Bonjour, bonjour! Désolée du retard, je n'avais plus mon ordinateur (où TOUS mes documents étaient bien sûr à l'intérieur) et je ne pouvais donc pas publier le chapitre, même s'il était déjà écrit! Quelle horreur, quelle horreur, oui, oui. J'espère que vous aimerez autant la suite, que vous l'avez aimée la première fois.
RAV :
lelex : Merci de ton encouragement! Ca me fait plaisir, que tu apprécies autant l'idée! Vraiment.
Hp-Prophétie-95 : Hello! Je suis ravie que ce chapitre te plaise! Merci de ta review, surtout! Ca me fait très plaisir.. J'espère que tu aimeras autant la suite, surtout! Tu pensais qu'ils allaient être ensemble, n'est-ce pas? J'aime le suspense, hihi. Voici enfin la suite!
Bibiche-loveseri : Oui! Imagine le massacre que cela aurait été, s'ils avaient été à deux dans la même équipe! Je crois qu'ils se seraient entre-tués, non? Quant au défilé, tu verras bien ce qu'il en résultera! Et oui, j'arrive de ce pas te prévenir de la suite.
harry-fiction-hermione : Suspense dans l'aaaaair! Merci de tes reviews, elles me font vraiment très plaisir, vraiment! J'espère que la suite te plaira autant! J'arrive te prévenir, également.
Samia : Ta review me fait le plus plaisir! Tu es un vrai ange. Tout d'abord, le fait que tu complimentes mon style d'écriture, ça me fait super plaisir! J'adore écrire, alors je suis contente que tu le remarques.. Contente que tu rejoignes le club des PotterHead, juste le temps d'une fiction, néanmoins! Peut-être que tu aimeras d'autres fictions, hein? Héhé. Bisou, bisouuuuu!
PlumeNoiire : Merci de ta review! Même si je n'ai pas vraiment l'impression que c'est drôle!
Guest : Pense à signer de ton nom, que je puisse venir te contacter, pour te prévenir, surtout!
xX-Chronique-Xx : Merci de ton salut! J'espère que tu aimeras la suite, aussi!
MissMalfoy : Voici enfin la suite, ma petite !
aurore-250 : Merci de ta gentille review! Voici la suite!
Marceline : Oui, ça met du piquant, c'est vrai! D'ailleurs, tu vas découvrir un bout de mordant aussi, dans la suite de ce chapitre. Tu me fais rire, surtout avec la remarque sur Cho..
Guest : Merci pour ces compliments! Voici la suite, même si je ne sais pas comment te prévenir...
Chapitre III
Ce matin-là, le réveil d'Hermione fut des plus radieux. Le soleil s'était infiltré à travers les rideaux rouges transparents et des rayons lumineux la tirait de son long sommeil. Elle remua quelque peu sous la couverture, ouvrant ses yeux chocolat avec lenteur, prenant le temps de se réveiller complètement. Elle restait un petit moment dans son lit, dans lequel elle était bien logée au chaud, avant de se décider de s'extirper de ce dernier, une dizaine de minutes plus tard. Elle réprima un bâillement et passa sa main dans ses cheveux ébouriffés, s'engouffrant dans la salle-de-bains.
Face au miroir, elle regardait un instant son reflet endormi et passa de l'eau contre son doux visage, histoire de se remuer. Le matin, elle avait toujours les cheveux en bataille, c'était atroce. Parfois, elle bénissait vraiment les lotions magiques et sa baguette, qui lui sauvait la vie ! Elle n'imaginait même pas la mine affreuse qu'elle aurait, sinon. En plus, elle devait être présentable, aujourd'hui. Plus que d'habitude.
C'est pour cette raison qu'aujourd'hui, elle démêla soigneusement ses cheveux à l'aide de ses shampoings et qu'elle dompta ses boucles sauvages, pour en faire de jolies courbes. Elle ne voulait pas les attacher, alors elle laissa ses cheveux retomber en cascade dans le bas de son dos, sans prendre la peine de s'y attarder. Cela fait, elle enleva son pyjama et l'envoya valser dans le panier de linges sales, se promenant en culotte jusqu'à sa chambre, où elle cherchait des habits appropriés. Elle ouvrit sa penderie et trifouilla dans ses vêtements, attrapant une jupe crayon beige avec son bandeau en satin, un chemisier blanc et une paire d'escarpins beiges. Elle enfila rapidement ses vêtements et attrapa un sac en bandoulière, fourrant l'appareil photo à l'intérieur. Elle tourna un instant la tête vers l'horloge et vit qu'il était dix heures trente. Elle n'était pas en retard, pour le moment. Elle en profita rapidement pour donner un coup de baguette dans la cuisine, histoire de remettre de l'ordre.
Finalement, quand elle se décida de partir, elle entendit un léger bruit à la fenêtre de sa chambre, ça devait sans doute être Clarissa, son fidèle hibou. Elle regagna à nouveau sa chambre et sourit en voyant l'oiseau, qui attendait qu'on lui ouvre la fenêtre. Ce qu'elle fit. Dans son bec, se tenait une lettre, identique à celle qu'elle avait envoyée la veille, à Rita. Elle tendit la main et attrapa l'enveloppe, qu'elle ouvrit sans ménagement. Quand on parle du loup, on en voit la queue, tiens. C'était justement la journaliste qui lui répondait qu'elle l'attendrait à la Gazette du sorcier vers treize heures trente, et qu'elle ne pouvait faire plus tard. Elle devra donc s'en accommoder.
N'attendant pas une seule seconde de plus, Hermione transplanna afin de se rendre à Sainte Mangouste, lieu où elle devait réaliser la suite de sa séance photo. Cho ne pouvait la rejoindre, alors elle devait terminer le boulot. A peine arrivée, une odeur de désinfectant lui parvint aux narines et la vue de personnes malades qui vagabondaient dans le couloir lui fendit le cœur. Elle esquissa une mine attristée, tandis qu'elle se dirigeait vers l'accueil, présentant un papier qu'elle avait rédigé de sa main.
– Bonjour, fit-elle à l'intention de la secrétaire. Je m'appelle Hermione Granger, je suis secrétaire d'état pour le Ministère de la Magie et j'aimerais photographier quelques-un de vos patients, pour une œuvre de charité. J'aimerais sensibiliser les sorciers aux patients de votre hôpital et publier les résultats dans la Gazette du Sorcier. Vous avez dû en entendre parler, n'est-ce pas ? Les dons récoltés iront à la recherche des médicomages et...
– Oui, oui ! Bien sûr que j'en ai entendu parler. Hermione Granger, vous dîtes ? demanda cette dernière, fronçant légèrement les sourcils, comme si elle tentait de vérifier la véritable identité de la jeune femme.
– C'est cela. Alors ? Est-ce que vous me l'autorisez ?
La femme face à elle posa son menton contre l'un de ses poings fermés et observa Hermione un instant. Elle semblait réfléchir à la meilleure des solutions, comme pesant les « pour » et les « contre ». Finalement, elle hocha doucement la tête et fouilla dans l'un de ses tiroirs, avant de tendre un badge « VISITEUR » à la brune.
– Mettez ça, je vous laisse deux heures. Répondit-elle, tandis qu'elle détourna la regard vers son occupation. Et surtout, ne dérangez personne.
Hermione hocha vivement la tête, déterminée à accomplir sa tâche en ce temps imparti. Elle ne savait pas encore si cela allait durer longtemps, ou si, au contraire, elle devrait repasser un autre jour, mais elle comptait faire son travail correctement. Après tout, elle n'allait pas publier des photos grotesques dans la Gazette, elle en aurait bien trop honte. En plus, si elle venait à apprendre que Malfoy avait fait mieux qu'elle, elle en deviendrait malade. D'ailleurs, ça l'agaçait qu'elle ne sache toujours pas ce qu'il manigançait... Elle détestait être surprise, et encore moins par lui. Elle devait l'anéantir et remporter dix fois plus de sous que lui. Quel meilleur objectif que celui-ci, pour commencer une belle matinée ?
La passion dans l'âme, Hermione arpentait les couloirs avec attention et silence. Elle comptait se faire toute petite, histoire de ne déranger personne. Ils étaient déjà assez malades comme cela, ils n'avaient pas besoin qu'une fouine vienne les perturber dans leur sommeil. Elle passait devant plusieurs chambres, avant qu'elle ne s'arrête devant une. Elle y passa doucement sa tête et frappa trois coups contre la porte. Quand elle eut l'attention voulue, Hermione adressa un sourire chaleureux à l'adolescente devant ses yeux et entra dans la pièce. Directement, elle remarqua ô combien elle était mal en point. Sa peau était d'une pâleur extrême et ses yeux semblaient vitreux et sans vie. Elle était maigrelette et ses cuisses n'étaient pas plus grosses que le bras d'Hermione. Elle avait l'impression d'être face à un fantôme, c'en était presque effrayant. Mais bien que cette vision lui donnait une envie soudaine de pleurer, elle ne se laissa pas décourager et vint s'asseoir sur le lit de la jeune fille.
– Bonjour, lança-t-elle d'un ton doucereux. Je suis Hermione. Je me demandais si... si tu accepterais de te faire prendre en photos. C'est pour gagner des dons, afin de... d'aider les malades.
Pour seule réponse, Hermione n'obtint qu'un léger sourire et elle en conclu qu'elle était d'accord. Elle se sentait atrocement gênée de devoir faire ça, en voyant l'état dans lequel se trouva la jeune fille. Elle ne se sentait pas à l'aise du tout, mais se disait que si elle se sentait mal à ce point, d'autres ressentiraient la même chose et verseraient des dons. C'est pour cela qu'elle s'approcha de cette dernière d'un pas lent et qu'elle sortit l'appareil photo de son sac, pointant l'objectif sur le visage de l'adolescente, après avoir allumé l'appareil. Elle zooma sur sa fine bouche qui tentait vainement de sourire, d'une esquisse faible et sans force. Cela contrastait fortement avec le sourire éclatant qu'Hermione avait esquissé la veille.
Ensuite, elle demanda à la jeune fille de soulever son tee-shirt de dos, comme elle l'avait fait la nuit dernière, et pris la photo du corps maigrichon de cette dernière. On pouvait clairement distinguer ses os à travers sa peau, elle ne devait pas peser plus de quarante-cinq kilos. En comparaison avec son propre corps, c'était affligeant. D'autres photos de ce genre furent prises dans les deux heures qui suivirent, plusieurs avec cette patiente-ci, et d'autres avec cinq autres personnes. Elle avait une jolie liste de photos en mains et quand elle les regardait, elle se sentait atrocement chanceuse et presque coupable de vivre la vie qu'elle menait. Foutue conscience. Elle soupira bruyamment en allant rendre son badge à la secrétaire, remarquant qu'il était dorénavant midi et quart. Elle avant le temps de manger, avant qu'elle n'arrive à son rendez-vous.
A l'autre bout de la ville, Drago Malfoy émergeait seulement de son lourd sommeil. Il était comparable à une épave : sa tête lui faisait affreusement mal, ses cheveux étaient en désordre total et ses yeux étaient toujours aussi rouges que la veille. Quel plus beau tableau que celui-ci ? S'il voulait être un minimum présentable, il devait remédier à son allure désordonnée. Le blond se leva d'un mouvement lent, passant sa main contre son front, comme pour maintenir sa tête qui semblait peser une tonne. Il se leva de son lit complètement nu, ne sachant même plus où se trouvaient ses vêtements, et s'enferma dans son immense salle-de-bain. A peine fut-il entré qu'il fit couler un bon bain chaud, versant une quantité monstrueuse de mousse à l'intérieur.
Quand l'eau fut prête, il pénétra dans l'effluve chaude et mousseuse à souhait, laissant son corps se relaxer. Il reposa sa tête contre le rebord de la baignoire et appela son elfe de maison, lui intimant de ranger le désordre de la maison et de lui préparer une boisson revigorante. Avant que ce dernier ne s'attelle à sa tâche, Drago lui demanda de lui trouver un costume élégant dans sa garde-robe et une cravate assortie. Aujourd'hui, il allait rencontrer des gens de la haute couture, il ne pouvait guère se contenter de pointer le bout de son nez en jeans. Mais pour le moment, il devait prendre soin de lui : il se laissa baigner dans cette eau parfumée, passant plusieurs fois son visage sous l'eau, afin de le réveiller. Il se passa au moins une bonne heure avant qu'il ne se décide à sortir de la baignoire.
Une fois sa serviette enroulée à sa taille, il attendit d'être sec et enfila son costume : un pantalon classique gris foncé, une veste de costume assortie par-dessus une chemise à col anglais, une cravate vert émeraude, un manteau gris foncé en cachemire et une paire de chaussure haut de gamme. Avec sa coiffure décoiffée, il était parfait. Il esquissa un sourire et sorti de la pièce, descendant ensuite à la cuisine, afin d'avaler le jus de fruits que son elfe lui avait préparé. Ça y est, il était fin prêt. Il attrapa une poignée de gallions et glissa l'argent dans sa poche, transplannant vers l'agence de mode la plus connue de Londres, chez les sorciers.
Arrivé sur place, il passa la grande porte dorée qui le séparait de l'intérieur et se retrouva dans une immense salle, où se trouvaient plusieurs bureaux d'accueils et plusieurs fauteuils d'attente. Ça respirait le luxe, ici : tout le monde était habillé élégamment et semblait être pressé. Il était au bon endroit. Il glissa les mains dans les poches de son manteau et s'approcha d'un des comptoirs de réception, appuyant l'un de ses coudes contre le marbre, attendant que la secrétaire daigne finir sa conversation.
– Oui ? fit-elle simplement.
– J'aimerais engager vos plus beaux mannequins, pour un défilé qui se déroulera dans une semaine.
– Ça va vous coûter cher.
– Vous savez qui je suis ? Je suis Drago Malfoy, aboya ce dernier, comme si elle venait de l'insulter.
– Oh... excusez-moi, monsieur Malfoy... veuillez me suivre, je vous prie.
Un sourire satisfait s'étira sur les lèvres du jeune homme. Quand un seul nom pouvait inspirer le respect, on ne pouvait qu'en profiter. Il balaya ses paroles d'un geste de la main, comme s'il en avait assez entendu et suivit cette dernière dans le silence le plus total. Il se contenta de la fixer en marchant derrière elle, grimpant les escaliers qui le menaient au deuxième étage. La jeune femme lui indiquait la quatrième porte sur la droite et le quitta rapidement, tandis qu'il suivi ses instructions. Par pure politesse, il frappa trois coups contre la porte et attendit.
La porte s'ouvrit au bout d'une longue minute sur une grande brune élancée d'au moins la cinquantaine. Elle devait être un ancien mannequin, vu la beauté froide qu'elle représentait toujours.
– J'avais prévenu qu'on ne devait pas me déranger ! pesta cette dernière à l'intention de Drago.
– Je ne voulais pas vous importuner, madame. On m'a personnellement guidé jusqu'ici. Je me présente, Drago Malfoy, se présenta le garçon, attrapant délicatement la main de la dame face à lui, portant cette dernière à ses lèvres, afin d'y laisser un baiser.
Il savait que cela déstabilisait habituellement les femmes et il avait raison. Elle semblait presque s'adoucir, mais gardait toujours son air ennuyé. Elle devait être occupée.
– Ah ! C'est vous, l'homme le plus sexy de l'année, non ? demanda soudainement son interlocutrice, ravie de rencontrer LA célébrité. Eh bien ! Que me vaut cet honneur ?
– Lui-même, répondit fièrement le blond, se permettant d'entrer dans la vaste pièce. Je recherche vos meilleurs mannequins. Je travaille en ce moment pour le Ministère de la Magie, voyez-vous, et on nous a semé de collecter de l'argent pour une œuvre de bienfaisance. J'ai eu la brillante idée d'organiser un défilé, au sein même du Ministère. Tout sera transformé à l'occasion de cet événement. J'ai déjà sélectionné le décor : il sera dans les tons noir et rouge. Les vêtements que j'ai choisis sont en cachemire, en soie, en lin et en cuir -mais seulement une petite partie-. C'est un concours, en fait. Je veux vraiment gagner, vous m'entendez ? Alors j'ai besoin de vous. On dit que vous êtes la meilleure, finit-il enfin.
En réalité, il ne savait même pas qui était cette femme. Il n'avait jamais entendu parler d'elle et de ses compétences dans la mode. Il avait juste traficoté la vérité pour qu'elle se sente flattée et qu'elle accepte de l'aider. On ne devrait pas soupçonner le pouvoir de flatterie. Vérifiant que ses mots eut l'effet attendu, il la regardait d'un air faussement adorable, tandis qu'elle semblait craquer de seconde en seconde. Finalement, elle soupira et hocha la tête, décidée à lui venir en aide.
– Bon, j'accepte. Après tout, on ne vous a pas menti, je suis bien la meilleure. Que recherchez-vous, exactement ?
– Des hommes, des femmes, qu'importe. J'aimerais apporté de la diversité. Par contre, je ne veux pas de mannequin squelettique comme ceux-ci, dit-il en désignant deux filles maigres qui discutaient au fond de la pièce. Je n'ai pas envie que l'on pense qu'elles ne sont pas nourries et en plus, ça ferait contraste avec les idées défendues du concours.
La cinquantenaire hocha doucement la tête d'un air attendu et sembla réfléchir un moment. Après une ou deux minutes de silence, elle leva soudain l'index, comme si elle venait de trouver une idée fantastique. Elle fit signe à Drago de la suivre et marchait d'un pas rapide vers la pièce d'à côté, où plusieurs mannequins étaient en pleine séance photo.
– Bon, ça suffit, tout le monde ! Voici Drago Malfoy, vous avez sans doute dû en entendre parler dans la Gazette du Sorcier, n'est-ce pas ? fit-elle à l'intention de son public, alors que plusieurs filles gloussaient comme des dindes à l'entente de ce nom. Il a besoin d'au moins une trentaine de mannequins disponibles toute cette semaine-ci pour un défilé au sein du Ministère de la Magie. Alors, mettez-vous en rang !
Ça allait définitivement être une très longue matinée, se disait Drago.
Alors que nos deux sorciers terminaient leur début de journée, Rita Skeeter était tranquillement installée dans son grand bureau. Elle était rédactrice en chef de la Gazette du Sorcier et était connue dans son domaine. Même si de temps en temps elle modifiait la vérité pour rendre l'article plus piquant, il n'en restait pas moins que ses lecteurs étaient de vrais fans. Elle ne pouvait qu'en être heureuse. En plus, elle venait à peine de commencer sa journée qu'elle avait déjà deux rendez-vous. Elle n'y pouvait rien, si elle était arrachée de tous les côtés. Elle jeta un œil rapide à sa pendule, et vit qu'il était treize heures trente. Hermione Granger allait bientôt la rejoindre pour lui livrer un article tout frais. Elle esquissa un sourire, alors qu'on frappa à sa porte. Eh bien, elle ne connaissait pas de personne plus ponctuelle que cela. Elle se leva d'un pas vif et ouvrit brusquement la porte, faisant sursauter Hermione.
– Entrez, entrez, ma chère ! lança-t-elle d'un ton enjoué.
Hermione regardait Rita Skeeter d'une mine perplexe. Elle s'habillait vraiment de manière étrange, cette femme. Elle portait une jupe crayon en soie vert olive, une veste de tailleur de la même couleur, ornée de fourrure entre le noir-pourpre sur les manches et le col, tandis que des boutons pourpres fermaient les pans du vêtements ensemble et qu'une paire de bas noirs recouvraient ses jambes. Elle avait son habituelle coiffure semi-sophistiquée, son rouge à lèvre rouge écarlate, sa paire de lunettes mauve et violette qui lui retombait sur le nez et ses grosses pierres émeraude qui pendaient à ses oreilles.
– Bonjour, Madame Skeeter, fit poliment Hermione.
– Oh, appelez-moi Rita ! dit-elle en se rasseyant dans son fauteuil et en désignant celui en face d'elle pour qu'elle s'assoit également. Alors, qu'est-ce qui vous amène ?
– Eh bien, je vous ai déjà tout dit dans mon courrier, hier. Je suis venue vous apporter les photos.
– Ah, oui. Et pourquoi voulez publier cela dans la Gazette, au juste ?
– J'aimerais faire réagir les gens et les pousser à verser des dons pour la médicomagie...
– Mmh, mmh... très intéressant... et vous visez quel public ?
– Plus spécialement les femmes, à vrai dire, vous savez, elles sont plus sensibles à...
– Est-ce vous, sur ces photos ? interrogea Rita, en désignant celle où Hermione enlevait son tee-shirt de dos.
– Oui, mais je ne...
– J'ai cru entendre que c'était un concours...
– Un concours, oui, mais il ne faut pas penser que...
– Ahuuum. Allez-vous me dire que vous ne voulez pas gagner, Miss Grangé ?
– Miss Granger, rectifia Hermione. Et si, bien évidemment que je veux gagner, mais... !
– Vous vous attendez à quelle genre de somme, après la publication de cette article ?
– Oh... heu... je ne sais pas... j'espère que les gens seront généreux.
– Vous vous attendez à une très, très grosse somme de gallions... Magnifique ! conclu Rita, tandis que la plume qui écrivait l'ensemble de l'interview se reposait.
– Quoi ? Mais non, je viens de vous dire que...
– Ce sera tout ? lui demanda la blonde en un large sourire. Et alors qu'Hermione marmonna dans sa barbe, Rita griffonna quelque chose dans une écriture illisible et tandis le papier à la brune. Ce sera deux cents gallions.
Hermione failli s'étrangler, à l'entente de la somme demandée. Quelle arnaque ! Elle n'était vraiment pas gênée, celle-là !
Mais alors qu'elle se remettait doucement de l'annonce du prix, la porte s'ouvrit en grand et elle se tourna pour lancer un regard noir à la personne impolie qui avait osé les interrompre pendant SON rendez-vous. Elle devint rouge de colère quand elle surpris Malfoy.
– Qu'est-ce que tu fous là, toi ?! Ton cher papa ne t'as pas appris à frapper aux portes ?! Puis, je peux savoir ce qui te permets de t'incruster pendant que je discute ? Aboya-t-elle, en se relevant de son siège.
Bien évidemment, Rita Skeeter ne manqua aucune miette de la scène qui se déroulait en direct sous ses yeux curieux.
– Calme ta joie, Granger ! Ce que tu racontais était tellement ennuyeux que je me devais de faire cesser ce calvaire, répondit Drago en s'approchant du bureau, un sourire en coin sur les lèvres. Oh, mais qu'est-ce que c'est que ça ? dit-il en attrapant une des photos d'Hermione. Tu vends de la pornographie, maintenant ?
- RENDS-MOI CA ! hurla-t-elle en tentant d'arracher sa photo des mains de Malfoy.
– Ouuuuh, mais c'est qu'elle est sexy, la Granger ! railla-t-il en tenant la photographie à bout de bras, au-dessus de sa propre tête, de sorte qu'elle ne puisse l'atteindre.
– MALFOY ! Tu n'es qu'un gamin stupide et immature ! Rends-moi ça, ou je te jure que...
– Que quoi, Granger ? Tu vas aller te plaindre au...
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase, qu'une gifle magistrale vint frapper sa joue de plein fouet, faisant pivoter sa tête sur le côté. Il resta un moment muet, trop surpris pour pouvoir faire quoi que ce soit. Hermione, folle de rage, quitta la pièce en claquant la porte derrière, ce qui fit trembler les tableaux accrochés aux murs. Elle marchait d'un pas furieux vers la sortie et transplana, ne laissant aucune chance à Malfoy de la rattraper.
Ce dernier, ayant repris ses esprits, était d'une humeur massacrante. Elle allait le regretter, cette satanée Granger ! Il inspira une grande bouffée d'air, avant de se tourner vers Rita Skeeter, qui semblait n'avoir rien manqué de la petite scène qui s'était déroulée sous ses yeux.
– Publiez ça dans votre journal et je fais fermer cet établissement ! menaça-t-il, fou de rage, avant de s'asseoir bruyamment sur un des siège en cuir.
– Rien ne sortira de cette pièce, je vous en fais le serment, répondit Rita d'un air malicieux. Alors, que vouliez vous, avant de vous être fait... enfin, que voulez-vous ? rectifia-t-elle en voyant le regard noir de Drago.
– Je veux que la présentation de mon défilé soit en première page.
– Oh, cela aurait été avec plaisir, mais mademoiselle Granger a déjà réservé la première page.
Il n'en croyait pas ses yeux, le faisait-elle exprès ? Il en avait que faire qu'elle lui avait réservé la première page ! Il la voulait, surtout après ce qu'elle venait de faire.
– Écoutez, qu'importe ce que « mademoiselle Granger » veut, dit-il en mimant les guillemets, je paierai plus cher. De plus, tout le monde s'en fiche de voir des photos déprimantes en première page !
Rita semblait pensive, comme si elle analysait l'offre sous toutes ses coutures.
– C'est d'accord, lâcha-t-elle finalement. Mais je vous laisse annoncer vous-même la nouvelle à Miss Granger, dans ce cas.
Il esquissa un sourire narquois. Et comment, qu'il allait le lui annoncer en personne. Il allait même y prendre plaisir.
– Parfait. Pour la photo de couverture, vous pouvez me prendre en photo sous cet angle, dit-il, tandis qu'il s'appuyait sur le bureau de la journaliste, le regard envoûtant.
Il ne portait pas son titre pour rien.
En fin d'après-midi, Drago était bien décidé à trouver Hermione. Comme il ne savait pas encore où elle résidait, il ne s'était pas rendu à son domicile, mais était parti en direction du Ministère de la Magie. Après tout, c'était toujours une Miss-Je-Sais-Tout, elle devait certainement traîner dans les endroits où toutes personnes ne se rendraient pas, pendant son temps-libre. Il arriva donc par le réseau de cheminette et se rendit au niveau un, grâce à l'ascenseur. Il se cala dans le fond, contre le mur, tandis qu'il réfléchissait.
Il était toujours sur les nerfs, après ce qu'elle avait fait. Mais il avait grandi, il ne comptait pas non plus lui infliger un sortilège interdit. De plus, il travaillait pour le Ministre de la magie, maintenant, il ne pouvait pas se permettre un écart pareil. D'ailleurs, est-ce qu'il souhaitait vraiment faire du mal à Granger ? Est-ce qu'il prendrait plaisir à la voir souffrir ? Il ne savait pas. Ce qu'il savait, par contre, c'est qu'il adorait la voir enrager. Il aimait bien quand elle s'énervait : sa voix montait dans les aigus, ses sourcils étaient froncés et ça lui donnait un air à la McGo. C'était amusant. Mais pourtant, il devait bien avouer qu'elle semblait moins moche qu'avant. Voilà. Juste un peu moins moche qu'avant. On parlait quand même bien de Granger.
Il sorti de l'ascenseur, se dirigeant vers le bureau de la brune. Voyant de la lumière à l'intérieur, il su qu'elle était là. Il ne la connaissait que trop bien. Sans prendre la peine de frapper à la porte, il ouvrit cette dernière, claquant la porte derrière lui, ce qui fit sursauter Hermione. Visiblement, elle ne s'y était pas attendue, tiens.
– Granger, Granger, Granger... qu'est-ce que je vais faire de toi ?
– Qu'est-ce que tu viens foutre ici, Malfoy ? Tu n'en as pas eu assez ? railla-t-elle, en redressant le visage vers ce dernier.
Il ne répondit pas et avança simplement vers cette dernière. Quand il fut arriver à son bureau, il posa ses deux mains sur le bois vernis, se penchant vers elle. Par instinct, Hermione recula son siège de quelque centimètre, afin d'agrandir la proximité entre eux.
– Je crois que tu ne sais pas à qui tu as affaire, Granger. Je peux te gâcher la vie en un claquement de doigts. Je peux faire de ton existence un Enfer... tu sais quel est le plus grand pouvoir, dans ce monde ? L'argent. Et figure-toi, que je serai ravi d'en donner à des personnes malveillantes, si tu venais malencontreusement à reposer la main sur moi, de la manière dont tu l'as fait, tout à l'heure. Comme je viens de te le dire, Granger, tu ne sais pas à qui tu as affaire. Sais-tu seulement ce qu'il faut, pour détruire une réputation ? Vraiment peu. Qui sait, ce qui pourrait parvenir aux oreilles de Kingsley...
Il avait chaudement murmuré ces mots, qu'on les entendit à peine. Face à lui, Hermione était silencieuse, attentive et quelque peu effrayée. Il avait le don de se faire facilement comprendre, celui-là.
– Comme je vois que tu sembles avoir compris, je veux que tu me demandes pardon.
Et pourquoi est-ce qu'il la regardait de cette manière, lui ? Il voulait quelqu... quoi ?! Elle cru avoir mal entendu. Elle toussa une ou deux fois, avant de demander d'une voix froide.
– C'est une blague, n'est-ce pas ? Tu ne penses quand même pas que je vais m'excuser ? Tu l'as bien cherché ! Toi aussi, tu pourrais t'excuser de m'avoir pris ces photos et d'être entré dans MON intimité, comme si je n'allais rien faire et que j'allais rester les bras croisés en te regardant comme une cruche ! Tu n'es pas sans savoir que c'est formellement interdit de dérober quelque chose qui ne t'appartient pas, n'est-ce pas ? Mais peut-être que tu as accepté cet emploi en pensant qu'un ou deux terme juridique serait suffisant afin d'occuper un travail tel que...
Elle ne termina jamais la fin de sa phrase : Drago avait posé sa main contre ses lèvres, l'empêchant de déverser son flot de paroles ennuyeux.
– Tu tournes toujours tout d'une manière si juridique, dis-moi ? Il n'y a personne que tu puisses impressionner ici, miss-je-sais-tout, alors détends-toi, fit-il en roulant des yeux, sans pour autant éloigner sa main de sa bouche. Donc, pour répondre à ta question : oui, je veux que tu me demandes pardon... à moins que tu n'aies pas eu une éducation appropriée et que tes moldus de parents n'aient pas jugé utile de t'enseigner les bonnes manières, ajouta-t-il, sachant qu'elle réagirait.
Comme attendu, elle fut piquée au vif. Elle écarta brusquement sa main de ses lèvres à l'aide de la sienne, tandis qu'elle se releva, posant également ses mains contre le bureau.
– Très bien, je vais t'en donner des excuses, Malfoy ! Apparemment, tu as toujours tout ce que tu désires, n'est-ce pas ? Je te demande pardon, d'avoir pris autant de plaisir à te foutre ma main en pleine gueule. Voilà ! T'es content ? Maintenant, barre-toi de là, avant que je ne te hurle dessus ! Cria-t-elle.
– Parce que ce n'est pas du tout ce que tu es en train de faire, en ce moment, chuchota ce dernier, d'une voix où l'amusement était perceptible.
Puis, aucun des deux ne surenchérit. Ils se regardaient dans les yeux, défiant l'autre du regard. Le silence envahit la pièce, ne laissant comme seul et unique bruit, celui de la respiration lente des deux individus. Finalement, Hermione baissa le regard la première, se sentant mal-à-l'aise par cette proximité soudaine, et cette intensité du regard. Elle avait laissé ses yeux se plonger dans les pupilles métallique du blond un rien de trop, et s'était sentie absorbée par ces dernières. Elle avait ressenti cette envie soudaine de les admirer, de s'en approcher, de s'y noyer... et elle s'était ressaisie, choquée par ses propres pulsions envers Drago Malfoy.
Elle déglutit doucement, posant l'une de ses mains contre l'épaule du garçon, exerçant une fine pression contre sa clavicule, pour qu'il recule. Il semblait, lui aussi, dans le même état qu'Hermione. Il n'avait, dans un premier temps, pas ressentit la pression contre son propre corps, puis, quand il avait réalisé que sa main était posée sur son épaule, il s'était redressé rapidement.
– Une dernière chose : C'est moi qui serai en première page, demain. Rita Skeeter m'a envoyé te le dire en personne, elle avait sans doute peur d'assister à l'explosion de ta tête, dit-il en lui adressant un sourire en coin, avant de tourner les talons.
– Malfoy ? demanda Hermione, avant qu'il ne franchisse le pas de la porte.
– Granger ?
– Tu es détestable, lâcha-t-elle, agacée.
– Tu t'ennuyais, quand je n'étais pas là, dit-il en haussant les épaules, loin d'être vexé par les propos de la brune.
Et il s'en alla.
Le pire, c'était qu'il avait entièrement raison.
Alors, qu'en avez-vous pensé?
