Chapitre 7
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Harry dormit mal cette nuit-là, il se réveilla à plusieurs reprise en sueur et avec une angoisse diffuse qu'il ne s'expliquait pas.
Du coup il se leva très tôt.
Il prit le temps d'une longue douche bien chaude, enfila un jeans clair et une fine chemise blanche puis il descendit au salon où peu après son elfe lui apportait son petit-déjeuner.
C'était la pièce qu'il préférait dans cette grande maison si vide maintenant que Ron n'était plus là.
Il avait presque terminé quand l'elfe fit justement entrer son ami accompagné de Blaise.
A leur vue Harry haussa un sourcil étonné et amusé.
« Salut les amoureux, vous faîtes pas la grasse matinée ?
« Bonjour Harry ! répondit Ron avec un sourire…….ça nous arrive aussi de nous lever !
Blaise se contenta de faire un bref signe tête en direction du brun.
« Asseyez-vous ! proposa Harry…….et prenez une tasse de café ou de thé.
Et d'un simple geste il en fit apparaître deux vides, le café et le thé se trouvant sur le plateau.
Le Serpentard allait refuser mais le rouquin le devança en acceptant et ils s'assirent sur le canapé.
« Tiens ! fit Ron qui sortit l'enveloppe de sa poche et la tendit à Harry……Draco voulait qu'on te la donne ce matin.
Le brun la prit avec un regard interrogateur et l'examina avec curiosité.
« Une lettre ?......mais pourquoi ? Si il a quelque chose à me dire pourquoi ne l'a t-il pas fait hier quand on s'est vu?
« Et bien lis et tu sauras ! répondit le rouquin en remplissant les deux tasses de café.
Il n'était pas très inquiet de la réaction de son ami, les ruptures il en avait l'habitude et comme son cœur n'était jamais concerné ça ne le perturbait pas plus que ça.
Bien qu'en y réfléchissant d'habitude c'était le brun qui jetait et pas l'inverse, mais Ron se dit que pour une fois ça n'allait pas le tuer, au pire c'est son égo qui en prendrait un coup mais ça n'irait sûrement pas plus loin.
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Pressé de savoir Harry se leva tout en déchirant l'enveloppe et se dirigea vers la fenêtre devant laquelle il s'arrêta, leur tournant le dos.
Il commença sa lecture.
Draco y racontait tout son amour et toute sa souffrance depuis le premier jour.
Les premières lignes le laissèrent d'abord abasourdis, Draco l'aimait......et quel amour!
Puis cela lui fit l'effet d'un détonateur, une explosion intérieure qui le libéra et brusquement ce fut comme si cette souffrance était la sienne.
Au fil des phrases il se mit à la vivre, il la ressentait au plus profond de lui, et l'amour que Draco avait pour lui le remua jusqu'aux tripes, c'était comme si il l'éveillait d'un long sommeil et qu'il se remettait à vivre.
Des larmes qui n'avaient plus coulées depuis plus de trois ans roulèrent sur ses joues, l'empêchant de lire, il avait mal mais en même temps c'était bon.
Il dû se tourner vers Ron et Blaise qui le fixèrent d'un air stupéfait.
« Vous auriez pas un mouchoir s'il vous plait ?
Le rouquin se leva, en sortit un tout neuf et bien plié de sa poche et s'approcha de lui pour le lui donner.
« Harry, qu'est-ce qui t'arrive ?
Le brun prit le mouchoir et s'essuya les yeux.
« Plus tard Ron ! fit-il en se détournant pour reprendre sa lecture.
Le rouquin retourna vers Blaise et ils échangèrent un long regard perplexe, ils ne s'attendaient pas à ça.
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Arrivé à la moitié de sa lecture Harry se tourna de nouveau vers eux et il fixa Ron.
« Alors tu es son ami depuis tout ce temps ?
Le rouquin qui ignorait que Draco parlait de lui dans sa lettre se sentit mal à l'aise, d'ailleurs pourquoi parler de lui dans une simple lettre de rupture ? c'était plutôt curieux.
« Euh…..oui !
Harry eut un sourire heureux des plus surprenant pour les deux autres.
« C'est bien ! dit-il simplement avant de retourner à sa lecture.
Nouveau regard encore plus perplexe entre Ron et Blaise qui se dirent que cette lettre de rupture, apparemment très longue soit dit en passant, avait un effet des plus inattendu sur le brun.
Ils ne pouvaient se douter que ce n'était ni une lettre de rupture, du moins pas vraiment, ni une lettre expliquant son suicide, il n'y faisait même pas allusion.
Draco avait juste voulut qu'Harry sache et il s'y racontait simplement dans un long cri d'amour, et il terminait en disant :
Je sais maintenant que tout doit s'arrêter là Harry, tu n'es pas pour moi.
Alors adieu !
Cette phrase en effet pouvait être prise pour une rupture et d'ailleurs Harry la comprit en tant que telle, le suicide ne lui effleura même pas l'esprit.
« Mais non ! s'exclama t-il en tapant du pied et en se mettant à rire au milieu de ses larmes, rire nerveux de joie et de peine mélangées……pas adieu……tu ne peux pas me quitter, je ne te laisserais pas…….pas maintenant que j'ai comprit…
« On peut savoir ce que tu as compris ? l'interpella Blaise qui lui ne comprenait rien.
« Mais que je l'aime ! répliqua le brun en se tournant vers eux et comme si c'était une évidence……c'est pour ça que j'étais jaloux à la fête……pour ça que j'étais si bien près de lui, c'était si parfait de faire l'amour avec lui…si complet…..il m'a réapprit à aimer vous comprenez ?
Subitement son visage devint grave et son regard se perdit dans le vague.
« Ce jour-là……contre Voldemort……j'ai vraiment vu la mort en face, mais j'étais déterminé et j'ai vaincu, seulement en réalité je sais maintenant qu'une partie de moi est quand même morte ce jour-là……je ne sais pas comment expliquer ça mais d'une certaine façon Voldemort à réussit à m'entraîner avec lui….
« C'est ton cœur qu'il avait emmené ! fit doucement Ron.
« Oui ! répondit Harry dont le regard redevint vif……et Draco me l'a rendu……cette lettre…..toute cette souffrance, c'est comme si elle était entré en moi et elle me réchauffe……parce qu'on ne vit pas vraiment si on ne ressent jamais d'amour, si on ne s'intéresse pas aux autres, même l'amitié c'est de l'amour, et l'amour c'est être heureux mais souffrir aussi……l'un ne va pas sans l'autre.......être heureux, avoir mal par et pour les autres, c'est le prix à payer pour se sentir vivant, et ça vaut le coup.
Brusquement il baissa la tête et regarda les feuilles qu'il tenait à la main.
« Je voudrais pouvoir effacer toute la souffrance de Draco…….ses yeux ! murmura t-il…….ils étaient comme éteints…….c'est de ma faute et je n'ai rien vu, rien comprit……
« Qu'est-ce que tu attends pour aller le lui dire alors ? le coupa Blaise……ne le laisse pas souffrir plus longtemps.
Harry releva vivement la tête et lui fit un sourire lumineux tout en rangeant la lettre dans sa poche.
« J'y cours ! cria t-il d'un air radieux en joignant le geste à la parole.
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Après son départ Ron et Blaise se regardèrent en souriant.
« Je suis aussi heureux pour Draco que pour Harry ! fit le rouquin.
« Moi aussi ! approuva le Serpentard……je préfère ce Harry-là !
« Il est redevenu lui-même, je croyais que ce ne serait plus possible.
« L'amour peut tout ! dit Blaise en rivant son regard au sien et en glissant sur les coussins du canapé pour se rapprocher de lui et passer un bras autour de sa taille.
« Dumbledore dit toujours que c'est la plus grande des magies ! murmura Ron, obnubilé par les yeux sombres qui se rapprochaient très lentement, il ne voyait plus qu'eux.
« Oui ! souffla Blaise en s'arrêtant à deux centimètres de sa bouche……regardes, tu m'as ensorcelé sans même avoir eut à prononcer le plus petit sortilège.
Ron sourit et trouvant que le baiser qu'il attendait se faisait un peu trop attendre, il saisit le Serpentard par la nuque et s'empara voracement de sa bouche.
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Harry tambourina de toutes ses forces contre la porte du manoir, il était impatient et trouvait qu'on ne lui ouvrait pas assez vite.
Deux secondes plus tard le battant s'ouvrait et l'elfe, habitué à le voir, s'écarta pour le laisser passer.
Comme il était encore tôt le brun ne fut pas étonné d'apprendre que Draco n'était pas encore descendu.
Il se dirigea vers l'escalier et gravit lentement les marches, le cœur battant à vive allure et tentant de préparer une déclaration sans bafouiller.
Il s'avança jusqu'à la porte de la chambre du blond contre laquelle il frappa.
Il attendit un instant mais comme aucune réponse ne lui parvint il sourit, son soleil devait encore dormir à poings fermés.
Il allait le réveiller tout en douceur.
Avec précaution il ouvrit la porte et s'avança d'un pas dans la pièce avant de s'immobiliser, l'étrangeté de la scène venait immédiatement de le frapper.
Ce ne fut pas tellement de voir Draco tout habillé sur son lit, non, ce fut la sensation de vide qui régnait.
Quelqu'un qui dort occupe une pièce, la chaleur de son corps la réchauffe, sa respiration la meuble, on sent qu'il y a une vie, mais là il n'y avait rien, qu'une sensation de froid.
Et Draco semblait si……si……rigide ?
Une peur insidieuse s'insinua dans les veines d'Harry qui fit un pas supplémentaire le regard rivé sur le visage si pâle aux lèvres…………. Bleuies ?
Son regard s'agrandit démesurément et la peur devint une terreur qui lui hérissa tous les poils du corps.
Avec la sensation horrible d'avoir pénétré en plein cauchemar il continua d'avancer et parvint jusqu'au bord du lit.
Aucun souffle ne sortait de la poitrine totalement immobile qu'il fixa longuement avec terreur et incompréhension avant que son regard remonte avec difficulté sur le visage.
Il ne voulait pas voir, pas savoir, mais il ne pu faire autrement que voir le beau visage figé et il eut brusquement l'impression de se liquéfier et de tomber dans une spirale infernale où son esprit se mit à tourbillonner à toute vitesse.....c'était une erreur..........c'était pas réel...........c'était pas réel!
Il était si beau, il ne pouvait pas ne plus être là............oh mon dieu, plus là...........non...........non........
Les yeux exhorbités il ouvrit la bouche et poussa un long cri avant de s'abattre sur le corps sans vie.
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A bientôt!
