Je vous avais promis d'être vite de retour, et bien me voilà ! :D Mais, je sens que je vais rapidement investir dans un billet de bateau, de train, d'avion, de fusée, enfin bref de je ne sais pas quoi mais de quelque chose, parce que là, je sens que ... Je ne sortirais pas indemne de ce chapitre. Je vous préviens d'ores et déjà -comme ça vous direz pas que je ne vous avais pas prévenu hein !- le début part totalement en ... Craquage de slip. Du moins, le slip est en mille morceaux là, si je puis dire. Ne m'en veuillez pas s'il-vous-plait, j'ai pas pu m'en empêcher ! Bon okay, je me suis bien marrée en le rédigeant, et je vais me marrer encore plus en sachant que vous allez le lire. Mais au cas où, je vais quand même réserver un billet pour très très loin. Et promis, je recommencerai pas ... Jusqu'à la prochaine fois que ça m'arrivera ! ;) D'autant plus qu'ensuite, le registre est différent. [Si vous regardez les chapitres 9 & 10, vous remarquerez à quel point j'ai nagé sur pas mal de registres à la suite. Espérons que ça rende bien !]
Je vais encore me répéter, mais merci pour toutes vos reviews. Si je le pouvais, je répondrai à chacune d'elle, mais avouons-le, ça me prendrait un temps fou, d'autant plus que parfois, avec les anonymes, la réponse serait plus longue que le chapitre en lui-même xD Comme toujours, je les attends avec impatience, pour mon plus grand plaisir :D
Sur ce, je ne vous retiens pas plus longtemps, je vous souhaite une bonne lecture, et on se retrouve bientôt !
See ya people ;D


Chap' 10

Mais ce qu'elle y découvrit manqua littéralement de la faire atterrir sur les fesses.

Dans le dernier, elle y découvrit tout un attirail pour le moins … Surprenant. Une paire de menottes en fourrure rose, du lubrifiant à la framboise et à toutes les saveurs inimaginables, un canard rose en plastique, des préservatifs à tire-larigots pour tous les goûts et toutes les formes, et même un godemiché couleur chaire, imitation vrai phallus masculin. A l'instant même où elle prit l'objet entre ses doigts pour le regarder de plus près, une main se posa sur son épaule, la faisant ainsi sursauter et lâcher le sextoy qui roula sur le sol et se mit à vibrer. Elle le ramassa en toute hâte et l'éteignit promptement avant de le dissimuler vainement derrière son dos tandis que le regard de l'homme était vissé sur elle.

- Pas besoin de le planquer Lisa tu sais, fit-il alors, un large sourire aux lèvres. C'est moi qui te l'ait offert il y a quelques temps, pour que tu cesses de me courir toujours après pour mes mensurations d'Apollon.

Elle laissa échapper un petit rire discret, et remit l'objet à sa place avant que les doigts du médecin n'attrapent un autre objet de sa collection. Elle ne put s'empêcher de mettre sa main devant sa bouche dans le but de retenir un cri de surprise en découvrant un gode-ceinture.

- Le jour où j'ai su que tu avais ça, j'ai commencé à devenir paranoïaque et à craindre pour la survie de mon anus, plaisanta-t-il alors, un large sourire aux lèvres.

Elle mordillait sa lèvre inférieure, visiblement gênée. Jamais elle n'aurait imaginé avoir une telle chose en sa possession, jamais !

- Lorsque les gens te voyaient à l'hôpital, tout le monde te prenait pour la Directrice stricte, un point c'est tout, poursuivit-il. Il ignorait totalement qu'au lit, tu es une vraie tigresse qui n'a pas froid aux yeux !

Il se laissa alors retomber sur le lit après avoir remis la ceinture sur une tenue d'écolière sexy qui ne manqua de pas de lui rappeler la fois où elle lui avait fait la surprise de l'attendre dans son appartement vêtue de la sorte, avant qu'il ne la lui retire rapidement et la prenne sur le comptoir de la cuisine, au milieu d'un sachet de farine malencontreusement renversé sur la surface en marbre où avait apparu l'empreinte du fessier parfait de la jeune femme. Quelques secondes plus tard, une fois le tiroir refermé, elle prit place aux côtés du médecin, les yeux rivés vers le plafond. Il détourna la tête vers elle, admirant chaque parcelle, chaque courbe de son sublime visage.

- J'ai toujours autant donné l'impression d'être une petite fille sage et bien élevée qui ne fait aucun faux pas ? Osa-t-elle souffler, la question lui brûlant les lèvres.

Il sourit aussitôt, et se releva avant d'attraper sa main pour qu'elle fasse de même. Il l'entraîna ensuite dans la salle de bain, et se plaça derrière elle afin qu'elle puisse se voir parfaitement dans la glace. Il dégagea complètement les oreilles de la jeune femme, et promena doucement son doigt le long de la chaire. Elle ne dit rien, appréciant simplement le contact qu'il lui offrait.

- Tu bossais tellement, que tout le monde t'appelait « la petite intello de service », tout ça parce qu'ils t'enviaient pour ton intelligence, commença-t-il à raconter de son ton suave. Ça t'agaçait tellement qu'on te prenne pour la fille à papa, que tu as décidé de faire taire toutes ces langues de vipère, d'une manière plutôt radicale.

Elle haussa les sourcils, l'interrogeant du regard. Il sourit alors, continuant de caresser le contour de ses oreilles.

- Pour commencer, tu t'es fait percée deux fois chaque lobe, narra-t-il en lui indiquant les trous dont il parlait. Puis tu as poursuivi avec un piercing au cartilage de l'oreille gauche, et un 'conque' à chaque oreille, en dessous de l'emplacement normal de ceux que l'on nomme 'industriels'. Le tout, en un peu moins de deux mois.

Elle ne prononça aucun mot, buvant littéralement ses paroles. Elle ferma un instant les yeux, tandis qu'il fouillait une petite boîte posée près de là. Il en sortit alors trois piercings, et les lui remit doucement, sans lui faire mal, après s'être assuré que les trous ne se soient pas rebouchés entre temps.

- Et tu as fini par en faire un dernier, là où personne n'aurait imaginé que tu le fasses un jour, poursuivit-il en faisant glisser précautionneusement ses mains vers le ventre de la jeune femme, avant de relever son débardeur. Tu l'as fait là, au nombril. Peu de gens le savaient, j'étais l'un des rares à connaître son existence.

Il promena son index le long de son nombril, faisant frissonner agréablement la jeune femme.

- A Princeton, tu les cachais toujours avec tes cheveux pour que personne ne suppose leur existence, fit-il avant de déposer un baiser sur le sommet de son crâne. Ou alors tu finissais par les retirer lorsque ta coiffure les laissait trop apparaître, mais seulement le temps que tu passais à l'hôpital. Je dois toutefois avouer que j'ai toujours trouver que ça t'allait parfaitement.

Elle se tourna alors vers lui, plongeant son regard dans le sien. Une fois de plus, elle avait la preuve qu'il connaissait tous ses secrets, toutes les petites choses que les autres ignoraient d'elle. Elle se mit alors sur la pointe des pieds, enroulant doucement ses bras autour de son cou. Elle déposa dans une lenteur extrême ses lèvres sur les siennes, et titilla sa bouche avec le bout de sa langue. Il ne bougeait plus, mais entrouvrit de quelques centimètres les dents, permettant à sa langue de retrouver sa jumelle. Elle ne se fit pas prier, et intensifia leur baiser tandis qu'il se retrouva bloqué entre le mur et elle. Il ne savait plus quoi faire, ni où poser ses mains. Certes, il appréciait plus que jamais cette étreinte, la sensation qui l'envahissait chaque fois qu'elle pressait son corps contre le sien. Mais d'un autre sens, il ne pouvait pas se laisser totalement avec elle. Elle n'avait pas encore retrouvé tous ses souvenirs, elle ignorait donc encore une bonne partie de tout ce qu'elle avait bien pu subir par sa faute. Il ne pouvait pas se permettre de l'embrasser de la sorte en faisant l'impasse sur toutes les souffrances auxquelles elle avait du faire face à cause de lui.

Les yeux fermés, il conserva ses mains contre son propre corps, ne pouvant rien faire d'autre. La langue de la jeune femme caressait la sienne, il aurait voulu la serrer contre lui et lui offrir le plus merveilleux baiser qu'elle n'ait jamais connu auparavant (façon de parler lorsqu'on sait qu'elle ne se souvenait de plus aucun de ses précédents baisers). Mais quelque chose en lui l'en empêchait, quelque chose qui voulait à tout prix protéger Cuddy.

Elle mit fin au baiser deux minutes plus tard, et plongea son regard dans le sien dans le but de savoir ce qu'il en avait pensé. Mais avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, il se détacha d'elle, et sortit de la chambre, boitant très nettement. Il n'eut pas même la force de lui décrocher ne serait-ce qu'un seul mot, et se traita mentalement de lâche en quittant la pièce.

Clés de voiture en mains, il décida d'aller faire un tour. Il en avait plus besoin que jamais, ce baiser l'avait réellement mis dans tous ces états. Tout juste fut-il assis sur le siège conducteur, qu'il laissa sa tête cogner contre le volant. Quel con, elle devait être encore plus perdue qu'auparavant maintenant !

Seule dans cette salle de bain, elle se laissa glisser contre le mur, et enfouit sa tête dans ses mains. Pourquoi avait-il fallu qu'elle brise cet instant de pure complicité, de la manière la plus stupide qui soit ? Les larmes roulaient sur ses joues, tandis que son corps entier était secoué par des spasmes de tristesse. Elle s'en voulait affreusement de l'avoir embrassé. Non pas que cela ait été détestable, bien au contraire ça avait été un moment merveilleux mais … Elle avait bien vu son visage décomposé quitter la pièce, et elle avait entendu la voiture s'éloigner de son allée. En cherchant à découvrir la nature de son rêve, tout ce qu'elle était parvenue à obtenir, c'était qu'il s'éloigne d'elle.

Elle attrapa un flacon de shampoing qui traînait par là, et l'envoya valser contre le mur de la douche, avant de dissimuler à nouveau sa tête dans ses genoux. Elle en était à présent quasi-sûre, son rêve était bel et bien un souvenir. Mais pour obtenir cette certitude, elle avait tout foutu en l'air contre son gré …

Au bout de cinq minutes qui lui parurent des heures, elle finit par se relever, et se dirigea vers le salon. Elle se laissa retomber de tout son long sur le canapé, et sa main buta contre un cadre photo. Elle se massa quelques secondes le poignet, puis attrapa le cliché.

Une petite fille âgée tout au plus d'un mois. Un petit bébé potelé, mignon tout plein, installé contre un poussin quatre fois plus grand que le nourrisson. Une chambre dans les tons roses et verts, des accessoires de puériculture un peu partout autour. Elle se tient à côté de l'enfant, ses boucles ébènes en pagaille, et ses vêtements froissés. Elle semble avoir peu dormi ces derniers temps, mais après tout qui ne serait pas dans un tel état avec un enfant de cet âge.

Lisa ferma les yeux, son doigt frôlant la surface en papier glacé. Elle ferma les yeux, et prit une grande respiration. Un étrange sentiment commençait à prendre possession d'elle, sans qu'elle ne parvienne à mettre un nom dessus …

Elle se revoit tenant l'enfant dans ses bras, mais elle ne parvient pas à serrer son bébé de deux semaines tout contre elle. Elle a beau essayé rien n'y fait, elle ne parvient pas à s'adapter. Impossible de faire taire ses cris en la berçant et en parcourant la nursery à grande enjambées, la petite l'épuise totalement. Lisa s'en veut, elle ne comprend pas. Bon Dieu, pourquoi lui manque-t-il le mode d'emploi de l'instinct maternel ? Pourquoi faut-il qu'elle soit l'une des rares mères qui n'ait pas été conçue avec ? Elle s'en veut, elle se déteste, se haït profondément. Elle a un magnifique bébé, le plus adorable et sublime de tous les bébés, alors pourquoi ne parvient-elle pas à l'aimer comme elle devrait ? Pourquoi va-t-elle même jusqu'à songer à se séparer de son bout de chou ? Quelle mère horrible elle est, rejeter son propre enfant !

Recroquevillée sur le sofa, le cadre contre sa poitrine, Cuddy pleurait pour la deuxième fois de la matinée. Elle n'avait aucun doute sur la véracité des images qui lui étaient venus en tête, elle savait qu'il s'agissait de la réalité, de la triste réalité. Comment avait-elle pu se conduire de la sorte avec Rachel ? Comment était-ce possible ?

Alors que son cerveau devenait rapidement submergé par un flot immense de questions, la porte d'entrée s'ouvrit avec le minimum de bruits, et un claquement singulier de bois sur le parquet se fit entendre. Elle sursauta, et tenta de son mieux de dissimuler les traces de ses larmes, avant de laisser simplement sa tête dépasser du dossier pour fixer l'homme qui venait d'entrer dans la pièce.

Lorsqu'il remarqua ses yeux rougis, ses joues humides et ses cheveux en bataille, il se précipita vers elle et s'assit à ses côtés. Était-elle dans cet état à cause de sa fuite précipitée, ou bien lui était-il arrivé quelque chose ? Il prit ses deux mains dans les siennes, et la sonda de ses yeux bleu océan.

- Hey, ça va aller, je suis de retour … Murmura-t-il en enroulant ses bras autour de ses frêles épaules avant de l'inviter à se blottir contre lui.

Il regrettait à présent d'être parti aussi vite après leur baiser, mais il avait eu besoin d'air. Besoin de réfléchir à leur situation, de peser le pour et le contre. Certes, c'était elle qui l'avait embrassé, sans qu'il ne la force. Mais d'un autre côté, elle ignorait encore un tas de choses à leur sujet des choses sur lesquelles il ne pouvait pas faire main basse, malgré tout l'amour qu'il éprouvait pour elle. A ses yeux, il était hors de question qu'il profite d'elle. Depuis son accident et la découverte de son amnésie, il s'était fait la promesse de toujours veiller sur elle et de faire primer son bonheur avant tout.

Il approcha son visage du sien, balayant d'un geste habile et doux du pouce les marques de ses sanglots passés. Il remarqua ensuite le cadre sur ses genoux, et l'interrogea silencieusement du regard. S'était-elle souvenue de quelque chose ?

- Lisa, qu'est-ce que tu as vu ? L'interrogea-t-il alors, sa main caressant doucement le dos de la jeune femme.
- Je … Je suis une mère affreuse … Parvint-elle tout juste à articuler. Pauvre Rachel …

Il déposa un baiser sur le sommet de son crâne, se voulant rassurant. Il recouvrit son corps tuméfié avec un plaid posé non loin de là, et la rapprocha un peu plus encore de lui.

- Ne dis pas ça, tu es une mère fabuleuse, et Rach' a beaucoup de chances de t'avoir, elle t'aime de tout son cœur.
- Mais … J'ai vu … Je me suis vu à ce moment-là, je n'arrivais pas à l'aimer, j'avais peur …
Sanglota-t-elle, les larmes dévalant à nouveau ses joues rosées.
- Lisa, tu avais fait un baby-blues, ce n'était pas de ta faute, tu n'y pouvais rien, assura-t-il doucement, sa voix rauque plus douce que jamais.Tu voulais tellement bien faire pour son bonheur, que tu t'es laissée submergée, et le baby-blues t'a pris de plein fouet. Mais regardes toi, tu as su surmonter ça ! Deux jours plus tard, tu t'extasiais devant les mouvements de ta fille qui jouait avec sa couverture. Et depuis ce jour, Rachel est devenue la chose la plus importe à tes yeux, celle pour qui tu est prête à soulever des montagnes. Ce n'était qu'une passade, et tu as su te montrer forte. Tu n'as qu'à la contempler à présent, tu es son modèle suprême, le centre de son petit monde.

Elle hocha timidement la tête, ravalant peu à peu les sanglots qui lui barraient la gorge. Après tout il avait raison, depuis qu'elle avait retrouvé sa fille, elle se sentait plus apaisée, et la petite parvenait sans soucis à la conforter dans son rôle de mère. Une fois de plus il était là, et il avait encore raison à son sujet …

Ils demeurent une bonne vingtaine de minutes l'un contre l'autre, sans prononcer un mot de plus, House caressant simplement l'échine de la Demoiselle avec toutes les précautions du monde pour éviter les zones les plus douloureuses de son corps. Elle avait posé sa tête sur son torse, écoutant son cœur battre à un rythme apaisant.

Finalement, ils durent se séparer et regagner la cuisine lorsque leurs estomacs respectifs les rappelèrent à l'ordre. Ils préparèrent ensemble le petit déjeuner, tel un couple dans sa routine habituelle. Elle s'occupait du café, il se chargeait des tartines. Puis une fois le tout prêt, ils s'installèrent autour du comptoir sans un mot, se rassasiant simplement. Aucun des deux ne savait quoi dire, le silence était pesant. Une chose était sûre, il n'était pas question d'aborder le sujet du baiser, encore bien trop épineux pour le moment.

Le petit-déjeuner sitôt ingurgité, ils décidèrent d'un commun accord de faire le tour de la ville afin que la jeune femme se familiarise davantage avec les lieux qui l'entouraient. Évidement, la marche n'était pas l'activité favorite du médecin mais pour Cuddy, il était prêt à faire fi de la douleur de sa cuisse.

Rachel s'éveilla aux alentours des huit heures, pendant qu'House prenait une douche rapide. Elle avala donc son bol de céréales sous la surveillance de sa mère, avant que celle-ci ne l'aide ensuite à se vêtir. Puis, une fois tous prêts, ils débutèrent leur petit tour du voisinage tranquillement. Rachel se tenait en tête de cortège, sautillant gaiement, tandis que les deux adultes se tenaient derrière eux. Cette fois, la jeune amnésique avait enfilé un slim ainsi qu'un décolleté violet qui lui allait à ravir tout en dissimulant habilement les traces les plus flagrantes de son accident. Elle avait toutefois dû se résigner à ne pas enfiler des talons hauts, car ce genre de chaussures n'était pas ce qu'il y avait de mieux pour une ballade. Elle avait donc opté pour des converses basses, ce qui n'avait pas manqué de faire sourire House lorsqu'il lui avait fait remarqué qu'elle était bien plus petite que lui lorsqu'elle n'était pas surélevée par ses Louboutin. Ils se tenaient donc à deux pas derrière la fillette, la Demoiselle se tenant au bras du Diagnosticien, tel un couple des plus normaux. Cela la rassurait quelque peu, elle se sentait réellement protégée par un simple contact avec lui. Ils adressaient des sourires faussement sincères aux passants qu'ils croisaient, juste histoire de se montrer sympathique. Mais bien sur, ni l'un ni l'autre n'avait idée de qui ils pouvaient bien être, et si Lisa était censée ou non les connaître.

Trois heures et demi plus tard, ils franchirent à nouveau le seuil de la villa, ne tenant plus debout. Ils avaient parcouru le quartier pavillonnaire de long en large, poursuivi leur route jusqu'au centre-ville, et fait un détour pour grignoter quelque chose sur le chemin du retour. La jambe de House le faisait affreusement souffrir, il n'en pouvait plus. A peine rentré, il se précipita comme il put dans sa chambre, à la recherche de comprimés d'Ibuprofène qu'il pourrait ingurgiter. Malheureusement, son flacon était quasi-vide, il ne lui restait plus qu'un comprimé qu'il goba sur le champ. Il boita ensuite jusqu'à l'armoire à pharmacie, dans l'espoir d'en trouver d'autres, ou un quelconque analgésique. Mais rien, rien du tout ! Il claqua alors la porte, et se laissa retomber mollement sur le lit. Il enfonça sa tête dans l'oreiller, mordillant la taie pour ne pas hurler tant la douleur était épuisante et multipliée par mille.

Quelques minutes plus tard, Lisa débarqua dans la chambre, et s'assit à ses côtés. Elle paraissait plus que gênée, et enfonçait ses ongles dans ses paumes.

- House, je peux vous poser une question ? L'interrogea-t-elle d'une voix hésitante.
- Vas-y toujours, mais fait vite, lâcha-t-il un peu sèchement.

Elle laissa échapper un soupir, et prit son courage à deux mains. Après tout, elle désirait réellement lui poser la question qui lui brûlait les lèvres, elle avait besoin de savoir.

- Vous n'êtes vraiment pas le père de Rachel ? Demanda-t-elle d'une seule traite, comme si elle avait retiré d'un seul coup un pansement afin que la douleur ne soit que brève et vite oubliée.
- Puisque je t'ai déjà dit que non, répondit-il aussitôt, avant de grogner un coup.
- Mais alors, qui est son père ? Que suis-je censée faire s'il débarque ici pour la voir, pour nous voir ?

House releva la tête et la toisa dur regard, ses yeux noircis par la douleur. Non mais pourquoi venait-elle lui parler de ça alors qu'il souffrait le martyr ? Elle ne pouvait pas tout simplement dégager et le laisser tranquille, non ?

- C'est pas le moment Cuddy, cracha-t-il entre ses dents. Ta fille n'a pas de père, il ne la reconnaîtra jamais ! Elle a été adoptée merde !

Lisa hoqueta, surprise par les paroles. Elle avait ouvert la bouche pour parler, mais aucun mot n'en sortit. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il lui annoncer une telle chose sur un ton aussi dur et brutal ?

- Qu... Quoi ? S'étouffa-t-elle à moitié.
- T'es amnésique, pas conne à ce que je sache. C'est pas ta fille biologique merde !

Encore sous le choc de la nouvelle, elle lui jeta viollement l'oreiller à la figure, et quitta la pièce en courant. Elle se précipita dans sa chambre à elle, et se laissa retomber sur le lit, en pleurs. Elle n'en revenait pas, elle n'était pas la vraie mère de Rachel. Mais alors, qu'était-il advenu des parents biologiques de la petite ? Et pourquoi avait-elle eu recours à l'adoption ?

TBC ...