'important est que tu essayes de penser…Tu ne te souviens vraiment de rien hormis ton périple dans la forêt ? demandais-je, en insistant.
Il me fallait quelques données pour effectuer des recherches et appeler un de ses parents.
Elle devait être recherchée…ou être abandonnée de tous comme je l'avais été auparavant.
A ma plus grande déception, aucun mot ne vint m'aiguiller.
- Ce n'est rien. Euh…On va peut-être te trouver un prénom ? déclarais-je, surprise moi –même par ma question.
Il n'était pas dans mes habitudes de procéder à de telles demandes.
Pourtant, il fallait faire face au problème.
- Je te laisse choisir.
La réponse de l'inconnue me désarma.
Je réfléchis longuement, me demandant ce qui pouvait plus se rapprocher du prénom de mon enfant.
J'en vins alors à une proposition qui me semblait aisée et facile à retenir :
- Jenny te plairait ?
L'intéressée hocha vivement la tête.
- Très bien. Tu resteras avec nous quelques jours, le temps que quelqu'un vienne te retrouver ! déclarais-je, en souriant.
L'idée de partager mon quotidien semblait l'enthousiasmer.
J'allais tout faire pour que ce séjour soit un nouveau départ pour elle…
- Vous êtes en vacances ? demandait –elle, en mentionnant également Regina.
- On peut dire ça comme ça.
- Tu assures sa sécurité ?
- On peut dire ça. Elle fait partie de la haute société !
J'eus un sourire en coin en découvrant que Jenny s'intéressait à nos existences.
Elle semblait vouloir s'intégrer rapidement…
- Et toi, ça ne te plait pas ? demanda la jeune fille, curieuse.
- J'ai un petit garçon avec qui je préférais passer mon temps.
Ma réponse sembla l'étonner.
- Mariée ?
- Ah non ! Le mariage, ma grande, c'est trop compliqué pour moi.
Laisser mon cœur aux proies d'une autre personne à nouveau était impossible…
Je ne voulais plus être déçue par l'Amour.
- Tu es donc toute seule ?
- C'est surprenant ?! dis-je, en souriant.
- Pour ton cas, oui, tu es très belle. L'autre, c'est…
Jenny fut alors coupée par la voix de l'athlétique brune :
- J'ai entendu !
- Désolé, madame.
L'adolescente avait beau s'excuser, je la savais non sincère.
Je ne pouvais l'en blâmer.
- Rien ne m'empêche de l'abandonner au pas de la porte ! lança Regina, en lançant un regard foudroyant à celle qui attisait sa rage.
- Regina ! Vous êtes sans cœur ! m'écriais-je, en imaginant la jeune fille à nouveau à la dérive sur l'île presque inoccupée.
- Si je n'avais pas de cœur, je vous aurais laissé toutes les deux sur la route.
Je levai les yeux au ciel devant l'entêtement de Regina.
Jouer le médiateur face à deux caractères aussi bornés serait une épreuve de longue haleine…
Je ne pus m'empêcher de penser une seconde que Jenny me ressemblait, bien que l'on ne possède aucun lien de parentés.
Physiquement avec sa silhouette longiligne, ses longs cheveux, ses yeux bleu-vert, mais aussi mentalement avec cette fureur ressentie à l'égard de la mairesse.
- Traiter une Mills de moche, c'est…commença Regina, scandalisée.
- Bah avec vos vêtements tout…
Je coupai alors l'échange, sachant qu'il finirait par devenir très houleux :
- Jenny ! Rentre ! Et vite !
L'adolescente eut du mal à se plier à l'ordre.
- Comme si une Swan ne me suffisait pas ! lança Regina en se rapprochant de moi.
Comme à l'accoutumée, la brune semblait agacée.
- Un problème ? demandais-je, sur un ton railleur.
J'étais persuadée qu'elle détestait Jenny, sachant qu'elle l'avait jaugé du regard et la rejetait depuis son apparition.
C'était injustifié.
Tout comme Mary Margaret.
- Elle pourrait très bien vous mentir concernant sa perte de mémoire.
Je soupirai devant l'hypothèse de la mairesse :
- Et arrêter de vous faire des films, c'est en option ?
Regina serra ses poings rageurs, furieuse d'entrevoir qu'elle ne pourrait éviter la présence de la jeune fille durant les prochains jours.
J'étais prête à tout faire pour que Jenny reste.
- Si personne ne la retrouve ou ne veut d'elle, je la ramènerais à Storybrooke ! lançais-je, sur un ton ferme.
- Elle est peut-être majeure.
- Dans le cas contraire, elle restera avec moi.
J'étais persuadée qu'elle refuserait mon envie, mais j'étais trop convaincue que mon geste serait le meilleur pour le futur de Jenny.
- On veut oublier le passé et se racheter ?
La réplique de la mairesse me heurta, bien que je ne montrai aucune faille :
- Cette gamine a droit à une vie heureuse ! dis-je, en fronçant les sourcils.
- Avec vous ?! En lui faisant des cheeseburgers tous les jours ? se moqua la brune, en ricanant.
- Au moins, elle sera aimée.
La mairesse, vaincue, entra à l'auberge alors que je savourais ma victoire.
J'allais finalement pas m'ennuyer tant que ça ici si j'avais de la compagnie…
La protégée du shérif ne m'aspirait pas confiance.
Je ne cessais de la fusiller du regard alors que mon ennemie s'afférait à se laver.
Non seulement Emma lui prêtait une partie de ses vêtements, mais celle-ci sympathisait avec elle.
Elle promettait à Jenny de s'amuser, de profiter du temps libre et de lui créer de nouveaux souvenirs en attendant que les passés ressurgissent.
Je ne pouvais que les envier.
- Enlève tes mains de ce livre ! Il est à mon fils ! criais-je, en découvrant que l'adolescente parcourait les feuilles que j'avais lues dans la coccinelle d'Emma.
- C'était dans la valise d'Emma, c'est au sien ! se défendit-elle, en haussant le ton.
Je levai les yeux au ciel devant cette stupidité :
- Sachant qu'on partage le même enfant…
- Quoi ?! Vous avec…
J'éclatai de rire devant la mine effarouchée de la jeune fille.
- Non. Mais sache que le shérif ne prêtera pas attention à ton air enfantin…Elle n'est ni lesbienne, ni portée par les prépubères.
- Que savez-vous d'Emma, hein ? Je me sens protégé avec elle.
Elle l'appelait déjà Emma...Cela sonnait trop familier.
Je soupirai devant l'innocence de Jenny :
- Elle a abandonné son fils, elle finira par faire de même avec toi ! déclarais-je, en espérant que cela ternisse le modèle qu'elle entrevoyait en Emma.
- Et je suis supposé vous croire ? Vous êtes un monstre !
- Quoi ?! m'écriais-je, détestant cette appellation.
- Le livre…Il dit que vous étiez une méchante Reine. Qui me dit que vous ne l'êtes plus ? demanda-t-elle, soudainement effrayée.
Ce statut n'était plus le mien maintenant que je vivais dans un autre monde, mais je comptais la terrifier, voulant qu'elle s'éloigne de cette piste.
- Ce sont des histoires imaginaires, personne n'y prête attention.
Jenny secoua la tête et se concentra sur le dessin de l'Evil Queen représentée.
- Le portrait est flagrant. Vos cheveux étaient juste un peu plus longs.
Je lui susurrai alors à l'oreille, sur un ton cinglant :
- C'était la mode à l'époque. Blanche-Neige aussi les avaient long !
Je ricanai devant le teint soudainement pâle de Jenny.
J'arrêtai cependant de m'esclaffer quand Emma fit irruption dans la pièce.
La vision de la jeune femme enveloppée dans une simple serviette me déconcertait.
Je plongeai ma tête la première dans le livre d'Henry.
Pourquoi étais-je si troublée devant une telle apparition ?
- Ça va ? Tu as l'air déboussolée…murmura Emma à l'attention de l'adolescente.
Je grinçai des dents en découvrant que le shérif ne se préoccupait que de Jenny.
- C'est juste que…Il n'y a que deux petits lits.
Je savais pourtant bien que je l'avais terrorisée en lui faisant croire à la véracité des contes.
Emma posa une main sur l'épaule de l'adolescente pour la réconforter :
- Je te le laisse, évidement. J'ai des tas de couvertures dans la voiture qui feront office de lit.
- Comme c'est touchant ! clamais-je, sur un ton sec.
Comment pouvait –elle se sacrifier pour une personne qu'elle ne connaissait que depuis quelques heures ?
Leur entente mutuelle me révulsait.
- Je ne veux pas que tu partes avec elle ! chuchota alors Jenny, dépitée.
- Je l'accompagne juste à sa soirée, j'en ai pour vingt minutes à peine ! répondit Emma, devant la mine boudeuse qui lui faisait face.
- Et après, tu es toute à moi ?!
L'adolescente semblait toute excitée de passer de futurs moments avec Emma.
- Petite baignade et promenade pour découvrir l'île ? demanda le shérif, à la plus jeune.
- Merci, merci, merci ! s'exclama Jenny, en sautant dans les bras d'Emma.
- Doucement, doucement…clama Emma, en s'écartant légèrement.
Le soudain rapprochement l'avait perturbée, tout autant que moi.
Emma s'était efforcée d'être courtoise devant tous les maires du comté.
Je la savais pourtant mal à l'aise avec cette robe échancrée qui attirait l'œil, elle n'arrêtait pas de rougir face aux compliments.
Elle ne cessait cependant de tripoter les bretelles du maillot de bain qu'elle avait enfilé sous la tenue avant d'arriver à la réception.
Je ne pouvais m'empêcher de soupirer en découvrant qu'elle n'avait d'intérêt que pour les prochains jeux qu'elle partagerait avec Jenny.
Je ne désirais qu'un peu d'attention de sa part envers moi, rien qu'un début de conversation…
Cependant, la blonde préférait fixer sa montre avant de s'éclipser, l'heure venue.
Comment pouvais-je l'en blâmer ?
Un verre à la main, je scrutai Emma rejoindre la jeune fille à grandes enjambées pour finir par l'enlacer.
Devant tant de bonheur, mes yeux s'embrumèrent.
- Madame le maire ?
Une connaissance m'interpellait.
- Je suis fatiguée, je…
Je décidai de quitter la pièce mondaine, après de brèves excuses.
Je me ruai le long de la côte axée près de la salle de réunion pour observer discrètement le duo se ruer à l'affront des vagues, regardant Emma d'une toute autre manière, le maillot de bain lui allait vraiment bien...
Devant l'écho des rires et ce soudain intérêt de Jenny pour Emma, je fronçai les sourcils.
Ma vigilance, ma méfiance envers celle qui m'avait défié, ne pouvait que s'accroitre.
Pourquoi ressentais-je un pincement au cœur devant le rapprochement qui unissait les deux femmes ?
La solitude me pesait déjà et je ne pouvais effacer ce mal être qu'en m'immisçant dans leur bonheur.
En le détruisant.
TBC
