Bonjour ! ^^
Voilà le premier chapitre, un peu mieux, j'espère, que le prologue. Je tiens à vous prévenir tout de suite : vous ne reconnaîtrez pas Naruto dans ce premier chapitre, et je pense que pour certaines choses il sera assez OOC dans les suivants.
Merci à ceux qui me lisent et me laissent des com' !
Bonne lecture ^^
Narya
Chapitre 1 : Souvenirs perdus…
- Où suis-je ? demanda Noa, attirant tous les regards sur elle.
Tous les hommes présents éclatèrent de rire. Pour les deux prisonniers enchaînés comme elle, c'était un rire nerveux, amer ; pour ceux devant la grille, c'était le sadisme et l'ironie qui ressortaient le plus.
- T'es sérieuse ? demanda un des détenus en face d'elle, un blond aux cheveux en bataille et aux yeux bleu ciel.
- J'ai l'air de rire ? rétorqua-t-elle.
- On est en Australie, en plein désert, répondit d'une voix grave et posée le second à sa droite, un roux aux yeux marron et au visage délicat, presque enfantin. Direction Alcatraz.
« Alcatraz ? En Australie ? C'est quoi ce bordel ? » pensa-t-elle. « Et qu'est ce que j'vais faire là-bas ? »
- Et en quel honneur ? insista-t-elle quitte à paraître ridicule.
Sur ces mots, ils éclatèrent tous les quatre d'un même rire, distinct, moqueur et amusé. Il remplit ses oreilles pendant quelques secondes, mais l'homme à la peau blanche et aux cheveux rouges presque bordeaux fut le premier à lui répondre.
- C'est une prison. La pire. La mieux gardée. La plus infernale. La plus sécurisée.
- C'est là où on enferme les gens dans votre genre, répliqua le gardien passager avec un sourire mauvais.
- Et qu'est ce que j'ai fait ? répliqua-t-elle.
Le silence complet prit place. Trois des quatre hommes la regardaient comme si elle était folle, le quatrième observant la route religieusement. Ils avaient tous la bouche légèrement entrouverte et le blond secoua la tête brusquement.
- Te fous pas de nous, c'est pas pour rien qu'ils ont pincés la criminelle n°1 et qu'ils l'ont envoyée, soi-disant « par erreur », dans la meilleure prison pour mecs du monde.
Elle resta abasourdie. S'il y avait bien une chose qu'elle ignorait, c'est où était exactement cet endroit vers lequel elle se dirigeait et ce qu'elle avait fait pour y placer une carte à son nom. Le problème, c'est qu'apparemment, elle était bien la seule…
- Vous pouvez m'expliquer tout ça clairement ou merde ? s'énerva-t-elle.
Le blond en face d'elle soupira, les deux gardiens rirent sadiquement devant l'attitude de la jeune femme mais le roux fut le seul à lui donner une réponse, encore une fois.
- Tu t'en souviens plus ? demanda-t-il.
- Non.
- Eh bien, c'est parti.
Elle concentra son attention et ouvrit son esprit à toute éventualité.
- Tu as cinq kidnappings avec demande de rançon obtenue sur les bras, en revanche aucun mort n'a été déclaré, puis vingt-trois braquages parfaitement exécutés, toujours sans témoins et sans morts, sans quasiment aucune preuve, deux assassinats parfaitement exécutés, avec là-aussi aucune preuve ou presque, énuméra-t-il. Le plus étonnant est que tu n'aies tué personne, en-dehors de ces deux hommes à la tête de la plus grosse mafia qui contrôlait une bonne partie du marché noir et illégal de la planète…
Alors comme ça, elle avait commis tous ces délits ? Pourtant, aucun mort à part ces deux hommes assassinés. Et apparemment, ils étaient du mauvais côté de la loi. Seulement, une chose l'intriguait…
- Pourquoi presque aucune preuve ? demanda-t-elle.
- Tu as à chaque fois laissé un dessin d'une edelweiss sur les lieux du crime, répondit le blond.
- Et comme une conne, t'as à chaque fois marqué ton nom dessus…, ironisa le gardien au volant.
Elle ne dit rien. Elle était certaine de n'avoir fait ça que pour de bonnes raisons. Elle se connaissait assez pour dire qu'il y avait quelque chose qui l'avait conduite pour chaque crime commis, et ça, elle n'en doutait absolument pas. Rien que la soi-disant « erreur » du gouvernement à la placer dans une prison d'hommes commençait à confirmer ses soupçons. Mais le seul problème était de récupérer avant tout ses souvenirs, puisqu'apparemment elle avait déjà vécu en ce monde…
Elle se raidit soudainement. Ses souvenirs ? Pourquoi les avait-elle perdus ? Elle afficha une grimace : la seule hypothèse qu'elle pouvait formuler la terrorisait plus que tout. Parce que, la seule fois où elle avait perdu la mémoire se trouvait être…
« Lorsque j'ai perdu mes bijoux permettant de voyager entre les mondes… » pensa-t-elle avec horreur.
Elle porta lentement ses mains tremblantes à son cou, l'effleura : rien. Le collier n'était pas là. Elle se dirigea vers ses oreilles, en vain. La lune et le soleil n'étaient pas à leur place non plus.
Laissant tomber ses bras, elle laissa son visage se décomposer. Comment parviendrait-elle à les retrouver, ces indispensables joyaux ? Elle l'ignorait.
Remarquant son état, les deux détenus la dévisagèrent avec attention. Elle les regarda tour à tour, passant d'un homme à l'autre, cherchant en vain sur leur visage une information quelconque pouvant confirmer ses soupçons, ou mieux, raviver ses souvenirs…
Elle observa d'abord le blond aux yeux bleu ciel ; sa peau naturellement hâlée comportait trois cicatrices à peu près identiques sur chaque joue, ressemblant à des moustaches. Son nez droit et plutôt pointu était froncé, sa bouche assez fine était tordue en une légère grimace. Il était plutôt grand, à première vue, et assez musclé quoique ce n'était pas un monstre comme on pouvait en voir dans certaines séries télé.
Le second était totalement impassible ; ses cheveux roux étaient assez courts, mais donnaient malgré tout une impression de négligence, ses yeux marrons étaient entièrement dénués d'expression. Sa peau pâle, son nez un peu retroussé et sa bouche fine semblaient de marbre tellement il était immobile.
En revanche, il avait l'air plus petit que le blond, plus menu, aussi. Ses muscles étaient plus fins, plus allongés. Pourtant, toute sa personne donnait l'impression qu'il était tout à fait estimable et… puissant, et cela forçait le respect.
Elle termina son examen des personnes se trouvant à côté d'elle en soupirant et en levant les yeux au ciel. Dieu qu'ils étaient beaux. Si tous les détenus étaient comme ça elle voudrait bien revenir là autant qu'elle pouvait…
Noa secoua violemment la tête, se réveillant soudain d'un rêve qui allait peut-être virer en cauchemar. Elle reporta son attention sur les deux hommes avec elle puis ouvrit enfin la bouche pour une question « sensée » :
- Je n'avais pas des bijoux avec moi ? Un collier et une paire de boucles d'oreilles ?
- Je sais pas, répondit le blond.
- Tu veux parler de ça ? chuchota sournoisement le gardien.
Il brandit, de sa main droite, juste derrière la grille, une chaîne en or avec un pendentif topaze et dans sa paume gauche se nichaient la lune d'argent et le soleil en or.
Noa fixa les joyaux avec une telle force que s'ils avaient pu, ils auraient certainement traversé la barrière.
- Ils sont trop précieux pour une fille comme toi.
- Rendez-les moi, ordonna-t-elle.
- Oh, ils auraient une certaine valeur pour toi ?
- Fermez-la. Rendez les-moi.
Il les agita sous le nez de la jeune femme, qui serra les poings sous l'effet de la colère.
- Pourquoi ça ? Serait-ce une personne chère à ton cœur qui te les aurait offerts… ? ricana-t-il.
- Vous ne savez rien de ces bijoux ! explosa-t-elle. Vous ne savez rien des mondes, vous ne savez rien de ce qui se passe autour de vous, vous ne savez rien ! Rien du tout !
- Pour l'instant celle qui ne sait rien, ici, c'est toi, répliqua-t-il calmement.
Elle resta un instant la bouche ouverte, puis secoua lentement la tête, prise de pitié et de dégoût.
- Peut-être que moi je ne sais pas ce qui se passe ici, mais je vais vite l'apprendre, murmura-t-elle de façon à ce qu'il l'entende. Et vous, que savez-vous du malheur ? De la mort, de la vie ? De la valeur de toute chose réellement importante sur cette terre ? Vous connaissez ça ? Hein ?
Il ne répondit rien, referma sa main sur les bijoux. La jeune femme se détourna pour fixer son attention sur un coin de mur qui avait l'air vide.
Comme elle, comme ses souvenirs dont elle se rappelait de la teneur amère. Pourquoi avait-elle parlé ainsi ? La connaissait-elle, cette douleur ? Cette mort dont tout le monde parle mais dont personne ne connait rien ? Oui. Elle connaissait tout ça. Elle avait perdu ses parents, sa sœur. Son petit ami. Son fiancé plus exactement. Ses amis l'avaient complètement rejetée. A présent il ne lui restait plus que son frère. Et elle venait de perdre tout moyen de le revoir…
Elle afficha une grimace. De douleur. Le vide qu'elle avait réussi à repousser revenait à la charge et de plus belle : il commença à lui nouer le ventre, à creuser un trou béant dans l'estomac qui lui coupa le souffle. Elle respira de grandes goulées d'air, en vain ; le néant s'avançait toujours plus profondément, grattant, creusant toujours plus loin, toujours plus fort. Les deux détenus avec elle la regardèrent sans rien faire, se demandant ce qui pouvait bien lui arriver.
Elle se pencha en avant, la bouche entrouverte, les yeux écarquillées, écarta ses genoux et agrippa la banquette de toutes ses forces, faisant blanchir ses jointures et plantant fortement ses ongles dedans. Elle cherchait l'air, se débattait intérieurement pour parvenir à le trouver, inspirant et expirant lentement et profondément. Pourtant, la sensation d'étouffement qu'elle éprouvait ne fit que s'accroître ; elle eut de plus en plus de mal à respirer et sa gorge se fit sifflante.
Ce fut lorsqu'ils entendirent ce son étrange provenant de sa gorge que les deux détenus s'inquiétèrent : ils s'approchèrent d'elle ; le blond la prit par les épaules, l'autre la fixant seulement, muet, sachant que rien ne pouvait être fait, sinon attendre.
- Mais putain, magnez-vous ! Vous voyez pas qu'elle est en train de crever ? cracha le blond à l'attention des gardiens.
Le passager se retourna, scruta un instant les trois prisonniers et fit signe au conducteur d'accélérer. Il ne se fit pas plus prier et écrasa littéralement la pédale d'accélérateur. L'autre regarda quelques secondes les trois joyaux dans sa main puis se retourna.
- Je te les filerai seulement si tu les mérite, ricana-t-il. Ce qui m'étonnerait que tu parviennes à faire.
Il marqua une pause, vit la jeune femme manquant d'air tourner son beau visage vers lui.
- Si tu commets la moindre erreur en prison, tu pourras leur dire adieu.
Ses yeux vairons s'ouvrirent un peu plus et elle cessa un instant de respirer. Erreur. Un mot qu'elle avait déjà entendu. Qu'elle avait déjà commis. Qui lui avait fait tout perdre…
Elle souffla d'un coup et sombra dans les ténèbres de l'inconscience.
