Hello hello people ! Je ne vous ai pas trop manqué au moins ? Si ? Non ? On s'en fout, dans tous les cas, ça revient au même, me voilà. Et vous savez quoi ? Ben moi non plus ! (La petite blague pas vraiment drôle, mais qu'il fallait à tout prix placer). Comme pour moi, c'est toujours les vacances, j'en profite au maximum pour écrire autant que possible. (Oups,j'aurais peut-être pas du le direeeeeeee !). Jusqu'au 4 février, je vais donc jouir de temps libre pour écrire, donc ... Plus d'updates, non ? Avouez, vous sautillez partout de joie à cette annonce. N'ai-je pas raison, hum ?
Au passage, vous vous rendez compte qu'on atteint le vingtième chapitre ? Je viens de me rendre compte qu'il s'agit même de ma plus longue fiction pour le moment (compte tenu du fait que certes, Pieces en dispose de 23 chapitres, mais j'ai déjà une certaine avance sur UR, et je n'ai toujours pas prévu ma fin pour tout de suite, voilà voilà) ! J'espère que cette nouvelle vous enchantera - sinon je serais dans l'obligation de vous hypnotiser avec mes yeux qui tournent ;)). Au pire, vous ferez avec ce que je daigne vous offrir, hum ? (J'aime vous faire peur ainsi, c'est si jouissif).
163 reviews, on approche du 200 vous vous rendez compte ? C'est juste génial vous ne trouvez pas ? Encore une fois, merci à vous tous, pour votre soutien, vos petits mots gentils et tout ce qui s'en suit. Merci merci merci ! Je ne serais rien sans vous, je le conçois. Alors on va poursuivre comme c'est, hum ?
Allez, je ne vous retiens guère plus longtemps, et je vous laisse lire tranquillement ce nouveau chapitre. On se retrouve très bientôt, comme promis.
See ya !
Chap' 20
- Trèves de bavardage, on va réaliser une biopsie de la matière blanche puisque rien n'est concluant, lâcha-t-il.
Aussitôt, Cuddy tourna la tête vers lui, les sourcils froncés. Il reconnut bien rapidement cette expression chez elle, une de celles qui lui avaient tant manqué. Sa Lisa professionnaliste était de retour, il n'y avait pas de doute !
- C'est totalement insensé, s'indigna-t-elle en fixant intensément le Diagnosticien. On ne pratique pas une telle biopsie comme ça, sans preuve d'une atteinte cérébrale ! Jamais vous n'obtiendrez l'accord pour la pratiquer, c'est totalement fou !
L'homme se pencha vers la jeune femme, son regard planté dans le sien. Chase était amusé par la situation qui le renvoyait quelques années en arrière, Taub ainsi qu'Adams plutôt exaspérés par les choses, alors que Rémy souriait intérieurement, ravie de les retrouver pleinement malgré l'amnésie de la jeune femme. Une preuve que la Demoiselle n'avait aucunement changé, simplement que le tout demeurait enfoui au fond d'elle.
- C'est la seule option qui s'offre à nous, alors pourquoi attendre ? Rétorqua House, son regard ne s'étant pas décroché une seule seconde de celui de son interlocutrice.
- Parce que les médecins ne réalisent pas des opérations délicates comme celle-ci juste pour le plaisir ! Rétorqua la brunette, bien décidée à faire part de son avis, sans même se rendre compte qu'elle parlait de choses que, jusque là, elle n'aurait jamais présumé en avoir connaissance. Ce qui prime, c'est le patient, et dans ce cas, il court de grands risques !
- Parce que tu crois que réaliser des centaines de tests inutiles, qui nous feront perdre un temps fou, ça nous avancera à quelque chose ? S'opposa-t-il, son visage à présent distant de celui de Lisa d'à peine cinq centimètres.
- L'accord ne vous sera jamais délivré, votre idée est trop saugrenue ! Rétorqua-t-elle, ce qui fit aussitôt écarquiller les yeux de Taub et Chase.
- Depuis quand Cuddy vous vouvoie alors que vous la tutoyez ? Osa demander Chase, trouvant la chose bien surprenante vis-à-vis du couple que les deux médecins avaient formé quasiment une année durant.
- Mêlez vous de vos affaires ! S'exclamèrent d'une même voix les deux ex-amants.
Thirteen gloussa, tant la tête de son collègue suite à la remarque qu'il venait de se prendre était comique.
- Est-ce que je vous demande de quelle couleur sont vos chaussettes moi ? Ou si elles sont assortis à votre string et sa poche kangourou ? Ajouta House d'un ton hautain. Non, parce que c'est loin d'être intéressant.
- Mais ça n'a rien à voir ! Se défendit l'Australien.
- En quoi ça vous dérange ? Annonça alors Cuddy, avant que tous les regards ne se tournent vers elle, tous surpris d'entendre sa voix pour la deuxième fois depuis son arrivée ce matin-là.
- Avant votre départ, vous aviez été plus qu'intimes, House déballait presque des indices de votre vie sexuelle devant nous, tout le monde savait pour vous deux, et voilà que maintenant que vous êtes de retour, vous faîtes comme s'il n'y avait jamais rien eu en dehors de vos joutes verbales !
Les deux concernés échangèrent un regard, et Greg roula des yeux. Bon sang, son équipe était vraiment une belle paire de bras cassées, bien plus commères que médecins !
- Elle est plus intelligente que vous certes, mais pour le moment, elle est au même niveau que vous, c'est une simple employée, prétexta l'homme, en indiquant l'Endocrinologue du doigt. Et jusqu'à preuve du contraire, vous quatre me vouvoyez. Elle s'intègre vite, prenez en de la graine !
La jeune femme gloussa discrètement, et sentit un léger coup de pied sous la table, dont elle n'avait aucun doute sur son instigateur.
- On arrête le blablatage, et on se bouge le derrière si on veut pouvoir soigner notre patient avant qu'il ne crève sous nos yeux et qu'on se fasse découper les orteils par le méchant Foreman, les rappela-t-il à l'ordre avant de se lever, s'appuyant alors sur sa canne. Alors Taub et Thirteen, vous allez demander au grand Boss à la tête vide l'autorisation pour la biopsie cérébrale. Adams, vous allez au labo avec Chase pour poursuivre les tests démarrés un peu plus tôt.
- Vous comptez la favoriser encore longtemps ? Cracha Adams en indiquant sa 'rivale' du regard. Je vous signale que vous nous avez tous assignés une tâche à faire, en dehors d'elle.
House se leva, invitant la brunette à ses côtés à faire de même.
- Mêlez vous un peu de vos affaires Adams, ça nous changera, la coupa-t-il en se dirigeant vers la porte. Cuddy doit être présentée au patient, un point c'est tout. Alors dépêchez-vous de faire ce que je vous ai demandé, ou je pourrais parfaitement vous virez et vous remplacez par elle si l'envie m'en prend.
Il n'attendit pas même une quelconque réaction de sa part, et quitta la salle, Lisa sur ses talons. Ils rejoignirent l'ascenseur sans un mot, mais toutefois relativement proche l'un de l' traversèrent le rez-de-chaussée, coupant à travers les urgences car le Diagnosticien avait un dossier à récupérer là-bas, une recherche parallèle à son cas. Pendant qu'il essayait de convaincre un interne qu'il devait le lui donner, elle demeura en arrière, mordillant sa lèvre inférieure. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais un drôle de pressentiment lui prenait le ventre, lui retournait l'estomac. Elle connaissait ces lieux, elle le sentait parfaitement. Mais pourquoi l'impression avait-elle été plus forte encore quand elle s'était tenue debout dans le courage des urgences ?
Deux minutes plus tard et après avoir longuement débattu avec le petit nouveau, il revint vers elle, document en main. Elle lui adressa un léger sourire, et tous deux reprirent leur route, afin de rejoindre le deuxième étage, où leur patient avait été placé.
Alors qu'ils approchaient du service, la jeune femme ressentit son estomac se nouer une fois de plus, et enfonça ses ongles dans sa peau. Ce n'était surement pas le moment de se montrer faible, pas maintenant !
Ils pénétrèrent à l'intérieur, et elle salua brièvement d'un signe de tête l'homme allongé sur le lit, des perfusions sortant d'une intraveineuse plantée dans son bras. House accrocha sa canne au rebord, se saisit du suivi de son patient, et y jeta un coup d'œil avant de le tendre à la brunette et de reporter son attention sur le patient lui-même.
- Voici le Docteur Lisa Cuddy, qui va aider mon équipe et moi à plancher sur votre cas, expliqua-t-il en indiquant Lisa, qui acquiesça timidement.
- J'ai entendu parler d'elle lorsque le docteur Adams est venue oui, déclara le souffrant, avant de tousser à s'en abîmer les poumons, grimaçant de douleur. Elle ne semble pas très heureuse de sa présence, contrairement au docteur Hadley.
- Adams est une vraie chochotte, elle est terrifiée à l'idée de perdre sa place, ce qui arrivera si elle ne fait pas bien ce qu'on lui demande, assura le Diagnosticien en vérifiant les branchages des différents traitements et les doses.
Pendant ce temps, le regard de Lisa se promenait à travers la pièce, et son visage pâlissait peu à peu. Elle le sentait, cette pièce était bien loin de lui être inconnue, et à mesure que passaient les secondes, son impression était de plus en plus grande. Sa tête commençait à tourner, elle se sentait de plus en plus mal.
Elle essaya de se retenir à quelque chose, mais sa tentative fut vaine et elle manqua de vaciller, ce qui alerta son ami. Il fit un bond vers elle, faisant fi de la douleur de sa jambe, et l'aida à s'asseoir sur le canapé, le temps qu'elle reprenne contenance. D'un simple geste, il assura à son patient que tout allait bien, et enroula un bras autour d'elle afin de la maintenir contre lui, et ainsi éviter qu'elle ne se blesse si elle finissait par perdre totalement connaissance.
Au volant de sa Lexus grise, elle file dans les rues de Princeton, s'assurant de mettre le moins de temps possible pour y accéder en respectant toutefois les limitations. A ses côtés, Rachel gesticule sur le siège, essayant de se tourner pour pouvoir voir le visage de l'homme allongé à l'arrière.
- Elle a quoi ta jambe ? Demande la petite fille de son adorable voix, craquante à souhait.
Lisa regarde dans le rétroviseur, lançant un regard presque menaçant à son passager, le sommant de ne rien dire de trop choquant à l'enfant, puis ferme une demi seconde les yeux afin de se calmer un tant soit peu. Elle lui en veut, terriblement. Il a mis sa vie à lui plus qu'en danger, et voilà qu'elle est forcée de le conduire au beau milieu de la nuit aux urgences, accompagnée de sa fille chérie, alors qu'elle aurait préféré être dans son lit, à se reposer.
- J'essayais d'aller mieux, finit-il par dire, le visage criant de souffrance.
- Il a été stupide, ajoute Cuddy, les yeux plissés et dirigés sur la route, avant de se tourner vers sa fille, qui se penche un peu trop en avant à son goût. Assieds-toi bien, chérie.
Gentiment, elle la repositionne au fond du siège à l'aide de sa main gauche, puis repose les deux sur le volant. Son visage est fermé, elle n'est aucunement amusée par la situation. Une fois de plus, il est allé trop loin, et elle ne peut plus supporter de toujours ramasser les morceaux. D'autant plus qu'elle a bien constaté à quelle vitesse il se détruit depuis leur rupture, à quel point il enchaîne les conneries à un rythme bien plus rapide qu'avant qu'ils n'aient une vraie relation tous les deux.
- Tu ne voulais pas que ta jambe aille mieux, déclare-t-elle sans même adopter un ton doux ou se voulant réconfortant, mais en conservant une intonation plutôt sèche. Tu voulais que ta vie aille mieux.
Elle le sent, il ne la quitte pas du regard, sans doute ne comprend t'il pas pourquoi elle s'adresse à lui aussi … Aussi méchamment si on peut dire. Elle lui a toujours tout pardonné, mais le voir dans cet état est quelque chose qu'elle ne peut pas avaler, il a dépassé les limites.
- C'est parti … Souffle-t-il. J'aurais préféré appeler une ambulance.
- Pourquoi aurais-tu risqué ta vie alors que c'est stupide ? Le questionne-t-elle.
Elle a besoin de savoir, elle ne parvient pas à comprendre. Certes, elle entrevoit parfaitement le fait que, malgré les apparences, il ait beaucoup de mal à aller de l'avant depuis qu'elle a rompu, mais ce n'est pas une raison pour se mettre autant en danger et risquer de mourir, tout de même !
La crâne en appui contre le repose-tête, elle est vraiment sur les nerfs, mais aussi blessée et inquiète. Ses gestes sont un peu moins précis que d'ordinaire, sa conduite moins décontractée, mais il lui est impossible de relâcher la pression qui s'empare d'elle.
- J'ai eu beaucoup de raisons dernièrement, déclare-t-il.
Elle nie vivement, décidée à ne pas se persuadée elle-même qu'elle est la raison de tout cela. Non, sa combine ne marchera pas, il ne la fera pas se sentir coupable pour cette histoire, pas une fois de plus !
- Ne mets pas ça sur le compte de notre rupture, défend la jeune femme, les yeux fixés sur la route qui s'étend devant elle, avant de laisser un léger silence s'installer pour ensuite poursuivre ses propos. Tu n'es pas malheureux à cause de moi. Tu es juste malheureux.
Elle jette un coup d'œil dans son rétroviseur intérieur, et voit le regard désolé, triste et rempli de douleur qu'il lui adresse. Bon sang, si elle ne brise pas vite le contact, il va finir par l'avoir une fois de plus par les sentiments, ce qu'elle souhaiterait de tout cœur éviter. Elle détourne la tête, clôt une nouvelle fois ses paupières durant un micro laps de temps, puis les rouvre en grand devant elle.
- Les gens malheureux font n'importe quoi, poursuit-elle.
Elle laisse échapper un long soupir, qui se répercute dans l'habitacle. Elle n'entend plus House parler mais sent son regard sur sa peau, elle se doute que ses paroles le font réfléchir. Elle s'arrête à un feu rouge, voit une voiture passer en vitesse devant elle, mais elle n'en a que cure. Elle n'espère qu'une chose, que tout ceci se termine vite et qu'elle puisse enfin être libérée de tout ça. De temps à autre, elle s'assure qu'House va bien, qu'il ne perde pas conscience, mais jamais en se retournant vers lui.
- Il n'y a pas d'autres voitures, passe, la supplie-t-il, la voix tremblante par l'extrême douleur qu'il semble ressentir.
- Le feu est rouge, petit chenapan, précise Rachel en souriant largement.
Sa mère se tourne vers elle, pas franchement amusée par le vocabulaire de la fillette.
- Arrête de parler comme un pirate, lui demande-t-elle, usant de cette expression du visage qui fait toujours obéir la petite.
La concernée baisse la tête, semblant avoir bien compris que cela ne plait pas beaucoup à Maman.
- Si tu ne veux pas que Barbe Rebelle ait deux jambes de bois, s'exclama House, il va falloir bouger ce bateau, espèce de petit rat galeux.
La petite se met à rire, et Lisa se passe la main sur le visage, ses idées s'éclaircissant brusquement. Pourquoi n'y a-t-elle pas pensé plus tôt …
- Evidement, lâche-t-elle en hochant la tête, pinçant sa lèvre inférieure avec l'autre, tandis qu'à ses côtés, elle constate que sa fille est plus que souriante. TU lui as montré ce dessin animé dégoûtant. Quel genre de crétin laisse un enfant de trois ans voir ça ?
- Si tu veux me faire la morale sur mon mauvais jugement, grogne-t-il, il y a d'autres exemples.
A nouveau elle l'entend soupirer de douleur, et son cœur se sert à l'intérieur de sa poitrine. Malgré tous ses efforts, il lui est impossible de le traiter comme un quelconque patient et de n'avoir que faire de sa douleur, il est parvenu une fois de plus à la toucher, à la faire s'inquiéter pour lui.
Finalement, elle accède aux urgences, où l'on place House dans un lit au plein milieu du couloir. Assise sur une chaise juste devant lui et sa fille se trémoussant sur le siège à côté, elle remue ses doigts, anxieuse. Un rapide regard vers le monitoring cardiaque de House, et elle se lève précipitamment.
- Ton pouls est à plus de 120, tu es moite, annonce-t-elle. Tu vas faire une attaque. Tu as mal à la tête ?
Elle se penche au dessus de lui, sa respiration à elle s'accélère un bon coup. Elle qui s'est promis de ne pas s'en faire pour lui, c'est fichu.
- Je vais bien … Ment-t-il, tandis qu'elle pense totalement le contraire, et qu'il repose son attention sur la fillette. Tu as vu le dernier épisode ?
Elle se remet droite, cherchant une infirmière du regard, car elle sent que la situation est plus que grave.
- C'était drôle, déclare Rachel, ses beaux grands yeux fixant celui qui a pendant quelques temps été un père pour elle.
La Doyenne adresse un regard peu ravi à sa fille, mordant sa lèvre inférieure. Et voilà qu'elle apprend que sa fille regarde constamment ce stupide dessin animé ! Elle relève les yeux, sa langue entre ses lèvres, et continue à cherchant quelqu'un du regard, debout au plein milieu du corridor.
- Non c'était nul, assure Greg. Sur un bateau pirate, une fille a marché sur la planche.
- Mais elle a flotté ! S'enthousiasme Rachel, balançant ses petites jambes d'avant en arrière.
- Parce qu'elle a de gros seins, continue-t-il.C'est pour ça qu'il aurait du la garder.
La jeune femme se penche à nouveau vers lui, son inquiétude prenant de plus en plus de place en elle.
- Tu dois te faire opérer, rappelle-t-elle. Où est l'infirmière ?
Elle s'avance un peu, puis fait un pas en arrière pour tendre la main à sa fille.
- Viens on va la chercher.
Puis, ses petits doigts tenant les siens, elle s'avance dans les urgences, à la recherche d'une de ses employés, en serrant bien sa fille contre elle, laissant ainsi House seule, mais si cela lui coûte de le fois l'infirmière trouvé, elle remplit tous les formulaires dont House a besoin, et regagne la chambre du deuxième étage dans laquelle on vient de le placer. Assise, dos contre le mur, sa tête reposant contre le carrelage frais, elle réfléchit et le regarde là, meurtri. Elle ne peut s'empêcher de le fixer, les yeux tristes et d'un gris limpide, alors qu'une infirmière en blouse et charlotte note quelques détails sur son bloc. Durant quelques instants, elle sent le regard de House se cliver au sien, sans un mot, et son cœur bat plus fort encore dans sa poitrine. Cette nuit-là, elle a encore failli le perdre pour de bon. Et si elle n'était pas venue à la suite de son appel ? Elle doit l'avouer, même s'il lui pourrit la vie, même s'ils ont rompus, elle n'imagine pas une seule seconde sans qu'il ne soit présent dans sa vie, même si ce n'est qu'au travail. Dans un sens et malgré tous ses efforts pour se persuader du contraire, elle a besoin de lui dans sa vie …
- Ils sont prêts, les informe l'une des internes qui va assister à l'opération.
A nouveau, House tourne la tête vers la brunette, qui enfin se lève et s'approche de lui, ses mains au bord de ses poches pour dissimuler son anxiété. Elle s'apprête à quitter la salle, et pose sa paume sur l'issue à battants avant d'entendre sa voix suppliante.
- Attends, lui demande-t-il.
Elle se tourne vers lui, la main toujours sur la porte, les lèvres pincées et l'invitant du regard à poursuivre.
- Je veux que tu sois là, supplie-t-il.
- Je ne suis pas chirurgien, note-t-elle en niant de la tête. Je ne peux rien faire.
- Tu peux t'assurer que … Dit-il, non sans difficultés. Que ce con de boucher n'enlève pas plus qu'il ne doit.
Elle s'avance enfin vers lui, ne comprenant pas totalement le pourquoi de sa requête. Et surtout, pourquoi lui demande-t-il ça à elle, maintenant?
- Tu as signé le formulaire, souligne-t-elle en faisant quelques pas dans sa direction. Il fera ce qu'il doit faire.
- Et si ça inclut de me couper la jambe ? Soupire-t-il.
Elle ne sait que répondre, elle connait parfaitement le côté particulier du sujet. Il n'a jamais voulu se séparer de sa jambe, et ne le voudra jamais, il est comme ça, un point c'est tout.
- Je veux être sûr que ce soit vraiment nécessaire, ajoute-t-il tandis qu'elle ne peut le quitter du regard.
Elle respire un bon coup, mais ne détache toujours pas ses yeux de lui.
- House …
- J'ai pas confiance en lui, la coupe-t-il. J'ai confiance en toi.
Un nouveau silence s'installe, elle se sent à la fois touchée et sans mots. Malgré tout ce qui a pu leur arriver, il a toujours une confiance sans bornes en elle, cette requête en est la preuve. Elle ne répondit pas même, adressant seulement un signe de tête au personnel qui s'apprête à déplacer le lit.
Elle le regarde s'éloigner, le visage fermé et triste. Ce qu'il vient de lui demander représente beaucoup pour elle, plus qu'elle ne se sent capable de faire à présent. Elle tient encore à lui, plus qu'elle ne le souhaite. Et, qu'elle soit brûlée en Enfers, elle doit se faire une raison : elle l'aime toujours, envers et contre tout.
Durant tout le temps de l'opération, elle demeure debout dans la galerie, dans l'incapacité de demeurer immobile, tandis qu'elle a confié Rachel à une infirmière qui s'occupe d'elle dans le bureau de la Doyenne. Elle tient à observer chaque geste des chirurgiens, à s'assurer qu'ils ne font que le minimum, tout en s'assurant de l'état de son médecin. Elle suit le brancard après avoir récupéré l'enfant une fois qu'on le ramène dans sa chambre, et s'assoit sur le canapé en face, avant d'allonger sa fille sur ses genoux, sa main se promenant dans les cheveux bruns et fins de la petite.
Rachel gesticule, les yeux clos, et la main de sa mère sur sa hanche pour la rassurer, tandis qu'House ne bouge pas, encore sous les effets de l'anesthésiant.
- Il va aller mieux ? Demande tendrement l'enfant.
- Oui, ça ira, promet Cuddy en relevant la tête pour veiller sur son ex-compagnon, ses doigts caressant toujours les tempes de son enfant. Ferme les yeux.
La main sur la rotule de sa mère, Rachel cherche une position, bien blottie contre sa Maman.
- J'aimerais que House revienne jouer avec moi … Avoue la fillette.
Cuddy relève la tête, ne sachant que dire. Sa fille s'est tellement attachée à House, elle ne peut pas l'en séparer aussi facilement qu'elle le souhaiterait. Dans sa vie, rien n'est simple du tout, à son plus grand regret.
- Tu devrais peut-être lui écrire une lettre, finit-elle par dire avant de voir sa fille acquiescer à sa proposition. Tu le veux ? Allez, on s'y met !
Elle aide son bébé à se rasseoir, attrape son sac, et se met en quête d'une feuille et d'un stylo.
Lorsqu'elle reprit ses esprits, elle constata que le bras de House la maintenait fermement contre lui, et qu'elle avait posé sa tête sur son épaule. Il la fixait tendrement, promenant son pouce sur sa joue.
- Ca va, tu te sens mieux ? L'interrogea-t-il en jetant un furtif regard aux alentours pour s'assurer que personne ne les fixer.
- Je crois que c'est bon, assura-t-elle en hochant doucement la tête. Mais je préfère rester assise encore un peu …
Il acquiesça et tourna la tête vers son patient, qui semblait bien inquiet de voir l'état dans lequel avait été la Demoiselle.
- Rassurez-vous, elle n'a rien, précisa le Diagnosticien. Elle a eu une grosse journée à l'hôpital, ce n'est qu'une petite baisse de tension de rien du tout, et cela n'empêche pas qu'elle soit extrêmement douée dans sa catégorie.
L'homme parut rassuré, et se laissa retomber sur son matelas. House lui, reporta toute son attention sur la jeune femme, vérifiant rapidement ses constantes.
- C'est cette chambre qui t'a rappelé des souvenirs ? Chuchota-t-il à son oreille.
- Pas seulement … Avoua-t-elle. Ca a commencé aux urgences, je pouvais encore faire avec, mais une fois ici, l'impression est devenue plus forte encore et …
Il hocha la tête, comprenant tout à fait sans qu'elle ait besoin d'en dire plus. Elle s'enfonça un peu plus dans ses bras, fermant les yeux pour reprendre le plus de forces possible et ainsi, ne pas mettre la puce à l'oreille du reste de la Team lorsqu'elle retournerait dans la salle de Diagnostiques.
Il referma ses bras autour d'elle, embrassant le sommet de son crâne tout en douceur. Bon sang, il serait prêt à tout pour pouvoir lui éviter de revivre d'une manière aussi brutale ses souvenirs.
Après de longues minutes, elle se rassit convenablement, soupira un bon coup et lui adressa un maigre sourire avant de se relever et de s'approcher de leur patient. Il observa chacun de ses mouvements, puis la rejoignit, vérifiant alors le moniteur cardiaque de ce dernier.
Leurs estomacs ne tardèrent pas à se faire entendre, et d'un commun accord, ils décidèrent de se rendre dans un restaurant non loin de l'hôpital, afin de pouvoir déjeuner tranquillement, sans ces regards inquisiteurs posés sur eux, tout en demeurant près du PPTH en cas de besoin. Assis l'un en face de l'autre, ils commandèrent leurs plats, et profitèrent de l'attente pour discuter un peu.
- Si tout va bien, on devrait rentrer avant la fin du week-end, annonça-t-il, sa main distraitement posée sur celle de son ex-compagne. En espérant qu'on puisse rapidement élucider le Diagnostique du patient, et être libre plus vite encore.
- Rachel me manque, avoua la jeune femme.
A ses yeux, c'était étrange puisqu'elle ne se souvenait que de peu de choses, mais il était évident qu'elle était particulièrement attachée à sa fille. Qui aurait cru que, même sans rien savoir d'elle, elle ressentirait autant le vide de l'absence de son enfant à ses côtés ?
- C'est normal, déclara-t-il, en caressant doucement les courbes de son poignet. Si vraiment elle te manque trop, on peut demander à ta mère de nous l'amener ici. Elle n'aura qu'à dormir dans mon lit avec toi, et je prendrais le canapé.
- Je ne veux pas vous imposer ça, surtout avec votre jambe … Souffla-t-elle, les yeux brillants. Je l'appellerai dans la journée, ça suffira …
Il hocha la tête, et se pencha afin de déposer un baiser sur sa douce joue. Elle ferma les yeux l'espace d'un instant, désireuse de profiter de cette tendresse qu'il était le seul à savoir lui offrir. Mais la serveuse rompit leur intimité, apportant les plats à table. Ils mangèrent sans se presser, entrecoupant chaque bouchée d'une bride de conversation.
Après avoir payé leurs menus, House prit la main de la brunette dans la sienne, et l'entraîna près d'un parc, où ils entamèrent une petite balade. Elle voyait parfaitement qu'il avait mal à la jambe, que son boitement était plus prononcé que d'ordinaire, mais elle préféra ne rien dire, comprenant tout à fait qu'il puisse avoir besoin de la dégourdir, et qu'il le faisait aussi en grande partie pour qu'elle puisse prendre un peu l'air, voir de nouvelles choses.
Des couples. Des couples. Et encore des couples. Il lui semblait n'y avoir que ça. Des amoureux qui se bécotent sur les bancs, des amants éperdus qui se prouvent leur amour sur les bords des sentiers. Les larmes lui montèrent aux yeux, et elle dut se faire violence pour les empêcher de rouler le long de ses joues. Son cœur battait à tout rompre, et son emprise sur la main du Diagnosticien se raffermit. Elle avait besoin de sentir sa présence, de le savoir à ses côtés. Chaque fois qu'il se trouvait près d'elle, elle se sentait bien, elle se sentait un peu plus à l'aise. Tout simplement car il savait la rassurer, la réconforter lorsqu'elle en ressentait le besoin, et qu'il était sa bouée, son gilet de sauvetage depuis son réveil du coma.
Elle ferma quelques secondes les yeux, un sanglot lui barrant la gorge. Elle ne savait plus quoi penser, plus quoi se dire au sujet de leur relation. Etait-ce ce que l'on appelle de l'amour qu'elle avait pour lui, ou une amitié très fusionnelle ?
TBC ...
