Yui...Sekine...Irie...J'espère qu'on se reverra...
Je disparais, comme tout le monde, après cette dernière bataille, celle qui signe la fin de notre lutte contre Dieu, le pardon envers nos vies, l'acceptation de ce passage de l'autre coté, de ce bonheur qui nous est offert. La fin du SSS. Tu l'avais compris en premier, pas vrai, Masami ?
Toi, mon modèle depuis mon réveil dans ce purgatoire, tu ne sais pas à quel point j'ai été bouleversée quand tu as disparu... Oh ! Il n'y avait pas que moi ! La petite Yui pleurait, je crois, Irie et Sekine n'ont rien pu articuler... même cette inexpressive Yusa à eu l'air choqué … ton absence a formé un creux dans le Front...
Mais maintenant, nous avons compris cela, qu'il faille passer à autre chose. Alors nous disparaissons. Nous abandonnons. Nous acceptons, tout simplement.
Iwasawa Masami...je te promet que nous nous reverrons, que nous formerons de nouveau un groupe...j'espère simplement que tu m'as attendue. Je te rejoins.
Je la vois enfin, cette lumière. Comme une rédemption, un espoir de vivre la vie que je n'ai pas pu avoir... j'avais des rêves. Nous en avions tous. Cette fois, nous pourrons les vivre !
Je n'ai jamais raconté mon vivant à personne, comme pour refouler, effacer ces images du passé, que je croyais révolu.
Et pourtant, je disparais, et ces sont ces souvenirs qui défilent devant mes yeux...
Je vivais dans une banlieue dépravée, sale, laide. Ici, les gangs étaient en guerre permanente, et souvent, entre ces immeubles gris et tristes, giclais le sang rouge et chaud d'un humain tombé du mauvais côté. On entendait souvent des bruits de fusillades, de bagarres... je n'ai rejoins aucun des ces groupes, je voulais simplement vivre tranquille, moi, la grande brune imbattable au Mah-jong...
J'étudiais, je jouais de la musique avec des gens de mon lycée... j'étais largement au-dessus du groupe, selon le professeur. Un jour, celui-ci m'a proposé de passer une audition, pour un conservatoire. Un pensionnat. J'ai eu le fol espoir de pouvoir quitter ces tours glauques, de ne ne plus avoir peur, d'avoir un avenir j'ai accepté. Et j'ai passé l'audition.
Tout est allé très vite, après. J'ai été acceptée, j'ai fait mes valises, je suis partie de chez moi. Mais en sortant de mon immeuble, une fusillade a éclaté. J'ai voulu me réfugier, mais trop tard. Je m'était prise une balle perdue.
Je me suis réveillée dans cet endroit...et je m'apprête à le quitter. Une balle perdue ?
Pas pour tout le monde...
