Mémoire d'Elilah
Disclamer: Euh au risque de radoter, les persos sont aux Clamp !
Couple: Euh, de nouveau au risque de radoter, c'est du KuroxFye bien sûr !
J'ai oublié quoi mettre de plus dans les indications ... le raiting, K+ ou T ca dépend des âmes sensibles :p
Par contre je n'oublie pas de remercier toutes les revieweuses ! C'est fous, tout comme ma fic précédente, dès qu'il y a un petit (ou gros) bizou entre nos bishônens, les commentaires emplissent ma boîte mail ca me fait trop plaisir de voir autant de reviews optimistes et favorable ! Si je pouvait je les ferai s'embrasser toutes les 10 lignes haha !!
Je réponds déja à la plupart des reviews donc pardon si je me répète dans mes commentaires !
Aelin : Mais nooon ! La fic continue, comme tu le vois ! Et en veut tu en voila il y aura un sixième chapitre aussi !
Cycy : Tiens, je vais astiquer ma vachette fétiche , elle rend bien, à côté de mon PC :D
Niacy: C'est complètement l'inverse, il va se souvenir de tout! C'est pourquoi ce chapitre est un peu différent ...
Waders: (L) ... et oui encore :DD
Ayu : En effet, on va en apprendre long sur le déroulement des aventures de nos amis depuis leur arrivée! Merci pour ton aimable commentaire !! Bonne lecture !
L : Encore merci de tes commentaires! A quand la suite de ta fic ? :o
Voila donc un cinquième chapitre un peu spécial ... enfin vous verrez ... Merci de lire ces lignes et surtout BONNE LECTURE !!
Chapitre 5: Une semaine plus tôt.
Le silence dans lequel nous marchâmes vers le petit village que nous apercevions au loin me glaçait presque le sang. Alors que notre peluche agence de voyage venait de nous recracher loin de la ville en ruine de Tokyo, nous n'eûmes droit de sa bouche à aucun commentaire enthousiaste qui m'aurait permis de m'énerver inutilement contre elle, avant que la douce Sakura ne s'interpose pour la énième fois entre mes propos cinglants et la boule poilue sans défense, le tout sous le regard amusé de son protecteur d'archéologue et une blague bien stupide du magicien qui m'aurait donné envie de massacrer toute la peuplade alentours...
Hélas (ou heureusement du point de vue de la peuplade alentours...) cette fois, rien de tout cela.
Le regard de Sakura évitait celui du nouveau Shaolan, et celui de Fye attachait beaucoup d'attention à ne pas croiser le mien. Je m'en sentis frustré et fâché, mais ne protestais pas pour autant car je devinais qu'au fond de mon être, c'était plutôt de la peine que je refoulais.
Je gardais un souvenir amer de nos précédentes arrivées, me surprenant à regretter l'agitation que nous causions. Oui voilà, au moins, nous causions. Parce que là, dans ce silence de messe, j'avais l'impression de m'entendre penser trop fort, presque comme si mon esprit hurlait au travers d'un porte voix, et rien que de savoir qu'on puisse découvrir avec quelle nostalgie je songeais à nos croisières passées, la honte me submergea. La carapace de gros dur insensible que je m'étais forgé tournerait au ridicule.
Je ne devais pas me laisser aller au sentimentalisme et rester plus attentif que jamais pour protéger ce petit monde affaibli des durs évènements récents. Ah quel brave gars je faisais là... ce voyage m'avait vraiment changé.
Oui, voilà le mieux pour ne pas qu'on déchiffre mes pensées, c'était... d'arrêter de penser. Dur dur. Surtout à Fye. Encore plus dur. Allez, au moins jusqu'à notre arrivée au village.
oOo
« Ce pays ressemble un peu au Pays de Jade, vous ne trouvez pas? » Demanda Mokona afin de lancer la conversation histoire qu'on ne remarque pas qu'il venait de prendre un cinquième gâteau. L'aubergiste du village nous avait accueilli les bras ouverts et offert cinq couverts pour notre premier repas, au grand soulagement de la peluche dont les gargouillements intestinaux couvraient presque mes grognements. Son habile diversion ne m'empêcha pas de me demander où diable cette créature horripilante pouvait-elle planquer toute cette nourriture. Mokona, l'incarnation de tous les mystères dimensionnels en lui-même...
« Sauf qu'il ne neige pas, ajouta la princesse qui entamait sa troisième tournée en nous resservant à boire.
_ Je me demande si ce pays est aussi victime d'une légende revenue à la vie... songea Shaolan, au souvenir de l'œil de son prédécesseur.
_ Mokona sens une présence mais très faible, comme si elle était cachée! Bouda le ventre à pattes.
_ Est-ce une plume? Questionna vivement l'archéologue.
_ Mokona ne sait pas...
_ Trouvons déjà un logis pour la nuit, proposa Fye. Ensuite, allons interroger les habitants.
_ J'ai repéré un Hôtel de Ville tandis que l'on passait sur la grand place, se souvint Sakura.
_ Bonne idée, ajouta le blond dans un doux sourire. Nous irons directement interroger le Maire. Mais avant, il faut se reposer. » Ajouta-t-il plus particulièrement à l'adresse de la jeune fille.
Il est vrai que ce fut malgré toutes nos protestations que la Princesse avait insisté pour marcher sans qu'on la soutienne, quitte à ce qu'on la laisse un peu à la traine. Sa jambe cassée n'avait pas pu être guérie au Pays des Sables, mais elle ne voulait en aucun cas être une gêne pour nous: d'où son envie d'apprendre à se déplacer avec son atèle jusqu'à ce que guérison ou habitude s'en suive.
Bien que Fye ait immédiatement accepté sa requête, j'étais resté dubitatif durant tout le trajet, mais ce n'avait pas été pire que Shaolan, dont le regard intense qui la fixait trahissait son irrésistible envie de proposer son aide à la Princesse, qu'il n'osait en contrepartie pas approcher depuis son réveil. Il ressemblait à un Mokona devant son 6ème gâteau, empreint d'une hésitation terrible entre raison et sentiments (plutôt appétit dans le second cas...).
« Et bien, susurra Fye dont les paroles sans joie firent frissonner mon échine. Tu es très silencieux Kuro-chan! »
Surtout, ne pas le frapper.
« Je réfléchi, c'est tout. Il faut bien que ça soit le rôle de quelqu'un. »
Ma réplique acerbe lancée avec une attention bien particulière à son égard ne sembla altérer en rien la force prodigieuse dont il faisait preuve pour garder son sourire en place. J'avais voulu me montrer froid, et cruel. Particulièrement parce que lorsque nous étions seuls, à l'abri de l'ouïe des enfants dont il cherchait à préserver l'innocence, c'est comme cela qu'il était. Particulièrement parce que sous sa face de niais à jeter, Fye me haïssait.
« Oh, Kuro-papa est de mauvaise humeur... »
Bien qu'il réussisse à peu près à cacher à ses protégés l'affligeante dégradation relationnelle dont nous avions été victime suite à mon choix à Tokyo, il énonçait ses répliques de sorte à ce que leur dard empoisonné ne parvienne qu'à moi, et me transperce de part en part.
Nepaslefrappernepaslefrappernepaslefrapper... Se concentrer sur autre chose... Oui, frapper Mokona plutôt !
« Aieuh! Kuro a fait mal à Mokonaaaa! Couina la bestiole.
_ Arrête de te goinfrer ou il va falloir que tu roules au lieu de marcher! Grommelais-je en me levant de table. Je vous attends dehors.
_ Kurogané-san! S'écria Shaolan, le regard inquiet.
_ C'est bon, je ne vais pas quitter le pays (quoique c'est pas l'envie qui me manque), finissez vos assiettes en vitesse qu'on trouve où dormir avant la nuit! »
Je jetais un dernier regard à Fye et il me sembla que son iris bleuté braqué sur moi ne trahissait pour une fois ni rage ou mépris. Juste... du remord.
oOo
« C'est pas du luxe, mais cette bicoque fera l'affaire.
_ Toujours à se plaindre le gros Papa ! S'excita Mokona en sautillant dans la pièce principale de notre nouveau logis.
_ J'ai profité de mon entretien avec l'aubergiste pour lui demander où nous pourrions loger quelques jours, sourit Sakura, trop heureuse d'avoir rendu service à la communauté.
_ Un entretien? Questionnais-je.
_ Oui, rayonna Fye. Sakura a demandé du travail. Elle aidera la brave aubergiste.
_ Tu es sûre de vouloir commencer à travailler dès maintenant? Demandais-je en me doutant bien que cette question avait dû lui être posée maintes fois.
_ Je ne suis pas très utile lorsque vous cherchez des informations, à vos risques et périls. Je vais profiter de mon infirmité pour effectuer des tâches utiles et accessibles, c'est tout. »
La profonde maturité qu'avait acquit Sakura en quelques jours, depuis son long sommeil dans les eaux de la Tour du Gouvernement de Tokyo et le départ de Shaolan m'impressionna, mais je me demandais néanmoins si la récupération de la plume intervenait dans ce brusque changement de personnalité...
« J'ai aussi demandé quelques renseignements sur le pays, et elle m'a gentiment renseignée.
_ C'est très bien Sakura! L'encouragea Fye, la main sur son épaule.
_ Qu'avez vous appris? Osa Shaolan
_ Le pays dans lequel nous sommes se nomme Elilah. Lorsque je lui ai demandé si des évènements étranges s'étaient produits par le passé, ou très récemment, elle a mentionné les Terres Inconnues.
_ Les « Terres Inconnues »? Répéta l'archéologue, suspicieux.
_ Oui, nous sommes actuellement dans le territoire Ouest d'Elilah qui porte de nom de Terres Connues. En opposition aux terres situées à l'Est du Pays, dont personne ne connait précisément l'étendue et l'origine.
_ Et que sait-on d'autres de ces Terres Inconnues, à Elilah? Interrogea le magicien.
_ Justement, continua la Princesse la mine triste, rien. Car une grande partie de ceux qui sont entrés dans ces Terres ne sont jamais revenus. La maison dans laquelle nous logeons appartient justement à l'un d'entre eux, le frère de l'aubergiste qui s'occupait de l'entretien en attendant son retour.
_ Qu'est-il advenu de l'autre partie? » M'intriguais-je alors que tous affichaient des mines de deuil.
Sakura releva ses yeux émeraude vers moi et annonça:
« Ils sont revenus mais... sans aucuns souvenirs de ce qui leur était arrivé, ni même, à leur retour, de leur maison, de leurs proches. »
Alors que Mokona frissonna et que les deux autres fixèrent la Princesse, sourcils froncés et moue intrigué, elle conclu dans un souffle:
« Ils étaient complètement amnésiques. »
oOo
« Je suis sûr que les plumes de Sakura y sont pour quelque chose! Affirma Shaolan en traversant les ruelles du village à peine éveillé, escorté par mon humble présence et celle -un peu moins humble- de l'asperge exaspérante.
_ Il est vrai que cette histoire d'amnésie laisse place à peu de doute à ce sujet. Confirma celle ci.
_ Oui, il arrive parfois que la plume à elle seule créée des évènements pouvant toucher autrui.
_ Comme le livre de la Mémoire, à la Bibliothèque dans le monde de Rekord.
_ Sauf que là, elle racontait la mémoire, elle ne la dévorait pas, notifiais-je.
_ Est-ce que Fei Wang Reed y serait pour quelque chose? S'inquiéta Shaolan. Après tout, il a bien réussi à voler la mémoire de la Princesse...
_ Je l'imagine difficilement s'intéresser à un patelin pareil, objecta Fye. Et puis, Sakura a ajouté hier soir que cela faisait des années que la frontière entre Terres Connues et Inconnues était dressée sans préavis ni évolution particulière. S'il avait agit, il aurait un but, une évolution dans son projet, ou une requête avec les habitants...
_ Le Maire ne s'est pas montré très enthousiaste à l'idée de nous informer des étrangetés locales. Pourtant, je suis sûr qu'il est plus au courant que la modeste aubergiste. Conclu le jeune homme.
_ C'est vrai que notre entrevue a été vite expédiée. Fis-je un peu morose. Il n'a rien voulu ajouter d'autre, prétextant que celle qui pourrait le mieux nous renseigner, c'était la Prêtresse du village.
_ Tu vas pouvoir aller la questionner alors! S'exclama le mage, armé de (devinez quoi?) un éclatant sourire...
_ « Moi »?
_ Oui, bien que je pense aussi que tu ne sois pas aussi doué que Shaolan dans les relations publiques ou diplomatiques.
_ Vas-y, dis que je suis un bourrin aussi ! Râlais-je. Et je me ferai une joie de le prouver à ta petite personne!
_ Moi j'irai interroger les familles des victimes, coupa-il en ne prêtant pas plus attention à ma remarque que si j'avais annoncé mon imminent suicide. J'irai chercher un lien quelconque entre elles.
_ D'accord! Acquiesça Shaolan visiblement ravi que l'on se sépare pour mener l'enquête. Je vais observer de plus près la Frontière. On se retrouve ce soir à la maison. »
Puis il partit en disparaissant au croisement de la première ruelle.
« Tu sais où aller? Demandais-je au magicien, une fois seuls, peut être parce que moi, je ne savais pas où me rendre.
_ Du moment que c'est loin de toi, ça ira. »
BAM! Alors là, les atterrissages de Mokona étaient ô combien moins ébranlant et douloureux que cette réplique. Et moi, brave Kurogané, j'encaisse ses jets acides, coups de poignards, et flèches empoisonnées sans broncher comme un gentil toutou insensible. Je méritais au moins une place à la droite de Bouddha.
Alors qu'il commençait à s'éloigner je fut pris d'une impulsion soudaine résultant sûrement de toute cette frustration et colère accumulée par sa faute. Je le retint par le bras et sauvagement je l'obligeais à faire volte face, son visage à quelques centimètres de moi. Je fut comme électrisé par la proximité de son œil bleu azur et me surpris à penser que rester des heures ainsi ne serait pas déplaisant.
« Tu me fais mal! »
Je fus tiré de mes pensées par une exclamation à laquelle je pris soin de répondre le plus calmement possible:
« Ne crois pas être débarrassé de moi aussi facilement. De toute façon, si je ne te retrouve pas, c'est toi qui reviendras vers moi. »
Je le lâchais et tel un oiseau enfin libre, il s'élança sans un regard vers moi vers la direction opposée de Shaolan, d'un pas rapide.
« Alors retardons ce moment le plus possible... » l'entendis-je soupirer.
oOo
La boutique dans laquelle je fis irruption me révulsa d'abord de par ses couleurs vives et agressives, puis son odeur de renfermé et d'encens odorisé. Il manquait trop de lumière à cet antre pour que je m'y sente définitivement à l'aise.
« Excusez-moi! » Annonçais-je.
Pas de réponse.
« Je cherche la Prêtresse du village, vous ne sauriez pas où je peux la trouver?
_ Les villageois n'ont pas voulu vous renseigner, parce que vous êtes étranger, n'est-ce pas? Fit une petite voix fluette en provenance de derrière un sombre comptoir. Une jeune fille visiblement.
_ Si c'est votre moyen à vous de vous cacher des intrus, elle est assez efficace, je vous cherche depuis le début de la journée!
_ Il ne me semble pas vous avoir dit que j'étais la bonne personne, ajouta la jeune fille en se redressant.
Je frôlais l'attaque cardiaque :
« TOMOYO ! »
Ma princesse me considéra l'air choqué:
« Euh... vous êtes assez étranger pour ne pas connaître l'emplacement de ma boutique mais vous connaissez mon vrai nom?
_ C'est à dire que, commençais-je confus, vous êtes de cette dimension?
Bien sur hors contexte, une question de ce genre a le don de vous faire passer pour le dernier des attardés mentaux...
« Vous n'avez jamais consulté de prêtresse auparavant au point que je vous semble extraterrestre? »
Je poussais un profond soupir et me massais l'arrête du nez, encaissant le choc de la personne qui dans ce monde, incarnait mon aide la plus précieuse.
« Non, oubliez tout ceci s'il vous plaît.
_ C'est bon, je suis une prêtresse de grande envergure, je connais les limites des différents mondes et leur existence aussi. Je sais que vous venez d'une autre dimension, et que visiblement vous connaissez mon... double.
_ Hein? Ah bah c'est gentil de m'avoir fait passer pour un imbécile pendant cinq minutes...
_ On est jamais trop méfiant... Vous voulez boire quelque chose qui...?
_ Non, c'est bon, je vais très bien. Coupais-je, assez farouchement. Enfin, ca pourrait quand même aller mieux. »
Tomoyo se tut et aborda un sourire timide:
« Chagrin d'amour?
_ J'voudemandpardon ?! Bafouillais-je surpris et hyper gêné.
_ Non, juste une constata... supposition. En quoi puis-je vous aider Monsieur...?
_ Je ne donne pas mon nom à des inconnus aussi facilement, « on est jamais trop méfiant. »
Elle éclata de rire, chose tout à fait compréhensible.
« Alors vous chercher à rencontrer une prêtresse qui de par sa puissance et son importance est la personne la plus à même de se cacher des individus, vous la trouvez et hurlez son prénom de façon la moins discrète qu'il soit, vous affirmez me connaître d'une autre dimension en temps que sosie de votre grande amie, vous attendez de moi une quelconque information capitale pour votre personne... et vous prétendez encore que je suis une inconnue au point de refuser de me communiquer votre nom?
_ Kurogané.
_ Charmant.
_ Je vous ai pas demandé votre avis.
_ Mais vous allez solliciter mon aide.
_ Comme vous le savez, moi et ma compagnie, nous venons de très très loin et nous recherchons une puissance magique susceptible d'avoir atterri ici il y un nombre indéterminé de siècles ou d'années. Le Maire de la ville a refusé de nous donner des informations sur les Terres Inconnues et nous a envoyé vous consulter.
_ La véritable légende des terres Connue et Inconnues ne mérite pas d'être racontée à n'importe qui. Il faut que vos intentions soient pures, c'est pour ca qu'il envoie les visiteurs curieux me consulter. Ne lui en voulez pas, c'est un accord convenu de longue date.
_ Est-ce que je mérite d'entendre cette histoire?
_ Bien sûr, sinon, je n'aurai jamais pris la peine de vous proposer à boire.
oOo
Bien sûr, je m'en doutais. Toute cette histoire avait bien un rapport avec la plume. La plume de Sakura. Une histoire abracadabrantesque de partie sombre et claire, terres qui rendent amnésique et terres qui se protègent, bref, une chose était certaine, il fallait que je conduise vite Sakura chez la prêtresse Tomoyo. Vite pour que l'on sorte de cette dimension et continue notre quête au plus tôt, vite parce que je la sentais pas bien, cette ville et ses habitants.
Etait-ce parce que la moitié des passants se retournaient pour me dévisager tel un obélisque sur pattes qui menace de tout démolir sur son chemin, ou j'avais l'impression d'être épié, depuis mon départ de chez Tomoyo? Ce sentiment d'être piégé par une paire d'yeux invisible captant le moindre de vos fait et gestes, cette sensation qu'on va vous tomber dessus sans que vous vous en rendiez compte... c'était plus qu'étrange, c'était intrigant.
Par précaution ma route ne rejoins pas immédiatement le logis, je craignais que si mes suspicions s'avéraient exactes, je ne mette la Princesse et le groupe en danger. Je me rendis plutôt vers la Frontière où j'étais persuadé d'y trouver Shaolan.
Je gravissais la combe verdoyante avant de me retrouver face à la limite dressée par la brune et de voir au loin une dense foret vierge et épaisse. Mais alors que je pensais à relâcher ma vigilance, un reflexe salvateur me fit dégainer mon sabre et je fis volte face brusquement, parant l'attaque surprise de ...
« Seishiro!? »
Son adresse et sa dextérité alliée à sa discrétion innée faisaient de lui le seul adversaire capable de me surprendre... et de me battre. Il recula suite à mon attaque et aborda un sourire niais qui me rappela ceux de l'autre abruti. Oui il faut dire qu'avec moi, toux ceux qui sourient sont des niais abrutis...
« Je ne pensais pas vous revoir de si tôt, Kurogané.
_ C'est vous qui m'avez suivi, alors pourquoi feindre la surprise d'une hasardeuse rencontre?
_ J'espère que votre art du combat égale celui de vos répliques venimeuses.
_ J'espère que votre assurance et votre optimiste en ce qui concerne le vol de cette plume égale celui d'encaisser un cuisant échec face à un ninja.
_ C'est bien ce que je pensais, il y a une plume ici ! »
J'en tombais des nues:
« Vous l'ignoriez?
_ Je n'en avais pas l'exacte certitude, est-ce la même chose?
_ Mais que faisiez vous ici alors si vous ne pensiez pas être sur la piste d'une plume?
_ Du tourisme. J'adore les balades en forêt.
_ Et moi la chasse aux voleurs.
_ Brrr, il ne fait pas bon de plaisanter avec vous. En fait, je vous attendiez. »
Le regard sombre qu'il aborda aussitôt m'empli d'une certaine méfiance, et je relevais mon sabre dans sa direction.
« Vous m'attendiez?
_ Pas forcément vous, mais j'attendais quelqu'un à qui la prêtresse aurait eu la bonté de conter l'histoire de la plume. Voyez vous je n'ai pas eu cette chance. Alors maintenant, cher ninja, veuillez me dire où se trouve cette plume? »
Je me tut quelque instant, pensant que s'il posait une question à la réponse ô combien évidemment négative, c'est que je devais être sous une sorte de charme hypnotique... Mais aucune force psychologique ne m'empêcha de répliquer:
« Vous vous foutez de ma gueule?
_ J'ai trop de respect pour un adversaire de votre envergure.
_ Alors c'est du respect de me prendre pour un lâche, ou un autiste, qui révélerait sans détour l'emplacement de ce que Shaolan cherche avec plus d'acharnement que vous?
_ Ne mettez pas en doute mon acharnement ni mes motivations. Je saurais vous convaincre de me le dire.
_ Très franchement, j'en doute!
_ Et moi je ne doute pas de la personne au cœur tendre que vous êtes. Votre attachement envers la compagnie est devenu un point faible.
_ Pour moi c'est une force.
_ Pas dans ce cas là...
_ Qu'est ce que vous entendez par-là?
_ Et bien disons que je menace votre force... »
Ce type était vraiment naïf ou il avait fini noyé par sa prétention?
«Si jamais vous tentez avec moi un quelconque chantage, je vous scie en deux sur-le-champ.
_ Et si vous tentez avec moi un quelconque découpage, je vais directement m'attaquer à ceux que vous avez de chers...
_ Vous ne feriez jamais de mal à un être humain, ne me prenez pas pour un con, je l'ai bien compris à Ôtô.
_ Un être humain certes, mais qui parle d'être humain? »
L'expression d'effroi qui se peignit sur mon visage eu don de le faire sourire de plus belle. Mais pas un sourire innocent, ou candide, mais un sourire triomphal et hautain. Je me ruais sur lui mais il évita mon coup assez habilement. J'eu le temps de lui saisir le poignet l'empêchant de s'enfuir et plaçait ma lame tranchante contre sa joue:
« Tu touches à un seul des cheveux de Fye et j'agrandi ton sourire de con jusqu'aux oreilles... COMPRIS?! »
Il éclata d'un rire horripilant:
« Ha ha ha ! Tu vois que je le tiens ton point faible! Mais tuer les vampires c'est mon métier et tu ne peux rien contre ça. Tu sais que tu n'arriveras pas à m'arrêter car je ne fais rien d'illégal je ne fais que protéger le monde des monstres comme lui !!
_ TA GUEULE! FYE N'EST PAS UN MONSTRE! »
Emporté par la colère, la lame dans ma main trembla et glissa sous ses cheveux et entailla sa joue, ce qui n'inquiéta gère la victime.
« C'est tout ce que tu peux faire, hein? Je sais moi aussi que tu ne peux pas me tuer. Tu perdrais la moitié de ta force et c'est quelque chose auquel tu ne tiens pas tout spécialement. Alors avant que je ne m'énerve à mon tour, je t'explique la situation...
_ Vous n'êtes pas en position de négocier! » Grommelais-je.
Et aussi facilement que s'il avait été de l'eau ou de la fumée, il se défit de mon emprise et apparu derrière moi, une lame contre ma gorge cette fois ci.
« Vous croyez?
_ Laissez Fye en dehors de ça.
_ Seulement si vous me dîtes où est la plume.
_ Vous êtes vraiment trop con.
_ Et vous dans une impasse. »
Je réfléchissais à toute vitesse... Fye était menacé par ma seule et unique faute. Après tout, c'était moi qui l'avait changé en « ça ». Bien qu'au départ ce soit pour lui sauver la vie, il était à présent en danger de mort.
Il est clair qu'auparavant, sacrifier un compagnon pour protéger un secret me serait apparu comme l'évidence même. Mais là, j'hésitais. Je détournais la possibilité. Etait-ce parce que j'étais responsable de sa mort imminente, en l'ayant moi-même changé en vampire? Ou parce qu'au fond je tenais trop à lui maintenant?
La réponse la plus simple à mon problème aurait été d'éliminer Seishiro immédiatement. Mais si j'échouais, il n'hésiterait pas à considérer mon attaque comme une réponse négative et je ne donnais pas cher de la vie du blond... Trop risqué, en plus si je le tuais, et perdais ma force, comment le protéger et le nourrir convenablement par la suite?
Alors que je guettais les alentours à la recherche de Shaolan, qui pourrait me tirer de ce mauvais pas, mon regard se posa sur la frontière, et une éventualité qui empêcherai le sang de quiconque de couler traversa mon esprit.
« Tu sais quoi du con... soufflais-je. J'ai une troisième possibilité.
_ Et laquelle? S'enquit Seishiro en relâchant naïvement son étreinte.
_ Te faire bien chier. »
Alors sans prendre le temps de réfléchir à l'atroce connerie que j'allais faire, je me ruais vers la frontière avant que le chasseur n'ait eu le temps de comprendre et fit un bon au-dessus de la Frontière.
Je me retournais rapidement et le vit alors aborder un sourire admiratif qui cachait une amère déception et ma tête tourna en sentant s'infiltrer en moi une sorte de vent glacial qui paralysait mes muscles.
Et voilà sans informations, il n'y avait plus chantage, ni menace, Fye serait sauf et restait à savoir ce qu'il adviendrait de moi.
Alors sans chercher à lutter je me laisser envahir par un souffle froid et m'effondrais sur l'herbe.
Ca va faire deux fois qu'il tombe dans les vappes Kuro ... je devrais y aller molo !
Dernier chapitre la semaine prochaine ! J'espère qu'il vous plaira, à bientôt !
