Auteur : Drusilla

Paring : HG/SS quelle question !

Rating : R

Disclaimer : Je crains ne devoir me contente d'emprunter Severus et Hermione. J'endommage un peu Hermione mais je suis prête à payer la caution.

Résumé : A quoi ça sert d'être une sorcière si c'est pour mourir comme un moldue ? Les sorciers ne prennent pas le métro Hermione. Juillet 2005. Une bombe explose à la station de King Cross, laissant Hermione définitivement aveugle. Comment continuer ses études à Poudlard ? Mais avec l'aide de Severus bien sûr !

Petite précision : On m'a fait remarqué que l'histoire se déroulant en 2005, le trio avait fini depuis longtemps ses études. Je n'ai absolument pas tenu compte des dates (d'ailleurs j'ai jamais vu dans aucun livre de date précise il me semble). Pour moi, ça n'a pas d'interêt, l'histoire est intemporelle. Si ça vous gène vraiment, il y a des attentats chaque année, donc vous pouvez imaginer qu'elle ait été blessée ailleurs qu'à Londres. Et enfin ce sera une histoire entre un prof et une élève, désolée pour ceux que ça choque. Je ne vois personnellement pas Hermione comme une pauvre petit élève abusée par son méchant prof lol.

Chapitre 3 : Départ douloureux

Quand Rogue pénétra au sein de l'infirmerie, ses yeux cherchèrent immédiatement la gryffondor. Une part de lui, celle qui n'était pas occupée à pester contre la décision de Dumbledore, s'attendait à la trouver plongée dans un bouquin. Miss Granger loin d'un livre, c'était du jamais vu. Et une chose qu'il ne verrait plus jamais. Soit alors, probablement en larme. En train de gémir sur son sort, de dénier la vérité, d'accuser. Et il ne pouvait s'empêcher de se dire que c'était normal. Elle venait de tout perdre.

Mais elle n'était pas là. Son lit aux draps défait était encore chaud, il balaya la pièce du regard sans la voir. Au moment où il allait appeler, un bruit de chasse d'eau lui permit de la localiser. En effet, quelques minutes plus tard elle sortit des toilettes en titubant, la main glissant le long du mur. Elle aurait pu regagner seule son lit sans problème si elle n'avait pas quitté le mur trop tôt. Là, elle se dirigeait droit sur la fenêtre.

Il consentit à se racler la gorge pour signaler sa présence, considérant comme impoli de profiter de son handicap pour l'espionner. Une chose était sûre, elle avait du courage. Sa hanche venait de heurter un lit sans qu'elle ne lâche le moindre gémissement. Elle continuait courageusement sa route, la tête simplement tournée vers lui, attendant qu'il parle et s'identifie.

- Je crains Miss Granger que vous ne soyez trop à droite. Tournez encore un peu. Un peu. Voilà, avancez maintenant. D'environ 4 pas. Vous y êtes.

La jeune fille se remit au lit péniblement mais il se refusa à l'aider. Si elle ne demandait pas, il ne le ferait pas. Aveugle ne signifiait pas assistée, du moins pas complètement. Tout ce qu'elle pouvait faire seule, il devait la laisser faire. Simplement la guider tout au long de son apprentissage. Il avait lui-même reconnu qu'il était le mieux placé pour faire ça.

- Merci professeur. Je suis désolée d'être une charge pour vous.

- Je me doute que vous n'avez pas fait exprès. Ecoutez Miss, vous êtes ce qui ressemble le plus dans ce collège à un adulte. Agissons comme tel. Le directeur ne vous a pas plus donné le choix qu'à moi, vous connaissez mon caractère je connais le votre, tentons tous deux de nous adapter au mieux.

- Professeur ? Vous ne me mentirez jamais n'est-ce pas ?

- Ce sont les lâches et les faibles qui mentent. J'espère ne faire partit d'aucune de ces catégories.

- Certes non professeur. Alors je veux une réponse sincère à ma question. Y a-t-il une chance, même infime que je retrouve un jour la vue ?

- Pas aujourd'hui avec l'avancé actuelle de la science. Bien sûr une soudaine découverte pourrait vous guérir mais je ne crois pas qu'il soit bien de vivre dans cette optique. Apprenez à vous débrouiller sans vos yeux. Si un jour vos yeux fonctionnent à nouveau, vous ne saurez que plus encore apprécier ce cadeau.

- Merci. Je n'ai pas eu le temps de demander au professeur Dumbledore ce qu'il m'était arrivé. Je me souviens que le métro a explosé. Mais pourquoi ?

- Il y a eu une série d'attentats. Votre trame a été une des lignes touchées par les bombes.

- Combien d'autres ?

- Trois il me semble, on en a peu parlé du côté sorcier.

- Bien.

Cela clôt la conversation, il pouvait voir que son mal de tête devenait très fort aussi décida-t-il de la laisser un peu se reposer avant de parler de l'aménagement. Il lui indiqua qu'il était à côté pour faire l'inventaire du stock de l'infirmerie et qu'elle n'avait qu'à appeler à son réveil.

Il eut le temps de noter tout ce qui manquait et de ranger un peu avant de l'entendre. Elle s'était redressée sur son lit et ses mains parcouraient son visage comme à la recherche de quelque chose qui l'empêcherait de voir. Il reste immobile à le regarder reposer ses mains sur la couverture. Il fit semblant de ne pas voir les larmes qui menaçaient de couler en s'asseyant près d'elle.

- Professeur que va-t-il se passer maintenant ?

- Dès que vous le sentirez, on se rendra chez vous. Là, deux options. Soit vous y restez la fin des vacances, soit vous faites votre valise et vous venez chez moi apprendre à vous débrouiller un minimum avant la rentrée parce qu'une fois à Poudlard vous aurez moins de temps pour vous habituer à votre nouvelle condition.

- Je ne veux pas rester chez moi. Mes parents travaillent et la seule semaine qu'ils ont prise ils devaient partir en croisière autour de la Méditerranée. Je ne veux pas changer leur programme. Enfin si ma présence ne perturbe pas vos vacances.

- Je les passe hors de Poudlard, dans un chalet en montagne, perdu au milieu de nulle part dans les Rocheuses Canadiennes.

Quelques minutes plus tard, Hermione quittait l'infirmerie fermement accrochée au bras de Severus. Ses pas étaient hésitants mais elle semblait lui faire confiance. Une confiance réciproque quand, une fois dehors, il la laissa les guider en transplanant. Ils atterrirent dans une cabane à jardin, derrière une petite maison typiquement Londonienne.

Il la mena jusqu'à la baie vitrée qui donnait sur le jardin puis à l'intérieur du salon où, à son appel, apparurent ses parents et quelques adolescents qu'il jugea être ses amis. Tout le monde se précipita vers elle mais la soudaine présence de mains qui la touchaient et l'attiraient dans tous les sens la terrifia. Rogue s'était effacé doucement dans un coin du salon le temps que les retrouvailles se passent. Mais quand elle hurla son nom en tâtonnant, il revint immédiatement vers elle. Repoussant tout le monde, il la guida jusqu'aux escaliers et la laissa l'emmener dans ce qui devait être sa chambre, enfin à deux mètres près.

Dans la pièce, il reconnut une partie d'Hermione, celle qu'elle montrait au quotidien. Des livres, officiellement moldu mais il pouvait sentir le sortilège d'illusion qui en fait cachait des grimoires, un bureau et une chambre parfaitement rangés, un lit fait et recouverts de quelques peluches et bien sûr les résultats de ses buses affichés avec deux ou trois diplômes dont la graduation. Ce qui le choqua fut les photos, avec ses amis en train de rire, à cheval, sur la plage. Loin de la bibliothèque.

En tournant la tête vers la porte, il constata que ses amis les avaient suivis mais n'osaient entrer. Il guida la jeune fille à son bureau et fit attention à l'installer correctement. Avant toute chose il devait pouvoir la quitter des yeux sans craindre qu'elle ne se blesse. Puis il allait devoir faire sa valise, sa famille, moldue, ne devait pas savoir ce dont avait besoin une sorcière. Mais pour la faire, il risquait de devoir réduire des choses donc se débarrasser de ses amis. Il remarqua alors une jeune fille qui s'avançait vers Hermione sans craindre son regard noir.

- Mya ?

- Ely ? Comment tu vas ? Je suis désolée pour ta glace, je ne pense pas pouvoir te l'offrir avant un moment.

- Idiote, tu crois que je m'en soucie ?

- Un pari est un pari, mes parents te donneront de quoi te l'acheter.

- Tu crois que je veux d'une glace si c'est pour la manger sans toi ? Tu n'as pas perdu le pari Hermione, personne n'a perdu.

- Si moi, j'ai perdu la vue.

- Ho Hermione, si tu savais comme je suis désolée. J'aurais du t'obliger à passer par le parc ! Et non faire ce stupide pari sur celle qui arriverait la première.

- Et ensuite, murmura un garçon qui osa aussi entrer. Tu crois que quoi que ce soit aurait pu la faire changer d'avis ? Ely, on parle de Mya là !

Ensuite, tous virent se presser autour d'elle mais en prenant soin de s'identifier. Deux jumeaux complétèrent le groupe. Rogue les observa de loin tourner autour d'elle, chercher à la distraire, lui raconter les derniers potins de l'institut. Il comprit alors que c'était ceux qui avaient du partager son enfance dans le Royal Institute of London. Il se résolu donc à attendre avant de pouvoir faire ses bagages. Ses amis étaient important pour elle et il ne leur demanda de sortir que lorsqu'il s'aperçu qu'Hermione se fatiguait très vite.

Ils bougonnèrent mais rentrèrent chez eux quand Hermione leur demanda aussi. Elle s'excusa dès leur départ de l'attente qu'il venait de subir mais il se contenta de solliciter l'emplacement de sa valise. Elle lui donna et ils passèrent l'heure suivante à la remplir. Outre les vêtements, elle l'aida verbalement à constituer une trousse de toilette décente pour une jeune femme de 17 ans, une bibliothèque impressionnante et de nombreux cahiers qu'elle avoua être le travail de plusieurs années de recherche sur l'origine des pouvoirs magiques. Sans conclusion autre que la reconnaissance d'un mystère irrésoluble.

D'autre cahiers contenaient un rassemblement impressionnant de notes regroupées sur tout ce qu'elle avait pu lire. Il réduisit tout cela et le mit dans la valise. Il jeta un œil sur son matériel scolaire et en déduisit qu'il allait devoir l'emmener au chemin de traverse avant la rentrée. Quand elle irait mieux car pour le moment elle risquait trop de paniquer.

L'heure du départ sonna enfin. Sa valise prête, son hibou dans sa cage, son chat dans son panier, elle osa lui demander timidement si elle pouvait aller voir son cheval pour lui dire adieu. Il refusa qu'elle fasse ça et lui promit dans moins de 15 jours une promenade à cheval et lui avoua même qu'il était aussi temps pour lui de remonter, une chose qu'il avait laissé tomber en entrant au service de Voldemort.

Elle descendit seule faire des adieux déchirant à ses parents, il ne voulait pas voir ça. Le peu auquel il avait assisté lui avait fait réalisé que si elle ne s'apitoyait pas sur son sort, sa famille s'en chargeait pour elle. Ils ne semblaient pas comprendre qu'elle n'avait nullement besoin de pitié. Mais Hermione devait avoir pressentit qu'ils ne lui seraient pas d'une grande aide. Sinon pourquoi aurait-elle voulu passer ses vacances avec la chauve-souris des cachots ?

Elle l'appela d'en bas, il la rejoignit. D'un geste de la tête, il salua ses parents qui lui firent un maigre sourire. Eux aussi devaient avoir compris qu'ils ne pouvaient pas s'occuper d'elle. Quelque part il en fut révolté. Pourquoi ne se battaient-ils pas pour leur fille, pour la garder et l'élever au mieux ? Avaient-ils seulement été présents ? Certes ils vivaient à quelques rues du Royal Institute of London mais de ce qu'il en savait, la jeune fille vivait en internat. Avaient-ils dès son enfance renoncé à élever un génie ?

Il prit la main d'Hermione pour la faire transplaner, cette fois c'est lui qui guiderait. Elle prit son chat, il se chargea du hibou, la valise précieusement réduite dans sa poche, ils arrivèrent dans son chalet, pile sur le tapis devant la cheminée. Il posa la cage sur le canapé et attrapa le panier pour en faire de même.

- Nous sommes arrivés Miss Granger. L'intérieur du chalet est à peu de choses prêt l'intérieur de mes appartements à Poudlard. J'ai une elfe de maison, Kra, qui s'occupe de moi tant au château qu'ici. Calme et discrète, je l'aperçois rarement. Elle appartenait à ma famille et je n'ai pas eu le cœur à la renvoyer, même si je peux me débrouiller seul.

- Auriez-vous entendu parler de la SALE professeur ? Rassurez vous, j'ai fini par comprendre que la rébellion devait venir d'eux. Ils sont heureux comme ça pour le moment, et puis malgré quelques familles comme les Malefoy, ils sont dans l'ensemble correctement traités.

- Oui c'est vrai. Kra ne voulait pas être renvoyé, je l'ai donc gardé.

- J'espère vite faire sa connaissance.

- Elle doit être en cuisine à nous mijoter un bon petit plat. Mais commençons par visiter le salon. Le chalet n'est pas immense car j'y vis seul. Nous avons atterrit devant la cheminée, elle est en pierre et en bois, donnez moi vos mains que je vous en montre le contour. Voilà. Ensuite il y a un bout de mur en bois puis une grande baie vitrée qui donne sur une prairie en pente douce jusqu'à une petit bois. Si vous vous enfoncez plus loin il y a un lac où il fait bon se rendre. Toujours sur la droite, il y a la bibliothèque. Puis la partie cuisine, et au milieu comme je le pensais, Kra.

- Bonjour Kra, je suis Hermione.

- Bonjour jeune maîtresse, je suis ravie de vous rencontrer. Restez vous quelques temps parmi nous ?

- Au moins jusqu'à la fin des vacances, intervint Severus.

Le reste de la visite fut bref, salle à manger, reste du salon puis les deux chambres, celle de Severus dont il ne lui montra que la porte et la sienne qu'il lui présenta plus attentivement. Toutes deux donnaient sur la salle de bain qui les séparaient et il lui demanda de le prévenir quand elle s'y rendait. Il l'aida à déballer ses affaires, lui donnant quelques astuces comme le classement de ses tee-shirts, du plus foncé au plus clair. Elle le remercia de son aide puis ils passèrent à table sur la demande de Kra. Le repas, son premier après les potions de gavage fut assez catastrophique. La soupe coula plus sur sa robe que dans sa gorge et un geste malencontreux fit basculer l'assiette de purée sur le sol.

Au dessert, elle refusa net de bouger ses mains de ses genoux, craignant que l'île flottante ne soit elle aussi inutilement gaspillée. A bout de nerfs, Severus finit par la faire manger à la cuillère, pestant contre sa maladresse et sa stupidité. Elle refusa de continuer plus longtemps cette mascarade de repas et demanda à aller dormir. Un instant il fut tenté de refuser de céder mais il savait qu'ils étaient tous deux énervé et que cela n'aurait mené à rien. Il lui donna sa chemise de nuit l'assit sur son lit puis partit lire sur le canapé, laissant Hermione se coucher pour la première fois dans ce lit qui n'était pas le sien.