Voici le cinquième chapitre, les amis :)

Merci encore pour tous vos commentaires qui m'aident =)


CHAPITRE V

Je restai un moment à pleurer en silence.

Avec cette révélation, j'étais complétement chamboulée, mes anciens souvenirs remontant à la surface pour me détruire.

Je cessai de m'apitoyer sur mon sort quand je posai le regard sur le shérif, toujours stupéfaite.

Elle paraissait tétanisée.

Tout ce qui semblait n'avoir été qu'épopée imaginaire était réel pour elle, à présent.

Son statut qu'elle ne cessait de rejeter, revenait la hanter.

- Ça va ? demandais-je, en l'observant, inquiète.

J'aurais voulu poser ma main sur la sienne comme signe de réconfort, mais ce n'était pas approprié face à ce que j'avais débité.

Je méritais ce qui m'arrivait.

- J'essaye de me remettre de mes émotions là ! murmura alors la blonde, alors qu'elle sortait de sa léthargie.

Le temps semblait s'être arrêté pour Emma qui essayait de comprendre l'enjeu de mon annonce.

Je me sentais si légère à l'idée qu'enfin quelqu'un partage ce fardeau…

- Vous êtes la seule qui ait gardé votre vrai prénom ?

Je ne pouvais que répondre à ses questions sachant que j'étais à l'origine du problème :

- Parce que je suis celle qui a lancé la malédiction.

- Parce que ce truc existe aussi ?! s'écria-t-elle, en écarquillant les yeux.

- Tout comme vous êtes magique.

Emma soupira, complétement décontenancée :

- Mary Margaret me parlait d'un bébé au téléphone, c'est qu'elle s'est souvenue…de moi ?

Je hochai la tête devant la triste mine de la blonde :

- Mon sort n'a pas aussi bien fonctionné que je le pensais.

- On est quoi alors, toutes les deux ? lança Emma, sur un ton vif.

J'écarquillai les yeux, me demandant ce qu'elle cherchait à exprimer.

La situation paraissait pourtant claire.

- Ennemies. Je n'ai cessé de pourchasser vos parents, rien n'étaient trop beau pour entacher leur bonheur.

La blonde entrelaça ses doigts avec les miens.

Le brusque contact me fit sursauter tandis qu'Emma essaya de me rassurer :

- C'était il y a longtemps, Mary Margaret vous pardonnera.

- Elle ne sera plus cette institutrice longtemps maintenant que le prince charmant est de retour…déclarais-je, sur un ton froid.

La blonde releva alors ma tête que je l'avais abaissée en direction du sol, dans le but d'ancrer son regard dans le mien.

- Il y a quelque chose de bon en vous.

Cette idée me fit pâlir d'angoisse.

Comment pouvait-on croire à une chose pareille avec tout l'horreur que j'avais semée ?

Comment celle qui fut ma pire ennemie pouvait m'entrevoir différemment maintenant qu'elle connaissait ma véritable identité ?

- Comment pouvez-vous le savoir ?! demandais-je, sur un ton sec.

La blonde s'était éloignée pour me jauger du regard.

- Un pressentiment.

Comment une simple journée avait pu améliorer nos rapports ?

Pourquoi s'avérer à défendre le mal ?

- Une simple intuition ne va pas enlever la haine que j'éprouve pour vos parents et inversement.

Le ton hostile que j'employais me prouvait que j'étais une cause perdue.

- Vous ne m'avez pas tué alors que vous auriez pu le faire sans problème ! Cela montre bien que vous êtes sur le bon chemin, un peu à la croisée.

Je la coupai, énervée par cette foutue hypothèse de rédemption.

J'étais loin d'être un ange.

- Je l'ai fait pour Henry.

- Uniquement ? demanda Emma, sur un ton malicieux.

Le regard clair insistant finit par me faire céder :

- Très bien. J'avoue aussi résister parce que je veux être…normale.

- Et même pas un peu pour moi ? demanda Emma, en souriant.

Le shérif semblait avoir repris des couleurs et sa bonne humeur.

- Ça va les chevilles, Miss Swan ?

Elle souria un long moment devant ma réplique et finit par retourner s'assoir à mes côtés.

- Je ne plaisantais pas quand je disais que j'aimais votre nouvelle attitude ! déclara-t-elle, sincèrement.

- Je le sais. Et je compte la conserver. C'est pour ça que je mets les choses aux claires.

Une partie de moi souhaitait que la blonde me voie autrement et puisse me sauver d'une mort certaine.

L'autre côté plus obscur, me poussait à rejeter toute aide.

- C'est bien de vous voir honnête ! répondit Emma, en cherchant à nouveau ma paume.

J'éloignai alors mes doigts rapidement, habituée à être seule dans les pires moments.

- Ça ne m'en rend pas moins malheureuse ! dis-je, en soupirant.

- La vie est faite de surprises.

J'acquiesçai :

- C'est sûr que si on m'avait dit que je céderais à un de vos caprices…

Je cherchais encore la raison qui m'avait poussée à accepter un ordre du shérif.

J'étais habitué à ce qu'elle rejette mon autorité, mais je n'étais pas familière du fait de me laisser dominer par celle-ci.

Quelque chose se permutait dans mon être.

Mais, quoi ?

- L'avoir fait prouve que vous êtes dans la bonne voie. Vous n'avez pas laissé Jenny sur cette route et c'est bien de votre part.

Je vous dis pas que je vais être votre amie, ni que je ne suis pas en colère que vous m'ayez privé de mes parents, mais il faut arrêter de vous blâmer. Et voir le bien que vous faites.

Je demeurai bouche bée devant le discours d'Emma.

Elle semblait si certaine et sa motivation à m'aider me touchait, mais je n'étais pas convaincue que le mal ait totalement disparu en moi.

- J'ai encore le cœur noir, vous savez.

Mes yeux avaient perdus de leur éclat.

J'étais totalement désespérée.

- Y'a bien une lumière qui peut vous éclairer ! insista la blonde.

- Mais où est-elle ? demandais-je, en tournant la tête de tous les côtés, en sanglotant.

Le shérif sembla compatir à mon chagrin.

Elle empoigna fermement une de mes mains et la serra fermement.

- Je crois en vous, ne me décevez pas.

Un faible sourire se dessina sur mes lèvres devant nos mains liées.

« Tu n'es plus seule » me murmura mon cœur.

Ma conscience, quant à elle, m'ordonna de refuser cette pitié démunie de compassion.

Si Emma Swan voulait vraiment me sauver du pire et de moi –même, il y allait avoir du travail…

- Quel est le programme de demain ? demandais-je, en prenant du recul.

Oublier le chagrin qui me pesait en pensant aux jours suivants m'aidait à lutter…

- Vous qui connaissez mieux les lieux que moi, je comptais sur une randonnée ! proposa Emma, d'une voix douce.

Son idée semblait prometteuse…

- Promettez-moi une chose ! lança Emma, après un moment de silence.

Je soupirai, sachant d'avance qu'on allait encore parler de ce qu'elle essayait d'assimiler, de ce qui m'insupportait.

Je désirais plus que tout tirer un trait sur mon passé.

En parler ne m'en délivrerait pas.

- Je ne suis pas Gold…On ne fait pas de deal avec moi.

- C'est une requête ! insista Emma, en me suppliant du regard.

Etrangement, je finis par craquer, bien que j'y mette une certaine réserve :

- Pas sûr qu'elle soit approuvée.

La demande de la blonde me surpris :

- N'utilisez pas la magie sur mes...parents.

- Vous voulez qu'on se fasse une lutte équitable ?

- Je veux que vous….oubliez ! finit par m'avouer le shérif, avec difficulté.

Je refusai immédiatement, malgré le mal qu'elle s'était donné pour ne pas me heurter en me demandant une telle requête :

- C'est un peu trop me demander.

- C'est ce qui pourrait vous rendre heureuse ! suggéra Emma, maladroitement.

- Non. J'ai longtemps pensé ne plus être capable d'aimer, Henry m'a prouvé le contraire. Je n'en suis pas plus heureuse.

- Mais, Henry n'est pas votre « True Love » ! s'exclama la blonde, étonnée.

J'éclatai de rire devant l'expression :

- Ca y est, on emploie les termes sacrés ? lançais-je, sur un ton railleur.

Je souriais enfin depuis le début de ce dialogue, avant de répondre à sa question implicite :

- Un jour, il me sera possible d'aimer très fort, quand ça ira mieux. Quand je serais moins garce.

Un long silence prit place pendant lequel chacune essayait de faire le vide dans son esprit et de penser au meilleur à venir.

- Du coup, cette randonnée ? relança le shérif, attendant ma réaction.

Je répondis par la positive :

- Ca me ferait plaisir, en effet.

- A Jenny aussi ! répliqua aussitôt la blonde, tout sourire.

- Pas sure qu'elle soit aussi réceptive à l'idée ! rétorquais-je, en fronçant les sourcils.

Je me méfiais trop de l'adolescente qui demeurait encore une inconnue pour ma part.

Jenny me détestait.

- Elle vous voit comme…commença Emma, pour calmer ma colère.

- Ce que j'ai toujours été ! dis-je, las.

Emma soupira devant mon entêtement.

- On va s'affronter, Swan. Plus vite que vous ne le pensez ! déclarais-je, sur un ton ferme.

La blonde secoua la tête :

- Il n'y a plus de Reine.

- En moi, si ! répliquais-je, immédiatement.

Le shérif pouffa de rire en me demandant :

- Vous voyez un château peut-être ?

- Le balcon pourrait faire office…chuchotais-je, sur un ton plaisantin.

- Je sais que derrière ce côté ironique se cache une grande tristesse.

Je fus soudainement furieuse à la simple pensée que le shérif m'ait mise à nue et que je lui paraisse faible.

Je ne l'avais jamais été.

- Et quand bien même ! Vous pensez qu'en faisant mon psy, tout s'arrangera ?! dis-je, en haussant le ton.

Mon interlocutrice haussa les épaules :

- Laissez tomber. J'idéalise toujours un peu trop les gens…

Elle s'apprêtait à retourner dans la chambre, quand je l'empoignai fermement :

- Emma !

Je m'étonnai moi-même en entendant cette appellation.

- Vous avez le choix. Etre rejetée de tous ou avoir un peu de soutiens de ma part ! lança la concernée avant de quitter définitivement le balcon.

Il me fallait réfléchir…


Le soleil venait de se lever alors je m'habillai.

Je profitais de l'absence de Regina pour m'approprier la salle de bain.

Alors que j'allais enfiler un débardeur, Jenny ouvra la porte à la volée.

- Oh désolé…Je pensais être seule ! lança l'adolescente, confuse.

Elle allait repartir quand elle aperçue quelque chose qui attira son attention, à la naissance de mon soutien-gorge.

- D'où…d'où ça vient ? demanda-t-elle, en pointant du doigt une cicatrice présente.

Je palpai la marque avant d'éloigner mes doigts, essayant de chasser mon passé.

- C'est un vieux souvenir.

- Elle t'a frappée, n'est-ce-pas ? demanda Jenny, en haussant le ton.

J'écarquillai les yeux en comprenant qu'elle parlait de la mairesse.

- Regina ?! Non je t'assure…commençais-je, troublée.

- Comment t'explique ça ?!

- Ma dernière famille d'accueil n'était pas très chaleureuse ! finis-je, par avouer.

Je mis mon haut en place pour éviter d'avoir à lui raconter ma vie passée.

- Tu sais, tout ne se résume pas Regina…murmurais-je, en lui souriant.

J'essayais de penser à autre chose que mes souvenirs douloureux.

Heureusement pour moi, la porte s'ouvrit à nouveau.

- Je vous ai préparé le petit –déjeuner ! lança Regina, tout sourire.

- Vraiment ? dis-je, ébahie.

J'étais stupéfaite que la mairesse soit de si bonne humeur vu la nouvelle catastrophique d'hier qui l'avait agitée.

Elle avait fait son choix.

- Tu penses qu'on va faire la paix avec de la nourriture ? Je n'ai plus cinq ans ! s'offusqua alors l'adolescente en fronçant les sourcils.

Il allait être dur de réunir ces deux-là…

- Jenny ! Tu pourrais lui dire merci pour le repas ! dis-je, en pointant du doigt les plateaux remplis.

J'étais persuadée qu'elle n'avait utilisé aucune magie pour cuisiner.

Cela me rendait fière d'elle.

- Je veux bien l'appeler par son prénom, mais faut pas pousser !

Je levai les yeux au ciel devant l'attitude rebelle de la jeune fille.

- Tu te trompes sur mon compte. Je ne te veux aucun mal, ni à Emma.

Le ton doux de la mairesse me fit sourire.

Je la savais enclin à être meilleure à présent.

- Ça, c'est ce que tu dis. Je ne veux pas que tu t'immisce entre moi et Emma ! déclara Jenny, sur un ton froid.

- Oh doucement…Je ne suis à personne ! dis-je, voulant apaiser les désaccords.

Je fis un clin d'œil à Regina pour l'inciter à ne pas se laisser abattre.

Elles finiraient par se pardonner mutuellement.

- Je veux renouer avec toi.

J'insistai alors sur l'idée de la brune :

- Regina veut oublier vos débuts houleux. Elle connait l'île par cœur pour la randonnée !

Jenny s'agita violemment :

- Tu avais dit qu'il n'y aurait que nous deux !

- C'est que mes réunions…Je ne peux plus…murmura Regina, déboussolée par la rancœur de l'adolescente.

- Tu ne veux plus plutôt ! Il suffirait de passer dans une boutique pour acheter une nouvelle tenue ! s'écria la plus jeune, hargneuse.

- Les réunions me fatiguent.

- Va faire une sieste alors !

Je décidai d'arrêter le débat puéril :

- Jenny !

Celle-ci se renfrogna et finit par baisser d'un ton devant mon air outré.

- Elle est restée toute la nuit sur le balcon et elle n'a pas une cerne…maugréa-t-elle, d'un ton boudeur.

- Tu m'as espionnée ?! s'injuria Regina, le poing rageur.

Je lançai un regard foudroyant à l'adolescente, sachant qu'elle faisait encore référence aux contes de fées.

- Jenny…Arrête avec tes préjugés.

- Je sais qu'elle est la Reine du livre ! insista la concernée, en positionnant ses mains sur ses hanches.

- On le sait toutes ! déclarais-je, sur un ton franc.

- Et toi tu copine avec la femme qui t'a enlevé ta famille ?

Ce fut à mon tour d'élever la voix :

- C'est un problème qui ne concerne que moi.

- Pourtant, tu ne peux pas rester avec elle. Regina est le mal en personne.

A l'annonce de cette phrase, Regina cessa de répondre, enfouissant sa tête entre ses bras.

Je maudissais à cet instant la responsable de cet état de faiblesse.

- Ma grande, elle s'est occupée de mon fils alors que je l'ai abandonné. Je lui en serais toujours grée.

Je décidai d'énoncer les choses autrement, pour que Jenny évite de se liguer contre la mairesse :

- Ton absence de souvenirs te permet de vivre une nouvelle vie. Ça te laisse en quelque sorte une nouvelle chance, pleins de nouvelles choses à découvrir. Laisse Regina découvrir de nouvelles choses aussi.

Je pensais que mon discours avait résolu le conflit, mais il reprenait, inlassablement :

- Je veux qu'on soit une famille avec Henry.

Regina releva alors la tête, les yeux assombris par la rage :

- Je n'ai pas donné mon accord pour ça, Swan !

- Tu n'auras pas le choix. Emma va m'adopter.

Devant la révélation fulgurante de Jenny, je me mordis les lèvres.

J'avais clamé cette option pour rassurer l'adolescente sur ses cauchemars et voici que cette idée me revenait en pleine figure…

- Quoi ?!

- Je…comptais le dire. J'attendais juste le bon moment ! dis-je, embarrassée.

- Vous comptez adopter un enfant sauvage, venant des bois ?! s'écria Regina, révulsée.

Jenny fonça droit sur la mairesse quand elle entendit la manière dont celle-ci la nommait.

- De quel droit tu oses m'appeler comme ça ?!

- Ça suffit ! criais-je, en me positionnant entre les deux.

En étant au milieu, je pouvais intercepter toute idée de frappe.

- Méchante, méchante, méchante…

Jenny attisait la haine de la mairesse qui plongeait tête la première dans l'effet de provocation.

L'adolescente continua à ma plus grande surprise avec ses « méchante », un sourire cruel sur le visage.

J'étais soudainement effrayée par cette attitude.

- Je n'y suis pas ! finit par hurler Regina en lançant un poing rageur en direction de Jenny.

Une force incroyable me fit virevolter à travers la chambre.

La journée commençait bien…

TBC