Hey hey hey les gens ! Et oui, me revoilà déjà. L'occasion était trop belle pour passer à côté. Car, en réunissant deux lectrices dans une même conversation Skype, ça donne des supplications incessantes, et même des promesses. J'annonce donc officiellement que Mesdemoiselles Héloïse et Jeanne sont mes esclaves. Et comme les clauses du contrat n'ont pas été discutées, je prends la liberté de les désigner sous mes ordres tant de temps que j'en jugerai nécessaire. MOUAHAHAHAH que je suis diabolique ! (Et les filles, je précise que les poissons du 27 mars, c'est PAS marrant). Mais je vous promets, si vous les voyez s'acharner à la tâche, c'est vraiment quelque chose de croustillant. Je ne m'en lasserai jamais je crois, d'autant plus en sachant que j'ai des moyens de pression sur elles, et que je peux les manipuler à ma guise. Que la vie est belle dans ma secte où je suis la gourou suprême ! (Si vous ne me croyez pas, gare à vous. Je suis puissante, très puissante, et j'ai des armées de Tomasbian à mes pieds.
Au fait... Vous aviez remarqué que c'est bientôt Pâques ? A nous le week-end rallongé, et la semaine de cours moins longue ! (Oui, ce sont les premières choses qui me viennent à l'esprit moi, bien que le chocolat ait lui aussi une place importante). Breeeeeeeeeef, on va pouvoir... Faire les mêmes choses qu'en temps normal ! (Oui c'est une chute. Une excellente chute de blague, AH AH AH !). En fait, je sais pas si vous l'aviez compris aussi ou pas, mais je m'amuse à rallonger inutilement mon intro', rien que pour faire chier les deux petites folles qui attendent comme des animaux en cages que ce chapitre soit en ligne.
Pendant que je suis là, j'en profite pour remercier Monica, lectrice italienne. Savoir que tu as lu ma fiction et que tu l'as commentée en français m'a fait grandement plaisir, et j'espère ne pas te décevoir. Je te félicite d'ailleurs pour ton écrit, il est vraiment bien pour quelqu'un qui apprend en lisant !
Sinon, en ce qui concerne le souvenir que Lisa va retrouver, vous découvrirez par vous-même si vos suppositions étaient les bonnes. Je n'en dis pas plus, vous le saurez bien assez vite ! Car maintenant que j'ai assez blablaté pour ne rien dire, je vais vous laisser enfin vaquer à la lecture, et on se retrouvera bientôt ! N'hésitez pas à laisser une petite review au passage, c'est le salaire de l'auteure ici. Et merci d'avance !

See ya people :D


Chap' 24.

Par chance, il alluma la radio posée non loin de là, laissant la musique se répandre à travers la pièce. Jusqu'à ce qu'un flash info spécial n'interrompe la mélodie, faisant aussitôt clore les paupières de la jeune femme tandis qu'un mot, du moins un nom, cognait dans son esprit.

Des débris. Des tas de débris partout. Du béton réduits en morceau, des armatures métalliques à nues. Un vrai désastre, et des centaines de secouristes qui s'affairent. A genoux dans l'une des cavités tout juste assez haute pour que des adultes s'y tiennent pliés en deux, elle se tient à côté d'un pompier, et juste en face de House. Au sol, allongée et le visage marqué par la douleur, elle y voit cette femme qui lui arrache un pincement au cœur. Elle qui n'a rien demandé, elle s'est juste retrouvée là, au mauvais endroit, au mauvais moment.

- Vu comment tout se tient, cette poutre soutient désormais une énorme pile de débris, les informe le secouriste. On ne peut pas la soulever sans risquer la vie des gens en dessous.

Elle fixe cet homme, l'écoute attentivement, vêtue de sa combinaison d'intervention bleu foncée, et pleine de poussière d'avoir rampé à travers les restes du parking souterrain jusqu'à l'emplacement de la patiente.

- Donc il est temps de parler d'amputation, poursuit-il, ne quittant pas un seul instant Cuddy des yeux.

Elle se tient la tête, pèse le pour et le contre. La santé et la sécurité de la blessée sont primordiales, mais aucune décision ne doit être prise à la légère au vue de la situation dans laquelle ils se trouvent. Lisa se tourne vers cette dernière, les lèvres pincées.

- Non, déclare clairement la jeune femme à la peau mate, sa poitrine se soulevant à un rythme effréné.
- S'il-vous-plaît écoutez moi, demande la médecin, le plus calmement possible pour ne pas inquiéter plus que de raison celle à qui elle a affaire. On est ici depuis presque deux heures. Le temps qu'ils enlèvent les débris …
- Vous ne coupez pas sa jambe
, l'interrompt House.

Elle tourne la tête vers lui, qui a fait de même pour elle. Leurs regards se croisent, ses yeux bleus-gris trahissent son incompréhension face à la réaction de son employé. Qu'est-ce qui lui prend ? Ne se rend-il pas compte à quel point la situation est déjà assez compliquée ?

- Vous n'avez pas à penser à ça maintenant pour rendre sa tâche plus facile, continue-t-il en indiquant l'homme en tenue.
- C'est une blague ? S'étouffe ce dernier, son regard balayant le médecin auquel il a affaire et les débris alentours.
- Si on laisse sa jambe, il y a un risque de syndrome d'écrasement, note la Doyenne.
- Qu'est-ce que c'est ? Les coupe la jeune femme qu'ils doivent secourir.
- Pas assez de sang ne circule dans votre jambe, explique Lisa, ses yeux rivés sur celle à qui elle fournit cette réponse. Plus elle reste comme ça, plus le muscle meurt.
- Et donc je boiterai ? S'inquiète Hannah.
- Les muscles qui pourrissent envoient du poison, annonce la médecin. Si on libère votre jambe, le poison va se répandre en vous et peut stopper votre cœur.

- Les cheeseburgers aussi, ironise Greg.

Elle détourne de nouveau son attention vers lui, cette fois en écarquillant les yeux afin de lui faire comprendre que sa remarque n'est pas des plus appropriées.

- Demandez à vos amis fainéants de déplacer ces débris, ajoute-t-il rapidement. Il lui reste deux heures avant que le syndrome d'écrasement ne s'installe.

L'assurance dont il semble faire preuve oblige Cuddy à rouler des yeux, avant qu'elle ne se concentre sur les propos du secouriste.

- On le fait à la main, je ne garantis rien, il peut y avoir dix tonnes de débris accumulés en deux heures, rappelle-t-il sur un ton prouvant son énervement contre l'homme qui semble le prendre pour un demeuré.
- Mais vous devez essayer, l'implora Hannah, restée silencieuse pendant quelques temps, la douleur résonnant dans sa voix. C'est ma jambe.
- On ne doit pas s'inquiéter que du syndrome d'écrasement
, prévient l'homme en tenue. Il y a de l'essence, du feu. Il peut aussi y avoir un nouvel écroulement qu'importe nos précautions.
- Vous pensez que retirer la jambe de quelqu'un dans une pile de débris sales est sûr ?
Tique le Diagnosticien. Septicémies, embolies graisseuses, hémorragies, …
- Tout ça n'est rien si jamais il y a un autre écroulement
, le coupe de nouveau le pompier.
- Capitaine, c'est un con, dit enfin Cuddy, qui s'était tue jusque là. Mais c'est ce que la patiente veut. Peut-on encore attendre deux heures ?

Les trois échangent un regard, avant qu'une décision ne soit prise. Lisa le sait, le secouriste lui fait entièrement confiance, il a conscience de la place qu'elle occupe au sein de l'hôpital venu leur prêter main forte, et du respect qu'elle obtient de la part de ses employés. Il murmure un simple 'Yep' et retourne à la surface, laissant là les deux médecins et la blessée.

- Je remonte là haut, prévient-elle House en prenant la suite du capitaine.

Une fois à la surface, elle aide du mieux qu'elle peut les quelques victimes encore évacuées du lieu du sinistre, s'investissant autant que possible dans cette tâche. Et puis, lorsqu'House sort lui aussi, on l'envoie la rejoindre, et elle le conduit à l'écart du terrain pour commencer à nettoyer ses plaies suite au second éboulement.

- Vous avez de la chance que ce ne soit pas pire, souffle-t-elle en désinfectant son épaule.

Elle retient autant que possible la colère qui lui noue le ventre, elle ne supporte plus de le voir se détruire de la sorte et entraîner tout le monde dans sa chute. Non, il est hors de question que, par pur égoïsme, il continue à mettre en danger la vie de la patiente, pour une simple histoire de jambe. Hors de question qu'il reproduise le modèle de ce qui avait eu lieu pour la sienne. Et hors de question qu'il réduise à néant le bonheur des autres sous prétexte qu'il se complaise dans le malheur.

- Vous savez qui est plus chanceux ? Répond-il simplement, comme s'il ne présente que peu d'attention à ce qu'elle vient de dire. Vous et n'importe quel autre humain qui n'était pas là dessous.

Il décroche son mobile meuglant, mais elle se fiche bien de ce qu'il peut raconter au téléphone, et se concentre sur le nettoyage de son épaule. Elle laisse quelques temps un linge sur la plaie, effaçant le sang qui lui empêche la vision nette de sa blessure. Elle y pose ensuite un morceau de gaze, à l'instant même où le commandant arrive vers eux.

- Mauvaise nouvelle, annonce-t-il d'un ton grave. A cause de l'effondrement, on ne peut plus rien soulever avant qu'on ait dégagé le dessus. Ça prendra entre cinq et six heures.
- Donc on doit amputer
, souffle Lisa, le visage grave.
- Non, déclare une fois de plus le Néphrologue.
- Ça fait déjà quatre heures, souligne-t-elle en fixant le sol. Avant c'était hasardeux mais … Maintenant c'est ridicule.
- Le syndrome d'effondrement est dû à trop de potassium. Si on enlève le potassium …
Commence-t-il à proposer.
- Elle a déjà eu du bicarbonate de soude, note Lisa.
- Mais pas du glucose et de l'insuline, répète House. On a du glucose dans la trousse, et il y a bien un diabétique pas très loin.
- Vous voulez doser l'insuline ici, en dehors de l'hôpital ?
S'indigne-t-elle. C'est insensé ! Ça n'en vaut pas la peine.
- Ah vraiment ?
S'énerve-t-il en la fixant, elle qui se tient debout devant lui. Parce que je pense être le seul ici à connaître la vraie valeur d'une jambe. Heureusement que ce n'est pas vous la responsable, mais lui. Et il sait que je témoignerai contre lui si Hannah l'attaque en justice pour lui avoir coupé la jambe sans avoir tout essayé avant.
- Vous nous laissez une minute ?
Demande-t-elle au secouriste après s'être avancée vers lui, sa combinaison seulement à moitié mise.

Elle se retourne alors vers son employé, le visage grave et sérieux. Elle a envie de lui hurler d'ouvrir les yeux, de ne pas reproduire l'erreur qu'il a fait des années plus tôt sur son cas. Mais elle le connait, il est bien trop têtu pour reconnaître ses propres torts, et il ne changera jamais à ce sujet. Il fixe la terre, mais elle souffle un coup et prend la parole, bien décidée à lui remettre les idées en place.

- Je sais que vous êtes en colère, dit-elle, le faisant aussitôt tourner la tête dans sa direction, mais s'il-vous-plaît ne risquez pas sa vie rien que pour m'énerver.
- Sérieusement ?
Grogne-t-il avant de la devancer de toute sa hauteur. Tout est lié à vous, donc.
- Vous avez pris position contre moi juste après que je vous ai parlé de mes fiançailles.
- Bien sûr
, acquiesce-t-il. Et pas parce que vous êtes narcissique et pathétique.
- Je ne vous aime pas
, crache-t-elle en se hissant sur la pointe des pieds, son cœur battant à cent à l'heure qu'elle essaie de ne pas écouter pour se focaliser sur lui. Acceptez ce fait et avancez dans votre vie au lieu de rendre tout le monde malheureux.
- Oh génial
, souffle-t-il avant de lui passer devant. Je reçois une leçon de vie d'une mère célibataire de quarante ans qui sort avec un gamin.
- Je vous emmerde
, rétorque-t-elle en le regardant bien dans les yeux, excédée par son comportement. J'en ai marre de vous trouver des excuses. J'en ai marre que les gens doivent prendre des gants avec vous et se compliquer la vie, alors qu'ils vous aident à ne pas craquer. J'en ai fini.

Elle s'éloigne finalement de lui, n'en pouvant plus. Depuis toujours, elle s'évertue à le protéger, à se plier en quatre pour le tirer vers le haut. Mais là, c'en est trop, il lui sort par les yeux à force de toujours refuser son aide et de l'envoyer sur les roses chaque fois qu'elle essaie de faire un geste envers lui.

- Fantastique, s'exclame-t-il. N'approchez pas ma patiente.

Elle finit par lui faire une nouvelle fois face, décidée à ne pas le laisser faire aussi facilement. Elle revient quelques pas en arrière, se rapprochant un peu de l'endroit où elle se trouvait précédemment.

- Quel est votre but, House ? Lui demande-t-elle finalement. Vous voulez risquer sa vie pour sauver sa jambe ? Ça a marché à merveille avec nous, non ? Qu'avez-vous dans votre vie honnêtement ? Dîtes moi. Je vais de l'avant. Wilson va de l'avant. Mais vous, vous n'avez rien House. Rien.

Sa voix a fini par se calmer, elle expose simplement des faits et il la regarde, à priori incapable d'y répondre quoi que ce soit.

- Je vais descendre et la convaincre de me laisser l'amputer, achève-t-elle son monologue. S'il vous reste un peu de décence, restez en dehors de ça.

Cette fois-ci elle part pour de bon, le laissant seul. Peu importe la dureté de ses paroles, il le faut. C'est le seul moyen de le mettre face à la réalité, elle n'a pas d'autre choix. Il pourra la haïr autant qu'il le voudra, elle est prête à assumer n'importe quelle remontrance. Du moment que ses mots aient fait échos en lui.

Dans cette cavité sombre et poussiéreuse comme jamais, elle tente comme elle peut de convaincre Hannah, ce qui n'est pourtant pas chose simple.

- Non, le Docteur House me l'a promis … Bafouille cette dernière, alors que Lisa la regarde, les yeux plein de compassion pour elle.
- S'il y avait un autre moyen ...
- Ça ne me fait pas mal actuellement, je peux attendre.

Cuddy entend du bruit, et remarque l'arrivée de son employé, ce qui ne manque pas de la surprendre.

- Docteur House, dîtes lui … L'implore sa patiente tandis qu'il parvient à se frayer un passage jusqu'aux côtés de sa Patronne.
- Hannah, on doit vous couper la jambe, annonce-t-il après avoir regardé quelques instants sa Boss qui ne daigne pas même lui adresser un coup d'oeil.

Cette dernière relève la tête vers lui, étonnée par son brusque changement d'avis. Ses propos l'ont-ils fait réfléchir à ce sujet ? De ce fait, elle conserve un œil sur lui, attendant la suite des évènements. Après tout, il a peut-être enfin compris que le monde ne tourne pas seulement au tour de lui ...

- Vous avez dit qu'il restait du temps, rappelle la blessée.
- Il y en avait, il n'y en a plus, répond-il tout juste.
- Non.
- Vous m'avez demandé ce que j'avais à la jambe
, poursuit-il. J'avais un caillot et le muscle était en train de mourir. Tous les médecins m'ont conseillé de me faire amputer, j'ai refusé alors ils ont dû faire une opération très risquée. J'ai failli en mourir.
- Mais vous avez sauvé votre jambe
, précise la patiente.
- Je le regrette.

Lisa pince ses lèvres, réalisant qu'il a fini par comprendre la réalité devant laquelle elle a tenu à le mettre face à face un peu plus tôt. Elle ne prononce pas un mot, l'écoute simplement raconter cette histoire qu'elle connait bien pour y avoir été aux premières loges en temps que médecin attitrée.

- Ils ont retiré un bout de muscle de la taille de mon poing, et m'ont laissé cette chose mutilée et inutile, finit-il. Je souffre, tous les jours. Ça m'a changé. Je suis devenu quelqu'un de plus dur. Pire qu'avant. Et maintenant …. Maintenant je suis seul.

Un silence s'installe, lourd et plus pesant que jamais. Cuddy n'a toujours pas ouvert la bouche, ne sachant que dire. Il expose des faits qui sont bien loin de lui être inconnus, et pourtant elle ne peut s'empêcher de se sentir aussi coupable qu'à cette époque. Malgré toutes ses années, elle ne peut s'en vouloir d'avoir contribué à faire de lui l'homme qu'il est devenu, et de ne pas l'avoir poussé à subir l'amputation qui l'aurait soulagé bien plus tôt.

- Vous ne voulez pas me ressembler, termine-t-il, la voix grave. Vous avez un mari qui vous aime. Vous avez des amis, vous pouvez avoir une famille. Vous avez une vie. Et ça … Ce n'est qu'une jambe.

Le visage de la Doyenne se referme davantage, elle sent une boule se former de plus en plus à l'intérieur de sa gorge, l'empêchant de déglutir correctement. Ce nouveau blanc la perturbe autant que le précédent, la culpabilité la ronge, et elle n'en demeure que plus muette encore.

- C'est d'accord, sanglote Hannah, autorisant enfin l'amputation.

Les yeux de Lisa s'humidifient, elle ne peut les détacher de House qui baisse les yeux. Elle le sent, il a fait un gros effort sur lui même pour se confier à une inconnue, plus encore avec la présence de sa Patronne à ses côtés. Mais elle lui est reconnaissante de l'avoir finalement écouté, de ne pas s'être retranché derrière sa carapace infranchissable pour une fois. Il tourne enfin la tête vers elle, et elle entrevoit sur son visage une expression se voulant quelque peu rassurante.

Lorsqu'enfin Hannah est sortie des décombres, Lisa observe le brancard passer devant elle, et guide le mari vers cette dernière, tout en demeurant en retrait. House la rejoint, tout deux observant les retrouvailles des deux époux. Ils échangent un regard, sans qu'un seul mot ne soit prononcé. Elle l'observe monter dans l'ambulance, incapable de se détacher un seul instant de son regard. Durant quelques secondes, ils maintiennent le contact, comme si plus rien autour n'a d'importance. Comme si, autour d'eux, ne se trouvait pas des débris par milliers, des corps blessés et des secouristes au pied d'oeuvre pour sortir les dernières victimes.

Et dans ce regard, elle comprend enfin ce qu'elle peut y lire. Une tristesse infinie, un horizon troublé. Une inquiétude extrême, tout de même teinté d'un peu de tendresse. Les portes se referment, le véhicule s'éloigne, et elle ne bouge pas, réalisant enfin ce qui lui a échappé tant de temps durant. Elle se retient de pleurer, ne voulant pas qu'on puisse la voir dans un tel état. Mais une chose est sûre, elle a compris ce qui lui a toujours échappé. Car dans les yeux de son Diagnosticien, elle a vu cette étincelle briller, cette étincelle qu'elle a décelé un peu plus tôt dans ceux de l'époux de leur patiente. Cette étincelle … D'amour. Et toutes ses belles illusions volent en éclats, elle se retrouve face à ce qu'elle a voulu se cacher jusque là. Elle ne peut pas aller de l'avant, elle ne l'a jamais pu. Tout simplement parce que la seule chose qui fait battre son cœur, c'est ce scintillement dans les yeux de son employé. Cet effet de brillance chaque fois qu'il pose les yeux sur elle, quand bien même elle vient de lui hurler dessus quelques secondes plus tôt. Une chose est certaine à présent, elle ne veut plus se mentir. Adieu fiançailles, adieu petite famille en apparence parfaite avec Lucas. Ce n'est pas ça dont elle a besoin, mais de cet homme qui sait la faire passer d'une émotion à l'autre en une fraction de secondes. De cet homme qu'elle a peur de perdre une bonne fois pour toute. De cet homme pour lequel elle décide de se battre comme jamais auparavant. De cet homme à qui elle veut offrir sa chance avec elle, tout simplement …

Elle rouvrit les yeux, et croisa le regard de House, qui se tenait juste devant elle. A cet instant-même, elle crut défaillir une nouvelle fois en reconnaissant cette expression. Cette inquiétude mêlée à cette tendresse et … Cette amour non avoué. Elle n'en doutait plus une seule seconde, il avait des sentiments pour elle. Autant que ce soir-là à Trenton. Autant que ce soir-là où, comme elle s'en était souvenue quelques temps plus tôt, ils avaient fini par se donner une chance de tenter l'aventure à eux. Peut-être même un amour encore plus fort qu'à l'époque. Mais elle ne doutait plus à ce sujet, elle n'était pas la seule à ressentir quelque chose pour l'autre dans cette histoire. D'une part cela la rassurait, mais d'autre part, l'effrayait aussi grandement. Car elle n'avait aucune idée de la façon dont elle pourrait aborder un jour le sujet avec lui …

Aussitôt se fût-il assuré qu'elle avait pleinement retrouvé ses esprits, il éteignit la radio et se laissa retomber sur la chose la plus proche. Il se passa une main sur le visage, comme il le faisait lorsqu'il balayait les derniers restes de fatigue visibles de son visage. Il n'avait certes aucune idée du souvenir dont elle venait de se rappeler, mais il était certain que le flash info concernant Trenton y était pour quelque chose.

Le petit-déjeuner se déroula ensuite dans un silence simple, ponctué de temps à autre par des explications de la fillette sur ce qu'elle avait fait à l'école ces derniers temps, ce qu'ils s'apprêtaient à apprendre, … En somme, tout ce que pouvait raconter une enfant de quatre ans à sa mère et à celui qui à ses yeux, avait toujours fait figure de père.

Puis une fois tous vêtus, ils optèrent pour une séance devant la télévision, affalés les uns contre les autres dans le canapé. House avait passé son bras autour des épaules de la jeune femme, tandis qu'elle avait reposé sa tête contre le haut de son torse. Rachel elle, s'était choisie une place de choix, soit allongée sur les deux adultes, sa tête sur les genoux de Cuddy et ses jambes étalées sur celles du médecin. Ainsi, ils regardèrent deux films d'animation, jusqu'à ce que leurs estomacs les ramènent à la raison et que Lisa ne décide de se mettre aux fourneaux.

Les légumes rissolaient dans la poêle, et la viande dorait sur le grill, lorsqu'elle sentit une présence se glisser derrière elle, et venir s'appuyer sur le comptoir à sa droite. Elle lui adressa un léger sourire, et remua la préparation pour ensuite augmenter un peu le thermostat. Il la regardait faire sans un mot, appréciant simplement. Il l'avait bien vu, ses gestes avaient pris de l'assurance, elle doutait de moins en moins sur l'emplacement de ce dont elle pouvait avoir besoin. Signe qu'elle se réhabituait pleinement à son environnement, malgré l'absence d'une immense partie de ses souvenirs.

Elle demeurait muette, mais à l'intérieur d'elle, son cœur parlait pour elle, cognant à une vitesse folle dans sa poitrine. Ce souvenir ne cessait de lui revenir en tête, à mesure qu'elle tentait d'approfondir sa compréhension. Elle devait le reconnaître, ce soir-là elle semblait drôlement remontée contre House, et avait été loin d'être tendre avec lui. Ce regard désespéré qu'il lui avait adressé alors qu'elle lui envoyait son bonheur en pleine face lui retournait l'estomac, elle culpabilisait grandement. Avait-il mérité qu'elle s'emporte autant contre lui ? Non, tout de même pas. Et pourquoi avait-il fallu qu'elle lui rappelle combien son monde était triste, tandis qu'elle et tous ceux qui l'entouraient allaient de l'avant ? Ne l'avait-il déjà pas compris auparavant, ou s'était-elle sentie obligée de lui faire cet électrochoc pour qu'il réalise la situation ? Et ce stupide « Je ne vous aime pas », qu'elle avait prononcé sous le coup de la colère alors qu'à l'intérieur d'elle, son organe cardiaque lui criait le contraire. Comment avait-elle pu se montrer aussi vache ?

Elle porta la cuillère à la bouche, goûtant un petit bout du repas, avant de baisser un peu le feu et de se tourner brièvement vers lui, lui offrant alors un charmant sourire pour le rassurer et lui promettre qu'elle va mieux. Ceci fait, elle attrapa un verre d'eau qu'elle remplit et porta à ses lèvres, tout en poursuivant ses réflexions. Elle se reconcentra sur le passage de l'ambulance, sur ce regard perturbé qu'ils avaient échangé qui, elle l'avait ressenti, lui avait fait réaliser bien des choses. N'était-ce pas à la suite de ces évènements qu'elle avait fini par rompre d'avec ce - Merde comment s'appelait-il déjà ? … Ah oui Lucas – Lucas, alors qu'ils venaient de se fiancer la veille, et qu'elle s'était rendue à l'appartement de House, dans le but de lui avouer ses sentiments, si toutefois il n'était pas trop tard.

Elle devait en savoir plus. Comprendre davantage. Pourquoi souhaitait-il tellement à ce qu'elle ait pleinement conscience de sa décision concernant le type de leur relation ? Qu'avait-il fait de si répréhensible pour qu'il s'interdise au point d'en avoir mal de lui offrir ce dont elle avait réellement envie ? Il semblait si tendre avec elle, rien ne pouvait expliquer cela. Mais quand, quand pourrait-elle enfin réunir les pièces du puzzle de sa mémoire, et qu'enfin lumière soit faite sur les motivations de House ?

Ce regard échangé avant le départ de l'ambulance … Il lui semblait le connaître. L'avoir vu à de multiples reprises ces derniers temps. Et à présent qu'elle se penchait plus sur le sujet, elle savait parfaitement à quels moments. Chaque fois qu'elle était victime d'un nouveau malaise. Chaque fois qu'il s'inquiétait pour elle. Cela devenait plus que jamais une évidence à ses yeux : cette étincelle qu'elle avait croisé dans son regard à Trenton était toujours bien présente dans les yeux du Diagnosticien, tout comme, elle n'avait plus de doutes là dessus, ses sentiments pour elle.

Elle éteignit les plaques chauffantes, et se tourna vers lui, un léger sourire aux lèvres. Il n'avait pas bougé d'un poil depuis qu'il était arrivé, ce qui la confortait dans l'idée qu'il aimait rester près d'elle, à l'admirer. Elle fit alors un pas dans sa direction, réduisant la distance entre eux. Elle paraissait si … Sûre d'elle, qu'House en eut le souffle coupé. Cette façon qu'elle avait de balancer des hanches, de sourire de manière à ce que son visage en demeure plus rayonnant encore, ça le rendait fou. Un réel combat se déroulait à l'intérieur de lui, entre son cœur et sa raison. Son organe cardiaque le poussait à se jeter à l'eau et de l'embrasser comme il le désirait si fort, à la faire une nouvelle fois sienne, tandis que sa conscience lui rappelait la promesse qu'il s'était faite, la seule qu'il ne voulait pas rompre.

Elle n'était qu'à quelques centimètres de lui, il n'avait qu'à bouger un peu sa main et il pourrait la toucher. Mais il ne devait pas, non il ne fallait pas qu'il cède. Un nouveau pas de la part de la jeune femme, et il fut forcé de fermer les yeux. Elle était près, bien trop près. C'était un vrai supplice, sa prise s'accentuait sur sa canne pour ne pas flancher...

TBC ...