Là ou elle apparait.

L'été était finit. Et il était passé aussi vite que le temps qu'il m'a fallut pour écrire ces quatre mots. Rien d'important ne s'était passé. La danse. La danse et la danse. C'était mon point de vue à l'époque. Pourtant si j'avais bien voulu ouvrir les yeux j'aurai compris qu'elle était entrée dans ma vie. Je ne l'ai pas vu venir. Je le jure. Sur la sainte bible qu'est Vanity Fair. (Chacun sa religion…). Je ne l'ai pas sentie venir. A l'époque j'étais juste sourde, muette et aveugle. C'est la seule raison logique.

Ana. Ici se situe le deuxième chapitre.

Ana. Comprenez anorexique. C'est idiot non ? Je viens de découvrir ce surnom. Certaines anorexiques l'utilisent. Ana. C'est mignon. C'est petit. Ça sonne bien. Ça fond sur la langue comme un carré de chocolat. Mensonges. Ana ce n'est pas l'anorexie. L'anorexie n'a rien de glamour. Tout y est plus dur. Plus noir. Rien de mignon. Et aucune allusion au chocolat Qu'y a-t-il de bien à devenir si maigre que même votre corps ne vous supporte plus ? Qu'y a-t-il de bien à se détester ? Qu'il y a-t-il de bien à souffrir ? Qu'y a-t-il de bien à chuter dans un gouffre sans fond encore et encore sans savoir quand vous toucherez terre… ? Mais comme il n'y a pas de fond, on …

Mais je m'enflamme. Là n'est pas le point. Donc je disais mon été. Cela vous choquerez t il si je vous disais que les seuls choses dont je me souvienne c'est ce dont j'ai mangé. Amusant non ? Peut être pas. Désolée, j'ai un drôle d'humour parfois. Ah oui ! Je me souviens aussi de l'épreuve du bikini… Horreur. Si je me souviens bien, j'avais un bikini noir. Un très joli maillot noir à bordure dorée, couvrant ce qu'il y avait à couvrir car je n'ai jamais été très démonstrative… Bref avec les premiers rayons de soleil apparait l'envie soudaine de se jeter à l'eau. Seulement avant, il faut choisir votre tenue de bain d'où le miroir. Le miroir montrait sans doute une jeune fille à l'allure convenable. Mince. De légers abdos. Des fesses. Des seins. Et c'était joli. J'en suis convaincu aujourd'hui. Pas à l'époque. Je voyais une grosse fille. Mes fesses prenaient l'allure d'un double airbag et ma poitrine qui atteignait à cette époque (c'était son apogée !!) un joli C, semblait être remplie de silicone à en exploser. Alors j'ai vite rangé ce maillot de bain affreux, et j'ai sorti le bon vieux maillot de bain de sport noir aux trois rayures blanches. Mais ceci ne s'arrêta pas là. Les douces heures autrefois passées à se dorer au soleil, se transformèrent vite en compétition olympique avec moi-même. Un 3000 Km nage libre en solitaire. A l'époque je mangeais. Effrayant comme phrase… Bref je disais donc à l'époque… Pas beaucoup certes mais suffisamment pour couvrir mes besoins et ne pas inquiéter mes parents. Eux même étant dentistes, ils se seraient vite inquiétés. Matin. Midi. Et soir. Bon OK, pas tous les soirs. On mangeait en famille, mais ma mère étant habituée à ce que je surveille plus ou moins mon poids depuis toujours à cause de la danse, n'a rien dit quand je me suis mise à concocter mes propres « plats », allégés. Elle m'a même suivie, prétextant un surpoids, ce qui fit rire aux éclats mon père… comme quoi une descente aux enfers peut être drôle ! Bref tout allait bien.

Le 31 aout est arrivé. Et l'heure de faire mes valises aussi. Je n'étais pas pressée, mais je n'étais pas non plus zen. Trop de contradictions ? Habituer vous car c'est tout moi. Je laissais derrière moi mes parents je retrouvais le monde magique. Je pesais à l'époque un poids convenable. Mon IMC était convenable, à la limite du trop maigre, mais bon ... Tout allait bien. Je n'étais pas anorexique. J'étais juste en zone grise: « mon poids et moi = valse ». Traduction : on tentait tant bien que mal de ne pas se marcher sur les pieds… (Version paternel de la valse !)

Poudelard express. Comme quoi certains noms sont bien choisis. Je suis seule assise dans un compartiment vide. Je ne suis pas anti sociale. J'ai juste choisie de faire carrière dans les talkshows ou les invités sont paumés. Chacun son choix de carrière. (Je sais, je sais je dois arrêter le sarcasme c'est dans ma liste de bonnes résolutions pour le 1er janvier, mais manque de bol pour vous on est le 2 janvier. Ça attendra donc l'année prochaine.) Je lisais. Tranquillement. Jusqu'à ce que les Crétins attaquent. Ils ont débarqués comme ça. Ils étaient trois. La triade. Potter. Malefoy. Zabini. O joie, O bonheur !!!! Les trois futurs aurors-mangemorts (problème d'orientation…) étaient entrés dans le compartiment. Sans crier garde. Je me tais. Je continue la lecture. Et eux m'ignorent. Peut être étais je déjà si maigre que j'en devenais invisible ? Ou bien peut être que j'avais disparu, engloutie par une robe de sorcière trop grande et un livre énorme ? Ou bien peut être (et c'est la version que je préfère) étaient ils juste de gros ******* !!

Mais je m'excuse je ne vous ai pas présenté… quoiqu'avec leur réputation qui ne les connait pas ??

En premier vous avez Harry Potter alias « Potty le balafré ». C'est le grand ténébreux de l'histoire. Vous savez le méchant sexy et mystérieux que l'on trouve attirant car justement intouchable et dont on rêve que par amour pour nous il change et se transforme en gentil agneau ? Oui bon ça c'est la version utopique des lectrices d'Arlequin. Il a de beaux yeux verts émeraude qui vous transpercent. Un visage fin. Aucun lunette (on casse le mythe) et toutes les filles de notre école rêve d'être avec lui, sans doute parce qu'elles aiment souffrir. Il est insolent. Détestable. Amoral. Et libertin. En un mot : beurk !

Zabini le « 2nd place ». Il essaye mais c'est moins la première de notre année (même si je rougis en le disant, rendons à Cesar ce qui appartient à Cesar...) C'est celui que je préfère si j'avais à choisir sous la menace que l'on me fasse frire dans un chaudron de Snape. Une peau couleur olive. Des yeux brillants de malice. Intelligent mais vicieux. Charmeur mais corrompu. C'est le plus calme en apparence. En un mot : serpent !

Malefoy « la fouine ». Dieu grec dans toute sa splendeur. Ça c'est si on est branché albinos aux yeux d'acier, aussi chaleureux qu'un glaçon et aussi aimable qu'un sphinx en chasse. Méchant est un adjectif qui ne lui correspond pas. C'est trop faible. Odieux. Abjecte. Ignoble. C'est mieux.

Ils ne me regardèrent pas. Durant tout le trajet. Leur ignorance me fit du bien, et je la pris comme une bonne chose. J'étais plus mince donc on me voyait moins, donc j'avais moins de soucis. Pas de sang de bourbes en vue, ni de longues répliques cinglantes à chercher… Non rien. J'étais tranquille. Sur le coup je ne m'imaginais pas que peut être ils avaient d'autre soucis…

En sortant je percutais Malefoy. Il se tourna vers moi agita la main et beugla :

- Tu ne peux pas faire attention patate ?

Une phrase sans conséquence pour des gens normaux. Mais vous ai-je déjà dit que j'étais tout sauf normal ???