Mémoire d'Elilah
Manga: Tsubasa Reservoir Chronicle
Disclamer: Les persooooooos appartiennent aux clamp !! Vous n'étiez pas au courant :) ?
Merciiiiiiiiiiiii à vos super reviews !!
Cycy: Tu aimes voir les gens en pâtir ? Tu vas être servie !!
Irissa 87 : Je veuuuuuuuux ton chapiiiiitre 6 !! (complètement hors sujet haha!)
Eiko : Merci ma darling pour ta review adorable !! Tu sais que ca me fait toujours super plaisiiiiir !
Voila donc le chapitre 3, un peu plus court que les autres il me semble ! je crois que je vais noter "KuroxFye implicite" à partir de là, à moins que ca ne soit pas assez évident :) désolée d'avoir fait Sakura un peu plote, à la base elle était censé être plus femme et intelligente mais j'ai l'impression qu'elle reste quand même un peu idiote ;p
Bonne lecture à tous !!
Chapitre 3 : Par delà la Frontière
Il me fallut un bon quart d'heure de marche après la dernière maison du village pour atteindre le sommet de la grande colline qui surplombait les landes verdoyantes d'Elilah. Par delà cette butte, je voyais le crépuscule qui s'annonçait, et une grande barrière de bois qui cerclait la forêt.
Je compris en m'approchant qu'il s'agissait de la limite qu'avait créé Tomoyo, quelque peu grossière et archaïque, faite de piquets, rondins et branchages qui vibraient sous l'influence de la magie qui émanait des zones qu'elle séparait.
Je ne voyais aucun portail, ni rupture dans cette démarcation, et en conclu qu'il n'y avait aucun passage permettant le franchissement de la Frontière. Cela dit n'importe qui aurait pu l'escalader ou précipiter quelqu'un d'autre à travers la construction, mais je doutais, en partie grâce à ma force et ma vigilance, qu'un homme fut assez fort pour m'y trainer.
Je scrutais alors le décor qui s'étendait devant moi: la lisière d'une dense sylve vierge et sauvage se tenait à quelque mètre à peine de la barrière, et il m'était impossible de distinguer une autre ligne d'horizon. La plume devait, pour défendre son territoire, se protéger en dressant autour d'elle ces arbres démesurés et ses plantes touffues.
« Alors, Kurogané, en quête de souvenirs? »
Je tressaillis en entendant cette voix posée si proche de moi. En un bond sur le côté, j'évitais le sabre qui fendit l'air dans un sifflement strident, et fit face à la présence que je n'avais même pas sentie.
Celui qui m'avait eu par surprise était un homme, aux cheveux courts et sombres, et dont les petites lunettes dissimulaient un regard serein et fier. Un regard quelque peu intriguant car la couleur fanée de son œil droit me fit comprendre que comme Fye, il avait un sérieux handicap visuel. Je distinguais une blessure, due manifestement à une lame tranchante, sur sa joue droite . Vêtu différemment des gens du village, il rangea son arme à sa ceinture, respectant les quelques minutes de silence nécessaire à mon analyse.
« Je n'ai même pas senti votre présence. Sifflais-je furieux de m'être presque fait avoir.
_ C'est le moins qu'on puisse attendre d'un adversaire digne de soi. Répondit-il avec un sourire bien trop grand et amical pour la situation.
_ Vous avez prononcé mon nom... Et vous savez que j'ai perdu la mémoire.
_ Nous nous sommes déjà rencontrés auparavant et ce monde fait aussi parti des lieux où j'ai eu l'honneur de vous recroiser sur mon chemin.
_ Qui êtes vous?
_ Une vieille connaissance de Shaolan. Et comme lui, je recherche les plumes de la Princesse.
_ Il ne m'a pas parlé de vous.
_ On parle rarement de ses ennemis. »
A ces mots, je dégainais immédiatement le sabre que Shaolan m'avait donné avant de partir (que j'avais soi-disant acheté dans un rêve, bref j'avais pas demandé les détails...)
« Est-ce vous qui me suivez depuis ce temps?
_ Je vous ai en effet filé depuis votre arrivée dans ce monde.
_ Pour quelle raison nous observer au lieu de nous attaquer, si nous sommes ennemis? »
Il éclata de rire.
« Parce que moi, contrairement à vous, je n'étais pas habilité à entendre le récit de la prêtresse. Vous vous doutez bien que mes intentions sont bien moins pures que celle du groupe de Shaolan... Alors j'ai attendu votre arrivée, attendu que vous en sachiez assez, et je vous ai pisté.
_ Êtes vous responsable de mon amnésie?
_ Vous croyez vraiment que j'effacerais de plein gré les informations dont j'ai besoin? »
Ainsi, ce borgne ne savait rien sur la plume... Je rengainais mon sabre, sentant qu'il n'avait manifestement aucune intention belliqueuse, en voyant lentement là où il venait en venir.
« La prêtresse m'avait dit où était la plume... Vous m'avez attaqué afin de récupérer cette information... murmurais-je. Mais c'est idiot, si vous prétendez me connaître, vous saviez que je ne la divulguerais pour rien au monde, même au prix de ma vie.
_ Mais pas au prix de la sienne... »
Black out total.
Au pris de... LA SIENNE ? Comment était-il possible que moi, Kurogané Suwa grand ninja du Japon, soit contraint de fournir une information capitale par crainte de la vie d'autrui? A moins qu'il n'ait menacé de s'en prendre à Tomoyo elle-même, la tête de n'importe qui valait moins que mon silence.
« C'est impossible, jamais je n'aurai vendu cette plume à un quelqu'un se la pète autant alors qu'il est aussi lâche que vaniteux, même pour une vie. »
Nouvel éclat de rire qui me fit perdre mon sang froid: la conversation n'allait pas être des plus facile s'il la prenait avec tant d'ironie ou esclaffements mal venus. Je ne comprenais pas pourquoi tout le monde, depuis que j'étais réveillé, aimait à me faire passer pour un attardé. Je levais mon sabre et l'arrêtais juste sous sa gorge, sans qu'il ait tenté la moindre parade.
« Je n'aime décidemment pas qu'on me prenne pour un abruti.
_ Oh mais si vous aviez été abruti, j'aurai déjà quitté cette dimension avec la plume! Je ne serais pas là, à vous suivre, une lame plus que tranchante sous ma jugulaire à attendre que vous me donniez ce dont j'ai besoin.
_ Je ne vous ai pas donné cette information visiblement, puisque vous me suivez comme une mouche à merde. Alors... vous avez tué cette personne?
_ Pas encore, sa vie me sera encore utile comme moyen de garantie d'obtenir mon dû. »
Puis à mon ébahissement le plus total, il se dégagea de mon emprise... en s'élevant dans les airs!
« Je m'appelle Seishiro, tâche de ne pas m'oublier de nouveau! Et fait bien attention à ne pas te souvenir de tout, il pourrait bien être en danger! »
Et il disparu sans que je n'ai eu le reflexe de me lancer à sa poursuite. Mais ce n'était pas nécessaire: j'en savais déjà bien assez.
oOo
« Vous avez... quoi?! »
Sakura s'était presque levée de sa chaise, et Fye et Shaolan me regardaient avec effarement. A mon retour de la Frontière, profitant de la présence de la Princesse, j'avais convoqué tout le monde dans la cuisine pour un briefing général de ce que j'avais appris de Tomoyo et ce fameux Seishiro.
Il n'y avait pas de quoi s'en surprendre, après l'écoute complète de mon récit détaillant sans omettre un seul élément tout ce que j'avais vu et entendu depuis mon réveil, la conclusion que je venais de tirer les ébranla tous les trois.
« Oui, il n'y a aucun doute possible: : j'ai moi-même traversé la frontière afin d'effacer ma mémoire. »
Je tentais d'éviter le regard de Fye qui me fixait intensément: son œil cobalt générait en moi un surplus de salive qui me faisait déglutir comme c'est pas permis, et afin d'éviter de ressembler à un dindon qui glousse, mes yeux restaient passionnément concentrés sur la table de la cuisine...
J'avais été soulagé de le voir descendre en assez bonne forme suite à ma convocation, sa peau claire avait repris des couleurs et il ne paraissait pas souffrir le martyr pour décocher ses abominables sourires...
Enfin, je ne doutais pas qu'il réservait son attitude glaciale lors de nos rares moments intimes, mais pour le moment, savoir qu'il allait bien me rassurais. Non, pas du point de vue que vous l'entendez, n'allez pas vous faire des idées même si vous en crevez d'envie, je vous regarderais agoniser car le seul fait rassurant était qu'il ne se jetterai pas sur moi cette nuit.
MAIS ARRETEZ VOUS ME DECONCENTREZ AVEC VOS PENSEES MALSAINES ET SORDIDES ! ... Pour boire l'intégralité de mon sang, voilà c'est ce que je voulais dire!
« Je ne comprends pas que vous en soyez arrivé à une telle extrémité pour préserver secret le lieu où se cache la plume, gémit Sakura qui devait tellement culpabiliser que le moindre objet tranchant traînant dans les environ pourrait lui être fatal...
« J'étaye cette hypothèse quasi réaliste avec les dires de la prêtresse sur mon « sacrifice », et sur les derniers mots de cet homme. Mais me connaissant, cela me surprend aussi. En temps normal j'aurai nargué et démoli cet idiot pour prendre sans autre forme de procès cette satanée plume et vous la ramener.
_ Kuro-pii est un lâche! Chanta Mokona. Il a fui face à l'ennemi!
_ Mais si l'on en croit l'intégralité de votre histoire, Kurogané-san, coupa Shaolan en ratrappant Mokona avant que mon katana le le tranche en deux, vous avez agit ainsi non pas pour protéger la plume mais... quelqu'un qu'il menaçait.
_ Je crois que je préférais passer pour le pauvre lâche pacifique que pour le ninja sentimental et héroïque! Bougonnais-je
_ Tu mets en doute ta grandeur d'âme? Persifla Fye afin de me contrarier.
_ Ne joues pas à celui qui me connaît plus que moi-même, s'il te plait, récriminais-je sur un ton tout aussi sec.
_ A partir du moment où tu as sacrifié ton sang pour un compagnon insupportable, tu aurais pu donner ta mémoire pour la vie ne n'importe qui.
_ Et j'espère pour toi qu'il ne s'agissait pas de la tienne, tonnais-je en croisant (enfin) son regard sans ciller. Sinon je te livre sur plateau d'argent et ruban rouge à ce psychopathe sans remords! »
Sans pouvoir supporter une autre réplique qui me transformerait immédiatement en fou furieux incontrôlable, je me levais et quittais la cuisine, en direction de l'étage.
« Papa et maman se sont disputé. » Couina Mokona qui ne cessait jamais de se mêler de ce qui ne le concernait pas et qui trouvait toujours la phrase qu'il fallait pour me mettre hors de moi.
Je m'étais élancé dans la salle de bain, et avait allumé le lavabo qui déversait abondamment un jet d'eau glacée. Alors que j'y noyais ma tête, je compris enfin ce qui m'énervait tant chez le blond. C'était évident, la chose la plus exaspérante pour quelqu'un comme moi et la plus insultante pour une manière de penser telle que la mienne. Il était le synonyme même du concept qui m'insupportait.
Alors que je tâtais le rebord du lavabo à la recherche d'une serviette que j'aurai juré être à sa place une seconde plus tôt, je relevais mon visage trempé face au miroir et sursautais en voyant la silhouette derrière mon reflet.
« Il ne faut pas croire les légendes, je passerai volontiers un après midi à bronzer et les miroirs me renverront toujours mon reflet... »
Fye était assis sur le rebord de la baignoire. Je ne l'avais pas entendu me rejoindre. Dans ses mains, il caressait la serviette que je cherchais et je lui arrachais d'une brusquerie qui ne le surpris guère.
« Je t'ai visiblement fâché. »
Mon dieu si seulement son amabilité pouvait égaler sa perspicacité...
« C'est ce que tu cherchais, non?
_ Pas vraiment, admit-il d'un air penaud qui le transfigurait.
_ Alors tu voulais surement entendre de ma bouche que « oui », si tu avais été en danger j'aurai sacrifié mes souvenirs pour te sauver?
_ Pas besoin d'entendre ce qui t'irrite la bouche. »
En un bond je l'avais saisi par le col et plaqué contre le mur carrelé de la salle de bain. Ses réflexes étaient vifs, mais pas assez, et il n'eut que le temps de saisir mon poignet, serrant de toutes ses forces l'étau qui le rendait prisonnier.
« Tu vois c'est ça en fait que hais chez toi, dis-je en serrant les dents, mon corps bouillant de colère. Ton manque d'amour propre, tu te mésestime pour qu'on te blâme ou qu'on te plaigne. On dirait que tu n'attends qu'une seule chose: te jeter en avant de la bataille sans armure ou faire chier la créature la plus sauvage de la dimension pour qu'elle te bouffe. Tout ça pour qu'on abrège tes souffrances, qu'on t'élimine de la surface de cette Terre où tu n'as pas trouvé ta place.
_ Et c'est... pas toi qui va... m'aider ça c'est... clair! Haleta-t-il toujours en serrant mes poignets de ses mains fines mais puissantes.
_ Crois moi c'est la dernière chose que je ferai.
_ Tu vois pourquoi... je te hais Kuro... gané! Souffla veux me... forcer à vivre et... pas me sauver la vie!
_ Je vois pas vraiment la différence.
_ Ha ha ha... s'étouffa-t-il dans un rictus éteint. Elle est très conne... la différence! Dans le premier cas... tu agis parce que tu me hais... dans le second cas... parce que tu m'aimes. »
La surprise de cette réponse me fit relâcher mon étreinte et je sentis la gorge de Fye gonfler sous mes doigts lorsqu'il aspira une profonde goulée d'air.
Nos regards se fixaient sans se lâcher, un combat visuel où le premier qui détournait les yeux s'admettrait vaincu par la ténacité de son adversaire. Seulement voilà, nous étions manifestement aussi entêtés l'un que l'autre à ce genre de défi.
« Alors tu me hais parce que je te hais, si j'ai bien compris ton raisonnement à deux sous. Mais visiblement, si tu me reproche mon comportement c'est que la seule chose dont tu ais besoin ici pour avoir une raison de vivre... c'est mon amour. »
Il ne répondit rien, cachant toute expression derrière ses mèches décolorées. De ses doigts effilés et délicats il massa mon poignet et approcha sa bouche de ma peau, ses lèvres effleurant mon épiderme.
« Ton sang suffira... Kurogané. »
Ce mec était bizarre. D'une fascination dérangeante mêlé d'une sensualité exaspérante. Ces attouchements provoquaient en moi des frissons de répulsion et d'excitation, et c'est sûrement parce qu'il avait senti ma réaction qu'il pouffa:
« Très originale, l'idée du gobelet. Ca faisait vraiment grand luxe.
_ Tu aurais su te maîtriser en dévorant mon poignet?
_ Hmmm... on ne le saura jamais. »
Je ne pu détourner mes yeux de ses lèvres retroussées dévoilant des canines assoiffées qui disparurent dans ma chair aussi aisément que si elle s'enfonçait dans du beurre.
La douleur, elle, fut moi facile à accepter. Je serrai le poing tout en sentant battre mes veines dans mon avant bras, qui se contactait au fur et à mesure que le vampire recevait son met. Je ne cessais de l'observer, hypnotisé par la créature qui faisait de moi son garde manger. Hm, quel grade peu honorable...
Au bout de quelques minutes qui me parurent durer des heures, il retira ses crocs de ma peau et d'un coup de langue rapide nettoya ma plaie en absorbant ainsi les dernières perles écarlates qui menaçaient de tomber et tâcher le carrelage éclatant.
Nous restâmes encore immobiles quelques instants, comme émergeant d'un rêve, pour ne pas rompre le silence apaisant qui s'était instauré.
Puis, comme honteux de s'être montré si tendre et expressif, Fye se dégagea de mon emprise et sortit de la salle de bain.
J'entendis la porte de notre chambre claquer, et poussais un profond soupir. Je collais mon front contre le mur glacé afin de reprendre le plus rapidement possible mes esprits et mes forces.
Lorsque je le rejoins dans la pièce quelques minutes plus tard, il dormait déjà dans son lit, la tête toujours noyée sous ses édredons si bien que je me demandais s'il arrivait à respirer.
A mon tour je me couchais, et m'endormi tout aussi rapidement.
oOo
Je fus réveillé quelques heures plus tard par un remue-ménage bien matinal qui me fit comprendre que quelque chose clochait. Des voix provenant de l'étage en dessous s'élevaient et j'identifiais celle des enfants. Une scène de ménage à cette heure, ils choisissaient bien leur moment les deux plouks...
« Vous savez que nous n'avons pas le choix! S'écria la voix de la Princesse, d'un ton si sévère qui me surpris: je n'aurai jamais cru pouvoir entendre sa voix cristalline monter si haut.
« SAKURA-HIME! » Hurla Shaolan en couvrant le bruit d'une porte qui claque violement.
A l'entente de ce nom, je sentis Fye bondir sur ses pieds, enfiler une veste et descendre en trombe dans le salon. Je le suivis, prêt aussi à mettre au clair l'origine de ce tohu-bohu. Il y avait bien des moyens plus silencieux pour envoyer bouler son mec quand même...
« Fye-san! Kurogané-san! S'affola Shaolan qui s'apprêter à sortir de la maison. C'est Sakura, elle... est partie seule à la Frontière! »
Aie, mauvaise idée. Avec cet autre louche qui traînait non loin de moi, l'acte impulsif de la Princesse me surpris et m'énerva:
« Mais que veut-elle y chercher de plus comme informations ?! J'ai déjà tout raconté hier soir!
_ Ce ne sont pas des informations qu'elle veut chercher! Coupa Shaolan. C'est la plume! »
Fye ne retint pas un cri étouffé et ses yeux s'agrandirent comme des sous tasse à café.
Sans un mot il s'élança au devant de Shaolan et disparu hors de la demeure.
« Merde mais elles ont jamais de congés les emmerdes dans cette dimension ou quoi ?!» Jurais-je à la poursuite du vampire.
J'entendis Shaolan me suivre et claquer la porte de la maison derrière lui.
Je voyais devant moi la silhouette gracile du blond s'élancer dans les ruelles pavées, avec une vitesse que j'avais du mal à rattraper. Sakura avait déjà disparue de notre champ de vision, mais cela ne nous empêcha pas de courir à perdre haleine jusque sur la butte derrière le village, à l'orée de la grande forêt.
Lorsque nous y parvînmes enfin, complètement essoufflés par ce marathon imposé dès le réveil, Sakura attendait au niveau de la barrière de bois. Fye s'arrêta à deux mètres devant elle et ne fit pas un pas de plus, comme si un mur invisible les séparait. Shaolan observa la scène tout comme moi, un peu en retrait. Il songeait visiblement à la même chose que moi: si quelqu'un pouvait raisonner cette entêtée, c'était bien le blond...
« Sakura, souffla-t-il encore un peu confus. Qu'est-ce que tu fais?
_ Je vais récupérer ma plume, Fye-san! Je ne veux plus que des gens soient blessés ou en danger par ma faute! Dit-elle en me regardant.
_ Mais la plume de cette forêt est trop dangereuse! Votre plume est quelque part dans le village, en Terres Connues!
_ Non, Fye-san ! Ma plume a été séparée en deux, comme l'a dit la prêtresse! Il faut que je récupère les deux parties!
_ Alors prenez d'abord la partie pure, elle vous protégera du maléfice de...
_ Non, je ne peux pas! Coupa la Princesse excédée. Si je fais cela le village et les Terres se retrouveront sans protection! Vous vous rappelez? Les deux plumes se complètent, se repoussent! Si j'absorbe la plume des Terres Connues, l'autre étendra son territoire et détruira la mémoire de tous ceux qui y vivent! »
Elle s'avance doucement vers Fye et lui pris les mains dans un geste affectif:
« Ne vous en faîtes pas, la mémoire et l'énergie des autres plumes que j'ai en moi me protégeront sûrement.
_ « Sûrement », bouda le blondinet en resserrant ses mains.
_ Fye-san, s'il vous plaît, nous nous entendons si bien... nous nous comprenons si bien… Vous avez confiance en moi, dites? »
Il rompit le peu de distance qui les séparaient et je fus touché de voir avec quelle tendresse il prit la Princesse dans ses bras. Leur étreinte fut courte car la Princesse se hâta de se détacher de lui et après un sourire timide en ma direction, elle reprit sa marche vers la Frontière.
Alors que nous retenions notre souffle tandis qu'elle escalada difficilement la clôture de fortune, ce fut au tour de Shaolan de s'écrier :
« Sakura-hime! »
Elle se retourna, bouche bée, visiblement surprise de cette intervention.
« Sakura s'il vous plaît n'oubliez rien! Lui cria de loin mon compagnon. N'oubliez pas votre amour pour Shaolan! Lui vous a aimé et vous aime toujours je le sais! Alors revenez-nous! Revenez pour répondre à ses sentiments! »
Un long silence fit suite à ces mots surprenants et émouvants, durant lequel Fye et moi fixions Shaolan comme s'il s'agissait là du protagoniste d'une série à eau de rose. Alors, Sakura répondit au jeune homme par un large sourire, un vrai sourire, un sourire lumineux qui égaya son visage et fit pétiller son regard.
« Comme c'est touchant! » Résonna une voix masculine juste au derrière de moi.
Instantanément je dégainais mon arme et me retournais pour faire face au borgne antipathique, puis para le coup qui s'apprêtait à me trancher en deux comme je l'aurai fait avec Mokona.
« SAKURA COURS! » Criais-je alors que je repoussais le plus fort que je put Seishiro.
La fillette s'élança vers les bois et disparu sous l'épais feuillage en une demi-seconde.
« C'est bien trop simple, sourit-il en reculant et sortant de sous son manteau une arme étrange, encore un truc que je devais chercher dans le dictionnaire-des-objets-interdimentionnels-pour-pas-avoir-l'air-con-devant-un-ennemi.
_Ce n'est pas avec un vieux pistolet que vous nous arrêterez, Seishiro! Fulmina Shaolan, qui lui aussi avant sortit son arme et se tenait prêt à combattre, à mes côtés.
_Je ne compte pas blesser mon cher disciple, ni aucun être humain, rassure-toi! Répondit-il avec ce même air que l'on prend lorsqu'on invite son voisin à boire le thé.
Puis il pointa son arme vers Fye qui était resté derrière, et tira.
Sous la violence du coup, il bascula en arrière et tomba dans l'herbe dans un cri déchirant.
« FYE! »
Oubliant un temps la présence de mon adversaire qui esquiva sans mal l'attaque de Shaolan, je me précipitais vers le blessé qui se roulait à présent sur le sol en poussant des gémissements étouffés.
A genoux devant lui, je tentais de le maintenir immobile en le tenant fermement par les épaules.
« Kur.. Kurog... » suppliait-il dans un râle guttural.
Une large tâche de sang maculait sa chemise sur son flanc droit. Il suait abondamment, ses sourcils froncés dans une expression de douleur extrême, ses mais s'agitaient sur la pelouse et arrachaient l'herbe dans des mouvements enragés. Sa peau était aussi pâle que l'émail de ses dents qui mordaient violement ses lèvres afin de ne pas crier, et ce fut lorsque je vis du sang gouter le long de sa mâchoire que je me tournais furieux vers Seishiro:
« Espèce de salopard! Qu'est-ce que tu lui as fait ?! »
Toujours très concentré dans son combat contre l'archéologue, il eut le temps de me répondre:
« Ne t'inquiète pas, cette balle ne le tuera pas. Du moins pas tout de suite. »
D'un violent coup de pied, il envoya Shaolan voler à cinq mètres de lui et il continua en dépoussiérant son pantalon.
« Cette balle en entrant dans sa chair a libéré le poison qu'elle contenait. Je m'en sers pour faire parler les vampires lorsque leur langue n'est pas assez pendue, et s'ils restent muets, cela les tue dans l'heure.
_ C'est de la torture, vous êtes un malade! Hurlais-je en maintenant toujours le blond excité dans mes bras.
_ Les vampires ne sont des humains, ce sont des monstres. On ne torture pas des monstres, on ne fait que rendre la justice.
_ Donnez-nous l'antidote! Tonna Shaolan, en attaquant de nouveau le brun.
_ Je veux bien, mais... pas immédiatement.
_ DONNEZ-NOUS L'ANTIDOTE! » Ragea de nouveau le jeune homme en levant son sabre et effleurant le bras de son adversaire.
De nouveau, Seishiro s'éleva dans les airs, tâta son avant bras de sa main droite, et annonça:
« Mes conditions sont très simples: l'antidote contre la plume. Pas de coup de bluff ni d'échappatoire. Sans la plume, Fye est mort. Vous tentez de négocier, Fye est mort. Dans une heure... Fye est mort. A vous de voir si vous êtes prêt à courir le risque de me duper. »
Il disparu de nouveau dans les airs, et je serrai les dents, la rage envahissant chaque fibre de mon être, en tenant toujours dans mes bras l'homme que je n'avais pas pu sauver cette fois là.
Pour le concours de la menace de mort la plus originale et sadique, c'est le bouton bleu en bas à gauche ... See you later !
