Auteur : Drusilla

Paring : HG/SS quelle question !

Rating : R

Disclaimer : Je crains ne devoir me contente d'emprunter Severus et Hermione. J'endommage un peu Hermione mais je suis prête à payer la caution.

Résumé : A quoi ça sert d'être une sorcière si c'est pour mourir comme un moldue ? Les sorciers ne prennent pas le métro Hermione. Juillet 2005. Une bombe explose à la station de King Cross, laissant Hermione définitivement aveugle. Comment continuer ses études à Poudlard ? Mais avec l'aide de Severus bien sûr !

Chapitre 4 : Réveille toi !

La nuit fut agitée de cauchemars qui les empêchèrent de dormir tous deux. C'était la première fois qu'elle en faisait, comme si le traumatisme l'avait rattrapé d'un coup. Il fut tenté de jeter un sortilège de silence sur sa chambre mais il avait lui-même trop souffert de se retrouver seul au réveil pour faire ça. Le lendemain ils étaient tous deux fatigués et donc de mauvaise humeur. La matinée se passa dans une tension qui explosa l'après midi. Elle restait affalée sur le fauteuil sans rien faire, tentant de récupérer de sa nuit ce qui énervait au plus haut point Severus.

Le lendemain et le surlendemain ainsi que le reste de la semaine furent pareil. Elle ne bougeait de son canapé que pour se rendre à la salle de bain et évitait soigneusement de mettre le pied dehors, même quand Severus voulait qu'ils mangent sur la terrasse. Il la laissa s'enfoncer dans la déprime le temps qu'elle fasse le point sur ce qui s'était passé. Elle avait besoin de comprendre. Et puis il redoutait un peu les confrontations qu'il y avait chaque fois qu'il lui parlait.

C'était chaque jour de pire en pire, elle ne voulait rien faire, rien entendre. Les repas étaient épuisants moralement car ils représentaient le summum de la lutte. Elle refusait qu'il la nourrisse à la petite cuillère mais ne parvenait pas à manger. Elle se braquait quand il tentait de la forcer. Il n'en restait pas moins admiratif envers elle. Jamais, même poussée à bout elle n'avait fondu en larme, jamais elle n'avait demandé de l'aide. Le courrier qui était arrivé de ses amis s'entassait doucement sur la table sans qu'elle ne cherche à le lire. Elle se contentait de hausser les épaules à l'annonce d'une nouvelle lettre.

Au bout d'une semaine, il décida que cela suffisait. Elle devait maintenant faire face à sa condition. Le premier pas, il le savait, était la victoire sur la peur des ténèbres. Elle ne devait pas redouter de marcher et de tomber, pas sursauter au moindre contact ou au moindre bruit. Mais pour cela il allait falloir la faire sortir.

- Miss Granger, il est maintenant temps que je vous emmène au lac dont je vous ai parlé.

- Non merci, je n'ai pas envi d'y aller.

- Ca je n'en doute pas. Mais vous allez venir quand même parce qu'il est hors de question que vous passiez vos vacances sur ce canapé. Il va falloir vous apprendre à vous débrouiller seule autant que possible. Je ne serais pas toujours là à Poudlard. A moins que vous n'ayez envie que vos amis soient obligés de vous guider sans cesse, de vous nourrir, de vous protéger !

- Qu'y comprenez vous ?

- Rien Miss Granger, je n'ai jamais été aveugle. Mais je vous connais vous, je connais votre caractère de battante. En 3ème année, vous avez été la seule élève à prendre toutes les options, quitte à utiliser un retourneur de temps et vous épuiser. Montrez moi que vous êtes la même jeune fille, battez vous de nouveau.

- Mais me battre contre quoi ?

- Les ténèbres Miss Granger.

Il ne lui laissa pas le temps de répondre et sortit sur la terrasse en prenant bien soin de claquer la porte fenêtre pour qu'elle sache où le trouver. Il resta à regarder le paysage, s'amusant des chiens de prairie qui couraient partout. Un léger bruit le fit tourner la tête et il s'aperçut qu'Hermione bataillait maintenant avec la baie vitrée. Il ne bougea pas d'un pouce, attendant qu'elle abandonne ou qu'elle appelle à l'aide.

Ni l'un ni l'autre, elle parvint à l'ouvrir et à faire un pas dehors. Il n'eut que le temps de la rattraper avant qu'elle ne s'écroule à cause de la marche qu'elle avait ratée. Le message était simple. Je suis là. Elle retrouva l'équilibre mais attendit qu'il se mette en marche pour en faire autant. Doucement il la fit descendre dans la prairie, décrivant chaque bruit qu'elle entendait. Sifflement des chiens de prairie, hurlement d'un coyote, craquements du bois de la forêt.

Celle-ci rendit d'ailleurs la marche plus pénible pour Hermione. Elle glissait sur le sous-bois humide ou se prenait des branches malgré la surveillance de Severus. Il soignait chaque coupure, la rassurait aussi avec des paroles. Mais c'était tout de même épuisant pour elle. Ils durent faire de nombreuses pauses jusqu'au lac. Cependant il aurait donné bien plus rien que pour voir son sourire au moment où il trempa sa main dans l'eau. Elle venait de gagner une première bataille.

Ils restèrent au bord du lac pour pique niquer avec ce que Kra avait déjà fait déposer au pied d'un sapin centenaire. Il l'installa sur la couverture moelleuse et commença par lui donner sa cuisse de poulet. Elle parvint aisément à la manger avec les doigts pour leur plus grand soulagement. La suite fut un peu plus compliquée, notamment à la fin avec le gâteau au chocolat. Il dut accompagner son bras les premiers temps pour lui montrer la distance entre l'assiette et sa bouche. Elle parvint ainsi à en manger une bonne partie. Le reste passa sur la couverture. Il ne proposa pas pour autant de l'aider à finir.

Ils discutèrent beaucoup du paysage qu'il lui décrivait. Elle n'était jamais venu dans cette partie du monde et regrettait de ne pouvoir en profiter pleinement. Elle était aussi avide d'anecdote sur les sorciers du coin, leur développement. Il lui expliqua que le village dans la vallée où Kra se ravitaillait était l'équivalent de Pré au Lard et se trouvait près de Shard School, l'équivalent Canadien anglophone de Poudlard. Elle refusa pourtant de se rendre au village. Il n'insista pas, elle n'était pas prête et l'effort d'aujourd'hui était déjà énorme.

La remontée vers le chalet les laissa crevés. Il devait la rattraper sans cesse et, encore épuisée par ses blessures, elle avait du mal à se concentrer sur le terrain accidenté. Il finit par la porter sur les derniers mètres malgré ses protestations. Il ne les écouta pas, il avait bien trop peur qu'elle ne se blesse sérieusement. Une fois en sécurité sur le canapé elle cessa de se plaindre et se mit simplement à bouder. Une réaction au combien puérile qui fit rire Severus.

Le lendemain, une lettre arriva mais de Cyrielle cette fois. Elle l'autorisa à la lire puis à écrire sa réponse. Il fut assez heureux de la voir enfin communiquer avec l'extérieur. Cependant il ne parla pas des lettres de ses amis qui s'entassaient, Hermione y reviendrait quand elle le sentirait. Il se contenta de l'avertir du programme du jour : développement de ses autres sens. L'ouie en particulier en un premier temps.

Elle accepta de faire le travail hors du chalet, ils s'installèrent sur la terrasse. Ils passèrent la journée à écouter divers sons, artificiellement produit par la baguette de Severus et à les identifier. Il l'aida à dissocier correctement un son menaçant d'un son apaisant. Elle mettait toute son énergie là dedans ne voulant plus redouter le moindre bruit et en fin de journée elle parvenait à mettre un nom sur la plupart des sons, notamment les diverses voix auxquelles elle pourrait être soumise dans l'année, professeurs ou élèves.

Le lendemain, ils refirent de même mais avec l'odorat et le toucher. Là encore ils passèrent la journée dehors ce qui redonnait un peu de couleur à Hermione. Elle se sentait aussi plus en confiance et parvenait à se débrouiller seule à l'intérieur. Les repas constituaient encore un calvaire mais elle le laissait l'aider de plus en plus. Le seul point négatif restait le refus de contact avec l'extérieur. Il n'osait lui parler de ses amis et elle ne semblait pas s'intéresser au courrier qui arrivait chaque jour.

Lorsqu'à la fin de la semaine elle maîtrisa parfaitement ses autres sens, il décida de la récompenser pour son travail. Il avait fait une promesse qu'il comptait bien tenir. Quand elle sortit de sa chambre, il effectua les vérifications quotidiennes. Après avoir remis correctement son col et coiffé ses cheveux en queue de cheval il l'informa simplement qu'ils allaient dehors mais que c'était pour une surprise.

Elle lui donna ses mains et se laissa transplaner avec confiance. Dès l'atterrissage elle sut où ils étaient. Un sourire illumina son visage. L'odeur du foin et le bruit des sabots sur le pavé suffisaient à la rendre à l'aise. Il sortit du recoin où ils avaient atterri et la guida vers la stalle de son cheval. C'était un magnifique trotteur bai qui sortit la tête et hennit gaiement à l'arrivée de sa maîtresse.

Il la laissa le caresser et retrouver ses marques et partit à la recherche de la directrice de l'écurie. Elle la trouva près du manège à donner des instructions pour un cheval malade. Il attendit qu'elle ait fini puis se dirigea vers elle.

- Bonjour madame, je suis le professeur Rogue. J'ai accompagné Miss Granger voir son cheval et j'aurais aimé la faire monter, j'imagine que si je tiens les rênes cela devrait être possible.

- Ha oui j'ai appris pour Mya. Qu'elle tristesse ! C'est Ely qui m'a prévenue et qui s'est chargé de Border. Bien sûr vous pouvez partir en ballade, je vais vous donner un cheval et j'attacherai celui de Mya à son cou. Ainsi vous pourrez trotter et même galoper dans la bande prévue à cet effet. Simplement ne quittez pas le parc, Hayana, la jument que vous allez monter, ne supporte pas les voitures.

- Je vous remercie. Je ne pense pas m'éloigner pour une première fois. Miss Granger est encore fatiguée.

- Très bien, faites comme vous le sentez. Connaissez vous Hyde Parc ?

- Oui.

- Dans ce cas pourquoi ne mangeriez vous pas au bord du lac pour faire une pause. Je sais que Mya adore cela, chaque jour qu'elle ne passe pas dans ce maudit collège privé, elle le passe à cheval avec ses amis.

La mention du maudit collège fit intérieurement sourire Severus. Bien sûr, pour un institut comme celui-ci, voir partir un prodige comme Hermione devait être une grande perte. Si seulement ils savaient le destin qui attendait la jeune fille ! De retour au box, il la trouva à la même place, toujours à câliner son cheval. L'annonce de la balade la fit sautiller de joie.

La jument qu'il avait récupérée avait déjà été harnachée et quelqu'un aida Hermione avec Border. Puis ils purent quitter doucement l'écurie, Hermione légèrement crispée sur sa selle mais au combien heureuse. Ils avancèrent doucement dans le parc, discutant sur un ton léger de leurs plus belles chutes. Puis presque naturellement la discussion dévia sur la raison qui l'avait poussé à abandonner l'équitation : Voldemort.

- Maintenant qu'il est mort, vous pourriez peut-être reprendre avec moi. La maîtresse d'Hayana ne peut pas s'en occuper correctement, il s'agit de notre professeur de chimie et depuis qu'elle a eut sa fille elle n'a plus beaucoup de temps à elle. Sa jument s'ennuie.

- Je pourrais oui. Nous verrons cela quand vous irez mieux. Pour le moment vous ne pouvez plus vous permettre de passer vos journées à cheval. Et je dois vous avouer que transplaner du Canada à Londres est épuisant.

- Je suis désolée. Je comprends que ce soit loin. Comment avez-vous su où venir ?

- Je savais que le Royal Institute possédait son écurie, qui abrite notamment une partie des chevaux de la reine. J'en ai déduit que vivant à côté et ayant été élève là-bas vous y aviez mis votre cheval.

- Bonne déduction professeur. Ainsi quand je suis à Poudlard les autres s'en occupent, il y en a toujours un pour monter Border et le caresser chaque jour.

- Plus je regarde votre vie, plus je me dis que vous avez abandonné énormément de chose pour venir au château.

- Et j'en ai gagné plein d'autre. Je ne regrette pas. Vous, vous regrettez ce que vous avez abandonné pour entrer au service de Voldemort ?

- Non.

- Certains objectifs méritent des sacrifices. Et quand on y regarde, qu'ai-je vraiment laissé ? Je vois mes amis pendant les vacances, je monte à cheval et je continue à étudier certaines matières.

- Vous avez raisons. Mais que fait-on quand on a atteint ses objectifs ?

Elle se tourna vers lui brusquement, oubliant qu'elle ne pouvait plus le voir. Elle réalisa soudain pourquoi il avait accepté de la prendre en charge. Il avait tout perdu avec la chute de son maître. Il était espion. Maintenant ce n'était qu'un ex mangemort que la société ne reconnaîtrait jamais comme innocent. Pas d'ordre de Merlin pour ceux qui ont une marque immonde sur la peau.

- On s'en trouve d'autre. On aide une jeune fille aveugle à continuer de vivre. On se consacre à la recherche pour prouver au monde que si, vous êtes un héros ! Vous n'êtes pas seulement un mangemort, un espion, vous êtes un maître de potion.

Il ne répondit pas, méditant profondément sur ses paroles. Peut-être qu'après tout, il n'y avait pas qu'une jeune fille à sauver dans l'histoire. Peut-être qu'elle pouvait être celle qui lui montrerait la sortie du tunnel. Qui lui réapprendrais à vivre. Où étaient passées ses journées seul au fond de ses cachots ? Il était là, sur le dos d'un cheval, à profiter d'un dimanche ensoleillé.

Ils firent une petite halte sur le coin nord-est du parc pour qu'il achète à manger dans la rue qui bordait le lac pendant qu'Hermione attendait avec les chevaux. Puis il repartirent vers le lac et mangèrent au bord, discutant cette fois de potion. Le repas fit passer la discussion à la cuisine indienne dont ils raffolaient tous deux. Le retour se passa en silence jusqu'à l'écurie. Il s'occupa lui-même de sa jument et Ely vint aider Hermione et discuter avec elle.

Il resta près de la stalle jusqu'à la fin de la discussion pour lui laisser toute l'intimité dont elle avait besoin. Puis il les vit se séparer et Elisabeth se dirigea droit vers lui. Elle se planta en face, le jaugea du regard puis soupira.

- J'espère que vous saurez vous occuper correctement d'elle. Je sais que votre collège privé a toujours été ce qu'il y avait de mieux pour elle mais maintenant la donne a changé. Pensez-y.

Elle fit demi tour et disparut au coin d'un bâtiment sans qu'il n'ait le temps de répliquer. Et puis l'appel d'Hermione le força à détourner sa concentration. Il retourna près d'elle et usa ses dernières forces pour les ramener. Ils passèrent la soirée sur le canapé. Mais le sourire d'Hermione suffisait. Il était prêt à tout pour qu'elle sourie à nouveau.