Désolé pour la lenteur avec laquelle ce chapitre arrive enfin, il fut cependant très dur à écrire pour moi

et j'espère qu'il vous plaira tout de même :)

Bonne lecture.

Ps : Merci à mes toutes nouvelles lectrices et nouveaux followers, c'est vraiment encourageant !


CHAPITRE VIII

Je m'étais endormie merveilleusement, cloitrée contre Emma malgré ma timidité et mon anxiété, tout semblait s'être bien passé.

J'entendais les battements de cœur de la blonde à mes côtés, nous étions toutes deux relaxées.

Jamais je n'avais été aussi proche du shérif.

Malheureusement, le réveil fut annoncé par la sonnerie d'un téléphone portable.

Et alors que j'ouvrais les paupières, j'entrevis le regard azur devenir hautain à mon égard.

Je vis soudainement Emma se crisper au fur et à mesure de la conversation avant de raccrocher rouge de colère et de tendre les mains en direction des béquilles proposées par l'établissement.

- Qui étais-ce ? demandais-je, d'une voix douce.

Alors que je cherchais ses doigts pour les enlacer et la calmer, sa réaction fut de me rejeter brutalement contre l'adolescente.

J'écarquillai les yeux devant tant de violence.

- Vous n'en avez pas une petite idée ?! demanda-t-elle, furieuse.

Jenny se leva en même temps que moi pour observer l'air rageur inscrit sur le visage de la blonde.

L'adolescente semblait surprise tant le shérif lui paraissait douce à l'accoutumée.

D'où venait cette éruption virulente ?

- C'est quoi ce ton ?! dis-je, étonnée.

- C'est quoi cette idée de m'arracher Jenny ?!

J'essayais de comprendre la situation bien qu'elle me semblait floue.

J'essayais tant d'être plus amicale envers l'adolescente, qu'avais-je pu bien faire ?

S'il était question de mal…Cela devait être indépendant de ma volonté.

- Quoi ?!

Emma lança une béquille en ma direction pour me pointer rageusement, sans pour autant me frapper avec.

Et pourtant, ce genre de geste, je ne pouvais que les mériter…

- Ne faites pas l'ignorante, madame le maire !

Devant l'appellation, je fus soudainement bouche bée.

Ou était passé ce moment de bonheur qui m'unissait à elle ?

- Madame le maire ? Mais…dis-je, stupéfaite.

- Quel monstre êtes-vous pour m'éloigner d'une des seules raisons de m'épanouir ?

Je compris enfin la raison de tout ce raffut.

J'étais à présent persuadée que ma jalousie maladive et mon cruel désir de vengeance venaient de réussir à séparer les deux blondes.

J'avais commis une grave erreur et je ne savais comment l'effacer, oublier ce mauvais pas qui modifierait à jamais ma relation avec Emma et me collerait à la peau.

Elle serait tant distante à l'avenir…

- Je suppose que c'était Graham alors ! dis-je, en soupirant.

J'avais non seulement les reproches d'Emma à écouter, mais je pouvais lire sans difficulté le dégoût et la haine qu'éprouvait Jenny pour moi à travers les yeux perçants.

Et je ne savais comment remédier à cet affreux sentiment de culpabilité qui me rongeait.

- Vous supposez bien ! Vous nous avez mis dans une sacrée galère ! Sans comptez sur le fait que je vous déteste ! hurla le shérif, dévastée.

Les larmes perlant sur le visage angélique creusaient celui-ci avidement, me renvoyant la propre douleur d'Emma.

J'étais tombé au plus bas…

- Non, ne dites pas ça ! m'exclamais-je, soudainement effrayée par l'idée que je sois à nouveau seule contre tous.

La peur d'être à nouveau rejetée me nouait l'estomac.

- Et je devrais vous sautez dans les bras ?!

- Je ne veux pas perdre ma seule amie.

Emma leva les yeux au ciel :

- Vous irez voir Kathryn.

Je souffrais tant à l'idée de devenir à nouveau l'ennemie publique.

- Vous savez très bien que…

- Ce que je sais c'est que vous avez usurpé une photo de ma fille pour la donner à votre petit ami ! hurla la blonde, furieuse.

Vu le ton hautain et les pupilles à présentes emplies d'amertume, toute idée d'amitié se consumait.

- Il n'est pas…

- Qu'importe ! Je fais comment pour résoudre le problème moi ?! hurla Emma, complétement déboussolée.

Je compris enfin la vraie nature du problème :

- Quelqu'un la demande ? demandais-je, étonnée.

- Bien deviné, Sherlock ! Je n'ai aucun droit juridiquement sur Jenny, je fais comment moi ?!

J'eus enfin l'occasion de caresser la main d'Emma alors qu'elle se morfondait.

Jamais je n'avais vu le shérif autant recroqueviller sur elle-même, aussi vulnérable.

Sans vraiment en comprendre la raison, mon cœur subissait tout autant qu'elle.

- On va trouver une solution ! dis-je, d'une voix douce.

Je fis encore quelques pas alors vers Emma, alors qu'elle baissait la garde dans l'espoir de l'enlacer avant que celle-ci ne me pousse brutalement.

- On ?! Vous ne croyez pas que j'en ai assez bavé de votre part ? Que vous en avez assez fait ?

Je baissai alors les yeux, essayant de me justifier :

- Je suis désolé…J'ai fait ça sur l'ile, quand j'étais au plus mal…

Si nous étions à présent totalement éloignées l'une de l'autre, Jenny vint soudain quitter sa léthargie pour se réfugier dans les bras d'Emma.

- Je ne veux pas te quitter.

Je fusillai l'adolescente du regard.

Comment osait –elle profiter du désarroi du shérif pour se l'approprier ?

- Je ne laisserais personne te prendre. On va se défendre.

Jenny se nicha encore plus dans l'étreinte offerte par Emma, créant en moi un pincement au cœur face à ce tableau familial.

Je manquais désespérément d'amour.

- On pourrait quitter la ville.

Emma secoua la tête devant la proposition de Jenny :

- Ca ne peut pas être un plan, plutôt une option dans le pire des cas.

Jenny commença alors à sangloter :

- Ils vont me renvoyer dans le foyer…

- Je suis l'adjointe du shérif, j'ai aussi mon mot à dire.

J'observais la scène attendrissante, me demandant si je serais un jour aussi aimée.

- Tu te rappelles quand tu m'as montré ta cicatrice ? demanda soudainement Jenny à l'encontre d'Emma.

Le shérif acquiesça alors que l'adolescente continua son raisonnement :

- J'en ai aussi…Et des bleus partout.

- Cela nous aidera considérablement.

- Ils pourraient penser que ça provient de sa fugue ! lançais-je, soudainement.

Ma réplique venait de rompre toute harmonie, bien qu'au fond, je ne souhaitais que les aider.

Cela amplifia la colère de la blonde qui se détacha immédiatement de l'adolescente pour quitter les lieux :

- On ne vous a pas demandé de commentaires !

Je m'élançai près de la blonde pour l'empêcher de fuir trop rapidement.

Pas avant que je puisse m'excuser.

- Emma, je…

La concernée me coupa immédiatement, sur un ton sec :

- Nous n'avons pas de temps à perdre avec vos excuses minables.

- Je ne pensais pas qu'il l'aurait vraiment fait.

J'étais terriblement sincère.

- Ah oui ? Mais, Graham est dingue de vous, il ferait n'importe quoi pour vous aider ! Et moi…

Il eut un moment de silence durant lequel elle secoua la tête, comme si ses pensées la chamboulaient énormément :

- J'ai été aveuglée par l'idée d'un changement…Je croyais en vous !

- Laissez-moi une autre chance ! chuchotais-je, sur un ton insistant.

Je suppliais la blonde du regard dans l'espoir qu'elle cède.

- La dernière m'a laissée un goût amer.

- C'était la première ! Tout le monde a le droit à une deuxième chance ! m'exclamais-je, sur un ton ferme.

Emma fronça les sourcils, déversant toute sa haine à mon sujet :

- Sauf la méchante Reine qui m'a écarté de mes parents, qui a fait de moi une vagabonde à l'âge de Jenny car les foyers dans lesquels j'étais étaient loin de m'aimer. Cette femme aigrie qui est la source même de tout. De mon abandon pour Henry. Je ne vous laisserais plus toucher à ma famille.

Comment pouvais-je lui en vouloir de me haïr sachant que, dès qu'elle avait été considérée orpheline, son destin n'avait été que semer d'embûches et de contrariétés ?

- Ne me laissez pas plongez dans les ténèbres…murmurais-je, effrayée à l'idée de laisser la magie noire s'emparer de mon être à nouveau.

- Oh non ! Ça serait trop facile ! Vous allez affronter ce que vous avez causé ! Je vous veux au commissariat avec moi.

Emma partie alors de la pièce non sans fermer la porte avec fracas.


- Je sais que j'ai fait une erreur, mais je compte me rattraper.

Actuellement seule avec Jenny, j'essayais de me réhabiliter et d'exterminer mon erreur de son esprit.

Je n'étais pas en mesure de rejoindre Emma en bas de l'établissement, je me sentais trop fautive.

L'adolescente semblait encore choquée par ce qu'elle avait entendu et découvert.

Je savais qu'elle reprendrait son attitude rebelle pour m'agresser et qu'avoir toute confiance en moi serait une possibilité bannie.

- Avec de la chance, tu vas tout empirer ! soupira-t-elle, en levant les yeux au ciel.

Je tentai de paraitre plus conciliante et tendre pour qu'elle soit plus indulgente vis-à-vis de moi.

- Je sais que tu dois me détester, mais…

Jenny me pointa rageusement du doigt, me menaçant :

- Tu ne t'approcheras plus d'Emma.

- Qui es-tu pour ordonner une chose pareille ? demandais-je, en haussant le ton.

J'avais condamnée Jenny à être retrouvée uniquement quand la magie noire avait toute emprise sur moi.

Je n'étais plus en mesure d'oublier la seule personne qui avait fait réapparaitre dans mon subconscient un brin de bonté, bien que notre passé nous vouait à être ennemies.

Je ne devais ce début de rédemption qu'à Emma Swan.

- Je suis sa fille et je ferais tout pour la protéger.

- Je sais que je l'ai blessée, mais je me ferais pardonner.

Le ton de l'adolescente se fit alors plus glacial :

- Tu n'en auras pas l'occasion.

J'essayai de rester calme malgré l'agitation qui me tourmentait :

- Je sais que ce que j'ai fait est loin d'être gentil, mais…

- Tu n'est qu'une garce ! Tu es si jalouse et égoïste que tu en es venue à tout faire pour l'avoir à toi toute seule.

J'écarquillai les yeux devant la réponse de la jeune fille :

- Ça n'a jamais été…

- C'est plus qu'une amie ! Ça se voit…

Que répondre alors que cette simple phrase me bouleversait complétement ?

Tout semblait si confus entre moi et la blonde aux boucles…

- Il est vrai que je mets en elle tous mes espoirs pour devenir meilleure.

Jenny ricana :

- Tu le renies, mais viendra un jour où tu auras envie d'elle à tes côtés et je peux t'assurer que ce jour n'arrivera jamais.

- Bravo, jeune fille ! Tu es tombée encore plus bas que moi ! dis-je, devant l'air vengeur qu'affichait Jenny.

- Je n'en suis pas arrivé à tuer des gens ! Je fais ça pour la préserver.

- Tu l'aime…murmurais-je, calmement.

- Comme ma mère. Je cherche en elle toute l'affection qui me manque.

Je tendis ma main en sa direction, quémandeuse de paix :

- J'ai pu te paraitre monstrueuse, mais je te jure que je veux arranger les choses.

Jenny me fixa un long moment du regard, vérifiant la véracité de mes propos.

- Utilise ta magie dans ce cas ! déclara-t-elle, attendant certainement que j'approuve cette initiative.

- Non. Je veux assumer les conséquences.

Jenny changea alors de stratégie :

- Fais en sorte que je reste ici ! répondit celle-ci, en acceptant la main que je lui offrais.

Je la scrutai à mon tour, me demandant quelles seraient les conditions pour une réconciliation définitive :

- Et après ?

- Il se pourrait que j'oublie un peu ma rancœur.

Cette simple idée me fit bondir de joie.

- Et vous viendrez vivre au manoir ?

- Cette décision revient à Emma et si c'était le cas, hors de question de la toucher ou d'effectuer je ne sais quel rapprochement encore.

Je fus soudainement bouche bée.

J'aimais tant la douce sensation qui se propageait en moi quand nos doigts étaient entrelacés et tous ces gestes qu'elle avait eu à mon attention m'avait apporté tant d'apaisement…

- Mais, c'est…commençais-je, abasourdie.

- Injuste ?

Je répondis par la négative, ne désirant aucunement que l'adolescente me voit comme désireuse d'amour.

- Non, je ne voulais pas dire…

- J'ai de l'influence sur Emma, plus que tu ne le penses. Laisse-la me retrouver un père convenable.

La porte fut claquée violemment à nouveau, me laissant hébétée.

Que faire pour retrouver toute considération aux yeux des deux femmes ?


J'étais si nerveuse durant le trajet que Regina et Jenny le ressentait.

La tension était telle que personne n'osait parler par peur que je m'emballe.

Je ne savais plus comment percevoir la mairesse, mais je ne pouvais détacher mon regard du sien quand il s'aventurait au niveau du rétroviseur central.

Il me semblait qu'on avait trop partagé en quelques jours pour que l'animosité efface nos instants de complicités.

- Reste à l'entrée ! intimais-je, à l'adolescente.

Nous étions à l'orée de mon lieu de travail et je souhaitais mettre certains faits au clair.

- Pourquoi ?

- Si défois je ne pouvais rien faire, enfuis-toi.

La jeune fille semblait opposée à mon plan :

- Je refuse de faire cela une deuxième fois !

J'essaya alors de justifier mon point de vue :

- Il y a un bar près d'ici, le Granny's. Tu y trouveras de l'aide si tu prononces mon prénom. Je te promets de t'y retrouver très vite, mais si tu dois être caché le temps qu'on arrive à un accord, c'est l'endroit le plus sûr que je n'ai jamais connu.

L'adolescente hocha la tête, bien que peu rassurée.

- Tout va bien se passer ! déclarais-je, en essayant de paraitre positive pour réconforter Jenny.

- Je devrais peut-être me livrer…

- Je te l'interdis. Je vais essayer par moi-même de résoudre le problème, ensuite, tu pourras venir tenter de le faire.

L'adolescente semblait comprendre une partie du plan que je montais :

- Et si on ne peut rien éviter, aurais-je le temps de…partir ?

- Je ferais tout en mon pouvoir et…

Je lançais alors un regard à Regina.

- Evidemment, je vous aiderais ! répondit immédiatement la mairesse.

L'adolescente semblait moins angoissée en pensant que l'imposante brune et son ascendant sur la population serait un bon appui pour cette lutte acharnée qu'on allait mener.

De plus, Regina venait de saisir une chance de se racheter.


Alors que Graham allait prendre la parole suite à notre arrivée, je fus soudainement tétanisée.

- Non ! finis-je par crier en apercevant la femme qui se considérait proche de Jenny au point de la rechercher.

Je reculai subitement, bousculant la mairesse qui était restée à l'arrière pour avertir Jenny en cas d'urgence.

- Je suis si heureuse de te retrouver, Emma.

J'eus un haut le cœur devant cette hypocrisie dont elle faisait preuve.

Comme si je lui avais manqué !

Graham et Regina s'observaient, incapable de comprendre ma réaction.

- Tu es celle qui prétend être la mère de Marie ? demanda l'adulte aux côtés de mon ami.

- Jenny ! Elle s'appelle Jenny ! dis-je, sur un ton ferme, bien que je ne reniai pas l'idée de la similitude physique qui me liait à l'adolescente.

Celle qui devait être une inconnue à mes yeux fut en réalité la lame de mes cicatrices, un bourreau que j'essayais d'enrayer de ma mémoire : La mère du dernier foyer que j'avais côtoyé avant de rencontrer le géniteur d'Henry, qui bien le mal qu'il m'avait fait subir, m'avait sortie de cet enfer cuisant.

Et la revoir chamboulait tout ce que j'essayais de rejeter depuis mon arrivée à Storybrooke.

A commencer par le contenu de mon coffre.

- Elle te ressemble tellement.

- Je ne te laisserais pas la prendre ! criais-je, sur un ton vif.

Jenny ne serait plus être l'objet de violence.

J'allais me démener pour l'extirper de cet afflux de terreur.

- Malheureusement, je suis celle qui l'a recueillie ! Et, elle n'a que 16 ans, elle reste sous mon autorité ! répondit mon interlocutrice, cruellement, jubilant devant ma tristesse.

J'éclatai en sanglots tandis que Regina essayait de comprendre le fin mot de l'histoire :

- Comment vous connaissez –vous ?

- Cette femme…Elle est un des parents qui m'a accueillie dans son foyer avant que je ne m'enfuie de celui-ci à cause des violences que je subissais.

De là, venait ma cicatrice tant apparente et bien d'autres séquelles…

- Oh, Emma…susurra Regina, soudainement dépitée.

Je me jetai à corps perdu dans les bras athlétiques de la brune, la serrant de toutes mes forces.

Je la détestais peut-être en partie, mais elle constituait à présent le seul soutien que je pouvais recevoir ici.

- Je suis là. On va réussir.

Mes sanglots finirent par se tarir et la main de la brune retrouva la mienne, me redonnant la force nécessaire à parer toute attaque de celle qui fut un jour pour moi, un semblant de mère.

On y arriverait.

TBC