Auteur : Drusilla

Paring : HG/SS quelle question !

Rating : R

Disclaimer : Je crains ne devoir me contente d'emprunter Severus et Hermione. J'endommage un peu Hermione mais je suis prête à payer la caution.

Résumé : A quoi ça sert d'être une sorcière si c'est pour mourir comme un moldue ? Les sorciers ne prennent pas le métro Hermione. Juillet 2005. Une bombe explose à la station de King Cross, laissant Hermione définitivement aveugle. Comment continuer ses études à Poudlard ? Mais avec l'aide de Severus bien sûr !

Chapitre 9 : Dérapage incontrôlé

Ce fut un cri – encore un – qui réveilla Severus. Il aurait pu se retourner et se rendormir mais il lui était impossible de seulement envisager laisser Hermione à ses cauchemars. Il eut du mal à sortir du lit. Un coup d'œil l'informa qu'il n'avait dormi que deux heures et il bénit le ciel que les vacances soient ce soir.

Depuis dix jours qu'Hermione avait inscrit son nom sur le parchemin des présents à Noël, elle ne parvenait plus à dormir en paix. Ses cauchemars autrefois supportables étaient amplifiés à présent de son sentiment de culpabilité à l'idée d'abandonner sa famille.

Severus parvint à la chambre de la jeune fille et cette nuit encore la prit dans ses bras pour calmer ses tremblements, lui assurer qu'il ne laisserait personne lui faire du mal. Lorsque le sommeil revint la prendre, il retourna dans son lit pour quelques précieuses heures de repos.

Hermione ouvrit les yeux avec un grand sourire. C'était son dernier jour de cours et ce soir, elle dinait au restaurant avec ses parents. Severus avait organisé cette rencontre dans l'espoir d'apaiser sa culpabilité. Egayée par cette idée, elle se leva sans trop bougonner malgré le manque flagrant de sommeil.

Son uniforme péniblement enfilé, elle sortit. Le silence lui apprit que Severus n'était pas encore parvenu à se lever. Elle devrait préparer seule le déjeuner, ce qui jusque là c'était systématiquement soldé par une catastrophe. Ce jour ne fit pas exception. Son coude heurta le verre de jus de citrouille qu'elle s'était préparé, qui heurta le café qu'elle avait préparé pour Severus qui heurta la corbeille de pain. Tout ce petit monde se retrouva donc par terre. Et pour couronner le tout, elle était pieds nus. Parfait. Merveilleux.

La porte de la chambre de Severus s'ouvrit heureusement rapidement et si elle manqua le regard endormi du professeur, son rire lui teinta aux oreilles.

- Est-ce qu'il y a une seule bonne raison de rire professeur ? Votre café détrempe nos tartines aux côtés de mon jus de citrouille.

- J'ai remarqué. Venez, on va manger dans la grande salle, nous avons largement le temps.

- Je ne peux pas bouger, il y a du verre partout et je suis pieds nus.

Un petit evanesco régla le problème, un recurvite lui appris que sa jupe avait fait les frais de sa maladresse. Le chemin jusqu'à la grande salle ce fit en silence, le même qui régna toute sa journée. Harry et Ron se tenaient étrangement tranquilles. Elle savait qu'ils se sentaient coupables de la laisser pour Noël. Mais aller au Terrier n'était pas envisageable pour elle, trop de monde, pas suffisamment d'espace.

Son dernier cours était potion. Après avoir fait flamber son chaudron, elle se tint tranquille tout le cours. La potion était trop complexe pour que Severus la surveille en particulier. De toute façon jamais il la laisserait rester sur un échec et que dès demain il lui ferait refaire la potion.

La fin du cours finit par arriver. Elle sortit avec les autres élèves, guidés par Harry. Elle dit au revoir aux garçons dans le couloir. Bien que le Poudlard Express ne parte que demain matin, elle savait qu'elle ne les reverrait pas. Ils lui promirent de lui écrire et elle choisit de ne pas leur faire remarquer qu'elle ne pouvait pas lire leurs lettres. Ils étaient simplement tristes de la laisser, elle pouvait le comprendre.

Dès qu'ils eurent tourné au coin, elle retourna dans la salle de potion. Même sans le voir, elle savait que Severus l'avait attendu. Elle l'entendit marmonner à propos du sentimentalisme des gryffondors.

- Pardon pour ma potion professeur.

- Avez-vous compris pourquoi elle avait pris feu Miss Granger ?

- Je l'ai trop chauffée n'est-ce pas ?

- Oui. J'aurais du vérifier sa température. Nous la referons demain.

Elle savait que c'était là des excuses très Snapiennes, mais elle pouvait accepter ça.

- Professeur, pourriez-vous m'aider à me préparer pour ce soir ? Je voudrais vraiment paraître bien, que mes parents ne s'inquiètent pas plus que de raison pour moi.

Il se figeât au milieu du couloir qui reliait ses appartements à la salle de classe. Hermione le heurta si violement qu'il dut la retenir.

- Pardon.

- C'est rien Miss Granger. J'ai oublié de vous prévenir. Je suis d'accord, évidement. Vous n'aurez qu'à prendre une rapide douche pendant que je prépare des vêtements appropriés à une soirée au restaurant.

Elle acquiesça et fila sous la douche, laissant comme toujours la porte ouverte. Jamais il n'entrerait si elle ne glissait pas. Il n'y avait rien de toute façon qu'il n'ait déjà vu d'elle suite à quelque chute dans la baignoire. Mais en même temps, depuis l'incident du métro leur proximité devenait compliquée.

Elle entendit parfaitement son halètement lorsqu'elle se présenta à lui vêtue uniquement d'une serviette. Il prit sa main pour la poser sur la pile de vêtements. Elle put ainsi s'habiller sans lui. Il s'occupa de ses cheveux en lui parlant d'un article de journal qu'il avait lu dans la matinée. La discussion les occupa jusqu'à ce qu'il soit l'heure de partir.

Ils transplanèrent depuis les grilles du château dans une ruelle derrière le restaurant. Un chat fouillant les poubelles n'apprécia pas leur arrivée et leur fit savoir à coup de miaulements. Ils se contentèrent de rejoindre tranquillement la rue passante et d'entrer dans le restaurant où attendaient déjà les parents d'Hermione.

Les salutations furent très chaleureuses en famille, un peu plus distante avec Severus. Etait-ce le bras qui entourait la hanche de leur fille ou le regard attentif qu'il avait, il ne le sut jamais. Mais ses parents, il le voyait, n'étaient pas dupes un seul instant concernant l'attirance naissante entre eux.

Tout au long du repas, Hermione demanda des nouvelles de tous et de toutes, surtout ses amis. Elle reçut avec soulagement une lettre qu'ils désiraient lui transmettre. Quand sa mère voulu lui lire, elle déclina, arguant que son professeur pourrait surement le faire lorsqu'ils seraient plus au calme.

Cette remarque, Severus le lut sur le visage de la femme, la blessa profondément. Il se demanda depuis combien de temps elle ne laissait plus ses parents entrer dans son monde. A aucun moment au cours du dîner ils ne cherchèrent à savoir ce qu'elle avait fait depuis l'été.

Au dessert, Hermione demanda à aller aux toilettes. Ce fut alors un choc pour ses parents de voir Severus l'y accompagner. Sa mère, qui s'était levée pour l'amener se rassit assez brutalement avec un regard peiné. Il fut heureux pour une fois qu'elle ne puisse pas voir ses parents.

Une fois dans la salle de bain pourtant, elle se tourna vers Severus avec un sourire triste.

- Ils ne comprennent pas n'est-ce pas ? Ils n'acceptent pas ?

Il ne répondit pas. Il ne pouvait lui mentir, et il ne pouvait lui dire la vérité. L'absence de réponse était une réponse en soi. Elle soupira et tâtonna vers les toilettes. Il se tourna galamment, et même si elle ne pouvait le voir, elle le savait. Il attendit d'entendre la chasse se tirer pour se retourner vers elle et l'aider. Il remit sa jupe correctement, sans qu'elle ne rougisse.

- Vos parents vous aiment Miss Granger.

- Je n'ai jamais pu en douter professeur. Mais ce n'est pas facile.

Il savait qu'elle ne parlait pas que de Poudlard. Bien avant déjà ils n'avaient su s'occuper d'elle correctement. Préférant la mettre en internat à quelques rues de chez eux. L'abandonner à des professeurs spécialisés.

- Aimer quelqu'un, c'est vouloir ce qu'il y a de mieux pour lui Miss Granger. Vos parents ont fait ce qu'il fallait non ?

- Oui. Mais ils n'acceptent pas.

- On n'a pas le droit d'accepter de perdre son enfant.

Elle hocha la tête lentement et d'une pression de la main l'invita à la ramener en salle. Le reste du repas se déroula dans une ambiance plus tendue. Ils finirent par se dire au revoir sur un trottoir, se promettant un autre dîner.

Toute la soirée, il la tint contre lui. Elle pleura longuement contre son épaule sans qu'il puisse la juger faible. Elle ne rentrerait pas cet été chez elle. Elle n'y avait plus sa place. Elle n'appartenait plus à ce monde qui lui avait volé sa vue. Il en avait la gorge serrée et ne put que lui murmurer qu'il serait là.

Et étrangement, ils savaient tous les deux que c'était vrai.

Le lendemain après avoir refait la potion de la veille, Severus entraîna Hermione dans un recoin de Poudlard. Il lui glissa qu'ils allaient faire un nouvel exercice aujourd'hui. Légèrement inquiète (le dernier exercice lui restait encore en mémoire), elle se laissa guider jusqu'aux abords d'une piscine d'intérieur.

- Il est temps pour vous de réapprendre à nager Miss Granger.

Elle déglutit nerveusement, mais accepta tout de même d'enfiler le maillot qu'il avait pris pour elle. Elle n'aimait pas particulièrement l'idée d'entrer dans autant d'eau, cependant elle avait fait trop de chemin pour faire demi-tour à la moindre peur. Elle entra timidement dans l'eau et sentit le remous que provoquait Severus en l'imitant.

- Ici vous avez pieds, mais plus sur votre gauche, vous n'aurez plus pieds. Autrefois le vol n'était pas le seul sport que faisaient les élèves, ils pouvaient aussi faire de la natation. La piscine est restée en place. Prennez le temps de vous habituer avant de vous diriger sur la gauche. Je reste près de vous. Vous n'avez aucuns soucis à vous faire.

Elle se décida à l'écouter et barbota un peu là où elle avait pied pour s'habituer à l'eau qui oppressait son corps. Elle n'avait jamais réalisé comme l'eau pouvait être effrayante quand on était dans le noir. Elle avait le sentiment d'être bloquée sans sortie possible. Prisonnière d'une eau chaude qui lui semblait glaciale. Elle décida de se diriger sur sa gauche en imitant assez grossièrement la nage du chien.

Elle sentit alors Severus lui attraper les hanches.

- Allons Miss Granger, personne ne vous a appris à nager ?

- Si, si. J'ai peur de nager professeur, de me prendre un mur.

- Vous pensez que je laisserai faire ça ?

- Non. Mais je ne verrais pas si je suis bien placée dans l'eau, si je ne coule pas.

-Très bien, alors je pense qu'il est temps de vous apprendre la brasse. Pas de discussion, je sais que vous savez la faire, mais cette fois, vous allez devoir vous concentrer sur vos sensations. Elles seules peuvent vous guider Miss Granger.

A cet instant sans savoir pourquoi, elle réalisa qu'elle n'avait pas envie de nager. Elle eut un violent frisson. Ses mains autour de sa hanche la faisaient fondre littéralement. Avait-elle perdu la tête ? Elle n'allait tout de même pas se mettre en rencontrer les mêmes problèmes que lui.

Il glissa une des mains sur son ventre pour la maintenir à la surface de l'eau sans commenter son frisson. Son bras s'étendit le long de son corps pour attraper ses mains et la guider dans le bon mouvement. Elle essaya de se concentrer sur la nage, et non sur la sensation que provoquait en elle ce corps qu'elle devinait musclé.

Il essaya finalement de lâcher son ventre pour qu'elle nage seule, mais la panique de ne plus le sentir l'empêcha de faire le moindre mouvement et elle passa sous l'eau en se débâtant. Presque aussitôt les mains de Severus revinrent et la collèrent contre lui.

Tout contre lui. Trop contre lui. Ses frissons revinrent quand elle constata qu'il n'avait pas non plus la tête à la natation. Elle aurait du y penser, elle en maillot de bain devant lui, qui souffrait chaque jour un peu plus de la place qu'elle occupait dans sa vie et qui empêchait une femme d'y entrer.

Elle le sentit reprendre son souffle. Il allait s'excuser. Déjà il ouvrait la bouche. Elle ne voulait pas qu'il parle. Elle refusait qu'il lui demande pardon pour une chose dont il n'avait pas le contrôle. Pour une chose qui dans le fond était bien flatteuse pour elle. Une chose qu'aujourd'hui elle partageait avec lui.

Alors bêtement la seule chose qu'il lui vint à l'esprit pour le faire taire fut de l'embrasser. Ce n'était certainement pas la chose la plus intelligente qu'elle ait fait mais cela eut le mérite de fonctionner. Sauf qu'il répondit au baiser. Et que ça n'arrangea pas leur état.

Elle se demanda brièvement pourquoi il ne la repoussait pas. Il devait mettre fin à ce baiser. Puis elle se dit qu'elle lui en demandait trop et décida de le faire elle-même. Ses lèvres étaient si douces. Comment pouvait-elle cesser cela ? Sa langue acheva de lui faire oublier l'idée même de s'éloigner. Il embrassait bien et cela faisait longtemps maintenant que personne ne l'avait touché.

Elle osa glisser ses mains dans son dos et le sentit faire de même en réponse. Elle caressa doucement la peau, sentant sous ses doigts les cicatrices de son passé. Si seulement elle pouvait les effacer… Mais pour l'heure elle ne pouvait que les parcourir, faisant délicieusement frissonner son professeur.

Ses mains n'étaient pas en reste et il jouait maintenant avec le haut de son maillot. Son souhait de faire glisser les bretelles était plus qu'évident. Il mit enfin un terme au baiser. Le gémissement d'Hermione se répercutât sur les murs de la pièce. Il la fixa longuement. Elle sentait son regard sur elle, mais n'en avait cure. La prise de conscience serait pour après.

Il dut penser pareille, ou bien savoir que de toute façon ce qui allait arriver devait se passer pour apaiser la tension, car il la fit doucement revenir là où ils avaient pied. Elle sentit le bord de la piscine dans son dos et s'y laissa aller sans peur aucune. Il la tenait bien trop serré pour qu'il puisse lui arriver quoi que ce soit.

Puisqu'il ne semblait plus avoir de remords à lui retirer son haut, elle décida que ses mains après tout pouvaient bien aller explorer ses fesses. Il grogna. C'était surement trop pour deux êtres qui attendaient ça depuis longtemps maintenant. Elle tendit le visage vers lui et il accéda à sa requête tandis que leurs bas de maillot quittaient leur peau brûlante.

Elle osa avancer une main timide vers son sexe. Il était raide et Severus frissonnait à chacune de ses caresses, elle aimait ça. Elle le sentait à sa merci, quoiqu'elle ne valle guerre mieux tandis qu'il caressait ses seins. L'eau qui séparait leur corps lui semblait insupportable. Elle tenta de se rapprocher de lui et le message fut compris.

Dès qu'il fut en elle, elle sentit qu'ils ne tiendraient pas longtemps. Ses vas-et-viens furent immédiatement rapides. Elle poussait des cris de plaisirs qu'il étouffait avec sa bouche. Les yeux fermés, Hermione se laissait doucement glisser vers la jouissance, qu'il s'assura qu'elle atteigne avant de lui-même se laisser aller en elle.

Ils restèrent un moment enlacés, reprenant leur souffle. Il se demandait quoi dire. S'excuser aurait semblé la meilleure chose à faire, mais il connaissait maintenant trop bien Hermione. Il ne l'avait pas violé. Ils étaient deux à s'être admirablement planté. C'était certain, ça n'allait pas arranger leurs relations. Comment allait-il pouvoir résister en sachant maintenant qu'elle était dans le même état que lui ?

Hermione finit par remuer dans ses bras, mettant petit à petit une distance acceptable entre eux, sans pour autant le lâcher. L'eau lui semblait moins glaciale à présent, moins oppressante. Son corps était enfin apaisé contrairement à son esprit qui tournait à mille à l'heure.

Severus la guida jusqu'à l'échelle et elle sortit péniblement. Bien sûr ils savaient tous les deux que tout devait redevenir comme avant, qu'elle devait absolument rester Miss je sais tout et lui le bâtard des cachots, qu'ils s'étaient hais trop longtemps pour laisser tout ça de côté pour une simple trahison de leur corps.

Pourtant il ne se contenta pas de lui donner sa serviette. Il la sécha lui-même avec beaucoup de tendresse, prolongeant quelques instants le bonheur qu'ils avaient ressentit de ne plus être seuls. Puis elle fut sèche. Et rhabillée. Et lui aussi. Et ils durent quitter cette salle. En silence.

Le soir tout semblait être redevenu comme avant, et seul un flacon de potion contraceptive qu'il lui fit boire rappela ce qu'il s'était passé. L'ambiance était certes tendue par la gêne, mais elle était à la fois libérée d'une autre tension qu'ils n'avaient pas vu s'installer entre eux.

En s'endormant ce soir là, Hermione réalisa que Severus était la personne la plus proche d'elle à présent, et la seule avec qui elle voulait bâtir son avenir. Ca la dérangeait. Elle s'endormit péniblement.