Bonjour !
Alors voilà le chapitre deux ^^ vous n'aurez pas le trois avant mi-août, puisque je pars en vacances :p
Il ne se passera pas grand-chose dans ce chap, dommage. Dans les suivants non plus, l'histoire se lancera véritablement après ^^
Bonne lecture ! (et com's, aussi ^^)
Narya
Chapitre 2 : Une arrivée ratée.
Noa ouvrit lentement les yeux sous le coup d'un cahot. Elle ne prêta que très peu d'attention à la faible douleur qu'elle ressentit au coccyx : elle se sentait surtout vidée et fatiguée.
La première chose qu'elle put apercevoir en ouvrant les paupières, étaient des cheveux blonds, deux yeux azur et un visage inquiet à quelques centimètres du sien. Elle resta perplexe quelques instants, fixant la figure tout près de la sienne, le temps que l'information arrive à son cerveau… elle recula brusquement, se cognant la tête contre le mur derrière elle par la même occasion.
- Aïe ! s'exclama-t-elle en se frottant l'arrière du crâne.
- Eh ben, t'en a mis du temps, sourit le blond en se redressant.
Elle le fixa sans comprendre, puis les souvenirs revinrent avec une précision inouïe, comme un poignard lancé en plein cœur. Ah oui… les souvenirs. Les douloureux souvenirs…
- Depuis… depuis combien de temps je suis évanouie ? demanda-t-elle.
- Juste dix minutes, répondit-il avec enthousiasme. T'as rien raté d'excitant.
Elle le scruta comme s'il sortait de l'asile puis haussa les épaules. Qu'est ce qu'il pouvait bien y avoir d'excitant dans le fait de se faire conduire à Alcatraz ? Rien.
- Au fait ! s'exclama le blond. Je suis Naruto. Uzumaki Naruto.
Il lui tendit sa main enchaînée dans un bruit métallique et elle fit de même. Ce Naruto lui adressa un sourire éclatant à faire pâlir le soleil, un sourire sincère qu'on ne lui avait pas fait depuis… longtemps. Mais elle se demanda simplement et surtout pourquoi ce changement radical d'attitude…
- Et lui, le roux là-bas, continua-t-il quelques secondes plus tard, c'est Sasori. Je l'ai jamais vu s'énerver !
- Et pourquoi vous allez à… Alcatraz ? demanda Noa avec une pointe d'hésitation. Et pourquoi ce changement d'attitude ? T'étais vachement sérieux tout à l'heure.
Il mit sa main derrière sa tête, gêné, se frottant la nuque. Un rire nerveux s'échappa de ses lèvres.
- Bah… en fait, se trouver en présence de la criminelle n°1 mondiale, c'est un peu flippant, avoua-t-il. Mais vu comment t'as réagi tout à l'heure, j'me suis dit que t'étais pas si mauvaise que ça…
Elle lui sourit mais ne prononça pas un mot. Lui, commença un récit sur sa vie et ses passions, qui semblait ne jamais devoir se terminer… il était là pour plusieurs homicides et accidents involontaires, un nombre incalculable à vrai dire, un record mondial ; surchargé de dettes et le gouvernement en ayant plus qu'assez de ces accidents sans fin, il fut amené à la prison d'Alcatraz. Raison mentionnée dans son dossier ? Danger public n°1, trop maladroit pour vivre en société.
Sa grande passion se trouvait principalement être : manger des ramens. Bon, ça c'était sa seconde passion, avait-il rectifié, la première étant de rester avec sa fiancée et de la taquiner… d'où certains hématomes et bosses plus ou moins développés.
Il lui relatait quasiment toute sa vie et Noa se demanda si elle ne préférait pas mourir que de rester à écouter ça jusqu'à l'arrivée. Elle plaignit par ailleurs la pauvre femme qui avait du habiter avec lui tous les jours… et pourtant, malgré le fait qu'il soit particulièrement bavard, la jeune demoiselle put remarquer qu'il avait eu assez de tact pour taire tout sujet sur ce qui s'était passé quelques instants auparavant… elle lui en fut infiniment reconnaissante.
La camionnette s'arrêta brusquement, manquant de les faire tomber tous les trois sur le sol dur, leur causant un choc à l'intérieur de la poitrine. Quelques secondes plus tard, Noa, remise de sa surprise passagère, quoiqu'encore étourdie, aperçut deux murs élevés, avec entre les deux un portail noir, renforcé de partout. De part et d'autre de cette porte démesurément grande et épaisse se dressaient deux tourelles, grises, ternes et terrifiantes, dont elle ne voyait pas la hauteur, étant dans toujours dans le minibus.
Les portières avant claquèrent, les faisant sursauter : les deux gardiens étaient descendus de la camionnette. Ils entendirent ensuite un bruit de clé et virent les portes juste derrière les barreaux s'ouvrir avec lenteur. Puis, le gardien conducteur glissa une carte dans une fente pour ouvrir le passage… la cage. Il les fit sortir tous les trois, les laissant « admirer » le lieu où désormais ils allaient crécher pour une bonne partie de leur vie, voire y crever.
Noa s'avança à l'extérieur, sous le puissant et aveuglant soleil du désert, le regard fixé au loin, lorsque que le gardien lui murmura à l'oreille :
- Souvient-toi : pas une erreur, sinon tes bijoux… pfuiit !
A l'entente de ces mots, elle se crispa pendant une fraction de seconde, mais son visage redevint immédiatement impassible. Elle entendit, avec rage, l'homme lâcher un ricanement sadique, eut une soudaine envie de l'étriper. Tentant en vain de se calmer et préférant ne pas commettre une stupide erreur tout de suite, elle se concentra de nouveau sur la prison.
Elle était tout à fait gigantesque. Ouverte sur un ciel d'azur parfait, située en plein milieu du désert, énorme, gardée par une dizaine de tours composée de cinq tireurs d'élite chacune. Le sol que ses pieds foulaient n'en était même pas un : seul le sable ocre chauffé par le soleil couvrait la grande cour décagonale* à l'aspect infernal. Les bâtiments où ils logeraient et mangeraient étaient situés face à elle : ils étaient grands, blancs, éclatants, presque collés à la muraille grise les séparant de la liberté.
Ce n'est qu'à ce moment qu'elle discerna le silence complet qui s'était fait chez les détenus dont elle venait tout juste de remarquer la présence.
Tous les regardaient. Tous. Beaucoup avec mépris, certains avec dégoût, d'autres avec admiration… et une plus petite minorité les fixait avec un regard glacial.
Elle les dévisagea. Elle aurait voulu les scruter un à un, mais cela lui aurait pris trop de temps, et le soleil d'Australie sous lequel elle se trouvait lui donnait une forte sensation de brûlure sur sa peau mate.
Malgré la taille de la prison, ils n'étaient pas tant que ça. Quarante en comptant très large. Elle sut tout de suite qu'ils étaient tous ou presque ces criminels sans scrupules à tuer, parfois aussi froids que la neige. Elle sut tout de suite qu'ils n'hésiteraient pas à lui mettre la main dessus. Elle sut tout de suite qu'elle allait se fourrer dans une merde noire en tant que femme.
- Heu, salut… ! tenta maladroitement Naruto, brisant le silence pesant.
- Tu perds ton temps, gamin, alors au lieu de dire des conneries, avance ! ordonna le gardien venu les chercher.
Noa s'avança dignement parmi la « foule » de détenus, droite, fière, plissant les yeux pour les protéger du soleil. Naruto et Sasori suivaient derrière, silencieux eux aussi. Ils traversèrent ainsi, dans le plus grand calme seulement coupé par leurs pas et les violents coups de vent chaud et sec.
La jeune femme arriva enfin devant un portail noir, grand, épais, renforcé de plusieurs barreaux. Il devait faire une vingtaine de mètres de haut, étant légèrement plus petit que les murailles les encerclant. Le gardien passa devant eux sans un mot, pressa son pouce sur une surface à empreintes digitales et ils purent voir cette masse de titane et d'acier s'ouvrir dans un silence à couper le souffle.
« Pétard, mais combien de temps par jour ils passent à huiler les gonds pour obtenir un résultat pareil… ? » se demanda Noa.
L'homme les guidant recula, puis leur indiqua sans un mot l'allée devant eux. Ils s'avancèrent et quand il eurent passé le portail lugubre et qu'il se referma sur eux, ils purent voir que six hommes armés allaient les escorter jusqu'aux cellules qui leurs étaient destinées.
La jeune femme frissonna en remarquant toutes les armes qu'ils avaient à portée de main : une kalachnikov dans leur dos, un sniper dans les bras, un 9 millimètres à une cuisse, un poignard pendu à l'autre, un petit coutelas au mollet, un mini-pistolet dans la chaussure, et, rajoutées à tout ça, quatre grenades ainsi qu'un nombre égal de bombes lacrymogènes.
Se détournant de cette vision peu engageante, elle se laissa entraîner vers le bâtiment blanc qui lui servirait désormais de « maison ». Même si seulement quelques dizaines de mètres séparaient le portail des cellules, il était totalement exclu de laisser des détenus seuls. Même pour quelques secondes. Le risque était trop grand et les hommes les gardant ne savaient que trop bien de quoi ils étaient tous capables… rien que leur attirail le prouvait.
Après cinq minutes de marche silencieuse, ils arrivèrent devant le bâtiment blanc leur aveuglant les yeux. Trois des gardiens s'avancèrent jusqu'à la porte, deux des trois se postèrent de part et d'autre de celle-ci, tapant un code sur un cadrant digital, pendant que le dernier apposait son pouce sur la serrure de la porte servant à détecter les empreintes.
Suite à ce manège, la porte s'ouvrit tout aussi silencieusement que le portail si ce n'est plus, découvrant une salle gigantesque, quasiment vide, avec des dizaines de cellules courant le long des murs du rez-de-chaussée et du premier étage, largement suffisants à eux deux pour une quarantaine de prisonniers.
Noa ouvrit légèrement la bouche an avançant vers le centre de la pièce. C'était particulièrement grand… au centre se dressait un pilier énorme, sans doute une colonne centrale. Autour, il n'y avait absolument rien. Aucun meuble, aucun objet. Juste les cellules autour d'eux et ce pilier démesuré. C'était totalement vide…
La jeune femme se sentit violemment tirée vers l'arrière, puis poussée en direction d'escaliers menant au premier. Deux gardiens la conduisirent alors vers une cellule au fond, située dans un coin. Ils l'ouvrirent puis lui retirèrent enfin ses menottes, la laissant se masser les poignets pendant qu'elle entrait.
- Vous êtes convoquée chez le directeur, mademoiselle Kurayami, dit l'eux d'eux d'une voix neutre.
Elle se retourna, sans rien dire. Pourquoi ne pas emmenée chez le directeur directement ? C'était plus simple… mais bon.
- Est-ce que je peux au moins me changer ? demanda-t-elle. C'est affreux ce truc ! Et pas confortable, en plus.
L'homme face à elle fut un instant décontenancé par la demande de la jeune femme, mais se repris bien vite.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut demander ça, fit-il. Je dois vous conduire chez le directeur maintenant que vous savez où est votre cellule.
Elle hocha la tête puis sortit. Cela répondait en partie à sa question muette, mais ça n'expliquait pas totalement pourquoi ils étaient passés par les cellules avant.
Il referma la cage dans laquelle elle allait loger par la suite, puis se dirigea sans un mot vers le rez-de-chaussée. Elle le suivit, puis remarqua que ses « compagnons de voyage » allaient eux aussi dans la même direction.
Ils se dirigèrent dans le silence le plus complet vers la sortie du bâtiment, c'est-à-dire à l'opposé de l'entrée. Ah… maintenant c'était bon. Ils étaient obligés de passer par là s'ils voulaient aller voir le chef, et en avait profité pour voir les cellules.
Ils franchirent le pas de la porte imposante et découvrirent un jardin…
Enfin, si on pouvait appeler ça un jardin… il était au milieu du désert. Le sol était dallé de pierres blanches et rustiques et une fontaine asséchée trônait au milieu de l'endroit. Le lieu était clôturé comme le reste, par une muraille haute et solide, quoique plus avenante que les véritables remparts de la cour. Quatre arbres, chacun dans un coin de ce jardin, donnaient un peu d'ombre, protégeant les très éventuels promeneurs du soleil qui auraient l'idée de passer par là.
Après avoir traversé ce « jardin » assez dépouillé de plantes, en fin de compte, ils arrivèrent devant un bâtiment beaucoup moins grand que celui des prisonniers. Il ne contenait qu'un rez-de-chaussée et était plus raffiné, moins brut. Il avait un toit plat et ses couloirs extérieurs étaient protégés du soleil par des paravents solides couverts de tuiles.
Les murs restaient tout de même blancs, mais la porte d'un bois précieux, put constater Noa, était foncée et raffinée. Les gardiens se dirigèrent devant cette unique porte se présentant à eux, suivis docilement des trois détenus.
Ils frappèrent sur le bois noir et quelques secondes plus tard, ils purent entendre un déclic.
Une femme était venue leur ouvrir ; une femme avoisinant la cinquantaine, de taille moyenne et à la poitrine plutôt imposante, à la figure assez fatiguée et aux yeux noisette, presque ambrés.
- Bonjour ! s'exclama-t-elle, son visage s'illuminant totalement par le petit sourire qu'elle affichait. Venez, le directeur vous attend.
Noa fut un peu décontenancée par l'amabilité et la bonne humeur soudaine de la femme. Elle semblait accueillir des amis et ne pas se rendre compte qu'elle vivait au milieu des plus dangereuses personnes du monde, ou presque… pourtant, quelques détails la dissuadèrent de cette hypothèse : elle restait hors de portée du trio criminel et refermait soigneusement la porte à double tour… quoique cela ne servait pas à grand-chose.
Après cette rapide remarque et un sourire timide à la seule femme à qui elle pourrait peut-être parler lors de son long séjour à Alcatraz, les yeux vairons de Noa commencèrent à inspecter la pièce.
Le hall était plutôt grand et donnait directement sur un salon moyen où, à droite, trônait un bureau muni d'un ordinateur, jonché de papiers et… de saké !? Secouant la tête, la jeune femme continua son inspection.
Environ deux mètres à sa gauche se tenait une grande cuisine, séparée de l'entrée par un bar. Au milieu se trouvait une table, ce qui expliquait sans aucun doute la taille de la pièce ouverte. Sur cette table, se trouvaient des piles de feuilles blanches ou noircies d'une écriture fine et penchée, qui aurait due être illisible de la où elle se trouvait… elle remua la tête, et put remarquer que plusieurs bouteilles de whiskey, vodka, et saké, se voyaient sur cette table et dans la cuisine, vides.
Délaissant cette triste vue et préférant ne pas s'imaginer qui buvait tout ça, la jeune femme tourna sa tête tout à fait à droite, et put remarquer une autre pièce, fermée cette fois, assez petite. Elle en déduisit que cela devait être la salle de bain, vu que la porte située pile en face d'elle se trouvait être le bureau du directeur… comment elle le savait ? De grandes fenêtres couvrant toute la longueur du mur, et même si il y avait des stores, ils étaient ouverts et laissaient voir le bureau.
Toute la salle où se trouvait cette femme cinquantenaire était lumineuse, claire et accueillante. Noa s'y sentit de suite à son aise, malgré les trop nombreuses bouteilles d'alcool vide, appréciant l'ambiance agréable qu'il y régnait.
Les gardiens et par ailleurs les grognements énervés de Naruto la sortirent de sa rêverie et la ramenèrent à la réalité. Apparemment, le jeune homme en avait plus qu'assez de rester inactif depuis quelques heures et commençait sérieusement à s'impatienter.
- Suivez-moi, ordonna un gardien, et si je vous prends à tenter quoi que ce soit, mes hommes vous neutraliserons sur le champ.
Noa ne douta pas une seconde des paroles de l'homme en face d'elle. En tant que ceinture noire et manieuse d'armes blanches confirmée, elle savait qu'elle n'aurait pas la moindre chance contre ses soldats surentraînés. Et pourtant… quelque chose lui disait le contraire. Une petite voix inconnue qui lui soufflait de faire confiance à son instinct… elle secoua la tête, chassant ses pensées pour se concentrer sur la rencontre avec le Chef de la prison d'Alcatraz.
Ils pénétrèrent tous les trois dans le bureau, la jeune femme en fut d'ailleurs surprise, quoiqu'elle n'en laisse rien paraître. Pourquoi tous les trois en même temps ? N'était-ce pas plus dangereux… ?
Aussitôt rentrée dans la pièce qu'elle eut la réponse à ses questions. Tout d'abord, l'homme qui se trouvait devant eux, assis, les mains croisées devant lui, l'air impassible, était peut-être vieux mais elle ne douta pas une seconde qu'il savait se battre, et pas n'importe comment. Ensuite, un 9 millimètres se trouvait à portée de cet homme assis, et deux caméras installées de façon à englober toute la pièce surveillaient le tout. De plus, les six hommes les accompagnant les encadraient fermement, de façon à ce qu'ils ne puissent avoir aucune échappatoire.
D'ailleurs, la pièce était plutôt grande. Beaucoup moins lumineuse que la salle précédente, elle n'en était pas moins raffinée, quoique surchargée. Les murs étaient de bois sombre, et quelques tableaux venaient les compléter. Le plafond était blanc ; c'était d'ailleurs la seule chose qui donnait un tant soit peu de lumière à la pièce. Le sol était couvert d'un vieux tapis rouge et noir où étaient dessinées des formes complexes et incompréhensibles ; il couvrait quasiment tout le bureau.
Un fauteuil était installé vers le coin à droite de la porte ; une étagère noire avec des tiroirs dans le gauche, avec, un mètre devant elle, une table jonchée de papiers, tout comme l'était le bureau sur lequel le directeur appuyait ses coudes. Derrière lui se tenait une fenêtre donnant sur le désert et le ciel bleu ; elle était grande et laissait passer beaucoup de lumière, quoique cela ne changea au fait que la pièce resta trop sombre au goût de Noa.
- Bienvenue à Alcatraz, dit le directeur d'une voix légèrement rocailleuse et ironique.
- Pourquoi nous avez-nous…, commença Naruto.
- Silence, ordonna calmement le directeur. Ici, vous ne parlez que lorsqu'on vous le demande ou on vous l'autorise. Interdiction de prononcer le moindre mot pendant le travail ; la parole est tolérée lors des repas et du temps libre, c'est tout.
Noa eut un demi-sourire en voyant le blond faire une moue désespérée. Lui qui aimait tant parler, il était très mal tombé.
- Je vous ai convoqué ici car je souhaite vous énoncer les règles qui dirigent cette prison, dit le directeur. Je le fais moi-même à chaque nouvelle arrivée… oh, ne vous méprenez pas, c'est tout simple : on ordonne, vous obéissez. Ici, vous n'êtes rien ; absolument rien. Le seul droit que vous avez est de porter plainte en cas d'abus… si abus il y a.
La jeune femme afficha une grimace d'horreur à l'entente du monologue de l'homme assis devant elle, à l'air si sûr de lui. Avec son air arrogant et supérieur, il l'exaspérait et la dégoûtait. Alors comme ça, ils n'étaient rien ? Et leurs droits de citoyens ? La démocratie ?
- Vous pouvez y aller, lâcha-t-il soudain.
La jeune femme fut la première à se retourner pour partir. Elle ne doutait pas que cet homme avait vu son visage dégoûté et horrifié.
- Ah, et j'oubliais ! Ici, vous êtes dans une monarchie. Et c'est moi le roi, termina-t-il comme pour achever les trois nouveaux détenus.
La jeune femme se retourna lentement. Très lentement. Ses yeux étaient écarquillés de colère et elle affichait un visage tout à fait sérieux. Seules ses prunelles trahissaient toute la haine qu'elle vouait à cet homme à cet instant.
Lui, le vieux de presque soixante ans, les cheveux grisonnants, le regard bleu de glace, expert en arts martiaux, eut un sourire malicieux. Il était quasiment certain de pouvoir vaincre cette Noa Kurayami* sur tous les plans sans trop de problèmes.
« Seulement quasiment… » pensa-t-il avec joie.
L'entrée de cette seule femme criminelle dans l'établissement allait radicalement changer les choses, et il le sentait. Elle tenait à ses proches plus qu'à sa liberté, il le voyait dans sa façon de faire, d'observer, de réagir… et ça, il ne pouvait pas le lui reprocher : c'était une valeur qu'il appliquait lui-même. Et cela allait totalement transformer les choses. Totalement.
« Ces années vont s'avérer intéressantes… » sourit-il pour lui-même.
Il regarda Noa s'éloigner, impassible. Elle était furieuse et il n'en doutait pas, à sa place il aurait ressenti la même chose.
Ah… si seulement elle savait…
Noa marchait rapidement, suivie de deux gardes qui couraient presque derrière elle. Elle se dirigea rageusement vers sa cellule, s'enfermant elle-même à l'intérieur, ignorant délibérément les gardiens.
Elle avait du mal à vraiment comprendre les raisons de sa rage, si ce n'est que cet homme trois fois plus vieux qu'elle l'avait délibérément provoquée. Et ces règles stupides… que faisaient-ils des droits, hein ? Qu'est-ce qu'ils en faisaient ?
Elle secoua violemment la tête, se jetant sur le lit, les mains sous le coussin. Elle ferma les yeux. Beaucoup trop de choses s'étaient passées. Beaucoup trop. En plus, elle ignorait ce qu'elle faisait là et surtout pourquoi Alcatraz se trouvait en Australie et pas près de San Francisco, en Amérique.
Mais par-dessus tout, elle devait récupérer ses bijoux par tous les moyens. Parce que c'étaient eux les clés qui permettaient de voyager entre les mondes. Et sans eux, retrouver ses souvenirs ou tout simplement retourner chez elle était totalement impossible…
Et apparemment, sa mémoire lui était absolument nécessaire pour comprendre ce qui l'avait poussée à commettre tous ces crimes. Et elle n'avait pas l'intention de la laisser filer : trop de mystères entouraient ce monde dans lequel elle était tombée…
Elle s'endormit avec un seul mot résonnant dans son esprit : « Erreur ».
