Devinez qui revoilà ... Et oui, c'est moi ! Au passage et pendant que j'y pense, je tiens à m'excuser pour l'attente de ce chapitre. Je sais bien, j'ai uploadé d'autres écrits entre temps, mais du coup je n'avais pas fait attention que vous attendiez celui-ci depuis le 27 mars (okay okay, j'ai fait 5 updates entre temps, mais bon). Du coup, je suis là pour rattraper le coup, et vous offrir le chapitre que vous attendiez.
Encore une fois, merci à tous pour vos reviews, cela me fait grandement plaisir de savoir, chapitre par chapitre, ce que vous pensez de mes écrits. Et vous n'imaginez pas même à quel point je suis ravie lorsque j'en reçois d'étrangers, comme toi par exemple Monica, qui laisse toujours une trace de ton passage. Merci merci merci !
Oh, toujours pendant que j'y suis, je tenais à apporter une précision à Rachel, concernant ta review : "Les personnalités des personnage ne correspondent pas vraiment selon moi.. Cuddy pleure trop! et House est.. trop tendre et gentil.. mais sinon ça va, hâte de lire la suite!". Certes les caractères différent un peu de la série, mais je tiens à soulever un point que je trouve primordial dans ma fiction : n'oublies pas que Cuddy est amnésique. Si tu n'avais plus aucun souvenir (hormis des brides par ci, par là) de ce qui avait fait ta vie toute entière, ne pleurerais-tu pas comme elle ? Elle doit avancer sans rien, hormis l'aide de House. Et lui, il est là, impuissant devant l'état de son ex petite-amie, qu'il a toujours aimé. Tu ne penses pas qu'il s'adoucirait un peu, en se disant qu'elle vit déjà quelque chose d'assez dur comme ça, et qu'il pourrait éviter de trop se montrer con avec elle. Tu ne penses pas non ? Voilà, c'est ce que je tenais à t'expliquer (je ne critique pas ta review bien au contraire, je voulais juste t'apporter ma vision des choses).
Il me semble que je n'ai plus grand chose à dire... Ah si, merci encore pour vos avis, le temps que vous m'accordez, et je vous souhaite une bonne lecture. Et j'espère grandement que vous suivrez encore longtemps cette fiction, car c'est un plaisir de la voir avancer avec vous. On se retrouve bientôt...
See ya !
Chap' 25
Elle n'était qu'à quelques centimètres de lui, il n'avait qu'à bouger un peu sa main et il pourrait la toucher. Mais il ne devait pas, non il ne fallait pas qu'il cède. Un nouveau pas de la part de la jeune femme, et il fut forcé de fermer les yeux. Elle était près, bien trop près. C'était un vrai supplice, sa prise s'accentuait sur sa canne pour ne pas flancher.
Elle se délectait de l'expression qu'il affichait. Elle le sentait, il luttait de tout son être pour lui résister. Fermement décidée, elle continua sa progression, et ses mains rencontrèrent le comptoir, à tout juste deux centimètres de celles du Diagnosticien. Elle se saisit alors des assiettes en souriant, et s'éloigna non sans frôler l'homme avec ses boucles ébènes. Sans le vouloir, un léger grognement échappa des lèvres de ce dernier, une douce effluve d'agrumes et de coco grillée lui ayant chatouillé les narines. Bon sang ce qu'elle pouvait sentir bon …
Fière de son effet, elle rejoignit la salle à manger et mit la table, croisant House en retournant dans la cuisine alors qu'il en sortait. Il s'installa à sa place, et elle en tarda pas à le rejoindre, les plats en mains. Ils déjeunèrent presque silencieusement, entrecoupant parfois leurs bouchées par quelques phrases, mais rien de bien conséquent.
Et puis, plus vite qu'ils ne l'auraient espéré, le mercredi avait fait son arrivée sur ses grands sabots. Toute la matinée, Rachel avait mis sans dessus dessous son armoire, à la recherche de la parfaite tenue pour l'après-midi. Ni sa mère, ni House n'avaient pu échapper aux multiples séances essayages de la fillette, qui comptait bien avoir leur avis sur chaque vêtement qu'elle enfilait. Assis l'un à côté de l'autre sur le lit de l'enfant, il ne pouvait s'empêcher de rire du comique de la situation, tandis que la petite corsaire les rappelait à l'ordre chaque fois qu'ils manquaient à leurs rôles.
Puis, l'après-midi venu et une fois leur repas avalé, ils se rendirent sur les lieux de la fête, Rachel serrant bien dans ses bras le cadeau de sa meilleure amie. Lisa elle, mordillait fortement sa lèvre inférieure en constatant le nombre de parents présents. Elle se sentait vraiment mal à l'aise de devoir tous les affronter …
Sans plus attendre, une main réconfortante se glissa dans la sienne, nouant ses doigts aux siens. Elle tourna la tête vers lui, lui adressant un léger sourire, et il approcha sa bouche de son oreille.
- Si tu te sens trop mal à l'aise, tu n'auras qu'à me faire un petit signe discret, et j'accourrai, promit-il.
- Et que dois-je leur dire à votre sujet ? Demanda-t-elle tandis qu'ils marchaient en direction de l'entrée du pavillon.
- Ce que tu veux, répondit-il simplement. Mais essaies de me tutoyer, ou ils pourraient trouver ça bizarre.
Elle acquiesça, tandis qu'une femme d'une trentaine d'années, vêtue d'un ridicule haut, d'un jean à la taille un peu trop basse et les cheveux blonds noués en une queue de cheval, leur ouvrit la porte. Elle adressa un large sourire au médecin, et enlaça l'ex-Doyenne, dans une étreinte un peu étouffante pour cette dernière. Elle les invita ensuite à entrer dans la villa, la petite ayant déjà couru rejoindre Lana et les autres dans le jardin.
Les adultes prirent place sur la terrasse, Lisa assise aux côté du médecin. Elle venait seulement d'arriver, mais déjà elle trouvait toutes ces mères un peu trop prétentieuses. Toujours à vanter les mérites de leurs 'prodigieux enfants', ou les 'merveilleuses vacances' qu'elles avaient organisé … A croire qu'elles ne savaient rien faire d'autre que ça !
- Et toi Lisa ? Où es-tu partie en vacances toi ? Lui demanda l'une de celles-ci, une rousse à la poitrine sans aucun doute refaite.
Elle déglutit difficilement, et respira un bon coup.
- Non je … J'ai été très occupée pendant l'été, mentit-elle en offrant un regard un peu perdu à House.
Il plaça son bras derrière elle, caressant tendrement son échine. Il le savait, elle se sentait mal, elle n'était pas dans son élément ici. Et il se devait de rendre l'ambiance un peu plus confortable pour elle.
- Lisa, tu dois prendre du temps pour toi ! Renchérit l'une d'elle, aux cheveux noirs et à la bouche largement botoxée. Par exemple, tu envoies ta fille chez sa grand-mère, et HOP tu vas t'éclater en thalasso en Floride !
House roula des yeux, et prit la main de Cuddy dans la sienne, lui montrant que lui aussi en avait sa claque de leurs remarques stupides. Elle lui adressa un faible sourire, et il noua ses doigts aux siens avant de prendre la parole.
- Oh mais elle prend du temps pour elle ! S'exclama-t-il. Elle n'est pas partie en vacances simplement parce qu'elle était occupée avec moi.
Tous les regards se posèrent sur lui, les autres mères paraissant surprises des propos qu'il avançait. Pour une fois que quelque chose leur avait rabattu le caquet, il était bien décidé à poursuivre sur sa lancée !
- Oh, elle ne vous a pas dit ? Fit-il, prétextant la surprise et attirant l'Endocrinologue davantage contre lui. Lisa et moi sortons ensemble, du coup nous n'avons pas vraiment eu de temps pour préparer nos vacances, nous étions tellement occupés tous les deux !
La principale concernée tourna la tête dans sa direction, écarquillant un peu les yeux. Il avança son visage vers le sien, et frotta sa joue rugueuse contre son oreille.
- Fais moi confiance, c'est le meilleur moyen qu'on a pour les faire enfin taire, murmura-t-il en venant l'installer sur ses genoux, sous les gloussements stupides des autres adultes. Alors tu vas utiliser ton meilleur jeu d'actrice, et tout ira bien.
Elle cligna des paupières, lui répondant silencieusement. Il déposa un baiser sur sa joue, ses bras enroulés autour de sa taille comme il le faisait souvent par le passé, lorsqu'ils sortaient encore ensemble. Elle se détendit totalement, profitant de cette proximité pour se blottir plus encore dans ses bras. Sa tête se posa sur son épaule, tandis qu'il glissa une main dans ses boucles ébènes.
- Tu nous avais caché ça Lisa ? Fit celle qui exaspérait le plus Cuddy. Mais c'est super pour vous deux ! Vous avez des projets ? Dis moi tout !
La jeune femme soupira un peu, inaudiblement. Elles ne pouvaient pas se mêler de leurs affaires bon sang ?
- Et bien … Commença-t-elle d'un ton peu assuré, avant qu'une sonnerie de téléphone ne la coupe.
House gesticula un peu, maintenant la Demoiselle sur ses genoux, et se saisit de l'appareil qu'il décrocha rapidement.
- House à l'appareil. Faîtes vite, j'ai pas que ça à faire, déclara-t-il, sa tête contre le dos de son ex-compagne.
Il échangea quelques paroles avec son interlocuteur, puis raccrocha et replaça le mobile dans sa poche, avant de poser son regard sur la jeune femme.
- Foreman me quémande à Princeton, l'informa-t-il. Je n'ai pas d'autre choix que de m'y rendre, d'ici ce week-end. Tu m'accompagnes ? Et cette fois-ci, Rachel pourra venir avec nous …
Lisa acquiesça aussitôt, sautant sur l'occasion. Car elle devait l'avouer, mais elle se sentait mieux dans le New Jersey qu'ici, à Boston. Et puis, cela lui donnerait l'occasion de revoir Thirteen, qu'elle n'avait certes quitté qu'une semaine plus tôt.
La fin de l'anniversaire fut un vrai supplice pour les deux médecins, qui continuaient malgré tout ce petit jeu de couple qui leur plaisait plutôt. Ils quittèrent les premiers la fête, prétextant avoir des choses à préparer avant leur départ à Princeton.
Les jours passèrent, et arriva enfin le samedi. Levés de bonne heure, ils prirent place dans la Lexus grise, House au volant. Le trajet se passa tout à fait convenablement, Rachel dormant paisiblement à l'arrière tandis que sa mère chantonnait. Une fois arrivés devant l'appartement du médecin, il récupéra leurs affaires tandis que Lisa prenait sa fille dans ses bras. Aussitôt la porte ouverte, il l'aida à arranger le lit de la chambre d'amis pour y coucher la petite, avant que les deux adultes ne s'installent dans le salon.
Assis l'un contre l'autre, les bras du Diagnosticien autour de sa taille fine, la jeune femme se sentait totalement bien. Son pouce caressait doucement l'avant-bras de l'homme, tandis qu'elle se délectait de chaque instant. L'envie de l'embrasser lui tordait l'estomac, mais elle ne pouvait aucunement se laisser tenter. L'idée de pouvoir le perdre pour une simple envie égoïste lui était totalement impensable, pas après tout ce qu'elle avait traversé et ce qu'elle traversait encore.
L'heure du déjeuner venu, ils se rendirent dans un petit restaurant du centre-ville de Princeton, juste tous les trois. Puis ils se rendirent au PPTH, où Foreman attendait de pied ferme le Diagnosticien. Ils franchirent ensemble les portes à doubles battants, s'avançant d'un pas à moitié décidé. Il attira la jeune femme dans un coin, sa main emprisonnant la sienne à l'abri du regard des autres.
- Monte dans mon bureau avec Rachel, lui conseilla-t'il. Thirteen doit déjà s'y trouver, elle t'attend.
La jeune femme acquiesça timidement, la main de sa fille fermement maintenue dans la sienne comme pour se rassurer intérieurement de part sa présence. Un dernier regard échangé avec House, avant que mère et fille ne s'éloignent en direction des ascenseurs. Quant à lui, il pénétra dans le bureau du Doyen, prêt à affronter le courroux de ce dernier.
Une vingtaine de minutes plus tard et visiblement sur les nerfs, l'infirme se rendit au premier étage, ne prêtant strictement aucune attention à toutes les personnes présentes sur son chemin. Il fonça presque tête baissée dans une infirmière qui n'avait pas le réflexe de se décaler, arrachant au Néphrologue un grognement de mécontentement. Il ouvrit avec fracas la porte de son office, surprenant ainsi les trois demoiselles présentes à l'intérieur. Sans un mot, il récupéra sa grosse balle rouge, la jeta violemment dans son sac à dos qu'il replaça sur son épaule, et tourna les talons.
Lisa échangea brièvement quelques mots avec le Docteur Hadley, et se précipita à la suite de celui qu'elle considérait comme bien plus qu'un ami. Au détour d'un couloir, elle parvint à sa hauteur, et posa sa main sur son épaule pour le forcer à se tourner vers elle.
Il ne se tourna même pas, l'invitant tout de même à le suivre à l'intérieur de la cafétéria. Là, après avoir pris de quoi grignoter un peu, ils s'installèrent à une table en retrait des autres, désireux d'avoir une certaine intimité. Elle remarqua bien vite qu'il affichait par moments une grimace de douleur, et se mordit la lèvre inférieure. Il se pencha vers elle, ses bras croisés en appui sur la table, et elle commença à sentir la pièce tourner autour d'elle. Aussitôt, elle ferma les yeux, essayant de reprendre contenance en elle.
- Alors, commence-t'il.
- Alors, répète-t'elle.
Un silence s'installe entre eux, l'un comme l'autre ne sachant comment entamer une discussion entre eux. Lisa ne sait que penser, que dire, la situation la met plus mal-à-l'aise que jamais. Après tout, depuis plusieurs semaines déjà, ils ne font que se croiser, et s'évitent autant que possible. Leurs échanges lui manquent, leur vieille complicité aussi. Et dire que tout ça est en partie de sa faute à elle...
- J'aurais pas dû bannir l'alcool de la cafétéria, annonce-t'elle, espérant détendre l'atmosphère avant qu'un autre silence n'alourdisse la pièce et qu'elle n'essaie de chercher autre chose à dire pour meubler. Avant que j'oublie, j'avais une brosse. En écailles de tortue avec des poils naturels. Elle n'était pas dans le carton. Si tu pouvais regarder …
Elle est anxieuse, joue avec ses doigts pour diminuer son stress. Mais rien n'y fait, il lui est impossible de se détendre. Jamais elle n'a voulu perdre ce qu'elle avait construit avec House, mais tout semble lui échapper des mains sans qu'elle ne puisse rien faire pour stopper ça. C'est comme si, soudainement, plus de vingt ans de connaissance et presqu'un an de relation avait totalement 'bousillé' ce qu'ils étaient parvenus à construire ensemble.
- Ça et le bébé Lindbergh, répond-il avant de porter son gobelet à sa bouche. Tu fréquentes quelqu'un ?
Elle sent son cœur se tordre. Elle aurait du s'attendre à une telle question, et pourtant elle déglutit difficilement sitôt ces mots prononcés. Car cela lui rappelle brutalement qu'il n'y a plus d'eux, que tout est fini. Elle bouge nerveusement, cherche ses mots. Sa langue est pâteuse, sa bouche est sèche.
- On n'a pas à... Bafouille-t'elle.
- C'est une discussion normale au déjeuner, se défend-il rapidement.
- Pas pour nous, le coupe-t'elle.
A nouveau, le silence se fait roi. Elle voudrait prendre ses jambes à son cou, s'enfuir en courant, mais ils méritent d'avoir une conversation. Elle ne veut pas se montrer lâche, elle veut pouvoir régler les choses entre eux. Et retrouver cette amitié toute particulière avec House, à laquelle elle tient tant.
- Bon alors si tu ne veux pas qu'on parle sincèrement, j'ai un plat dans mon four.
- Non, finit-elle par avouer.
Il se penche davantage vers elle, regarde sa montre comme pour lui indiquer qu'il est pressé de mettre un terme à tout ça, et le cœur de Lisa se serre. Elle le sent, il veut sonder son âme, vérifier qu'elle lui dit vrai. Et pourtant, dans un sens, cela la rassure. S'il se soucie toujours de ses fréquentations, cela prouve qu'il tient toujours à elle.
- Je ne fréquente personne depuis notre rupture, assure-t-elle en fuyant sans cesse son regard, pour finalement oser le regarder en face et appuyer ses dires.
- Après t'être fait le boiteux à la grande canne...
- Parlons de ta jambe, enchaîne-t-elle.
Il se passe la main sur le visage, signe qu'il ne sait quoi répondre, qu'il n'est pas particulièrement enthousiaste à l'idée d'aborder ce sujet. Surtout, pense-t-elle, après les événements récents, lorsqu'elle l'a retrouvé dans sa baignoire, à se charcuter la cuisse pour retirer lui même des tumeurs.
- Tu crois que j'ai des problèmes à résoudre et que c'est toi les problèmes à résoudre, déclare-t-il en la fixant, les yeux presque ronds.
- Oui mais... Explique-t-elle. Je crois que c'est plus que ça. C'est ta vie, tes choix.
- Je l'ai fait pour améliorer ma vie, l'interrompt-il sans même lui laisser le temps de poursuivre. Non attends. Je l'ai fait parce que je suis vraiment malheureux. Non, pour que tu m'aimes à nouveau. Pour t'énerver. Parce que je t'aime encore. Ou parce que je tourne la page. Je l'ai fait parce que je voulais cesser de souffrir. Parce que je voulais souffrir encore plus.
Il marque enfin une pose, le regard de la jeune femme toujours rivé sur lui. Elle ne sait plus sur quel pied danser, à quel saint se vouer. Elle voudrait se persuader qu'il s'agit là d'un appel au secours pour lui montrer qu'il tient toujours à elle, mais la partie rationnelle de son cerveau, celle qui l'a poussé à mettre un terme à leur couple lui assure qu'il n'a commis cet acte que dans un but purement égoïste, à savoir la faire souffrir encore. Est-ce si difficile d'avoir une vie normale, où des interrogations de ce genre ne se posent pas sans cesse ? Pourquoi est-ce si difficile pour elle de faire la part des choses ?
- Quelle que soit la raison, elle est mauvaise, continue-t-il. C'est tout ce qui compte. Bon appétit.
Sur ce, il se lève de son siège, ne lui laissant une nouvelle fois pas le temps de répondre quoi que ce soit. Mais il est hors de question qu'il lui échappe à nouveau, elle doit poursuivre leur discussion, coûte que coûte. Une respiration rapide, son courage rassemblé, et elle se met debout elle aussi. D'un pas décidé elle le suit le visage fermé, ses hanches balançant de droite à gauche sous la pression de cette jupe serrée qui l'empêche de marcher autrement.
- House ! Parle- moi ! S'exclame-t-elle au détour d'un couloir à la sortie de la cafétéria, ne prêtant pas même attention aux quelques personnes présentes.
- Je l'ai déjà fait, déclare-t-il tandis qu'elle arrive à sa hauteur.
- Non, tu n'as fait que répéter ce qu'on te dit depuis des jours Wilson et moi, assure-t-elle, sa main posée sur son épaule pour le forcer à stopper sa marche et à se tenir devant elle.
- Laisse-moi passer.
- Non, rétorque-t-elle avant de porter sa main à la cuisse droite de son ex-amant. L'un de tes points a sauté. House, parle-moi s'il te plaît.
Ses mains atterrissent sur les avant-bras du médecin, elle a besoin d'avoir toute son attention. Il est nécessaire pour elle qu'elle le fasse sortir de ce mutisme, où jamais ils ne pourront aller de l'avant, l'un comme l'autre. Et ils souffrent tellement chacun de leur côté...
- Tu veux savoir ce que je ressens ? Hurle-t-il presque en la plaquant brusquement mais non violemment contre le mur.
Leurs visages ne sont qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, elle peut sentir son souffle chaud sur son visage. Elle ferme les yeux, s'interdisant de pleurer ou de se montrer faible. Elle voudrait se jeter à son cou, tout oublier, et l'embrasser jusqu'à en perdre haleine, jusqu'à en perdre la vie. Mais elle ne peut pas, et c'est bien pour cela que son estomac se noue et que son cœur se resserre.
Elle rouvre les yeux, plongeant son regard dans le sien une bonne fois pour toute. Depuis leur rupture, ils n'ont jamais été aussi proches, l'atmosphère devient électrique. Elle se mord la lèvre inférieure, s'empêchant de sceller sa bouche à la sienne. Et enfin, elle voit ce dont elle est persuadé depuis quelques temps déjà, cette lueur qui ne brille plus dans les yeux du médecin. Cette once de bonheur qu'elle avait connu, et qui depuis leur séparation n'est plus. Cette étincelle qui lui donnait la force de déplacer des montagnes.
Il soupire à de nombreuses reprises, comme s'il ne trouve plus ses mots. Elle le sent, il a tout autant envie qu'elle de l'embrasser, mais se fait violence pour ne pas aller jusqu'au bout. Il se contente de la maintenir contre le mur, de l'admirer comme si c'était la dernière fois qu'il le pourrait.
- Je suis blessé, avoue-t-il.
Elle cligne des yeux, déglutit difficilement. Elle ne peut s'empêcher de se sentir pleinement fautive, de culpabiliser pour tout ce qui a bien pu arriver. Après tout, si elle n'avait pas mis un terme à leur couple, rien de tout cela ne serait arrivé, non ? Elle tremble presque, mais s'en fiche totalement, et finit par mettre sa main sur celle qu'il a conservé sur son avant-bras pour la maintenir contre le mur. Elle la lui retire tout doucement, mais la conserve dans la sienne, alors que sa gorge se noue totalement et que de violents sanglots menacent de la frapper de plein fouet.
- Je sais, est-elle simplement capable de prononcer, tandis que ses deux mains couvrent celle du Diagnosticien.
Ils demeurent quelques instants ainsi, les yeux de la Doyenne plus humides que jamais. Elle se retient autant qu'elle peut, mais les choses deviennent trop dures à supporter pour elle, elle n'a plus la force de se dissimuler aussi bien qu'avant ses faiblesses.
- Je suis désolée, promet-elle alors que sa lèvre inférieure tremble car elle retient autant que possible ses larmes.
Il ancre son regard au sien, et elle ressent au plus profond d'elle qu'il est conscient de ce qu'elle éprouve, de ce qu'elle ressent à ce moment précis. Et surtout, elle sent qu'il ne lui en veut pas, qu'il ne la tient pas forcément responsable pour toute cette histoire, même si cela ne suffit pas à l'en soulager totalement.
- C'est pas ta faute, assure-t-il sans rompre le contact visuel qu'ils entretiennent.
Il lâche doucement sa main et s'éloigne, la laissant au beau milieu du couloir, contre le mur, en état de semi-choc. Elle respire un bon coup, lève les yeux au ciel pour ne pas fondre tout de suite en sanglots. Il y a tant de choses qu'elle aurait voulu lui dire mais qu'elle n'a pas osé ! Et c'est i douloureux d'essayer d'aller de l'avant...
Sans plus attendre, elle se réfugie de toute hâte dans son bureau, où enfin elle s'autorise à se laisser aller. Assise sur son canapé, la tête dans les mains, elle déverse un véritable torrent de larmes comme jamais auparavant cela ne lui est arrivé, hormis ce jour maudit où elle avait fait l'erreur la plus insupportable de sa vie, celle de rompre avec House. Les perles salées dévalent son visage, et son cœur n'en est pas plus soulagé. Elle donnerait tellement pour revenir en arrière et ne jamais prendre cette stupide décision qui avait tout mis en l'air …
Elle revint à elle, ses yeux croisant le regard azur du Néphrologue qui s'était penché vers elle pour s'assurer que tout allait bien. Elle le rassura d'un vague sourire, et prit sa tasse entre ses mains tremblantes pour siroter un peu de son thé. Il remarqua bien vite le trouble s'étant emparé d'elle, et couvrit sa main avec la sienne.
- Je voudrais voir mon ancienne maison... Demanda-t-elle alors, coupant net le silence qui s'était installé jusque là. Vous... Pourriez nous y amener, Rachel et moi ? Du moins, je peux conduire bien sûr …
Il acquiesça faiblement, attrapa sa canne, et se remit sur pieds avant de l'inviter à le suivre, ce qu'elle fit aussitôt. Ils montèrent ensuite au premier étage, récupèrent leurs affaires ainsi que la fillette, puis prirent la direction du parking. Cuddy s'installa au volant, tandis qu'House la guidait à travers les rues pour la mener jusqu'à son ancienne villa. Ils ne tardèrent pas à arriver dans l'allée, constatant qu'un panneau « A vendre » y était toujours accroché. Ils en profitèrent donc pour y garer le véhicule, avant d'en descendre.
La main de Rachel fermement tenue dans la sienne, elle s'avança d'un pas timide vers ce qui, autrefois, avait été son habitation. La fillette semblait reconnaître certains détails de l'extérieur, et se faisait un plaisir d'en établir la liste à sa mère.
A mesure qu'elles s'avançaient vers le porche, Lisa remarqua que Greg gardait ses distances, qu'il demeurait en arrière, tête baissée. Evidement, son comportement lui échappait, et elle ne voulait aucunement le déranger en lui posant une telle question, mais cela ne manquait pas de l'interpeller. Avait-il peur de quelque chose ?
Par chance, la porte était ouverte, et elle se permit d'y pénétrer. Après tout, comme le lui avait dit le Diagnosticien, si la maison était toujours sur le marché, cela signifiait donc qu'elle en était toujours la propriétaire légale. Il lui semblait reconnaître les pièces, mais impossible de se souvenir des meubles qui y étaient présents à l'époque. Non, rien ne lui revenait, en dehors d'une vague impression de sécurité.
Du moins...
TBC...
