Là ou l'histoire commence…

Bizarrement tout a commencé par une belle journée ensoleillée. On était en juillet. C'était le début des vacances j'avais retrouvé mes parents. Ma chambre. Mes affaires moldus. Une partie de ma vie.

Je venais tout juste de rentrer à la maison, après une sixième année des plus fatigantes à l'école de magie mondialement connue sous le nom de Poudelard. Je faisais partie de la famille des poufsouffles. Ainsi, pour ceux qui ne le savaient pas, il y a quatre familles. Les serpentards réunissent ceux qui se destinent à une carrière passée à la conquête du pouvoir (pour devenir ministre par exemple) ou à une carrière dans l'armée (pour devenir auror ou mangemort…). Les gryffondors font serment de tout faire pour sauver des vies et ils finissent donc presque tous à Sainte Mangouste. Les serdaigles se spécialisent dans les métiers libéraux. Se sont les futurs journalistes, avocats ou autres. Les poufsouffles mettent leurs vies entre les mains de l'art. Sportifs, chanteurs, écrivains, artisans… ce monde est plus vaste mais c'est aussi le plus fascinant et entre nous, c'est le seul qui me convient.

J'étais donc à poufsouffle. Non je n'étais pas une joueuse de quid… qiditch… quidchich… grrr … je n'arrive même pas à le prononcer, vous savez ce jeu débile ou l'on vole derrière un balle ?? Bref non ce n'était pas mon truc. L'écriture non plus. Je n'aime pas me relire, mon écriture est bordélique et si je suis une boulimique des mots je suis aussi une anorexique de l'orthographe. Et voilà on tourne on tourne et on revient à ça …

Je suis danseuse. Depuis des années je danse.

La danse classique. Ici se situe mon premier chapitre.

Quand vous pensez danse classique, je suppose que vous vous imaginez une belle jeune fille douce et raffinée dont le moindre mouvement est d'une telle grâce que tout autour d'elle parait grossier. On imagine des tutus roses, un fond de piano, des pointes et peut être même des miroirs autour de la danseuse reflétant sa perfection.
Quand moi je pense danse classique, je vois un hippopotame ridicule dans son tutu, les pieds ensanglantés à cause de ses pointes et dont les pas de danse causent des tremblements de terre. Il n'y a pas de miroirs. Parce que s'il y en avait ne serait ce qu'un seul, et bien il verrait à quel point il est hideux et ça le rendrait si triste qu'il arrêterait surement de danser.

Il faisait donc beau, et je regardais le soleil briller par la fenêtre avant de passer par la traditionnelle pesée avant que le cours de danse ne débute. Une fois sur la balance la sentence tombait aussi rapidement et aussi douloureusement qu'un couperet. Mon bourreau qui jusqu'à là n'en était pas un me scanna des pieds à la tête de ses yeux de lynx à la recherche des kilos en trop que cette foutue balance avait osé dénoncer.

-Mia. Tu as pris du poids. Ne surveillent-ils donc pas ton poids dans ton fameux internat ? me demanda t elle d'une voix douce mais visiblement offusquée.

Je ne répondis pas. Les yeux fixés sur le poids qu'affichait la balance. Il était évident que l'on surveillait mon poids à l'école; en tant que danseuse cela était obligatoire. Mais on préférait avoir des filles en bonnes santés à des filles filiformes. C'est peut être ce que j'aurai du dire à l'époque. Mais je ne répondis pas, et elle continua tout simplement sur sa lancée.

- Ou as-tu passé tes premiers jours de vacances à te goinfrer de chips et autre immondes hamburgers ?

Là je ne pus m'empêcher de sourire, un hamburger ? Je ne connaissais pas même son gout.

Laetitia, (c'était son nom), soupira et m'ordonna d'aller faire des abdos. Vous remarquerez ainsi qu'elle ne me demanda pas de perdre du poids ni rien. La danse classique est un royaume de secrets et de non dits qui veulent tout dire. En gros j'avais pris du poids et j'étais devenue une grosse baleine. A moi de redevenir la petite souris que j'étais (O murmure !) avant.

On ne m'avait jamais fait de remarques sur mon poids, et si je l'avoue ces derniers temps je m'étais un peu lâchée sur les sucreries je n'avais jusque lors eu le droit qu'a de vagues hochements de têtes de la part de Laetitia. Signe que mon poids était correct. Du moins pour elle.

Toute ma vie je l'ai entendue dire, " On n'est jamais trop maigre pour la danse classique". Mais jusque lors je n'ai jamais fait attention à ça. Après tout je ne grossissais pas, mangeais équilibré et sain et faisait beaucoup de sport. Donc ça ne me concernait pas.

Ce jour là je passais deux heures à l'écouter dire que mes mouvements étaient lourds, qu'avoir la technique et le don n'étaient pas tout, que j'étais bien trop lente. Bref pour trois kilos en trop elle me finit par me demander de sortir du cours, prétextant qu'elle n'arriverait à rien avec moi aujourd'hui.

J'ai donc fait un régime, si on peut nommer ça un régime. Et les trois kilos sont parti très vite. Peut être même trop vite quand j'y repense. J'ai fait le fameux « régime à 1000 calories ». Dangereux quand on sait qu'une adolescente a besoin de 2300 à 2500 calories par jour. Primordial quand on doit perdre du poids et vite. Calculer le nombre de calories ingurgitées devint vite un réflexe. Et mes « une heure de footing par jour » se transformèrent vite en de longues heures salvatrices. Je perdis du poids, assez vite et sans vraiment me rendre compte. Arrivé à un certain poids je stagnais. Et mon régime s'arrêta là, parce que je ne peux plus au jour d'aujourd'hui appeler la suite un régime…