Nos chers scénaristes ayant éradiqués le SQ, il nous faut bien un moyen de se consoler...

J'espère que ce nouveau chapitre vous aidera.

Bonne lecture :)


CHAPITRE VI

- Emma ! hurla Regina, en s'élançant à mon encontre.

Protestée contre les planches en bois, je grimaçais de douleur.

Mon corps avait non seulement brisé le lit miteux, mais m'avait blessé.

La souffrance éradiquait mon corps.

La brune me tendit la main pour que je m'en sers d'appuis avant que Jenny ne la pousse au sol.

- Qu'est-ce que tu lui as fait, sale timbrée ?! hurla l'adolescente alors qu'elle enserrait le cou de la brune avec force.

J'écarquillai les yeux de terreur devant l'acte qui se déroulait.

- Jenny ! Relâche Regina ! criais-je, en bataillant pour me lever.

La seule réponse à ma tentative fut une chute qui me peina encore plus en retour.

La jeune fille se rua dans mes bras en me voyant désespérée.

- Je suis désolée ! s'exclama Jenny, en sanglotant.

Je l'enlaçai fermement, observant la mairesse se relever avec difficulté.

Elle ne s'était même pas défendue.

- Ça va aller, calme-toi ! murmurais-je à l'adolescente agitée.

Jenny semblait horrifiée par la violence dont elle faisait preuve.

- Je ne veux pas qu'elle te touche. Ma famille, ils faisaient pareil…

Je fus révulsée en pensant qu'elle avait été le témoin de sévices comme ceux-ci.

Je comprenais tant alors son refus de s'abaisser à l'autorité qui émanait de la mairesse, ce côté rebelle malgré un fond sensible…

- Ça n'arrivera plus ! dis-je, en la serrant du plus fort possible pour effacer ces mauvais souvenirs qui faisaient surface.

On avait comme un point commun.

Je ne doutais alors plus que la jeune fille puisse être mienne dans l'avenir, tant elle me ressemblait de toutes parts.

- Ça va, Swan ? demanda alors Regina, en me lançant un regard inquiet à mon encontre.

Je fus ravie que la brune me manifeste un peu d'attention.

Etrangement, j'appréciai le doux toucher sur ma peau, la tendresse dont elle faisait preuve à s'enquérir de ma santé.

- J'ai horriblement mal à la cheville ! déclarais-je, alors que sa main se posa enfin sur l'os gonflé.

Regina semblait minutieuse, malgré le regard inquisiteur de Jenny.

- Je pense à une entorse ! déclara la brune, en baissant le regard au sol.

Son visage s'assombrit immédiatement devant la culpabilité qu'elle ressentait subitement.

Je décidai alors de dédramatiser la situation devant la mine déconfite de la mairesse :

- Ça veut dire, pas de randonnée ? demandais-je, sur un ton ironique.

Regina entra directement dans le jeu, m'emplissant de joie en la voyant sourire :

- Ça veut dire que vous allez douiller un moment !

Nous échangeâmes un regard complice qui me fit étrangement chaud au cœur.

Elle semblait commencer à être plus joyeuse, moins triste de sa vie qui semblait soi-disant sans intérêt.

La voir muer ainsi me réjouissait.

- C'est de votre faute ! lança soudainement Jenny, sur un ton plus que glacial.

Je vis le regard auparavant chaleureux de Regina se mouvoir pour foncer, la colère régnant.

- Comment…commença celle-ci, consternée.

Je n'en voulais à aucune des deux pour mon état actuel, je désirais juste arranger le conflit.

L'éloigner.

- L'important est de soigner ça. Il y a bien un hôpital ici ? lançais-je, à l'adresse de Regina.

Je soupirai quand la réponse se fit entendre :

- Le plus près est celui de Storybrooke.

J'approchai ma paume de celle de la charismatique brune pour entrelacer nos doigts.

- Rentrons alors.

Regina n'évita pas le rapprochement et chercha même à me relever, heureuses de voir qu'on pouvait maintenant compter sur l'une et l'autre en cas de problème.

Ce voyage avait fait évoluer nos rapports conflictuels.

Et j'en étais plus que satisfaite.

- Elle pourrait faire disparaitre ta blessure.

L'adolescente venait de briser l'échange amical, créant à ma plus grande surprise, un pincement à mon cœur.

- Jenny, je…commençai Regina, plus anxieuse.

L'adolescente se défendit avec hargne, comme à l'accoutumée :

- Ne m'appelle pas comme ça ! Ce droit revient à Emma.

- Elle ne pourra pas ma grande, Regina m'a promis d'être différente.

J'entrevis la brune me remercier en silence.

J'étais persuadée qu'elle œuvrait maintenant pour le bien.

Il était donc hors de question de l'inciter à retrouver son statut démoniaque.

- Et c'est parce qu'elle est différente qu'elle t'envoie voler dans la pièce ? demanda Jenny, sur un ton railleur.

Regina serra les poings, fronçant les sourcils :

- Sans toi et tes manières de vagabonde, je n'aurais jamais fait une chose pareille !

L'adolescente s'encra un peu plus dans mon étreinte.

Je la sentais plus sereine et apaisée, tout comme je l'étais plus sur le cas que représentait Regina.

Que j'aimais cette nouvelle sensation…

- Elle a la force nécessaire pour te soigner. Ça t'éviterait d'endurer le trajet.

- Je ne peux pas. Je veux être meilleure.

J'observai les deux silhouettes me demandant quelle option préférer avant de répondre :

- Je ne forcerais pas Regina.

Il était mieux de l'épargner, d'éviter de voir apparaitre à nouveau une dispute maintenant que nos liens semblaient plus paisibles et la parole plus aisée.

- Ça va te coûter quoi de puiser en toi la magie nécessaire à sa guérison ? demanda Jenny, curieuse.

- Ça risque de faire réapparaitre le mal qui reste en moi.

L'adolescente finit par battre en retraite devant ma détermination.

Mon choix était fait.

Nous retournerions toutes les trois à Storybrooke.

Et la vie y serait encore plus harmonieuse.

- C'est juste dommage de partir d'ici, j'aimais beaucoup les lieux…chuchota Jenny, dépitée.

Il était clair que les bons moments passés ici me manqueraient, mais j'étais persuadée qu'on y reviendrait.

D'une manière ou d'une autre.

Si possible sans carte au risque qu'on me la colle sur le front ou qu'on me la fasse manger…

- Tu verras que la ville est plutôt pas mal et Henry va t'adorer ! dis-je, pour la rassurer.

Je commençai à caresser les longs cheveux blonds, un geste maternel que j'eus du mal à appliquer.

Cela me semblait toujours aussi difficile d'épancher mes sentiments depuis que j'avais été privée d'amour dans mon enfance.

- Tu habites avec lui ?

Je rectifiai alors les propos de Jenny :

- J'habite avec mes am…parents. On partage la garde d'Henry avec Regina.

Il était dur de considérer mes colocataires comme étant ceux m'ayant donnés la vie…

Tant de questions demeuraient sans réponse.

- Ça ne m'étonne même pas que tu vives seule.

La remarque de l'adolescente me fit froncer les sourcils.

Est-ce que les affronts cesseront un jour ?

- Jenny, évite de la blesser ! insistais-je, sur un ton ferme.

La concernée allait protester, mais Regina intervenu :

- Laissez…Je mérite.

- Je veux que tu changes de comportement, Jenny.

Il était temps d'apprendre les bonnes manières à la réfractaire.

Je ne pouvais l'adopter si elle se comportait toujours comme une sauvage…

- Je suis sociable ! lança Jenny, comme si cette évidence ressouderait tout le problème.

- Pas assez. Evite la violence. Je sais que c'est compliqué, que tu as certainement de bonnes raisons, mais…

L'adolescente me coupa, les yeux embrumés, l'air soudainement plus fragile :

- Tout le temps ils me frappaient, je me souviens de ça…

Je fus plus que peinée devant la tristesse qui émanait de la jeune fille :

- Je te protégerais maintenant.

J'aperçu Regina détourner le regard alors que je caressais le visage de Jenny pour la réconforter.

J'aurais presque cru voir une pointe de jalousie derrière l'écœurement que je découvrais.

- On peut arrêter le moment sentimental et se concentrer sur le retour ?

J'esquissai un sourire devant la tête de la brune.

- Rangez les affaires, moi j'aide Emma à marcher.

La réplique de Jenny foudroya Regina sur place :

- Et pourquoi, toi ?

Je levai les yeux au ciel, agacée :

- Ça ne va pas recommencer ?!

- Je suis aussi amie avec Emma que toi ! s'exclama la mairesse, scandalisée.

- Amie ? Je ne crois pas qu'on peut définir votre relation comme ça.

Je stoppai le dialogue houleux en intervenant :

- Regina sait simplement que je ne suis pas légère, Jenny…

- Et comment sait-elle ça ?

Jenny semblait soudainement méfiante, alors que l'explication était très simple :

- Tu ne l'as pas vu manger toutes ses sucreries habituelles, mais quand ce sera le cas, tu verras et tu comprendras.

L'adolescente se mit à sourire en imaginant mon appétit d'ogre et accepta :

- Très bien. Chacune une épaule.

Alors que Jenny commençai à ranger les vêtements, Regina se rapprocha de moi.

La brune entrelaça ses doigts aux miens, le seul contact qu'on s'autorisait depuis peu.

Le seul qui symbolisait un rapprochement.

- Merci, Swan.

- Dites pas ça avant d'avoir soulevé mes kilos ! dis-je, en m'esclaffant.

- Non, je voulais dire…Pour votre soutien.

Le regard noisette sembla s'adoucir.

- C'était le deal, n'est-ce-pas ? demandais-je, me rappelant l'accord qu'on avait conclu.

- Plus de deal. Je veux qu'on s'entende et si ça passe par accepter Jenny dans la ville alors…

- Vous changez, c'est beau à voir.

Pour la première fois depuis ma rencontre avec Regina Mills, je me surpris à l'apprécier énormément.


Emma avait fini par s'endormir sur la banquette arrière de sa coccinelle, épuisée.

Je m'étais résolue à conduire son véhicule, bien que je ne fusse pas enchantée par l'idée.

Cela me permettait de discuter un peu avec Jenny, présente sur le siège conducteur.

Et de trouver une solution à nos disputes.

- Tu comptes rester muette jusqu'à l'arrivée ? demandais-je, sur un ton railleur.

La jeune fille n'avait pas décroché un mot depuis le départ, le regard fixé sur la fenêtre et les paysages qui défilaient.

Nos attitudes civilisées devaient lui paraitre si compliquées à suivre…

- On ne sait jamais, défois que tu veuilles m'arracher la langue ! répondit –elle, sur un ton taquin.

Je secouai rapidement la tête :

- Je ne suis pas cruelle à ce point.

Jenny fronça les sourcils, ses poings se crispant :

- Le livre mentionnait des cœurs brisés.

- Et ça t'effraie ? répliquais-je, immédiatement, essayant de calmer le trouble.

- Ta tête ne me fait pas peur du tout, mais n'essaye pas d'arracher celui d'Emma.

Je souria devant l'avertissement.

Le shérif était l'objet de beaucoup d'affection et d'attention…

- Je ne suis plus celle que j'étais.

Ma phrase sonna comme une évidence, je faisais vraiment un pas en avant en outrepassant mon passé.

- Pourquoi être aussi gentille d'un coup ? Je suis sûre que tu te rapproches d'Emma pour que tous t'épargne. Tu sais qu'ils l'écouterons.

J'éclatai de rire devant l'argument de la jeune fille avant de me justifier :

- Je ne fais pas ça pour mon intérêt. J'ai survécu à toutes les tentatives de meurtres dirigées à mon encontre jusqu'à présent. Et sans le shérif.

- Pourquoi, alors ?

- Viendra un jour où tu comprendras que le mal fatigue. On perd toute attache à s'y enraciner…Et ça te rend malheureuse ! expliquais-je, la voix brisée par certains faits antérieurs douloureux.

- Emma te rend heureuse ?

- J'ai enfin trouvé quelqu'un à qui parler sans avoir à la manipuler. Et ce sentiment me plait.

Je plongeai ma main dans le sac en plastique à mes côtés pour en ressortir une pomme, coupant alors tout dialogue.

Jenny fixa longuement le fruit, les yeux écarquillés.

- C'est…mon fruit préféré ! avoua-t-elle, déconcertée.

La jeune fille se frottait la tête, certaines réminiscences lui revenaient en mémoire.

Mon cœur se serra devant la souffrance éprouvée de Jenny.

Je compatissais.

- Je suis ravie de t'apprendre qu'on a un point commun.

- C'est mon péché mignon, enfin à ma connaissance ! déclara Jenny, en massant son front.

J'éloignai ses paumes de son visage, plongeant mon regard dans le sien :

- Ne t'épuise pas à essayer de te souvenir, ça viendra.

L'adolescente semblait affligée, mais pas insensible à ma tentative de réconciliation.

- J'ai peur qu'on m'éloigne d'Emma. Et ça me coupe même l'envie d'une pomme.

J'essayai de tarir sa nervosité.

Etrangement, je me retrouvais devant l'air égaré et apeuré qu'elle essayait de dompter pour paraître forte.

J'avais tant utilisé ce genre d'expression comme masque, pour dissimuler ma bonté à travers les ténèbres.

- Emma va tout faire pour te garder. C'est une bornée.

Je tendis alors le sac à mon interlocutrice, pensant qu'elle désirerait manger pour occuper les heures de routes restantes.

- Tu as éliminé la mère d'Emma comme ça, j'ai un peu de mal tu vois…murmura Jenny, en s'éloignant de l'objet, comme si le danger s'y reflétait.

Elle n'avait pas tort sur ce fait honteux, mais mes attentions étaient toutes autres à présent.

J'étais bienveillante.

- Elles viennent de mon jardin. Je ne suis pas du genre à m'intoxiquer moi-même ! dis-je, pour la tenter et changer ses préjugés.

Jenny sembla soudainement rêveuse :

- Un pommier…La chance.

- Tu pourras venir en cueillir, quand tu auras du temps libre.

Après tout, si je désirais améliorer nos rapports affligeants, je n'avais d'autre choix que de me montrer conciliante et gentille.

- Vraiment ?!

- Ce sera toujours meilleur que les plats surgelés d'Emma…chuchotais-je, amusée.

Jenny observa la concernée, un sourire radieux sur le visage :

- Peu m'importe. Elle est vraiment belle.

Mes mains se crispèrent sur le volant.

L'air mélodieux qui régnait en Jenny m'effrayait.

- Serais-ce des sentiments que je découvre ? demandais-je, bouche bée.

L'idée que l'adolescente s'approprie Emma me donnait la nausée.

La blonde méritait vraiment quelqu'un de bien, de sur financièrement et mentalement.

- Je n'ai pas de penchant pour les femmes, madame le maire.

Je la scrutai, cherchant à démêler le vrai du faux, sans trouver de réponse.

Je me sentais étonnamment frustrée.

- Emma est un peu trop vieille pour toi…

- Mais bien conservée pour toi, hein ? répliqua-t-elle, immédiatement.

Je me figeai devant la proposition implicite.

Je n'étais pas attirée par Emma, juste contrariée -et non jalouse !- à l'idée qu'elle puisse être aimée alors qu'on ne cessait de me repousser ou de m'ignorer.

- On est toujours à se chamailler ! dis-je, sachant qu'aucun sentiment ne pouvait naitre entre le shérif et moi-même.

Non seulement l'hypothèse paraissait improbable, mais nous étions trop différentes et nos statuts ne nous laissaient aucunement cette possibilité.

De plus, mon cœur ne battait aucunement pour Emma.

Je commençais seulement à la considérer comme proche.

- Dis…Tu aimes cuisiner ? demandais-je, d'une voix douce.

Je désirais changer de sujet, l'ancien m'ayant vraiment troublé l'esprit.

L'idée de désirer Emma chamboulait tout en moi.

- Je ne sais vraiment…

- Je pourrais te montrer comment faire d'une pomme, une tarte délicieuse.

- C'est un piège ?

La réplique de Jenny me fit de la peine, mais je n'en montrai rien.

Comment les autres allaient retrouver confiance en moi ?

- Pourquoi je te sens déçue ? demanda l'adolescente, devant la tristesse qui émanait de mon être.

Je repris alors mon sang froid, effaçant mon chagrin.

- J'espérais juste que ça serait plus facile. Je suis nulle, vraiment trop…

Alors que j'étais complétement déprimée, Jenny effleura ma main pour s'emparer du fruit couleur vermillon qu'elle avait refusé auparavant, mais que j'avais gardé dans le creux de ma paume.

- On tente de faire la paix ?

Je tournai la tête, stupéfaite devant sa demande, voulant être certaine que ce n'était en rien une plaisanterie.

- On tente de faire la paix ! dis-je, en souriant enfin.

Elle m'observa prendre un autre fruit, identique à l'aspect du sien, et nous croquâmes le met en même temps, scellant la fin des affronts.

Du moins, pour un moment.


Alors que l'hôpital fut enfin à portée de vue, mon estomac se noua.

Il fallait vraiment que je m'excuse pour ce que j'infligeais au shérif.

C'était peut-être involontaire, mais elle aurais des séquelles et ne pourrait certainement pas se déplacer à sa guise dans les prochains jours.

Je devais me faire pardonner.

Mais, par quel biais ?

TBC