J'ai l'impression que le temps passe à une vitesse fulgurante. Vous vous rendez compte ? Déjà vingtaine-trois chapitres que vous suivez cette histoire, publiée pour la première fois le 6 mai 2012. A une époque où j'étais encore une lycéenne censée être en pleine période de révisions avec le bac qui approchait. Vous vous rendez compte du chemin déjà parcouru depuis ? A cette allure, bientôt j'aurais 184 ans (oui, j'ai l'espoir de vivre jusque là. Après tout, on dit bien "a girl can dream", non ?). Bref, tout ça pour dire qu'en entamant cette fiction, je ne pensais pas en arriver jusque là aussi rapidement. Et dire que cette aventure n'est toujours pas fini car, comme je l'ai déjà dit à certains, je ne sais toujours pas quand je déciderai d'y mettre un terme. A mon avis, il me reste encore bon nombre de situations et de souvenirs à écrire, et aussi longtemps que je pourrais les écrire, je compte bien le faire. Ravis, non ? (Au pire, même si vous ne l'êtes pas, c'est pareiiiiiil !).

Pendant que j'y suis... Vous avez vu ? Dans 18 reviews, on passera la barre symbolique des 200 pour UR, n'est-ce pas merveilleux ? Ce qui la place en deuxième de la liste, après Pieces qui en détient 207. Vous pensez qu'on arrivera à battre le record lorsqu'ut aura eu son point final ? (C'était la petite séquence "Pas importante mais toujours bonne à savoir surtout pour raconter des conneries dans une intro).
Bon, qu'est-ce que je voulais ajouter moi ? Les remerciements habituels pour vos reviews - mais ça, vous avez l'habitude à force -, les conneries c'est fait... Bon ben je crois que j'en ai fini !

Je vous laisse donc enfin lire ce chapitre, et je vous retrouve prochainement, comme toujours.
See ya people !
Et encore merci pour votre soutien sans failles, je ne vous en serai jamais assez reconnaissante.


Chap' 23

Il entama un pas lent, en parfait accord avec la musique, dirigeant la cadence à sa guise. Lisa s'oubliait tellement contre lui, plus détendue qu'elle ne l'avait été jusque là. C'est fou comme avec lui, ses craintes pouvaient devenir poussières au seul contact de sa peau contre la sienne. Elle ferma les yeux, se nichant un peu plus encore contre lui. Et peu à peu, cette musique lui semblait de plus en plus familière …

Le concert à ne surtout pas rater, en aucun cas. Billets en main, elle se retrouve bien vite au plein milieu d'autres jeunes de sa génération, tous venus assister à cette représentation des Rolling Stones. Les chansons s'enchaînent, et lorsqu'elle s'y attend le moins, elle remarque un jeune homme un peu plus en retrait, loin de lui être inconnu. Elle s'excuse brièvement auprès de ses amis et s'engage à traverser la foule pour le retrouver. Trois ans, trois ans qu'elle ne l'a pas vu, depuis cette nuit où elle lui avait tout donné, et qu'au petit matin il avait disparu.

Alors même qu'elle arrive à sa hauteur, le groupe décide de prendre une petite pause, pour mieux poursuivre ensuite. D'un signe de tête, il lui indique une buvette, avant qu'elle n'acquiesce et ne lui prenne le bras. Elle rougit lorsque sa main rencontre cette peau qu'elle connait bien, et soudainement le sol acquiert un tout nouveau intérêt. Elle se sent de nouveau si ingénue avec lui ! Et puis d'ailleurs, pourquoi a-t-elle choisi un débardeur aussi simple mais près du corps, et un short en jean aussi moulant ? Bon sang, maintenant il doit la prendre pour une petite allumeuse mal baisée …

Il lui paie un verre, puis le lui tend. Elle porte la boisson à ses lèvres, et sourit en constatant qu'il se souvient encore de ses goûts. Elle ne sait que dire pour engager la conversation, que faire. Après tout, depuis ses trois dernières années, elle n'a eu aucune nouvelle de lui, pas même un signe. Non, il a comme disparu dans la nature à la suite de la nuit qu'ils ont échangés à la fac, sans un mot. Elle avale une gorgée d'alcool, et hoquette de surprise. Bon sang, il va croire qu'elle ne sait plus faire la fête !

- Alors Lisa, tu n'es pas entouré de tes fidèles amis, hum ? Ou de tous tes prétendants ? Se moque-t-il gentiment, le dos contre un mur alors qu'elle lui fait face.
- Et toi, tu n'as pas amené ton fan club pour te tenir compagnie ? Répond-elle aussitôt, comme leurs échanges l'ont toujours été.
- Malheureusement non, la concurrence n'est plus aussi rude qu'à la fac dans le Michigan, ce n'est plus aussi amusant, déclare-t-il le plus simplement du monde, son regard ancré à celui de la Demoiselle.

Avant même qu'elle n'ait le temps d'ajouter quoi que ce soit, les musiciens entament une nouvelle chanson, de retour et en pleine forme. Les premières notes se font entendre, et rapidement elle sent une prise autour de son poignet, qui l'entraîne vers un petit coin peu bondé. Elle sourit comme une enfant qui vient de recevoir le cadeau de Noël qu'elle désirait plus que tout, mais peu lui importe.

Deux bras musclés s'enroulent autour de sa taille, alors qu'instinctivement ses mains à elle se retrouvent attachées à son cou. Leurs corps se rapprochent, juste assez pour leur assurer une certaine intimité malgré le monde venu assister au spectacle. Elle pose finalement sa tête sur son épaule, humant ce délicieux parfum dont il lui semble connaître encore tous les secrets.

« Melody, it was her second name

Melody, it was her second name

Melody, it was her second name

Melody, it was her second name

I took her out dancing but she drank away my cash

She said, "I'm going to fix my face don't you worry I'll be back"

I'm looking for her high and low like a mustard for a ham

She was crashed out in the bathroom

In the arms of my best friend. »

Elle sourit grandement, comme elle ne l'a plus fait depuis trois ans déjà. Elle ne s'étonne pas même de sa présence sur les lieux du concert, c'est devenu le cadet de ses soucis. La seule chose qui compte à ses yeux, c'est qu'il soit là, contre elle, à lui offrir un slow sans même qu'elle n'ait eu à le lui réclamer. Au diable les autres, au diable ses amis si toutefois ils se mettent à sa recherche. Elle est bien décidée à demeurer auprès de House autant qu'elle le pourra, et rien ne l'en empêchera.

Elle le sent se pencher vers son oreille, et referme un peu plus a prise autour de son cou. Un frisson la parcourt lorsque sa barbe de trois jours effleure sa peau, et elle entrouvre les lèvres. Comment a-t-elle pu se passer d'une telle sensation tout ce temps durant ?

« Melody, it was her second name

Melody, it was her second name

Melody, it was her second name

Melody, it was her second name...

Then one day she left me

She took everything that moved

My car, she took my trailer home

She took my Sunday boots

My nose is on her trail

I'm going to catch her by surprise

Then I'm going to have the pleasure

To roast that child alive. »

A contre-coeur, elle se détache de lui. Elle aurait tant préféré que la musique se poursuive indéfiniment, pour ne jamais plus quitter ses bras ! Elle finit par relever la tête, croisant une nouvelle fois ce regard qui la fait fondre depuis leur première rencontre.

Sa main rencontre un instant celle du jeune médecin, avant que ses lèvres ne viennent contre les siennes, lui offrant ainsi un baiser tout en douceur et tendresse, sans aucune brutalité ou passion violente. Mais, la seconde suivante, l'air frais la surprend, et elle rouvre subitement les yeux, juste à temps pour le voir s'éloigner. Une fois de plus, il disparaît de sa vie, pour une durée indéterminée. Elle va encore devoir apprendre à vivre en essayant de penser le moins possible à lui …

« Melody, it was her second name

Melody, it was her second name

Melody, it was her second name

Melody, it was her second name. »

Elle revint à la réalité, constatant que la prise autour d'elle s'était endurcie. Ses yeux se posèrent sur le visage de House, dont l'expression laissait présumer qu'il avait parfaitement compris pourquoi la jeune femme s'était retrouvée un peu plus encore nichée dans ses bras. La tenant par la main, il la fit reprendre place sur le canapé, et lui tendit un verre d'eau qu'elle avala sur le champ. Il se laissa ensuite retomber à ses côtés, et se passa une main lasse sur le visage. Elle tourna la tête vers lui, jouant en même temps avec un élastique qu'elle faisait tourner autour de ses doigts. Elle sursauta lorsque ce dernier craqua et vola sur quelques mètres pour ensuite atterrir au sol, amusant ainsi le Diagnosticien. La jeune femme ne tarda pas non plus à se laisser emporter par cette hilarité, relâchant alors les restes de pression qu'elle ressentait encore jusque là.

Riants, ils échangèrent un sourire se voulant tendre, avant qu'il ne finisse par se relever et ne dépose un baiser sur le front de la Demoiselle, pour ensuite disparaître dans le couloir. Elle laissa échapper un long soupir, et se tendit en entendant la porte de la chambre d'amis se fermer. Tête baissée, elle finit par rejoindre la sienne une fois toutes les lumières éteintes, et s'écroula sur le matelas, où elle retira avec empressement ses vêtements, enfila sa nuisette, et s'empressa de se réfugier sous les couvertures. Là, elle fondit en larmes une bonne fois pour toute, le visage enfoui dans son oreiller.

A nouveau, un monticule de questions l'interpellait, ne lui laissant aucun répit, elle qui ne disposait pas des réponses nécessaires. Et elle devait l'avouer, mais elle avait peur. Peur de perdre House, totalement et à jamais. Il était apparu dans sa vie à l'époque de la faculté, et semblait même avoir grandement bouleversé les plans de la jeune étudiante qu'elle était, avant de brusquement ne plus donner signe de vie. Et voilà qu'elle découvrait que, trois ans plus tard, elle l'avait retrouvé, par pur hasard, et qu'il ne l'avait aucunement oublié. Il lui avait offert une dance, le temps d'une chanson. Et à la seconde où la mélodie s'était tu et que leurs lèvres s'étaient séparés, il avait à nouveau disparu. Devait-elle maintenant s'attendre à un nouveau départ de sa part, un nouvel abandon ?

Cette pensée lui était inimaginable. Depuis sa sortie du coma, il avait constamment été là pour elle, l'avait habitué à sa présence au quotidien. Et à présent, il serait difficile à Cuddy de devoir vivre sans. De vivre avec ce gouffre en plus en elle, s'ajoutant à celui de sa vie passée. De cette vie dont elle ne se souvenait que de brefs détails, très diffus. Non, elle ne voulait aucunement qu'il fuit encore, elle avait trop besoin de lui.

Lorsqu'enfin elle parvint à sécher ses larmes, l'horloge affichait déjà 00:38. La couette relevée jusqu'à son menton, elle tenta de fermer les yeux, à la recherche d'une once de sommeil. Mais rien à faire, son esprit continuait de fonctionner à une cadence éreintante, sans qu'elle ne puisse rien faire contre. Elle avait beau se retourner encore et encore sous les draps, impossible de céder à l'appel de Morphée. Était-ce trop demander à son encéphale que de cesser un peu ses réflexions et de lui accorder ce repos bien mérité ?

Finalement, au bout d'une bonne vingtaine de minutes d'acharnement, elle parvint enfin à s'endormir, recroquevillée en position foetale, serrant tout contre elle une chemise masculine bleu pâle qu'elle avait retrouvée dans son placard et qui, elle n'en avait aucun doute, appartenait à House.
Le matin venu, elle fut la première debout, et s'octroya un peu de temps pour elle afin d'effectuer un peu de yoga. Le dos bien droit et les mains touchant ses orteils sans plier les genoux, elle surprit à s'étonner elle-même de part la facilité déconcertante par laquelle elle semblait pouvoir faire les mouvements, qu'elle n'avait d'ailleurs vu qu'une fois auparavant. A croire que, comme pour ses connaissances médicales, cela restait terré au fond d'elle, pour ne s'exprimer qu'en temps voulu. Mais après tout, ce n'était pas plus mal, du moment qu'elle pouvait pratiquer ce sport qui semblait lui faire tant de bien, non ?

Lorsqu'elle déclara intérieurement qu'elle s'était assez étirée pour le moment, elle rejoignit sans bruits la cuisine, et entama la préparation d'un petit-déjeuner. A présent qu'ils étaient de retour sur Boston, leurs journées risquaient d'être peu encombrées et plutôt tranquilles, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Un rapide coup d'oeil sur la surface fraîche du réfrigérateur, et elle remarqua un petit mot griffonné par sa mère, et laissé bien en évidence. Lisa se passa une main lasse sur le visage, et très vite ses incisives se plantèrent dans sa lèvre inférieure. Car le mercredi venu, soit trois jours plus tard, il lui faudrait conduire Rachel à l'anniversaire de Lana, celle qui se rapportait le plus comme une meilleure amie pour la fillette. Heureusement, Arlène avait déjà emmené sa petite-fille faire les boutiques et avaient acheté ensemble le cadeau, mais Lisa redoutait de devoir discuter avec la mère de l'enfant, qui aux dernières nouvelles, avait été enchantée d'apprendre que la petite Cuddy serait présente.

Bien trop plongée dans ses pensées, elle n'entendit pas même des pas se diriger vers la salle, et une petite masse s'approcher d'elle. Ce qui, inévitablement, ne manqua pas de la faire sursauter quand deux petits bras s'enroulèrent autour de ses jambes, et qu'elle remarqua enfin la présence de sa fille. Aussitôt, elle l'attrapa sous les aisselles, et la souleva pour ensuite la blottir tout contre elle, la berçant tendrement de gauche à droite. L'enfant s'empressa d'étreindre comme il convenait sa mère, ne voulant pas la lâcher un seul instant.

Toujours son bébé dans les bras, Cuddy s'installa sur une des chaises de la salle à manger, la petite installée sur sa cuisse et contre sa poitrine, l'une de ses mains glissant dans ses cheveux lisses.

- Tu as bien dormi mon cœur ? Lui demanda tendrement l'ancienne-Doyenne, plantant ensuite quelques baisers sur le front de cette dernière.
- Vi, marmonna Rachel, son pouce à moitié dans la bouche. Mais tu m'as manqué Maman, quand tu étais partie j'ai fait un vilain cauchemar et tu étais pas là pour le faire partir …

La brunette ferma les yeux, ressentant comme un pincement au cœur. Bon sang, et dire qu'avec son stupide rendez-vous, elle n'avait pas été fichue d'être présente lorsque son bébé avait eu besoin d'elle ! Elle referma plus encore son étreinte autour d'elle, nichant sa tête au creux de son petit cou.

- Excuses moi mon ange, j'aurais du être là … S'excusa-t-elle, les larmes menaçant d'affluer au niveau de ses paupières. Je m'en veux tellement …
- Howse il a été gentil, il est resté avec moi jusqu'à ce que je refasse dodo
, continua la fillette avant d'attraper la main de sa mère pour entremêler leurs doigts. Et il avait promis que le matin j'aurais un gros câlin de toi.
- Et bien tu vois, il n'a pas menti, le voilà mon câlin !
S'empressa d'ajouter la jeune femme, les yeux toujours clos et son enfant contre son cœur. Maman aurait préféré rester à la maison que sortir avec Alan, tu sais. Alors je te promets que je ne recommencerai plus !

La petite releva la tête, juste assez pour plonger son regard dans celui de celle qui l'avait toujours élevé, et y remarqua toute la sincérité dont cette dernière faisait preuve. Elle le savait au plus profond d'elle, sa Maman ne mentait pas. Et c'est fou ce qu'elle pouvait aimer sa Maman !

- Dis … Poursuivit la petite voix fluette de celle-ci. Je pourrais dormir avec toi Maman cette nuit ?

Comment refuser une requête aussi adorable lorsqu'on vous regarde avec des yeux brillants, une petite moue implorante et une bouille d'ange ? Cuddy elle, ne pouvait aucunement y résister. Et puis, elle devait l'avouer, mais cette idée ne lui déplaisait pas du tout, bien au contraire. Elle avait tant besoin de se rassurer ces derniers temps, que la présence de ce petit corps contre le sien serait d'un grand soutien.

- Bien sûr que oui ! Assura-t-elle, en replaçant l'une des mèches brunes de la petite derrière son oreille.
- Et Howse, il pourra venir dans le lit avec nous ?
- De quoi House ?
Demanda une troisième voix, entrant tout juste dans la pièce.

Aussitôt, deux paires d'yeux bleus se fixèrent sur eux, dessinant aussitôt un sourire sur ses lèvres.

- Tu viendras faire dodo avec Maman et moi cette nuit ? Répéta la fillette en invitant l'infirme à s'approcher pour déposer un baiser baveux sur sa joue.
- Mais tu ronfles la nuit ! Ironisa-t-il, non sans oublier d'accompagner ses paroles d'un clin d'oeil exagéré.
- Mais non ! Rétorqua l'enfant, mains sur les hanches. Alooooors, tu feras dodo avec nous ? Ça sera bien !

Il haussa les épaules, ne sachant que dire. Ses yeux se posèrent sur Cuddy, qui paraissait tout autant que lui dans un brouillard total quand à la meilleure réponse à adopter. Il s'installa à leurs côtés, et entama un léger massage sur sa cuisse meurtrie, comme si ainsi, il parviendrait mieux à réfléchir et aurait les idées plus claires.

- Tout dépend … Souffla-t-il, la tête baissée en direction de sa jambe. Déjà, il faut que ta Maman soit d'accord, et puis …
- Mais Maman elle est d'accord, hein Maman ?
S'exclama-t-elle avant de se tourner vers cette dernière, attendant un simple signe d'acquiescement de sa part. On sera bien tous les trois, dis oui !

Les deux adultes échangèrent un nouveau regard, tout aussi perdus l'un que l'autre. Mais pour Rachel, cela semblait tellement lui tenir à cœur, qu'ils ne pouvaient lui refuser une telle chose. Et puis, que risquaient-ils, en dormant tous les trois dans le même lit, parfaitement conscients que la fillette tiendrait tout particulièrement à s'endormir entre eux ? Alors, d'un commun accord silencieux, ils hochèrent la tête, la petite sautillant instantanément sur place. Elle avait déjà hâte d'être à ce soir !

- Et Howse, il viendra avec toi et moi à l'anniversaire de Lana mercredi, hein ? Ajouta la petite, ses yeux brillants d'envie. Il peut venir, hein ?

A nouveau, les deux adultes échangèrent un regard perdu, ne sachant comment comment réagir. Bien sûr, le présence de Greg aux côté de la jeune femme serait un soutien pour elle dont elle avait grandement besoin mais il n'était pas question qu'elle ne le force s'il n'en avait pas envie. Non, elle ne lui demanderait pas même, la décision devait venir de lui, sans aucune contrainte extérieure.

- Comme ça, Maman elle sera pas seule, poursuivit Rachel, la main de sa mère dans la sienne. En plus, Lana elle veut pas me croire que mon Howse c'est le meilleur des pirates, alors quand elle te verra, elle dira plus que je dis des bêtises !

Le Diagnosticien réprima un éclat de rire, et saisit l'enfant sous les aisselles avant de la soulever dans les airs. Cette dernière battait des bras tel un petit perroquet, et gloussait gaiement lorsqu'il la positionna sur son épaule, à la manière de Brownbear et de son fidèle compagnon de mer.

- Si ta Maman est d'accord, alors je viendrais, promit-il avant de la faire basculer une fois de plus et de la reposer au sol. Mais à une condition : je veux un énoooooooorme bout de gâteau !

Les deux Cuddy se mirent à rire devant le visage qu'il affichait, tant celui-ci était des plus hilarants. Il faisait les yeux ronds, et la main qu'il avait posé sur son ventre y dessinait de larges cercles alors que sa langue glissait sur ses babines, tel un ogre affamé prêt à se ruer sur son dîner et à le dévorer avant même d'avoir eu le temps de dire « Bon appétit ».

Le regard 'machiavélique' du médecin aurait du lui mettre la puce à l'oreille, mais Lisa était bien trop occupée à rire de ce qu'elle avait en face d'elle, qu'elle ne se méfia pas même une seule seconde. Ce ne fut qu'une fois Rachel commençant à courir de l'autre côté de la salle qu'elle comprit, et regretta de s'être trouvée si proche de là où se tenait le Diagnosticien. Car, avant même qu'elle n'ait pu se remettre de son hilarité grandissante, deux bras musclés la saisirent, et la firent quitter le sol. Comme l'avait été précédemment sa fille, elle se retrouva dans les bras de Greg, qui la plia sur son épaule, la maintenant au niveau des genoux pour qu'elle ne chute pas, et son autre main se retenant à la table. Amusée, elle fit mine de vouloir retourner à terre, abattant une pluie de prétendus coups de poing dans le dos du médecin, simplement pour ne pas passer pour trop docile, bien qu'au fond d'elle, elle se délectait savoureusement de cet instant, de cette 'intimité presque familiale' qu'ils partageaient.

Bien que tout cela avait démarré comme un jeu, House ne voulait plus la lâcher. Il ferma les yeux, essayant de profiter au mieux du temps qu'il pourrait la garder ainsi, avant que sa jambe ne lui rappelle fatalement l'handicap dont il souffrait depuis des années maintenant. Tout ce qu'il voulait, c'était pouvoir continuer à rire avec elle, l'esprit léger. Tout comme il se plaisait à le faire lorsqu'ils formaient encore un couple. C'est fou comme il regrettait cette époque …

Trois minutes, et déjà sa jambe ne tenait plus assez. Il la reposa au sol le plus doucement possible, lui adressant un large sourire qu'elle lui rendit aussitôt. Ses yeux étaient pétillants, charmeurs. Mais surtout, irrésistibles …

Elle secoua la tête, et souffla discrètement, tentant de son mieux de relâcher la pression. Ce regard, même s'il n'avait pas été particulièrement différent des autres qu'il portait sur elle, lui avait suffi à se sentir toute bizarre. Il était temps qu'elle se reprenne, qu'elle focalise son attention sur autre chose. Par chance, il alluma la radio posée non loin de là, laissant la musique se répandre à travers la pièce. Jusqu'à ce qu'un flash info spécial n'interrompe la mélodie, faisant aussitôt clore les paupières de la jeune femme tandis qu'un mot, du moins un nom, cognait dans son esprit ...

TBC ...