Auteur : Drusilla

Paring : HG/SS quelle question !

Rating : R

Disclaimer : Je crains ne devoir me contente d'emprunter Severus et Hermione. J'endommage un peu Hermione mais je suis prête à payer la caution.

Résumé : A quoi ça sert d'être une sorcière si c'est pour mourir comme un moldue ? Les sorciers ne prennent pas le métro Hermione. Juillet 2005. Une bombe explose à la station de King Cross, laissant Hermione définitivement aveugle. Comment continuer ses études à Poudlard ? Mais avec l'aide de Severus bien sûr !

Chapitre 8 : Vaincre sa peur

La grande salle était bruyante. Hermione entendait résonner dans sa tête un mélange de cris et de tintements. Ici on interpellait untel, là un verre était renversé. Elle se faisait sans cesse heurter malgré l'attention de Harry. Elle aurait voulu rejoindre Cyrielle, mais elle n'était pas là ce soir. Mme Chourave avait besoin de son aide dans une serre.

Même sans ses yeux, Hermione pouvait deviner les décorations dans la salle. Les fausses toiles d'araignées, les chauves souris volantes, les citrouilles au plafond… elle calquait les images d'autrefois à ce qu'elle ressentait aujourd'hui. Une augmentation de température l'avertissait du passage au dessus de sa tête d'une bougie citrouille.

C'était très stressant. Ils n'étaient qu'à la moitié de la salle et déjà elle n'en pouvait plus. Son bras la lançait après être entré en contact avec les côtes d'une poufsouffle. Elle n'arrêtait pas d'être bousculée dans tous les sens. Plus d'une fois Harry dû la retenir pour qu'elle ne s'étale pas.

Mais ce n'étais pas Harry qu'elle voulait, c'était Severus. Lui, personne n'aurait osé l'approcher et à ses côtés, elle aurait la paix. Albus lui avait demandé de venir, mais pouvait-elle rentrer avec lui ? Au chaud dans leur appartement, loin de toute cette foule affamée.

- Amène moi à Severus s'il te plait, hurla-t-elle à Harry pour se faire entendre.

Elle pouvait presque voir son regard surpris, son hésitation sur le Severus, puis sa raideur quand il réalisa qu'elle parlait du bâtard des cachots. Il la fit pivoter et fendre la foule dans un autre sens. Elle ne pouvait que deviner la table de professeurs se rapprochant, le regard attentif de Severus, la compréhension sur son visage. Elle sentit l'exact moment où le bras d'Harry fut remplacé par celui bien plus fort de son professeur.

Il la fit sortir par une petite porte dérobée, réservée au corps enseignant. Le calme revint dès que le panneau de bois se referma. Elle se détendit enfin, s'autorisant à serrer plus fort la main de Rogue. Il ne dit rien. Il ne disait jamais rien. Il acceptait.

- Pardon de vous faire rater Halloween.

- Oui, qui n'aime pas voir une bande d'estomac sans cervelle se gaver de sucreries sans savoir les déguster ?

- Vous êtes rabat joie. Vous ne mangez jamais de friandise ?

- Si, très souvent même mais je ne les gobbe pas les unes après les autres moi Miss Granger.

Dans sa voix, elle pouvait percevoir le même sourire que celui qui ornait ses lèvres à elle. Toute personne extérieur n'aurait vu que Rogue en train de râler, une habitude en somme, mais elle voyait maintenant au-delà de ce qu'il montrait. Son ouïe était assez fine pour ressentir les émotions du maître de potion sans jamais voir les traits de son visage.

Ils descendirent aux cachots en discutant tranquillement de potions. Hier, le maître de potion avait eu une idée d'amélioration de la pimentine qui en cette période où le temps se rafraîchissait, elle pourrait être rudement utile. Miss Granger lui confirma que c'était possible et lui indiqua quelques livres qu'elle avait lu sur le sujet. Sa grande mémoire l'impressionna, ce dont il ne manqua pas de lui faire part.

Arrivée à l'appartement, elle le suivit dans le laboratoire. C'était la première fois qu'elle osait pénétrer ce lieu si personnel. Il prit quelques minutes pour lui décrire la pièce, lui indiquer l'emplacement des armoires et ce qu'elles contenaient. Il voulait qu'elle puisse lui apporter un ingrédient ou un bocal sans la moindre hésitation.

Elle put donc pour la première fois l'assister dans une préparation de potion. La parfaite réussite de cette dernière ne marqua pas simplement pour Severus un gain de temps dans la fabrication de pimentine mais surtout la fierté visible sur le visage de la jeune fille. Elle venait encore de gagner une bataille.

Ils finirent la soirée autour d'un traité de sortilège, avec quelques friandises. Un Halloween comme ils en rêvaient tous deux.

Les semaines se suivaient et se ressemblaient, même si Severus faisait tout pour ne pas laisser la vie d'Hermione devenir une routine. Il l'emmenait le plus possible à l'extérieur pour lui apprendre à vaincre sa peur. Ce samedi ne fit pas exception. Du moins en apparence.

Severus transplana la jeune fille au cœur de Londres, près du British Muséum. Bien sûr, elle ne pouvait pas le savoir, mais elle reconnaissait le bruit caractéristique de la capitale. Elle sentait depuis ce matin une nervosité étrange chez le maître de potion, mais elle se gardait bien de le faire remarquer. Qu'allaient-ils faire aujourd'hui de si spécial pour qu'il angoisse autant ?

Ils commencèrent à marcher en silence quelques temps, jusqu'à ce que Severus ralentisse. Hermione tendit l'oreille et réalisa qu'à leur droite le son qui lui venait était celui de gens marchands et parlant, mais étouffé, avec un léger écho. Elle se força à n'avoir aucun mouvement de recul. Certes elle aurait aimé que Severus s'arrête plus loin, mais elle pouvait quand même rester tranquillement devant une bouche de métro.

Elle attendit qu'ils repartent, toujours sans demander à Severus quoi que ce soit. Il aimait la surprendre et elle ne lui aurait gâché ce plaisir pour rien au monde. Concentrée sur lui, elle remarqua que sa respiration était plus oppressée, et que son angoisse était palpable dans ses gestes saccadés. Son cerveau se mit alors à réfléchir à toute allure et elle n'aima pas la conclusion qu'il lui donnait. Pas du tout.

- N'y pensez même pas !

- Hermione, vous pouvez vivre toute votre vie avec la peur, mais ce ne serait pas une vraie vie. Vous devez faire face à votre traumatisme.

- C'est hors de question, vous ne me ferez pas entrer là dedans !

Sa voix était montée brusquement dans les aiguë, et elle sentit les gens la dévisager. Mais elle s'en moquait, c'était son tour de sentir l'angoisse la gagner. Son cœur se mit à battre très fort tandis qu'elle peinait à trouver de l'air. Elle ne pouvait pas envisager d'entrer là dedans.

- Je serais à vos côtés Hermione, je vous promet qu'il ne vous arrivera rien.

- Ca vous ne pouvez pas le dire. Je veux rentrer.

- Nous ne rentrerons pas de suite. J'ai prévu un tour dans Hyde Park, et nous le rejoindrons en métro.

- J'ai dit non !

Elle se sentait confusément comme une enfant en plein caprice. Une part d'elle s'attendait à être punie par le professeur, ou à se faire traiter en gamine. Mais il était pleinement conscient que c'était la peur qui la faisait parler et que la punir n'arrangerait pas les choses. Hermione devait entrer dans le métro par sa volonté et non par force.

Il surveillait d'un œil sa respiration difficile, tout en cherchant résolument un moyen de la faire entrer. Aucune promesse ne servirait, elle devait se convaincre elle-même de le faire. Hors pour l'instant son visage affichait un air parfaitement buté.

- Hermione, je sais que vous pouvez le faire, tout comme vous avez trouvé le courage de sortir dehors la toute première fois. Vous avez marché jusqu'au lac malgré votre peur. Je vous sais capable de refaire ça.

- Non. Pas cette fois. C'est au dessus de mes forces. Je ne peux pas. Je ne veux pas. Laissez moi rentrer.

- Non. Je ne le ferais pas. Vous viendrez avec moi dans ce métro.

Un homme s'approcha alors, les sourcils froncés et demanda à Hermione si elle avait un problème. Evidement, vu de l'extérieur, leur conversation pouvait paraître louche. C'était l'occasion pour la jeune fille de se débarrasser de lui pour éviter à tout prix le métro, mais elle n'en fit rien. Elle garda simplement le silence, indiquant par là que c'était à Severus de lui expliquer.

- Tout va très bien.

Simple, concis. Cela ne suffit pas à l'homme qui continuait de le dévisager comme s'il était le diable en personne. Certes il n'était pas très beau, mais de là à penser qu'il emmenait des jeunes filles pour satisfaire quelques plaisirs malsains, c'était osé ! Il lui aurait bien dit sa façon de penser, mais il ne voulait pas se détourner de son objectif.

- Hermione, je vous en prie. Réfléchissez. Si vous faîtes demi-tour maintenant, vous ne reviendrez jamais, vous n'en trouverez pas le courage.

- Non.

Ha, son ton c'était fait boudeur maintenant.

- Si. Vous pouvez le faire.

- Qu'est-ce que vous en savez, vous ne comprenez rien.

- Non Hermione, je ne peux pas comprendre. Je n'étais pas là quand le métro a explosé, je n'ai pas tout perdu. Mais je vous connais, je vous ai vu vous battre tous les jours avec votre cécité. Ce n'est qu'une bataille de plus, elle est nécessaire. Ce sera sûrement la plus dure, mais depuis quand la difficulté vous fait renoncer ? Je parle à la jeune fille qui en 3ième année a pris tellement d'option qu'elle ne pouvait plus dormir pour faire son travail. Vous avez tenu un an, sans renoncer. Et vous avez peur de remonter dans un métro ?

- Oui.

Hermione pouvait être très butée à ses heures. Malheureusement pour elle, Severus l'était encore plus. Et elle le savait. Mais elle ne pouvait physiquement pas rentrer dans la bouche de métro, rien qu'à cette idée son cœur s'emballait. Jamais il ne tiendrait. Elle allait faire une crise d'angoisse.

- Je pense que je vais me mêler de ce qui ne regarde pas, d'ailleurs je n'ai pas tout compris, mais pour ce que j'en ai compris, je pense que vous devriez prendre ce métro jeune fille. Vous savez, moi aussi après les attentats je n'osais plus le prendre, pourtant je n'étais pas dedans ce jour là. Mais si vous renoncez à utiliser ce système de transport, si toute votre vie vous avez cette gêne que ce sera, de devoir prendre un taxi ou conduire dans la ville, et bien à ce moment là, vous avez laissé ces terroristes gagner. Vous devez être plus forte qu'eux. Tout le pays le doit. Il faut se redresser. Montrez leur qu'ils peuvent faire péter toutes les bombes du monde sans nous briser. Rentrez dans ce métro.

L'homme acheva sa tirade avec un signe de tête pour Severus et ensuite s'engouffra à son tour dans la bouche. Severus n'ajouta rien, laissant à Hermione de réfléchir sérieusement. Les sourcils froncés, la jeune fille laissait apparaître sur son visage un mélange de peur et de colère. Puis de la résignation apparut avant d'être remplacé par de la détermination. Severus sut alors qu'il avait gagné, qu'elle, elle avait gagné.

Il ne retira pas la main qu'elle glissa dans la sienne. Il aurait parfaitement pu la guider avec le coude, comme tous les jours, cependant il sentait inconsciemment qu'elle avait besoin de ce geste de réconfort. Il avança le premier, attentif à ce qu'elle ne soit heurté par personne. Les marches lui semblèrent durer une éternité avant qu'enfin ils ne soient sous terre.

La respiration d'Hermione était toujours saccadée quoique régulière. Il espérait de tout cœur qu'elle ne fasse pas une crise de panique une fois dans le métro. Il avait pris un flacon de potion calmante, sans avoir la moindre intention de l'utiliser. Elle devait absolument affronter sa peur.

Sur le quai, il resta immobile. Les gens se pressaient autour d'eux, attendant la prochaine trame, annoncée imminente. Le vacarme produit par son arrivée couvrit le cri qu'Hermione n'avait pu retenir. Elle tremblait comme une feuille. Severus n'eut pas le cœur à dépêcher Hermione. Il laissa donc filer cette trame, et même la suivante avant de la pousser vers un wagon.

Les tremblements ne se calmèrent pas une fois dans le métro, mais Severus lui était déjà plus détendu. Le pire était passé. Encore une fois, il avait été surpris de la force de la jeune fille. Il l'observa alors pour s'assurer qu'elle allait bien. Et comme toujours ces derniers temps, son observation se solda par un trouble qu'il aurait bien voulu chasser.

Malheureusement pour lui, l'arrêt de la trame provoqua un mouvement de panique chez Hermione. Elle se jeta contre lui, plongeant sa tête dans sa poitrine, comme pour éviter un danger quelconque. Seulement le cri de stupeur qu'elle poussa alors n'était pas du à l'arrêt du métro, il le savait. Ce qui surprenait la jeune fille à présent, c'était que son corps, ce traître, n'avait pu s'empêcher de réagir à cette soudaine promiscuité féminine.

Hermione, aussi surprise et gênée qu'elle fut, ne bougea pas. Certes elle était choquée de ce qu'elle avait sentit chez son professeur, mais elle n'en trouvait pas pour autant le courage de s'éloigner de lui. Elle resta donc dans la même position jusqu'à leur arrêt. Ce fut un zombie qui suivit Severus dehors. Son cerveau était resté en pause depuis ce contact pour le moins troublant.

Severus de son côté était absolument mort de honte. Il aurait voulu ne jamais aborder le sujet, mais il savait aussi que s'il ne le faisait pas, une gêne s'installerait entre eux, malvenue dans leur vie commune. C'est pourquoi, confortablement installés dans une barque, au milieu du lac Serpentine, il avoua à la jeune fille :

- Ca fait très longtemps que je suis seul Miss Granger, peut-être un peu trop.

- Vous n'avez pas à vous justifier professeur. Je peux comprendre tout à fait la délicatesse de votre position.

- Ho, je vous sais assez mature pour comprendre, ce n'est pas pour autant que je ne vous dois pas d'excuses. Ma réaction était inconvenante.

- Ma maturité me permet aussi de savoir qu'elle n'était certainement pas volontaire professeur.

- Mais vous en avez été choquée.

- Certains souvenirs m'échappent, au point que j'avais oublié ce que cela faisait. Je suis désolée si je vous ai vexé.

- Ne renversez pas les rôles, je suis ici le seul devant être blâmé.

- De quoi, d'être un homme ? C'est devenu condamnable maintenant ?

Il ne sut que répondre, et préféra garder le silence. Hermione était Hermione, elle rationalisait toujours tout. Tout était réfléchi, et avec son raisonnement, il se sentait plus rassuré. Certes la réaction de son corps le choquait toujours, mais c'était plus par rapport à ce qu'il découvrait. Hermione l'attirerait-elle ?

C'est la tête pleine de questions qu'ils rentrèrent au château pour y passer une soirée plus calme que la journée. Chacun s'efforçant d'oublier cette révélation sans vraiment y parvenir.