Merci pour vos commentaires qui m'ont grandement motivé, notamment celui de Zegie :)

Désolé pour le retard, mais je vais être maman et c'est toute une joie, dont je ne me remet toujours pas ^^

Bref, J'espère que cette suite vous plaira,

bonne lecture.


CHAPITRE IX

- Ce sont des insinuations purement imaginaires.

Devant les mensonges de celle qui fut ma mère, ma colère se décupla :

- Comment oses-tu ? Alors que cette pauvre enfant dont tu as la garde à subi autant que moi ?!

Mon interlocutrice s'indigna :

- Et vous la laissez dire de choses pareilles ?

Graham se tourna alors en ma direction pour arrêter mes accusations :

- Emma…

- Je vous assure que j'ai été battue. Jenny dit elle-même comporté des bleus et des cicatrices sur le corps.

Regina resserra son emprise sur mes doigts avant de les caresser discrètement.

Bien que la marque d'attention m'embarrasse au vu de la situation, la sensation qui en découlait était étonnamment relaxante.

Jamais je n'aurais pensé que Regina puisse faire preuve d'autant de douceur.

- Et si elle te manipulait ?

Celle qui fut ma mère semblait encore plus désinvolte qu'à l'accoutumée.

Je la savais coupable.

- On parle d'une adolescente qui a fuguée pour sa survie ! criais-je, en m'avançant furieusement.

J'étais prête à en découdre physiquement, mais Regina s'était interposée pour m'en empêcher.

Cette femme était mon gage de sureté.

- Emma ! Tu t'avances beaucoup la !

Mon collègue n'avait pas tort.

Jenny avait uniquement demandé de l'aide, sans jamais évoquer les raisons de sa fuite.

Je reliais sa présence sur l'autoroute aux coups qu'elle subissait, par pur instinct.

Sans preuves tangibles pour la justice.

- Tu ne peux pas laisser cette gamine retourner dans ce foyer ! dis-je, sur un ton ferme.

J'étais convaincue que la vie de Jenny était menacée.

- Je suis le shérif !

- Je suis ton adjointe !

Nous nous confrontions avec hargne, attendant qu'un des deux lâches prise sur l'affaire.

J'espérais tant ne pas en venir à faire de Jenny à nouveau une adolescente recherchée par tous…

- Et c'est avec ça que tu comptes me convaincre ?

Regina intervenu enfin, coupant notre altercation.

Celle qui fut ma mère adoptive jubilait de cette divergence d'opinons, pensant que cela lui serait favorable.

- Graham ! Emma revit depuis qu'elle a cette enfant avec elle, laisse-lui.

Je vis l'intéressé envoyer un regard emplit de reproches à la mairesse, avant de répondre, sur un ton froid :

- Je ne reçois aucun ordre de toi.

- Dis-moi Emma, c'est un sacré triangle amoureux tout ça…

La réplique cynique de celle qui fut mon bourreau amplifia ma colère :

- Ferme-la !

A l'instant même où j'eus prononcé l'injure, je soupirai, complétement dépassée par les évènements.

J'allais prendre le chemin de la sortie, déterminée à ne pas rester devant des gens aussi bornés, quand Regina enserra ma main, me susurrant :

« Ne les laisse pas gagner ».

Les yeux noisette se faisaient suppliants et mon cœur chavira alors, prenant appuis sur sa paume pour retourner près des opposants.

La mairesse avait réussi à me faire retrouver tout mon courage en un seul regard.

- Nous n'avons pas à mêler nos rancœurs personnelles à ce cas, Graham.

Celui-ci leva les yeux au ciel, avant de s'adresser à l'athlétique brune :

- Tu m'as quitté sans le moindre remord…aurais-tu couché avec Emma durant ce séjour ?

Je m'indignai devant l'hypothèse de mon ami.

Comment pouvait-il formuler un jugement pareil ?

J'observais Regina, le visage décomposé, trop bouleversée pour répondre.

- Tu divagues ! Ma préoccupation première est Jenny. Je veux le bien de cette gamine.

- Qui nous dit que tu ne l'abandonneras pas comme tu l'as fait avec Henry ?

La question de Graham me fit perdre toute assurance.

Comment en était-on venu à un règlement de compte tout à fait puéril ?

Sa jalousie ne m'enlèverait pas la garde de l'adolescente, je m'étais trop battue pour elle.

- C'est mesquin d'utiliser mon passé ! Je…

Il me fallait réagir pour ne leur laisser aucun ascendant sur ma personne, mais j'étais prête à pleurer en repensant à toutes les erreurs que j'avais faites avant mon arrivée ici.

J'étais si déstabilisée que les mots m'en manquaient.

J'aperçu l'air satisfait de mon ancienne mère adoptive que j'allais en convenir qu'elle avait réussie si Regina n'avait pas pris la parole, avec un ton aussi dur que j'eus l'impression d'avoir cette ancienne Reine à mes côtés :

- Si tu n'es pas assez impartial pour régler cette affaire, j'appellerais les autorités compétentes de Bar Harbor. Et sache que j'ai de quoi me faire entendre.

Ce fut au tour de Graham d'être estomaqué devant le discours de la brune qui se voulait imposant :

- Emma gardera Jenny le temps que quelqu'un aille chez cette femme pour vérifier les corps et les conditions de vie des autres enfants qu'elle éduque. Tu ne peux laisser un possible danger planer sur une vie.

Il abdiqua alors devant l'air menaçant de Regina.

Je ne pus contenir ma joie devant cette victoire !

Elle ne serait pas complète tant que je n'aurais pas d'autorité juridique sur Jenny, mais c'était une avancée considérable…Que je ne devais qu'à la mairesse !

- Je vous en serais toujours grée ! dis-je, en l'embrassant sur la joue.

J'avais hésité avant d'effectuer un geste quelconque, puis j'avais écouté mon cœur.

Et le sourire qu'affichait Regina en retour ne me fit pas regretter mon attention.


Alors qu'Emma rejoignait l'adolescente à l'extérieur, je restai quelques minutes, un sourire béat sur le visage, devant ce baiser qui m'avait été donné.

Les lèvres de la blonde ne s'étaient posées qu'un instant, mais avaient été d'une douceur…

Ce sentiment de bien-être valait même le regard fusillant de Graham.

Je ne l'avais jamais aimé.

Je finis enfin par rejoindre les deux femmes sur le perron, essayant de calmer les battements de mon cœur.

Mon regard avait des difficultés à arrêter de fixer le corps de la blonde aux boucles et de le trouver désirable.

- C'est bon ma grande, tu fais partie de la famille ! s'exclama Emma, en serrant Jenny contre elle.

Mon cœur se serra devant le rapprochement dont j'étais exclue de faire partie.

- Oh, merci ! Je te suis tellement reconnaissante !

Emma éloigna alors Jenny pour tendre la main en ma direction.

- C'est Regina qui a quasiment tout fait.

J'eus du mal à ne pas rougir devant le compliment.

Cependant, je saisis les doigts du shérif, malgré beaucoup d'appréhension.

Je savais que l'adolescente nous observait, mais elle ne sembla pas se préoccuper du rapprochement.

Du moins, pour le moment.

Elle paraissait plus calme et rassurée et je fus même stupéfaite de la voir m'adresser un sourire :

- C'est…gentil. Comment pourrais-je vous remercier ? demanda-t-elle, d'une voix douce.

Je réfléchis un instant à l'idée avec laquelle elle me prouverait sa reconnaissance.

- Toi qui aime tant les pommes, j'ai du cidre. Et je serais heureuse d'avoir un peu de…compagnie ! dis-je, finalement.

J'avais tant envie d'avoir un moment emplit de tendresse avec la blonde, comme ce fut le cas à l'hôpital.

Retrouver le sentiment d'exister aux yeux de quelqu'un.

- Emma ! Dis oui ! Allez ! insista l'adolescente, en sautant comme une hystérique.

Emma lança alors ironiquement :

- C'est moi ou vous avez transformé Jenny ?!

Alors que l'adolescente suppliait énormément sa mère de cœur, il semblait que son ainée soit muette quant à mon invitation.

Je voulais tant qu'elle accepte.

- Je comprendrais que vous aillez la rancœur tenace…dis-je, en repensant à cette erreur que j'avais commise.

Qu'en était-il de cette deuxième chance que j'avais demandée ?

Parviendrait-on à un nouveau départ ?

- Disons que vous avez réparé les pots cassés, c'est un début.

La réponse d'Emma me réconforta.

Tout n'était pas perdu.

-Quant à moi, je vous vois d'un meilleur point de vue, c'est déjà ça, non ? demanda Jenny, calmement.

J'acquiesçai, étonnée, pensant qu'un peu de répit, sans dispute de sa part, me ferait le plus grand bien.

- Mais, ça ne seras toujours pas suffisant pour que vous emménagiez chez moi ? Je me sentirais tellement utile…

Emma me prit par la main pour me diriger vers sa voiture :

- Prenons un verre, ce sera déjà beaucoup.

J'avais enfin devant moi l'opportunité de modifier nos débuts houleux…


- Vous m'avez caché que vous avez un château pour maison !

Depuis notre arrivée au manoir, Jenny ne cessait d'entrer dans chaque pièce pour en conclure que le luxe régnait chez Regina et que l'endroit était immense.

- C'est de famille de farfouiller partout ? demanda la brune, en observant l'adolescente monter à l'étage.

J'avais pourtant intimé l'ordre à Jenny de rester respectueuse et clémente.

Nous ne devions pas avoir la même définition du mot et son attitude ne cessait de m'embarrasser bien que j'essayais de ne pas le montrer.

- Je vous rappelle que c'est vous qui avez fouillez dans mon coffre ! dis-je, sur un ton amer.

J'avais encore du mal à effacer de ma tête la vision de la mairesse s'introduisant dans ma vie privée.

- Je voulais juste…comprendre votre peine.

Je saisis l'occasion pour évoquer ce qui me tourmentait :

- Et moi j'aimerais comprendre pourquoi vous en voulez tant à mes parents.

Le verre que la brune tenait dans ses mains éclata en morceaux.

J'entrevis la silhouette gracieuse se crisper, ses pupilles s'emplissant de haine.

La soudaine tournure que prenait la situation m'effraya énormément.

- N'évoquez jamais ce sujet, jamais…

J'écarquillai les yeux devant la voix grave, Regina n'était plus la même.

Le mal reprenait ses droits.

- Désolé…Ce n'était peut-être pas une bonne idée de venir.

Je m'éloignai alors quand j'entendis les sanglots émanant de Regina.

La jeune femme paraissait alors beaucoup plus fragile.

La vision d'une Regina faible et recroquevillée me fendait le cœur.

- Calmez-vous, ça va aller ! dis-je, en me précipitant à son encontre.

Elle eut du mal à retrouver une respiration normale.

- Je n'arrive même pas à me maitriser. Je vous fais fuir.

Devant ces injures qu'elle se donnait pour elle-même, cette auto-flagellation, je me surpris à essuyer toutes les larmes qui perlaient.

- On va rester. Quelques nuits. Le temps de vous aider.

J'essayais d'être la plus rassurante possible, de calmer ses craintes.

- Et Jenny ? Elle ne voudra pas…

- Pour l'instant, vous êtes la personne qui compte le plus ici.

Il était nécessaire d'évacuer ce mal en elle pour le bien d'Henry, pour que nous en ressortions plus fortes, plus unies.

- C'est vrai ?

J'éclatai de rire devant l'air étonné de la mairesse.

Entre le sourire naissant et les larmes vaincues, je la trouvai soudainement étonnamment jolie.

- C'est encore complexe à concevoir, indécis et peut-être fou, mais je tiens à vous Regina Mills.

La brune se rapprocha alors, hésitante concernant l'endroit où elle poserait ses lèvres.

Je souris devant ce beau retour de baiser. Et de ce moment intime dont je me délectais.

- Je tiens aussi à vous, Emma.

Regina joignit le geste à sa parole, et ses lèvres effleurèrent presque les miennes alors que je m'écartais.

- Il est trop tôt.

Jenny nous rejoigna alors, toute enjouée :

- Nos deux amies auraient déjà décidé de briser l'armistice ?

J'éclatai de rire devant la phrase.

Et, alors que l'adolescente s'éloigna dans la cuisine, j'aidai la brune à ramasser le verre pilé.

Celle-ci, après avoir observé rapidement les environs, demanda alors :

- Serons-nous plus qu'amies un jour ?

Je souria devant son attitude, apeurée à l'idée d'être prise en faute par Jenny.

C'était si enfantin. Si mignon.

- Emma ! Il n'y a aucun bonbon dans ses tiroirs ! C'est incroyable, viens voir ça !

J'éclatai de rire, suivie par Regina.

- On dirait que le devoir vous appelle.

Je me rapprochai alors de Regina, caressant du bout des doigts ses lèvres :

- Votre bouche m'appelle aussi…Mais plus tard ! dis-je, sur un ton malicieux.

Je commençai alors à prendre le chemin menant à la cuisine, parée à entendre les jérémiades de l'adolescente quand Regina continua de parler :

- Dois-je prendre ça, comme un oui ? Comme une possibilité d'un rapprochement plus poussé entre nous à l'avenir ?

Elle avait du mal avec les mots, à décrire cette relation étrange dans laquelle nous nous étions embarquées, mais j'aimais la voir acharnée.

Prête à n'importe quoi pour me faire craquer, prête à tout pour que nos destins soient liés.

Radieuse, je finis enfin par répondre, calmant alors sa nervosité soudainement apparente :

- C'est même certain.

TBC