Non vous ne rêvez pas ! Me revoici !

Après maintes tumultes, notamment une absence d'inspiration, voici un nouveau chapitre.

Je m'excuse de l'attente et espère que ce chapitre comblera votre frustration.

Je compte bien évidemment à m'atteler rapidement pour vous fournir une fin malgré ce manque de SQ dans la série.

(Merci encore à celles qui m'ont énormément touchées par leurs merveilleux compliments.)

A LA CROISEE DES CHEMINS.


CHAPITRE XI : Le Chaos.


Un bruit strident m'éveilla.

Dans la pénombre de la nuit, mes paupières oscillaient difficilement entre un profond sommeil et la dure réalité de la vie.

Je cherchai à tâtons la présence de la brune sur le sofa, son doux parfum fruité embaumait encore mon esprit.

Le choc fut brutal.

La place de Regina était vide.

- Tes parents sont en chemin.

Je sursautai immédiatement en entendant la voix grave de Regina.

Elle était postée à la fenêtre du manoir donnant une vue à l'extérieur.

Je m'enquis de la rejoindre, posant une main réconfortante sur son épaule.

Nos perpétuels désaccords avec Jenny semblaient l'épuiser.

- Mary Margaret veut certainement savoir comment je me porte. Je ne l'ai pas vue depuis notre retour ! répondis-je, ne dédaignant pas jeter un œil à mes proches qui arrivaient près de l'allée.

Il me fallait encore un peu de temps pour digérer la présence de ces nouvelles alliances magiques inimaginable.

J'éprouvais tout de même des sentiments pour l'ennemie jurée de tout un peuple.

- Et elle vient s'enquir de ta santé avec une épée en main ? Drôle de manière !

J'en ouvris moi-même la fenêtre pour m'en assurer.

Nos vies allaient être chamboulées.

- Quoi ?! Comment ont-ils pu retrouver la mémoire ? Je n'ai comme même pas levé une malédiction simplement en parlant avec toi ! m'écriais-je, en haussant le ton.

Regina semblait tout aussi dépassée que moi par l'urgence de la situation :

- Il aurait normalement fallu un vrai baiser d'amour pour libérer leur passé ! C'est bien pour ça que je me disais qu'ils ne retrouvaient jamais leurs souvenirs.

- Mary Margaret a déjà embrassé David durant notre séjour et il n'y a pourtant eu aucun changement ! Pourquoi tout arrive d'un coup sans qu'on soit prévenues ?! dis-je, en tentant de trouver ce qui avait pu provoquer la venue de ceux que je considérais encore comme amis, tout en sachant leurs réelles identités.

Je fis les cents pas, tournant en rond autour du salon, affolée, avant que Regina n'empoigne un de mes poignets pour me faire face et cesser toute agitation :

- Quelqu'un nous a devancés.

Les escaliers grincèrent, me faisant sursauter.

Avant d'avoir fait le moindre pas pour me défendre, Regina s'avança, me poussant à l'arrière.

Son désir de protection me fit sourire.

Elle s'était attachée à moi.

- Dans le mille !

La silhouette qui longeait les marches finit par se dessiner et révéler le visage de l'adolescente que j'avais pensé innocente et en détresse.

Je fronçais les sourcils dès que je compris qu'elle était l'instigatrice et la cause de ce raffut.

J'avais été trahie.

- Jenny ?! Comment as-tu pu faire une chose pareille ?! hurlais-je, déboussolée.

Les larmes me montaient aux yeux tant je me sentais ridicule de lui avoir céder ma confiance trop rapidement contrairement à la méfiance de la brune.

Regina avait vu juste.

- Tu es tombée bien bas ! susurra Regina, en lançant un regard noir à la jeune fille.

Celle-ci rétorqua naturellement :

- Pas plus que la méchante Reine.

Il me sembla voir la mairesse trembler l'espace de quelques minutes.

La remarque l'avait touchée au plus haut point.

- Ce côté sombre n'existe plus. Toi, tu entaches ton présent ! lançais-je, en rebroussant le bras de Regina qui me repoussait de toutes ses forces à l'écart.

L'adolescente ricana avant d'hausser les épaules.

Son comportement était si semblable à la Regina hargneuse à laquelle je m'étais confrontée sans relâche depuis mon arrivée à Storybrooke.

- Après tout ce que Regina a fait pour toi, tu trouves le moyen de la faire souffrir ! Comment peux-tu faire ça ?! Toi qui étais si gentille, si reconnaissante et aimante ! Comment les apparences peuvent – elles être aussi trompeuses ?!

J'avais besoin d'évacuer ma rage tant ma désillusion était profonde.

- Je trouve le moyen de l'éloigner de toi. Je te préserve ! s'exclama l'intéressée, en me pointant du doigt.

Je soupirai, avant d'observer les pupilles claires.

Jenny était jalouse.

- Je n'ai pas proposé à Emma de rester ici pour la tuer ! clama Regina, d'une voix douce.

- Tu le voulais !

Je les observais se disputer ne sachant comment mettre fin à ce cauchemar.

Cela finirait mal…

- Je suis tombée dans mon propre piège ! Je…Je n'ai pas pu ! Je l'avoue, j'ai eu l'occasion à de nombreuses reprises durant ce séminaire, mais je n'ai jamais rien tenté ! Pourtant, Dieu sait que j'ai voulu en finir avec Emma. Il y a quelque chose qui m'en empêche ! Je n'arrive pas à mettre un nom sur ce sentiment, mais ça me dépasse.

Jenny s'approcha de son ainée, posant sa paume contre la jugulaire de Regina.

La brune n'esquissa aucunement l'attaque, les doigts fins qui enserraient son cou pour l'étouffer.

Regina semblait bien courageuse, si dévouée à sa rédemption.

J'en étais tellement fière.

- La tuer aurait été trop facile n'est-ce pas, Regina ?! Il fallait frapper plus fort et la faire tomber amoureuse ! hurla Jenny, rouge de colère.

L'adolescence semblait en transe, en phase à un comportement psychotique :

- Les rôles ont changés, non ? C'est toi la plus faible à présent !

J'avançai pour m'interposer, mais Regina leva la main pour m'arrêter :

- Les mots font parfois plus mal que tout geste. A ce propos, te laisser sur la route aurait été une bonne idée finalement.

La respiration de la brune se fit plus hachée, haletante tant l'adolescente resserrait sa prise.

- Je ne te conseille pas d'essayer de m'achever ! clama Regina, en faisant apparaitre une boule de feu.

J'écarquillai les yeux en voyant que l'affrontement verbal se métamorphosait en une bagarre physique.

L'urgence était telle que la seule idée que j'eue fut d'entrelacer mes doigts avec ceux de la mairesse si bien que la flamme me brûla.

Mon intervention fit réapparaitre une certaine accalmie, à mon plus grand bonheur.

- Tu es folle ou quoi ?! cria la mairesse, furieusement, avant de faire disparaitre la chaleur qui avait rougie ma peau.

- J'arrête cette guerre inutile ! On a un problème bien plus important à résoudre ! clamais-je, en pensant que régler leurs différends de cette manière était ridicule et enfantin.

Des coups résonnèrent à travers la porte d'entrée.

Mes parents étaient tout près.

- Regina !

Je frissonnai en entendant mon ancienne colocataire appeler la mairesse.

Ceci fut suivi d'un coup d'épaule dans la porte qui commença à céder.

- Tu ferais mieux de te rendre ! déclara Jenny, en souriant malicieusement.

J'eus envie de la frapper tant elle m'exacerbait à se frotter les mains vigoureusement et à se délecter de la prochaine confrontation.

- Je n'ai pas l'intention de fuir. Je mérite de subir les conséquences de mes actes ! clama Regina, d'une voix calme.

Je fus aussi troublée que Jenny devant la réponse de Regina tant elle paraissait inattendue, la magie pouvant l'aider à s'éclipser facilement.

Regina, déterminée, fini par s'assoir devant la porte d'entrée sous mon air ébahit.

Je ne la laisserais pas courir à sa perte.

- Je te protégerais ! dis-je, sur un ton ferme.

Le regard éperdu croisa mes yeux emplis de bonne volonté et de tendresse.

Je lui tendis ma paume :

- Prends appuis ! Je serais à tes côtés pour te soutenir.

Regina souria pour la première fois depuis qu'elle aperçue l'arme de Mary Margaret.

Je fus ravie de la voir se relever.

L'union fait la force.

- Comment oses –tu ?! s'égosilla Jenny, en grimaçant.

- Et toi ?! Comment as –tu osé livrer la vérité à mes parents alors que je ne suis pas prête ?! répliquais-je, en tenant tête à l'adolescente.

Elle avait commis l'irréparable.

- Tu ne l'aurais jamais été.

J'échappai un rire nerveux devant ma colère qui faisait battre mon cœur à toute allure, mon sang qui compressait mes veines et les agissements malveillants de l'être démuni que j'avais recueilli et tant défendu à envenimer mes rapports avec Regina :

- Qui es-tu pour dire ça ?! Leur donner la vérité sans me prévenir, tu sais à quoi ça rime ?! C'est un coup bas pour la mère que je rêvais d'être pour toi.

- Elle t'aime ! se justifia Jenny, en arquant un sourcil.

Un vague sourire se dessina sur mes lèvres quand je vis que la brune ne contredisait pas les dires de Jenny.

- Et alors ?! Je suis assez grande pour repousser Regina, tu n'étais pas obligé d'en venir aux extrêmes ! As-tu au moins pensé à notre petit garçon ?!

Jenny ouvrit la bouche, mais la porte d'entrée céda avant de s'ouvrir à la volée, à mon plus grand désagrément.

Il était temps d'affronter le pire.


La douleur.

Ce fut le premier sentiment auquel mon épiderme fut confronté quand Snow me gifla, le regard emplit de haine.

Je la laissai pourtant me frapper, ne quittant pas des yeux une Emma complétement hagarde et impressionnée par la violence des faits, hésitant sur le partit à prendre.

- Où est passé mon bébé ?! hurla Snow, en me secouant.

Je jetai un coup d'œil à Jenny, en souriant :

- Apparemment, ta tentative n'a pas totalement fonctionnée…

- Tais – toi ou je t'assomme ! répliqua celle-ci.

J'eus du mal à ne pas rire devant l'air perdu du couple.

Jenny ne semblait n'avoir réussi qu'à faire renaître des bribes de leur vie antérieure, effaçant totalement leur présent, aucun ne se souvenant d'avoir été institutrice ou shérif.

Je n'étais donc pas une cause perdue.

- Qui êtes-vous ? quémanda Snow, en déplaçant son épée, auparavant accolée à ma gorge, pour menacer Emma.

La concernée abaissa la lame doucement, signifiant qu'elle n'avait aucun plan perfide en tête avant de se faire entendre :

- Je suis Emma.

La réponse fut brève et cinglante, Snow ajustant la pointe de l'arme contre la chair de sa fille.

Je fus soudainement terrifiée à l'idée qu'elle puisse être blessée.

Emma ne méritait que d'être aimée et choyée, bercée par l'amour maternel duquel elle avait été privée.

- Mensonge ! J'ai quitté mon enfant alors qu'il venait de naitre ! s'écria Snow, furieuse.

- J'ai grandi. Cette malédiction que Regina a lancée, elle a durée…tenta de justifier Emma, posément.

Je l'entrevis m'implorer silencieusement de l'aider en me suppliant du regard.

Que faire alors que j'étais encore perçue comme une menace ?

- Ca expliquerait pourquoi nous sommes au milieu de nulle part au lieu d'être dans notre château ! intervient alors David, calmement.

Snow hocha la tête avant de reporter son attention sur la blonde :

- Prouve –le !

- Dans mon manteau, il y a un article sur ma naissance que je garde toujours avec moi. On m'a retrouvée au bord d'une autoroute, un petit garçon m'a récupérée…

Emma semblait plus confiante quand le visage de son père s'illumina :

- Pinocchio ! Comment sais-tu qu'il était dans l'armoire, lui aussi ? Seul Snow, moi et les nains sommes au courant !

- Il n'est pas dans ses poches ! déclara Snow, après avoir fouillé le vêtement.

La peur se retranscrivait sur le visage d'Emma :

- Je vous assure qu'il y était !

Emma soupira en découvrant l'air satisfait de Jenny :

- Tu me l'as volé ! s'exclama-t-elle, bouche bée.

- Il faut croire que voler, c'est de famille ! rétorqua l'adolescente, en souriant.

J'aurais presque répliqué si mon attention n'était pas uniquement focalisée sur la réaction des parents d'Emma.

- Si tu sais que Pinocchio était là, tu ne peux être que notre bébé ! s'exclama David, en baissant sa garde.

- Si tu savais comme on t'a recherché ! Tout ça aurait pu être évité si Regina ne nous avaient pas séparées ! s'écria Snow, tout en enlaçant sa fille.

Je ne pus m'empêcher de répliquer face à l'arrogance de celle qui avait brisé ma vie toute entière :

- Oh, Snow joue la victime…

- Mais nous sommes tes victimes ! Tu es responsable ! répondit –elle, sur un ton vif.

- Moi, coupable ? J'ai d'abord été la victime de ta trahison ! Tu as condamné mon vrai amour ! m'écriais-je, plus qu'énervée.

- Quand on sait le nombre de vie que tu as enlevés…Enlever la tienne soulagerait énormément de monde, malheureusement on a besoin de toi. Nos amis n'ont pas retrouvés la mémoire ! déclara Snow, en fronçant les sourcils.

- La malédiction n'a pas été brisée en entier ! rappela Emma, à contrecœur.

- Je vous ai bien dit qu'il fallait un vrai baiser d'amour ! insistais-je, sur un ton ferme.

- On a essayé, mais ça ne marche pas ! intervient David, déçu.

Je grimaçai en imaginant le couple s'embrasser.

- Il ne te reste qu'à nous aider à trouver un remède avant qu'on mène un procès contre toi. On sera peut-être un peu plus clément…proposa Snow, sur un ton grave.

Emma répondit à ma place :

- Avez-vous pensez à Henry dans tout ça ?

Mon ancienne belle-fille sembla surprise :

- Le père de Regina ? Ca fait bien longtemps qu'il est mort !

- Non ! Je parle d'Henry junior. Enfin, Henry mon fils ! narra Emma, hébétée qu'ils ne se souviennent plus du garçon.

- On est grands-parents ? lança Snow, suspicieuse.

- On a vraiment loupé des épisodes ! déclara David, joyeux, mais étonné.

- Regina s'est occupée d'Henry comme je ne l'aurais jamais fait. Il serait peut-être temps de faire la paix ! proposa Emma, calmement.

Snow refusa immédiatement :

- Non !

- Dommage pour vous, à être autant radicaux, vous allez encore perdre vingt –huit ans de sa vie…soupirais-je, pensant qu'ils faisaient une erreur alors qu'ils quittaient les lieux.

Emma observa l'âme en peine ses géniteurs déserter ma bâtisse, enfouissant son visage entre ses mains :

- Ils sont tellement différents de ce que j'ai pu connaitre !

Devant les lamentations de la blonde, je tentai de la rassurer :

- Ils retrouveront le reste de leurs mémoires plus tard.

Elle releva la tête, essayant de se convaincre que ce que je proclamais était véridique avant de lancer :

- Tu n'as pas dit non quand j'ai proposé cette histoire de trêve.

Un sourire malicieux se dessina sur mes lèvres :

- Peut-être parce que je suis majoritairement pour.

La blonde souria tout autant avant de poser son regard en haut des escaliers.

Jenny était partie. Certainement avec la famille Charming qui la voyait comme bienfaitrice.

- Elle a voulu se débarrasser de toi dès le début et je…commençai Emma, d'une voix faible.

Je la coupai immédiatement, insistant sur l'idée qu'elle n'était aucunement fautive :

- Je n'ai pas été non plus la belle-mère de l'année.

Emma semblait soudainement anxieuse, jouant nerveusement avec ses doigts.

- J'ai besoin d'un remontant ! déclara celle-ci pour justifier son état.

- Du cidre ? demandais-je, tout en réquisitionnant toutes les bouteilles d'alcool que je possédais.

- Quelque chose de plus fort ! insista Emma, sur un ton ferme.

- Du vin ? quémandais-je, en pointant du doigt le buffet.

Emma secoua la tête, fit quelques pas timidement et m'enlaça fortement avant d'avouer :

- Voilà ce dont j'ai besoin.


- Je te dois la vérité.

A nouveau sur le sofa, dans les bras de l'angélique brune, je soupirais d'aise.

Je jouais avec une de mes mèches de cheveux, espérant oublier cette envie irrésistible de l'embrasser.

Les lèvres rouges sang se faisaient désirer…

- La dernière fois que tu as prononcé le mot « vérité », tu m'as avoué avoir été la méchante Reine. Dois-je avoir peur ? demandais-je, en dévisageant Regina.

La concernée baissa les yeux au sol avant de répondre :

- Ta mère a tué mon vrai amour.

Regina semblait convaincante bien qu'après avoir parcouru la pluparts des récits du livre de mon fils, aucuns éléments ne mentionnaient ce drame.

- Les contes n'en disent rien…dis-je, en faisant virevolter les pages.

- Un livre ne serait pas suffisant pour décrire toutes les horreurs qui se sont déroulés ! répondit Regina, en fermant le celui-ci.

J'imaginai alors la scène dont avait été Regina témoin, de son idylle freinée en pleine essor, de cet énorme chagrin qui l'avait envahi.

Mary Margaret était donc une meurtrière.

- Tu t'es vengé, je présume !? dis-je, persuadée que Regina avait eu droit à une revanche.

Celle-ci répondit ironiquement :

- Exact ! C'était facile à deviner, n'est-ce-pas ?

Son ton railleur se perdit rapidement quand elle tenta de s'expliquer.

La douleur était toujours présente et lancinante.

- Snow a nui à mon bonheur, je n'ai fait que lui rendre le…

Les mots ne semblaient pas vouloir sortir, tant les traits de son visage démontraient sa tristesse.

Je finis alors par combler sa réplique avec la phrase appropriée :

- Tu lui as renvoyé le boomerang !

Les yeux noisette perdirent de leur éclat pour vaguer dans le vide de la pièce et y emmener un silence effrayant.

Angoissant tant il dura.

- Vu la colère que ma mère te porte, je supporte que le conflit n'a jamais cesser ? Qu'il n'y a jamais eu de trêve entre vous ?! demandais-je, par curiosité.

Regina fit volte-face, en fronçant les sourcils, tentant de se remémorer s'il y avait eu un armistice un jour entre le mal et le bien.

Mon cœur se brisa tant ses yeux exprimait son désarroi, tant ils répondaient à sa place.

Il y avait eu tant de tentatives échouées, insolvable à cause de ce que Regina était devenue.

A présent, la mairesse paraissait si honteuse d'avoir pu perdre la raison au point d'en côtoyer la folie que les larmes s'échappèrent facilement pour se glisser sur ses joues.

- Tu la crois capable d'arrêter de me détester ? demanda-t-elle, en sanglotant.

Mon cœur se serra devant la fragilité que la silhouette tremblante dégageait.

- La question est surtout : serais-tu capable de lui pardonner ? répliquais-je, en lui tendant à nouveau ma main.

Elle n'avait qu'à poser sa paume sur la mienne comme à l'arrivée de mes parents pour que la réponse à mon interrogation devienne positive.

Sa réaction fut toute autre.

La mairesse se leva brusquement, reprenant l'attitude hautaine qu'elle contrôlait parfaitement avant de déclarer froidement :

- Je vais aller voir Henry.

J'allais intercepter un de ses bras pour l'en empêcher, mais elle se dégagea de mon emprise.

Elle semblait redevenir cette Regina Mills désagréable que j'avais pu rencontrer.

- Il serait peut-être judicieux que tu retournes chez Mary…Enfin Snow ! se reprit –elle, en effaçant les sillons humides qu'avaient laissés ses sanglots.

Regina Mills redevenait une battante.

Une guerrière qui n'avait, comme à l'accoutumée, nullement besoin d'Emma Swan.

- Je suis restée ici pour t'aider. Je resterais donc comme cela était prévu ! lançais-je, en secouant la tête, déterminée.

Je n'étais pas prête à quitter les lieux alors que je les avais investis il y a peu, alors que j'acceptais seulement depuis peu mes sentiments plus qu'amicaux à l'encontre de la brune.

Je ne me laisserais pas rejeter.

- Tu m'as aidée en me défendant devant tes parents. Je t'en remercie, mais ta place est près des tiens. Tu as le droit à une famille, profites – en parce que c'est horrible de ne plus en avoir. Je sais ce que c'est de devoir choisir entre sa famille et l'amour. C'est pour ça que je vais choisir à ta place.

Je n'eus pas le temps de répliquer, Regina avait déjà disparue accompagnée d'une flopée de fumée violette.

N'avais-je été qu'une distraction pour elle ?


Il me fallut me résigner à clore mes valises, effacer de ma tête toute idée de relation avec Regina pour retourner à mon ancien appartement, l'âme en peine.

Je n'allais pas m'entêter et la forcer à succomber à mon charme.

Ce n'était tout simplement pas réciproque.

- Qui êtes-vous ?!

La porte venait de s'ouvrir à nouveau pour laisser entrer une inconnue.

Je sursauta en la voyant bloquer toutes les issues possibles en levant un bras.

- Regina n'a pas fait les présentations ? Oh, c'est mesquin de sa part ! déclara celle-ci, contrariée.

J'arquai un sourcil, maintenant une certaine distance entre nos deux corps.

Qui pouvait donc être cette femme drapée de noir ?

- Vous êtes une amie ? demandais-je, pensant qu'elle devait certainement être une des habitantes de la ville qui venait de retrouver la mémoire.

- Regina n'en a jamais eu. On ne pas la blâmer avec une mère comme moi ! rétorqua mon ainée, d'une voix douce.

Je me figeai.

Jamais la mairesse n'avait évoqué une image maternelle, privilégiant son père défunt.

- Regina a une mère ?! m'écriais-je, surprise.

- C'est vrai qu'on peut en douter vu le peu de fleurs qui florissent ma tombe ! clama celle-ci, sur un ton ironique.

Je secouai la tête, n'admettant pas l'idée que Regina m'ai caché l'existence de sa génitrice.

- Vous êtes aussi un personnage de contes, je suppose ? La petite sirène ? Ou peut-être… demandais-je, sur un ton ironique.

L'inconnue qui me faisait face semblait perdre patience.

- Mangez au lieu de dire des âneries pareilles ! s'écriait –elle, en faisant apparaître un fruit qu'elle me tendit.

- Une pomme ? Et je devrais croquer dedans sachant que vous pouvez être la mère de celle qui fut la méchante Reine ?! m'écriais-je, en refusant sa demande.

Je tentai de m'éloigner en faisant quelques pas en arrière, mais elle m'empoigna avec rage le poignet, manquant de le tordre.

- C'est un ordre !

Je fis de mon mieux pour lutter :

- Je ne compte pas faire un remake de Blanche-Neige !

Elle sembla sourire devant la situation ridicule, ma mère ayant elle aussi subi les affres du fruit défendu.

- Qui vous dit qu'elle est empoisonnée ? demanda la mère de Regina, sur un ton suspicieux.

- Vous n'auriez pas attendu le départ de Regina pour venir ici si vous étiez bienveillante ! répondis-je, en fronçant les sourcils.

Mon interlocutrice éclata de rire :

- C'est qu'elle est futée !

- Et au nom de quoi me suiciderais-je ? lançais-je, en jetant un œil à la pomme.

- Je tuerais un à un les membres de cette ville si vous ne vous dépêchez pas. Une bouchée suffira ! répondit l'inconnue, en approchant la nourriture.

- Regina vous en empêchera ! dis-je, une lueur de défi dans le regard.

Je tentai désespérément de chercher une sortie, ne sachant combien de temps nos piques verbales suffiraient pour calmer son étonnante soif de meurtre avant que je n'avale cette pomme.

De gré ou de force.

- Vous surestimer ses forces. Elle n'a même pas pu me tuer de ses propres mains ! Elle est trop lâche et trop attachée à moi pour m'éliminer vraiment !

Elle ne pouvait que mentir.

- Je ne vous crois pas ! déclarais-je, sur un ton ferme.

Mon interlocutrice me tendit le bouquin d'Henry avant de répondre :

- Et pourtant, elle m'a envoyé dans un autre monde que cette ville atypique au lieu d'en finir avec sa mère adorée. Lisez par vous-même !

Je ne pus m'empêcher de pleurer en découvrant qu'elle avait raison, un chapitre était dédié à l'apparition d'une certaine Cora, au milieu du monde d'Alice au pays des merveilles, envoyée par sa propre fille.

La menteuse était Regina.

- Le problème de Regina est l'amour. Elle s'y perdrait elle-même. Et c'est ce que je veux éviter ! narra Cora, sur un ton ferme.

Je haussai les épaules, ne comprenant pas l'insinuation de la Reine de cœur, nommée ainsi dans le paragraphe qui m'avait complétement chamboulée.

Regina m'avait –elle dissimuler d'autres choses ? Comment en était – elle venue à déclarer non seulement une guerre perpétuelle à Mary Margaret, mais à s'en lancer dans une autre contre sa propre mère ?

Tout semblait confus dans mon esprit…

- Regina ne m'aime pas alors…commençais-je, remettant le couteau dans la plaie, évoquant à nouveau mes sentiments non partagés avec la brune.

- Elle peut feinter, le rejeter, mais vous êtes son vrai amour. Daniel était surtout son premier amour.

A l'écoute de cette phrase, mon cœur se mit à battre la chamade.

Un brin d'espoir m'envahit soudainement, illuminant mon visage.

Tout n'était pas perdu.

- C'est vous qui l'avez tuez ? demandais-je, assimilant maintenant le fait que Cora et Regina avait eu les mêmes idéaux sanglants.

- Votre mère m'a mise sur sa piste, je n'ai fait que lui arracher le cœur.

Tout semblait clair à présent.

Regina s'était débarrassée de sa mère notamment à cause de ses ambitions terrifiantes pour sa fille.

- Pourquoi n'aurais-je pas le même traitement ? demandais-je, par curiosité.

- Regina comprendrait automatiquement que c'est moi. En mordant dans cette pomme, on peut penser à n'importe quel être maléfique. Même à Rumpelstinskin.

Je grimaçai à l'écoute de ce nom imprononçable :

- C'est qui encore celui- la ?

- Vous n'avez pas lu l'ouvrage de votre fils en entier ?! Comme c'est dommage !

Je haussai les épaules, seule ma survie comptait :

- Et une fois que je serais morte, vous pensez récupérer Regina ?

Cora souria cruellement, se frottant avidement les mains.

J'avais déjà vu quelqu'un exécuter le même geste avec une expression similaire sur le visage, mais le nom de cette personne m'échappait.

- C'est une certitude. Le chagrin dissipera toute sa rancœur. La famille, c'est sacrée ! s'exclama mon interlocutrice, ravie de son plan.

- Vous voulez récupérer Regina en me massacrant ?! On aura tout vu ici ! m'exclamais-je, pensant que je n'avais jamais eu de chance depuis mon arrivée à Storybrooke.

La preuve en était vu que j'étais tombée amoureuse de la pestiférée du quartier.

- Elle vous enterra et trouvera du réconfort auprès de moi.

Je la frappai à l'épaule, mais ce fut comme si le coup n'avait pas été donnée.

Cora n'avait pas bougée.

- Je ne vous laisserais pas l'enfoncer dans les ténèbres ! hurlais-je, horrifiée à l'idée que Regina entache sa quête de rédemption.

- Avec votre décès, le bien et le mal s'affronterons. Hors de question que je laisse Regina seule ! s'écria Cora en saisissant violemment mon menton pour me forcer à ouvrir la bouche.

- Je ne mangerais pas cette pomme. M'arracher le cœur irait plus vite, je suis têtue ! déclarais-je, en me débattant.

Un poing rageur toucha mon front, mon corps tombant au sol avec une facilité incroyable.

Ma tête tapa si fort la marche en bois que j'en perdis connaissance.

Cora avait gagné.

TBC