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Note de l'auteur:

Mon histoire est sans but precis je crois, du moins sans but avoué ou/et avouable. mes pensées vont pourtant : A Laetitia pour avoir su se battre jusqu'au bout. A Juan qui a décidé que la vie n'en valait pas la peine. A mes jeans devenus trop petits. A tous ceux qui souffrent. A tous ceux qui lisent ceci. A ceux qui s'aiment. A ceux qui sourient au travers de leurs larmes…

Là ou la première fois ressemble à la dernière …

Je ne suis pas morte ce jour là. On ne meurt pas de chagrin ? Si ? On ne meurt pas non plus de dégout ? Si ? Non… ne me répondez pas. Je ne veux pas savoir. Je suis restée un long moment comme ca. Dans ma salle de bain. Recroquevillée sur le petit tapis mauve. Pleurant en silence. Pathétique. Ne me regardez pas comme ca. Si vous saviez combien je N votre pitié…

Je me suis levée. J'ai brossé mes cheveux. Un chignon lâche… comme moi. Je me suis habillée. Un pantalon noir avec un pull noir à col roulé. Le noir affine… J'ai rajouté un long collier en argent. J'ai enfilé des baskets. J'ai éteint la musique. Et je me suis maquillé. Pour cacher mes pleurs. Cacher mes cernes. Utiliser les bonnes couleurs qui vous font un visage plus fin. Accentuer tel endroit. Eclaircir celui-ci. Foncer celui là. J'étais devenu une pro de l'apparence. Je parais donc je suis.

Alcool. Ici se situe mon quatrième chapitre.

Certaines personnes boivent par plaisir. D'autres pour oublier. Moi j'avais bu pour me noyer dans ce maudit verre…

Je suis sortie de ma chambre. 4h du matin. Et je n'avais même pas dormi. Ca n'était pas très grave. J'ai toujours été insomniaque. Envoyez moi vos lettres le soir c'est le meilleur moment pour être sur d'avoir une réponse automatique. Quand ma mère allait se coucher vers 11h, elle me disait. « Tu vas dormir ? » et je répondais inlassablement la même chose : 'il est trop tôt'. Alors elle éclatait de rire et s'exclamait : 'pour les voleurs… surement !'

Dans la salle commune, il y avait de la lumière. Une faible lumière. Provenant de l'unique torche allumée dans un coin de la pièce. Quand mes yeux s'habituèrent à la pénombre, je vis un homme assis dans un fauteuil, tirant tranquillement sur sa cigarette. Je m'approchai. Blaise Zabini. Un verre à la main, un cigare dans l'autre. On n'a rarement vu plus cliché. …trangement je m'assis dans un fauteuil, en face de lui. Silencieusement il me versa du liquide ambré dans une coupe de crystal et me l'a tendit.

-A moitié vide ou à moitié pleine ?

J'haussai un sourcil. Sa question m'agaçait. Sa voix ennuyée mais mélodieuse raisonnait encore dans mes oreilles. Durant un cours instant, j'imaginai qu'il m'avait peut être entendue. Je secouai doucement la tête. C'était impossible chaque chambre était cloisonné au silence. Nul ne pouvait vous entendre, et vous n'entendiez personne. Vous pouviez aimer en criant ou mourir en hurlant. Pour les autres vous le faisiez en silence. Je pris le verre. La première gorgée passa difficilement. Ma gorge me piquait. Me brulait. Une envie soudaine de lait m'envahie. J'avais besoin de douceur, pas d'alcool. Je n'avais jamais aimé l'alcool, et il me le rendait bien. La deuxième gorgée passa mieux. Je n'avais rien avalé de la journée alors la dernière phrase n'est que mensonges. J'avais envie de tout recracher. J'ai tout bu d'un trait sous l'œil ahurit de Zabini.

-ce n'est pas de l'eau tu sais !

Je reposais le verre.

-vide. Soupirais-je.

Un sourire se dessina sur son visage en comprenant qu'il s'agissait là de ma réponse à sa précédente question.

Je croisai les bras et attendis que mon vertige passe. J'avais tout bu sans faire attention. Sans savoir ce que c'était. J'avais fait confiance à un serpent. Et je m'en foutais royalement. Je réfléchissais déjà aux calories que j'allais prendre à cause de ce maudit verre. Je ne bois jamais. Ceci fut mon premier verre. Je croisai les jambes. Je me tenais droite et fière, faussement noble. Et il y avait de quoi. Toute cette soirée était une immense erreur. Je me levai, sans regarder le jeune homme qui se tenait devant moi, et marchais jusqu'à la porte de sortie.

-ou vas-tu ?

Je me retournai vers lui. J'inclinais légèrement ma tête, me demandant s'il méritait une réponse ou pas.

-ici ou ailleurs ? qu'elle importance ou je suis ?

Mes réponses ont le dont de ne pas répondre. Ca agace. D'où le fait que j'ai peu d'amis. Je ne suis pas sociable. Je m'ennui vite. Je n'attendis pas sa réaction et sortit. Le couloir était plus sombre qu'un Van Gogh. Et le froid rongeait mes os. Je m'en réjouis. Avec un peu de chance cela aller faire disparaitre le feu qui me consumait. On peut toujours rêver.

J'atteignis rapidement le parc. Seule la lune m'accompagnait. Je me mis à courir comme si j'avais le Diable aux trousses. Je fuyais le monde. Mes soucis. Et je perdais du poids. Quoi demander de plus ?
Mensonges. Je n'ai pas pu courir ce soir là. Je n'en avais pas la force. C'était à peine si j'avais pu arriver jusqu'ici. Je soupirai. La vue était magnifique. Le lac et le ciel se confondaient dans un même bleu nuit sombre et rassurant. Cela m'apaisait. J'ai toujours été à l'aise dans le noir. Le froid me tenait réveillée. J'étais en transe. Réfléchissant à tout et à rien. Je suis restée longtemps comme ca.

La première journée ne fut pas mémorable. 2h d'histoire magique des arts. 2h de potions. 2h de musique. Et le reste du temps à la bibliothèque. J'avais oublié de diner. Et de prendre mon petit déjeuner et déjeuner aussi. Mais on s'en foutait. Les jours se suivaient et je continuais à oublier de manger. Je ne le faisais pas exprès. Disons juste que ce besoin n'en était plus un. Bien sur je n'étais pas bête et j'étais consciente de mes besoins. Alors je mangeais… un peu. Une carotte crue. Une rondelle de concombre. Des litres et litres de thé vert. Et trois tonnes de potions vitaminés. Vitamines C. calcium. Magnésium. Et tous les compléments alimentaires que je pouvais trouver. J'essayais de me convaincre que c'était la seule chose à faire. Le nom complément veut tout dire pas vrai ? Ils sont à prendre avec une alimentation équilibrée. C'était dangereux. Un peu comme si je dansais sur un fil tendu au dessus des limbes. Au moindre faux mouvement je tombe. Et je m'en foutais. Royalement. Je ne conseille à personne de subir ca, et Ciel que je hais voir ces filles « faire le choix de devenir anorexiques. ». J'ai envie de hurler. Mais à quoi bon ? Elles n'entendent plus personne depuis longtemps. C'est ce que j'ai lu quelque part. Et bien c'est faux. Elles vous entendent. Il faut juste savoir parler, et elles sauront écouter…

Je ne perdais pas de poids. Et ca je le devais à Juan. Un sourire tendre se dessine sur mon visage en écrivant ce nom. C'est idiot. Ceci est une histoire. La mienne. Je devrais pouvoir réécrire les choses n'est ce pas ? Alors pourquoi est ce que la fin ne change pas ? Pourquoi est ce que de fines gouttes tombent sur ma feuille ? J'ai si mal. Mal car au moment même ou il entre en scène, sa mort est déjà prévu. C'est un peu comme dans Love Story. Des le début. Des le premier mot. On sait que l'héroïne meurt. Et pourtant on continue de lire, en espérant qu'elle va vivre, en s'attachant à elle, jusqu'au dernier mot, jusqu'au dernier souffle. J'ai retardé son entré en jeu au maximum. On a tous nos vieux démons. Les miens ressortent doucement… Et parmi tous mes démons il y en a qui avait l'allure d'un ange. Il était aussi beau qu'élégant. Cette grâce naturel faisait de lui le danseur le plus remarqué et remarquable. Un vrai cygne. Chaque mouvement. Chaque souffle. Chaque sourire. Tout était si pure, si fin avec lui. Ses yeux étaient bruns. Mais jamais de ma vie je n'ai autant voulu avoir des yeux bruns que le jour ou je l'ai rencontré. Ses yeux pétillaient de vie. Ils reflétaient son être en entier. Son intelligence et sa malice. Sa force et sa douceur. On était amis. Des amis de longues dates. Il disait que j'étais aussi jolie qu'un pissenlit, et je râlais toujours. Un pissenlit ne correspondait pas à ma version de la beauté. Il riait. Il a coulé avant moi. Je sais que j'aurai du le relever, mais à l'époque je n'ai rien vu. J'étais occupé. Ailleurs. Sur répondeur. Je m'en suis souvent voulu. Il était parti sans que je ne me rende compte de rien. En silence et seul. Alors ne vous attachez pas à lui, parce que son rôle est tragique, je ne veux pas être responsable de larmes autre que les miennes, je ne suis pas Shakespeare.*

* « Si vous avez des larmes, préparez-vous à les verser. « [William Shakespeare]
Extrait de Jules César